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Full text of "Traité des méthodes techniques de l'anatomie microscopique; histologie, embryologie et zoologie"

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TRAITE 

DES  MÉTHODES  TECHNIQUES 

DE 

L'ANATOMIE  MICROSCOPIQUE 


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TRAITE 

DES  MÉTHODES  TECHNIQUES 

■m 

L'ANATOMIE  MICROSCOPIQUE 

HISTOLOGIE,  EMBRYOLOGIE  ET  ZOOLOGIE 

4 
t 

Arthur  BOLLES  LEE  et  L.  Fklix  HENNEGUY 

AVEC  UNE  PRÉFACE 

DE    M.    RANVIER 

.Membre  de  l'InsULut 
Professe  tir  au  Collège  de  France 


Denxième  édition  entièrement  refondue 

ET  COSSmÉRABLESIEST  AUGMENTÉE 


PAIUS 

OCTAVE  DOIN,   ÉDITEUR 

8,    PLACE    DE    L'OllÉON,    8 

1896 

Tous  droits  réservés. 


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1 


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t 


PREFACE  DE  M.  RANVIER 


Les  auteurs  de  ce  livre  m'ont  demandé  de  les  présenter 
au  public •  Ils  sont  trop  modestes,  car  ils  sont  parfaitement 
eonnus  de  tous  ceux  qui  s'occupent  de  sciences  biologiques. 

Us  diront  comment  ils  ont  fait  leur  ouvrage,  comment  ils 
ont  été  conduits  à  collaborer.  J*ajonterai  que  celte  collabo- 
ration a  été  heureuse  et  que  l'œuvre  qui  en  est  sortie 
rendra  de  grands  services. 

La  technique  histologique,  depuis  quelques  années,  a 
fait  de  notables  progrès  et  a  beaucoup  étendu  son  domaine. 
Les  zoologistes  et  les  embryologistes  lui  ont  emprunté  ses 
méthodes  et  les  ont  modifiées  quelquefois  pour  les  mettre 
en  rapport  avec  la  nature  de  leurs  recherches.  Leur  but, 
en  effet,  est  un  peu  différent  de  celui  que  poursuivent  les 
hïstologistes  ;  ils  sont  intéressés  moins  par  la  structure  des 
tissus  qui  composent  les  animaux  complètement  formés  ou 
en  voie  de  développement  que  par  la  disposition  et  la  signi- 
fication morphologique  de  leurs  organes.  Or,  les  embryons, 
et  souvent  les  plus  intéressants  parmi  les  animaux  sans 
Tertèbres,  sont  trop  petits,  trop  délicats,  trop  mous  ou  trop 


.". 


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1 


VI  PnÉFAGE 

friables  pour  que  Ton  puisse  les  anatomiser  utilement  par 
la  simple  dissection.  Il  a  fallu,  par  des  procédés  ingénieux 
et  â  Taide  d'instruments  perfectionnés,  faire  violence  à  la 
nature  pour  lui  arracher  ses  secrets.  Les  biologistes,  à 
l'exemple  de  Prométhée,  le  sublime  voleur,  doivent  pénétrer 
dans  le  sanctuaire  pour  y  dérober  le  feu  sacré.  Ils  peuvent 
y  aller  sans  crainte  :  Jupiter  n'est  plus  là  pour  les  clouer 
sur  le  rocher,  et  MM.  Bolles  Lee  et  Henneguy  leur  servi- 
ront de  guides, 

L,  Ranvïer, 
•  • 

Paris,  le  21  noven»bre  1886. 


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AVANT-PROPOS  DE  M.  A.  BOLLES  LEE 


Cette  deuxième  édition  diffère  considérablement  de  la  pré- 
cédente- La  distribution  générale  de  Touvrage  reste  bien  à  peu 
près  ce  qu'elle  était;  mais  le  détail  a  subi  des  modifications 
importantes,  parmi  lesquelles  nous  pouvons  signaler  les  sui^ 
vantes  : 

Préoccupé  du  désir  d'être  un  guide  pour  Tétudiant  à  travers 
le  dédale  toujours  embrouillé  de  notre  sujet,  j'ai  laissé  beaucoup 
plus  que  jadis  se  manifester  la  note  personnelle*  Un  plus  grand 
nombre  de  méthodes  vieillies  ont  été  supprimées  ;  et  parmi  celles 
qui  ont  été  conservées  j'ai  cru  utile  d'indiquer  le  plus  souvent 
celles  qui  d'après  mon  expérience  me  paraissent  les  meil- 
leures. L'introduction  générale  de  Touvrage  a  été  refondue 
et  augmentée,  et  j'ai  ajouté  aux  chapitres  spéciaux  de  nombreux 
paragraphes  d'introduction.  Ces  paragraphes  donnent  des  expli- 
cations  détaillées  sur  la  marche  à  suivre  dans  les  divers  genres 
de  recherches,  et  expliquent  en  même  temps  les  principes  sur 
lesquels  sont  fondées  les  diverses  méthodes  de  la  technique 
moderne. 

J'ai  écrit  un  chapitre  nouveau  de  généralités  sur  les  Teintures. 
J'ai  insisté  sur  l'importance  des  nouveaux  colorants  à  Tacide 
carminique  et  à  Thématéine  de  Paul  Mayër^  et  j'ai  expliqué  en 
détail  la  théorie  des  teintures  histologiques  faites  au  moyen 


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VIU  AVANT-PROPOS 

de  ces  deux  corps  colorants.  Les  trois  chapitres  qui  traitent 
de  ces  matières  ont  été  soumis  à  la  critique  du  savant  dis- 
tingué que  je  viens  de  nommer,  lequel  s'est  fait,  comme  on  le 
sait,  une  spécialité  de  ce  sujet.  Cette  critique  s'est  étendue  jus- 
qu'aux détails  les  plus  minutieux.  Nous  avons  la  plus  grande 
obligation  à  M.  le  D'  Mayer  de  la  façon  généreuse  dont  il  a  mis 
à  notre  disposition  son  savoir  et  sa  peine,  et  nous  tenons  à  lui 
en  exprimer  ici,  M.  Henneguy  et  moi,  toute  notre  reconnais- 
sance. Ce  précieux  concours  nous  permet  d'affirmer  que  cette 
partie  si  importante  de  notre  sujet  a  été  traitée  d*une  manière 
conforme  à  la  science  la  plus  récente. 

Les  paragraphes  traitant  des  colorations  régressives  par  les 
couleurs  dérivées  de  la  houille  (161  à  166)  sont  entièrement 
nouveaux,  de  même  que  la  plus  grande  partie  du  chapitre  con- 
sacré à  la  Safranine  et  aux  autres  colorants  nucléaires  de  ce 
groupe.  On  trouvera  également  beaucoup  de  nouveautés  dans 
le  chapitre  des  Colorations  combinées,  parmi  lesquelles  des 
colorations  plasmatiques  récentes  qui  sont  très  importantes. 
J'ai  donné  avec  soin  les  procédés  les  plus  récents  de  coloration 
par  mordançage.  Près  d'un  chapitre  entier  a  été  consacré  au 
bleu  de  méthylène.  Le  chapitre  des  Méthodes  cytologiques  a 
été  refondu.  Les  méthodes  récentes  pour  Télude  du  système 
nerveux,  tant  central  que  périphérique,  ont  reçu  tout  le  déve- 
loppement que  demande  ce  sujet  si  important  :  elles  occupent 
maintenant  à  elles  seules  plus  de  40  pages  de  la  deuxième 
partie,  sans  parler  des  méthodes  d'imprégnation  qui  ont  été 
exposées  dans  la  première  partie.  On  y  trouvera  exposées  avec 
toutes  leurs  variantes  les  méthodes  classiques  de  Weigert  et  de 

GOLGI. 

Le  travail  entier  de  la  préparation  du  texte  de  cette  nou- 
velle édition  a  été  fait  par  moi  seul.  Je  n'ai  pas  pu  me 
concerter  avec  M.  Henneguy  sur  les  modifications  à  y  apporter. 
Je  suis  donc  seul  responsable  de  toutes  les  modifications  et  de 
toutes  les  additions  (à  l'exception  des  contributions  de  Hen- 
neguy, mentionnées  dans  le  texte,  au  chapitre  des  Méthodes 


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AVANT-PROPOS  IX 

embryologiques  et  à  celui  des  Méthodes  cytologiques).  Les 
épreuves  ont  été  lues  par  chacun  de  nous.  Nous  avons  cons- 
taté à  cette  lecture  qu'il  n'y  avait  point  de  dissidences  impor- 
tantes dans  notre  manière  devoir.  Cependant,  pour  sauvegarder 
nos  responsabilités  respectives,  j'ai  fait  la  rédaction  au  singu- 
lier toutes  les  fois  qu'il  s'agissait  d'une  recommandation  ou 
d^une  opinion  sur  laquelle  nous  aurions  pu  ne  pas  être  tout  à 
fait  du  même  avis. 

Arthur  Bolles  Lee. 


Nyon,  Suisse,  le  30  décembre  189b. 


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I  • 


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AYANT-PROPOS  BE  LA  PREMIERE  EDITION 


L'année  dernière,  M,  Arthur  BoUes  Lee  publiall  en  Angle- 
terre un  exceUent  livre  ayant  pour  litre  :  The  Mitralomisfs 
Vade-Mecum\  renfermant  la  plupart  des  méthodes  tech- 
niques employées  en  analomie  microscopique  et  principale- 
ment les  méthodes  modernes  en  usage  à  la  station  zoologique 
de  Naples  et  dans  les  laboratoires  d'Allemagne  et  d'Angleterre. 
Heureux  de  trouver  réunis  dans  ce  petit  volume,  et  intellîgem- 
ment  groupés,  les  renseignements  que  j'avais  été  obligé  do 
chercher  laborieusement  dans  les  nombreux  mémoires  où  ils 
se  trouvent  disséminés^  je  pensai  qu'il  serait  utile  de  faire 
profiter  les  histologistes  français  du  travail  consciencieux  de 
M.  UoUes  Lee,  et  je  proposai  à  lauteur  de  faire  traduire  son 
ouvrage, 

La  réponse  de  M.  Bolles  Lee  fut  des  plus  aimables.  Non  seu- 
lement il  consentait  à  laisser  publier  une  édition  française  de 
son  Vade-Mecum,  mais  encore  il  voulait  bien  en  faire  lui-même 
la  traduction,  en  modifiant  plusieurs  parties  de  Fouvrage,  et 
me  demandait  de  me  charger  de  la  rédaction  de  quelques  cha- 
pitres trop  peu  dév^eloppés  dans  l'édition  anglaise,  chapitres 
que  mes  études  spéciales  me  permettaient  de  traiter  avec  une 

Anftiomf/t  l)y  AuTULii  BaLLES  Lek.  London,  J.  txnd  a.  ChiircliîHï  IHïfD, 


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Xn  AVANT- PROPOS 

certaine  expérience.  Dans  de  semblables  condiUons^  ma  tâche 
devenait  aussi  facile  qu'agréable. 

Le  présent  volume  n'est  dnnc  pas  une  simple  traduction  du 
Mîcrolomisfs  Vade-Mecum,  L'ouvrage  a  été  mis  au  courant 
des  acquisitions  les  plus  récentes  de  la  technique  micros- 
copique. Certaines  méthodes  surannées  et  plusieurs  formules 
de  réactifs  infidèles  ont  été  supprimées-  Il  en  a  été  de  même 
du  chapitre  relatif  à  la  bactériologie,  qui,  pour  être  complet, 
aurait  comporté  un  développement  hors  de  proportions  avec 
celui  des  autres  parties.  Cette  suppression  était  du  reste  tout 
indiquée,  Tétude  des  Microbes  étant  du  domaine  de  Tanatomie 
pathologique,  et  ses  méthodes  se  trouvant  maintenant  expo- 
sées dans  des  traités  spéciauK.  Plusieurs  chapitres  ont  été  au 
contraire  entièrement  remaniés  et  très  étendus,  tels  que  ceux 
relatifs  à  Tembryologie,  à  la  cytologie,  aux  centres  ner- 
veuxj  etc. 

Notre  traité  n'est  pas  destiné  aux  débutants  qui  n'ont  jamais 
manié  le  microscope  ;  il  ne  renferme  pas,  en  effet,  la  des- 
cription des  instruments  ni  la  manière  de  s'en  servir,  descrip- 
tion qui  tient  une  large  place,  trop  large  peut-être,  dans  la 
plupart  des  traités  de  micrographie  publiés  jusqu'à  ce  jour.  Il 
s'adresse  aux  travailleurs,  à  tous  ceux  qui  font  des  préparations 
microscopiques,  soit  pour  Tétude,  soit  pour  des  recherches 
originales.  Sa  place  est  sur  la  table  de  travail,  comme  celle 
du  Formulaire  de  thérapeutique  est  sur  le  bureau  ou  dans  la 
poche  du  praticien*  Il  renferme  à  la  fois  la  grammaire  et  le 
dictionnaire  de  la  technique  microscopique.  Des  tables  très 
détaillées  permettent  de  trouver  facilement  et  rapidement  le 
renseignement  cherché. 

La  première  partie  comprend  les  méthodes  générales  de  l'ana- 
tomie  microscopique  applicables  aux  tissus  animaux  :  fixation, 
durcissement,  coloration,  inclusions,  coupes,  injections,  macé- 
rations, etc.  A  chacune  de  ces  opérations  correspondent  les 
réactifs  employés,  leur  action,  leur  formule  et  leur  mode  de 
préparation.  J'ajouterai  que  toutes  les  citations  ont  été  prises^ 


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AVAKT- PROPOS  XIII 

autant  que  possible,  aux  sources  mêmes  ;  que  celles-ci  sont 
indiquées  avec  le  plus  grand  soin,  a(in  que  le  lecteur  puisse, 
en  cas  de  besoin,  recourir  au  texte  original;  que  beaucoup  des 
méthodes  que  nous  donnons  ont  été  en  outre  vérifiées  expéri- 
mentalement par  nous  mêmes,  et  qu'enfin  plusieurs  sont  nou- 
velles ou  encore  inédites. 

La  seconde  partie  est  consacrée  à  l'exposé  de  quelques 
méthodes  spéciales,  embryologiques  et  histologiques,  pouvant 
servir  de  guides  pour  les  recherches  à  entreprendre  aussi  bien 
sur  les  Invertébrés  que  sur  les  Vertébrés,  Nous  avons  insisté 
surtout  sur  les  méthodes  nouvelles,  renvoyant  le  lecteur,  pour 
tout  ce  qui  est  classique,  au  remarquable  Trailé  de  notre  émi- 
nent  maître  RL  le  professeur  IlANviEn. 

Je  tiens  à  remercier  M.  RoHes  Lee  de  l'honneur  qu'il  m'a 
fait  de  vouloir  bien  me  considérer  comme  son  collaborateur, 
quoique  mon  rÔle  se  soit  borné,  en  somme,  à  la  rédaction  des 
méthodes  relatives  à  l'embryologie,  à  la  cytologie  et  aux  Proto- 
zoaires, et  à  la  revision  de  la  traduction  faite  par  Tauteur. 
Cette  faible  part  de  collaboration  me  permet  de  dire  que 
M.  Uolles  Lee  aura  rendu  un  grand  service  aux  histologisles 
en  codifiant,  pour  ainsi  dire,  la  technique  moderne. 


Paris,  le  26  novembre  18Sâ. 


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TRAITE  DES  METHODES  TECHNIQUES 

L'ANATOMIE  MICROSCOPIQUE 


PREMIÈRE   PARTIE 

MÉTHODES   GÉNÉRALES  ET  RÉACTIFS 


CHAPITRE  PREMIER 
INTRODUCTION 

1*  Prépapatlon  préalable  et  préparation  ultérieure.  — 
Après  un  examen  superficiel  des  pages  qui  vont  suivre,  le  lecteur 
novice  pourrait  bien  éprouver  un  moment  d'embarras  à  la  vue  des 
nombreuses  méthodes  et  formules  que  nous  nous  proposons  de  lui 
faire  connaître.  Qu'H  se  rassure  !  Noua  allons  essayer,  moyennant  un 
groupement  ratioanel  de  nos  matériaux,  d'introduire  un  peu  d'ordre 
dans  ee  dédale  apparent.  En  effet,  la  plupart  de  ces  procédés,  qui 
paraissent  être  faits  pour  effrayer  par  leur  nombre  et  leur  désordre, 
ne  sont  que  des  procédés  accessoires,  destinés  à  élucider  des  détails 
très  spéciaux  ;  beaucoup  d'entre  eux  s'emploient  très  rarement,  et 
tous  viennent  se  grouper  natureUement  autour  de  deux  ou  trois 
Méthodes  normales  typiques. 

En  premier  lieu,  on  peut  distinguer,  dans  la  technique  de  n'importe 
quel  genre  de  recherche  microtomique,  deux  étapes  :  \il prèparalioii 
préalable  et  Is.  préparation  ultérieure.  Or,  la  prepnration  préalable 
est  essentietiement  identique  dans  toutes  les  mélhodes  ;  les  diver- 
gences se  montrent  surtout  dans  les  détails  de  la  préparation  ulté- 
rieure. Par  préparation  préalable  nous  entendons  cet  ensemble  de 
manipulations  que  les  naturalistes  allemands  appellent  Conservi- 
rungsmethoden,  et  qui  a  pour  but  effective  ment  de  rendre  les  tissus 
Ait  AT,  uicRoac.  i 


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2  CHAPITRE    PREMIER 

propres  à  se  conserver  à  travers  toutes  les  opérations  ultérieures 
auxquelles  ils  doivent  être  soumis.  Cette  étape  comprend  :  1**  Topé- 
ration  de  tuer  d'une  manière  appropriée  l'animal  à  étudier  ;  2*^  la 
fixation  des  tissus  ;  3^  les  lavages  et  autres  manipulations  ayant  pour 
but  de  les  débarrasser  de  l'agent  Oxateur  et  de  remplacer  ce  dernier 
par  un  liquide  conservateur  ou  par  tout  autre  réactif  qu'on  désire 
employer. 

Nous  donnons  un  peu  plus  loin  la  description  générale  des  opéra- 
tions de  la  préparation  préalable,  et  nous  passons  tout  de  suite  à  la 
considération  de  la  préparation  ultérieure. 

2.  Préparation  ultérieure  par  la  voie  humide  et  par  la 
Méthode  de  déshydratation.  —  La  préparation  ultérieure  se  fait 
toujours  par  l'une  ou  l'autre  des  deux  méthodes  :  la  voie  humide  et  la 
méthode  de  déshydratation.  Suivant  la  première  méthode,  les  colo- 
rations, les  lavages  et  toutes  les  opérations  préliminaires,  de  même 
que  la  conservation  définitive,  se  font  avec  des  milieicx  aqueux;  sui- 
vant la  seconde,  on  déshydrate  les  objets  pour  les  étudier  dans  le 
baume  ou  quelque  milieu  semblable,  qui  sert  également  à  les  conserver 
en  préparations  permanentes. 

Un  objet  conservé  dans  la  glycérine  diluée  est  un  exemple  de  la 
première  de  ces  méthodes  ;  un  objet  monté  dans  le  baume,  un  exemple 
de  la  deuxième.  On  doit  nécessairement  employer  la  méthode  de  pré- 
paration par  la  voie  humide  toutes  les  fois  qu'il  s'agit  d'étudier  l'objet 
dans  un  milieu  n'ayant  pas  la  haute  réfringence  des  résines  que  nous 
sommes  obligés  d'employer  pour  la  conservation  des  préparations 
déshydratées,  et  même  toutes  les  fois  qu'il  est  indispensable  d'éviter, 
autant  que  possible,  le  ratatinement  des  éléments  qui  accompagne 
toujours,  nonobstant  toutes  les  précautions,  la  déshydratation  des 
tissus.  On  doit  également  l'employer  pour  l'examen  de  tissus  frais 
toutes  les  fois  qu'on  désire  connaître  leur  structure  avant  qu'elle  ait 
été  altérée  par  TefTet  de  réactifs  qui  leur  enlèvent  leur  eau  naturelle. 

Mais,  toutes  les  fois  qu'il  n'existe  pas  de  semblables  raisons  pour 
préférer  la  voie  humide,  il  convient  d'employer  la  méthode  de  déshy- 
dratation. Nous  voulons  dire  que,  dans  la  technique  moderne,  la 
méthode  de  préparation  par  déshydratation  est  la  méthode  princi- 
pale,  et  la  méthode  de  préparation  par  la  voie  humide,  la  méthode 
accessoire.  Et  il  en  est  ainsi  pour  deux  motifs.  On  trouve  en  général, 
à  part  les  exceptions  que  nous  avons  indiquées,  que  les  préparations 
au  baume,  convenablement  faites,  montrent  mieux  les  rapports  des 
éléments  et  donnent  des  vues  d'ensemble  plus  instructives  que  les 


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INTRODUCTION  3 

préparations  faites  dans  les  milieux  aqueux  ;  et  l'on  trouve  en  tout 
cas  et  sans  aucune  exception  qu'elles  se  conservent  infiniment  mieux 
en  préparations  permanentes.  Il  est  aujourd'hui  reconnu  que  l'éloi- 
gnement,  aussi  complet  que  possible,  de  Teau  des  tissus  est  essentiel 
pour  la  permanence  de  la  conservation. 

3.  Préparation  d'olijets  entiers  et  méthode  des  coupes.  — 

La  préparation  par  déshydratation  se  divise  à  son  tour  en  deux 
branches,  selon  qu'il  s'agit  de  la  préparation  d'objets  entiers  ou  de 
la  confection  de  coupes  de  ces  objets.  Mais  remarquons  tout  de  suite 
que  nous  n'avons  pas  là  deux  méthodes  distinctes,  mais  simplement 
deux  degrés  d'élaboration  d'une  seule  et  même  méthode.  La  marche 
à  suivre  dans  les  deux  cas  est  identique  pour  la  majeure  partie  des 
opérations.  La  méthode  des  coupes  ne  se  sépare  de  celle  qu'on  emploie 
pour  les  objets  entiers  que  par  les  manipulations  spéciales  néces- 
saires pour  la  confection  même  des  coupes.  C'est  ce  que  démontrera 
immédiatement  un  coup  d'œil  au  tableau  ci-dessous. 

A,  —  Fixation. 

B.  —  Lavage  pour  enlever  Texcès  de  fixateur. 
[C.  —  Coloration,  si  l'on  désire  le  faire  à  ce 

stade. 

D,  —  Lavage,  si  Ton  a  coloré.] 

un  milieu      E,  —  Passage  par  des  alcools  successifs  (ici 

on  peut  colorer)  jusqu'à  l'alcool  absolu 

(ceci  commence  la  préparation  par 

déshydratation). 

F.  —  Pénétration  par  une  essence. 

G.  —  Bain  de  paraffine  (ceci  commence  la 
confection  des  coupes), 

H.  —  Coupes. 

/.  —  Collage  des  coupes  sur  porte-objets. 
/.  —  Enlevage  de  la  paraffine  par  une  essence. 
[K.  —  Enlevage  de  l'essence  par  l'alcool. 
L,  —  Coloration  si  on  ne  l'a  pas  fait  aupara- 
vant. 
M.  —  Lavage. 
A^.  —  Alcool  absolu. 
0.  —  Essence.] 
P,  —  Baume. 


£1.  —  Passage  à 

d'étude  aqueux  (ceci  ter- 
mine la  préparation  par 
voie  humide). 


G'.  —  Montage  au  baume  (ceci 
termine  la  préparation  par 
déshydratation  d'un  objet 
entier). 


Comme -on  le  voit,  si  l'objet  a  été  coloré  en  bloc  au  stade  C  ou  E,  la 
méthode  des  coupes  ne  diffère  de  celle  qui  est  employée  pour  les  objets 


entiers  que  par  l'intercalation  des  stades  6 
dire  entre  l'alcool  et  le  baume. 


J  entre  F  et  G*,  c'est-à- 


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4  CHAPITRE   PREMIER 

4.  Procédés  spéciaux.  —  Par  Tune  et  l'autre  de  ces  méthodes, 
ranalomisle  ébauche  son  travail,  et  souvent  même  l'achève.  Ensuite 
vient,  s'il  y  a  lieu,  l'étude  de  points  spéciaux  à  l'aide  de  méthodes 
spéciales,  telles  que  l'examen  des  éléments  des  tissus  à'  l'état  vivant 
et  in  &itu^  ou  bien  dans  des  «  liquides  indifférents  i  ;  telles  aussi  que 
l'emploi  de  colorants  divers,  ou  la  dissociation  par  des  procédés 
mécaniques  ou  par  la  macération  ;  puis,  la  décalcification,  la  dépig- 
mentalion^  etc. 

Nous  allons  essayer  de  donner  dans  les  paragraphes  suivants  de  ce 
chapitre  une  description  suffisante  de  ces  méthodes  générales,  et  nous 
réserverons  pour  des  chapitres  spéciaux  la  discussion  des  points  de 
détail  et  des  procédés  auxiliaires. 

5*  Fixation  et  lavage.  —  La  préparation  d'un  organisme  ou 
d'un  tissu  quelconque  doit  toujours  débuter  par  la  Fixation  de  ses 
éléments.  Le  mot  fixation  implique  deux  choses  :  les  éléments  doivent 
être  lues  avec  une  rapidité  suffisante  pour  ne  pas  leur  laisser  le  temps 
de  changer  de  forme  ou  de  quitter  Tattitude  qui  leur  est  propre 
pendant  la  vie  ;  —  et  ils.doivent  en  même  temps  acquérir,  par  l'effet 
du  réactif,  un  degré  de  durcissement  qui  les  mette  en  état  de  résister 
à  toutes  les  manipulations  subséquentes  et  à  l'action  des  réactifs  les 
plus  divers,  sans  se  déformer.  On  ne  saurait  trop  insister  sur  ce  point, 
qui  est  d'une  importance  capitale.  Sans  une  bonne  fixation,  les  objets 
ne  sauraient  fournir  ni  de  bonnes  colorations,  ni  de  bonnes  coupes, 
ni  aucune  autre  sorte  de  préparations  ayant  de  la  valeur. 

L'objet  ayant  été  soumis  à  l'action  de  l'un  des  agents  fixateurs  que 
nous  allons  étudier  dans  le  chapitre  suivant,  il  est,  en  général,  néces- 
saire de  lui  faire  subir  un  Lavage  soigné,  dans  le  but  d'éloigner  des 
tissus  jusqu'aux  moindres  traces  de  l'agent  fixateur.  Cela  est  néces- 
saire d'abord  parce  qu'une  action  trop  prolongée  des  substances 
coagulantes  dont  on  se  sert  pour  fixer  serait  préjudiciable  à  la  conser- 
vation des  éléments,  puis  aussi  parce  qu'il  est  en  général  nécessaire  de 
le  faire  dans  l'intérêt  des  procédés  de  coloration  et  d'imbibition  avec 
des  nitUeux  d'une  réfringence  voulue  dont  on  se  servira  dans  la  suite. 

La  manière  dont  ces  lavages  doivent  se  faire  n'est  point  indifférente. 
Si  Ton  a  fixé  à  l'acide  osmique  ou  à  l'acide  chromique,  le  lavage  se 
fait  généralement  à  l'eau.  Mais  si  l'on  a  fixé  avec  l'acide  picrique,  par 
exemple,  il  est  nécessaire  d'éviter  de  laisser  agir  l'eau  sur  les  tissus, 
et  on  la  remplace  par  l'alcool.  La  pratique  se  fonde  ici  non  seule- 
ment sur  des  considérations  relatives  aux  diverses  solubilités  des 
réactifs  eu  question,  mais  aussi  sur  des  considérations   d'un  ordre 


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^    ■»• 


IKTRODUCTIOS  5 

tout  autre,  que  voicL  Les  acides  que  nous  avons  mentionnés  en 
premier  Heu,  de  même  que  tous  les  composés  des  métaux  lourds  dont 
on  se  sert  comme  agents  fixateurs,  paraissent  former  des  combi- 
aaisoQâ  chimiques  avec  les  éléments  des  tissus,  qu'ils  rendent  inso- 
lubles dans  Teau  ;  de  sorte  que  le  durcissement  opéré  par  ces 
réactifâ  peut  résister  au  traitement  par  Teau.  L'acide  picrique,  au 
contraïre^  ne  paraît  nullement  entrer  en  une  combinaison  semblable 
avec  les  éléments  des  tissus,  et  ne  leur  donne  pas  de  durcissement 
persistant.  Si  l'on  fait  le  lavage  à  Feau,  Tacide  se  laisse  eniièrement 
enlever,  tout  en  laissant  les  lissua  dans  un  état  mou  dans  lequel  ils 
subissent  raclion  nuisible  de  Teau  qui  les  gonfle  et  les  désagrège. 
Heureusement,  l'alcool  sert  à  enlever  l'acide  et  à  durcir  les  éléments 
en  même  temps.  Nous  aurons  soin  d'indiquer  la  manière  dont  il 
convient  de  faire  des  lavages  pour  chacun  des  réactifs  fixateurs  dont 
nous  traiterons, 

6.  Précautions  contre  la  déformation  par  les  courants 
osmotigues  ou  de  diffusion.  —  Dans  la  préparation  de  toutes  les 
sortes  d'objets,  mais  surtout  d'organes  ou  d'organismes  enliers  et 
revêtus  d'un  tégument  peu  perméable  aux  liquides,  il  faut  veiller  à  ce 
qu'il  ne  se  produise  pas  de  gonflements  des  tissus  par  endosmose  lors 
de  leur  passage  de  l'un  des  liquides  employés  à  un  liquide  de  densité 
moindre,  ni  des  ralatinements  lors  du  passage  à  un  liquide  de  densité 
plus  grande.  (Cet  inconvénient  se  fait  surtout  sentir  au  moment  du 
passage  du  dernier  alcool  à  Tessence  éclaircissante,  mais  il  existe 
aussi  à  toutes  les  étapes  de  la  préparation,  c'est  pour  cela  que  nous 
en  parlons  ici,)  Pour  Téviter,  on  a  soin,  autant  que  possible,  d^inciser 
largement  les  téguments  de  Tobjet  que  Ton  prépare,  pour  que  les 
deux  liquides  puissent  se  mêler  librement  et  rapidement.  Ensuite  on 
a  soin  de  faire  en  sorte  que  le  passage  de  tun  à  Vautre  liquide  .wit 
rendu  aussi  graduel  que  possible*  Cela  peut  se  faire  de  deux 
manières. 

S'il  s'agit  de  porter  l'objet  dans  un  liquide  inoins  den^e  que  celui 
où  il  se  trouve,  il  faut,  autant  que  possible,  le  faire  passer  par  des 
bains  successifs  de  mélanges  des  deux  liquides  qui  contiennent  une 
proportion  toujours  croissante  du  deuxième  liquide,  Yeul-on  passer 
de  Teau  h  l'alcool  fort,  il  est  bon  de  passer  par  des  bains  successifs 
d^alcool  au  tiers,  d'alcool  â  70  p,  100,  d'alcool  à  90  p.  100  et  finale- 
ment d'alcool  â  9o  p.  100.  (Gela  vaut  mieux  que  d'ajouter  par  petites 
quantités  de  Talcool  fort  à  l'eau  où  se  trouve  la  préparation,  procédé 
qui  donne  lieu  à  un  dégagement  de  bulles  d'air  dans  le  liquide,  ce 


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6  CHAPITRE    PREMIER 

qui  est  à  éviter.)  Veut-on  transporter  dans  de  l'alcool  à  70  ou  à 
90  p.  400  un  objet  qu'on  vient  de  fixer  avec  un  fixateur  aqueux,  on 
aura  soin  d'y  porter  l'objet  au  moyen  d'une  pipette  ou  d'une  petite 
cuillère,  de  sorte  qu'il  se  trouve  enveloppé  dans  une  petite  atmos- 
phère de  liquide  aqueux  à  laquelle  l'alcool  ne  se  mêlera  que  lente- 
ment. Gela  suffira  le  plus  souvent,  mais  il  est  des  objets  très  délicats 
qui  rendent  désirable  l'emploi  de  précautions  encore  plus  minu- 
tieuses. 

Pour  de  tels  objets  il  convient  de  disposer  un  appareil  servant  à  régler 
la  diffusion.  On  peut  mettre  les  objets  avec  un  peu  de  liquide,  dans  un  tube 
bouché  à  Tun  de  ses  bouts  et  fermé  à  l'autre  par  un  diaphragme  de  peau  de 
chamois  ou  une  autre  membrane  convenable,  puis  plonger  ce  tube  dans  un 
récipient  qui  contient  de  l'alcool  du  titre  auquel  on  désire  passer,  et  laisser 
le  tout  jusqu'à  ce  que,  par  diffusion  lente  à  travers  la  membrane,  le  liquide 
du  tube  et  celui  du  récipient  soient  devenus  de  densité  égale.  Ou  l'on  peut 
employer  le  «  différentiateur  >  de  Cobb,  dont  on  trouvera  la  description  dans 
Proc,  Linn.  Soc,  N,  S.  \V.,  V,  1890,  p.  457,  ou  dans  Joum.  Boy,  Mie, 
Soc,  1891,  p.  821 .  Ou  bien,  ce  qui  sera  en  général  plus  commode,  l'appareil 
de  Haswell.  (Proc,  Linn,  Soc,  N,  S,  W,,  VI,  1891,  p.  433  et  Jown,  Rot^ 
Mie.  -Soc,  1892,  p.  696.)  Cet  appareil  consiste  en  deux  flacons  de  lavage 
réunis  par  un  tube  et  portant,  en  outre,  l'un  un  tube  de  dégagement  pour 
le  trop-plein,  l'autre  un  tube  à  robinet  ou  à  pince,  qui  le  relie  à  un  réservoir 
d'alcool  du  titre  auquel  on  veut  arriver.  On  met  dans  le  premier  flacon  les 
objets  avec  un  pou  du  liquide  dans  lequel  ils  se  trouvent  ;  on  met  également 
un  peu  de  ce  même  liquide  dans  le  deuxième  flacon  ;  puis  on  ouvre  le 
robinet.  Le  mélange  de  liquides  se  fait  donc  dans  le  flacon  qui  ne  contient 
pas  les  objets,  et  c'est  ce  mélange  qui  est  graduellement  conduit,  par  le 
siphon  qui  réunit  les  deux  flacons,  dans  le  liquide  primitif  qui  contient  les 
objets.  Citons  aussi  l'appareil  à  déshydratation  rapide  de  CuEATLE,/owrn.  of 
Pathol,  and  BacterioL,  I,  1892,  p.  253,  ou  Journ,  Boy,  Mie,  Soc.y  1892, 
p.  892. 

Si,  au  contraire,  il  s'agit  de  porter  l'objet  dans  un  liquide  plus 
dense  que  celui  où  il  se  trouve,  on  emploiera,  selon  les  cas,  soit  la 
méthode  de  bains  successifs  de  liquides  mélangés,  ou  bien  l'élégante 
méthode  imaginée  par  Giesbreght,  pour  opérer  le  passage  graduel 
de  l'alcool  absolu  à  une  essence  éclaircissante.  Elle  consiste  à 
mettre  le  liquide  éclaircissant  sous  l'alcool  qui  contient  les  pièces  à 
éclaircir.  Par  exemple,  on  verse  dans  un  récipient  convenable  — 
un  verre  de  montre  ou  mieux  un  petit  tube  —  quelques  gouttes 
d'essence  de  cèdre  ou  de  girofle,  on  verse  doucement  sur  l'essence 
une  quantité  suffisante  d'alcool.  Ou  bien,  on  verse  l'alcool  en  pre- 
mier lieu  et  l'on  introduit  ensuite  l'essence  sous  l'alcool  à  l'aide 
d'une  pipette.  On  met  les  objets  à  éclaircir  dans  l'alcool.  Ils  nagent 
d'abord  à  la  surface  de  séparation  des  deux  liquides,  où  ils  se  trou- 


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INTRODUCTION  î 

vent  dans  un  milieu  mixte  dont  la  densité  augmente  aussi  graduel- 
lement que  possible  de  haut  en  bas.  Ils  se  pénètrent  peu  à  peu  d'un 
milieu  qui  est  un  mélange  des  deux  liquides  employés,  et  à  mesure 
qu'ils  s'en  pénètrent  ils  Téchangent  de  nouveau  par  diffusion  contre 
un  milieu  toujours  plus  dense.  Ils  passent  donc  par  gradations  insen- 
sibles à  travers  des  mélanges  de  densité  croissante,  jusqu'à  ce  qu'ils 
soient  entièrement  pénétrés  par  le  liquide  plus  dense.  Alors  ils  lom- 
bent  au  fond  de  ce  dernier  ;  on  enlève  avec  une  pipette  Talcool  qui 
surnage,  et  l'opération  est  terminée. 

Cette  méthode  est  de  beaucoup  plus  délicate  que  celle  qui  consiste 
à  faire  pénétrer  les  objets  successivement  par  un  mélange  de  deux 
parties  d'alcool  et  d'une  partie  d'essence,  par  un  mélange  d'une  partie 
d'alcool  et  d'une  partie  d'essence,  et  ainsi  de  suite;  méthode  que 
nous  voyons  cependant  pratiquer  journellement. 

Il  va  sans  dire  qu'on  peut  opérer  de  même  lorsqu'il  s'agit  de  liquides 

aqueux  ;  par  exemple,  pour  passer  de  l'eau  à  la  glycérine. 

.» 

7.  Coloration  d'objets  entiers.  —  Après  cette  digression  sur  la 
manière  de  faire  passer  les  objets  à  travers  les  divers  réactifs,  repre- 
nons notre  revue  de  la  marche  normale  de  la  préparation.  Nous  avons 
décrit  la  fixation  et  les  lavages;  la  préparation  préalable  esl  termi- 
née. On  peut  maintenant,  si  Ton  veut,  procéder  à  la  coloration  dê& 
tisstis.  On  peut  bien  ajourner  cette  opération,  et  colorer  en  détail 
après  que  les  coupes  ou  les  dissections  nécessaires  auront  été  faites. 
Cela  peut  être  même  rendu  nécessaire  par  certaines  considérations, 
telles  que  le  trop  grand  volume  de  l'objet,  qui  peut  faire  obstacle  à 
la  coloration  ou  bien  la  nécessité  de  contrôler  de  près  lacoloralion  et 
la  décoloration,  ainsi  qu'il  faut  le  faire  si  Ton  désire  pratiquer  des 
colorations  nucléaires  selon  la  méthode  régressive  ou  méthode  de 
Flemiung,  avec  des  couleurs  d'aniline. 

Naturellement  si  l'objet  est  destiné  à  être  conservé  en  entier,  et  non 
à  être  débité  en  coupes,  c'est  maintenant  qu'il  faut  le  colorer.  S'il 
s'agit  au  contraire  de  faire  des  coupes,  les  deux  voies  sont  ouvertes, 
et  l'étudiant  pourra  nous  demander  laquelle  il  vaut  mieux  suivre.  Or 
il  ne  paraît  pas  utile  de  former  une  règle  générale  à  cet  égard.  Tout 
ce  que  nous  pouvons  dire,  c'est  que  personnellement  nous  avuns  à 
peu  près  abandonné  la  pratique  de  colorer  en  masse  les  objets  desti- 
nés à  être  coupés.  La  coloration  des  coupes  présente  le  grand  avan- 
tage de  permettre  à  l'opérateur  de  suivre  pas  à  pas  le  progrès  de  Ja 
teinture  et  d'y  apporter  de  temps  à  autre  toute  modification  qu'il 
voudra.  Les  colorations  par  les  couleurs  d'aniline,  qui  ont  pris  de  nos 


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8  CHAPITRE   PREMIER 

jours  une  si  grande  importance,  ne  se  peuvent  pratiquer  en  général 
que  sur  des  coupes,  et  c*est  là  une  considération  des  plus  importantes. 
Mais  ce  genre  de  colorations  demande  une  certaine  adresse,  et  pour 
ce  motif  le  débutant  fera  peut-être  bien  de  s'en  tenir  à  Tancienne 
méthode  et  de  colorer  en  bloc  par  un  procédé  éprouvé,  tel  que  celui 
du  carmin  au  borax  de  Grenadier.  Nous  donnerons  du  reste  des 
explications  plus  détaillées  sur  ce  sujet  au  chapitre  Des  teintures. 

8.  Déshydratation  et  conservation.  »  La  coloration  une  fois 
faite,  il  se  peut  que  la  préparation  se  trouve  bien  près  d'être  achevée. 
Si  Ton  ne  désire  faire  ni  coupes,  ni  dissections,  il  ne  reste  plus  qu'à 
transporter  l'objet  dans  le  liquide  c  additionnel  >  ou  conservateur 
dans  lequel  on  veut  l'étudier  ou  le  conserver,  et  le  monter  sur  porte- 
objets  en  préparation  permanente  ou  temporaire.  Nous  parlerons  au 
long  de  ces  liquides  dans  les  chapitres  xvii  et  xix,  et  nous  nous 
bornerons  à  rappeler  ici  que  ce  transport  doit  être  fait  d'une  manière 
aussi  graduelle  que  possible,  comme  nous  l'avons  expliqué  au 
numéro  6. 

Le  passage  à  travers  des  alcools  successifs  jusqu'à  l'alcool  absolu 
ou  très  fort  s'appelle  c  déshydratation  >. 

Ce  passage  forme  une  étape  de  la  préparation  qui  nous  présente  comme 
une  pause  naturelle,  où  Ton  peut  s'arrêter  si  l'on  veut.  En  effet,  si  l'on 
désire  ne  pas  pousser  la  préparation  plus  loin  pour  le  moment,  il  n'y  a 
qu'à  laisser  les  objets  dans  l'alcool  à  70  p.  100  jusqu'à  ce  qu'on  désire  les 
soumettre  à  des  manipulations  ultérieures.  Il  vaut  en  général  mieux  ne 
pas  prendre  pour  cette  c  conservation  *  des  pièces  de  l'alcool  plus  fort. 
Gai*  par  l'action  déshydratante  et  coagulante  prolongée  de  l'alcool  fort  les 
tissus  se  trouvent  altérés  dans  leur  structure  intime  ;  ils  deviennent  durs 
et  cassants,  et  se  ratatinent,  et  leur  capacité  de  fournir  à  la  teinture  des 
colorations  précises  se  trouve  être  sérieusement  diminuée. 

KuLTSCHiTZKY  {Zctt.  f.  WÎS8,  Mik.,  IV,  3,  4887,  p.  349)  a  proposé  de 
remédier  à  cet  inconvénient  en  conservant  les  pièces  dans  de  l'éther,  ou 
dans  du  xylol  ou  du  toluol  (toluène),  liquides  qui  n'ont  pas  cette  action 
sur  les  tissus.  Flemming  (Arch.  /*.  miL  Anat.y  XXXVII,  1891,  p.  685) 
recommande  de  les  conserver  dans  un  mélange  (environ  à  parties  égales) 
d'alcool,  de  glycérine  et  d*eau.  Les  pièces  ainsi  conservées  souffrent  beau- 
coup moins,  soit  sous  le  rapport  de  leur  consistance,  soit  sous  celui  de  leur 
capacité  de  coloration,  que  les  pièces  alcooliques.  Et  cette  méthode  a  en 
outre  l'avantage  qu'elle  permet  ou  bien  de  préparer  les  objets  pour  l'inclu- 
sion dans  la  paraffine  par  un  simple  traitement  par  l'alcool,  ou  bien  de  les 
ramollir  rapidement  pour  la  dissection  ou  pour  la  dissociation  par  un 
simple  traitement  avec  de  l'eau.  Nous  pouvons  recommander  cette  méthode 
que  nous  avons  beaucoup  pratiquée.  Nous  ajoutons  souvent  au  liquide  un 
peu  d'acide  acétique  (0,5  p.  100  environ). 

Toutefois,  si  les  pièces  sont  destinées  à  être  coupées  dans  la  paraffine, 


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INTRODDGTION  » 

nous  recommandons  de  procéder  aussitôt  à  rinclution  et  de  les  garder  dans 
la  paraffine  même  ;  elles  s'y  conservent  admirablement  sous  tous  les  rapports. 
(Je  viens,  h  titre  d'essai,  de  couper  et  de  colorer  (en  teinture  double  par  ]e 
Kernscbwarz  et  la  safran ine)  une  pièce  qui  a  été  conservée  dans  la  paraffine 
depuis  six  ans  et  huit  mois.  La  coloration  est  moins  énergique  que  celle 
des  coupes  qui  ont  été  prélevées  sur  Torganc  le  jour  même  de  son  inclu- 
sion, mais  elle  est  largement  aussi  précise^  et  elle  me  semble  même  plus 
belle,  La  conservation  des  cellules^  saus  être  parfaite^  parait  cependant 
excellente,  La  pièce  est  devenue  un  peu  friable  et  se  coupe  mal.) 

La  plupart  des  auteurs  recommandent  de  pousser  la  déshydratation  par 
Faicool  jusqu'au  titre  d*alcool  al/^otu,  avant  de  passer  à  Tessence  écîaircis- 
saute  qui  sert  d'iotermédiaire  enlro  ralcool  et  le  baume  ou  la  paraffine.  Or 
i7  nesi  pas  nécessaire  d'aller  jusqu'à  alcool  absolu  ;  Takool  à  90  p*  iOO  ou 
au  surplus  à  95  p.  100  sufJira  dans  la  plupart  des  cas.  Car  la  trace  d'eau 
qui  peut  rester  dans  les  tissus  après  qu'ils  ont  été  traités  par  de  Talcool  de 
ces  degrés  se  laissera  parfaitement  éloigner  par  le  bain  d'essence,  pourvu 
qu'on  ait  soin  d'employer  une  essence  qui  soit  un  bon  agent  éclaircissant. 
L'essence  de  bois  de  cèdre  prendra  bien  toute  l'eau  qui  reste  dans  les  tissus 
après  traitement  par  ralcool  à  95  p,  100  ;  l'essence  do  bergamote  cclaicira 
après  ralcool  à  90  p.  100,  et  Thuile  d'aniline  après  Talcool  à  70  p.  100. 

B.  ÉelaircissemeiLt  et  dissections  fines.  —  Les  objeU  une  fois 
déshydratés  doivent  maintenant  être  pénétrés  soit  par  une  essence  ou 
un  autre  agent  éclaircissant,  s'ils  sont  destinés  à  être  moutés  tout  de 
suite  dans  le  baume,  ou  par  la  même  essence  ou  un  autre  dissolvant 
de  la  parafline  soit  autre  masse  d'iuclusioa  si  Ton  veut  en  faire  des 
coupes.  Pour  le  détail  de  ces  opérations  noua  renvoyons  aux  cha- 
pitres Agents  éclairciss.4nts,  Liquides  additionnels  - 

11  reste  cependant  à  noter  ici  que  si  l'objet  doit  âubir  une  dissedion 
fine  à  la  loupe,  c^est  pendant  qu'il  se  trouve  dansFessence  qu'il  con- 
vient le  plus  souvent  de  faire  cette  opération^  Nous  recommandons 
beaucoup  à  cette  fin  Fessence  de  bois  de  cèdre,  qui  prête  aux  tissus 
une  consistance  très  favorable^  pendant  qu'en  même  temps  sa  visco- 
sité considérable  aide  à  soutenir  les  éléments  délicats.  L'essence  de 
girofles  a  la  propriété  de  rendre  très  cassanls  les  tissus  qui  y  ont 
séjourné  quelque  temps,  c'est  là  une  qualité  qui  peut  être  utile  ou 
non  selon  les  cas.  Cette  essence  a  aussi  la  propriété  de  ne  pas  s'étaler 
largement  k  la  surface  du  verre,  mais  d'y  former  des  gouttes  très 
convexes  ;  c'est  là  aussi  une  qualité  dont  on  peut  tirer  parti. 

10.  Inclnsion  et  coupes.  —  Les  coupes  se  font  par  Tune  ou  Fautre 
des  Méthodes  d*inclusion  dont  nous  donnons  Fck position  détaillée 
au  chapitre  xxi  et  aux  suivants.  Nous  Dotons  seulement  ici  qu'il  y  a 
deux  méthodes  principales  d'inclusion,  là  méthode  de  la  parafHne  et 
la  méthode  du  coltodion*  Les  avis  sont  encore  partagés  sur  la  valeur 


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la  CIIÂFITRE   PREMIER 

respective  de  ces  deux  mélhodes.  Nous  admettons,  et  en  cela  nous 
sommes  certainement  d'accord  avec  la  grande  majorité  des  anato- 
misLes^  que  le  procédé  à  la  paraffine  est  la  méthode  par  excellence 
pour  les  petits  objets  (c'est-à-dire  des  objets  n*ayant  pas.  plus  de 
7  millimètres  environ  de  diamètre)  ;  tandis  que  le  procédé  au  collo- 
dion  convient  mieux  pour  les  objets  très  volumineux. 

11.  Traitement  déflBltif  des  coupes.  — Les  coupes  une  fois 
obtenues,  il  ne  reste  plus  (si  Tobjet  a  déjà  été  coloré  en  entier)  qu'à 
en  éloigner  la  paraffine  au  moyen  d'un  dissolvant  convenable,  et  à 
les  monter  dans  le  baume.  Cela  se  fait  en  général  à  l'aide  du  collage 
des  coupeB  en  svncs  su?*  le  porte-objets.  Les  coupes  ayant  été  faites 
à  see  (c  est-à-dire  sans  que  !e  rasoir  ait  été  mouillé  pendant  qu'elles 
se  faisaient)  sont  rangées  en  ordre  sur  un  porte-objets  enduit  de  col- 
lodion  ou  de  Tune  des  autres  substances  qui  ont  été  préconisées  à  cet 
effet,  de  la  fai^on  que  nous  expliquerons  au  chapitre  xxiv.  On  porte 
alors  le  tout  à  la  température  de  fusion  de  la  paraffine,  on  chasse  la 
paraffine  fondue  avec  une  goutle  d'un  dissolvant  convenable  (du  xylol, 
par  exemple),  on  ajoute  une  goutte  de  baume  de  Canada  et  un  couvre- 
objets,  et  la  préparation  est  terminée. 

Si  la  coloration  n'a  pas  déjà  été  faite,  voici  comment  on  procède. 
Au  lieu  de  porter  les  coupes  dans  le  baume,  on  éloigne  avec  de  l'alcool 
la  substance  qui  a  servi  à  dissoudre  la  paraffine,  on  les  porte  dans 
la  solution  colorante,  et  après  coloration  on  lave,  on  déshydrate, 
Ton  éclaircit  de  nouveau  et  Ton  monte. 

12,  Résumé  et  observations  additionnelles.  —  Voici  en  très 
abrégé  un  cadre  de  marche  générale  que  nous  recommandons  à  l'étu- 
diant débutant.  Fixez  au  sublimé  ;  lavez  à  l'eau  d'abord  ;  puis  longue- 
ment à  i'alcool  à  50  p.  100;  colorez  au  carmin  boracique  alcoolique 
de  Grenacher  ;  décolorez  comme  il  est  dit  au  paragraphe  qui  traite  de 
ce  réactif;  passez  par  des  alcools  successifs  de  la  manière  que  nous 
avons  dite  au  numéro  0  ;  éclaircissez  par  de  l'essence  de  bois  de  cèdre, 
et  montez  au  baume,  si  vous  ne  désirez  pas  faire  des  coupes.  Si 
vous  désirez  faire  des  coupes,  au  lieu  de  mettre  la  pièce  dans  le 
baume,  vous  la  mettez  dans  un  bain  de  paraffine  et  procédez  comme 
il  est  dit  au  cliapître  xxi  ;  coupez;  collez  les  coupes  sur  la  lamelle 
avec  ïe  collodion  de  Seh.'ellîbaum  ;  enlevez  la  paraffine  avec  du  xylol, 
et  montez  dîrectejuent  dans  le  baume. 

L%Hudiant  qui  s'est  perfectionné  dans  cette  marche  pourra  ensuite 
aborder  une  variante  un  peu  plus  difficile.  Au  lieu  de  fixer  par  le 


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INTRODUCTION  11 

sublimé,  il  pourra  prendre  le  liquide  de  Flemming;  et,  au  lieu  de 
colorer  l'objet  entier,  il  pourra  colorer  les  coupes  (collées  sur  porte- 
objets  par  l'albumine  de  Mayer),  avec  la  safranine  ou  le  bleu  Vic- 
toria. Ce  n'est  qu'après  s'être  perfectionné  dans  l'art  de  la  teinture 
par  la  méthode  de  Flemming  avec  un  seul  colorant  que  nous  lui 
conseillerions  de  s'essayer  à  une  coloration  double,  telle  que  par  le 
violet  de  gentiane  suivi  de  la  fuchsine  acide. 

Nous  engageons  beaucoup  le  lecteur  à  consulter  Tadmirable  exposition 
des  principes  de  la  technique  histologique  moderne  qui  a  été  donnée  par 
Paul  Mayer  dans  les  Alitth.  Zool.  Stat,  Neapel,  II,  1881,  p.  1.  (On  en  trou- 
vera des  comptes  rendus  dans/oMrn.  Roy.  Mie,  Soc.^  II,  1882,  p.  866-881,  et 
Amer,  NaturaL,  XVI,  1882,  p.  697-706,  ces  derniers  mentionnant  quelques 
améliorations  qui  avaient  été  imaginées  depuis  la  publication  du  travail  de 
Ma^-er.) 


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CHAPITRE  II 
EXTENSION,  FIXATION  ET  DURCISSEMENT 


13.  Introduction^  —  Par  le  mot  fixation  des  tissus,  on  a  cou- 
tume d'enlendre  les  diverses  opérations  qui  ont  pour  effet  de  tuer 
d'une  fae^on  inslantanëe  les  clémenls  an  atomiques,  tout  en  leur  con- 
servant ia  forme  qu'ils  possédaient  pendant  la  vie,  et  en  leur  prêtant 
un  degré  de  durcissement  artîGciel  qui  leur  permet  de  subir  sans  se 
déformer  Taclion  des  substances  colorantes,  durcissantes,  éclaircis- 
santes,  isolantes,  enrobantes,  ^—  en  un  mot,  toutes  les  manipulations 
chimiques  et  physiques  qu'on  détire  mettre  en  œuvre  pendant  le  cours 
de  la  préparalion  ultérieure. 

Voici  un  exemple  qui  servira  à  faire  comprendre  Futilité  des  agents 
fixateurs.  Si  Ton  traite  une  portion  de  rétine  vivante  soit  avec  de 
Thumeur  aqueuse  de  Tûcil,  soit  avec  du  sérum,  soit  avec  n'importe 
lequel  des  liquides  dits  indifférents  des  micrographes,  ou  avec  Tune 
ou  Tautre  des  liqueurs  conseriifitrices  qu'on  emploie  pour  la  conaer* 
valion  permanente  des  pièces  histologiques,  on  trouve  invariablement 
que  les  cônes  et  bâtonnets  ne  conservent  que  pendant  un  temps  très 
court  l'apparence  qu'ils  ont  pendant  la  vie  ;  après  quelques  minutes 
au  plus,  on  voit  commencer  une  série  de  changements  post  mortem, 
à  la  suite  desquels  les  segments  externes  soit  des  cùnes,  soit  des  bâton- 
nets se  brisent  en  un  certain  nombre  de  disques  et  deviennent  à  la  fln 
désintégrés  au  point  d'être  entièrement  détruits.  Puis  encore,  dans  la 
même  préparation,  on  observera  qu'en  un  temps  tout  aussi  court  les 
fibrilles  nerveuses,  de  lisses  qu*elles  étaient  pendant  !a  vie,  deviennent 
variqueuses,  présentant  un  grand  nombre  de  nœuds  fus i formes,  pour 
ne  point  parler  des  autres  altérations  post  morlem  qu'elles  subissent* 
Si,  au  contraire,  nous  traitons  une  rétine  vivante  avec  une  solution  con* 
centrée  d'acide  osmique,  nous  trouverons^  après  vingt-quatre  beureSj 


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EXTENSION j    FIXATION    ET   DrRClSSEBIENT  13 

que  la  totalité  des  cônes  et  des  bâtonnets  esl  parfaitement  conservée, 
et  que  les  fibrilles  nerveuses  ne  montrent  que  peu  ou  point  de  vari- 
cosîtés.  Et  après  ce  durciasement  préliminaire  nous  pouvons  traiter 
la  rétine  avec  de  Feau  {procédé  qui  ruinerait  entièrement  une  rétine 
non  fixée)^  nous  pouvons  même  la  laver  dans  de  Teau  pendant  des 
jours  entiers,  sans  qu'elle  en  soufTre  ;  nous  pouvons  la  colorer,  la 
durcir,  la  déshydrater,  Fenrober,  la  couper  au  niicrolome,  el  monter 
les  coupes  dans  un  milieu  résineux  ou  aqueux,  sans  que  ses  éléments 
aient  éprouvé  d'altération  sérieuse  par  suite  de  ces  manipulations. 

il  résulte  de  tout  ce  que  nous  venons  de  dire  que  la  fixation  des 
tissus  est  la  condition  siîie  quâ  non  de  toute  préparation  à  laquelle 
on  veut  donner  une  valeur  scientiliqiie  (nous  parlons  de  préparations 
normales  de  parties  molles,  cela  va  de  soi).  «  On  a  proposé  depuis 
longtemps  des  liquides  qui  auraient  la  propriété  de  conserver  indéfl- 
nimeut  les  tissus  qu^on  y  a  mis  à  Fétat  frais  ;  mais^  eu  réalité^  aucun 
de  ces  liquides  ne  possède  ces  avantages.  II  n'est  pas  à  dire  pour  cela 
qu'on  ne  puisse  avoir  des  préparations  persistantes  des  éléments  de 
l'organisme  même  les  plus  délicats  ;  pour  atteindre  ce  but,  il  convient 
d'employer,  non  pas  un  seul  liquide  conservateur,  mais  une  série  de 
réactifs,  dont  les  uns  servent  à  fixer  les  éléments  dans  leur  forme  et 
à  les  rendre  plus  ou  moins  inaltérables,  d^autres  à  les  colorer, 
d'autres  enûn  à  les  mettre  à  Tabri  de  modiÛcations  ultérieures  «  ■ 
(Ranvier»)  ^ 

14«  Préeautionâ  prélimîtiaires.  BxtenBion  mécanique.  — 
Dans  la  grande  majorité  des  cas,  ou  commence  la  préparation 
d'un  objet  en  soumettaut  l'orgaoe  ou  Torganisnie  a  étudier  à 
Taction  aussi  complète  et  aussi  immédiate  que  possible  de  Tun  des 
agents  fixateurs  que  nous  allons  étudier.  Et  cela  se  fait  en  prenant 
Torgane  ou  l'organisme  à  l'état  vivant  et  normal  ;  on  se  fie 
alors  à  l'agent  fixateur  pour  produire,  avec  la  rapidité  voulue,  en 
même  temps  la  mort  de  l'organisme  et  la  mort  des  éléments  des 
tissus.  On  ne  peut  cependant  pas  agir  ainsi  dans  tous  les  cas.  Il  est 
des  tissus  qui^  au  moment  ou  l'on  fait  agir  sur  eux  les  réactifs  dont 
nous  allons  parler,  se  rétractent,  se  plissent,  et  donneraient  de  mau- 
vaises préparations  si  Ton  ne  parvenait  à  les  maintenir  en  Tétat 
d'extension  physiologique  pendant  la  fixation. 

S* agît-il  d  cléments  aïlongés^  soit  plats,  soit  filiformes,  il  suffit  sou- 
vent de  les  placer  sur  une  lame  de  verre  et  d'en  fixer  les  deux  extré- 
mités avec  de  la  cire  à  cacheter  ou  avec  une  goutte  de  paraffine  fon- 
due. Ainsi  pour  tes  tendons  et  les  petits  muscles.  Ou  bien  on  peut 


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14  CHAPITRE   II 

mettre  en  œuvre  le  procédé  de  Ranvier  {Traité^  p.  729)  pour  les  nerfs 
à  myéline.  «  On  prend  une  petite  tige  de  bois  (une  allumette  par 
exemple)  dans  laquelle  on  pratique  un  évidement;  au  niveau  de 
celui-ci  on  dispose  Je  nerf  et  on  le  fixe  au  degré  d'extension  conve- 
nable au  moyeu  de  ligatures  placées  à  ses  deux  extrémités.  >  Puis  on 
porte  le  tout  dans  le  liquide  fixateur. 

Pour  les  membranes,  on  peut  les  tendre,  comme  la  peau  d'un 
tambour,  sur  un  verre  de  montre,  un  petit  godet,  ou  le  goulot  d'un 
flacon,  et  les  y  attacher  avec  un  tour  de  fil.  On  trouvera  très  com- 
modes pour  cette  opération  les  anneaux  histologiques  des  Hoggan  et 
d'ÉTEUKO»  que  nous  décrirons  au  chapitre  des  Imprégnations.  Des 
organes  membraneux  tels  que  la  vessie  peuvent  être  maintenus  en 
extension  en  les  gonflant  au  moyen  d'une  seringue,  soit  d'un  liquide 
indifférent,  soit  du  liquide  fixateur  lui-même. 

Le  procédé  de  la  «  demi-dessiccation  >  (Ranvier,  Traité^  p.  69) 
«  consiste  à  étendre  sur  une  lame  de  verre  une  membrane  à  Taide  des 
doigts  appliqués  sur  ses  bords.  Tant  que  la  membrane  est  humide, 
elle  se  rétracte  du  moment  qu'on  l'abandonne  à  elle-même.  Mais 
lorsqu'elle  commence  à  sécher  (et  par  suite  de  la  chaleur  des  doigts 
qui  la  tendent,  elle  sèche  plus  vite  sur  les  bords),  ses  bords  restent 
adhérents  au  verre,  et  en  l'attirant  successivement  sur  ses  différents 
cotés,  on  arrive  à  la  tendre  d'une  façon  très  complète  ». 

On  trouvera  d'autres  indications,  très  détaillées,  dans  le  classique 
Traité  de  Ranvii^r- 

15.  Hxtensioii  par  intoxication.  —  Il  est  bon  nombre  d'ani- 
maux, de  coiisiâtance  molle,  manquant  de  squelette  rigide,  et  doués 
d'une  puissance  considérable  de  contractilité  —  les  Cœlentérés,  les 
Bryozoaires,  les  Serpulides  en  fournissent  assez  d'exemples  —  qui,  si 
on  les  traite  sans  autre  précaution  par  un  agent  fixateur,  se  contrac- 
tent avec  violence,  retirent  leurs  tentacules  ou  leurs  branchies,  et 
meurent  en  un  état  recoquillé  qui  fait  de  l'objet  conservé  une  carica- 
ture de  la  vie- 

Les  animaux  qui  ne  se  contractent  que  lentement^  tels  que  Alcyo- 
niiwi  et  VeretiUum^  et  quelques  Tuniciers,  tels  que  Pyrosoma,  peu- 
vent être  luéB  en  extension  si  on  les  jette  brusquement  dans  un  liquide 
fixateur  assez  énerpque  pour  les  tuer  avant  que  leurs  éléments 
n'aient  eu  le  temps  de  se  contracter. 

L'acide  acétique  criâtallisable  (méthode  de  van  Beneden)  est  un  excellent 
réactif  k  cette  liu,  et  réussit,  par  exemple,  très  bien  avec  Pyrosoma  et  cer- 
taines Méduses  (voy.  au  chapitre  v  et  chapitre  xxxui).  Le  sublimé  corrosif, 
gortôut  à  chaud,  donne  aussi  souvent  de  bons  résultats. 


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EXTENSION,    FIXATION    ET   DURCISSEMENT  15 

L'application  brusque  de  la  chaleur  est  aussi  un  procédé  dont  on  peut 
tirer  parti.  Par  ce  moyen,  les  éléments  sont  fixés  en  même  temps  que  les 
organes  sont  immobilisés.  C'est  aussi  une  méthode  qui  a  Tavantage  de  se 
prêter  mieux  qu'aucune  autre  à  Texamen  micro-chimique  des  tissus,  car 
elles  n'y  introduit  rien  qui  puisse  en  altérer  la  composition  ni  gêner  les 
réactions. 

Il  sufHra  en  général  d'exposer  les  animaux  pendant  quelques  secondes  à 
une  chaleur  suffisante.  On  peut  mettre  de  petits  objets  tels  que  Proto- 
zoaires, Hydraires,  Bryozoaires,  dans  une  goutte  d'eau  placée  dans  un  verre 
de  montre  ou  sur  une  lamelle,  et  les  flamber  au-dessus  d'une  lampe  à 
alcool.  Des  animaux  plus  grands  peuvent  être  jetés  brusquement  dans  une 
quantité  d'eau  chauffée  préalablement.  On  conserve  très  bien  les  grands 
Némertiens  en  les  jetant  dans  de  l'eau  douce  chauffée.  On  peut  aussi  mettre 
les  pièces  dans  une  très  petite  quantité  d'eau  contenue  dans  un  tube  de 
verre  et  plonger  ce  tube  pendant  quelques  secondes  dans  de  l'eau  bouillante. 
Aussitôt  fixées,  les  pièces  doivent  être  passées  dans  l'alcool  (50  p.  100 
environ). 

La  difficulté  de  cette  méthode  consiste  à  atteindre  la  température  mortelle 
sans  la  dépasser  de  plus  de  quelques  degrés.  Il  ne  faut  guère  aller  au  delà 
de  80®  C,  en  aucun  cas,  et  une  chaleur  de  60®  C.  suffira  très  souvent.  C'est 
en  somme  une  méthode  qui  peut  rendre  des  services,  mais  il  ne  faut  pas 
trop  s'y  fier  dans  les  recherches  histologiques  délicates,  car  le  moindre 
excès  de  chaleur  provoque  des  gonflements  très  considérables  de  certains 
éléments  cellulaires. 

Mais  dans  le  cas  d'animattx  qui  se  contractent  très  rapidement, 
on  est  souvent  obligé  d'avoir  recours  à  Timmobilisation  préalable  par 
un  des  procédés  d'intoxication  ou  d'anesthésie  que  nous  allons 
décrire. 

16.  Fumigation  au  tabac  (Hertwig,  Die  Actinien,  1879).  —  On 
place  les  animaux  dans  une  cuvette  avec  de  Teau,  et  on  les  recouvre 
d'une  cloche  de  verre  ou  d'un  cristallisoir,  destiné  à  confiner  la  fumée 
de  tabac.  On  fait  alors  passer  de  la  fumée  sous  la  cloche  par  le 
moyen  d'un  tube  de  verre  courbé.  Après  y  avoir  introduit  une 
quantité  sufïïsante  de  fumée,  on  abandonne  les  animaux  pendant 
quelques  heures,  aûn  que  la  narcotisation  puisse  se  compléter.  On 
constate  le  progrès  de  l'anesthésie  en  irritant  l'animal  de  temps  à 
autre  ;  aussitôt  qu'on  observe  qu'il  ne  réagit  plus  que  lentement, 
que,  par  exemple,  si  l'on  touche  un  tentacule  avec  une  aiguille, 
cet  organe  ne  commence  à  se  rétracter  qu'après  un  laps  de  temps 
considérable,  on  peut  estimer  que  le  sujet  est  suffisamment  engourdi. 
On  verse  alors  dans  l'eau  une  dose  de  liquide  fixateoir  suffisante 
pour  le  tuer  avant  qu'il  ait  eu  le  temps  de  changer  d'attitude  ;  et, 
une  fois  qu'il  est  parfaitement  mort,  on  peut  changer  à  volonté  le 
liquide  où  il  se  trouve. 


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i6  CHAPITRE    II 

Si  Ton  nous  demande  notre  avis  quant  à  l*utilité  de  cette  méthode, 
nous  dirons  qu'elle  peut  rendre  de  réels  services,  et  nous  conseille- 
rons de  ressayer  toutes  les  fois  qu'on  n'est  pas  arrivé  au  but  par  une 
voie  plus  commode.  La  fumigation  produit,  par  exemple,  chez  les 
Actinies,  une  bien  véritable  intoxication  qui  sert  parfaitement  à  les 
maintenir  étalées  ;  mais  cet  état  ne  s'établit  que  lentement  :  il  faut 
plusieurs  heures  pour  produire  l'immobilité  voulue  chez  une  Actinie. 

En  conséquence,  c'est  un  procédé  peu  agréable  à  appliquer,  c'est 
pourquoi  l'on  a  imaginé  le  suivant. 

17.  Nicotine.  —  Andres  [Atti  R.  Acad.  dei  Lincei,  V,  1880,  p.  9  ; 
Joum,  Roy.  Mie.  Soc.  (N.  S.),  II,  1882,  p.  884)  a  imaginé  d'employer 
la  nicotine  en  solution  aqueuse,  au  lieu  de  l'administrer  sous  forme 
de  fumée  de  tabac.  Il  se  sert  d'une  solution  d'un  gramme  de  nicotine 
dans  un  litre  d'eau  de  mer.  Il  place  l'animal  à  narcotiser  dans  un 
bocal  contenant  un  demi-litre  d'eau,  et  il  y  conduit  la  solution  de 
nicotine  très  graduellement  par  le  moyen  d'un  fil  faisant  siphon.  La 
grosseur  du  fll  doit  être  telle  qu'il  puisse  vider  le  litre  de  solution  de 
nicotine  en  douze  heures. 

18.  Chloroforme.  —  D'autres  substances  anesthésiques  peuvent 
être  ajoutées  par  petites  quantités  à  l'eau  qui  contient  les  animaux  à 
endormir.  Le  chloroforme  donne  quelquefois  de  très  bons  résultats 
quand  il  est  employé  de  cette  manière;  nous  avons  vu  de  belles 
Méduses  très  bien  chloroformées  dans  une  attitude  parfaitement  étalée, 
en  une  heure  ou  deux  de  temps.  Il  convient  de  projeter  le  chloro- 
forme, par  quantité  de  quelques  gouttes  à  la  fois,  vigoureusement 
dans  l'eau  avec  une  petite  seringue  ou  une  pipette  munie  d'une  poire 
de  caoutchouc,  l'une  ou  l'autre  ayant  l'orifice  assez  petit  pour  que  le 
chloroforme  soit  pulvérisé  à  la  sortie.  On  répète  la  dose  toutes  les 
cinq  minutes,  jusqu'à  ce  que  l'animal  soit  immobilisé.  Notons  ici  que 
Andres  a  trouvé  que  cette  méthode  ne  convient  pas  pour  les  Actinies, 
car  chez  ces  animaux  la  macération  des  tissus  survient  avant  que 
l'insensibilité  soit  établie. 

Pour  obtenir  de  bonnes  coupes  de  la  tige  très  contractile  des  Sipho- 
nophores,  Korotneff  [Mitth.  Zool.  Stat.  Neapel^  V,  Hfl  2,  1884, 
p.  229  ;  Zeit.  f.  wiss.  Mikroskopie^  2, 1885,  p.  230)  commence  par  anes- 
thésier  les  animaux  avec  la  vapeur  de  chloroforme.  On  attend  que 
les  animaux  se  montrent  un  peu  tranquilles  dans  le  bocal  qui  les 
contient.  On  fait  flotter  alors  sur  l'eau  un  verre  de  montre  contenant 
du  chloroforme,  et  l'on  couvre  le  tout  avec  une  cloche.  Le  chloro- 


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EXTENSION^   FIXATION   ET  DURCISSEMENT  17 

forme  endort  les  Siphonophores,  qui  demeurent  étalés.  On  enlève 
alors  la  cloche,  et  Ton  fixe  les  animaux  en  les  inondant  subitement 
d'acide  chromiqûe  ou  de  sublimé  chaud. 

19.  L'alcool  et  l'éther  peuvent  s'employer  de  la  même  manière 
que  le  chloroforme.  Pour  les  Actinies,  Andres  a  obtenu  de  bons  résul- 
tats avec  le  mélange  suivant  (dû  à  S.  Lo  Bianco)  :  glycérine,  20  parties  ; 
alcool  (70  degrés),  40  parties  ;  eau  de  mer,  40  parties.  11  faut  verser 
ce  liquide  avec  précaution  sur  Teau  qui  contient  les  animaux,  et 
Attendre  qu'il  s*y  soit  mêlé  lentement  par  diffusion.  Il  faut  pour  cela 
souvent  plusieurs  heures.  C*est  ainsi  que  Ëisig  emploie  l'alcool. 

20.  Alcoolméthylique(CoRi,Zezï./.  wjtss.  Jlfa.,VI,4,1890,p.438). 
—  Ce  réactif  a  l'avantage,  entre  autres,  de  n'avoir  que  peu  d'action 
sur  les  albumines.  On  fait  un  mélange  de  10  ce.  d'alcool  méthylique, 
ei  90  ce.  d'eau  de  mer  ou  d'eau  douce  (si  on  prend  de  l'eau  douce 
^n  ajoute  6  grammes  de  chlorure  de  sodium).  On  ajoute  ce  mélange  par 
petites  quantités  à  l'eau  qui  contient  les  animaux  ;  et  si  cela  ne  suffit 
pas,  on  les  inonde  du  mélange  non  dilué.  On  peut  ajouter  au  mélange 
quelques  gouttes  de  chloroforme. 

21.  GhloraJ.  —  Fokttinger  {Archives  de  Biologie,  VI,  p.  115)  a 
obtenu  des  résultats  très  complets  avec  l'hydrate  de  chloral.  Il  opère 
en  laissant  tomber  au  fond  du  vase  qui  contient  les  animaux  quelques 
cristaux  de  chloral.  Pour  des  Alcyonelles,  il  emploie  35  à  50  centi- 
grammes de  chloral  pour  100  grammes  d'eau.  Au  bout  de  trois  quarts 
d'heure,  la  colonie  est  devenue  insensible,  ne  réagit  plus  et  peut  être 
0xée.  Foettinger  a  ainsi  obtenu  de  bons  résultats  avec  des  Bryozoaires 
aquatiques  et  marins,  des  Annélides,  des  Mollusques,  des  Némertiens. 
Ces  derniers  deviennent  insensibles  sans  avoir  craché  leur  trompe. 
L'expérience  n'a  pas  réussi  avec  les  Hydroïdes.  Les  résultats  obtenus 
avec  les  Actinies  étaient  assez  satisfaisants.  Des  Astéracanthions  ont 
pu  être  endormis. 

Je  sais  que  cette  méthode  donne  souvent  de  bons  résultats,  mais 
elle  ne  réussit  pas  toujours.  Je  l'ai  essayé  avec  des  Némertiens,  et  je 
n'ai  jamais  eu  le  moindre  succès. 

Verworn  [Zeit.f.  wiss.  ZooL,  XLVI,  9, 1887,  p.  99  ;  Journ.  Boy. 
Mie.  Soc.^  1888,  p.  148)  s'en  sert  pour  les  Bryozoaires  d'eau  douce. 
Il  laisse  des  colonies  de  Cri$tatella  pendant  quelques  minutes  dans 
une  solution  de  chloral  à  10  p.  100. 

KÛKENTHA.L  [Jen.  Zeit.y  XX,  H.  4,  1887,  p.  511;  Journ.  Roy.  Mie. 
Soc.^  1888,  p.  509)  a  obtenu  de  bons  résultats  avec  quelques  Annér 

ANAT.   UICROSC.  2 


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18 


CHAPlTtlE    II 


lides  au  muyea  d  une  sûlulion  de  ehloral  à  1  p.  1000  dans  Teau  de 
mer. 

Je  pense  que  le  ehloral  ne  doil  être  employé  qu'avec  précaution^ 
car  il  macère  très  vite.  J'ai  vu  des  animaux  dont  Tépiderme  était  très 
macéré  avant  que  Tin  sensibilité  fût  établie  _ 

22.  Chlomre  de  magnéalum  {Tulliïerc,  ytrcA.  Zool.  Expér,  et  Gén.,  X. 
1892,  p.  il).  —  Pour  des  Aclinics,  faire  une  solution  à  33  p.  100  et  l'ajouter 
graduellement  à  Teau  qui  conlieul  Tanimàl  étalé,  jusqu'à  ce  que  cette  eau 
contienne  1  p.  100  du  sel.  Ainsi  pour  l  litre  d*eau  de  mer  ajoutez  33  ce.  de 
la  solution.  H  faut  une  trentaine  de  minutes  pour  arriver  à  Tanesthésie. 
Pour  des  Invertébrés  d'eau  douce  ou  terrestres  il  faut  prendre  une  solution 
un  pen  plus  forte. 

TlEDEMiAUGn  [Amer.  NaL,  1895,  p.  399  ;  Journ.  Roy,  Mie.  Soc,  1895, 
p.  'à%'û}  prend  le  sulfate  de  magnésie,  qu'il  emploie  soit  en  solution,  soit 
sous  forme  de  cristaux. 

23.  Cocaïne  {Rtcuahd,  ZqoL  Anzeîg^^  188S,  p.  332).  — Richard  se 
sert  d'une  soliitioa  de  chlorhydrate  de  cocaïne  au  centième.  Les  ani- 
maux à  narcotiser  (Bryozoaires)  sont  placés  dans  un  verre  de  montre 
avec  S  ce,  d'eau.  On  ajoute,  peu  à  peu,  de  la  solution  de  cocaïne^ 
Après  cinq  minutes  les  animaux  ne  réagissent  plus  que  faiblement  ; 
on  ajoute  encore  un  demi-centimètre  cube  de  la  solution,  et,  un  instant 
après,  il  faut  exciter  directement  les  tentacules,  à  l'aide  d'une  aiguille, 
assez  fortement  pour  leâ  voir  se  contracter.  Dix  minutes  plus  tard,  les 
animaux  doivent  être  morts  épanouis,  et  peuvent  alors  être  traités 
par  les  procédés  ordinaires  de  fixation.  Celte  méthode  convient  pour 
les   Bryozoaires,  les  Hydres  et  certains  Vers, 

24.  Hydrosylamlne.  —  Hofeb  {Zeii.  f.  wiss.  Mik.,  Vil,  3, 1390, 
p.  318)  a  employé  Thydroxy lamine  avec  succès  pour  les  organismes 
les  plus  variés.  On  peut  prendre  ou  bien  le  sulfate  de  la  base  ou  bien 
rhydrochlorate,  ce  dernier  de  préférence-  L'hydrochlorate  du  com* 
merce  contient  hahiluellenient  de  Tacide  chlorhydrique.  II  faut  le 
dissoudre  dans  de  l'eau  douce  ou  de  Teau  de  mer  (pas  dans  de  l'eau 
distillée) f  et  neutraliser  exactement  par  addition  de  carbonate  de 
soude.  On  prend  pour  des  Infusoires  une  solution  d'une  concentra- 
tion de  0,1  p.  100  et  on  les  y  laisse  trente  minutes  ;  pour  des  hydres, 
0."iy  p.  lOOj  et  on  les  y  laisse  de  quinze  minutes  à  une  heure;  pour 
liirudo,  1  p,  100,  30  minutes  à  deux  heures  ;  pour  Hélix  et  Anodonta, 
même  concentration,  dix  à  vingt  heures. 

L*hydroxy lamine  est  un  agent  réducteur  très  énergique.  Les  ani- 
maux paralysés  ne  doivent  donc  pas  être  tués  par  un  agent  Qxateur 
facile  à  réduire^  telqueTâcide  osmique,  Tacidechromique,  le  sublimé. 


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EXTENSION,   FIXATION   ET  DURCISSEMENT  ft9 

etc.^  à  moins  qu'il  ne  soit  possible  dô  les  bien  laver  à  Teau  aupara- 
vant. 

25.  Acide  carbonique  (Fol,  Zool.  Anzeig.,  n*"  128, 1885,  p.  698. 
Aussi,  Bulletin  de  la  Société  Belge  de  Microscopie^  t.  IV,  1882, 
p.  83).  -*  Il  faut  saturer  graduellement  diacide  carbonique  Teau  dans 
laquelle  nage  Tanimal  à  immobiliser;  celui-ci  devient  bientôt  complë* 
tement  insensible  et  immobile,  tout  en  conservant  son  aspect  naturel. 
Il  reste  sans  changement  pendant  des  heures  et  même  des  jours 
entiers  ;  mais  il  reprend  toute  sa  vivacité  aussitôt  que  Teau  chargée 
d*acide  carbonique  est  remplacée  par  de  Teau  pure*  Le  procédé  ne 
réussit  ni  avec  les  Poissons  ni  avec  les  Mollusques,  mais  il  réussit 
avec  la  plupart  des  animaux  dont  le  système  nerveux  conserve  son 
caractère  épiblastique,  c'est-à-dire,  par  exemple,  avec  la  plupart  des 
Cœlentérés  et  des  Ëchinodermes. 

J'ai  essayé  cette  méthode  avec  de  petits  Annelides  et  des  Hirudinés, 
et  j'ai  eu  des  résultats  excellents.  Il  n'est  pas  nécessaire  d'employer, 
un  générateur  pour  fabriquer  le  gaz.  Il  suffit  de  prendre  un  siphon 
d*eau  gazeuse  du  commerce,  et  d'en  ajouter  à  l'eau  qui  contient  les 
animaux. 

26.  Empoisonnement.  —  On  obtient  quelquefois  de  fort  bons 
résultats  en  empoisonnant  les  animaux  avec  de  petites  doses  d'un 
liquide  Qxateur.  L'acide  osmique  et  la  liqueur  de  Kleinenberg  s'em-» 
ploient  souvent  à  cet  effet.  Nous  avons  vu  tuer  des  Méduses  d'une 
manière  très  satisfaisante  par  le  sublimé  corrosif  en  nature,  ajouté 
par  pincées  à  l'eau  contenant  les  Méduses.  Voici  une  méthode  pouf 
conserveries  Ascidies  avec  leurs  oriQces  naturellement  ouverts,  due  à 
Salvatore  Lo  Bianco,  l'habile  préparateur  de  la  Station  zoologique  de 
Naples.  On  ajoute,  peu  à  peu  et  très  doucement,  à  l'eau  qui  contient 
les  animaux,  une  solution  d'acide  chromique  à  1  p.  100,  additionnée 
d'acide  acétique,  en  faisant  en  sorte  que  ce  liquide  nage  à  la  surface 
de  l'eau  de  mer  et  ne  s'y  mêle  que  lentement.  Il  faut  quatre  à  cinq 
jours  pour  mener  l'opération  à  bonne  fin.  (Garbini,  Manuale  per  la 
Technica  Modema  del  Microscopio^  p.  163.) 

D'autres  ajoutent  à  l'eau  de  mer  des  cristaux  d'alun.  On  a  aussi 
employé  de  cette  manière  la  morphine,  le  curare,  la  strychnine^ 
l'acide  prussique  et  autres  agents  paralysants. 

27.  Asphyxie.  —  On  sait  que,  pour  faire  mourir  étendus  les 
Gastéropodes  pulmonés  terrestres,  il  est  d'usage  de  les  mettre  dans 


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I 


20  CHAPITRE   II 

0n  bocal  rempli  d*eau  qui  a  été  privée  d'air  par  rébullition  et  her- 
métiquement «los.  On  trouve  les  animaux  morts  étendus  après  douze 
à  vingt-quatre  heures.  Nous  ajouterons  qu'on  nous  a  assuré  que  cet 
effet  s'obtient  plus  promptement  si  Ton  a  soin  d'ajouter  à  Teau  du 
bocal  un  peu  de  tabac. 

Quelquefois  on  arrive  au  but  simplement  en  laissant  des  animaux 
aquatiques  épuiser  d'eux-mêmes  l'oxygène  de  l'eau  dans  laquelle  on 
les  a  confinés.  J'ai  réussi  ainsi  avec  des  Holothuries  et  d'autres  Échi- 
nodermes.  Ward  {Amer.  Nat.,  XXV,  1891,  p.  398)  a  eu  de  bons 
résultats  de  cette  manière  avec  des  Hydraires,  des  Actinies,  etc.  Si  les 
animaux  se  montrent  imparfaitement  étalés  lorsque  la  narcose  s'est 
établie,  il  faut  les  mettre  pendant  un  instant  dans  de  l'eau  pure  ;  ils 
s'étendront,  et  à  cet  instant  on  les  jette  dans  un  liquide  fixateur 
(Ward). 

28.  Autres  procédés.  —  Certains  Vers  meurent  lentement  et 
étendus  si  on  les  met  dans  de  Teau  chaude. 

Le  jus  de  citron  m'a  donné  de  bons  résultats  avec  de  petits  Hiru- 
dioés  qu'il  fait  mourir  instantanément  dans  une  attitude  étalée. 

L'eau  douce  sert  quelquefois  très  bien  pour  étendre  des  animaux 
marins. 

29.  Pratique  des  fixations.  —  Les  agents  fixateurs  s'emploient 
soit  à  l'état  de  liquides,  soit  à  l'état  de  vapeurs.  Nous  ne  connais- 
gons  que  l'osmium  qui  soit  généralement  employé  de  cette  dernière 
façon;  cependant  l'alcool  et  l'acide  sulfureux  ont  été  récemment 
employés  à  l'état  de  vapeur  avec  fruit  par  Gilson  et  Carnoy,  et  nous 
ne  serions  nullement  étonné  de  trouver  que  d'autres  substances 
peuvent  être  utilisées  avec  avantage  de  cette  façon  (acide  formique). 

Pour  fixer  un  objet  avec  la  vapeur  d'un  de  ces  réactifs,  on  procède 
comme  nous  le  disons  au  numéro  38. 

Pour  fixer  un  objet  dans  une  solution  quelconque,  il  va  sans  dire 
qu'on  le  plonge  dans  le  liquide  et  qu'on  l'y  laisse  jusqu'à  ce  que  la 
réaction  soit  accomplie.  Nous  indiquons  ici  quelques  précautions  à 
prendre. 

It  faut  veiller  avec  soin  à  ce  que  les  tissus,  les  éléments  ou  les 
organismes  soient  pai^faUement  vivants  au  moment  de  les  fixer;  si 
on  les  laisse  mourir  avant  de  les  exposer  à  l'action  de  l'agent  fixa- 
teur, on  ne  fixe  que  des  états  pathologiques,  ou  des  altérations  pos^ 
mortem. 

Il  faut  veiller  à  ce  que  les  objets  à  fixer  soient  aussi  petits  que 


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EXTENSION,    FIXATION    ET    DURCISSEMENT  21 

possible,  pour  que  l'agent  fixateur  puisse  les  pénétrer  rapidement  et 
d'une  façon  égale.  Des  organes  ou  organismes  entiers  doivent  être 
largement  ouverts,  si  cela  est  possible. 

On  jettera  les  objets  dans  une  quantité  de  solution  fixatrice  très 
grande  par  rapport  au  volume  des  objets  ;  il  s'agit,  en  effet,  d'em- 
pêcher que  la  composition  de  la  solution  fixatrice  ne  se  trouve  changée 
par  l'addition  des  liquides  ou  des  substances  solubles  des  tissus. 

En  cas  de  nécessité,  on  facilitera  Faction  du  fixateur  en  l'employant 
à  chaud.  La  chaleur  de  Tétuve  d'incubation  sera  souvent  suffisante, 
mais  quelquefois  il  faudra  employer  des  liquides  bouillants  (sublimé 
bouillant  pour  quelques  Goralliaires  et  Hydrozoaires,  alcool  absolu 
bouillant  pour  certains  Arthropodes  à  téguments  très  imperméables). 

Certains  Qxateurs  demandent  qu'on  ne  laisse  les  oi3Jets  dans  le 
liquide  que  juste  le  temps  nécessaire  pour  que  la  fixation  s'accom- 
plisse, tel,  par  exemple,  le  sublimé  corrosif;  si  on  les  y  laisse  séjourner 
trop  longtemps,  les  tissus  deviennent  souvent  cassants,  et  les  colora- 
lions  sont  gênées.  D'autres,  au  contraire,  comme  le  liquide  de 
Flemming,  sont  tels  qu'on  peut  y  laisser  les  objets  pendant  des  jours 
ou  des  semaines  sans  inconvénient. 

On  aura  soin  de  faire  ensuite  les  lavages  nécessaires  pour  enlever 
le  réactif  fixateur  avec  le  liquide  approprié;  il  n'est,  par  exemple, 
nullement  indifférent  de  prendre  l'eau  ou  l'alcool  après  tel  ou  tel 
réactif.  Quelquefois  l'eau  défait  toute  l'œuvre  de  la  fixation,  quelque- 
fois l'alcool  donne  lieu  à  des  précipités  qui  ruinent  les  préparations. 
Nous  tâcherons  d'indiquer  pour  chaque  cas  le  liquide  de  lavage  qu'il 
convient  d'employer. 

Dans  certains  cas,  on  facilitera  l'enlèvement  de  l'agent  fixateur  en 
faisant  les  lavages  à  chaud.  L'acide  picrique,  par  exemple,  est 
presque  deux  fois  aussi  soluble  dans  l'alcool  à  la  température  de  40^ 
qu'à  la  température  ordinaire  des  appartements  (Fol). 

Les  liquides  soit  de  fixation,  soit  de  lavage,  doivent  être  renouvelés 
aussitôt  qu'ils  deviennent  troubles. 

Les  objets  une  fois  fixés  et  convenablement  lavés  peuvent  être 
conservés  indéfiniment  dans  de  l'alcool  (de  70  à  90  p.  100)  ;  mais  il 
vaut  toujours  mieux  les  y  laisser  le  moins  longtemps  possible. 

En  fait  de  considérations  plus  spéciales,  nous  ferons  observer  que  : 
l'acide  osmique  est  à  éviter  pour  les  structures  peu  perméables  ; 
—  l'acide  picro-sulfurique  est  à  éviter  pour  les  structures  qui  con- 
tiennent une  proportion  notable  de  tissu  conjonctif,  vu  qu'il  fait 
gonfler  ce  tissu  ;  il  est  donc,  en  général,  peu  propre  à  l'étude  des 
organes  des  Vertébrés. 


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2â  CHAPITRE    II 

Il  faut  éviter  Temploi  d'instruments  métalliques  pour  manier  les 
objets  qu*on  a  mis  dans  des  solutions  de  sublimé  corrosif,  d'acide 
acétique  ou  de  chlorure  d*or,  vu  que  les  solutions  de  ces  sels  se  pré* 
cipitent  au  contact  des  métaux. 

30.  Fixation  d'animaux  marins.  —  On  remarquera  que  les 
tissus  des  animaux  marins  sont  en  général  plus  réfractaires  envers 
les  agents  chimiques  que  ceux  des  animaux  terrestres  ou  d*eau  douce 
des  mêmes  groupes.  Il  convient  donc  d'employer  pour  les  animaux 
marins  des  solutions  plus  fortes  (selon  Langerhans^  deux  ou  trois 
fois  plus  fortes  que  pour  les  animaux  terrestres). 

Outre  cette  précaution,  il  en  est  une  autre,  indiquée  par  Paul  Mayer, 
qu'il  est  bon  de  ne  pas  perdre  de  vue.  Ce  naturaliste  insiste  avec 
raison  sur  la  nécessité  qu'il  y  a  à  débarrasser  les  animaux  de  leur* 
eau  de  mer  avant  de  les  mettre  dans  de  l'alcool  ou  dans  un  réactif 
qui  soit  capable  de  précipiter  les  sels  contenus  dans  l'eau  de  mer. 
Si  Ton  néglige  cette  précaution,  ces  sels  se  précipitent  autour  de 
ranimai  et  à  la  surface  de  ses  organes  en  une  croûte  qui  forme  un 
obstacle,  beaucoup  plus  sérieux  qu'on  ne  le  croirait  à  première  vue, 
à  la  pénétration  d'abord  de  l'alcool  lui-même,  puis  des  solutions 
colorantes.  Comme  résultat,  on  a  des  macérations  des  tissus  et  des 
colorations  défectueuses. 

On  évitera  donc  de  se  servir  d'alcool  pour  la  fixation  des  animaux 
marins  ;  on  n'emploiera  pas  non  plus,  comme  nous  avons  vu  pro- 
poser de  le  faire,  des  solutions  faites  avec  l'eau  de  mer  comme 
menstrue  ;  mais  on  emploiera  des  solutions  faites  avec  l'eau  distillée, 
et  de  nature  à  maintenir  en  dissolution,  et  finalement  à  enlever,  les 
sels  dont  nous  parlons.  Ces  conditions  se  trouvent  réalisées,  par 
exemple,  dans  la  liqueur  de  Kleinenberg  et  dans  les  liquides  de 
Paul  Mayer. 

31.  Choix  d'un  fixateur.  —  Tout  agent  fixateur  devrait  posséder 
les  propriétés  suivantes  :  tuer  aussi  rapidement  que  possible  ;  ne  pas 
exercer  sur  les  tissus  d'action  chimique  nuisible;  causer  le  moins 
possible  le  ratatinement  des  tissus;  et  ne  pas  avoir  des  eficts  qui 
puissent  nuire  aux  opérations  ultérieures,  comme  cela  arrive  par 
exemple  lorsqu'on  pratique  la  fixation  avec  des  substances  qui  noir- 
cissent les  tissus,  ou  les  rendent  cassants,  ou  bien  qui  les  empêchent 
de  donner  les  réactions  voulues  avec  les  solutions  colorantes.  Nous 
croyons  qu'aucun  des  fixateurs  connus  n'est  exempt  de  la  totalité  de 
ces  défauts  ;  on  en  est  réduit  à  choisir  pour  chaque  cas  particulier  la 


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EXTENSION,    FIXATION    ET  DURCISSEMENT  t3 

méthode  dont  les  imperfections  sont  les  moins  gênantes  pour  le  but 
qae  Ton  se  propose. 

Les  agents  fixateurs  sont,  ou  bien  un  agent  physique  —  la  cha* 
leur  —  ou  des  substances  qui,  agissant  apparemment  d'une  façon 
chimique,  probablement  en  déshydratant  les  tissus,  produisent  une 
coagulation  rapide  de  leurs  principes  constituants  albuminoïdes,  géla- 
tineux ou  mùqueux.  Au  point  de  vue  chimique,  ces  substances  se 
trouvent  être  certains  oxydes,  des  acides  minéraux  et  organiques  » 
certains  sels  des  métaux  lourds,  certains  chlorures,  l'iode,  TalcooL 
Au  point  de  vue  pratique,  il  conviendra  de  grouper  ces  substances  de 
diverses  façons.  S'agit-il  d'obtenir  une  bonne  fixation,  ce  sont  Tacide 
osmique,  Tacide  chromique,  et  surtout  les  mélanges  de  ces  deux 
substances,  puis  le  chlorure  d'or,  qui  tiennent  le  premier  rang* 
S'agit-il,  au  contraire,  d'une  grande  puissance  de  pénétration,  telle 
que  le  demande  la  fixation  des  pièces  très  volumineuses,  on  préfé- 
rera dans  beaucoup  de  cas  à  tous  ces  réactifs  un  mélange  picrique. 
S'agit-il  enfin,  comme  c'est  en  général  le  cas,  de  pouvoir  produire 
ensuite  de  belles  colorations,  sans  trop  de  peine,  par  les  méthodes 
ordinaires,  on  trouvera  que  ces  réactifs  se  groupent  à  peu  près 
comme  suit  (nous  ne  citons  ici  que  les  réactifs  qui  sont  d'un  emploi 
général)  : 

Fixateurs  qui  ne  gênent  pas  les  Fixateurs  qui  gênent  les  cohraiions^ 
colorations. 

Chaleur.  Mélanges  de  Flemming. 

AlcooL  Acide  chromique. 

Subhmé  corrosif.  Chromate  d'ammoniaque. 

Acide  nitrique.  Bichromate  de  potasse. 

Nitrate  d'argent  en  solution  faible.  Nitrate  d'argent  en  solution  forte. 

Osmium  en  vapeur.  Osmium  en  solution. 

Acide  picrique  et  mélanges  picriques.  Chlorure  de  palladium. 

Solution  de  Merkel.  Chlorure  d'or. 
Sels  d'uranium. 

En  donnant  cette  liste,  nous  ne  voulons  nullement  donner  à  entendre 
que  l'emploi  des  réactifs  mentionnés  dans  la  liste  de  droite  porte 
atteinte  à  la  qualité  des  colorations  qu'on  peut  obtenir  ensuite  par 
les  procédés  ordinaires  ;  mais  uniquement  qu'ils  les  rendent  tellement 
difficiles  que  l'opérateur  se  voit  souvent  obligé  d'avoir  recours  à  des 
colorants  spéciaux  autres  que  ceux  qu'il  aurait  désiré  employer  s'il 
n'était  pas  ainsi  limité  dans  son  choix. 

L'acide  osmique  est,  de  tous  points,  l'un  des  meilleurs  fixateurs  qui 
soient  connus;  mais,  outre  qu'il  a  l'inconvénient  de  s'attacher  obsli- 


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24  CHAPITRE   II 

nément  aux  éléments  des  tissus  d'où  Ton  ne  peut  le  déloger  que  difCci- 
lement  par  des  lavages  répétés  et  où  il  a  une  grande  tendance  à  se 
réduire  et  à  noircir  les  préparations  ;  il  a  aussi  le  défaut  d'avoir  une 
très  faible  puissance  de  pénétration,  ce  qui  fait  qu'il  ne  convient  en 
aucune  façon  pour  des  objets  tant  soit  peu  volumineux. 

Dans  bien  des  cas,  il  convient,  pour  des  raisons  de  ce  genre,  de 
choisir  un  réactif  qui  n'a  peut-être  pas  les  émînentes  qualités  de  fidé- 
lité de  fixation  que  possèdent  l'osmium  et  l'acide  chromique,  mais  qui, 
en  ne  mettant  pas  d'obstacle  aux  opérations  ultérieures,  donne  en 
définitive  des  préparations  plus  généralement  utiles.  Tels  sont  les 
mélanges  picriques  et  l'acide  nitrique,  qui  se  laissent  entièrement 
enlever  des  tissus  par  le  lavage  à  l'alcool,  et  permettent  d'obtenir 
facilement  les  colorations  les  plus  précises;  tel  est  le  sublimé  cor- 
rosif, qui,  loin  de  gêner  les  colorations,  les  facilite  dans  la  plupart 
des  cas.  L'alcool  est  un  réactif  des  plus  agréables  à  employer,  et 
peut  rendre  des  services  dans  des  cas  qui  ne  demandent  pas  une  fidé- 
lité minutieuse  de  fixation.  La  solution  de  Merkel  est  un  excellent 
réactif  pour  les  pièces  petites  et  délicates,  mais  son  action  est  trop  peu 
énergique  pour  que  nous  puissions  la  recommander  pour  le  travail 
ordinaire.  Les  sels  chromiques  sont  quelquefois  excellents,  et  sont 
tout  spécialement  indiqués  pour  la  préparation  des  centres  nerveux 
des  Vertébrés. 

L'osmium  en  vapeur  ne  peut  guère  être  employé  que  pour  des 
structures  membraneuses  ou,  du  moins,  très  petites.  La  chaleur  donne 
des  résultats  qui  laissent  un  peu  à  désirer  sous  le  rapport  de  la  con^ 
servation  des  détails  délicats  ;  on  ne  s'en  sert  donc  qu'en  cas  de  néces» 
site  absolue. 

On  hésite  à  formuler  des  règles  géùérales  en  une  matière  où  il  y  a 
tant  d'exceptions  obligées.  Nous  dirons  cependant  qu*il  y  a  deux  de 
ces  réactifs  qui  sont  généralement  employés  et  que  nous  recomman- 
dons tout  spécialement  pour  les  travaux  ordinaires  d'anatomie  micros- 
copique et  d'embryologie  :  ce  sont  le  mélange  de  Flemming  et  le 
sublimé  corrosif.  C'est  bien  le  mélange  de  Flemming  qui,  en  général, 
nous  a  donné  de  beaucoup  les  meilleurs  résultats.  Mais  son  emploi 
gêne  à  un  certain  degré  les  opérations  ultérieures,  et  pour  ce  motif  il 
nous  semble  que  le  sublimé  conviendra  souvent  mieux  à  l'étudiant 
débutant.  C'est  un  excellent  réactif,  presque,  sinon  tout  à  fait,  de 
premier  ordre,  et  c'est  un  de  ceux  qui  gênent  le  moins  les  opérations 
ultérieures. 

82.  Durcissement.  —  Nous  avons  expliqué  que  dans  la  marche 


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EXTENSION,    FIXATION    ET   DURCISSEMENT  125 

normale  de  la  préparation  des  objets  pour  l'inclusion  dans  la  paraf- 
fine ou  dans  la  celloïdine,  ou  pour  le  montage  direct  dans  le  baume, 
les  pièces  passent  à  travers  des  alcools  successivement  très  forts,  pour 
se  trouver  à  la  fin  complètement  déshydratés  par  l'alcool  absolu. 
Dans  la  plupart  des  cas,  ce  traitement  sufBt  pour  communiquer  aux 
tissus  la  consistance  voulue  pour  les  coupes  ou  pour  les  dissections. 
Mais  il  est  des  objets  qu'il  ne  suffit  pas  de  traiter  selon  cette  méthode. 
Pour  des  objets  très  volumineux,  tels  que  l'encéphale  humain,  ou  les 
embryons  humains  de  trois  mois  et  plus,  il  ne  saurait  être  question 
de  fixation  dans  les  règles.  Ces  objets  n'arrivent  en  général  entre  les 
mains  de  l'anatomiste  que  plusieurs  heures  après  la  mort  du  sujet  qui 
les  fournit.  Et  d'ailleurs,  des  pièces  aussi  volumineuses  ne  se  laissent 
pénétrer  par  aucun  réactif  avec  une  rapidité  qui  suffirait  à  assurer  la 
fixation  précise  des  éléments  dans  l'état  où  ils  se  trouvent  pendant  la 
vie.  De  plus,  pour  ces  pièces  très  volumineuses  nous  sommes  souvent 
forcés  de  renoncer  à  l'inclusion  par  infiltration  ;  on  comprend  faci- 
lement que  l'encéphale  humain  ne  saurait  être  infiltré  de  parafQne 
en  un  laps  de  temps  raisonnable.  Et  même  parmi  les  petits  objets 
nous  en  trouvons  qui  n'acquièrent  pas  une  bonne  consistance  pour 
les  coupes  par  le  simple  passage  à  travers  les  alcools.  Dans  tous  ces 
cas  on  a  recours  à  l'action  de  réactifs  durcissants. 

88.  Pratique  des  durcissements.  —  On  prend  pour  règle 
générale  de  commeitcer  toujours  le  durcissement  avec  des  réactifs 
diltiés;  on  en  augmente  la  concentration  à  mesure  que  les  tissus  se 
trouvent,  par  suite  du  durcissement  qu'ils  ont  acquis,  en  état  de  sup- 
porter une  action  plus  énergique. 

11  importe  beaucoup  que  le  volume  du  liquide  durcissant  soit  con- 
sidérable relativement  à  celui  de  l'objet  à  durcir,  ou  du  moins  qu'il 
soit  très  fréquemment  renouvelé.  Car  autrement,  les  substances  des 
tissus,  qui  viennent  à  en  sortir  par  diffusion,  se  mélangent  au  liquide 
durcissant,  et,  si  celui-ci  n'est  pas  en  volume  suffisant,  en  altèrent  la 
composition  à  tel  point  qu'il  n'agit  plus  de  la  manière  voulue  ;  il  peut 
même,  en  se  chargeant  de  ces  substances,  exercer  une  action  macé- 
rante, résultat  directement  opposé  à  ce  que  l'on  désire  réaliser  par  le 
durcissement.  De  plus,  on  observera  qu'aussitôt  que,  en  se  chargeant 
de  ces  substances,  le  liquide  extérieur  est  devenu  d'une  composition 
semblable,  sous  le  rapport  de  la  proportion  de  substances  colloïdes 
et  cristalloïdes  qu'il  contient,  à  celle  du  liquide  qui  baigne  les  tissus, 
la  diffusion  doit  nécessairement  cesser,  l'équilibre  osmotique  étant 
établi  ;  et  le  liquide  durcissant  ne  pénètre  plus.  D'autre  part,  il  parait 


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'Tfyrv^ 


M  CHAPITRE   II 

que  la  présence  d'une  faible  proportion  de  colloïdes  dans  le  liquide 
durcissant  est  favorable  à  la  bonne  consistance  des  tissus,  en  les 
empêchant  de  devenir  friables.  Il  faut  trouver  par  Texpérience  les 
proportions  qui  conviennent  pour  chaque  objet  et  pour  chaque 
réactif:  tout  ce  que  nous  pouvons  faire  ici,  c*est  d'insister  sur  Tim- 
portance  de  remploi  d'une  quantité  convenable  de  réactif. 

Il  est  bon  d'employer,  pour  les  durcissements,  des  récipients  cylin- 
driques, et  d\v  suspendre  les  objets  avec  un  fil,  de  telle  sorte  qu'ils  se 
trouvent  malnteaus  vers  le  haut  du  liquide.  De  cette  façon,  ils  se  troa- 
vent  entoures  d'une  atmosphère  de  liquide  durcissant  aussi  pure  que 
possible,  les  substances  extraites  des  tissus  s'y  répandant  par  diffusion 
plus  librement,  et  les  précipités  qui  peuvent  se  former  dans  le  liquide 
allant  gagner  le  fond. 

On  veille  avec  soin  à  ce  que  Taclion  du  réactif  durcissant  ne  soit 
pas  prolongée  au  delà  du  temps  qui  est  strictement  nécessaire  pour 
donner  aux  tissus  une  consistance  suffisante  ;  autrement  les  tissus 
deviennent  friables,  et  les  colorations  deviennent  de  plus  en  plus  dif- 
ficiles. 

34,  Réactifs  durcissants.  —  Ces  réactifs  sont  en  général  essen- 
tiellement de  même  nature  que  ceux  que  nous  employons  pour  la 
fixation  ;  seulement  on  les  emploie  pour  le  durcissement  sous  forme 
de  solutions  beaucoup  plus  étendues,  et  l'on  met  à  profit  surtout  ceux 
d*en^re  les  fixateurs  dont  l'action  est  la  plus  douce  et  la  plus  égale. 
Ce  sont  principalement  l'acide  chromique,  puis  les  sels  de  chrome  et 
des  chlorures.  On  emploie  en  général  l'acide  chromique  toutes  les  fois 
qu'on  désire  surtout  arriver  à  un  durcissement  très  rapide.  Si  au  con- 
traire on  vise  surtout  la  bonne  consistance  des  pièces,  on  a  recours  à 
un  sei  de  chrome.  Nous  donnons,  dans  la  deuxième  partie,  des  détails 
sur  le  durcissement  des  divers  organes  qui  le  demandent.  C*est  sur- 
tout le  cas  pour  le  système  nerveiuc  central.  Les  formules  les  plus 
usitées  de  réactifs  durcissants,  avec  les  explications  voulues  relatives 
à  leur  action  sur  les  tissus  et  à  la  manière  de  s'en  servir,  se  trouvent 
dans  les  paragraphes  consacrés  aux  ageints  fixateurs.  Ces  deux  genres 
de  réacUrs  étant,  comme  nous  Tavons  dit,  essentiellement  identiquest 
il  n'y  a  pas  d'inconvénient  à  les  traiter  ensemble.  Nous  éviterons 
aussi  bien  û%%  redites.  Et  de  cette  façon,  le  chapitre  spécial  que, 
dans  la  première  édition  nous  avions  consacré  à  ce  sujet  sous  le  titre 
de  RÉACTIFS  DURCISSANTS  nc  nous  sera  plus  nécessaire,  son  contenu 
ayant  été  distribué  comme  nous  l'avons  dit  plus  haut.  Le  chapitre  des 
RÉACTIFS  DURCISSANTS  cst  donc  Supprimé, 


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-i^^^'jrvsi..  '-JJ:JLII|}l5^«S55^-fc!|P!*-^fl*;,U'  ■' 


CHAPITRE  III 

AGENTS  FIXATEURS  ET  DURCISSANTS 

ACIDES   MINÉRAUX    ET    LEURS    SELS 

35.  Tétroxyde  d'osmium  (acide  osmique).  —  La  substance 
connue  dans  les  laboratoires  sous  le  nom  d'acide  osmique  n'est  pas, 
strictement  parlant,  un  acide,  car  elle  ne  contient  pas  de  H,  et  ne 
rougit  pas  le  papier  de  tournesol-  C'est  le  tétroxyde  d'osmium,  Os  0*, 
seul  composé  un  peu  stable  de  ce  métal,  à  ce  que  nous  croyons.  Elle 
est  extrêmement  volatile,,  et  sa  solution  aqueuse  se  réduit  avec  une 
extrême  facilité  par  le  contact  avec  des  substances  organiques. 

On  croit  généralement  que  la  lumière  seule  suffit  à  réduire  les  solu- 
tions d'acide  osmique.  C'est  là  une  erreur  ;  nous  avons  vu  maintenir 
un  flacon  de  cette  solution  pendant  six  mois  exposé  au  soleil  du  Midi, 
sans  qu'il  se  fût  produit  le  moindre  précipité.  Mais  le  moindre  grain 
de  poussière  organique  suffit  à  déterminer  la  réduction. 

On  sait  que  les  vapeurs  osmiques  ont  une  action  très  irritante  sur 
les  muqueuses  ;  elles  provoquent  facilement  chez  certains  sujets  de 
sérieux  catarrhes,  irritations  des  bronches,  catarrhes  laryngiens, 
conjonctivites,  etc.  Nous  croyons  qu'il  y  a  un  peu  d'exagération  dans 
ce  qui  a  été  dit  à  ce  sujet,  mais  on  fera  bien  de  ne  pas  oublier  que 
ces  vapeurs  possèdent  certainement  plus  ou  moins  ces  propriétés 
irritantes,  et  les  personnes  susceptibles  devraient  user  de  plus  de 
précautions  à  cet  égard  que  les  autres. 

36»  Conservation  des  solutions  osmiques.  ~  Après  avoir 
essayé  bon  nombre  des  méthodes  qui  ont  été  recommandées  pour 
éviter  la  contamination  des  solutions  par  la  poussière,  je  me  suis 
arrêté  à  la  pratique  suivante  i 


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28 


CHAPITRE   m 


Le  Lé Lr oxyde  dissous  dans  de  Teau  additionnée  d'acide  chromique 
n'esL  plus  facilement  réductible  par  la  poussière  de  Tair,  comme  Test 
celui  qui  est  dissous  dans  de  Teau  pure,  et  Ton  peut  le  conserver 
sans  aucuoe  précaution  spéciale  (si  ce  n*est  qu'il  faut  naturellement 
employer,  en  vue  de  la  grande  volatilité  de  la  solution,  des  flacons 
bien  bouchés  à  Témeri).  Je  conserve  donc  la  majeure  partie  de  ma 
provision  sous  forme  d'une  solution  à  2  p.  100  dans  de  la  solution 
d'acide  chromique  ai  p.  100.  Cette  solution  sert  pour  la  Gxation  au 
moyen  des  vapeurs  ;  elle  sert  aussi  pour  fabriquer  la  liqueur  de 
Flemminû  qui  est  certainement  le  liquide  osmique  usuel  le  plus 
employé  de  beaucoup. 

On  jteut  aussi  préparer  une  petite  quantité  de  solution  aqueuse  à 
1  p.  100  (ce  qui  permet  de  préparer  facilement  les  solutions  plus 
diluées  et  les  mélanges,  à  mesure  qu'on  en  a  besoin),  et  la  conserver 
avec  le  plus  grand  soin  à  Tabri  de  la  poussière.  Il  est  bon  aussi  d'avoir 
une  petite  provision  de  tétroxyde  en  nature  ;  cela  est  commode  pour 
les  fixations  par  les  vapeurs. 

Il  va  sans  dire  qu'on  ne  doit  jamais  puiser  dans  les  flacons  avec 
une  pipette. 

CoHî  [Zeit.  f,  wiss,  Mik.^  VI,  4, 1890,  p.  442)  dit  que  les  solutions 
dans  l'eau  distillée  se  conservent  parfaitement  bien,  si  l'on  y  ajoute 
assez  de  perrHanganate  de  potasse  pour  produire  une  légère  teinte 
rosée,  et  si  l'on  a  soin  de  renouveler  de  temps  à  autre  l'addition  de 
permanganate  de  manière  à  maintenir  la  teinte  rosée. 

Il  sera  peut-être  utile  de  noter  qu'on  trouve  maintenant  chez  les 
fournisseurs  (du  moins  chez  GrQbler,  à  Leipzig)  de  l'acide  osmique  en 
tubes  à  un  dixième  de  gramme,  qui  seraient  certainement  bien  sou- 
vent beaucoup  plus  commodes  que  les  anciens  tubes  à  1  gramme. 

37.  Régénération  des  solutions  réduites.  —  On  a  proposé  (Bristol, 
Amer.  NaL,  XXVII,  1893,  p.  175;  Journ.  Roy.  Mie.  Soc,  1893,  p.  564; 
Ref,  IfandbookMed.  Sci.  Supp.,  p.  442)  de  régénérer  les  solutions  réduites 
eu  les  oxydant  par  le  peroxyde  d'hydrogène.  La  réaction  serait  identique  k 
celle  i]ui  a  lieu  lors  du  blanchiment  des  tissus  par  le  peroxyde.  Le  tétroxyde 
d'osmium,  OsO*  est  censé  se  réduire  au  contact  de  la  matière  organique 
CQ  tlLutiixyde,  OsO*.  Alors,  OsO*  +  2H«0*  =  OsO*  +  2H*0.  Bristol  dit 
avoir  tiijuvé  que  pour  régénérer  ainsi  100  ce.  de  solution  à  1  p.  100  (erra- 
lim  t  10  p,  100  »  dans  Jow*n.  Roy.  Mie.  Soc.,  l.  c.)  de  tétroxyde  d'osmium, 
il  faut  y  ajouter  10  à  20  gouttes  de  peroxyde  d'hydrogène  frais.  L'équation 
chimique  de  l'auteur  parait  bien  exacte,  mais  il  ne  me  semble  pas  prouvé 
qut^  celle  réaction  se  réalise  ainsi  dans  la  pratique. 

KoLossow  (Zeil.  f.  wiss.  Mik.,  IX,  1,  1892,  p.  40)  dit  que  les  solutions  à 
demi  réduites,  tant  qu'elles  n'ont  pas  perdu  leur  odeur  caractéristique, 


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Qoo^^ 


AGENTS  FIXATEURS   ET   DURCISSANTS  29 

peuvent  être  régénérées  par  Taddition  d'une  petite  quantité  d'alun  de 
potasse  en  poudre. 

38.  Fixation  par  les  vapeurs  osmiques.  —  C'est  la  OxaËîon 

par  les  vapeurs  osmiques  qui  est  à  la  fois  le  procédé  le  plus  com- 
mode et,  en  général,  le  plus  efficace.  Ainsi  employé,  l'acide  osmique 
se  montre  beaucoup  plus  pénétrant,  et  donne  des  fixations  beaucoup 
plus  égales  que  quand  on  l'emploie  en  solution.  Pour  les  cas  où, 
comme  pour  les  recherches  sur  les  noyaux,  on  désire  combiner 
l'action  d'un  acide  organique  avec  celle  du  fixateur,  il  est  facile 
d'employer  les  vapeurs  dégagées  d'un  mélange  d'acide  osmiquc  et 
d'acide  formique  ou  d'acide  acétique  glacial  (Gilson,  La  Cellule,  I, 
1885,  p.  96).  Les  objets  très  petits  (Infusoires,  cellules  isolées) 
peuvent  être  placés  sur  un  porte-objets  qu'on  renverse  au-dessus  du 
-goulot  d'un  flacon  contenant  l'acide  osmique  ou  le  mélange.  II  suffit 
de  quelques  instants  pour  fixer  de  pareils  objets.  Des  membranes  ou 
des  organes  plus  volumineux  peuvent  être  fixés  avec  des  épingles  au 
fond  d'un  bouchon  fermant  le  flacon  qui  contient  le  réactif.  On  les 
enlève  aussitôt  qu'ils  commencent  à  brunir  ;  cependant,  pour  fixer 
des  parties  profondes,  on  peut  prolonger  la  réaction  pendant  plu^ 
sieurs  heures.  11  est  bon  de  laver  les  pièces  à  l'eau  avant  de  procéder 
à  la  coloration,  mais  ces  lavages  n'ont  pas  besoin  d'être  poussés 
aussi  loin  que  pour  les  pièces  fixées  dans  les  solutions.  Nous 
recommandons,  comme  colorants,  le  vert  de  méthyle  pour  les  pièces 
destinées  à  être  étudiées  dans  un  milieu  aqueux  ;  puis,  pour  les 
préparations  au  baume,  le  carmin  à  l'alun,  le  picrocarmtn,  ou 
l'hématoxyline  préparée  selon  la  formule  que  l'on  préfère- 

•    89.  Fixation  par  les  solutions  osmiques.  —  Lorsqu'on  se 

sert  de  l'acide  osmique  en  solution,  on  emploie  des  concentrations 
variant  de  0,05  à  2  p.  100,  mais  la  tendance  de  la  pratique  récente 
paraît  être  d'employer  des  concentrations  plus  faibles.  On  prend, 
par  exemple,  pour  les  Infusoires,  uqe  solution  de  0,8  p.  100,  qu'on 
laisse  agir  pendant  quelques  secondes  seulement  ;  pour  les  Porifères, 
0,08  à  0,10  p.  100  pendant  quelques  heures  ;  pour  les  organes  des 
Mollusques,  1  à  2  p.  100  jusqu'à  vingt-quatre  heures,  selon  le 
volume  des  pièces  ;  pour  les  épithéliums  en  général,  0,1  à  0, 8  p,  100, 
pendant  une  heure  (nous  donnons  des  généralisations  de  la  pratique 
telle  que  nous  la  trouvons  rapportée  dans  la  littérature  ;  —  pour 
•notre  part,  nous  croyons  que  c'est  là  une  fixation  tout  à  fait  exagé- 
rée) ; —  pour  les  œufs  méroblastiques,  0,1  p.  100,  pendant  vingt- 
(Juatre  heures  (nous  pensons  qu'ici  il  n'en  faut  pas  moins)  ;  —  pour 


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30  GtlAPlTRE  III 

les  tubes  nerveux  à  myéline,  0,1  à  ï  p.  100,  pendant  vingt  minutes 
ou  jusqu'à  deux  heures,  selon  les  cas  ;  —  pour  les  corpuscules  tactiles^ 
0,33  à  1  p.  100,  vingt-quatre  heures  ;  —  rétine,  0,25  à  2  p.  100, 
-dix  minutes  à  vingt-quatre  heures  (selon  Tétat  de  division  des  pièces, 
et  les  éléments  qu'on  désire  étudier)  ;  —  pour  les  noyaux  en  général, 
0,1  à  2  p.  100,  pendant  deux  ou  trois  heures  (pour  des  cellules  iso- 
lées, cela  nous  paraîtrait  exagéré). 

Oq  peut  addilionner  les  solutions  d'autres  substances  dans  le  but  de  les 
rendre  plus  pénétrantes.  Ainsi  on  peut  les  mêler  à  l'alcool  (Ranvier  et 
ViGNAL).  (Ranvier,  Leçons  cTAnat,  Gén,,  App,  term.  des  muscles  de  la 
vie  organique,  p.  76.  Vigçial,  Archives  de  PhysioL,  1884,  p.  181).  —  On  fait 
un  mélange,  à  volumes  égaux,  d'acide  osmique  à  1  p.  100  et  d'alcool  à 
90  p.  100.  —  On  le  laisse  agir,  pour  des  objets  pas  trop  gros  —  des  embryons 
de  quelques  millimètres  —  pendant  une  heure  ou  deux.  On  lave  pendant 
quelques  heures  dans  de  l'alcool  à  80  p.  100,  pour  que  la  réduction  de  l'os- 
mium continue.  Pui&  on  peut  laver  à  l'eau  et  colorer  (quarante^huit  heures) 
dans  le  picro-carmin  ou  l'hématoxyline.  Cette  méthode  donne  d'excellents 
xésultats.  Viallanes  Ta  appliquée  avec  fruit  à  l'histologie  des  Insectes. 

KoLOSSOW  (Zeit'  f,  wiss,  Mik.,  V,  1, 1888,  p.  51)  recommande  une  solution 
de  0,5  p.  100  d'acide  osmique  dans  une  solution  de  nitrate  ou  d'acétate 
d'urane  à  2  ou  3  p.  100,  le  nitrate  étant  à  préférer.  Cette  méthode  s'applique, 
-dit-il,  avec  avantage  aux  imprégnations  nerveuses. 

Mann  (Zeil,  f.  wiss.  Mik.y  XI,  4,  p.  481)  recommande  un  mélange  fraî- 
chement préparé  de  volumes  égaux  d'acide  osmique  à  1  p.  100  et  d'une 
solution  saturée  de  sublimé  corrosif  dans  de  la  solution  physiologique  de 
sel  (pour  centres  nerveux). 

Si  la  flxation  demande  une  immersion  prolongée,  elle  doit  être 
pratiquée  dans  un  récipient  bien  clos,  et  tenu  à  l'abri  de  la  lumière. 

L'osmium  colore  en  un  noir  des  plus  intenses  toutes  les  substances 
graisseuses  ;  il  convient  donc  de  s'en  servir  avec  beaucoup  de  précau» 
tion  dans  la  préparation  de  pièces  qui  contiennent  beaucoup  de  tissu 
adipeux. 

40.  Traitement  ultérieur.  —  Les  pièces  fixées  dans  les  solutions 
osmiques  doivent  être  très  soigneusement  lavées  à  l'eau.  On  peut 
prolonger  les  lavages  aussi  longtemps  qu'on  veut,  l'eau  n'étant  nulle- 
ment nuisible  aux  pièces  ainsi  fixées.  On  peut  également  employer 
la  glycérine  diluée.  Nonobstant  les  soins  les  plus  minutieux  apportés 
au  lavage,  il  n'arrive  que  trop  souvent  qu'il  reste  des  traces  de  la 
solution  osmique  dans  les  tissus;  alors  les  préparations  noirciront 
sûrement  avec  le  temps.  On  peut  plus  ou  moins  prévenir  ce  noircisse- 
ment en  traitant  les  tissus  avec  des  liquides  légèrement  alcalins. 
Schultze  préconisait  à  cet  effet  l'acétate  de  potasse,  qu'il  employait 


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^ÎJip 


AGENTS   FIXATEURS    ET   DURCISSAISTS  31 

comme  milieu  conservateur  ;  nous  croyons  cependant  que  cetle 
méthode  n'est  nullement  infaillible.  Fol  recommande  de  laver  avec 
une  solution  trës  faible  de  carbonate  d'ammoniaque.  La  simple 
immersion,  pendant  le  temps  voulu  par  la  coloration,  dans  du  carmin 
à  Tammoniaque,  ou  même  dans  le  picro-carmin,  produit  un  tïïei 
semblable.  Enfin,  une  méthode  excellente  est  de  mettre  les  pièces 
pendant  vingt-quatre  heures,  ou  plus,  dans  une  solution  de  bichro- 
mate de  potasse  (soit  dans  la  solution  de  MUlIer  ou  celle  d'Erlickî], 
ou  dans  une  solution  faible  (0,5  p.  100)  d'acide  chromique,  ou  dans 
la  solution  de  Merkel,  ou  enfln  dans  une  solution  faible  de  ferro- 
cyanure  de  potassium  ou  de  cyanure  de  potassium.  Le  traitement  par 
les  solutions  de  bichromate  a  l'avantage  de  faciliter  beaucoup  la 
coloration  par  les  carmins  ou  Thématoxyline.  Les  pièces  déjà  noircies 
peuvent  être  décolorées  par  Tune  ou  l'autre  des  méthodes  que  noua 
exposons  au  chapitre  traitant  des  procédés  de  BLANcaiMENT,  parmi 
lesquelles  les  procédés  au  peroxyde  d'hydrogène  seront  des  plus 
efGcaces. 

OvERTON  (Zeit.  f.  wiss.  M/c.,  VII,  1, 1890)  trouve  que  le  blanchiment 
nécessaire  peut  s'effectuer  en  quelques  minutes  en  un  mélange  d*une 
partie  de  peroxyde  du  commerce  avec  10  à  25  parties  d'alcool  â 
70  p.  100. 

Nous  recommandons  les  mêmes  colorants  que  nous  avons  indîquéa 
pour  les  objets  flxés  à  la  vapeur  d'osmium.  Pour  les  fixations  légères, 
le  carmin  à  l'alun  est  excellent;  mais  pour  les  tissus  un  peu  brunis 
il  est  souvent  nécessaire  d'avoir  recours  à  un  colorant  plus  énergique. 
En  ce  cas,  on  pourra  employer  avec  avantage  une  coloration  à 
l'hématéine  (hématoxyline). 

41.  Acide  chromique.  Fixation.  —  L'anhydride  chromique, 
CrO',  se  trouve  dans  le  commerce  sous  forme  de  cristaux  rouges  qui 
se  dissolvent  dans  l'eau  en  formant  de  Tacide  chromique,  H^Crû^ 
Ces  cristaux  étant  extrêmement  déliquescents,  il  est  nécessaire  de  les 
conserver  dans  des  flacons  parfaitement  bouchés  à  l'émeri.  Il  faut 
également  avoir  soin  d'en  tenir  éloignées  jusqu'aux  moindres  pous- 
sières organiques,  le  CrO'  étant  une  substance  qui  se  réduit  très  rapi* 
dément  en  sesquioxyde  au  contact  des  matières  organiques.  Nous 
recommandons  d'en  faire  une  solution  à  1  p.  100,  qui  permet  de  pré- 
parer rapidement  les  mélanges  et  solutions  plus  allongées  à  mesure 
qu'on  en  a  besoin. 

Pour  les  fixations,  on  emploie  en  général  des  solutions  de  0,1 
p.  100,  ou  moins,  jusqu'à  1  p.  100*  On  peut  prolonger  l'immersion 


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32  CHAPITRE   III 

pendant  plusieurs  heures  (objets  embryologiques,  quelques  cellules). 
Les  solutions  très  fortes,  2  à  8  p.  100,  ne  doivent  agir  que  pendant 
très  peu  de  temps.  Pour  les  tissus  nerveux,  on  prend  des  solutions 
très  diluées,  0,02  à  0,125  p.  100,  et  on  les  laisse  agir  pendant  plusieurs 
heures. 
Pour  le  traitement  ultérieur,  voyez  au  numéro  suivant 

'  Pour  les  durcissements,  on  emploie,  en  général,  des  solutions  de  0,2  à 
0,5  p.  iOO,  dans  Teau.  La  durée  de  la  réaction  est  de  quelques  jours  à 
quelques  semaines,  selon  la  nature  de  l'objet.  En  général,  on  peut  dire  de 
l'acide  chromique  qu'il  agit  avec  une  très  grande  rapidité.  11  permet  d'ob- 
tenir en  quelques  jours  un  degré  de  durcissement  qu'on  n'obtiendrait  pas 
en  plusieurs  semaines,  par  ezeihple,  avec  le  bichromate  de  potasse.  Les 
membranes  muqueuses  s'y  durcissent  d'une  manière  satisfaisante  en  deux 
ou  trois  jours,  le  cerveau  en  six  semaines  environ.  D'après  Ranvier,  il  faut 
prendre,  pour  des  fragments  de  tissu  de  1  centimètre  de  côté,  200  grammes 
de  liquide.  Cet  auteur  dit  en  outre  qu'on  ne  doit  jamais  employer  des 
fragments  ayant  plus  de  3  centimètres  de  côté,  si  l'on  veut  obtenir  les 
meilleurs  résultats.  Pour  durcir  une  moelle  épinière  d'Homme,  il  faut 
prendre  deux  litres  de  liquide,  et  le  renouveler  au  bout  de  quelques  jours. 
Il  faut  six  semaines  à  deux  mois  pour  compléter  le  durcissement. 

Ainsi  que  nous  l'avons  déjà  dit,  on  commencera  par  des  solutions  très 
faibles,  dont  on  augmentera  graduellement  la  concentration,  si  cela  est 
nécessaire  ;  et  l'on  veillera  surtout  à  enlever  les  objets  de  la  solution  aussitôt 
qu'ils  ont  acquis  une  consistance  suffisante.  Gela  est  particulièrement 
important  dans  le  cas  de  l'acide  chromique,  qui  a  le  défaut  de  rendre  les 
objets  très  cassants  pour  peu  que  son  action  soit  prolongée.  On  doit  les 
laver  à  l'eau,  et  les  mettre  pour  la  conservation  dans  l'alcool  à  90  degrés, 
(Mais  voyez  à  ce  sujet  le  paragraphe  suivant.) 

L'acide  chromique  est  un  durcissant  de  premier  ordre  ;  son  grand  défaut 
est  la  facilité  avec  laquelle  il  rend  les  tissus  cassants. 

Les  solutions  d'acide  chromique  ne  sont  pas  très  pénétrantes,  il 
convient  donc  d'employer  des  objets  aussi  petits  que  possible.  Et  pour 
cette  raison  aussi,  il  conviendra  le  plus  souvent  de  ne  pas  employer 
l'acide  chromique  pur,  mais  l'un  des  mélanges  avec  Tacide  acétique, 
l'acide  osmique,  Tacide  picrique,  Tacide  nitrique,  que  nous  allons 
décrire  plus  bas. 

C'est  surtout  sous  forme  de  ces  mélanges  que  l'acide  chromique  se 
montre  comme  étant  un  des  fixateurs  les  plus  fidèles  que  nous  con- 
naissions. Il  a  le  grand  défaut  de  gêner  beaucoup  les  colorations.  Ce 
défaut  est  moins  sensible  avec  les  mélanges  qu'avec  l'acide  pur.  Ces 
mélanges  ont  aussi  l'avantage  d'atténuer  un  autre  défaut  de  ce  réactif, 
défaut  qui  consiste  en  ce  qu'il  précipite  certains  principes  consti- 
tuants^ liquides^  des  tissus  sous  forme  de  filaments  ou  de  réseaux. 
Ces  réseaux  sont  souvent  d'une  régularité  remarquable,  et  ont  été 


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I    ■HWi 


AGENTS   FIXATEURS   ET   DURCISSANTS  33 

plus  d'une  fois  décrits  comme  étant  des  éléments  histologiques  nor- 
maux. 

L'action  de  Tacide  chromique  sur  les  éléments  des  tissus  est  tout  à 
fait  particulière  ;  il  ne  les  coagule  pas  simplement,  mais  forme  avec 
certaines  de  leurs  substances  constituantes  des  combinaisons  chi- 
miques insolubles.  C'est  une  sorte  de  tannage.  On  comprend  donc 
l'impossibilité  de  l'éloigner  entièrement  par  les  lavages,  et  la  diffi- 
culté qu'on  éprouve  à  obtenir  de  bonnes  colorations  par  les  méthodes 
ordinaires. 

42.  Acide  chromique.  Traitement  ultérieur.  —  On  lave  à 
l'eau,  et  avec  grand  soin.  L'eau  doit  être  souvent  renouvelée.  Il  peut 
être  bon  de  mettre  les  objets  pendant  vingt-quatre  heures  au-dessous 
d'un  robinet.  Des  lavages  même  beaucoup  plus  prolongés  ne  nuisent 
pas  aux  objets  fixés  par  l'acide  chromique.  Pendant  l'été  il  peut  être 
utile  d'ajouter  un  antiseptique  quelconque  (un  morceau  de  camphre 
ou  un  cristal  de  thymol)  à  l'eau,  pour  prévenir  le  développement 
d'Infusoires. 

Au  besoin,  on  peut  également  laver  à  l'alcool  au  tiers,  et  même 
avec  des  alcools  plus  forts.  Nous  n'admettons  pas  la  nécessité  absolue 
d'employer  Teau  dans  tous  les  cas. 

Les  meilleurs  colorants  sont  l'hématoxyline  et  les  anilines  em- 
ployées selon  la  méthode  de  Flemming. 

Les  objets  qui  ont  été  plongés  pendant  un  certain  temps  dans  les  solutions 
diacide  chromique  (ou  des  sels  de  cet  acide)  acquièrent  une  coloration  vert 
brun,  due  à  une  réduction  partielle  de  Tacide  chromique  dans  les  tissus.  On 
peut  faire  disparaître  cette  coloration  en  traitant  les  pièces  par  le  peroxyde 
d'hydrogène,  qui  leur  rend  la  couleur  jaune  propre  de  Tacide  chromique 
(Unna,  Arch,  f.  mxL  AnaL,  XXX,  1887,  p.  47  ;  Journ,  Roy.  Mie.  Soc,  1887, 
p.  1060).  Le  lecteur  voudra  bien  comparer  ce  que  nous  avons  dit  de  Ja 
décoloration  des  pièces  osmiques,  plus  haut,  n*  40. 

42  bû.  Action  de  la  lumière  sur  ralcool  contenant  des  objets 
ohromiques.  —  Lorsqu'on  met  dans  Talcool,  pour  la  conservation  ou 
pour  le  durcissement,  des  tissus  qui  ont  été  traités  par  Tacide  chromique 
ou  par  un  chromate,  il  se  forme  toujours,  au  bout  de  peu  de  temps,  dans 
Talcool  un  fin  précipité  qui  se  dépose  à  la  surface  des  préparations  et  forme 
sans  doute  un  obstacle  plus  ou  moins  grand  à  la  pénétration  de  Talcool. 
Le  lavage  préalable  à  Teau  n'empêche  pas  la  formation  de  ce  précipité  ;  et  le 
renouvellement  de  Talcool  ne  Fempéche  pas  de  se  reformer  à  plusieurs 
reprises.  Hans  Virchow  a  trouvé  (Arch,  /*.  mik,  Anat,,  XXIV,  1885,  p.  117) 
qu'on  évite  entièrement  celte  formation  en  prenant  la  précaution  bien 
simple  de  maintenir  les  préparations  dans  l'obscurité.  L'alcool  s'y  colore 
comme  d'habitude  en  jaune,  mais  aucun  précipité  ne  se  forme.  Virchow 

ANAT.   UICROSC.  W 


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34 


CHAPITRE    III 


pense,  d'après  ses  expériences,  qu'en  prenant  cette  précaution  on  peut  sans 
inconvénient  omettre,  ou  du  moins  abréger  de  beaucoup,  le  lavage  à  J'eau 
auquel  on  soumet  habituellement  les  objets  avant  de  les  transporter  dans 
TaLcool.  Mais  il  ne  faut  pas  pour  cela  négliger  l'ancienne  règle  de  renouveler 
Falcool  à  mesure  qu'il  prend  la  coloration  jaune. 

43.  Acide  chromique  et  alcool  (E.  Klein,  Quart,  Joum.  Mie,  Science, 
1879,  p.  126-7).  —  A  deux  volumes  de  solution  d'acide  chromique  à 
1/0  p.  100,  on  ajoute  1  volume  d'alcool  ordinaire.  Klein  s'est  beaucoup 
servi  de  ce  mélange  comme  fixateur  dans  ses  recherches  cytologiques,  et  a 
trouvé  qu'il  donnait  souvent  de  meilleurs  résultats  que  les  fixateurs  ordi- 
naires (y  compris  l'osmium).  Colorer  à  Thématoxyline. 

Nous  pensons  qu'il  peut  y  avoir  souvent  utilité  d'ajouter  de  l'alcool  aux 
solutions  d'acide  chromique,  pour  en  augmenter  la  puissance  de  pénétra- 
tion. Nous  avons  été  un  peu  surpris  en  ne  trouvant  pas  que  de  pareils 
mélanges  aient  été  employés  par  aucun  autre  observateur  que  Klein. 

44.  Acide  chromique  et  alcool  [Liquide  de  Urban  Pritciiard).  — 
Acide  chromique,  1  partie;  eau,  20  parties  ;  esprit-dc-vin,  180  parties.  —  On 
Tait  dissoudre  l'acide  chromique  dans  l'eau,  et  on  ajoute  l'esprit-de-vin.  (Si 
Von  ajoute  directement  l'alcool  à  l'acide  chromique,  il  se  produit  une  réac- 
tion d'une  grande  violence.)  La  solution  prend  bientôt  une  coloration  bru- 
nu  ire.  Si,  au  bout  de  quelques  jours,  elle  prend  une  consistance  un  peu 
gélatineuse,  il  faut  la  renouveler. 

Ce  liquide  est  particulièrement  propre,  selon  Pritchard,  au  durcissement 
fj 'organes  tels  que  la  rétine,  le  limaçon.  La  durée  de  la  réaction  pour  ces 
objets  est  de  sept  à  dix  jours.  (Voyez  Quart.  Joum.  Mie,  Science,  1873, 
p.  427.) 

45.  Acide  chromo-acétique  (Flemming,  Zellsbz,,  Kern,-u.-Zellth,, 
p,  381).  —  Il  est  reconnu  qu'il  y  a  très  souvent  avantage  à  ajouter 
auK  solutions  d'acide  chromique  un  peu  d'acide  acétique  ou  formique. 
Cela  est  favorable  à  la  démonstration  des  éléments  nucléaires  en 
général,  et  surtout  à  la  démonstration  des  figures  achromatiques  de 
la  caryokinèse.  Flemming  recommande  (surtout  pour  ce  dernier  objet) 
Taddilion  de  environ  0,1  p.  100  d'acide  acétique  à  une  solution 
diacide  chromique  de  0,2  à  0,25  p.  100.  Colorera  Thématoxyline.  Ce 
mélange  ne  donne  pas  de  préparations  favorables  pour  la  coloration 
uvec  la  safranine  ou  d'autres  couleurs  d'aniline.  (Loc.  cil,,  p.  382.) 

Voici  une  formule  due  à  Ehlërs  que  je  puis  recommander  comme 
excellente  pour  la  conservation  de  beaucoup  d'Annélides  (vraisem- 
blablement aussi  pour  d'autres  organismes).  —  A  100  ce.  d'acide 
chromique  d'une  concentration  de  0,5  à  1  p.  100  on  ajoute  de  1  à 
5  gouttes  d'acide  acétique  crislallisable.  La  proportion  indiquée 
d'acide  acétique  est  sufOsanle  pour  neutraliser  l'action  ratatinante  de 
l'acide  chromique. 


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AGENTS   FIXATEURS    ET   DURCISSANTS  35 

45  bis.  Acide  picro-chromique  (Fol,  Lehrb.y  p.  100). 

Acide  picrique,  sol.  concentrée  dans  Teau.     10  volumes. 

Acide  chromique  à  1  p.  ^  00 25        — 

Eau 65        — 

Au  moment  de  s'en  servir,  on  peut  ajouter  environ  0,006  d'acide 
osmique,  ce  qui  en  rend  l'action  plus  énergique.  Laver  légèrement  à 
l'eau  (qu'il  vaut  mieux  prendre  chaude,  presque  bouillante),  puis  à 
fond  avec  de  l'alcool. 

Fol  dit,  loc.  cit,  :  c  Ce  réactif  durcit  les  tissus  d'une  manière  admi- 
rable, sans  gêner  en  aucune  façon  les  colorations;  mais  il  a  peu  de 
puissance  de  pénétration  et  ûxe  lentement,  et  pour  cela  ne  peut 
être  recommandé  que  pour  des  objets  peu  volumineux.  » 

Il  me  semble  que  ce  liquide  pénètre  mieux  que  ne  le  pensait  Fol. 
Il  donne  de  très  bons  résultats  avec  des  Annélides,  et  peut  rendre  de 
bons  services  pour  des  objets  destinés  à  être  montés  en  entier. 

Ce  liquide,  avec  l'addition  d'un  peu  d'acide  acétique,  a  été  cité 
comme  c  liquide  de  Haensel  >,  je  ne  sais  pas  de  quel  droit. 

46.  Aoide  ohrozno-formique  (Rabl,  MorphoL  Jahrb.,  X  Bd.,  1884, 
p.  215-6).  —  A  200  grammes  d'une  solution  d'acide  chromique  de 
0,33  p.  100,  ajoutez  4  ou  5  gouttes  d'acide  formique  concentré.  Le  mélange 
doit  être  fraîchement  préparé  au  moment  de  s'en  servir.  Fixer  pendant 
douze  à  vingt-quatre  heures,  laver  à  Teau,  durcir  ensuite  graduellement 
dans  Talcool.  Colorer  à  Théroatoxyline  ou  à  la  safranine. 

47.  Mélange  chromo-osmique  (Max  Flesch,  Arch.  f.  mik. 
Anat,,  XYI,  1878,  p.  300).  —  En  combinant  les  solutions  d'osmium 
et  d'acide  chromique,  on  produit  un  mélange  qui  est  stable  (ne  se 
réduisant  pas  facilement),  qui  Qxe  en  général  mieux  que  l'une  ou 
l'autre  de  ces  solutions  employée  seule,  et  qui  permet  d'y  laisser  des 
tissus  pendant  vingt-quatre  à  trente-six  heures  sans  qu'ils  se  noir- 
cissent par  l'osmium  d'une  manière  excessive.  Ce  mélange  a  aussi 
l'avantage  d'être  d'une  utilité  très  générale  ;  il  peut  être  employé 
avec  toutes  sortes  d'objets.  On  remarquera  qu'il  permet  de  combiner 
d'une  manière  utile  l'action  foudroyante  de  l'osmium  avec  l'action 
durcissante  plus  lente,  mais  plus  égale,  et  pour  cela  peut-être  plus 
Adèle,  de  l'acide  chromique. 

Max  Flesch  recommande  un  liquide  composé  de  0,1  partie  d'acide 
osmique  et  0,â5  partie  d'acide  chromique  pour  100  parties  d'eau. 

48.  Mélange  chromo-acéto-osmlque.  Liquide  de  Flemmino 
Ancienne  formule^  mélange  faible  {Zellsubstanz.^  Kern-u^-Zellthei- 


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M  CHAPITRE   m 

lunffj  1882,  p.  381).  —  A  la  suite  d'une  élude  approfondie  des  pro- 
priétés du  mélange  de  Max  Flesch,  Flemming  trouva  qu'il  était  sus- 
ceptible d'amélioration,  surtout  pour  les  études  cytologiques.  11 
reconnut  que  l'addition  d'un  peu  d'acide  acétique  ou  formique  a  pour 
efl'et  non  seulement  de  mieux  différencier  les  éléments  achromatiques 
des  noyaux,  mais,  ce  qui  est  encore  plus  important,  de  favoriser 
beaucoup  les  colorations  avec  l'hématoxyline,  les  carmins,  ou  les 
couleurs  d'aniline.  Il  recommande  donc  d'ajouter  au  mélange  de 
Max  Flesch  0,1  p.  100  d'acide  acétique  glacial,  soit  la  formule  : 

Acide  chromique 0,25  p.  100  \ 

Acide  osmique 0,1      —      J  dansTcau^ 

Acide  acétique  glacial ....     0,1      —      ; 

Flemming  fait  observer  qu'il  obtient  les  meilleurs  résultats,  comme 
fidélité  de  fixation  des  éléments  cellulaires,  avec  des  immersions  de 
peu  de  durée,  une  demi-heure  au  maximum.  Il  lave  à  l'eau,  et  colore 
à  rhêmatoxyline  ou  avec  une  couleur  d'aniline.  Je  suis  cependant 
bien  convaincu  que  très  souvent  on  obtient  des  résultats  meilleurs 
avec  des  fixations  beaucoup  plus  prolongées,  jusqu'à  vingt-quatre  ou 
quaraale-huit  heures  ou  plus.  . 

H  n'est  pas  nécessaire  de  s'en  tenir  toujours  aux  proportions  exactes  de 
la  Tormule  que  nous  venons  de  donner  ;  aiosi  Fol  {Lehrb,  d.  vergL  mik. 
Anat.y  1884,  p.  100)  conseille  un  mélange  beaucoup  plus  faible  en  osmium 
que  celui  de  Flemming.  Il  prend. 

Acide  chromique  à  1  p.  100 2.5  Tolumes. 

Acide  osmique  à  1  p.  100 2       — 

Acide  acétique  à  2  p.  100 5       — 

Eau 68        — 

Soit  en  centièmes  : 

Acide  chromique 0,25  p.  100  \ 

Acide  osmique 0,02     —      |  dans  Teau. 

Acide  acétique 0,1       —      ) 

^  Pour  fabriquer  ce  mélange  avec  les  solutions  normales,  on  n*a  qu*à  prendre  : 

Acicte  chromique  à  1  p.  100 23  volumes. 

Acîd«  osmique  à  t  p.  iOO 10        — 

Acide  acétique  à  1  p.  100 10       — 

Eau» 55        — 

Si  Ton  conserve  sa  provision  d'acide  osmique  sous  forme  d'une  solution  à 
2  p.  100  dans  de  Tacide  chromique  à  1  p.  100,  comme  j*ai  conseillé  de  le  faire 
plus  haut  (§  36),  il  faut  prendre  seulement  20  volumes  d'acide  chromique,  5  de 
la  solution  d'acide  osmique,  et  65  d'eau. 


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AGENTS   FIXATEURS   ET   DURCISSANTS  37 

Et  CORi  (Zeil.  f,  wiss,  Mik.^  VI,  I,  1890,  p.  441)  a  préconisé  un  mélange 
contenant  seulement  1  volume  de  solution  d'acide  osmique,  au  lieu  de  2. 

Dans  la  dernière  édition  nous  avons  dit  qu'à  la  suite  d'expériences 
comparatives  avec  la  formule  de  Flemming  el  celle  de  Fol,  nous 
avions  trouvé  que  cette  dernière  nous  avait  donné  les  meilleurs  résul- 
tats, tant  pour  les  tissus  des  Vertébrés  que  pour  ceux  des  Arthro- 
podes. Nous  avons  trouvé  la  fixation  tout  aussi  bonne,  ou  meilleure  ; 
les  pièces  brunissaient  beaucoup  moins  qu'avec  le  mélange  de  Flem- 
ming ;  les  lavages  étaient  plus  faciles  ;  et  nos  pièces  présentaient  une 
consistance  plus  favorable  pour  les  coupes.  De  plus,  les  colorations 
se  faisaient  bien  plus  facilement.  Je  dois  dire  maintenant  que,  pour 
ma  part,  après  une  expérience  plus  étendue,  j'ai  dû  modifier  ma 
manière  de  voir  cet  égard.  Les  mélanges  plus  faibles  ont  bien  l'avan- 
tage de  faciliter  les  colorations  par  les  carmins,  etc.  ;  mais  comme 
fidélité  de  fixation  je  les  trouve  en  général  inférieurs  aux  mélanges 
plus  forts,  et  je  pense  que  le  «  Liquide  fort  »  de  Flemming  dont 
nous  allons  parler  dans  le  paragraphe  suivant  constitue  en  général 
un  progrès. 


La  modification  de  von  Bungner  (voy.  Zeit,  f,  tviss.  MiL,  X,  3,  1893, 
p.  392)  consiste  à  doubler  la  dose  d'acide  acétique  recommandée  par 
Flemming.  U  me  semble  au  contraire  qu'il  y  aurait  plus  souvent  utilité  à  la 
diminuer. 


P 


On  peut  laisser  les  tissus  des  jours  entiers,  voire  même  des 
semaines  ou  des  mois,  dans  l'un  ou  l'autre  de  ces  mélanges,  sans 
crainte  de  les  voir  s'altérer  d'une  manière  notable.  Mais  plus  on  pro- 
longe l'immersion,  et  plus  les  colorations  ordinaires  deviennent  dif- 
ficiles ;  de  sorte  que  les  couleurs  d'aniline  sont  presque  le  complément 
obligé  des  fixations  prolongées.  La  pratique  ordinaire  est  de  laver 
longuement  à  l'eau  (ou  mieux,  dans  de  l'eau  courante  ;  —  on  peut 
laisser  dégorger  les  pièces  pendant  une  heure  ou  plusieurs  sous  un 
robinet  d'eau  ordinaire),  et  de  colorer  à  l'hématoxyline  ou  avec  une 
couleur  d'aniline.  Les  pièces  bien  lavées  peuvent  être  colorées  par 
les  moyens  ordinaires.  Nous  employons  par  exemple  souvent  le  car- 
min à  l'alun  (étendu,  avec  une  trace  d'osmium),  réactif  peu  énergique, 
mais  que  nous  estimons  être  le  plus  fidèle  de  tous  les  carmins.  Nous 
employons  aussi  avec  un  parfait  succès  le  carmin  au  borax. 

Les  mélanges  chromo-acéto-osmiques  prennent  certainement  rang 
parmi  les  meilleurs  fixateurs  qui  aient  été  imaginés. 

Plusieurs  auteurs  ont  formulé  des  critiques  à  propos  de  la  fidélité  de 
fixation  du  liquide  de  Flemming  (voyez,  par  exemple,  Faussek,  Zeit,  /.  wiss. 


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38  CHAPITRE  III  . 

Zool.j  XLV,  1887,  p.  694  ;  Arnold,  Ârch,  f.  mik,  AnaL,  XXX,  1887,  p.  203  ; 
A.  KOTLAREWSKY,  MiUk.  d.  Naturf.  Ges.  Bem„  1887  ou  Zeit.  f.  wiss.  Mik., 
lY,  3,  1887,  p.  387).  Je  pense  que  ces  critiques  sont  trop  généralisées.  Il  va 
sans  dire  qu'il  n'y  a  pas  de  réactif  universel,  et  que  le  liquide  de  Flemming 
ne  donnera  pas  de  bons  résultats  si  on  l'emploie  avec  des  objets  auxquels 
il  n'est  pas  adapté.  Mais  à  cela  près  j'estime  qu'il  est  de  toute  confiance.  Son 
plus  grand  défaut,  c'est  d'être  très  peu  pénétrant;  il  n'agit  parfaitement 
qu'à  travers  une  très  faible  épaisseur  de  tissu. 

49.  Mélange  chromo-acéto-osmique  de  Flemming,  nouvelle 
formule^  ou  €  mélange  fort  >.  (Flemming,  Zeitschr.  f,  wiss. 
MikToskopie,  1, 1884,  p.  349.) 

Acide  chromique  à  1  p.  100 15  parties. 

Acide  osmique  à  2  p.  100 4      -- 

Acide  acétique  cristallisable 1      — 

Si  vous  n'avez  pas  sous  la  main  de  la  solution  d'acide  osmique  à 
2  p.  100,  vous  pouvez  prendre  : 

Acide  chromique  à  10  p.  i  00 Imparties. 

Acide  osmique  à  1  p.  100 80      — 

Acide  acétique  cristallisable 10      — 

Eau 93      — 

Ce  liquide  se  détériore  par  réduction  de  l'acide  osmique  beaucoup 
plus  facilement  que  ne  le  fait  le  €  mélange  faible  >,  ce  qui  est  vrai- 
semblablement un  effet  de  la  plus  forte  proportion  d'acide  organique 
qu'il  contient.  En  conséquence,  je  recommande  la  pratique  suivante, 
dont  je  me  suis  toujours  bien  trouvé.  On  fait  et  Ton  conserve  à  part. 

(A)  Une  solution  contenant 

Acide  chromique  à  1  p.  100 11  parties. 

Eau 4      — 

Acide  acétique 1      — 

et  (6)  une  solution  .d'acide  osmique  à  2  p.  100  dans  de  l'acide  chro- 
mique à  1  p.  100.  Pour  faire  le  liquide  définitif  à  mesure  qu'on  en  a 
besoin,  on  n'a  qu'à  mêler  quatre  parties  de  A  avec  une  partie  de  B. 
Ou  si  on  le  préfère,  on  peut  se  faire  une  provision  d'acide  osmique 
fit  acide  chromique  dans  les  proportions  indiquées  par  Flemming,  et 
y  ajouter  5  p.  100  d'acide  acétique  au  moment  de  s'en  servir. 

Merk  {Dcnkschr,  ti.  Math,  Naluinv.  CL  d,  K,  Acad,  d,  Wiss.  Wien.,  1887  ;  cf. 

Zeil.  /.  ivLs.  Mik.,  V,  2, 1888,  p.  237)  a  proposé  de  faire  à  part  une  solution 

de  : 

Acide  chromique  à  2  p.  100 7,5  parties. 

Eau 3,5      — 

Acide  acétique 1         — 


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AGENTS   FIXATEURS    ET   DURCISSANTS  39 

.  et  d'en  combiner  12  parties  avec  8  parties  d'acide  osmique  à  1  p.  i 00  au 
moment  de  s'en  servir.  Cette  pratique  me  parait  inférieure  à  la  mienne  en 
ce  qu'elle  n'éloigne  pas  la  difficulté  connue  qu'il  y  a  à  conserver  l'acide 
osmique  en  solution  dans  l'eau  pure. 

Dans  tous  les  cas,  il  est  bon  de  ne  pas  préparer  de  grandes  provi- 
sions du  mélange  à  la  fois,  pour  un  autre  motif.  C'est  que,  l'acide 
osmique  étant  extrêmement  volatil,  les  solutions  qui  ont  servi  pen- 
dant longtemps  ne  contiennent  plus  la  proportion  de  cet  ingrédient, 
qui  est  nécessaire  pour  balancer  l'action  gonflante  de  l'acide  acéti- 
que. Si  Ton  est  obligé  d'employer  de  vieilles  solutions,  il  convient 
d'y  ajouter  un  peu  d'acide  osmique. 

Comme  pour  le  <  Mélange  faible  »,  il  n'est  pas  nécessaire  dans  tous  les 
cas  de  s'en  tenir  rigoureusement  aux  proportions  indiquées.  Ainsi  Carnoy 
(La  Cellule,  I,  2,  1885^  p.  211)  a  employé  avec  avantage  un  mélange  d'un 
tiers  plus  fort  en  acide  osmique  et  deux  fois  plus  fort  en  acide  chromique, 
à*  savoir  : 

Acide  chromique  à  2  p.  iOO  (ou  plus) 45  parties. 

Acide  osmique  à  2  p.  100 16      — 

Acide  acétique  cristallisablo 3      — 

PoDWYSSOZKi  (ZiEOLER's  Beilraege  z,  paUi.Ânal,,  I,  1886  ;  cf.  Zeit,  /*.  wiss, 
MiL,  III,  3,  1886,  p.  405}  a  recommandé  (surtout  pour  des  glandes)  de 
dissoudre  l'acide  chromique  dans  de  la  solution  de  sublimé  corrosif  à 
0,5  p.  100  dans  l'eau,  et  de  ne  prendre  que  6  à  8  gouttes  d'acide  acétique 
pour  19  ce.  du  mélange,  la  proportion  d'acide  osmique  demeurant  comme 
dans  la  formule  de  Flemming.  Le  sublimé  est  ajouté  pour  augmenter  la 
puissance -de  pénétration  du  mélange  (mais  cette  addition  est  nuisible, 
dil-il,  à  la  coloration  des  pièces). 

Comme  pour  le  <  mélange  faible  »,  on  lave  longuement  à  l'eau  (et 
même,  encore  plus  longtemps)  et  l'on  colore  à  Thématoxyline  ou, 
s'il  s'agit  de  coupes,  par  une  couleur  d'aniline.  On  peut  sans  incon- 
vénient soumettre  les  pièces  à  une  fixation  très  prolongée,  vingt- 
quatre  heures  ou  plus  ;  mais  pour  le  travail  ordinaire  une  demi-heure 
suffira.  Quelques  auteurs  recommandent  même  de  laisser  les  pièces 
k  l'occasion  pendant  des  semaines  entières  dans  le  liquide. 

En  d'autres  termes,  le  liquide  de  Flemming  peut  servir,  soit  pur, 
soit  allongé  d'eau,  pour  les  durcissements  aussi  bien  que  pour  les 
fixations  proprement  dites.  Mais  le  plus  souvent  il  suffira  de  peu 
de  temps,  le  temps  voulu  pour  assurer  la  pénétration  et  un  peu  plus. 
11  ne  faut  pas  craindre  de  prolonger  les  lavages  à  l'eau  ;  la  plupart 
des  tissus  peuvent  y  rester  pendant  des  journées  sans  inconvénient. 

Le  c  mélange  fort  >  ne  brunit  pas  les  tissus  plus  que  le  c  mélange  ^ 
faible  »,  même  plutôt  moins. 


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40  CHAPITRE   III 

Le  tissu  adipeux  se  noircit  par  Fun  ou  Tautre  de  ces  liquides.  On  peut 
faire  disparaître  des  tissus  la  graisse  noircie  en  les  traitant  pendant  quelques 
heures  (après  déshydratation  par  Talcool)  avec  de  l'essence  de  térébenthine 
qui  a  été  préalablement  exposée  au  soleil  pendant  une  heure  ou  deux. 
(Flemming,  ZeiLf,  wiss.  Mik,,  VI,  I,  1889,  p.  39,  et  VI,  2,  1889,  p.  178.) 

Le  «  mélange  fort  >  fut  imaginé  en  premier  lieu  dans  le  but  très 
spécial  de  faciliter  les  recherches  ayant  pour  objet  de  constater  la 
présence  de  mitoses  dans  les  tissus  (et  non  d'étudier  la  structure 
intime  de  ces  ûgures,  ni  pour  servir  aux  recherches  générales  d'his- 
tologie), mais  il  s'est  trouvé  par  la  suite  être  en  même  temps  admi- 
rable pour  les  travaux  ordinaires.  La  plupart  des  auteurs  l'emploient 
maintenant  de  préférence  au  «  mélange  faible  ».  J*ajouterai  que 
dans  mon  expérience  personnelle  c'est  celui  de  tous  les  fixateurs  qui 
m'a  rendu  les  plus  grands  services.  Je  pense  bien  que  dans  la  plupart 
des  cas  il  est  supérieur  au  c  mélange  faible  ». 

60.  Acide  nitrique  (Altmann,  Arch.  Anal,  u,  Phys.,  1881,  p.  219). 
—  Altmann  se  sert  d'une  solution  aqueuse  titrée  à  environ  3  à  3,5  p.  100 
d'acide  pur.  Une  solution  de  cette  concentration  possède  une  densité  de 
1,02  environ,  ce  qui  permet  de  titrer  les  solutions  d'une  façon  aussi  com- 
mode qu'exacte  en  se  servant  d'un  aréomètre.  (Une  densité  de  1,0201  cor- 
respond exactement  à  3^  de  l'échelle  de  Baume  ;  le  titrage  est  donc  des  plus 
simples.)  On  peut  se  servir  de  solutions  plus  concentrées,  mais  elles  ne 
donnent  pas  de  résultats  définitifs  aussi  bons. 

On  lave  à  l'alcool,  et  l'on  peut  colorer  avec  n'importe  quelle  teinture. 

Les  solutions  plus  concentrées  d'acide  nitrique  ont  été  l'objet  d'études 
sérieuses.  Uskoff  recommande  pour  des  objets  embryologiques  une  solu- 
tion de  5  p.  100,  qu'il  laisse  agir  pendant  dix  à  trente  minutes.  Wolff  a 
employé  avec  de  bons  résultats  une  concentration  de  lO^p.  100  (œuf  de  la 
Poule). 

Pour  des  préparations  extemporanées  de  l'œuf  des  Astérides,  Flemming 
a  obtenu  de  bons  résultats  avec  une  solution  de  40  p.  100.  liis  aussi  a 
recommandé  une  solution  de  10  p.  100.  Altmann  a  essayé  cette  concentra- 
tion, et  a  trouvé  qu'elle  ne  permettait  pas  de  démontrer  les  figures 
nucléaires.  Il  pense  que  les  solutions  concentrées  coagulent  trop  fortement 
les  albuminoîdes  solubles  des  tissus,  ce  qui  a  pour  effet  de  nuire  à  la  diffé- 
renciation optique  des  structures. 

Pour  les  lavages,  on  peut  prendre,  au  lieu  d'alcool,  une  solution  aqueuse 
d'alun  de  1  à  2  p.  100  (Uskoff,  Rabl.). 

On  peut  aussi  employer  l'alcool  pour  préparer  le  liquide  fixateur.  On 
mélange  à  cet  effet  3  volumes  d'acide  nitrique  avec  97  volumes  d'alcool 
à  70  p.  100.  (Fol  ;  inédit.  Nous  devons  cette  indication  à  l'obligeance  de 
M.  le  professeur  Fol.) 

J'ai  essayé  consciencieusement  l'acide  nitrique  d'Altraann,  et  je  l'ai 
abandonné  parce  que  je  l'ai  trouvé  être  un  fixateur  décidément  trop  peu 
énergique. 

Pour  les  durcissements  on  l'emploie  quelquefois  à  une  concentration  de 


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-  ii^jii;.> 


AGENTS    FIXATEUaS   ET   DURCISSANTS  41 

3  à  10  p.  100.  On  le  laisse  agir  pendant  deux  ou  trois  semaines.  Employé 
de  cette  manière  (10  à  12  p.  100),  il  fournit  des  préparations  de  Fencéphale 
qui  sont  en  même  temps  très  dures  et  flexibles. 

Benda  (Verh.  anaL  Ges.  Wurzburg,  1888;  Ergeb,  der  Anal.,  I,  1891,  p.  7) 
fixe  pendant  vingt-quatre  à  quarante-huit  heures  dans  de  Tacide  nitrique  à 
10  p.  100,  puis  porte  les  pièces,  sans  lavage  préalable,  dans  une  solution 
saturée  de  bichromate  de  potasse  allongée  de  3  volumes  d'eau.  On  augmente 
graduellement  la  concentration  du  bichromate,  de  manière  à  arriver  en 
deux  ou  trois  jours  (ou  jusqu'à  quatorze  jours  pour  Fencéphale  et  la 
moelle  épiuière)  à  une  concentration  de  1  volume  de  la  solution  de  bichro- 
mate pour  un  volume  d'eau.  Il  est  dit  que  ce  procédé  peut  s'appliquer  à  des 
pièces  assez  volumineuses  (testicule  entier  de  l'Homme,  etc.),  et  qu'il  leur 
donne  une  consistance  extrêmement  dure. 

51.  Acide  chromo-nitrique  {Liquide  de  Perenyi;  Zoologischer 
Anzeiger,  V,  1882,  p.  459). 

Acide  chromique  à  0,5  p.  100 3  parties. 

Acide  nitrique  à  10  p.  100 4      — 

Alcool 3      — 

On  mêle  ces  liquides,  et  au  bout  de  peu  de  temps  on  obtient  une 
solution  d'un  beau  violet. 

On  y  laisse  les  objets  (du  moins  si  ce  sont  des  œufs)  pendant  quatre 
à  cinq  heures  ;  on  les  met  ensuite  pendant  vingt-quatre  heures  dans 
de  Talcool  à  70  degrés,  puis  pendant  quelques  jours  dans  de  Talcool 
fort  ;  et  finalement  pendant  quatre  à  cinq  jours  dans  de  Talcool 
absolu.  Au  bout  de  ce  temps,  ils  ont  acquis  la  meilleure  consistance 
pour  être  coupés  au  microtome.  Des  œufs  ainsi  préparés  se  coupent 
comme  du  cartilage  ;  ils  ne  sont  pas  le  moins  du  monde  poreux,  et  les 
blastomères  et  leurs  noyaux  se  trouvent  parfaitement  bien  conservés. 

J*ai  employé  le  liquide  de  Perenyi  avec  des  objets  très  variés  (mais 
surtout  des  animaux  marins),  et  je  Tai  toujours  trouvé  excellent.  11 
fixe  assez  rapidement,  de  sorte  qu'il  est  rarement  nécessaire  d'y 
laisser  les  objets  aussi  longtemps  que  le  dit  Perenyi  pour  les  œufs.  £t 
il  n'est  pas  nécessaire  en  général  de  les  durcir  longuement  dans 
Talcool  ;  un  simple  passage  à  travers  les  alcools  usuels  suffit  le  plus 
souvent.  Dans  les  fixateurs  plutôt  doux,  c'est  un  des  meilleurs  que 
faie  essayés. 

Perenyi  a  donné  plus  tard  une  formule  modiûée,  pour  la  fixation  d'em- 
bryons de  Lacerta,  Nous  la  donnerons  dans  les  c  Méthodes  embryolo- 
giques >. 

Les  instructions  que  donne  Perenyi  pour  l'emploi  des  matières  colo- 
rantes dissoutes  dans  le  liquide  fixateur  me  paraissent  peu  rationnelles,  et 
je  les  supprime. 


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42  CHAPITRE   m 

52.  Acide  chromo-nitrique  avec  bichromate  de  potasse 

(Kollmann).  —  Voyez  aux  Méthodes  embryologiqtces. 

53.  Mélange  chromo-platinique  {Solution  de  Merkel;  Merkel, 
Ueber  die  Macula  lutea,  etc.,  1870,  p.  19  ;  —  Mitth.  ZooL  Stat, 
Neapel,  2, 1881,  p.  11).  —  Ce  mélange  se  compose  de  volumes  égaux 
d'acide  chromique  à  1/400  et  de  chlorure  de  platine  (Pt  Cl*)  à  1/400, 

.soit  : 

Acide  chromique  à  1  p.  100 volume. 

Chlorure  de  platine  à  1  p.  100 1      — 

Eau 6      — 

Ce  mélange  ne  pénètre  pas  avec  une  très  grande  rapidité,  mais, 
comme  il  a  une  action  très  douce,  on  peut  y  laisser  les  objets  très 
longtemps.  Merkel  y  laissait  des  portions  de  rétine  pendant  trois  ou 
quatre  jours;  Eisig  y  laisse  des  Annélides  pendant  trois  à  cinq  heures  ; 
'Whitman  trouve  que  pour  de  petites  Sangsues  il  suffît  d'une  heure. 

On  lave  à  l'alcool.  Eisig  prend  l'alcool  à  70  degrés  ;  Whitman  celui  à 
80  degrés.  Outre  son  action  très  douce,  qui  fait  que  cette  solution  est 
particulièrement  propre  à  la  fixation  d'objets  délicats,  elle  a  le  grand 
avantage  de  ne  pas  gêner  les  colorations  avec  les  teintures  ordinaires, 
nonobstant  la  présence  de  l'acide  chromique.  Elle  rend  des  services 
en  prévenant  le  noircissement  d'objets  qui  ont  été  fixés  dans  l'osmium 
(à  cette  fin,  il  convient  de  les  laisser  plusieurs  heures  dans  la 
solution). 

Durcissement.  —  Des  tissus  peuvent  rester  assez  longtemps  dans  ce 
liquide  pour  que  nous  ayons  à  le  citer  parmi  les  réactifs  durcissants. 
Whitman  prend,  pour  le  durcissement  des  œufs  pélagiques  de  Poissons, 
un  mélange  plus  fort  en  acide  chromique,  dû  à  Eisig,  à  ce  que  nous 
croyons,  à  savoir  :  chlorure  de  platine,  0,25  p.  100, 1  volume  ;  et 
acide  chromique,  1  p.  100,  1  volume.  Les  œufs  y  restent  un  ou  deux 
jours. 

La  solution  de  Merkel  est  très  recommandable  à  cause  de  son 
action  excellente,  et  parce  qu'elle  permet  d'obtenir  de  très  belles 
colorations  par  les  procédés  ordinaires  de  teinture  progressive. 

SELS    CUROMIQUES 

54.  Bichromate  de  potasse.  —  Le  bichromate  de  potasse  e^t 
peu  employé  seul^  comme  fixateur.  Il  a  le  défaut  de  pénétrer  très 
lentement  et  de  ne  pas  conserver  les  noyaux  d'une  manière  fidèle, 
mais  il  est  peut-être  le  plus  important  de  tous  les  agents  durcissants 


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AGENTS    FIXATEURS    ET    DURCISSANTS  ,êM 

proprement  dits.  Ce  sel  se  trouve  dans  le  commerce  sous  forme  de 
beaux  cristaux  de  couleur  orange,  parfaitement  stables.  Il  est  très 
soluble  dans  Teau,  mais  les  solutions  ne  sont  pas  parfaiten)ent  stables, 
et  (comme  celles  de  Tacide  chromique)  se  détruisent  plus  ou  moins  à 
la  lumière  et  se  laissent  envahir  par  des  moisissures.  11  est  donc  bon 
de  les  tenir  dans  Tobscurité  et  d*y  ajouter  quelques  morceaux  de 
camphre. 

On  prend  pour  les  durcissements  des  solutions  de  2  à  5  p.  dOO. 
Gomme  pour  Tacide  chromique,  il  est  urgent  d'employer  d'abord  les 
concentrations  faibles,  et  de  passer  graduellement  aux  plus  fortes.  Il 
est  également  important  que  la  quantité  de  la  solution  soit  très 
abondante.  Le  durcissement  est  extrêmement  lent;  il  faut  des 
semaines  pour  arriver  au  degré  de  consistance  qu'on  obtient  en 
quelques  jours  avec  l'acide  chromique.  Mais  la  consistance  qu  on 
obtient  est  irréprochable,  et  le  procédé  a  sur  celui  de  l'acide  chro- 
mique le  grand  avantage  qu'il  n'est  pas  nécessaire  de  guetter  aussi 
minutieusement  le  moment  où  il  faut  faire  cesser  la  réaction.  Les 
pièces  peuvent  rester  presque  indéfiniment  dans  les  solutions  sans 
devenir  friables.  Nous  avons  trouvé  qu'il  faut  environ  trois  semaines 
pour  durcir  un  œil  de  Mouton  dans  des  solutions  graduellement 
augmentées  de  concentration  de  2  à  4  p.  100.  Pour  durcir  une  moelle 
d'Homme,  il  faut  trois  à  six  semaines  ;  pour  un  cerveau,  au  moins 
autant  de  mois. 

A  la  sortie  de  la  solution,  il  est  urgent  de  laver  les  pièces  à  fond 
dans  l'eau  avant  de  les  mettre  dans  l'alcool.  Si  l'on  néglige  cette  pré- 
caution il  se  forme  un  précipité  finement  granuleux,  qui  s'attache 
aux  tissus,  et  dont  il  est  très  difficile  de  se  débarrasser  en  renouve- 
lant l'alcool.  (Mais  voyez  plus  haut,  §  42.)  Si  Von  veut  avoir  île  belles 
colorations  au  carmin^  surtout  au  carmin  à  V ammoniaque^  qui  est 
si  excellent  pour  le  système  neigeux  central^  il  ne  faut  pas  mettre 
les  tissus  dans  V alcool;  il  faut  même  éviter  avec  un  soinminuUeux 
tout  contact  des  tissus  avec  CalcooL  A  part  cela,  on  peut  les  con- 
server dans  l'alcool  (de  70  à  90  degrés)  jusqu'à  ce  qu'on  désire  les 
utiliser. 

On  peut  colorer  au  carmin  ou  à  l'hématoxyline. 

Le  traitement  par  le  bichromate  communique  aux  tissus  une 
couleur  de  rouille  qui  est  très  désagréable  à  l'œil  et  dont  il  est  impos- 
sible de  les  débarrasser  par  le  lavage  à  l'eau.  On  a  dit  que  les  pièces 
peuvent  être  décolorées  par  le  lavage,  pendant  quelques  minutes, 
dans  une  solution  à  1  p.  100  d'hydrate  de  chloral.  Nous  ne  savons  à 
qui  cette  recommandation  est  due.  Gierke  dit  que  le  traitement  par 


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44  CHAPITRE    III 

le  chiaral  empêche  la  conservation  des  préparations.  On  peut  les 
décolorer  très  rapidement  par  Taddition  de  quelques  gouttes  de  solu- 
tion  alcoolique  d'anhydride  sulfureux  SO*  (Gilson,  in  litt.).  Voyez  au 
demeurant  ce  que  nous  avons  dit  à  ce  sujet  plus  haut,  numéro  42. 

65.  BIchromsitG  et  sulfate  de  cuivre.  —  Liquide  de  Kultschitzky 
(ZùiL  f.  wùu.  Mili.,  IV,  3,  1887,  p.  348).  Solution  saturée  de  bichromate  de 
potasse  et  salfate  de  cuivre  dans  de  Talcool  à  50  p.  100  à  laquelle  on  ajoute 
au  momenl  de  s'en  servir  un  peu  d'acide  acétique,  soit  5  ou  6  gouttes  pour 
100  ce. 

Pour  préparer  la  solution,  ajoutez  les  deux  sels  en  excès  à  Falcool,  et 
laissez  le  tout  pendant  vingt-quatre  heures  dans  V obscurité  absolue. 

Fixer  pendant  douze  à  vingt-quatre  heures,  également  dans  V obscurité 
(sans  cela  les  sels  se  précipiteraient).  Lavez  à  Talcool  fort  pendant  douze  à 
vingl-quatre  heures. 

Kullschltzky  explique  que  ce  mélange  fixe  fidèlement  l'élément  plasma- 
tique  des  tissus  sans  provoquer  les  précipités  réticulés  des  albuminoïdes 
qu'y  produit  si  souvent  Facide  chromique  (plus  haut,  n^  41).  Ce  serait  là  le 
rôle  des  deux  sels.  La  chromatine  des  noyaux  serait  également  fixée  fidèle- 
ment par  Tacide  organique. 

J'ai  des  doutes  sur  l'exactitude  de  cette  manière  de  voir.  Le  sulfate  de 
cuivre  n'est  pas  ce  qu'il  y  a  de  meilleur  pour  les  noyaux.  S'il  ne  dissout 
pas  la  chromatine,  comme  le  croyait  Schwartz,  du  moins  il  la  prive  plus 
ou  moins  de  son  allmité  pour  les  matières  colorantes  (Halliburton). 

56.  Liquide  de  Mûller. 

Diehromtttc  de  potasse 2à21/2  parties. 

Sulfate  de  soude 1  — 

Eau,   . 100  — 

Pour  les  duTcmements  seulement.  S'emploie  de  la  même  manière 
que  la  solution  simple  de  bichromate.  Ce  liquide  fut  recommandé 
par  Millier  pour  le  durcissement  de  la  rétine,  et,  pour  cet  objet  et 
d'autres  semblables,  a  joui  pendant  longtemps  d'une  grande  vogue 
dans  le.^  laboratoires.  Nous  avouons  que  nous  ne  nous  rendons  pas 
liien  compte  du  rùle  que  peut  jouer  le  sel  de  soude  dans  ce  mélange 
(à  moins  quUl  ne  serve  à  y  provoquer  la  formation  d'un  peu  d'acide 
chromique  libre?)  et  que  nous  n'avons  pas  pu  nous  apercevoir  que  ce 
mélange  donnai  des  résultats  sensiblement  différents  de  ceux  du 
bichromate  pur.  Flemming  a  trouvé  que  son  action  sur  les  noyaux  est 
identique  à  celui  du  bichromate  pur.  Fol  dit  que  pour  les  embryons, 
pour  lesquels  on  l'a  beaucoup  préconisé,  il  est  absolument  sans 
valeur. 

Zë£4rek  a  recommande  d'additionner  ce  liquide  de  sublimé  et  d'acide 
acétique,  voy.  numéro  68  bis. 


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AGENTS   FIXATEURS    ET   DURCISSANTS  45 

67.  Liquide  d'Erlicki  {Warschauer  Med.  ZeiL,  XXIII,  n^*  15 

et  18). 

Bichromate  de  potasse 2,5  parties. 

Sulfate  de  cuivre 1,0      — 

Eau 100,0      — 

Pour  les  durcissements  seulement. 

On  comprend  facilement  Tutililé  de  l'addition  du  sulfate  de  cuivre 
au  bichromate  de  potasse.  Ge  sulfate  est  lui-même  un  durcissant  éner- 
gique, et  sert  ici  à  renforcer  l'action  un  peu  trop  lente  du  bichromate  ; 
et  effectivement  le  liquide  d'Erlicki  durcit  incomparablement  plus 
vite  que  celui  de  MûUer  ou  que  le  bichromate  simple.  Avec  ce 
mélange  on  peut  durcir  la  moelle  en  quatre  jours  à  la  température 
d'un  incubateur,  en  dix  jours  à  la  température  normale  (Fol).  Cette 
formule  est  très  usitée  en  Allemagne,  et  nous  croyons  qu'elle  constitue 
l'un  des  meilleurs  durcissants  qui  soient  connus  pour  les  objets  volu- 
mineux. Nous  l'avons  vu  largement  employer  au  laboratoire  de  mor- 
phologie de  l'Université  de  Genève  pour  les  embryons  humains  âgés 
de  plusieurs  mois. 

On  observe  souvent,  dans  des  portions  des  centres  nerveux  qui  ont 
été  durcis  par  le  liquide  d'Erlicki,  des  taches  foncées,  avec  des  pro- 
longements, qui  simulent  des  cellules  ganglionnaires.  On  les  a  consi- 
dérées comme  des  productions  pathologiques,  mais  il  est  maintenant 
démontré  que  ce  ne  sont  que  des  dépôts  formés  par  l'action  du  liquide 
durcissant.  On  peut  les  faire  disparaître  par  l'eau  chaude,  ou  mieux 
par  l'eau  légèrement  acidulée  par  l'HGl,  ou  bien  en  traitant  les  pièces 
par  l'acide  chromique  à  0,5  p.  100  avant  de  les  mettre  dans  l'alcool. 
(Edinger,  Zeit.  f.  wiss.  Mik.y  1885,  p.  245;  Loewental,  liev.  méd.  de 
la  Suisse  romande,  6*  année,  I,  p.  20.) 

58.  Bichromate  et  chlorure  de  platine  (Lindsay  Johnson,  in 

Bichromate  de  potasse  à  2,5  p.  100 70  parties. 

Acide  osmique  à  2  p.  100 iO      — 

Chlorure  de  platine  à  1  p.  100     15      — 

Acide  acétique  ou  formique  ........  5      — 

Ge  mélange  fut  imaginé  pour  le  durcissement  préliminaire,  après  fixation, 
de  la  rétine,  sur  laquelle  Tauteur  le  laissait  agir  pendant  douze  heures,  puis 
achevait  le  durcissement  dans  du  bichromate  pur.  M.  Lindsay  Johnson 
m'écrit  que  la  présence  de  Tacide  osmitiue  sert  à  abréger  beaucoup  la  durée 
du  durcissement  ;  en  trois  jours  on  peut  mener  une  rétine  à  travers  toutes 
les  étapes  usuelles  jusque  dans  la  celloïdine.  Si  Ton  voit  que  la  préparation 
tend  à  se  noircir,  on  peut  prévenir  cela  en  ajoutant  10  parties  de  solution 


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46  CHAPITIIK    m 

de  nitrate  d'urane  à  5  p.  100,  qui  forme  une  couche  d'urane  de  couleur 
brune  au-dessus  de  Tosmium  réduit.  L.  Johnson  a  maintenant  trouvé  qu'au 
lieu  de  passer  après  douze  heures  au  bichromate  pur,  il  est  quelquefois  pré- 
férable après  ce  temps  d'allonger  le  liquide  d'eau,  et  d'y  achever  le  durcis- 
sement (quatre  jours). 

D'après  notre  expérience  personnelle,  ce  mélange  est  excellent.  Il 
ne  faut  pas  chercher  à  augmenter  la  concentration  du  chlorure  de 
platine  au  delà  de  la  proportion  indiquée,  car  les  solutions  trop 
fortes  ont  une  tendance  à  cristalliser  sur  les  tissus. 

59.  Bichromate  d'ammoniaque.  —  Ce  sel  a  une  action  sensiblement 
identique  à  celle  du  bichromate  de  potasse.  Nous  avons  constaté,  en  com- 
pulsant la  littérature,  qu'il  devient  maintenant  fort  à  la  mode,  mais  nous 
ne  saurions  trop  dire  pour  quel  motif.  Fol  dit  qu'il  pénètre  plus  rapidement 
que  le  sel  potassique,  et  durcit  en  même  temps  plus  lentement,  ce  qui  fait 
qu'il  est  bon  de  l'employer  à  des  doses  un  peu  plus  fortes,  à  savoir  5  p.  100 
au  lieu  de  4  p.  100. 

60  «  Chromate  neutre  d'ammoniaque.  —  Quelques  anatomistes 
ont  trouvé  que  ce  sel  offrait  des  avantages  pour  le  durcissement  de  certains 
organes.  Klein  l'a  recommandé  pour  l'intestin,  qu'il  durcit  en  vingt-quatre 
heures,  à  une  concentration  de  5  p.  100.  Fol  trouve  qu'il  ne  présente  pas 
d'avantage  sur  les  bichromates. 

61.  Sulfate  de  cuivre.  —  Nous  avons  dit  que  ce  sel  est  par  lui-même 
un  durcissement  énergique.  On  ne  l'emploie  cependant  guère  seul,  vu  qu'il 
ne  donne  pas  aux  tissus  une  consistance  suffisante. 

Friedlaender  {BioL  Centrait,^  X,  1890,  p.  483;  Joum.  Roy.  Mie.  Soc, 
1890,  p.  804)  fixe  les  animaux  pélagiques  délicats  en  les  inondant  d'un 
mélange  de  sulfate  de  cuivre  125  parties,  sulfate  de  zinc  125  parties,  eau 
1000  parties.  J*ai  pu  constater  que  le  sulfate  de  cuivre  possède  certainement 
des  qualités  pour  ce  genre  d'objets.  Nous  reviendrons  là-dessus  à  propos 
de  la  méthode  de  Beuot  pour  la  conservation  des  Siphonophores,  n'  798. 

61  bis,  —  L'alun  a  été  employé  comme  agent  fixateur. 

J'en  ai  fait  moi-même  une  expérience  considérable,  et  si  je  le  cite, 
c'est  pour  recommander  de  Téviter  à  tout  prix. 


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CHAPITRE  IV 

AGENTS  FIXATEURS  ET  DURCISSANTS 

CHLORURES 

62.  Bichlorure  de  mercure  (sublimé  corrosif).  —  Ce  sel  se 

trouve  dans  le  commerce  sous  forme  de  poudre  cristalline  parfaitement 
stable.  Sa  solution  aqueuse  saturée  à  froid  contient  environ  o  p.  100 
du  chlorure.  Il  est  plus  soluble  dans  Talcool  que  dans  Teau,  et  en 
employant  de  Talcool  de  50  à  60  degrés,  on  obtient  des  solutions  bien 
plus  fortes. 

Sa  solubilité  dans  l'eau  ou  l'alcool  est  augmentée  par  l'addition 
d'acide  chlorhydrique,  de  chlorure  d'ammonium,  de  camphre  ou 
d'iode.  Avec  du  chlorure  de  sodium  il  forme  un  sel  double  beaucoup 
plus  soluble;  Peau  de  mer  peut  en  dissoudre  jusqu'à  15  p.  100  (de 
là  la  composition  du  liquide  de  Lang). 

Les  solutions  aqueuses  se  détériorent  assez  rapidement  par  la  formation 
d'un  précipité  pulvérulent  très  fia.  Je  ne  connais  aucun  moyen  sûr  de  pré- 
venir la  formation  de  ce  précipité.  Cependant,  pensant  qu'il  peut  être 
dû  en  partie  à  l'ammoniaque  de  l'air,  j'ai  pris  le  parti  depuis  quelque 
temps  d'additionner  mes  solutions  d'un  peu  d'acide  nitrique,  et  je  m'en  suis 
bien  trouvé. 

Néanmoins,  toutes  les  fois  qu'on  veut  déployer  toute  la  puissance 
fixatrice  du  sublimé,  il  sera  bon  de  n'employer  que  des  solutions  récemment 
préparées  ;  et  même  pour  le  travail  ordinaire  il  est  bon  de  ne  pas  préparer 
de  grandes  provisions  de  ce  réactif  à  la  fois. 

Pour  les  fixations  nous  recommandons  (et  nous  croyons  que  c'est 
la  pratique  générale)  de  prendre  des  solutions  aussi  concentrées  que 
possible.  La  solution  aqueuse  saturée  à  froid  sufQra  le  plus  souvent  ; 
mais  pour  les  Arthropodes  il  faudra  souvent  prendre  une  solution 


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48  CHAPITRE   IV 

alcoolique^  et  pour  les  animaux  très  contractiles  (Goralliaires,  Pla- 
naires) il  faudra  souvent  avoir  recours  à  des  solutions  chaudes,  même 
bouillantes. 

Il  y  a  très  souvent  utilité  à  acidiGer  les  solutions  par  l'acide  acé- 
tique. On  peut  ajouter  sans  crainte  1  p.  lOO  de  cet  acide  (liquide  de 
Këiser).  Une  solution  saturée  de  sublimé  dans  de  Tacide  acétique 
à  6  p.  100  m'a  donné  de  très  bons  résultats  poMr  les  animatix  marins. 
Van  Beneden  a  employé  une  solution  saturée  dans  de  l'acide  acétique 
à  25  p.  100. 

Il  est  bon  en  règle  générale,  du  moins  si  Ton  a  employé  une  solu- 
tion concentrée,  de  ne  laisser  les  objets  dans  la  solution  que  juste  le 
temps  nécessaire  pour  qu'ils  en  soient  pénétrés.  La  pénétration  se 
constate  facilement  à  la  vue  de  Topacité  blanchâtre  qui  se  produit 
dans  les  tissus.  Elle  est  très  rapide  ;  les  petits  objets  (et  autant  que 
possible  on  ne  doit  pas  en  prendre  de  gros)  sont  fixés  en  quelque 
minutes  ;  nous  avons  trouvé  que  pour  pénétrer  une  glande  salivaire 
de  Chironomus  il  ne  faut  pas  plus  de  trois  secondes. 

On  lave  à  l'eau  ou  à  l'alcool.  Nous  pensons  que  l'alcool  vaut 
presque  toujours  mieux. 

Nous  ajouterons  qu'il  est  souvent  important  de  ne  pas  prendre 
l'alcool  trop  faible,  mais  de  commencer  les  lavages  par  l'alcool  d'au 
moins  70  degrés.  On  peut  y  ajouter  un  peu  de  camphre,  ce  qui  faci- 
lite l'extraction  du  sublimé.  Ou  bien  ce  qui  vaut  mieux,  à  cet  effet  on 
ajoute  à  l'eau  ou  à  l'alcool  de  lavage  de  la  teinture  d'iode^  et  on  en 
renouvelle  l'addition  jusqu'à  ce  que  les  objets  n'en  absorbent  plus, 
c'est-à-dire  jusqu'à  ce  qu'ils  ne  décolorent  plus  le  mélange  au  bout 
de  quelque  temps.  Cette  pratique  a  l'avantage  de  diminuer  la  ten- 
dance qu'a  le  sublimé  à  rendre  les  tissus  cassants.  Elle  sert  aussi  dans 
certains  cas  à  faciliter  les  colorations.  On  ne  doit  pas  prendre  la 
solution  d'iode  dans  l'iodure  de  potassium  (voy.  n**  66). 

Il  peut  arriver  que  si  l'extraction  du  sublimé  a  été  insuffisante,  ce  sel 
vienne  à  former  des  cristaux  dans  les  coupes,  après  le  montage  dans  le 
baume.  On  prévient  facilement  cela  en  traitant  les  coupes  pendant  un  quart 
d'heure  par  de  la  teinture  d'iode.  Si  l'on  a  préféré  cette  manière  de  faire, 
Taddition  d'iode  à  l'alcool  de  lavage  après  fixation  est  superflue,  à  moins 
que  les  pièces  ne  doivent  être  gardées  longtemps  dans  l'alcool  avant  la  con- 
fection des  coupes. 

La  croyance  qu'il  est  nécessaire  de  laver  par  Veau  les  objets  qui 
ont  été  traités  par  le  sublimé  est  une  erreur.  Il  importe  que  les  lavages 
soient  scrupuleusement  faits,  autrement  les  tissus  deviendront  granu- 
leux et  cassants.  Il  faut  aussi,  autant  que  possible,  ne  pas  laisser  les 


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AGENTS   FIXATEURS   ET   DURCISSANTS  49 

objets  trop  longtemps  dans  ralcool,  autrement  ils  peuvent  devenir 
cassants. 

On  peut  colorer  avec  n'importe  quel  colorant.  II  n'est  pas  même 
toujours  nécessaire  que  le  sublimé  soit  enlevé  des  pièces  avant  de  les 
mettre  dans  la  solution  colorante.  Ainsi,  dans  la  pratique,  il  arrive 
souvent  qu'on  lave  pendant  quelques  minutes  ou  une  demi-heure  dans 
l'eau,  qu'on  passe  alors  les  pièces  pendant  une  demi-heure  dans  du 
carmin  au  borax,  du  picro-carmin,  du  carmin  à  l'alun  ou  de  Thé- 
matoxyline,  et  que  l'on  achève  l'extraction  du  sublimé  parles  mêmes 
lavages  qui  servent  à  débarrasser  les  pièces  de  l'excès  de  matière 
colorante.  On  les  passe  alors  aussi  rapidement  que  possible  à  travers 
des  alcools  successivement  plus  forts,  et,  après  vingt-quatre  heures 
ou  peut  les  enrober,  couper,  ou  monter  en  préparations  permanentes, 
selon  la  méthode  que  l'on  préfère. 

Nous  pensons  que  le  sublimé  corrosif  est  un  fixateur  de  premier 
ordrey  pourvu  toutefois  que  l'on  observe  la  précaution  que  nous  avons 
indiquée,  de  ne  le  laisser  agir  que  pendant  le  temps  voulu  sur  les 
tissus,  et  de  l'en  éloigner  ensuite  rapidement  et  complètement.  11  est 
d'un  emploi  très  commode,  et  permet  d'aller  très  vite.  Il  permet  des 
colorations  très  faciles  et  belles  avec  le  carmin,  etc. 

Le  lecteur  se  souviendra  qu'il  ne  doit  pas  employer  d'instruments 
métalliques  pour  manipuler  les  objets  contenus  dans  les  solutions 
mercuriques,  ces  solutions  se  précipitant  immédiatement  au  contact 
des  métaux.  Pour  ces  objets,  il  faut  se  servir  d'instruments  de  verre, 
d'ivoire,  de  corne,  de  caoutchouc,  de  bois,  de  piquants  de  hérisson  ou 
de  porc-épic. 

Les  solutions  de  sublimé  pur,  de  même  que  les  mélanges  mercuriques 
qui  vont  suivre,  paraissent  convenir  pour  la  grande  majorité  des  orga- 
nismes, excepté  les  Arthropodes  à  squelette  un  peut  fort,  le  sublimé  ne 
pénétrant  pas  la  chitine  avec  beaucoup  d*énergie. 

MÉLANGES    MERCURIQUES 

63.  Liqueur  de  Lang  [ZooL  Anzeiger,  1878,  p.  14).  —  On  prend  : 

Eau  distillée 100     parties. 

Chlorure  de  sodium 6  à    10         — 

Acide  acétique 5à     8         — 

Bichlorure  de  mercure 3  à    12         — 

AluQ  (dans  certains  cas) 0,5      — 

Pour  des  Planaires  surtout.  On  couche  les  animaux  sur  le  dos  et  on  les 
inonde  du  mélange  versé  brusquement.  Ils  meurent  étendus.  On  les  laisse 
une  demi-heure  dans  le  liquide,  et  on  les  passe  dans  l'alcool. 

ANAT.  UICROSC.  4 


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50  CHAPITRE   IV 

Nous  avons  trouvé  ce  mélange  excellent  pour  fixer  des  animaux  péla- 
giques mous,  tels  que  Salpa,  Doliolum* 

64.  —  Carnoy  {La  Biologie  cellulaire^  p.  95)  recommande  les  deux  mé- 
langes suivants,  selon  qu'on  désire  employer  un  liquide  alcalin  ou  acide. 

Liquide  alcalin  : 

Eau  distillée 100  parties. 

Bichlorure  de  mercure 5     — 

Chlorure  de  sodium 3     — 

Liquide  acide  : 

Eau  distillée 100  parties. 

Bichlorure  de  mercure 5     — 

Acide  acétique 5     — 

66.  —  Les  liquides  de  Harting  {Micro,  Diction,,  art.  Préservation)  et  de 
Pacini  {Journal  de  Micrographie,  IV,  i880;  Journ.  Roy,  Mie.  Soc,  N.  S. 
II,  1882,  p.  702)  doivent  être  cités  ici,  quoiqu'ils  ne  constituent  que  des 
fixateurs  peu  énergiques  et  d'une  application  très  restreinte. 

Harting  prend  : 

Sublimé 1  partie. 

Eau  distillée 200  à  500     — 

(Pour  corpuscules  du  sang  et  quelques  autres  éléments.) 

Pacini  prend  : 

1*        Sublimé 1  partie. 

Sel  de  cuisine 2      — 

Eau 200      — 

(Pour  Infusoires,  globules  du  sang,  spermatozoïdes.) 

2*        Sublimé 1  partie. 

Sel  de  cuisine 4     — 

Eau 200     — 

(Corpuscules  du  sang  des  Vertébrés.} 

3*        Sublimé 1  partie. 

Acide  acétique 2      — 

Eau 300     — 

Noyaux  des  tissus  des  animaux.  Ne  conserve  pas  les  corps  cellulaires. 
(Pour  remploi  de  ces  mélanges  comme  liquides  conservateurs,  voyez 
au  chapitre  des  Liquides  additionnels,) 

Un  liquide  contenant  5  grammes  de  sublimé,  50  centigrammes  de  chlo- 
rure de  sodium  et  100  ce.  d'eau  a  été  cité  sous  le  titre  de  Solution  de 
Gaule. 

66.  Liqueur  de  Gilson  {La  Cellule^  1, 1886,  p.  87).  —  Nous  don- 


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WM-     . 


AGENTS   FIXATEURS   ET   DURQSSANTS  51 

nons  ici  une  formule  modifiée  qui  nous  a  été  obligeamment  commu- 
niquée par  M.  le  professeur  Gilson  (1893  et  1895). 

Acide  nitrique  à  46°  Baume 78  ce. 

Acide  acétique  cristallisable 22  — 

Sublimé 95  à  100  grammes 

Alcool  à  60  p.  100 500  ce. 

Eau  distillée 4400  — 

c  Ce  mélange  donne  en  général  une  fixation  très  délicate  et  une 
bonne  consistance,  ce  qui  n'est  pas  le  cas  pour  toutes  les  solutions 
mercuriques.  Elle  n'est  en  rien  nuisible  aux  colorations.' Son  action 
peut  être  prolongée  non  pas  indéfiniment,  mais  du  moins  très  long- 
temps sans  trop  d'inconvénient.  Elle  est  très  pénétrante. 

c  Pour  des  animaux  marins  il  est  bon  d'ajouter  au  fond  de  la  bou- 
teille des  cristaux  d'iode  ;  on  évite  ainsi  tout  précipité  par  les  «els.  » 

€  Vous  aurez  peut-être  remarqué  (continue  mon  savant  correspon- 
dant) que  les  solutions  mercuriques  donnent  souvent  des  granules 
dans  certains  organes,  par  exemple,  dans  le  testicule  des  larves  de 
Lepidopter.es  et  autres  organes  à  prolifération  active.  Cela  pourrait 
bien  être  dû  à  une  abondance  de  phosphates.  On  les  évite  grâce  à 
riode,  et  en  tout  cas  si  on  les  constate  dans  une  coupe  on  peut  les 
faire  disparaître  en  lavant  à  l'eau  additionnée  de  teinture  d'iode  {il 
faut  bien  se  garder  de  Viodure,  qui  précipiterait  le  sublimé).  > 

Gilson  recommande  beaucoup  ce  re'actif  comme  donnant  de  bons 
résultats,  et  comme  évitant  bien  des  déboires  dans  les  laboratoires 
où  il  y  a  des  commençants.  Car  un  excès  de  fixation,  un  lavage 
incomplet,  etc.,  ne  causent  pas  la  perte  irréparable  de  l'objet. 

On  pourra  trouver  ce  réactif  utile  pour  débarrasser,  les  œufs  des 
Batraciens  de  leur  albumine  ;  ils  s'y  débarrassent  aussi  bien  qu'avec 
les  solutions  chromiques  et  y  prennent  une  bonne  consistance. 

Je  l'ai  essayé,  et  j'ai  eu  de  bons  résultats.  Trouvant  la  fixation  un 
peu  trop  faible  pour  mes  objets,  j'ai  augmenté  considérablement  la 
proportion  de  sublimé,  et  je  m'en  suis  bien  trouvé.  J'ai  également 
expérimenté  avec  des  solutions  simples  de  sublimé  additionnées 
d'acide  nitrique,  et  je  crois  cette  addition  très  recommandable.  Il 
paraît  que  Frenzel  a  déjà  formulé  l'addition  de  1  goutte  d'acide 
nitrique  pour  chaque  centimètre  cube  de  solution  saturée  de  sublimé. 
(Makn,  ZeiL  f.wiss.  Mik.,  XI,  4, 1894,  p.  480.) 

67.  Bichlorure  de  mercure  et  acide  picro-salfurique  {Formule 
deLx^G  ;  ZooL  Anzeiger,  1879,  p.  46j.  —  Solution  saturée  de  sublimé  cor- 
rosif dans  de  l'acide  picro-sulfurique  auquel  on  a  ajouté  5  p.  100  d'acide 
acétique. 


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52  CHAPITRE   IV 

68.  Bichlorure  et  acide  picrique  (Rabl,  Zeit.  f,  wiss.  Mik,,  XI, 
2, 1894,  p.  165). 

Sublimé,  sol.  sat.  aq 1  volume. 

Acide  picrique,  sol.  sat.  aq 1      — 

Eau  distillée 2      — 

Rabl  y  laisse  des  embryons  environ  douze  heures,  lave  pendant 
deux  heures  à  Teau,  et  passe  dans  Talcool  faible. 

La  solution  de  Mann  {op.  cit.^  XI,  4, 1898,  p.  480)  contient  1  p.  100 
d'acide  picrique  avec  ou  sans  1  p.  100  de  tanin  dans  une  solution 
saturée  de  sublimé  dans  de  la  solution  physiologique  de  sel. 

68  bis.  Liquide  de  Zenker  {Mûnchener  med.  Wochenschr., 
no  24, 1894,  p.  832).  —  C'est  du  liquide  de  MUller  (n**56)  additionné 
de  8  p.  100  de  sublimé  corrosif  et  8  p.  100  d'acide  acétique  cristalli- 
sable  (il  vaut  mieux  ajouter  ce  dernier  au  moment  de  s*en  servir). 
Fixer  plusieurs  heures,  laver  à  Teau,  traiter  les  pièces  ou  les  coupes 
par  Talcool  iodé  (n®  62).  Recommandé  avec  des  détails  minutieux, 
par  Mercier,  dans  Zeit.  f.  wiss.  Mik.^  XI,  4,  1894,  p.  471. 

69.  Sublimé  alcooUque  (Mann,  Anal.  Anz.,  YIII,  1893,  p.  441-443). 

Alcool  absolu 100  ce. 

Acide  picrique 4  grammes. 

Sublimé 15         — 

Acide  tannique 6à8        — 

L*acide  tannique  est  ajouté  pour  prévenir  un  durcissement  excessif. 

69  bis.  Sublimé  et  acide  osmique  (Mann).  —  Ce  mélange  a  été  donné 
au  numéro  39. 

Autres  chlorures 

70.  Chlorure  de  platine,  PtGl^.  —  Ce  sel  étant  extrêmement  déli- 
'quescent,  il  vaut  mieux  se  le  procurer  en  solution.  On  trouve  en  eiïet  dans 
le  commerce  des  solutions  à  10  p.  100.  La  solutioa  aqueuse  simple  de  ce 
sel  a  jusqu'à  présent  peu  servi.  R\bl  (Morphol.  Jahrb,.  X  Bd.,  1884,  p.  216) 
s'en  est  servi  dans  ses  recherches  sur  la  cytodiérèse.  Elle  a  une  action  sem- 
blable à  celle  du  chlorure  d'or,  avec  l'avantage  de  ne  pas  être  réduite  par 
la  lumière  ou  la  chaleur. 

Rabl  se  sert  d'une  solution  de  1/300.  Il  y  laisse  les  objets  pendant  vingt- 
quatre  heures.  Il  lave  à  l'eau,  durcit  ensuite  à  l'alcool,  fait  des  coupes,  et  les 
colore  avec  l'hématoxyline  de  Delafield,  ou  la  safranine. 

C'est  surtout  sous  forme  de  mélanges  que  sert  le  chlorure  de  platine.  Nous 
avons  parlé  plus  haut  (n^  53)  du  mélange  de  Merkel,  et  nous  allons  main- 
tenant en  citer  un  autre  qui  est  très  en  vogue  à  Thcure  qu'il  est. 


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AGENTS   FIXATEURS    ET   DURCISSANTS  53 

71.  Mélange  platino-acéto-osmique  (Herhann,  Arch.  f.  mik. 
Anat.y  XXXIV,  1889,  p.  88).  —  Hermann  a  proposé  de  substituer  la 
solution  de  chlorure  platinique  à  1  p.  400  à  la  solution  d*acide  chro- 
mique  dans  la  liqueur  de  FLEMinNO,  Nouvelle  Formule,  soit  Mélange 
fort,  les  autres  ingrédients  restant  les  mêmes,  ou  bien  Tacide 
osmique  étant  diminué  de  moitié.  Il  croit  avoir  obtenu  ainsi  une 
fixation  plus  Qdële  des  parties  plasmatiques  des  tissus.  Nous  avons 
noté  plus  haut  (n^  41)  que  Tacide  chromique  a  le  défaut  de  précipiter 
certains  constituants  liquides  des  tissus  sous  forme  de  réseaux  ou  de 
filaments  qui  peuvent  simuler  des  éléments  normaux  des  tissus.  Le 
chlorure  platinique  n*a  pas  cet  effet. 

C'est  là  certainement  un  avantage,  qui  peut  être  considérable  en 
certains  cas.  J'ai  trouvé  aussi  que  les  pièces  brunissent  moins  qu'avec 
l'acide  chromique,  et  il  me  semble  que  les  coupes  sont  moins 
opaques.  A  part  cela,  après  des  essais  soigneux  de  ce  réactif,  je  n'ai 
pas  pu  trouver  qu'il  possède  une  supériorité  réelle  sur  celui  de 
Flehming,  il  m'a  semblé  même  souvent  qu'il  donnait  des  fixations 
moins  bonnes.  Et  comme  il  est  en  même  temps  extrêmement  coûteux, 
il  me  semble  qu'il  y  a  lieu  de  le  réserver  pour  des  recherches  spé- 
ciales, et  de  continuer  à  employer  le  liquide  de  Flembong  pour  les 
travaux  ordinaires. 

Le  traitement  ultérieur  des  préparations  est  le  même  que  pour  le 
liquide  de  Flehming. 

71  his.  Sublimé  platinique  (Rabl)  v.  numéro  553. 

72.  Le  chlorure  de  palladium  a  été  employé  comme  fixateur  en 
solutions  aqueuses  de  1/300,  1/600,  ou  1/1000.  La  fixation  se  fait  en  une  ou 
deux  minutes, pour  les  petits  objets.  Cattâneo  le  recommande  comme  étant 
le  meilleur  flxateur  pour  les  Infusoires. 

Ce  sel  se  trouve  à  Tétat  sec  dans  le  commerce.  Pour  le  dissoudre,  il  est 
nécessaire  d'employer  de  Feau  acidulée  avec  de  Tacide  chlorhydrique.  Il 
faut  prendre,  pour  10  grammes  du  chlorure  sec,  un  litre  d*eau  et  4  à 
6  gouttes  de  HCl.  Il  faut  vingt-quatre  heures  pour  que  la  dissolution  soit 
complète. 

Ce  chlorure  imprègne  les  tissus  en  les  colorant  en  brun. 

Il  a  été  employé  comme  agent  durcissant,  voyez  F.-E.  Schultze,  Arch,  /. 
mik.  AnaL,  III,  1867,  p.  477. 

73.  Perohlorure  de  fer  (H.  Fol,  ZeiL  wiss.  ZooL,  XXXVIII,  1883, 
p.  491  ;  Fol,  Lehrb,  d.  vergl.  mik,  AnaL,  p.  102).  —  Ce  réactif  a  trop  de 
défauts  pour  qu'on  puisse  le  recommander. 

74.  Z«e  chlorure  de  zlno  n'est  employé  que  pour  Yencéphale.  Voyez 
dans  la  Deuxième  partie. 


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CHAPITRE  V 

AGENTS  FIXATEURS  ET   DURCISSANTS 

ACIDES  ORGANIQUES  ET  AUTRES  AGENTS 

75.  Acide  picrique.  —  Cet  acide  se  trouve  dans  le  commerce  sous 
forme  de  beaux  cristaux  d'un  beau  jaune  serin.  Ces  cristaux  stables, 
hexagonaux,  peuvent  commodément  être  conservés  en  nature.  Ils  se  dis- 
solvent dans  Teau  et  dans  Talcool.  Dans  Teau  froide,  ils  se  dissolvent  en 
raison  d'environ  1  partie  pour  75  d'eau  ;  dans  l'eau  chaude  ils  sont  beau- 
coup plus  solubles. 

Pour  les  fixations,  on  emploie  en  général  la  solution  aqueuse  saturée  à 
froid.  On  doit  toujours  avoir  soin  d'employer  des  solutions  fortes  toutes  les 
fois  qu'il  s'agit  de  faire  des  coupes  ou  de  préparer  des  organes  avec  les  élé- 
ments in  silu,  parce  que  les  solutions  faibles  macèrent  les  tissus.  Pour 
l'étude  d'éléments  cellulaires  isolés,  on  peut  prendre  des  solutions  faibles. 

On  peut  laisser  les  objets  à  fixer  très  longtemps  —  jusqu'à  vingt-quatre 
heures,  par  exemple  —  dans  cet  acide,  sans  qu'ils  en  souffrent.  Il  est 
cependant  extrêmement  pénétrant,  et  peut  fixer  de  petits  objets  en  quelques 
instants. 

On  lave  toujours  à  Valcool,  pour  les  motifs  que  nous  avons  exposés  dans 
l'introduction,  au  numéro  5.  Cette  règle  ne  souffre  pas  d'exception  pour  l'acide 
picrique  pur,  et  s'applique  également  à  l'acide  picro-sulfurique,  l'acide 
picro-nitrique  et  l'acide  picro-chlorhydrique.  L'acide  picro-chromique  permet 
un  court  lavage  à  l'eau  (Fol).  Pour  la  même  raison,  on  doit  éviter  l'emploi 
des  liquides  aqueux  pendant  tout  le  cours  de  la  préparation  ultérieure  ;  on 
colore  donc  avec  des  teintures  alcooliques.  (On  peut  à  la  rigueur  se  servir 
de  certaines  teintures  aqueuses,  à  condition  qu'elles  contiennent  une  pro- 
portion suffisante  de  quelque  réactif  durcissant  pour  leur  permettre  de  ne 
pas  déformer  les  cellules  ;  et  l'on  a  cité  à  ce  propos  le  picro-carmin,  qui 
remplirait  celte  condition  en  vertu  de  l'acide  picrique  qu'il  contient.) 

C'est  avec  l'alcool  à  70  degrés  que  l'on  commence  les  lavages  en  général. 
!1  faut  le  renouveler  aussitôt  qu'il  devient  trouble,  et  continuer  les  lavages 
us  qu'à  ce  que  les  tissus  soient  bien  débarrassés  de  la  coloration  jaune  que 
leur  a  donnée  l'acide  picrique.  Les  lavages  seront  facilités  de  beaucoup  si 
l'on  emploie  l'alcool  à  chaud  ;  à  la  température  de  40<^  l'acide  picrique  est  en 


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AGENTS   FIXATEURS    ET   DURCISSANTS  55 

effet  presque  deux  fois  aussi  soluble  dans  cet  alcool  qu'à  la  température 
normale  (Fol). 

Jelinek  {Zeit.  f.  wiss.  Mik,,  XI,  %  1894,  p.  242)  dit  que  Textraction  de 
Tacide  est  notablement  activée  par  l'addition  de  carbonate  de  lilhine  à 
Talcool  de  lavage.  On  y  ajoute  quelques  gouttes  d'une  solution  aqueuse 
saturée.  Il  se  produit  un  léger  précipité.  On  introduit  maintenant  les  objets 
dans  cet  alcool  trouble  et  l'on  remarque  qu'il  commence  à  s'éclaircir  en 
même  temps  qu'il  prend  une  coloration  jaune  et  que  les  objets  se  déco- 
lorent. On 'ajoute  de  nouvelles  quantités  de  la  solution  de  carbonate  jusqu'à 
ce  que  la  réaction  ne  se  produise  plus  et  que  les  objets  soient  devenus  inco- 
lores. 

C'est  l'un  des  grands  avantages  de  l'acide  picrique,  qu'il  se  laisse  entiè- 
rement extraire  par  l'alcool  et  laisse  les  tissus  dans  un  état  où  ils  sont  sus- 
ceptibles  des  plus  belles  colorations  par  tous  les  colorants  ordinaires. 

Une  qualité  très  précieuse,  c'est  sa  grande  puissance  de  pénétration.  Cette 
propriété,  jointe  à  cette  autre,  qu'il  ne  nuit  nullement  aux  éléments  des 
tissus  lors  d'une  immersion  prolongée,  fait  des  liquides  picriques  les  fixa- 
teurs  par  excellence  des  Arthropodes. 

En  dehors  de  cela  il  laisse  à  désirer  sous  beaucoup  de  rapports.  Les 
lavages  nécessaires  pour  l'éloigner  des  tissus  n'opèrent  que  très  lentement  ; 
il  faut  souvent  des  semaines  entières  pour  les  mener  à  bonne  fm.  Il  est  un 
fixateur  très  peu  énergique  :  on  lui  souhaiterait  le  plus  souvent  une  action 
coagulante  beaucoup  plus  prononcée.  On  n'arrive  à  parer  que  partiellement 
à  ces  deux  inconvénients  en  combinant  l'acide  picrique  avec  d'autres  réac- 
tifs, comme  dans  les  mélanges  qui  vont  suivre. 

76.  Acide  picro-sulforique  {Liqueur  de  Kleinbnbbrg  ;  Quart. 
Joum.  Mie.  Science,  avril  1879,  p.  208.  —  Formule  de  Paul  Mayer; 
Joum.  Roy.  Mie.  Soc,  N.  S.,  2,  1882,  p.  ,867»  D'après  Whitman).  — 

Nous  supprimons  la  formule  originelle  donnée  par  Kleinenberg 
pour  la  préparation  de  ce  liquide,  celle  que  nous  donnons  étant  beau- 
coup plus  commode.  Prenez  : 

Eau  distillée 100  volumes. 

Acide  sulfurique  concentré  .......        2      — 

Mêlez  et  ajoutez  de  l'acide  picrique  autant  qu*il  s*èn  dissoudra. 

Ce  sera  environ  0,25  p.  100,  Tacide  picrique  étant  beaucoup  moins 
soluble  dans  Teau  additionnée  d'acide  sulfurique  que  dans  l'eau 
pure. 

Filtrez  et  ajoutez  3  volumes  |d'eau  (excepté  pour  les  Arthropodes, 
pour  lesquels  on  emploie  la  solution  non  diluée).  (N'y  aurait-il  pas 
avantage  à  réserver  le  nom  d'<  acide  picro-sulfurique  »  à  la  solution 
non  diluée,  et  à  appeler  <  Liqueur  de  Kleinenberg  »  la  solution  éten- 
due ?  La  solution  non  diluée  est  indispensable  pour  les  Arthropodes, 
et  nous  paraît  mériter  une  désignation  propre.) 

On  laisse  les  objets  dans  ce  liquide,  selon  leurs  dimensions,  pen- 


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56  CHAPITRE   V 

dant  trois  ou  quatre  heures,  ou  même  jusqu'à  vingt-quatre  heures 
(les  immersions  prolongées  ne  nuisent  nullement  aux  objets).  On  les 
porte  alors  dans  de  Talcool  à  70  degrés,  ou  on  les  lave  comme  nous 
l'avons  dit  pour  Tacide  picrique.  Nous  croyons  devoir  répéter  ce  que 
nous  avons  déjà  dit  plus  d'une  fois,  que  les  objets  Gxés  dans  les 
liquides  picriques  ne  doivent  jamais  être  lavés  à  l'eau. 
On  colore  comme  nous  Pavons  dit  pour  l'acide  picrique. 

Il  y  a  qaelqaes  précautions  à  prendre  avec  l'acide  picro-sulfurique. 
Quoiqu'il  se  diffuse  assez  rapidçment  à  travers  les  cuticules,  il  va  sans  dire 
que  la  chitine  épaisse  s'oppose  à  son  passage.  Les  Arthropodes  un  peu 
gros,  les  Insectes  et  les  Isopodes  de  grande  taille,  doivent  être  ouverts  et 
injectés  largement  avec  le  liquide  à  l'aide  d'une  pipette.  De  plus,  et  ceci  est 
un  point  très  important,  on  emploiera  des  quantités  très  grandes  de 
liquide,  et  [on  aura  le  plus  grand  soin  de  renouveler  le  liquide  aussitôt 
qu'il  sera  devenu  trouble.  On  ne  doit  jamais  laisser  les  objets  pendant  un 
temps  considérable  dans  un  liquide  qui  n'est  pas  parfaitement  limpide. 

Ce  liquide  est  un  fixateur  plus  énergique  que  l'acide  picrique  pur.  Il  a  en 
outre  l'avantage  de  se  laisser  enlever  au  lavage  bien  plus  facilement.  Pour 
la  zoologie  marine,  il  a  la  propriété  très  précieuse  de  débarrasser  les  orga- 
nismes des  sels  de  l'eau  de  mer  en  même  temps  qu'il  les  fixe. 

Il  a  quelques  désavantages  qui  lui  sont  ]iarticuliers.  À  cause  de  la  pré- 
sence de  l'acide  sulfurique,  ce  réactif  gonfle  le  tissu  conjonctif  ;  c'est  assez 
dire  que  pour  les  Vertébrés  il  n'est  que  d'une  application  restreinte.  Puis, 
pour  les  objets  qui  contiennent  des  éléments  calcaires,  il  n'est  pas  à  recom- 
mander, car  il  dissout  la  chaux  et  la  laisse  ensuite  précipiter  dans  les  tissus 
sous  forme  de  cristaux  insolubles  de  gypse.  Pour  de  tels  objets,  il  est  pré- 
férable d'employer  un  des  liquides  suivants,  acide  picro-ni trique,  ou  acide 
picro-chlorhydrique. 

Dans  beaucoup  d'objets  il  produit  des  gonflements  et  des  macérations. 
D'après  une  expérience  assez  étendue,  je  dois  dire  que  pour  la  fixation  d'or- 
ganismes délicats  et  ayant  dans  leur  composition  beaucoup  d'eau,  tels  que 
les  Méduses,  ce  liquide  ne  vaut  rien.  Pour  les  Arthropodes  je  trouve  que 
c'est  un  réactif  excellent  à  cause  de  sa  grande  puissance  de  pénétration 
pour  la  chitine.  Mais  pour  le  travail  ordinaire  il  est  beaucoup  moins 
recommandable,  et  il  me  parait  certain  que  c'est  surtout  grâce  au  pres- 
tige de  l'autorité  de  Kleinenberg  qu'il  a  pu  jouir  aussi  longtemps  de  la 
faveur  des  anatomistes.  On  revient  maintenant  de  cet  engouement,  et  l'on 
fait  bien. 

J'ajouterai  que  dans  la  plupart  des  cas  le  liquide  no7i  dilué  m'a  donné  de 
meilleurs  résultais  que  le  liquide  étendu  de  Kleinenberg. 

77.  Acide  picro-nitrique.  (PaulMAYER;  3fitt.Zool.Stat.  Neapel, 
1881,  p.  5.) 

Eau  distillée 100  volumes. 

Acide  nitrique  (Je  2o  p.  lUO  Az^O").  ...        5       — 
Acide  picrique,  autant  qu'il  s'en  dissoudra. 


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AGENTS   FIXATEURS   ET  DURCISSANTS  57 

Propriétés  très  semblables  à  celles  de  Tacide  picro-sulfurique,  avec 
l'avantage  de  prévenir  la  formation  decristaicx  degypsCy  et  rincon- 
vénient  d*ètre  beaucoup  plus  difficile  à  éloigner  des  tissus  par  le 
lavage.  Whitman  {Joum.  Roy.  Mie.  Soc,  N.  S.  2, 1882,  p.  868)  rap- 
porte que  Paul  Mayer  le  recommande  beaucoup,  et  trouve  qu'avec 
des  œufs  qui  contiennent  beaucoup  de  deutoplasme,  comme  ceux  de 
Palinurus,  il  donne  de  meilleurs  résultats  que  Tacide  nitrique,  l'acide 
picrique  ou  Tacide  picro-sulfurique. 

78.  Acide  picro-chlorhydrique.  (Paul  Mayer,  Mitlh.  Zool.  Stat. 
NeapeLy  1881,  p.  5.) 

Eau  distillée 100  volumes. 

Acide  chlorhydrique  (à  25  p.  100  HCl) 8       — 

Acide  picrique,  autant  qu'il  s'en  dissoudra. 

Propriétés  semblables  à  celles  de  l'acide  picro-nitrique. 

79.  —  Note  sur  la  décalcification  au  moyen  de  Pacide  picro-nitrique  ou 
l acide  picro<hlorhydrique.  Il  vient  naturellement  à  Tesprit  que  ces  deux 
liquides  pourraient  être  très  utiles  pour  les  décalcifications.  Paul  Mayer 
fait  observer  à  ce  sujet  que  l'action  en  est  extrêmement  rapide  et  que  le 
dégagement  de  Tacide  carbonique  est  souvent  assez  abondant  pour  produire 
des  lésions  dans  les  tissus  par  une  action  mécanique  ;  de  sorte  qu'il  est 
souvent  préférable  d'employer  l'acide  chromique,  d'autant  plus  que  ce  dur- 
cissant énergique  sert  d'une  façon  très  efficace  à  agir  contre  raÎTaissement 
des  tissus  qui  peut  résulter  de  la  disparition  de  leur  charpente  calcaire* 

80.  Acide  picro-chromique.  —  Nous  en  avons  parlé  au  numéro 
45  bis. 

81.  Mélanges  picro-osmiques.  ~  Flemming  (Zells.  Kern-u.-Zellth., 
p.  381)  a  essayé  des  mélanges  faits  en  substituant  à  Tacide  chromique  des 
mélanges  chromo-osmiquqs  (Max  Flesgii  et  Flemming)  de  Tacide  picrique  à 
50  p.  100.  {Sic.  Flemming  a  sans  doute  écrit  0,5  p.  100.)  Ces  mélanges 
donnent  des  résultats  identiques  à  ceux  des  mélanges  chromo-osmiques,  si 
ce  n'est  qu'ils  rendent  les  colorations  encore  plus  difficiles. 

0.  vom  Rath  {Zool.  Anz.,  XIV,  1891,  p.  363)  s'est  bien  trouvé  du 
mélange  suivant:  Acide  picrique,  sol.  sat.  aq.,  1000  ce.,  acide  acétique  cris- 
tallisable  4  ce.  et  acide  osmique  1  gramme.  Fixer  pendant  une  heure  environ, 
laver  seulement  quelques  minutes  à  Teau  et  porter  dans  l'alcool.  Si  on 
laisse  les  pièces  trop  longtemps  dans  le  mélange,  elles  brunissent  beau- 
coup. 

82.  Alcool  picrique  (Gage,  Proc.  Amer.  Soc.  Mie-,  1890,  p.  120;/ou?7i. 
Eoy.  Mie.  Soc,  1891,  p.  418).  —  Alcool  à  95  p.  100,  250  ;  eau,  230  ;  acide 
picrique,  1.  Fixer  pendant  environ  vingt-quatre  heures,  laver  pendant  un 
jour  dans  de  Taicool  de  67  à  70  p.  100,  puis  pendant  encore  un  jour  ou  plus 
dans  de  l'alcool  à  75  à  82  p.  100. 


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58  CHAPITRE   V 

83.  L'acide  acétique  et  racido  formique  sont  surtout  employés 
comme  fixateurs  pour  les  noyaux.  On  peut  dire  d'une  manière  générale  que 
les  meilleures  concentrations  se  trouvent  entre  les  limites  de  0,2  à  1  p.  100. 
Des  concentrations  supérieures,  5  p.  100  et  plus,  fixent  bien  les  éléments 
nucléaires  pendant  un  moment,  mais  ensuite  les  font  gonfler  et  pâlir,  ce 
qui  n'arrive  pas  avec  les  solutions  très  diluées.  Voyez,  à  ce  sujet,  Flemming, 
Zellsubstanz,  etc.,  p.  102-103  et  380. 

L'action  de  ces  deux  acides  est  à  peu  près  la  même.  L'acide  acétique  a 
sur  Tacide  formique  l'avantage  d'être  cristallisable,  ce  qui  permet  de  titrer 
facilement  les  solutions,  en  prenant  pour  point  de  départ  VAcidum  acelicum 
glaciale. 

L'acide  acétique  concentré  est  souvent  fort  utile,  comme  je  puis  en 
témoigner,  pour  tuer  et  fixer  en  même  temps  des  organismes  extrêmement 
contractiles,  tels  que  certains  Vers,  Nudibranches  et  Cœlentérés.  11  a  la 
précieuse  qualité  de  tuer  avec  une  rapidité  foudroyante,  son  action  étant 
peut-être  plus  rapide  que  celle  d'aucun  fixateur  connu,  sans  excepter  le 
sublimé  bouillant.  Il  a  une  tendance  marquée  à  fixer  les  organes  dans  Vétal 
d'extension^  ce  qui  est  naturellement  une  qualité  précieuse.  11  a  aussi  l'avan- 
tage de  ne  pas  causer  d'opacité  dans  les  tissus,  qu'il  laisse  aussi  transpa- 
rents que  pendant  la  vie.  La  raison  pour  laquelle  on  ne  l'emploie  pas  plus 
souvent,  c'est  que  son  action  laisse  à  désirer  sous  le  rapport  de  la  bonne 
conservation  des  fins  détails  histologiques  et  cytologiques.  Lemodusoperandi 
est  d'inonder  brusquement  les  organismes  à  fixer  avec  de  l'acide  acétique 
cristallisable  ;  les  y  laisser  le  temps  nécessaire  pour  qu'ils  en  soient 
pénétrés  —  temps  qui  ne  doit  pas  dépasser  cinq  à  six  minutes  ;  puis  les 
transporter  dans  l'alcool  à  50  ou  70  degrés  qu'on  a  soin  de  iienouveler  fré- 
quemment jusqu'à  ce  que  l'acide  ait  été  éloigné.  Cette  méthode,  quelquefois 
précieuse,  est  due  à  van  Beneden,  voyez  «  TtJNicffiRS  ^. 

S.  Le  BiÂNCO  ajoute  à  l'acide  acétique  concentré  un  dixième  de  solution 
d'acide  chromique  à  1  p.  100.  Celte  petite  quantité  sert  à  combattre  utile- 
ment l'action  trop  ramollissante  de  l'acide  organique. 

J'ai  employé  de  la  même  manière  le  jus  de  citron,  qui  m'a  donné  des 
résultats  admirables  sous  le  rapport  de  l'extension,  mais  je  ne  suis  pas 
encore  à  même  de  me  prononcer  sur  l'état  de  conservation  des  tissus. 

83  bis.  Alcool  acétique.  (Garnoy,  La  Cellule  III,  1, 1886,  p.  6,  et 
1887,  2,  p.  276  ;  van  Beneden  et  Neyt,  Bull.  Acad.  Roy.  Sci.  Belg.y 
XIV,  1887,  p.  218;  Zacharias,  Anal.  Anz.,  III,  1888,  p.  24-27  ;  van 
Geuuchten,  ibid.,  8,  p.  237.)  — Réactif  important.  Garnoy  en  a  donné 
deux  formules.  La  première  : 

Acide  acétique  cristallisable 1  volume. 

Alcool  absolu 3      — 

La  deuxième  : 

Aide  acétique  cristallisable 1  volume. 

Alcool  absolu 6      — 

Chloroforme 3      — 

L*addition  de  chloroforme  rend  Tacliondu  mélange  plus  rapide. 


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AGENTS   FIXATEURS   ET   DURCISSANTS  59 

Van  Benbden  et  Neyt  prennent  des  volumes  égaux  d'acide  cristalli- 
sable  et  alcool  absolu. 
Zacharias  prend  : 

Acide  acétique  cristallisable 1  volume. 

Alcool  absolu 4      — 

Acide  osmique,  quelques  gouttes. 

L'alcool  acétique  est  un  des  fixateurs  les  plus  pénétrants  et  des 
plus  rapides  qui  existent.  Il  conserve  admirablement  les  noyaux  et 
admet  toutes  les  colorations.  Il  fut  imaginé  par  les  auteurs  cités  pour 
la  fixation  des  œufs  d'Ascaris,  objet  des  plus  difficiles  ;  mais  il  peut 
également  servir  pour  beaucoup  de  tissus. 

Lavez  à  Talcool,  et  dans  le  traitement  ultérieur  évitez  autant  que 
possible  remploi  de  Teau. 

84.  Liqueur  aux  sels  de  cuivre  (Liqueur  de  Ripart  et  Petit). 
Carnoy.  La  Biologie  cellulaire,  p.  95. 

Eau  camphrée 75  gr. 

Eau  distillée 75  — 

Acide  acétique  cristallisé 1  — 

Acétate  de  cuivre 0  —  30 

Chlorure  de  cuivre 0  —  30 

Pour  éviter  le  dépôt  de  cristaux  de  camphre  dans  les  préparations, 
on  emploie  de  Teau  camphrée  non  saturée. 

Cette  liqueur  ne  fixe  que  très  modérément,  mais  conserve  néan- 
moins d*une  manière  admirable  les  éléments  cellulaires.  Elle  à  le 
grand  avantage  de  «  permettre  à  l'observateur  d'y  ajouter,  sans 
amener  de  précipité,  divers  corps  dont  les  circonstances  lui  dictent 
remploi.  Ainsi,  on  peut  y  ajouter  impunément  une  goutte  d'acide 
osmique,  seul  ou  additionné  d'eau  de  brome,  pour  fixer  davantage 
les  cellules  riches  en  protoplasma.  La  coloration  du  noyau  s'obtient 
instantanément  au  sein  de  cette  liqueur  par  le  vert  de  méthyle,  et 
elle  s'y  conserve  sans  altération  pendant  longtemps.  »  [Loc.  cit., 
p.  127.)  C'est  un  réactif  indispensable  pour  les  travaux  délicats  qui 
reposent  sur  l'observation  de  eellMles  fi^aîches,  isolées  par  la  disso- 
ciation ou  observées  ïn  situ. 

85.  L'acétate  d'uranium  a  été  employé  par  Schenk  (voy.  Mitlh,  aus. 
d.  embi'yol.  Inst,  Wien,  1882,  p.  95).  Il  convient  de  se  servir  d'une  solution 
saturée  dans  Teau.  C'est  un  réactif  qui,  d'après  Gilson,  donne  quelquefois 
(pas  toujours)  de  fort  bons  résultats,  surtout  pour  des  tissus  d'Arthropodes. 
<  H  a  l'avantage  sur  bien  d'autres  agents  fixateurs  de  ne  pas  précipiter  le 
vert  de  méthyle,  et  de  fixer  les  cellules  modérément,  sans  les  contracter.  Il 


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60  CHAPITRE   V 

a  aussi  la  propriété,  signalée  par  Schenk,  de  diffuser  assez  facilement  à 
travers  les  cuticules.  (Gilson,  Spermatogenèse  des  arthropodes  y  dans  La  Cel- 
lule, I,  1885,  p.  141.) 

86.  L'iode  est  un  réactif  durcissant,  qui  pénètre  rapidement,  et  qui, 
quoiqu'il  ne  conserve  pas  les  cellules  avec  une  grande  fidélité,  peut  cepen- 
dant rendre  des  services  pour  des  préparations  exlemporanées.  On  s'en  sert 
en  solution  aqueuse  dans  Tiodure  de  potassium.  Voici,  d'après  Fol,  la  for- 
mule de  la  solution  de  Lugol. 

Eau 100  parties. 

lodure  de  potassium 6     — 

Iode 4     — 

Fol  prend  une  solution  saturée  d'iode  dans  une  solution  aqueuse  con- 
centrée d'iodure  de  potassium  et  l'étend  selon  les  cas  de  100  à  500  volumes 
d'eau.  {Fol,  Lehrb.y  p.  103.) 

S.  Kent  a  trouvé  ce  réactif  souvent  meilleur  que  l'acide  osmique  pour 
fixer  les  Infusoires. 

Nous  faisons  observer  qu'il  fonctionne  comme  fixateur  dans  le  <  Sérum 
iodé  ». 

On  peut  fixer  instantanément  les  petits  objets  par  les  vapeurs  d'iode.  On 
chauffe  des  cristaux  d'iode  dans  un  tube  à  essais  jusqu'à  ce  que  les  vapeurs 
se  dégagent  ;  puis  en  inclinant  le  tube  on  les  fait  couler  sur  la  préparation 
déjà  placée  sur  un  porte-objet.  Le  porte-objet  doit  alors  être  chauffé  à 
environ  40^  G.  pendant  deux  ou  trois  minutes  pour  chasser  l'iode  de  la  pré- 
panation.  (Overton,  Zeil.  f.  wiss.  Mik.,  VII,  I,  1890,  p.  14.) 

87.  Les  alcools.  — Sous  ce  titre  nous  comprenons  les  divers 
mélanges  d'alcool  éthylique  avec  de  Teau  dont  on  se  sert  en  histolo- 
gie. De  tous  ces  mélanges,  il  n'y  a  guère  que  les  alcools  dilués,  au 
tiers  environ,  d*un  côté,  et,  de  l'autre,  l'alcool  absolu,  qui  puissent 
être  considérés  comme  des  agents  flxateurs.  Valcool  absolu  a  l'effet 
d'un  fixateur  parce  qu'il  tue  et  coagule  les  éléments  avec  une  telle 
rapidité  qu'ils  sont  fixés  dans  leur  forme  avant  que  l'action  déshy- 
dratante, pourtant  si  énergique,  de  cet  alcool,  ait  eu  le  temps  de 
déformer  les  structures  molles.  Il  y  a  bien  déshydratation  et  ratati- 
nement,  mais  c'est  l'action  coagulante  rapide  qui  l'emporte,  et  l'on 
obtient  des  fixations  qui  peuvent  quelquefois  compter  parmi  les 
meilleures.  L'action  des  alcools  dilués  repose  sur  un  principe  opposé. 
Dans  ce  cas,  on  choisit  une  dilution  telle  que  l'alcool,  qui,  tout  en 
gardant  une  propriété  coagulante  suffisante,  contienne  cependant  en 
même  temps  une  proportion  suffisante  d'eau  pour  que  son  action 
déshydratante  soit  pratiquement  nulle  ou  du  moins  insignifiante. 
C'est  Vaicool  au  tiers  qui  réalise  le  plus  complètement  ces  conditions. 
Dans  les  alcools  intermédiaires  entre  celui-ci  et  l'alcool  absolu,  c'est 
l'action  déshydratante  qui  a  le  dessus,  de  telle  sorte  qu'on  ne  peut 


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AGENTS   FIXATEURS   ET   DURCISSANTS 


61 


pas  les  employer  seuls  comme  fixateurs.  Nous  ferons  observer  cepen- 
dant qu'on  peut  très  bien  les  employer  comme  véhicules  d'un  flxateur 
foudroyant,  et  qu'il  est  quelquefois  même  avantageux  de  le  faire. 
Nous  pouvons  ainsi  augmenter  la  puissance  de  pénétration  du  sublimé 
corrosif.  On  peut  également  combiner  avec  l'alcool  Tacide  chromique 
ou  l'acide  nitrique.  C'est  en  général  Yalcool  à  70  degrés  qu'il  con- 
vient d*employer  pour  ces  sortes  de  mélanges. 

Voici,  d'après  Gay  Lussac,  un  tableau  destiné  à  donner  la  proportion 
d'eau  qu'il  faut  ajouter  à  100  volumes  d'alcool  d'un  titre  supérieur  pour 
le  ramener  à  un  titre  inférieur  demandé.  On  cherche  dans  la  colonne 
horizontale,  en  haut,  le  titre  de  l'alcool  à  diluer,  et  dans  la  colonne 
verticale,  à  gauche,  celui  auquel  on  désire  arriver.  Le  chiffre  inscrit  à 
l'angle  où  se  rencontrent  le  prolongement  en  bas  de  la  première 
colonne  et  le  prolongement  à  droite  de  la  seconde  indique  en  volumes 
la  proportion  d'eau  qu'il  faut  prendre. 

Ainsi,  pour  ramener  100  volumes  d'alcool  à  70  p.  100  au  titre  de 
30  p.  100,  on  trouve  qu'il  faut  136  volumes  d'eau. 


ALCOOL 

faible 
demandé. 

ALCOOL    FORT   A    DILUER 

90 

p.  100 

86 

p   iOO 

80 

p.  100 

75 

p.  100 

70 

p.  100 

65 

p.  100 

60 

p.  100 

68 

p.  100 

So 

p.  100 

p.  lUO. 
85 

6.56 

80 

13.79 

6.83 

76 

21.89 

14.48 

7.20 

70 

31.05 

23.14 

15.35 

7.64 

65 

41.53 

33.03 

24.66 

16.37 

8.15 

60 

53.65 

44.48 

35.44 

26.47 

17.58 

8.76 

65 

67.87 

57.90 

48.07 

38.32 

28.63 

19.02 

9.47 

60 

84.71 

73.90 

63.04 

52.43 

41.73 

31.25 

20.47 

10.35 

45 

105.34 

93.30 

81.38 

69.54 

57.78 

46.09 

34.4  6 

22.90 

11.41 

40 

130.80 

117.34 

104.01 

90.76 

77.58 

64.48 

51.43 

38.46 

25.55 

35 

163.28 

148.01 

132.88 

117.82 

102.84 

87.93 

73.08 

58.31 

43.59 

30 

206.22 

188.57 

171.05 

103.53 

136.04 

118.94 

101.71 

84.54 

67.45 

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62  CHAPITRE   V 

88.  Alcool  absolu.  —  Se  trouve  dans  le  commerce.  Difficile  à 
préparer,  il  est  également  difficile  à  conserver,  parce  qu'il  est  très 
hygrométrique.  Fol  recommande  de  le  conserver  dans  des  flacons  à 
double  fermeture,  et  d'y  ajouter  quelques  morceaux  de  chaux  vive. 
L'addition  de  cette  substance  serait  utile,  non  seulement  pour  mainte- 
nir le  titre  de  l'alcool  en  absorbant  à  mesure  l'eau  qui  peut  s'y 
introduire,  mais  aussi  pour  neutraliser  les  acides  qui  se  trouvent 
presque  toujours  présents  dans  l'alcool  du  commerce.  Je  crois  devoir 
ajouter  à  cela  que  l'alcool  du  commerce,  s'il  est  souvent  acide,  est 
aussi  très  souvent  alcalin. 

Nous  avons  rencontré  la  recommandation  d*y  suspendre  des  bandes  de 
gélatine,  ce  qui  sufûrait  non  seulement  à  le  maintenir  absolu,  mais  même 
à  le  rendre  tel.  C'est  possible,  mais  il  ne  faudrait  pas  oublier  que  par  ce 
moyen  on  risquerait  de  le  rendre  en  même  temps  acide. 

Ranvier  a  introduit  dans  son  laboratoire  la  méthode  suivante  pour  pré- 
parer soi-même  un  alcool  suffisamment  <  absolu  »  pour  tous  les  usages 
pratiques.  On  prend  un  flacon  à  large  goulot  et  de  la  contenance  d'un 
litre,  et  on  le  remplit  aux  trois  quarts  d'alcool  ordinaire  fort.  On  y  verse 
alors  une  certaine  quantité  de  sulfate  de  cuivre  calciné,  en  poudre,  on 
ferme  vite  le  flacon  et  Ton  agite.  On  laisse  en  contact  pendant  un  jour,  en 
agitant  de  temps  à  autre.  Puis  on  décante  et  Ton  répète  l'opération  avec 
une  nouvelle  dose  de  sulfate  de  cuivre.  Dès  qu'en  ajoutant  une  nouvelle 
portion  de  sulfate  de  cuivre  calciné,  on  n'obtient  pas  de  bleuissement 
de  ce  sel,  et  qu'en  mêlant  une  goutte  de  l'alcool  à  une  goutte  de  téré- 
benthine on  n'obtient  pas  de  gouttelettes  d'eau  visibles  au  microscope,  on 
peut  estimer  que  l'alcool  est  suffisamment  anhydre  pour  tous  les  usages 
ordinaires. 

Pour  préparer  le  sulfate  de  cuivre,  on  prend  du  sulfate  de  cuivre  ordi- 
naire (CuSO^  +  5Aq),  on  le  réduit  en  poudre,  et  on  le  chauffe  au  rouge 
pour  chasser  l'eau  de  cristallisation. 

Nous  faisons  observer  que  pour  les  fixations  on  fait  bien  d'être  extrême- 
ment exigeant  quant  au  titre  de  l'alcool. 

Pour  les  fixations,  il  faut  avoir  soin  d'employer  une  proportion 
très  grande  d'alcool.  Les  pièces  fixées  ne  doivent  pas  être  conservées 
dans  l'alcool  absolu,  qui  les  rendrait  cassantes,  mais  dans  l'alcool  à 
90  p.  100  environ.  Et  il  est  même  bon  de  ne  pas  les  laisser  trop  long- 
temps dans  ce  dernier,  si  Ton  veut  obtenir  de  bonnes  colorations 
nucléaires.  Comme  colorant  des  objets  traités  par  l'alcool  absolu,  on 
peut  employer  le  picro-carminou  le  carmin  à  l'alun,  ou  le  vert  de 
mélhyle. 

Ce  réactif  est  naturellement  très  pénétrant.  Cette  propriété  fait 
qu'il  est  fort  utile  pour  la  conservation  de  certains  organismes  qui  se 
trouvent  être  parmi  les  plus  imperméables.  Ainsi  Mayer  trouve  que 
l'alcool  absolu  et  bouillant  est  le  seul  réactif  qui  permette  de  flxer 


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AGENTS   FIXATEURS    ET   DURCISSANTS  63 

certains  Arthropodes  assez  rapidement  pour  éviter  la  macération  des 
parties  internes,  macération  qui  a  lieu  lorsqu'on  emploie  Talcool  ordi- 
naire et  froid,  qui  pénètre  avec  une  trop  grande  lenteur  (surtout  chez 
les  Trachéates).  Pour  les  Spongiaires  et  les  larves  de  ce  groupe,  c'est 
apparemment  l'alcool  absolu  qui  fournit  les  pièces  le  mieux  conservées. 

89.  Alcool  au  tiers  {allemand:  Drittelalcohol  ;  Ranviersche 
Alcohol  dllutus;  anglais  :  One-third  alcohol  ;  italien  :  Alcool  al 
terzo).  —  (Ranvier,  Traité  technique  d'Histologie,  241  eipassim.) 
Cet  alcool  est  composé  de  2  parties  d'eau  et  de  1  partie  d'alcool  à 
36**  Cartier  (=  environ  39^  Baume).  Puisque  l'alcool  à  36*^  Cartier  ou 
39®  Baume  contient  89,  6  p.  100  d'alcool  absolu,  il  s'ensuit  que  l'al- 
cool au  tiers  contient  un  peu  plus  de  30  p.  100  d'alcool  absolu.  Nous 
recommandons  de  le  titrer  soigneusement,  car  les  eflets  peuvent 
dépendre  en  grande  partie  du  degré  de  dilution.  (Voy.  le  tableau  du 
numéro  87.) 

L'action  de  ce  réactif  est  très  peu  énergique  et  partant  laisse  beau- 
coup à  désirer  sous  le  rapport  de  la  conservation.  Les  noyaux  surtout 
sont  conservés  d'une  façon  tout  à  fait  insuffisante.  Il  ne  durcit  même 
pas  toujours  suffisamment  pour  permettre  aux  tissus  de  résister  au 
ratatinement  causé  par  l'emploi  subséquent  d'alcools  plus  forts. 
C'est  donc  surtout  pour  les  préparations  exteynporanées,  et  comme 
moyen  commode  de  préparer  des  organes  pour  la  dissociation,  qu'il 
peut  rendre  des  services.  On  peut  laisser  les  objets  jusqu'à  vingt- 
quatre  heures  dans  cet  alcool,  mais  pas  davantage,  à  moins  qu'on  ne 
désire  produire  la  macération  des  tissus.  On  peut  colorer  avec  le 
picro-carmin,  le  carmin  aluné  ou  le  vert  de  méthylë. 

90.  Alcool  acidulé  (Paul  Mayer,  Mitth.  Zool.  Stat.  Neapei,  II,  1881, 
p.  7).  —  On  ajoute  3  volumes  d'acide  chlorhydrique  pur  à  97  volumes 
d*alcool  à  90  degrés  dans  lequel  on  a  préalablement  fait  dissoudre  un  peu 
d'acide  picrique.  On  ne  doit  y  laisser  les  objets  que  juste  le  temps  nécessaire 
pour  assurer  la  pénétration  de  Talcool.  Ensuite  on  lave  dans  de  Talcool  pur 
à  90  degrés  jusqu'à  ce  que  la  coloration  jaune  de  Tacide  picrique  ait  disparu, 
ce  qui  est  un  signe  que  facide  chlorhydrique  a  également  élé  éloigné. 

Ce  mélange  ne  remplit  pas  l'office  d'un  fixateur  histologique  proprement 
dit,  vu  qu'il  ne  conserve  pas  suffisamment  bien  les  éléments  ;  il  sert  pour 
la  préparation  des  pièces  qu'on  désire  conserver  dans  l'alcool  pour  Tétude 
et  la  dissection  macroscopiques.  L'addition  de  l'acide  chlorhydrique  a  pour 
bot  de  prévenir  le  collage  des  organes  par  les  liquides  périviscéraux  qui 
est  la  suite  ordinaire  de  l'action  de  l'alcool  pur  ;  et  aussi  de  prévenir  la  pré- 
cipitation à  la  surface  des  organes  des  sels  de  l'eau  de  mer,  circonstance 
qui  met  obstacle  à  la  pénétration  de  l'alcool  lui-même,  puis  à  celle  des 
liquides  destinés  à  la  coloration. 


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64  GHAPIXaE   V 

Whitman  fail  observer  que  ce  mélange  perd  ses  propriétés  après  avoir 
été  gardé  quelque  temps,  la  présence  de  Tacide  donnant  lieu  à  la  formation 
de  certains  éthers.  Il  ajoute  qu'on  peut  prendre  de  Talcool  à  10  degrés  pour 
les  lavages. 

91.  Alcool  pour  les  durcissements.  —  Pour  la  manière  d'em- 
ployer Talcoolpour  les  durcissements  prolongés,  voy.  au  numéro  33. 

L^alcool  qu'on  emploie  le  plus  souvent  pour  les  durcissements  est 
soit  à  90,  soit  à  98^.  L'alcool  absolu  est  en  général  moins  avantageux 
sous  le  rapport  de  la  bonne  conservation  des  tissus.  Il  ne  faut  pas 
négliger  de  commencer  par  des  alcools  faibles,  pour  passer  ensuite 
graduellement  aux  degrés  plus  forts.  Pour  des  objets  bien  fixés,  l'al- 
cool à  70  p.  100  est  un  excellent  liquide  à  employer  en  premier  lieu. 
De  petits  fragments  de  tissus  perméables,  comme  les  muqueuses, 
peuvent  être  durcis  suffisamment  en  vingt-quatre  heures;  la  moelle 
et  le  cerveau  demandent  de  longues  semaines. 

Nous  pouvons  dire  de  l'alcool  que,  employé  seul,  il  est  en  général 
de  beaucoup  inférieur  à  la  plupart  des  autres  réactifs  durcissants  : 
mais  que,  employé  pour  faire  suite  à  un  bon  fixateur  et  en  compléter 
Faction,  il  rend  des  services  inappréciables. 

92.  Pyridine  (de  Souza,  Comptes  rend.  hebd.  Soc.  de  BioL,  8«  sér.,  IV, 
n^  35,  p.  622).  —  La  pyridine  agit  en  même  temps,  d'après  de  Souza,  comme 
durcissant,  comme  déshydratant  et  comme  éclaircissant.  Elle  durcit  vite. 
Puisque  cette  substance  est  un  dissolvant  des  graisses,  il  semblerait  qu'elle 
ne  puisse  avoir  en  histologie  qu'application  restreinte. 

93.  Formaline  ou  formol.  —  L'aldéhyde  formique,  HGHO,  pro- 
duit de  l'oxydation  de  l'alcool  méthylique,  est  un  gaz  qui  se  dissout 
dans  l'eau  jusqu'à  40  p.  100.  Sa  solution  concentrée  se  trouve  dans  le 
commerce.  Elle  est  livrée  par  la  maison  Schering  (adr.  Schering's 
Griine  Apotheke,  Wittickund  Benkendorf,  19,  Ghaussée-Strasse,  Ber-' 
lin,  N.)  sous  le  nom  de  c  Formaline  »,  et  par  la  fabrique  de  teintures 
<  vormals  Meister,  Lucius  u.  Brûning  »,  à  Hôchst  am  Main,  sous  le 
nom  de  c  Formol  ». 

Il  a  été  découvert  d'une  façon  indépendante  par  F.  Blum  (Zeit.  f. 
wiss.  Mik.y  X,  3, 1893,  p.  314)  et  par  Hermann  (Anat.  Anz.,  11  déc, 
1893,  p.  112)  que  cette  substance  possède  des  propriétés  durcissantes 
et  conservatrices  remarquables. 

Blum  a  expérimenté  avec  du  formol  allongé  de  10  volumes  d'eau 
(donc  de  4  p.  100  d'aldéhyde  formique).  Il  a  trouvé  que  ce  liquide 
pénétrait  très  bien  et  durcissait  des  pièces  volumineuses  telles  que 
foie,  reins,  cerveau,  plus  rapidement  que  l'alcool,  et  qu'après  dés- 


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AGENTS   FIXATEURS   ET   DURCISSAKTS  65 

hydratation  et  inclusion  à  la  celloïdine,  les  coupes  se  montraient  bien 
conservées  et  susceptibles  de  belles  colorations  par  Thématoxyline  et 
par  les  couleurs  d'aniline. 

Hermann  a  employé  une  solution  de  0,5  à  1  p.  100  de  <  formaline  » 
de  Scherîng  (je  pense  qu'il  entend  dire  une  solution  de  formaline 
allongée  d'eaujusqu'àcontenir  de  0,3  à  1  p.  100  d'aldéhyde  formique). 
Il  a  trouvé  que  cette  solution  durcit  un  organe  tel  qu'un  cœur  de  veau 
parfaitement  en  douze  à  vingt-quatre  heures.  Les  organes  durcis  con- 
servent à  peuprès  la  transparence  de  la  vie.  Un  œil  peut  être  durci  en 
vingt-quatre  heures  de  telle  sorte  qu'avec  un  rasoir  on  peut  le  couper 
en  deux  comme  une  pomme  ;  et  après  cinq  mois  dans  la  solution  on  peut 
encore  lire  des  caractères  imprimés  à  travers  la  cornée  et  le  cristal- 
lin. Les  pigments  ne  sont  pas  décolorés.  Au  point  de  vue  de  la  fixa- 
lion  proprement  dite,  Hermann  trouve  que  la  formaline  ne  fixe  ni 
mieux  ni  moins  bien  que  les  fixateurs  ordinaires.  L'inconvénient  qu'il 
lui  trouve  pour  les  travaux  histologiques,  c'est  que  le  traitement  ulté- 
rieur par  l'alcool  agit  d'une  façon  délétère  sur  les  tissus.  Il  faudrait 
donc  trouver  le  moyen  d'écarter  cet  inconvénient  pour  rendre  la  for- 
maline propre  aux  travaux  histologiques  ;  il  serait  d'ores  et  déjà 
acquis  qu'elle  a  pour  la  conservation  de  pièces  destinées  aux  musées 
une  certaine  supériorité  sur  Talcool  ;  elle  ratatine  moins,  conserve 
les  couleurs  naturelles  et  elle  est  meilleur  marché  (1  kilogramme 
coûte  de  4  à  S  marks  et  fournit  40  litres  de  liqueur  conservatrice). 
(Au  sujet  de  l'emploi  pour  les  musées,  voyez  aussi  J.  Blum,  ZooL 
Anz.,  1893,  p.  450.) 

Weigert  {Anat.  Ergebnisse,  1893,  p.  6)  a  trouvé  que  des  organes 
de  l'axe  cérébro-spinal  durcis  dans  le  formol  peuvent  être  mordancés 
avec  des  sels  de  chrome  et  fournir  des  imprégnations  par  la  méthode 
de  Golgi. 

Lavdowsky  {Anat.  Jlefte,  IV,  3,  1894,  p.  355  ;  Zeit.  f.  wiss.  Mik.y 
XI,  4,  1894,  p.  507)  trouve  que  le  formol  fixe  très  bien  les  noyaux, 
mais  vacuolise  le  protoplasme.  Combiné  avec  l'alcool,  il  donne  de 
meilleurs  résultats,  d'où  les  deux  formules  suivantes  : 

(1)  Eau  distillée 20     parties. 

Alcool  à  95  p.  100 10         — 

Formol 3         — 

Acide  acétique  cristallisable 0,5      — 

(2)  Eau  distillée 30  — 

Alcool  à  95  p.  100 15  — 

Formol 5  — 

Acide  acétique  cristaUisable 1  — 

ANAT.   MICROSC.  £» 


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66 


CHAPITRE    V 


GiLSON  (m  litt,)  a  trouvé  à  peu  près  la  même  chose.  «  Jusqu'à  pré- 
sent, m'écrit-il,  il  a  trouvé  qu'employé  seul  (à  2  p.  100,  5  p.  100, 
10  p.  100),  c'est  un  fixateur  énergique,  assez  pénétrant,  mais  qui 
déforme  notablement.  » 

Strong  {Anat.  Anz.^  X,  n?  15, 1895,  p.  494)  a  trouvé  que  la  forma- 
line  peut  être  substituée  avec  avantage  à  l'acide  osmique  dans  le 
mélange  osmio-bichromique  de  la  méthode  d'imprégnation  de  Golgi. 
(Pour  des  tissus  embryonnaires  cependant,  le  mélange  à  la  formaline 
serait  inférieur  au  mélange  à  l'acide  osmique,  parce  qu'il  ne  durcit 
pas  suffisamment.)  Il  ajoute  à  la  solution  de  bichromate  2,5  à  S  p.  100 
de  formaline. 

Van  GiESON  {ibid,)  a  trouvé  que  la  formaline  à  4,  6,  10  p.  100 
(je  pense  qu'il  veut  indiquer  le  pourcentage  d'aldéhyde  formique) 
donne  une  excellente  fixation  pour  la  moelle  épinière,  le  cervelet  et 
l'écorce  cérébrale  de  l'homme.  On  peut  appliquer  à  du  matériel 
ainsi  préparé  les  méthodes  de  coloration  de  Weigert,  de  Rehm  et  de 
Niss'l. 

DuRiG  (Anat.  Anz.,  X,  n**  20,  1895,  p.  659)  a  également  substitué 
la  formaline  à  l'acide  osmique  dans  le  mélange  d'acide  osmique  et 
bichromate  de  potasse  du  procédé  d'imprégnation  au  chromate  d'ar- 
gent de  Golgi  et  Ramôn  y  Gajal.  Il  recommande  un  mélange  conte- 
nant 3  p.  100  de  bichromate  et  4  à  6  p.  100  d'aldéhyde  formique 
(donc  3  p.  100  de  bichromate  dissous  dans  de  la  formaline  allongée 
de  6  à  10  volumes  d'eau).  Il  pense  que  la  formaline  pénètre  mieux 
que  l'acide  osmique,  et  ne  rend  pas  les  tissus  aussi  cassants.  L'impré- 
gnation paraît  être  plus  certaine  qu'avec  le  mélange  de  Golgi,  et 
paraît  démontrer  une  plus  grande  richesse  d'éléments  nerveux. 

HoYERJun.  {Anat.  Anz,,  IX,  1894,  Ergànzungshefi,  p.  236;  Zeit, 
f,  wiss.  Mik,,  XII,  I,  1895,  p.  28)  a  eu  avec  des  solutions  diluées  (de 
1-10  ou  1-100)  de  mauvais  résultats.  Avec  la  solution  concentrée,  il 
en  a  eu  de  bons,  les  tissus  paraissaient  mieux  conservés  que  par  le 
sublimé.  Après  quelques  heures  de  fixation,  il  durcissait  dans  l'alcool 
et  enrobait  à  la  paraffine. 

Reimar  {Fortschr.  d.  Med.,  XII,  1894,  n*»  20,  p.  773  ;  Zeit.  f.  wiss. 
Mik.  XII,  1, 1895,  p.  29)  a  fait  des  essais  comparatifs  avec  le  formol, 
le  sublimé,  l'alcool  absolu  et  le  mélange  de  Hermann.  Il  a  employé 
des  solutions  à  10  et  à  4  p.  100.  Ces  deux  solutions  ont  donné  des 
résultats  sensiblement  identiques.  Il  a  trouvé  que  de  ces  quatre  réac- 
tifs, c'est  le  formol  qui  pénètre  le  mieux,  et  qui  donne  en  général  les 
fixations  les  plus  fines,  surtout  du  cytoplasme.  Il  conclut  que  le  for- 
mol est  un  des  fixateurs  les  plus  fidèles  qui  existent.  11  a  une  action 


a 


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AGENTS   FIXATEURS   ET   DURCISSANTS  67 

très  rapide,  mais  durcit  peu  ;  et  il  a  Tavantage  qu*on  peut  y  laisser  les 
pièces  très  longtemps  sans  qu*elles  soufTreat. 

Lachi  {Monit.  Zool.  liai,  V,  1895,  p.  15  ;  Zeit.  f.  wiss.  Mik.,  XII, 
1, 1895,  p.  33)  a  trouvé  que  le  formol,  en  solution  faible  ou  en  solu- 
tion forte,  a  une  action  très  délétère  sur  le  tissu  conjonctif,  dont  il 
dissout  la  substance  fondamentale,  et  sur  les  muscles,  les  muscles 
striés  y  perdant  leur  striation  et  se  ratatinant.  (Reimar  [L  c.)  dit  au 
contraire  que  chez  les  muscles  striés,  il  y  a  une  absence  presque 
totale  de  ratatinement.)  Mais  pour  le  tissu  nerveux  et  épithélial  Laghi 
trouve  que  le  formol  est  admirable. 

J'ai  essayé  moi-même  de  substituer  le  formol  (concentré  ou  peu 
dilué)  à  la  solution  d'acide  osmique  des  mélanges  de  Flemmino  et  de 
Hermann,  et  je  m*en  suis  bien  trouvé.  Je  ne  Tai  pas  essayé  pur  :  mais 
il  semblerait  déjà  que  cette  substance  doive  se  montrer  plutôt  utile 
comme  durcissant  que  comme  agent  fixateur,  et  plutôt  en  mélange 
que  pur. 


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Qoo^z 


CHAPITRE  VI 
DES  TEINTURES 


94.  Des  diverses  sortes  de  teintures.  —  Les  colorations  hîsto- 
logiques  peuvent  se  diviser  en  deux  groupes  :  les  colorations  générales 
(ou  diffuses),  et  les  colorations  électives  (ou  sélectives). 

Nous  appelons  coloration  générale,  une  coloration  qui  intéresse 
également  dans  leur  totalité  tous  les  éléments  anatomiques  d^une 
préparation. 

Nous  appelons  coloration  élective,  une  coloration  qui  n'intéresse 
que  quelques-uns  de  ces  éléments,  les  autres  demeurant  incolores  ou 
se  colorant  d'une  autre  façon  que  les  premiers.  C'est  cette  différen- 
ciation des  éléments  hislologiques  par  la  couleur  qui  est  le  but  prin- 
cipal pour  lequel  on  emploie  des  réactifs  colorants  dans  la  pratique 
de  Tanatomie  microscopique. 

Les  colorations  électives  se  laissent  diviser  en  deux  groupes  :  il  y  a 
l'élection  histologique  et  l'élection  cytologique.  Dans  l'élection  histo- 
logique,  la  coloration  se  porte  avec  élection  sur  tous  les  éléments 
appartenant  à  un  tissu  donné,  les  autres  éléments  histologiques  de 
la  préparation  demeurant  incolores,  ou  du  moins  se  colorant  d'une 
autre  façon  ;  exemple  :  coloration  des  terminaisons  nerveuses  par  le 
chlorure  d'or  ou  par  le  bleu  de  méthylène.  Les  colorations  de  cette 
sorte  s'appellent  aussi  colorations  spécifiques. 

Dans  l'élection  cytologique,  au  contraire,  la  coloration  se  porte 
avec  élection  sur  l'un  des  éléments  cytologiques  des  cellules  de 
tous  les  tissus  de  la  préparation,  c'est-à-dire  qu'elle  choisit  soit  les 
noyaux  en  général  ou  un  élément  des  noyaux,  soit  le  cytoplasme 
ou  un  élément  du  cytoplasme,  son  réticulum,  son  enchylème,  ses 
granulations  ou  autres  enclaves.  La  première  de  ces  colorations 
cytologiques  s'appelle  coloration  nucléaire,  la  seconde,  coloration 
plasmatique.  Ce  sont  les  teintures  nucléaires  qui  sont,  en  anatomie 


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DES   TEINTURES  69 

microscopique  générale,  la  classe  la  plus  importante  de  colorations. 
Car,  la  plupart  du  temps,  c'est  surtout  en  vertu  de  leurs  propriétés 
d'élection  pour  la  substance  nucléaire  que  les  teintures  rendent  des 
services  à  Tanatomiste.  Il  s'en  sert  quelquefois  à  titre  de  réactifs 
chimiques,  comme  cela  arrive,  par  exemple,  lorsqu'il  fait  usage  du 
vert  de  métbyle  pour  déceler  la  présence  de  la  nucléine,  ou  pour 
constater  son  absence,  dans  une  structure  quelconque  ;  de  semblables 
réactions  jouent  un  rôle  considérable  dans  les  études  cytologiques. 
Mais,  le  plus  souvent,  le  point  de  vue  chimique  est  relégué  àTarrière- 
plan,  et  tout  ce  que  l'anatomiste  demande  aux  teintures,  c'est  de  lui 
fournir  des  jalons  indiquant  les  centres  histologiques  des  tissus.  Ces 
jalons,  qui  sont  des  noyaux  vivement  colorés,  attirent  le  regard,  qui 
peut  ensuite  déchiffrer  avec  aisance  les  contours  et  les  rapports  des 
éléments  auxquels  ces  centres  appartiennent  ;  et  Ton  préfère  en 
général  que  tout  ce  qui  est  en  dehors  des  noyaux  reste  incolore  pour 
ne  rien  enlever  à  la  transparence  des  préparations.  Les  colorants  à 
action  diffuse,  que  nous  avons  dit  être  ceux  qui  se  portent  sur  la 
totalité  des  éléments  des  tissus  aussi  bien  que  sur  les  noyaux,  sont 
aujourd'hui  de  plus  en  plus  abandonnés.  Ainsi,  Téosine,  qui  fut  jadis 
un  colorant  extrêmement  en  vogue,  ne  s'emploie  guère  plus  comme 
réactif  normal,  parce  qu'elle  fournit  des  colorations  diffuses  et  inac- 
ceptables. De  pareils  réactifs  ne  s'emploient  plus  que  dans  ces  cas  tout 
à  fait  spéciaux,  soit  pour  teindre  fortement  des  membranes  qui  reste- 
raient invisibles  par  suite  de  leur  grande  ténuité  si  on  ne  les  colo- 
rait pas,  soit,  quelquefois,  en  combinaison  avec  un  colorant  nucléaire, 
pour  rendre  le  même  service  à  l'égard  d'autres  éléments  des  prépa- 
rations. 

Les  colorants  plasmatiques  électifs,  au  contraire,  sont  de  la  plus 
grande  utilité  pour  certaines  recherches  spéciales  et  il  devient  tous 
les  jours  plus  évident  que  pour  les  études  cytologiques  ils  sont  indis- 
pensables. 

95.  Les  deux  méthodes  de  teinture.  —  Dans  la  pratique,  on 
cherche  à  réaliser  des  colorations  électives  de  deux  manières  qui 
reposent  sur  des  principes  opposés.  Ce  sont  la  méthode  directe^  ou 
méthode  de  la  teinture  progressive;  et  la  méthode  indirecte,  ou 
méthode  de  la  teinture  régressive.  Dans  la  première,  on  fait  usage 
de  teintures  électives,  c'est-à-dire  de  couleurs  qui  ont  une  affinité  spé- 
ciale pour  les  éléments  qu'on  désire  mettre  en  relief  et  les  colorent 
plus  rapidement  que  les  autres  éléments  de  la  préparation  ;  on  inter- 
rompt la  coloration  et  on  procède  au  lavage  et  à  la  fixation  de  la  cou- 


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70  CHAPITRE   VI 

leur  au  moment  où  celle-ci  a  été  suffisamment  absorbée  par  les  élé- 
ments à  colorer  sans  avoir  encore  envahi  les  autres.  G*est  la  méthode 
ordinaire  des  colorations  histologiques.  Elle  présente  deux  grands 
avantages  :  elle  permet  de  colorer  en  bloc  des  pièces  volumineuses, 
car  le  progrès  de  la  teinture  n'exige  pas  un  contrôle  minutieux  ;  et 
elle  permet  l'emploi  des  couleurs  les  plus  stables.  C'est  la  méthode 
des  colorations  ordinaires  par  le  carmin  et  l'hématoxyline.  Nous 
indiquerons  plus  loin  les  couleurs  dont  l'emploi  rentre  dans  cette  caté- 
gorie. 

Dans  l'autre  manière  de  réaliser  des  colorations  électives,  ou  méthode 
régressive,  on  ne  cherche  pas  à  produire  une  localisation  directe  de 
la  couleur  sur  les  éléments  à  colorer,  en  faisant  usage  de  couleurs  qui 
teignent  ces  éléments  plus  rapidement  que  ceux  que  l'on  désire  épar- 
gner ;  mais  on  produit  d'abord  une  coloration  générale  de  tous  les 
éléments  et  l'on  cherche  ensuite  à  enlever  par  des  lavages  la  couleur 
absorbée  par  les  éléments  que  l'on  désire  épargner.  C'est  la  méthode 
de  coloration  suivie  de  décoloration,  que  nous  pratiquons  si  souvent 
sous  forme  de  teinture  au  carmin  boracique  ;  c'est  aussi  la  méthode 
connue  sous  le  nom  de  procédé  de  Flemming.  C'est  le  contre-pied 
exact  de  la  première  méthode  ;  dans  celle-ci,  on  interrompt  la  tein- 
ture avant  qu'elle  ait  intéressé  les  éléments  à  épargner  ;  dans  l'autre, 
on  interrompt  les  lavages  avant  qu'ils  aient  intéressé  les  éléments 
dont  on  désire  conserver  la  coloration.  On  pourrait  appeler  la  pre- 
mière la  méthode  de  coloration  interrompue  ;  la  seconde,  la  mé- 
thode de  décoloration  interrompue.  Celle-ci  s'emploi  surtout  pour 
la  coloration  de  coupes.  Elle  ne  s'applique  que  dans  des  cas  plutôt 
exceptionnels  (carmin  boracique)  aux  pièces  volumineuses,  car  elle 
exige  en  général  que  la  décoloration  soit  surveillée  de  près  ;  elle 
trouve  son  application  la  plus  importante  dans  les  recherches  cyto- 
logiques.  Elle  a  Tavange  de  fournir  des  colorations  nucléaires  d'une 
extrême  précision,  et,  ce  qui  est  encore  plus  important,  de  permettre 
d'utiliser  des  couleurs  produisant  leur  effet  sur  des  tissus  qui  ont  été 
fixés  par  des  réactifs,  tels  que  l'acide  chromique,  qui  font  obstacle 
à  la  coloration  directe  par  les  colorants  ordinaires.  Nous  donnerons 
dans  le  chapitre  ix  des  instructions  détaillées  pour  l'emploi  des  cou- 
leurs d'aniline  en  teinture  régressive. 

Ces  deux  méthodes  peuvent  se  combiner.  Si,  par  exemple,  nous 
avons  cherché  à  arriver  à  une  coloration  nucléaire  par  voie  directe 
avec  le  picro-carmin,  et  que,  n'ayant  pas  interrompu  la  coloration  à 
temps,  nous  avons  laissé  s'établir  une  coloration  diffuse,  nous  pou- 
vons cependant  arriver  à  la  localisation  voulue  en  procédant  à  la 


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DES   TEINTURES  71 

décoloralion  des  éléments  extra-nucléaires  par  le  lavage  avec  une 
solution  faible  d'acide  chlorhydrique,  lavage  que  nous  aurons  soin 
d'interrompre  avant  qu'il  ait  intéressé  les  noyaux. 

96.  De  la  préparation  préalable  des  tissus  à  colorer.  —  Les 

fixations  ont  tout  autant  d'importance  pour  la  réussite  des  colorations 
que  pour  la  conservation  des  tissus.  Les  éléments  des  tissus  (à  part 
quelques  exceptions)  ne  se  colorent  pas  du  tout  dans  les  teintures  à 
l'état  vivant.  Les  tissus  récemment  morts  et  non  fixés  s'y  colorent, 
mais  mal,  et  ne  prennent  guère  qu'une  coloration  fugitive.  Seuls,  les 
tissus  convenablement  fixés  prennent  dans  les  teintures  des  colorations 
à  la  fois  énergiques  et  stables.  Bien  des  considérations  portent  à 
croire  que  dans  la  plupart  de  nos  colorations  histologiques,  ce  n'est 
pas  la  substance  originelle  des  éléments  des  tissus  que  nous  colorons, 
mais,  au  contraire,  certains  composés  chimiques  inconnus  (peut-être 
souvent  des  albuminates  métalliques)  résultant  de  la  combinaison  de 
cette  substance  avec  d'autres  substances  qui  lui  sont  apportées  dans 
nos  liquides  fixateurs  et  durcissants. 

On  comprendra  donc  facilement  que  la  nature  chimique  des  subs- 
tances que  nous  employons  pour  la  fixation  et  pour  la  préparation 
ultérieure  est  d'une  grande  importance  sous  le  rapport  des  colorations. 
Quelques-unes  de  ces  substances  produisent  des  modifications  dans 
les  tissus  qui  s'opposent  à  leur  coloration  avec  certaines  couleurs  ; 
d'autres,  au  contraire,  facilitent  la  teinture  en  jouant  le  rôle  de  mor- 
dants. Telles  sont  (pour  certaines  couleurs)  le  chrome  et  ses  sels,  puis 
le  sublimé  corrosif,  les  aluns,  les  sels  de  fer,  de  platine,  de  palladium 
et  d'uranium.  On  cherchera  donc  à  tirer  parti  de  cette  propriété  de 
ces  substances  lorsque  l'occasion  s'en  présentera,  et  l'on  ne  perdra 
pas  de  vue  l'utilité  que  peut  souvent  avoir  la  présence  d'une  substance 
agissant  comme  mordant  dans  les  teintures  elles-mêmes.  L'alun,  par 
exemple,  joue  dans  beaucoup  de  teintures  un  rôle  très  important, 
quoique  jusqu'ici  inexpliqué  d'une  façon  satisfaisante.  C'est  une  subs- 
tance qui  pénètre  facilement  les  tissus  et  s'y  attache  avec  énergie,  et 
qui,  d'autre  part,  se  combine  facilement  avec  beaucoup  de  couleurs. 
De  plus,  comme  le  fait  observer  Gierke,  il  s'attache  à  certains  éléments 
des  tissus  avec  beaucoup  plus  d'énergie  qu'à  d'autres  ;  il  a  surtout 
une  très  grande  affinité  pour  la  substance  des  noyaux.  Par  suite  de 
ces  propriétés,  il  sert  non  seulement  à  rendre  certaines  couleurs  plus 
stables,  mais  aussi  à  leur  faire  fournir  des  colorations  plus  électives 
que  celles  qu'elles  donnent  employées  seules. 

L'iode,  dans  plus  d'un  procédé,  joue  un  rôle  semblable,  qu'on  ne 


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7Î  CHAPITRE   VI 

peut  expliquer  qu'en  lui  attribuant  le  caractère  de  mordant  vis-à-vis 
de  certains  éléments  et  de  ceiHaines  couleurs. 

96  bis.  Des  colorations  directes  et  par  Mordançage.  —  On 

distingue  des  couleurs  qui  se  fixent  directement  sur  les  tissus;  et 
d'autres  qui  ne  s'y  fixent  que  par  l'intermédiaire  d'une  substance 
appelée  «  mordant  b.  La  pratique  du  mordançage  est  très  peu  déve- 
loppée dans  la  teinture  histologique  jusqu'à  présent,  mais  elle  com- 
mence à  être  employée.  On  la  mise  en  œuvre  depuis  longtemps 
pour  certaines  colorations  à  l'hématoxyline  (Heidenhain  et  d*autres), 
et  plus  récemment,  mais  rarement,  pour  les  couleurs  de  la  houille. 
Nous  décrirons  au  chapitre  vin  plusieurs  colorations  par  mordan- 
çage à  l'hématoxyline,  et  au  chapitre  x  les  procédés  de  coloration 
par  mordançage  aux  couleurs  de  la  houille  de  Henneguy,  de  Rawitz 
et  autres.  En  outre  il  faut  noter  que  l'emploi  de  l'huile  d'aniline  dans 
les  solutions  colorantes,  comme  aussi  celui  de  l'acide  chromique,  de 
l'acide  picrique  ou  de  l'iode  employés  avant  la  teinture  ou  ajoutés 
aux  liquides  de  lavage  paraît  rentrer  dans  cette  catégorie.  Je  pense 
qu^on  peut  regarder  comme  établi  que  l'iode  sert  de  mordant  pour 
plusieurs  couleurs  d'aniline  (safranine,  violet  de  gentiane,  vert  de 
méthyle,  bleu  Victoria).  Pour  ces  deux  dernières  au  moins  il  sufBt 
de  traiter  les  coupes  pendant  un  quart  d'heure,  avant  coloration ,  par  de 
la  teinture  d'iode  ordinaire  pour  voir  s'augmenter  beaucoup  la  résis- 
tance de  la  couleur  à  l'alcool  de  lavage.  Voy.  au  demeurant,  cha- 
pitre vni,  Safranine  et  Violet  de  Gentiane. 

97.  Des  colorations  vitales.  —  Il  a  été  très  souvent  question 
depuis  quelques  années  de  la  propriété  qu'auraient  certaines  subs- 
tances de  colorer  des  éléments  cellulaires  pendant  la  vie  et  sans  porter 
atteinte  d'une  façon  sérieuse  à  leur  vitalité.  Telles  sont,  en  solutions 
extrêmement  diluées,  la  quinoléine,  le  bleu  de  méthylène,  le  brun 
Bismarck,  le  noir  d'aniline,  le  dahlia,  le  violet  de  gentiane,  le  rouge 
neutre  (Neutralroth).  Le  rouge  Congo  est  inoifensif  envers  certains 
organismes,  même  en  solutions  assez  concentrées  et  colore  certains 
éléments  des  cellules  pendant  la  vie  (Scuqltz,  Centrale,  f,  d.  med. 
Wiss.  1886,  p.  449  ;  Cf.  Journ.  Roy.  Mie.  Soc,  1886,  p.  1092).  On 
peut  y  colorer  des  Rotifères,  en  partie  (consultez  aussi  à  ce  sujette 
travail  de  Martinotti,  Zeit.  f.  wiss.  Mik.,  V,  3,  1888,  p.  305).  Pour 
obtenir  les  résultats  dont  nous  parlons,  il  faut  employer  des  solutions 
colorantes  t:  es  diluées  et  à  réaction  neutre  ou  très  faiblement  alcaline 
(les  acides,  même  très  faibles,  sont  presque  toujours  toxiques  pour 


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DES   TEINTURES  73 

les  cellules).  On  trouve  alors  qu'elles  teignent  légèrement  pendant  la 
vie  le  cytoplasme  de  certaines  cellules,  jamais  le  noyau  d'après  mon 
expérience,  ou  en  tout  cas  jamais  lachromatine  du  noyau;  si  celle-ci 
se  colore,  c'est  un  signe  de  la  mort  de  l'élément.  La  coloration  est  tantôt 
répandue  à  travers  toute  la  substance  du  cytoplasme,  tantôt  limitée 
à  certains  granules  ou  autres  enclaves  du  cytoplasme  (on  a  identifié 
ces  granules  avec  les  «  bioblastes  >  d'ALiMANN,  peut-être  sans  raison 
suffisante,  voyez  les  Studien  ûber  die  ZeUe,  1886,  et  autres  travaux 
de  cet  auteur).  J'ai  fait,  depuis  la  publication  de  la  l'^  édition,  des 
expériences  assez  étendues  sur  le  sujet  de  ces  prétendues  colorations 
<  vitales  >.  Je  suis  arrivé  à  la  conclusion  qu'en  aucun  cas  il  ne  se 
produit  une  teinture  de  la  matière  vivante  dans  le  sens  propre  de  ces 
mots.  Lorsqu'il  se  produit  la  coloration  diffuse  dont  j'ai  parlé  plus  haut 
on  trouvera  toujours,  si  la  cellule  est  restée  bien  vivante,  qu'il  ne 
s'agit  pas  d'une  teinture  proprement  dite,  mais  d'une  simple  absorp- 
tion ou  imbibition  de  la  solution  colorée  par  la  cellule.  Si  Ton  trans- 
porte la  cellule  dans  un  milieu  privé  de  la  matière  colorante,  elle 
abandonnera  telle  quelle  la  couleur  qu'elle  avait  absorbée,  et  qui 
n'avait  donc  subi  pendant  son  séjour  dans  la  cellule  aucun  changement 
chimique  mais  était  restée  simplement  engagée  d'une  façon  mécanique 
dans  les  interstices  de  sa  substance.  Si  au  contraire  il  se  produit  une 
coloration  des  granules  ou  autres  enclaves  dont  j'ai  parlé  plus  haut, 
il  se  peut  bien  que  cette  coloration  soit  quelquefois  une  véritable 
teinture  (elle  ne  Test  certainement  pas  toujours,  ce  qui  se  laisse  démon- 
trer en  remettant  la  cellule  dans  un  milieu  non  coloré  et  en  constatant 
la  disparition  de  la  couleur).  Mais  en  ce  cas,  s'il  y  a  eu  teinture  véri- 
table, on  pourra  toujours  se  convaincre  que  cette  teinture  est  limitée 
à  des  enclaves,  c'est-à-dire  à  des  éléments  ne  faisant  pas  partie  de  la 
trame  vivante  de  la  cellule.  Ce  seront  des  granules  de  substances 
venues  du  dehors  et  en  train  d'être  assimilées,  du  pabulum  cellu- 
laire, ou  des  produits  kataboliques,  des  matériaux  de  rebut,  ou  bien 
encore  des  parties  de  la  cellule  qui  ont  subi  plus  ou  moins  l'action 
toxique  de  la  solution  colorante  et  se  trouvent  en  état  de  vitalité 
amoindrie  sinon  éteinte;  en  aucun  cas,  ce  ne  sera  delà  matière  plei- 
nement et  parfaitement  vivante.  Je  pense  en  somme  que  la  valeur 
scientifique  principale  de  ces  colorations  se  trouveradans  le  fait  qu'elles 
nous  fournissent  un  moyen  de  distinguer  dans  une  cellule  les  éléments 
vitaux  de  ceux  qui  ne  le  sont  pas,  ou  le  sont  à  un  degré  moindre.  Ces 
conclusions  sont  aussi  celles  de  l'excellent  travail  de  Galeotti,  Zeit. 
f.  wiss.  Mik,,  XI,  2,  1894,  p.  172.  Ce  travail,  dont  je  recommande 
beaucoup  la  lecture,  apporte  à  l'appui  de  la  thèse  une  abondance  de 


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74  CHAPITRE    VI 

preuves  que  je  ne  puis  songer  à  donner  dans  Tespace  très  limité  de  ce 
paragraphe. 

Aux  numéros  181  et  182  se  trouvent  des  observations  qui  se  rap- 
portent à  ce  sujet. 

Tout  en  étant  d^avis  qu*il  n'ex^te  pas  de  colorations  «  vitales  ». 
proprement  dites,  je  me  hâte  cependant  de  dire  que  l'emploi  de  solu- 
tions colorées  inolTensives  dans  Tétude  des  cellules  vivantes  est  souvent 
d'une  utilité  réelle.  On  trouvera  souvent  avantage  à  broyer  un  peu 
de  gentiane,  de  dahlia,  de  brun  Bismarck  ou  de  bleu  de  méthylène 
dans  un  liquide  «  indifférent  »  et  à  s'en  servir  pour  l'observation  de  cel- 
lules des  tissus.  Le  bleu  de  mélhylëne  offre  l'avantage  d'être  ample- 
ment soluble  dans  l'eau  de  mer,  ce  qui  permet  de  l'employer  pour 
l'étude  d'organismes  marins.  La  gentiane  et  le  dahlia  ne  sont  pas 
suffisamment  solubles  dans  l'eau  salée  pure,  mais  j'ai  trouvé  qu'ils  le 
deviennent  si  l'on  y  ajoute  une  trace  d'hydrate  de  chloral  (0,25  p.  100 
suffit  amplement).  Au  chapitre  des  Infusoires  nous  parlerons  de 
l'emploi  de  la  quinoléine  et  du  brun  Bismarck.  La  coloration  du  brun 
Bismarck  peut  être  ViKée  dans  les  cellules  au  moyen  d 'acide  chromique 
à  0,2  p.  100  ou  de  solution  de  sublimé  (Mayer).  Le  bleu  de  méthy- 
lène fera  l'objet  d'un  chapitre  spécial  (chap.  ix). 

98.  Choix  d'une  teinture.  —  Les  quelques  conseils  qui  suivent 
sont  à  l'usage  des  commençants  seulement. 

A.  Pour  les  objets  qui  doivent  être  colorés  en  entier,  nous  recom- 
mandons en  premier  lieu  le  carmin  au  borax  alcoolique  de  Grena- 
CHER.  C'est  un  réactif  qui,  pour  les  travaux  ordinaires  d'anatomie 
microscopique,  rend  de  grands  services.  C'est  un  colorant  des  plus 
énergiques  et  des  plus  précis,  et  le  plus  facile  de  tous  à  employer. 
On  y  pourra  substituer,  selon  les  cas,  le  Paracarmin  de  Mayer.  Ce 
colorant  me  paraît  être  un  réactif  plus  délicat,  mais  qui  demandera 
souvent  la  possession  de  plus  de  jugement  de  la  part  de  l'opérateur. 

Pour  les  objets  petits  et  facilement  pénétrables,  le  carmin  à  l'alun 
(en  comprenant  sous  ce  titre  les  formules  de  Grenacuer  et  de  Partscu 
et  le  Carmalun  de  Mayer,  réussit  très  bien.  Le  carmin  à  l'alun  est  la 
plus  délicatement  élective  de  toutes  les  teintures  faites  de  couleurs 
stables  et  employées  pour  la  méthode  de  coloration  progressive.  Mal- 
heureusement c'est  une  teinture  aqueuse,  ce  qui  en  limite  l'appli- 
cation ;  cependant,  avec  les  modifications  que  nous  indiquerons, 
elle  peut  encore  servir  pour  la  coloration  de  pièces  assez  volumi- 
neuses. Nous  la  recommandons  particulièrement.  Pour  les  objets 
fixés  par  les  sels  de  chrome,  nous  recommandons,  outre  ces  teintures 


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DES   TEINTURES  1^ 

qui  avec  ces  objets  ne  donnent  pas  toujours  les  résultats  voulus,  les 
colorants  à  Thématéine,  soïiV Hémalun ou VHémacalctum  deMAYER. 
B,  Pour  la  coloration  de  coupesy  outre  THémâlun,  nous  recom- 
mandons la  safranine  ou  le  violet  de  gentiane,  si  Ton  n'a  besoin 
que  d'une  coloration  nucléaire.  Si  Ton  veut  en  même  temps  une 
coloration  plasmatique,  je  conseille  avant  toutes  autres  la  combinai- 
son de  Kemschwarz  suivi  de  safranine  (voy.  ces  mots).  Comme 
colorant  plasmatique  diffus,  nous  recommandons  Vacide  picrique, 
qu'on  peut  employer  en  coloration  double  avec  Tun  ou  l'autre  des 
réactifs  que  nous  avons  cités,  et  qui  rend  des  services  en  mettant  en 
évidence  le  cytoplasme  des  cellules.  Ce  procédé  n'est  pas  à  comparer 
comme  résultats  à  ceux  du  Kernschwarz  suivi  de  safranine  ou  des 
autres  combinaisons  connues,  que  nous  apprécierons  au  chapitre  des 
Colorations  combinées,  mais  il  a  l'avantage  d'être  d'une  simplicité 
élémentaire.  Pour  les  objets  frais  et  dissociés,  nous  recommandons 
le  vert  de  méthyle.  Il  est  bien  certainement  le  réactif  le  plus  absolu- 
ment précis  que  nous  connaissions  pour  la  coloration  de  la  nucléine 
par  teinture  progressive.  C'est  le  réactif  par  excellence  des  cytologistes. 
Malheureusement  le  vert  de  méthyle  est  une  couleur  fugitive,  très 
difficile  à  monter  au  baume,  et  pour  cette  raison  nous  ne  le  recom- 
mandons pas  pour  les  travaux  ordinaires  d'anatomie  microscopique. 

99.  Produits  chimiques  tinctoriaux.  —  Dans  la  plupart  des 
procédés  de  coloration  histologique  il  est  important  de  travailler 
avec  des  produits  chimiques  purs.  Cela  est  particulièrement  essentiel 
pour  les  teintures  aux  couleurs  de  la  houille.  Pour  celles-ci,  il  ne 
suffit  pas  de  se  procurer  un  produit  portant  le  même  nom  qu'un 
produit  qui  a  été  décrit  comme  donnant  tels  ou  tels  résultats  histolo- 
giques.  Il  faut  que  ce  soit  la  même  marque  de  la  même  fabriqua 
qui  a  été  employée  par  l'auteur  qui  l'a  recommandée.  Des  produits 
portant  le  même  nom,  mais  fournis  par  des  maisons  diverses,  donnent 
très  souvent  des  résultats  tout  à  fait  différents.  (Voy.  au  paragraphe 
Safranine  ce  qui  est  dit  sur  les  différentes  marques  commerciales  de 
cette  substance.)  Les  auteurs  les  plus  consciencieux  indiquent  en 
général  la  source  originelle  des  produits  qu'ils  recommandent,  et 
l'on  peut  se  les  procurer  soit  eu  s'adressant  directement  à  la  maison 
d'origine,  soit  par  l'intermédiaire  d'un  fournisseur  connu  de  réactifs 
pour  microscopie.  Si  l'on  choisit  cette  dernière  voie,  il  est  bon  de 
demander  l'envoi  dans  l'emballage  originel,  avec  date,  ceci  pour 
garantir  une  fraîcheur  suffisante  des  substances,  plusieurs  d'entre 
elles  ne  se  conservant  pas  indéfiniment. 


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76  CHAPITRE   VI 

Je  recommande  particulièrement  comme  fournisseur  la  maison 
D*"  G.  Griibler  and  G°,  63,  Bayersche  Slrasse,  Leipzig.  Cette  maison  a 
la  spécialité  de  réactifs  histologiques  vérifiés  et  ne  livre  que  des  cou- 
leurs qui  ont  bien  fourni  à  Tessai  la  teinture  désirée.  La  maison  livre 
également  des  liquides  colorants  ou  fixateurs,  masses  d'inclusion  ou 
d'injection,  etc.,  préparés  selon  les  formules  classiques.  Je  recom- 
mande beaucoup  ces  produits,  qui  sont  en  général  supérieurs  à  ceux 
que  les  histologistes  préparent  eux-mêmes.  On  peut  les  commander 
d'après  le  prix  courant,  ou  simplement  en  citant  les  numéros  des 
formules  de  ce  livre. 

Une  autre  maison  allemande  de  conûance  est  celle  du  D**  G.  Miin- 
der,  Mikroskopisch-chemisches  Institut,  Gôttingen. 

Le  lecteur  connaîtra  sans  doute  des  maisons  françaises  de  confiance 
pour  les  réactifs  chimiques  ordinaires.  J'ai  tenu  ici  à  insister  sur  ce 
que,  pour  les  teintures  histologiques  aux  couleurs  d'aniline^  il  est 
absolument  nécessaire,  pour  les  procédés  classiques,  que  les  cou- 
leurs employées  proviennent  en  dernier  lieu  des  sources  indiquées 
par  les  auteurs,  lesquelles  sont  presque  toutes  des  fabriques  alle- 
mandes. 


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■^ifnppiBiijuii  I   piip^pn^|rm«i9nn 


CHAPITRE  VII 
CARMIN  ET  COCHENILLE* 


100.  Théorie  des  teintures  au  carmin.  —  Les  considérations 
suivantes  sont  prises  dans  Timportant  mémoire  de  Paul  Mayer, 
Ueber  das  Fdrben  mit  Carmin ^  Cochenille  und  Haernatëin-Tho- 
nerde,  dans  Mitlh.  a.  d.  Zool.  StaL  zu  Neapel,  X,  Hft  3,  p.  480. 
Les  principes  de  la  teinture  histologique  au  carmin  ont  été  jusqu'à 
présent  obscurcis  par  Tidée  erronée  que  le  carmin  ne  serait  que  de 
Tacide  carminique  avec  au  plus  quelques  impuretés.  Or  il  n'en  est 
pas  ainsi.  D'après  l'analyse  de  Liebermann  [Ber,  d.  chem.  Ces,,  Jahrg. 
18,  4886,  p.  1969-1975),  le  caripin  serait  un  très  remarquable  com- 
posé aluminO'Calcioprotéique  de  V acide  carminique^  véritable  com- 
posé chimique,  duquel  en  tout  cas  Valuminium  et  le  calcium  ne  peu- 
\ent  pas  plus  être  absents  que  le  sodium  du  sel  de  cuisine.  Son 
analyse  donne  environ  17  p.  100  d'eau,  20  p.  100  de  matières  azotées, 
56  p.  100  d'acide  carminique,  au  moins  3  p.  100  d'alumine  et  3  p.  100 
de  chaux,  avec  une  faible  proportion  de  magnésie,  de  potasse,  de 
soude,  d'acide  phosphorique,  et  une  trace  de  cire.  Les  expériences  de 
Mayer  l'ont  conduit  à  la  conclusion  que  dans  la  teinture  histologique 
(il  ne  s'agit  pas  ici  de  teinture  industrielle)  les  éléments  actifs  de  ce 
composé  sont  en  général  seulement  l'acide  carminique  et  l'alumine, 
avec,  en  certains  cas  particuliers,  la  chaux.  Les  autres  bases  sont 
inactives;  et  les  matières  azotées,  si  tant  est  qu'elles  agissent,  ont 
un  effet  nuisible,  car  c'est  à  leur  présence  qu'est  due  la  putrescibilité 
des  solutions. 

Ces  conclusions  une  fois  établies,  il  est  tout  à  fait  logique  d'admettre 
qu'il  convient  de  prendre  comme  base  de  nos  teintures^  non  le  car- 

*  Nous  avons  beaucoup  d'obligation  à  M.  le  D'  Paul  Mayer,  qui  a  bien  voulu 
lire  et  critiquer  ce  chapitre,  ainsi  que  le  précédent  et  le  suivant. 


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78  CHAPITRE   VII 

min,  mais  V acide  carminique.  Cette  proposition  avait  déjà  été  faite 
par  DiMMOCK  {Amer.  NaiuraL,  XVIII,  1884,  p.  324-7).  Mais  la  tenta- 
tive de  DiMMOCK  n'avait  pas  réussi,  pour  ce  motif,  que  dans  la  com- 
position de  ses  teintures,  il  avait  omis  Vêlement  essentiel,  Valumine, 
11  colorait,  par  exemple,  avec  des  solutions  alcooliques  d*acide  car- 
minique pur,  ou  de  carminate  d'ammoniaque  pur.  De  telles  solutions 
colorent,  il  est  vrai,  mais  faiblement  et  d'une  manière  diffuse.  Mayer 
a  donc  cherché  la  manière  de  les  combiner  avec  Talumine. 

L'acide  carminique  est  une  substance  solide  d*un  brun  pourpre, 
facilement  soluble  dans  Teau  et  dans  Talcool.  D'après  Nietzki,  Chemie 
der  organischen  Farbstoffe,  1889,  p.  231-234,  c'est  un  acide  dit 
basique  faible  (Liebermann  dit  fort),  formant  avec  les  métaux  alca- 
lins des  sels  solubles,  avec  les  métaux  terreux  et  lourds  des  sels  violets 
insolubles. 

Le  sel  aluminique  (carminate  d'alumine)  s'obtient  en  précipitant 
une  solution  d'acide  carminique  ou  de  carminate  d'ammoniaque  par 
de  l'acétate  d'alumine.  Il  a  la  propriété  remarquable  d'être  soluble 
en  même  temps  dans  les  acides  et  les  sels  acides,  tels  que  l'alun,  et 
dans  les  alcalis  et  les  sels  alcalins,  tels  que  le  borax,  à  condition  qu'on 
ne  prenne  comme  dissolvant  que  l'eau  ou  de  l'alcool  allongé  d'eau. 

Il  se  laisse  précipiter  également  de  ces  solutions  par  le  chlorure 
d'aluminium,  mais  seulement  en  partie  ;  l'alun  ne  donne  pas  lieu 
à  un  précipité,  il  se  forme  du  carminate  qui  reste  en  solution.  De  là, 
la  composition  de  la  teinture  décrite  plus  loin  sous  le  titre  de 
Garmalun. 

Nous  avons  dit  que  les  solutions  se  précipitent  en  partie  par  le 
chlorure  d'alumine.  Le  carminate  ainsi  précipité  se  redissout  dans 
un  excès  de  chlorure,  ajouté  avec  précaution.  Cette  opération  fournit 
la  teinture  décrite  au  numéro  105,  teinture  qui  trouvera  son  utilité 
pour  les  cas  où  il  est  désirable  de  ne  pas  employer  un  liquide  con- 
tenant de  l'alun. 

L'une  et  l'autre  de  ces  teintures  colorent  en  un  ton  violet  assez 
semblable  à  celui  du  carmin  à  l'alun  de  Grenacher.  On  peut  obtenir 
un  ton  plus  rouge  en  ajoutant  du  chlorure  de  calcium  à  la  solution 
de  Garmalun.  Mais  cela  n'est  pas  à  conseiller,  car  l'addition  de  chlo- 
rure de  calcium  précipite  la  solution  en  formant  du  gypse.  L'addition 
de  chlorure  de  calcium  ne  précipite  naturellement  pas  la  solution 
au  chlorure  d'aluminium;  mais  pour  d'autres  motifs  on  n'obtient 
pas  de  bons  résultats  en  additionnant  ainsi  la  solution  de  chlorure 
d'aluminium  dont  nous  avons  parlé  jusqu'ici.  On  arrive  au  but  en 
additionnant  de  chlorure  de  calcium  une  solution  alcoolique  de 


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'iHPfâiii; 


CARMIN   ET   COCHENILLE  79 

chlorure  d'aluminium.  De  cette  façon  on  obtient  une  teinture  alcoo- 
lique donnant  une  coloration  rouge.  Ce  liquide  sera  étudié  plus  loin 
sous  le  titre  de  Paracarmin. 

II  sera  intéressant  de  comparer  ces  considérations  théoriques  sur 
les  teintures  à  Tacide  carminique  avec  ce  qui  sera  dit  plus  loin 
(n*  124)  sur  la  théorie  des  teintures  à  Thématoxyline.  On  y  remar- 
quera un  certain  parallélisme  instructif.  Dans  les  deux  cas,  ce  n'est 
pas  la  matière  colorante  seule  qui  agit,  c'est  toujours  cette  matière 
associée  à  Valumine. 

La  teinture  s'obtient  toujours  au  moyen  de  l'acide  carminique  plus 
l'alumine  ou  au  moyen  de  l'hématéine  plus  l'alumine  ;  d'autres  subs- 
tances, telles  que  la  chaux,  jouant  rarement  un  rôle  dans  la  teinture. 

101.  Théorie  des  teintures  à,  la  cochenille.  —  D'après  Mater, 
dont  les  plus  anciennes  recherches  sur  cette  matière  se  trouvent  con- 
firmées par  ses  études  les  plus  récentes  [Mitth.  ZooL  Slat.  Neapel, 
X,  3,  189â,  p.  496),  le  principe  actif  des  extraits  ou  teintures  histolo- 
giques  de  cochenille  n'est  pas  l'acide  carminique  libre,  mais  un  com- 
posé de  cet  acide  avec  une  base,  laquelle  n'est  pas  la  chaux  mais  un 
alcali.  L'extrait  aqueux  de  cochenille  ne  contient  que  des  traces  de 
chaux,  l'extrait  alcoolique  n'en  renferme  pas  même  des  traces. 
L'extrait  aqueux,  préparé  au  moyen  de  Yalun  (soit  cochenille  de 
Partsch  ou  de  Czokor),  doit  ses  propriétés  tinctoriales  à  la  formation 
d'un  canninate  d'alumine^  sel  dont  les  propriétés  générales  ont  été 
discutées  dans  le  paragraphe  précédent.  La  teinture  préparée  avec 
Yalcool  pur  ne  contient  au  contraire  que  ce  carminate  d'un  alcali 
que  nous  avons  mentionné  tout  à  l'heure.  Ce  carminate  seul  colore 
d'une  façon  faible  et  diffuse,  comme  le  fait  l'acide  carminique  seul. 
Mais  s'il  se  rencontre,  dans  les  tissus  à  teindre,  avec  des  sels  de 
chaux,  d'alumine  ou  de  magnésie  qui  soient  capables  d'entrer  en  com- 
binaison avec  lui  et  de  fournir  au  sein  des  tissus  des  précipités  colorés 
insolubles,  alors  il  peut  résulter  une  coloration  énergique  et  très  élec- 
tive. En  efTet,  Vancienne  teinture  alcooliqu^e  simple  de  Mayer  donne 
des  colorations  superbes  avec  certains  objets,  c'est-à-dire  avec  ceux 
qui  contiennent  les  sels  en  question.  Malheureusement  les  objets 
ainsi  constitués  sont  plutôt  rares,  et  avec  la  plupart  des  objets  histo- 
logiques  la  coloration  fournie  par  cette  teinture  est  assez  pâle. 

Or  Mayer  a  trouvé  qu'en  ajoutant  les  sels  en  question  à  la  teinture 
on  obtient  une  solution  colorante  qui  contient  elle-même  tous  les 
éléments  nécessaires  pour  fournir  une  coloration  forte  et  élective 
avec  toutes  sortes  d'objets.  D'où  la  nouvelle  formule,  n**  120. 


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80 


CHAPITRE    VU 


102.  Acide  carminique  pur. — On  peutseleprocurerchezE.  Merck 
à  Darnir^tadl,  ou  chez  Grûbler  (adr.  dans  le  chap.  précédent).  Le  prix 
(variable  1  est  dans  les  environs  de  2  fr.  50  âS  fr.  parlOgrammes.M.le 
D""  Maycr  m'écrit  du  reste  que  la  qualité  laisse  souvent  à  désirer  ;  des 
ôchaïUillons  récemment  fournis  se  sont  trouvés  contenir  souvent  un 
peu  d*aiïimoniaque  ou  d'alcali  fixe. 

103.  Choix  d'une  teinture  au  carmin.  —  Dans  mon  opinion, 
l'uLililù  ^  îisentielle  des  teintures  au  carmin  se  trouve  dans  leurs 
exccllLuites  qualités  pour  les  colorations  d'objets  entiers.  Pour  les 
coupes,  je  les  trouve  décidément  inférieures  aux  anilines  classiques 
et  à  plusieurs  teintures  à  Thématéine.  On  peut  donc  rejeter  toutes 
les  anciLMioes  formules  proposées  pour  la  coloration  de  coupes.  Pour 
les  autres,  il  y  a  lieu  de  croire  que  les  formules  de  Mayer  viendront 
sous  peu,  en  vertu  de  leur  rationalité  et  de  l'égalité  constante  des 
produils  (|u*elles  fournissent,  à  prendre  la  place  de  bien  des  teintures 
jus«|u'ici  fort  estimées.  Ce  ne  sera  peut-être  pas  tant  en  vertu  d'une 
supériorilé  absolue  des  liquides  de  Mayer  au  point  de  vue  de  la  pré- 
cision oi]  de  l'énergie  de  la  coloration^  que  pour  d'autres  motifs.  Je 
n'ai  pas  pu  trouver  (Mayer  du  reste  ne  Ta  jamais  affirmé)  que  le 
I^aracaiMiin  soit  toujours  supérieur  au  carmin  boracique  sous  ces 
rapportai,  bien  qu'il  fournisse  certainement  souvent  une  coloration 
plus  fine.  IjC  carmalun  m'a  donné  dea  colorations  égales  en  beauté 
et  eu  prt  cision  à  celles  du  carmin  aluné,  mais  pas  supérieures.  Les 
deux  liquides  de  Mayer  ont  cependant  d'autres  points  de  supériorité 
que  nous  cnumérerons  dans  leurs  paragraphes  respectifs.  Je  pense 
f|ue,  s'il  n'était  un  peu  coûteux,  le  Carmalun  pourrait  remplacer  avec 
avaiilage  le  carmin  aluné  dans  les  laboratoires,  mais  que  pour  le 
iDonient  il  faudra  maintenir  le  carmin  boracique  à  côté  du  Paracarmin. 

En  tout  cas,  il  y  a  lieu  d'espérer  que  les  démonstrations  de  Mayer 
auront  rrossi  à  barrer  le  flot  de  formules  irrationnelles  pour  tein- 
tures au  carmin  qui  nous  a  si  longtemps  assiégés. 

TEINTURES    AQUEUSES 

a.  Solutions  acides  *. 

104.  Carmalun  (Mayer,  3fitth,  ZooL  Stat.  Neapel,  X,  3,  1892, 
p,  481Ï).  —  Acide  carminique,  1  gr.  ;  alun,  10  gr.  ;  eau  distillée, 

*  Les  sohilions  aluniqiies  qui  vonl  suivre  doivent  être  évitées  pour  les  objets 
qui  contiennent  des  éléments  calcaires. 


i 


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---='l^^|g'>.>dljiifau^-X^^  ■   I  J^ 


CARMIN   ET   COCHENILLE 


8t 


200  ce.  Faire  dissoudre  à  l'aide  de  la  chaleur  *  ;  décanter  ou  flitrer.  Il 
faut  ajouter  un  antiseptique,  soit  quelques  cristaux  de  thymol,  ou 
1  p.  1000  d'acide  salicylique  ou  enfin  8  p.  1000  de  salicylate  de  soude. 
Liquide  d'un  rouge  clair,  d'un  ton  violacé.  Il  colore  bien  les  pièces 
volumineuses,  même  après  traitement  par  les  solutions  osmiques.  On 
peut  laver  à  l'eau  distillée,  mais  en  ce  cas  le  plasma  demeurera  un 
peu  coloré.  Si  l'on  désire  éviter  cela,  il  faut  laver,  avec  précaution, 
dans  une  solution  d'alun,  ou  dans  des  cas  difûciles,  avec  un  acide 
très  faible.  L'effet  général  est  celui  d'une  coloration  au  carmin  aluné. 
La  différence  principale,  c'est  que  le  Garmalun  est  très  approprié  aux 
colorations  en  masse  de  pièces  assez  volumineuses,  besogne  pour 
laquelle  le  carmin  à  Talun  n'est  pas  très  adapté  si  l'on  s'en  sert  sans 
autres  précautions  (mais  voyez  au  n*»  107). 

On  peut  faire  une  solution  moins  forte  en  prenant  de  2  à  3  fois  autant 
d'alun  et  5  fois  autant  d'eau  et  faisant  dissoudre  à  froid.  On  obtient  une 
80  ution  qui  ressemble  peut-être  encore  plus  au  carmin  aluné,  mais  qui 
colore  cependant  en  un  ton  un  peu  plus  rouge.  Celte  teinture  me  parait 
bien  un  peu  faible  pour  le  travail  ordinaire. 

Il  faut  bien  observer  qu'avec  l'une  ou  l'autre  de  ces  solutions  les 
tissus  à  colorer  ne  doivent  pas  avoir  une  réaction  alcaline. 

Les  autres  propriétés  de  ces  solutions  sont  très  semblables  à  celles 
du  carmin  aluné  (voyez  §  106). 

105.  Solution  au  chlorure  d'aluminium  (Mayer,  ibid,,  p.  490)  — 
Acide  carminique,  1  gr.  ;  chlorure  d'aluminium,  3  gr.  ;  eau,  200  ce.  Ajouter 
un  antiseptique,  comme  pour  le  Carmalun. 

Emploi  comme  pour  le  Carmalun.  La  coloration  est  d'un  violet  bleu 
énergique  et  élective  ;  le  plasma  cependant  s'y  colore  un  peu  plus  fortement 
qu'avec  le  Carmalun.  Mayer  recommande  cette  teinture  seulement  à  titre  de 
succédané  du  Carmalun,  pour  les  cas  où  celui-ci  serait  contre-indiqué  à  cause 
de  l'alun  qu'il  contient,  ou  pour  un  autre  motif  semblable. 

106.  Carmin  à  l'alun  ;  Carmin  aluné  ;  Carmin  alunique 

(Grenacher,  Arch,  f,  mik.  Anat.,  XVI,  1879,  p.  465).  —  A  une  solu- 
tion aqueuse  d'alun  de  potasse  ou  d'ammoniaque,  d'une  concentra- 
tion de  1  à  5  p.  100,  ou  de  toute  autre  concentration  qu'on  préfère, 
on  ajoute  0,5  à  1  p.  100  de  carmin  en  poudre,  et  l'on  fait  bouillir 
pendant  dix  à  vingt  minutes.  11  vaut  peut-être  mieux  se  servir  d'une 
solution  d'alun  très  concentrée,  et,  après  l'avoir  fait  bouillir  avec  le 
carmin,  l'allonger  au  degré  voulu.  Après  refroidissement,  filtrer. 
(Nous  avons  l'babitude  d'ajouter  à  notre  solution  un  peu  d'acide  phé- 

*  J'ai  pu  facilement  faire  mes  solutions  &  froid. 

AÏIAT.  IIICROSC.  a 


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82  CHAPITRE   VII 

nique  ou  un  cristal  de  thymol  pour  prévenir  le  développement  de 
moisissures.). 

Nous  avons  déjà  dit  que  le  carmin  à  Talun  est,  de  tous  les  carmins^ 
le  réactif  le  plus  délicat  dans  ses  résultats.  C'est  un  colorant  nucléaire 
presque  absolument  pur.  En  dehors  de  la  chromatine  des  noyaux,  il 
n'y  a  guère  que  les  nucléoles  et  la  substance  contractile  des  muscles 
striés  qui  s'y  colorent.  Ce  carmin  présente  le  grand  avantage  qu'on 
peut  laisser  les  préparations  indéfiniment  dans  les  solutions  sans 
crainte  de  voir  se  produire  des  surcolorations.  Les  colorations  sont 
stables  dans  le  baume  et  dans  la  glycérine  neutre  ;  elles  le  sont  moins 
dans  la  glycérine  acidulée. 

Il  ne  faut  pas  employer  ce  colorant  pour  des  objets  contenant  des 
éléments  calcaires  qu'on  désire  conserver. 

Cette  teinture  a  deux  défauts  :  elle  colore  lentement,  et  pénètre 
assez  mal.  Ce  dernier  inconvénient  peut  être  écarté  par  l'emploi  du 
procédé  de  Henneguy,  que  nous  allons  donner. 

Des  modifications  de  celte  formule,  qui  nous  paraissent  peu  utiles,  ont 
été  proposées  par  Tizzoni.  (Bull.  Se.  Med.  Bologna,  1884,  p.  259  ;  Jouni.  Roy. 
Mie,  Soc,  1885,  p.  730)  ;  Pjsenti  (Gazetta  degli  Ospetali,  n'*  24,  1885  ;  Zeit. 
f.  wiss.  Mik.,  II,  188o,  p.  376);  et  Grieb  (Mem.  Soe.  liai.  Set.,  t.  VI,  d®  9, 
1887  ;  ZeiUf.  wiss.  Mik.,  VII,  I,  1890,  p.  47.) 

107.  Carmin  aluné  à  l'acide  acétique  (Henneguy).  , —  On 
fait  bouillir  du  carmin  en  excès  dans  une  solution  saturée  d'alun  de 
potasse.  Après  refroidissement,  on  ajoute  10  p.  100  d'acide  acétique 
cristallisable,  et  on  laisse  reposer  le  mélange  pendant  plusieurs  jours. 
Il  se  fait  un  dépôt  de  carmin  et  d'alun  ;  on  Oltre. 

Pour  colorer  les  pièces,  on  les  met  dans  l'eau  dislillée,  à  laquelle 
on  ajoute  quelques  gouttes  de  la  solution  de  carmin,  de  manière  à 
obtenir  une  teinte  rose  foncée.  Elles  restent  dans  la  teinture  vingt- 
quatre  à  quarante-huit  heures,  selon  leur  nature  ;  puis  on  les  lave 
pendant  une  heure  ou  deux  dans  de  l'eau  distillée.  Il  importe  d'em- 
ployer de  l'eau  distillée,  pour  éviter  la  formation  de  cristaux  dans 
les  pièces.  On  traite  ensuite  par  l'alcool  à  la  manière  ordinaire. 

L'avantage  de  ce  carmin  est  d'avoir  un  pouvoir  pénélrant  très 
grand  et  de  colorer  également  toutes  les  parties  aussi  bien  profondes 
que  superficielles.  Il  a  l'inconvénient  de  donner  une  coloration  lilas 
qui  n'est  pas  agréable  à  Tœil  ;  mais  on  peut  rendre  la  coloration  plus 
rouge  en  plaçant  les  pièces  lavées  dans  de  l'alcool  additionné  d'acide 
chlorhydrique,  comme  lorsqu'on  emploie  le  carmin  au  borax. 

Les  préparations  se  conservent  très  bien  dans  le  baume,  moins 
bien  dans  la  glycérine. 


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CARMIN   ET   COCHENILLE  83 

Une  autre  manière  d'employer  le  carmin  aluné  pour  la  coloration  de 
pièces  volumineuses  est  celle  qui  m'a  été  communiquée  par  Zoltan  von 
RoBOZ  (solution  très  allongée  de  carmin  aluné  additionnée  de  quelques 
gouttes  de  solution  faible  d'acide  osmique). 

Ce  procédé  donne  des  colorations  superbes,  mais  j'en  supprime  les  détails, 
parce  qu'il  est  assez  difficile  à  régler  avec  exactitude,  et  parce  qu'on  arrive 
à  peu  près  aux  mêmes  résultats,  et  avec  une  complète  certitude,  par  le 
Carmalun,  ou  par  le  procédé  de  Flenneguy. 

108.  Cochenille  à  Talun  (Partsch,  Arch.  f,  mik.  Anat,,  XIV, 
1877,  p.  100).  —  Faire  bouillir  de  la  cochenille  avec  une  solution 
d*alun  à  S  p.  100,  filtrer,  et  ajouter  un  peu  d'acide  salicylique  pour 
prévenir  le  développement  de  moisissures. 

Une  autre  formule  a  été  donnée  par  Czokor  {Arch.  f,  mik.  Anal,,  XVIII, 
1880,  p.  413). 

Les  deux  formules  de  Partsch  et  de  Czokor  ont  été  soigneusement  étu- 
diées par  Paul  Mayer  {Mùlh.  SlaL  Zool.  Neapel.,  X,  3,  1892,  p.  496),  qui 
trouve  que  celle  de  P.aBtscii  est  la  plus  rationnelle.  Elle  contient  la  bonne 
proportion  d'alun,  tandis  que  la  formule  de  Czokor  n'en  contient  pas  assez. 
Aussi  la  solution  de  Partsch  se  conserve  mieux  ;  celle  de  Czokor  précipite 
volontiers. 

Le  mode  de  préparation  conseillé  par  Rabl,  leit.  f.  wiss.  Mik.,  Xï,  2, 
1894,  p.  168,  n'est  qu'une  modification  insignifiante  de  celui  de  Czokor. 

Ces  deux  formules  fonrnissent  une  teinture  de  la  plus  haute  pré- 
cision. La  chromatine  des  noyaux  se  colore  en  bleu,  d'autres  éléments 
prennent  des  teintes  rouges  diverses,  ce  qui  produit  reffet  d'une 
coloration  double.  Ces  solutions  colorent  en  un  temps  plus  ou  moins 
long  des  tissus  qui  ont  subi  n'importe  quel  genre  de  préparation 
préalable.  Des  tissus  préparés  par  l'alcool  se  colorent  en  trois  à  quatre 
minutes;  ceux  qui  ont  été  préparés  par  l'acide chromique  demandent 
trois  à  cinq  heures. 

Ces  solutions  sont  peut-être  supérieures  comme  richesse  de  colora- 
tion au  carmin  à  l'alun.  Nous  ne  saurions  dire  si  les  colorations  sont 
également  stables.  Il  faut  en  tout  cas  éviter  les  milieux  acides,  et 
monter  dans  la  glycérine  neutre  ou,  ce  qui  est  mieux,  dans  le  baume. 

109.  Carmins  picro-alunés.  —  Les  préparations  faites  au  car- 
min aluné  peuvent  être  traite'es  après  coup  par  Tacide  picrique,  et 
fournir  ainsi  des  colorations  doubles  qui  sont  quelquefois  très  utiles. 
Légal  combine  les  deux  teintures,  en  raison  de  dix  volumes  de  carmin 
à  l'alun  et  un  volume  de  solution  saturée  d'acide  picrique  [Morphol. 
Jahrh,^  VIII  Bd.,  p.  353.)  On  peut  en  agir  ainsi  avec  n'importe 
lequel  des  carmins  alunés  que  nous  venons  de  passer  en  revue.  Les 
résultats  sont  quelquefois  fort  beaux. 


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84  CHAPITRE    Vil 

110.  Carmin  acétique  (Schneider,  ZooL  Anzeig.,  1880,  p.  254).  —  On 
fait  bouillir  une  solution  d'acide  acétique  d'une  concentration  de  45  p.  100, 
et  Ton  ajoute  du  carmin  jusqu'à  ce  qu'il  ne  s'en  dissolve  plus  ;  puis  on  filtre. 
(C'est,  à  ce  que  dit  Schneider,  à  la  concentration  de  45  p.  100  que  l'acide 
acétique  dissout  la  plus  grande  proportion  de  carmin.) 

Pour  s'en  servir,  on  peut  ajouter  une  goutte  de  la  solution  concentrée  à 
des  objets  frais  placés  sur  le  porte-objets  :  c'est  la  méthode  dont  Flemming 
s'est  servi  dans  ses  importantes  recherches  sur  la  fécondation  de  l'œuf  des 
Ëchinides.  Ou  bien  on  peut  se  servir  d'une  solution  diluée  à  1  p.  100,  pour 
la  coloration  lente. 

Ce  réactif  a  ceci  de  particulier,  qu'il  fixe  en  même  temps  qu'il  colore.  La 
solution  est  extrêmement  pénétrante,  fixe  bien  pour  un  certain  temps  (mais 
seulement  pour  un  certain  temps)  et  peut  ainsi  servir  pour  l'élude  d'objets 
frais.  Coloration  nucléaire.  Malheureusement  les  préparations  ne  se  con- 
servent pas. 

Ce  carmin  a  rendu  des  services  autrefois  comme  fixateur  colorant.  Je 
pense  qu'aujourd'hui  il  vaut  infiniment  mieux  s'adresser  pour  cela  au  vert 
de  méthyle  acide. 

110  bis.  Carmin  acéto-ferrique  de  Zacharias  (Zool.  Anz.y 
n<>  440, 1894,  p.  62). 

Acide  acétique  dil.  à  3  p.  100 150  à  200  gr. 

Carmin 1  — 

Faire  bouillir  en  remuant  continuellement  pendant  20  minutes, 
laisser  refroidir  et  filtrer  plusieurs  fois.  Colorer  pendant  plusieurs 
heures,  6  à  24  ou  plus.  Rincer  à  Tacide  acétique  dilué,  et  mettre  (il 
faut  éviter  de  toucher  les  objets  avec  des  instruments  métalliques) 
dans  une  solution  à  1  p.  100  de  citrate  de  fer  ammoniacal  (c'est  bien  le 
Ferriet  AmmonimCitras  des  pharmacies).  On  peut  y  laisser  les  objets 
jusqu'à  2  ou  3  heures.  Ils  y  prennent  une  teinte  noire  (pour  les  coupes, 
c'est  une  teinte  grise,  qui  arrive  déjà  au  bout  de  quelques  minutes). 
Il  ne  faut  pas  prolonger  le  séjour  dans  la  solution  de  sel  de  fer  au  delà 
du  temps  nécessaire,  car  les  surcoloralions  sont  à  craindre.  On  lave 
pendant  plusieurs  heures  à  l'eau  distillée,  on  déshydrate,  on  éclaircit 
(Zacharias  se  sert  pour  cela  de  créosote),  et  on  monte  au  baume. 

Après  essai,  je  pense  que  celte  méthode  pourra  bien  rendre  des 
services  dans  certains  cas.  L'eflet  générai  est  plutôt  celui  du  Kern- 
schwarz  que  de  l'hématoxyline,  à  laquelle  Zacharias  a  comparé  son 
colorant.  Lachromatine  est  bleuâtre  (franchement  bleue  à  l'état  kiné- 
tique),  les  éléments  plasmatiques  brunâtres.  J'engage  l'observateur  à 
ne  pas  se  laisser  rebuter  par  l'aspect  peu  esthétique  des  préparations. 
On  observera  que  ce  procédé  a  l'avantage  de  pouvoir  s'appliquer  à  la 
coloration  d'o6;'e/s  entiers.  (M.  le  D'Paul  Mayer  me  fait  observer  qu'il 
faut  que  les  objets  soient  j^e^eïs,  sans  cela  le  sel  de  fer  envahit  tout.) 


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CARMIN   ET   COCHENILLE 


85 


Au  point  de  vue  surtout  de  la  coloration  plasmatigtce^  j'estime  que 
c'est  une  méthode  sérieuse.  Je  n'en  connais  guère  qui  démontrent 
aussi  bien  les  fuseaux  karyokinétiques. 

Comme  me  Ta  fait  observer  M.  le  D*"  Paul  Mayer,  on  obtient  le  même 
effet  en  traitant  par  Je  sel  de  fer  après  coloration  par  le  Garmalun. 
Après  un  essai  comparatif  des  deux  carmins,  je  pense  que  celui 
de  Zacharias  est  superflu,  mais  que  son  procédé  constitue  une  manière 
de  faire  virer  les  préparations  au  Garmalun  qui  peut  souvent  avoir 
son  utilité  pour  l'étude  des  éléments  plasmatiques. 

b.  Solutions  alcalines  ou  neutralisées. 

111.  Le  c  pioro-oarminate d'ammoniaque  »,  ou  picro-oarminest 

un  réactif  qui  possède  certaines  qualités  importantes.  Il  ne  nuit  guère  aux 
tissus  les  plus  délicats  ;  et,  quand  il  est  bien  préparé,  il  donne  des  colora- 
tions assez  précises.  Malheureusement  la  préparation  en  est  toujours  incer- 
taine, à  cause  de  la  difficulté  que  présentent  le  dosage  des  ingrédients  et  la 
détermination  du  point  exact  de  neutralisation.  Les  solutions  sont  passable- 
ment stables*  ;  et  les  colorations  sont  parfaitement  permanentes,  soit  dans 
le  baume,  soit  dans  la  glycérine,  à  condition  cependant  que  la  glycérine 
soit  acidulée  avec  1  p.  100  environ  d'acide  acétique,  ou  d'acide  formique  (ce 
qui  est  mieux). 

Dans  une  bonne  préparation  au  picro-carmin,  les  noyaux  doivent  être  d'un 
beau  rouge,  le  cytoplasme  orange.  On  peut  facilement  corriger  les  surcolora- 
tions ou  les  colorations  diffuses  en  lavant  à  l'acide  chlorhydrique.  On  peut 
prendre  à  cette  fm  le  mélange  d'acide  chlorhydrique  et  d'alcool  dont  on  se 
sert  pour  décolorer  les  pièces  qui  ont  été  colorées  par  le  carmin  au  borax  ; 
ou  bien  on  peut  avec  avantage  employer  un  mélange  de  glycérine  et  de  HCl 
(jusqu'à  0,5  p.  100). 

Ce  n'est  point  selon  nous  dans  la  coloration  double  que  fournit  le  picro- 
carmin  qu'il  faut  voir  la  valeur  essentielle  de  ce  réactif.  C'est  plutôt  en  ce 
qu'il  est  assez  inoffensif  pour  les  cellules,  et  en  conserve  bien  les  formes, 
tout  en  donnant  lieu  à  une  légère  macération.  11  est  souvent  fort  utile  pour 
produire  en  même  temps  la  macération  et  la  coloration.  Grâce  à  l'action 
conservatrice  de  l'acide  picrique,  on  peut  souvent  laisser  les  pièces  fort 
longtemps  dans  la  teinture  sans  inconvénient. 

J'ai  essayé  bon  nombre  des  formules  de  préparation  citées  ci-dessous. 
■  Aucune  ne  m'a  paru  avoir  des  avantages  réels  sur  les  autres. 

112.  Picro-carmin  (Ranvier,  Traité  technique  d'Histologie^  p.  100). 
—  Dans  une  solution  saturée  d'acide  picrique,  on  verse  du  carmin  dissous 
dans  l'ammoniaque,  jusqu'à  saturation;  puis  on  évapore  dans  une  étuve. 
Après  réduction  des  quatre  cinquièmes,  la  liqueur  refroidie  abandonne  un 
dépôt,  peu  riche  en  carmin,  qui  est  séparé  par  flltration.  Les  eaux  mères 

*  Il  est  cependant  bon  d'y  ajouter  un  antiseptique  pour  prévenir  le  dévelop- 
pement de  moisissures.  On  peut  employer  à  cet  effet  l'hydrate  de  chloral  (l  p.  100/, 
ou  l'acide  phénlque. 


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86  CHAPITRE    Vil 

évaporées  donnent  le  picro-carminate  solide  sous  la  iorme  d*une  poudre 
cristalline  de  la  couleur  de  Focre  rouge.  Cette  poudre  doit  se  dissoudre 
entièrement  dans  Teau  distillée  ;  une  solution  au  centième  est  la  plus  con- 
venable. 

Ce  mode  de  préparation  ne  donnant  nullement  toujours  un  produit 
constant,  Vignal  recommande  le  suivant  : 

113.  Picro-cannin.  Mode  de  préparation  employé  dans  le  laboratoire 
d*Histologie  du  Collège  de  France.  —  Nous  devons  la  formule  suivante  à 
l'obligeance  de  M.  Vignal  ; 

Eau 1,000 

Acide  picrique 20 

Carmin 10 

Ammoniaque 50 

Mettre  dans  un  flacon  bouché  et  laisser  pendant  deux  ou  trois  mois  dans 
un  endroit  chaud.  Puis  laisser  pourrir  dans  un  grand  cristallisoir;  lorsque 
le  liquide  est  évaporé  jusqu'à  ne  plus  occuper  que  les  4/5  du  volume  pri- 
mitif, enlever  les  cristaux  d'acide  picrique  qui  sont  au  fond  du  vase.  Laisser 
sécher,  puis  dissoudre  dans  un  peu  d'eau  chaude.  Filtrer  et  examiner  au 
microscope  si  le  carmjn  est  bien  dissous.  Dans  le  cas  où  il  ne  l'est  pas, 
ajouter  de  l'eau  et  de  l'ammoniaque  et  laisser  pourrir  de  nouveau  ;  puis 
refaire  la  même  opération  que  précédemment. 

Lorsque  le  carmin  est  combiné,  faire  sécher  la  liqueur  à  Tétuve  et  la 
réduire  en  poudre. 

Un  gramme  de  poudre  dissous  à  chaud  dans  100  grammes  d'eau  donne 
le  picro-carmin.  On  y  ajoute  un  petit  cristal  de  thymol  au  moment  où  l'on 
fait  dissoudre  la  poudre,  pour  éviter  le  développement  des  moisissures. 

114.  Autres  formules  pour  la  préparation  du  picro-carmin. 

Weigert,  Virchow's  Archiv.,  LXXXIV,  p.  275,  315  (très  aléatoire).  Gage, 
Am.  Mon,  Mie.  Jowm.,  1,  1880,  p.  22;  Joum,  Roy.  Mie.  Soc.^  lll,  p.  501 
(compliqué,  et  ne  m'a  pas  fourni  un  produit  soluble).  Fol,  Lehrbuch,  p.  195. 
RuTiiERFORD,  Pract.  Ilist.y  p.  173.  Mayer,  Milth,  Zool.  Stat.  Neapel,  II,  p.  20. 
Baber,  Mon.  Mie,  Jovm,^  XII,  p.  48.  Peroens,  Biologie  cellulaire  de  Carnoy, 
p.  92.  IIOYER,  BioL  Centralb.,  II,  1882,  p.  17.  Bizzozero,  Zeit.  f.  wiss.  Mik.^ 
1885,  p.  539.  Klemensiewics,  Sitzb.Akad.  Wiss.  Wien,  LXXVIII,  IgT/S,  III, 
JuNi;  Zeit.  f.  wiss.  Mik.,  I,  1884,  p.  501.  Cuccati,  ibid.,  VI,  I,  1889,  p.  42. 
(Picro-carmin  à  la  soude)  Loewentiial,  Anat.  Anz.,  II,  1887,  p.  22,  et  Zeit. 
f.  wiss.  Mik.,  X,  3,  1893,  p.  313.  Anonyme,  Joum.  Boy.  Mie.  Soc. y  1888, 
p.  518.  Squire,  Methods  and  Formulas,  etc.,  1892,  p.  35. 

115.  Carmin  au  lithium  (Ortii,  Berliner  klin.  Wochenschy  28,  1883, 
p.  421).  —  Superflu.  Macère  du  reste  considérablement  (Mayer). 

116.  Carmin  à  l'ammoniaque.  —  Je  regarde  le  carmin  à  l'ammoniaque 
dans  toutes  les  modifications  qui  ont  été  proposées  comme  entièrement 
suranné,  si  ce  n'est  pour  l'emploi  unique  de  la  coloration  des  coupes  des 
centres  nerveux  (voir  à  la  deuxième  partie),  ou  bien  de  tissus  macérés  au 
point  de  ne  plus  tolérer,  sans  se  ratatiner,  des  corps  comme  l'alun,  l'alcool, 


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CARMIN    ET   COCHENILLE  87 

etc.  (Mayer).  Voyez  au  besoin  Beale,  Hoiv  to  toùrk,  etc..  4*  éd.,  p.  109-304. 
Betz,  Arch.  f,  mik,  AnaL,  IX,  4873,  p.  Ii2.  Bôun  (pas  Bohm),  Arch.  Anal. 
K.  Phys,^  Anat,  Abth.,  1882,  p.  4.  Frey,  Le  Microscope,  p.  167.  Gierke, 
Zeit.  /*.  wiss.  Mik.y  I,  1884,  p.  76  (carmin  pourri).  Carmin  acétique  neutre 
de  Hauann.,  Intern.  Mon.  /*.  Anat.  w.  Ilist.,  I,  1884,  p.  346  ;  Zeit.  f.  wiss. 
Mik.,  Il,  1885,  p.  87.  Heidenhain,  Arch.  f.  mik.  Anat.,  VI,  1870,  p.  402. 
HoYER,  Biol.  Centralb.,  II,  1882,  p.  17.  c  Carmin  neutre  »  de  Ranvier. 
1™  édition  de  ce  traité. 


c.  Autres  solutions  aqueuses,  acides  ou  alcalines. 

117.  Carmin  acide  de  Sch-weigger-Seidel,  Traité  de  Ranvier, 
p.  99.  Carmin-borax  neutre,  Woodward,  Mon.  Mie.  Journ.,  VII,  1872,  p.  38  ; 
Am.  Quart.  Mie.  Joum.,  I,  1879,  p.  220;  Journ.  Roy.  Mie.  Soc,  II,  p.  613; 
de  Grenacher,  Arch.  f.  mik  Anat.,  XVI,  1879,  p.  466  ;  des  modifications 
de  cette  formule  par  IIaug,  Zeit.  f.  wiss.  Mik.^  VII,  2,  1890,  p.  151,  et  VIII, 
I,  1891,  p.  52;  de  Gibbes,  Journ.  Boy.  Mie.  Soc,  III,  1883,  p.  390;  de 
NiKiFOROW,  Zeit.  f.  v)iss.  Mik.,  V,  3,  1«88,  p.  337.  Carmin  à  Tacide  osmique 
de  Delage,  Arch.  de  Zool.  exp.  et  gén.,  IV.  sér.  2,  1886.  Carminroth  de 
RoLLETT,  Zei7.  f.  wiss.  Mik.,  I,  p.  91.  Carmin  soluble  de  Perls,  Zeit.  f.  wiss. 
Mik.,  I,  p.  91.  Acide  carminique,  Dimmock,  Amei\  Natural.,  XVIII,  1884, 
p.  324,  Q\.  Journ.  Roy.  Mie.  Soc,  1884,  p.  471.  Carmin  à  Tacide  borique, 
Arcangeli,  Proc  Verb.  Soc.  Tosc.  Se  Nat.,  1885,  p.  283  et  Zeit.  f.  wiss. 
Mik.,  1885,  p.  377.  Carmin  à  Tacide  salicylique,  Arcangeli,  ibid.  Carmin  h 
Tacide  picrique,  Arcangeli,  ibid.  Minot,  Methods  in  mie  Anat.  de  Whitman, 
p.  42.  Carmin  à  Turane  de  Gierke,  Zeit.  f.  wiss.  mik.,  I,  1884,  p.  92;  de 
ScHMAUS,  ibid.  VIII,  2,  189J,  p.  230.  Carmin  au  carbonate  de  soude,  Cuccati, 
ibid.,  IV,  I,  1887,  p.  50.     . 


TEINTURES    ALCOOLIQUES 

118.  Carmin  au  borax,  alcoolique  (Grenacher  ;  Arch.  f.  mik. 
Anat.,  XVI,  1879,  p.  466  et  suivante).  —  On  fait  une  solution 
concentrée  de  carmin  dans  une  solution  de  borax(carniin,  2à3p.i0i); 
borax,  4  p.  100)  *  ;  on  ajoute  un  volume  égal  d'alcool  à  70  degrés  ; 
on  laisse  reposer  ',  et  Ton  Oltre.  On  y  laisse  les  préparations  le 
temps  nécessaire  pour  qu'elles  soient  pénétrées,  et  on  les  porte,  sans 
lavage  préalable,  dans  de  l'alcool  ^  contenant  4  à  6  gouttes  d'acide 
chlorhydrique  par  100  ce.  On  les  laisse  dans  ce  liquide  jusqu'à  ce 
qu'elles  soient  bien  pénétrées*,  puis  on  les  lave  à  l'alcool  pur. 

*  Faire  bouillir  pendant  une  demi-heure  ou  plus  (Mayer). 
■  Vingt-quatre  heures  (Mayer). 

'  A  70  p.  100  ;  cela  est  absolument  nécessaire  (Mayer). 

*  Celte  indication  n'accorde  pas  assez  de  temps  à  la  difTérenciation  ;  il  faut 
parfois  des  jours  entiers  (Mayer). 


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88  CHAPITRE   VII 

La  proportion  d'alcool  contenue  dans  cette  solution  suffit  pour  la 
bonne  conservation  de  tous  les  objets  qui  ne  sont  pas  très  délicats  et 
qui  ne  demandent  pas  une  immersion  très  prolongée  pour  être 
imbibés.  Pour  les  objets  qui  demandent  par  exemple  une  immersion 
de  plusieurs  jours  au  lieu  de  quelques  heures,  il  y  a  utilité  à 
augmenter  la  dose  d'alcool.  Nous  trouvons  même,  pour  notre  part, 
que  les  solutions  plus  alcooliques  sont,  dans  la  plupart  des  cas,  pré- 
férables à  la  solution  ordinaire;  la  conservation  des  cellules  est 
souvent  sensiblement  meilleure,  la  solution  étant  en  même  temps 
plus  neutre  et  moins  aqueuse  ;  et  nous  croyons  que  la  coloration  est 
plus  précise  et  plus  facile  à  contrôler.  On  peut  ajouter  de  Talcool 
visqu*à  concurrence  de  50  p.  100  ;  en  tout  cas  pas  au  delà  de  60p.  100 
(Mayer). 

Pour  la  décoloration,  nous  nous  servons  d'une  solution  d'acide 
chlorhydrique  encore  plus  étendue,  que  nous  avons  appris  à  con- 
naître dans  le  Laboratoire  de  Morphologie  de  l'Université  de  Genève  ; 
à  savoir,  33  gouttes  d'acide  par  litre  d'alcool.  On- y  laisse  les  objets 
jusqu'à  ce  qu'ils  présentent  une  certaine  transparence  et  un  certain 
aspect  brillant  qui  indiquent  que  les  tissus  sont  suffisamment  décolo- 
rés et  la  couleur  fixée  dans  les  noyaux. 

Ce  carmin  peut  servir  à  colorer  des  objets  qui  ont  été  fixés  dans  le 
mélanjge  de  Flemming,  à  condition  qu'ils  aient  été  bien  lavés. 

Il  est  certainement  l'une  des  plus  importantes  de  toutes  les  tein- 
tures histologiques.  Tous  les  observateurs  sont  d'accord  pour  recon- 
naître à  quel  point  il  est  d'iXn  emploi  commode. 

Les  colorations  sont  parfaitement  stables  dans  tous  les  milieux 
conservateurs  *. 

119.  Paracarmin  (Mayer,  Mitth.  Zool.Stat.  Neapel,  X,  3, 1894, 
p.  491).  —  Acide  carminique,  1  gr.  ;  chlorure  d'aluminium,  0,  5  gr.  ; 
chlorure  de  calcium,  4  gr.  ;  alcool,  70  p.  100  à  100  ce.  Faire  dissoudre 
au  froid  ou  à  l'aide  delà  chaleur,  laisser  déposer,  et  filtrer.  Liquide 
d'un  rouge  clair,  très  propre  aux  colorations  en  masse  ;  c'est  la  tein- 
ture qui  se  rapproche  le  plus  du  carmin  au  borax  alcoolique  de 
Grenacher. 

Les  tissus  à  colorer  ne  doivent  pas  avoir  une  réaction  alcaline*. 
Après  coloration,  les  coupes  (ou  les  objets  destinés  à  être  débités  en 
coupes)  doivent  être  lavées  à  l'alcool  pur  à  70  p.  100.  Les  objets  desli- 

1  Le  seraient-elles  dans  la  glycérine  ?  (Mayer.) 

s  Ni  contenir  beaucoup  de  carbonate  de  chaux  (spicules  ou  portions  squelet* 
tiques  calcaires  des  Coraux,  etc.),  qui  donnerait  lieu  à  des  précipités.  (Mayer.) 


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CARMIN    ET   COCHENILLE  89 

nés  à  être  montés  entiers  peuvent  être  lavés  dans  une  solution  faible 
de  chlorure  d'aluminium  dans  Talcool  ;  ou,  si  cela  ne  suffit  pas,  avec 
de  Tacide  acétique  (à  8  p,  100  si  pn  prend  Tacide  ordinaire,  2,  8  p.  100 
si  Ton  prend  l'acide  cristallisable)  dans  Talcool. 

Coloration  nucléaire,  rouge,  mais  d'un  rouge  moins  éclatant  que 
celui  du  carmin  au  borax.  Cette  teinture  possède  les  points  suivants 
de  supériorité  sur  le  carmin  au  borax.  Elle  n'est  pas  alcaline,  ce  qui 
fait  qu'elle  est  plus  inolîensive  au  point  de  vue  de  la  conservation  des 
tissus  ;  elle  est  plus  fortement  alcoolisée,  ce  qui  fait  qu'elle  a  plus  de 
pénétration  ;  elle  n'a  pas  cette  tendance  qu'a  le  carmin  au  borax  de 
former  des  précipités  granuleux  à  l'intérieur  de  certains  objets  et 
elle  se  conserve  parfaitement  sans  précipiter.  Il  me  semble  pour  ma 
part  que  c'est  un  réactif  plus  fin  que  le  carmin  borax,  qui  a  certaine- 
ment ses  qualités  brillantes,  mais  qui  est  comparativement  un  peu 
brutal. 

120.  Teintura  de  cochenille  de  Mayer,  nouvelle  formule  (Mitth, 
ZooL  Stat.  Neapel,  X,  3,  1892,  p.  498).  —  Cochenille,  5  gr.  ;  chlorure  de 
calcium,  5  gr.  ;  chlorure  d'aluminium,  0,5  gr.  ;  acide  nitrique  (d'une  densité 
de  1,20),  8  gouttes;  alcool  à  50  p.  100, 100  ce.  On  pulvérise  finement  la  coche- 
nille et  on  la  broyé  intimement  avec  les  sels  en  nature,  on  ajoute  Talcool 
et  Tacide,  on  chauffe  à  rébullition,  on  laisse  refroidir,  on  laisse  le  tout 
pendant  quelques  jours  en  agitant  fréquemment,  et  Ton  filtre. 

Les  objets  doivent  être  saturés  d*alcool  à  50  p.  100  avant  la  coloration, 
et  c'est  dans  de  Talcool  de  ce  titre  qu'il  faut  les  laver  ensuite. 

Coloration  assez  semblable  à  celle  du  Paracarmin,  mais  ni  aussi  énergique 
ni  aussi  élective.  Mayer  propose  cette  teinture  seulement  comme  succédané  du 
Paracarmin.  ' 

Ce  liquide  est  contre-indiqué  pour  des  tissus  contenant  des  éléments  cal- 
caires. 

121.  Teinture  de  cochenille  de  Mayer,  ancienne  formule.  (Paul 
Mayer,  Mitth.  Zool.  Stat.  Neapel,  II,  1881,  p.  14.)  —  On  fait  macérer  de  la 
cochenille  en  poudre  pendant  plusieurs  jours  dans  de  Talcool  à  70  degrés. 
Il  faut  prendre  environ  8  à  10  ce.  d'alcool  pour  chaque  gramme  de  coche- 
nille, remuer  fréquemment,  puis  filtrer. 

Les  objets  à  colorer  doivent  être  imbibés  d'alcool  du  même  titre  que 
celui  qui  a  servi  à  faire  la  solution  ;  et  il  faut  avoir  soin  d'employer  tou- 
jours de  l'alcool  de  ce  titre  pour  le  lavage  des  objets  ou  pour  diluer  la 
solution  elle-même. 

Il  est  très  important  de  bien  débarrasser  les  objets  d'acide  avant  de  les 
colorer.  Si  l'on  néglige  cette  précaution,  on  n'obtient  que  des  colorations 
diffuses.  Les  objets  préparés  à  l'acide  osmiqne  ne  se  colorent  que  faiblement, 
à  moins  qu'on  ne  les  ait  préalablement  blanchis.  Les  objets  préparés  à 
l'acide  chromique  se  colorent  bien,  encore  mieux  ceux  qui  ont  été  fixés 
par  un  liquide  picrique  ou  par  l'alcool  absolu. 

Les  colorations  excessives  ont  très  rarement  lieu.  On  peut  les  corriger 


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90  CHAPITRE   VII 

par  de  Talcool  acidulé  avec  1  p.  100  d'acide  acétique  ou  1  p.  100  d'acide 
chlorhydrique. 

Nous  avons  indiqué  plus  haut  (n<>  101)  les  raisons  pour  lesquelles  cette 
teinture  ne  fournit  des  colorations  parfaitement  réussies  qu'avec  certains 
objets.  Pour  ces  motifs  Mayer  lui-même  parait  disposé  à  l'abandonner 
entièrement  en  faveur  de  la  nouvelle  formule.  Je  l'ai  conservée  ici  parce 
qu'il  me  semble  toujours  que  c'est  un  réactif  qu'il  est  bon  de  connaître. 
Pour  celui  qui  étudie  l'histologie  des  Arthropodes,  j'estime  que  c'est  un 
réactif  indispensable.  La  nouvelle  formule  donne  un  liquide,  qui  pour  bien 
des  objets  est  insuffisamment  alcoolique.  Ajoutons  que  l'ancienne  teinture 
est  à  réaction  neutre  et  peut  être  employée  avec  des  objets  calcaires.  Quoi 
de  meilleur,  par  exemple,  pour  préparer  un  Pluteus  ? 

122.  Carmin  à  Tacide  chlorhydrique,  alcoolique.  —  Ce  carmin 
est  assez  important.  Seul  il  permet  d'obtenir  une  coloration  à  la  fois  éner- 
gique et  rapide,  par  le  moyen  de  solutions  faites  avec  de  Valcool  très  fort, 
jusqu'à  l'alcool  absolu.  Gela  est  précieux  pour  la  coloration  en  masse  d'ob- 
jets très  difficilement  pénétrables  (pièces  protégées  par  la  chitine).  Ces 
solutions  ont  sur  le  carmin  au  borax  l'avantage  de  contenir  incomparable- 
ment plus  de  carmin  dans  l'alcool  fort.  On  les  emploie  comme  le  carmin 
au  borax,  en  opérant  la  décoloration  avec  le  même  alcool  acidulé ' d'acide 
chlorhydrique.  Cependant,  avec  une  solution  heureusement  combinée,  on 
peut  obtenir  de  prime  abord  des  colorations  électives  qui  n'ont  pas  besoin 
de  décoloration.  Les  colorations  sont  permanentes  dans  tous  les  milieux 
conservateurs. 

a.  Formule  de  Grenaciier  (Arch.  f.  mik.  Anat,,  XVI,  1879,  p.  468).  — 
Demande  le  plus  souvent  des  opérations  ennuyeuses  de  neutralisation. 

b.  Formule  de  Paul  Mayer  (Garbini,  Manuale  per  la  Technica  modema 
del  microscopio,  p.  46).  —  Mayer  prend  100  grammes  d'alcool  absolu  (ou 
d'un  titre  plus  faible),  il  ajoute  1  ou  2  gouttes  d'acide  chlorhydrique,  et  du 
carmin  à  saturation.  Il  faut  faire  bouillir  jusqu'à  ce  que  l'on  obtienne  une 
solution  claire. 

D'après  notre  expérience,  celle-ci  est  la  manière  la  plus  sûre  de  préparer 
le  carmin  à  l'acide  chlorhydrique.  Il  est  à  remarquer  qu'il  doit  toujours 
rester  un  excès  de  carmin  dans  la  solution.  Bien  préparé,  ce  carmin  doit 
donner  une  coloration  parfaitement  nucléaire,  sans  décoloration  par  l'HCl. 

c.  Ancienne  formule  de  P.  Mayer  {Mitth.  ZooL  Stat.  Neapd,  IV,  1883, 
p.  521). 

d.  Formule  plus  récente  de  P.  Mayer  (Intern.  Monalschr.  f,  Anat.  w. 
Phys,^  IV,  1887,  p.  43).  -—  Carmin,  4  grammes  ;  eau,  15  ce.  ;  acide  chlorhy- 
drique, 30  gouttes.  Faire  bouillir  jusqu'à  dissolution  du  carmin,  ajouter 
95  ce.  d'alcool  à  85  p.  100,  et  neutraliser  en  ajoutant  de  l'ammoniaque  jus- 
qu'à ce  que  le  carmin  commence  à  se  déposer. 

Celte  solution  donne  toujours  des  colorations  diffuses;  pour  les  rendre 
électives,  il  faut  décolorer  par  l'IICl. 

e.  Formule  de  Brass  (ZexL  f,  wiss.  Mik.,  II,  1885,  p.  303. 

Il  convient  d'observer  que  si  l'on  désire  diluer  l'une  ou  l'autre  de  ces 
solutions,  il  ne  faut  pas  employer  à  cet  effet  de  l'eau,  mais  de  l'alcool  du 
même  titre  que  celui  qui  a  servi  à  faire  la  solution. 


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CARMIN    ET   COCHENILLE 


91 


123.  Antres  carmins  alcooliqnes.  —  Nous  ne  citons  que  pour  mé- 
moire les  solutions  suivantes,  qui  sont  toutes  mauvaises  ou  superflues.  Car- 
mixl lilas  au  borax  (TmERscu,Arch.  /*.  mik.  Anat.,  1, 1865,  p.  150).  Car- 
min picroboraté  (Dutilleul,  Bull,  scient,  dép.  Nordy  XVI,  1885,  p.  371). 
Carmin  sulfurique,  alcoolique  (Hoyer;  Arch.  f.  mik.  Anal.,  XIII, 
1876,  p.  650).  Carmin  à  Tacide  borique,  alcoolique  (Francotte; 
Bull.  Soc.  Belge  micr.,  1886,  p.  48). 


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CHAPITRE  VIII 

HÉMATOXYLINE  (HÉMATÉINE) 
ET  AUTRES  COLORANTS  VÉGÉTAUX 


124.  Théorie  des  teintures  à  rhématéine  ou  à  l'hématoxy- 
line.  —  Il  paraît  maintenant  parfaitement  établi  (Nietzki,  Chemie 
der  organischen  Farbsloffe,  1889,  p.  215)  que  le  principe  colorant 
des  teintures  d'hématoxyline  n'est  pas  autre  chose  que  Vhématéine. 
De  plus,  il  faut  également  admettre  que  Thématéine  des  solutions 
histologiques  usuelles  est  un  produit  de  Toxydation  (par  le  moyen  de 
Tair)  de  leur  hématoxyline  originelle  (Mayer,  Ueber  das  Fàrhen  mit 
Haetnatoxlin,  dans  Mitth,  Zool.  Stat.  Neapel,  X,  i,  1891 ,  p.  170-186; 
puis  Unna,  Ueber  die  Reifung  unserer  Farbstolfe,  dans  Zeit.  f.  wiss. 
Mik.,  VIII,  IV,  1892,  p.  483).  Le  changement  produit  dans  les  solu- 
tions par  cette  oxydation  a  été  connu  des  histologistes  depuis  long- 
temps sous  le  nom  de  c  maturation  »  des  solutions;  on  se  rendait 
bien  compte  que,  jusqu'à  ce  qu'il  se  fût  produit,  les  solutions  n'étaient 
pas  en  état  de  fournir  des  colorations  ayant  les  qualités  désirées. 

Pour  réaliser  la  c  maturation  »  voulue,  les  histologistes  se  fiaient 
jadis  (d'après  une  tradition  tout  empirique  et  indépendante  de  toute 
théorique  chimique)  à  l'absorption  spontanée  de  l'oxygène  de  l'air 
par  les  solutions  d'hématoxyline.  Nous  devons  à  Mayer  et  à  Unna  la 
découverte  importante  qu'il  n'y  a  rien  de  plus  facile  que  de  réaliser 
cette  réaction  d'une  manière  artificielle.  Il  suffit,  par  exemple, 
d'ajouter  à  une  solution  alunique  d'hématoxyline  une  faible  quantité 
de  solution  neutralisée  de  peroxyde  d'hydrogène.  La  solution  héma- 
toxylique  c  mûrit  >  instantanément,  virant  à  un  bleu  foncé,  et  se 
trouve  dès  l'instant  dans  l'état  de  maturité  voulue  pour  les  colorations. 

Il  faut  donc  admettre  que  ï hénialéine  est  toujours  l'élément  essen- 
tiel par  excellence  de  nos  solutions.  Faut-il  également  admettre  que 


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uématoxylim:  et  autres  colorants  végétaux  93 

cet  élément  seul  sufQrait  ?  Les  recherches  de  Mayer  {loc.  cit.)  ont 
démontré  qu'il  ne  sufGrait  pas.  Une  solution  d'hématéine  pure  et 
libre  ne  fournirait  pas  une  coloration  élective  semblable  à  nos  colo- 
rations histologiques  ;  elle  ne  saurait  fournir  au  plus  qu'une  teinture 
plate  et  confuse  de  tous  les  éléments,  teinture  faible  et  sans  relief  et 
par  conséquent  pas  du  tout  bonne.  Si  nous  faisons  abstraction  pour 
le  moment  de  certains  procédés  de  coloration  au  moyen  des  laques 
chromiques  ou  ferriques  d'hématoxyline  (Weigert,  Heidenuain),  nous 
trouvons  que  les  teintures  histologiques  usuelles  se  font  toutes  au 
moyen  de  solutions  contenant  de  Valun.  Mayer  a  conclu  que  le  prin- 
cipe actif  de  ces  solutions  est  un  composé  d'hématéine  et  d'alumine, 
un  véritable  sel. 

Il  suppose  que  ce  sel  se  laisse  précipiter  au  sein  des  tissus  (surtout 
dans  les  noyaux),  par  certains  sels  organiques  et  inorganiques  des 
tissus  (des  phosphates,  par  exemple)  ;  peut-être  aussi  par  d'autres 
corps  organiques  appartenant  au?c  tissus.  Nous  savons  que  ces  sels 
existent  dans  les  tissus  vivants.  Par  nos  procédés  de  «  fixation  » 
histologique,  ils  y  sont  fixés,  soit  dans  leur  état  chimique  originel, 
comme  cela  doit  arriver  lors  de  la  fixation  par  un  agent  neutre  comme 
l'alcool  ;  ou  bien  sous  forme  de  nouveaux  composés  formés  par  la 
combinaison  de  ces  sels  avec  l'agent  fixateur  lui-même,  comme  ce 
serait  le  cas,  par  exemple,  pour  le  sublimé. 

Il  y  a  donc  dans  ces  solutions  à  côté  de  l'hématéine  un  autre  fac- 
teur essentiel,  Valumine  ,  à  laquelle  peuvent  s'ajouter  certains  autres 
corps  qui  peuvent  jouer  un  rôle  secondaire  dans  la  coloration,  comme 
par  exemple  le  chlorure  de  calcium  dans  la  solution  de  Kleinenberg. 
En  un  mot,  il  y  a,  comme  nous  l'avons  fait  remarquer  au  numéro  100, 
un  parallélisme  étroit  entre  les  teintures  à  l'hématéine  et  les  teintures 
au  carmin.  Ces  principes  étant  admis,  il  suit  que  la  première  préoccu- 
pation de  l'histologiste  qui  travaille  avec  des  teintures  à  base  d'héma- 
toxyline  doit  être  de  réaliser  la  conversion  de  l'hématoxyline  de  ses 
solutions  en  hématéine,  afin  d'obtenir  la  formation  de  la  laque  alumi- 
niquc  d'hématéine  désirée.  S'il  se  contente  de  laisser  l'oxydation  se 
faire  par  le  procédé  anciennement  usité  de  c  maturation  >  des  solu- 
tions par  l'action  de  l'air,  il  surgit  des  inconvénients.  En  premier  lieu, 
la  maturation  spontanée  est  fort  longue  ;  elle  exige  des  semaines,  sou- 
vent même  des  mois.  Ensuite,  le  processus  d'oxydation  ainsi  mis  en 
jeu  ne  s'arrête  pas  au  moment  voulu,  c'est-à-dire  aussitôt  que  l'héma- 
toxyline a  été  convertie  en  hématéine.  Il  continue,  et  l'hématéine 
iormée  subit  à  son  tour  une  oxydation  ultérieure  qui  la  convertit  en 
des  composés  incolores  ;  la  solution  devient  trop  muret  et  commence 


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94  CHAPITRE    VIII 

à  précipiter.  Une  telle  solution  est  donc  en  réalité  un  mélange,  dans 
des  proportions  toujours  changeantes,  d'éléments  pas  mûrs,  d'élé- 
ments mûrs  et  d'éléments  trop  mûrs.  Les  premiers  et  les  derniers  de 
ces  éléments  sont  sans  effet  pour  la  teinture  ;  et  en  conséquence  la 
puissance  colorante  de  la  solution  est  très  inconstante. 

Cet  inconvénient  ne  se  laisse  éliminer  que  très  imparfaitement 
par  les  anciennes  méthodes^  Maintenant,  grâce  aux  importantes 
recherches  de  Mayer  et  d'UNNA,  un  grand  progrès  a  été  réalisé. 

Le  point  essentiel  des  résultats  de  Mayer,  c'est  qu'il  faut  prendre 
pour  base  des  solutions  colorantes,  non  Thématoxyline  mais  l'héma- 
téine.  Nous  sommes  ainsi  soulagés  du  coup  de  l'obligation  de  la 
maturation  ennuyeuse  et  aléatoire  des  solutions  par  l'air,. d'après  la 
vieille  méthode.  Nous  avons  d'emblée  une  solution  mûre.  Et  pour 
empêcher  la  surmaturation  spontanée  de  cette  solution,  nous  avons 
une  méthode  très  simple  d'UNNA,  dont  il  sera  question  tout  à  l'heure. 

125.  De  rhématéine  (Mayer,  loc.  cit.).  —  L'hématéine  en  subs- 
tance est  une  masse  d'un  vert  foncé,  rouge  à  la  lumière  transmise, 
qui  se  résout  si  on  la  bi*oye  en  une  poudre  brune.  Elle  se  dissout 
entièrement,  quoique  non  sans  peine,  dans  Teau  distillée  et  dans 
l'alcool,  en  donnant  une  solution  d'un  brun  jaunâtre  qui  ne  se  trouble 
pas  par  l'addition  d'acide  acétique.  Avec  les  alcalis  elle  donne  des 
solutions  d'un  violet  bleu. 

L'hématéine  se  trouve  aujourd'hui  dans  le  commerce  ;  mais  Mayer 
n'a  pu  se  la  procurer  pure  que  chez  Geigy  and  G^,  à  Bâle.  Heureuse- 
ment il  se  trouve  aussi  dans  le  commerce  un  composé  ammoniacal 
d'hématéine,  c'est  YMaernatein-Ammoniak,  ou  hémaiéate  iTainmo- 
niaque  connu  aussi  sous  le  nom  de  haemateinum  crystallisatum.  On 
trouve  ce  produit,  d'une  pureté  sufOsante,  chez  E.  Merck,  à  Darms- 
tadt.  Ce  composé  est  plus  facilement  soluble  dans  l'eau  et  dans  l'al- 
cool que  ne  l'est  l'hématéine,  et  sert  tout  aussi  bien  pour  les  tein- 
tures. On  peut  du  reste  très  facilement  se  le  préparer  soi-même,  ce 
qui  se  fait  de  la  manière  suivante. 

126.  Hématéate  d'ammoniaque  (Mayer,  ibid.).  —  On  fait 
dissoudre  à  l'aide  de  la  chaleur  1  gramme  d'hématoxyline  dans 
20  ce.  d'eau  distillée  et  l'on  filtre  s'il  y  a  lieu.  On  ajoute  1  ce.  d'am- 
moniaque caustique  (d'une  densité  de  08'^,875)  et  l'on  porte  le  liquide 
pourpre  qu'on  a  ainsi  obtenu  dans  une  capsule  de  telles  dimensions 
que  le  fond  n'en  soit  pas  couvert  à  plus  d'un  demi-centimètre  de  pro* 
fondeur.  On  laisse  évaporer  à  la  température  de  l'air  et  à  l'abri  de  la 


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HÉMATOXYLINE    ET   AUTRES    COLORANTS   VÉGÉTAUX  95 

poussière.  On  doit  recueillir  en  hématéate  d'ammoniaque  une  quan- 
tité approximativement  égale  à  celle  de  l'hématoxyline  employée.  Il 
ne  faut  pas  activer  Tévaporation  par  la  chaleur,  car  cela  pourrait 
provoquer  la  formation  de  composés  insolubles  dans  Talcool.  Le 
produit  ne  doit  pas  être  touché  par  des  instruments  d'une  substance 
autre  que  le  verre,  la  porcelaine  ou  le  platine,  jusqu'à  ce  qu'il  soit 
devenu  parfaitement  sec. 

Nous  donnons  plus  loin  les  formules  de  Mayer  pour  la  préparation 
de  teintures  au  moyen  d'hématéine  ou  d*hématéate  d'ammoniaque  ; 
mais  avant  de  le  faire,  nous  décrirons  la  méthode  d'UNNA  pour  la  con- 
servation de  solutions  d'hématéine.  (Sa  méthode  d*oxydation  par  le 
peroxyde  d'hydrogène  n'est  rien  moins  que  pratique,  et  nous  la  sup- 
primons.) 

127.  Solution  mi-mûre  et  constante  d'Unna  {Zeit.  f.  wiss.  Mik,, 
VIII,  4, 1892,  p.  483).  —  Unna  a  cherché  le  moyen  d'arrêter  au  point  voulu  ce 
processus  d'oxydation  continue  et  spontanée  qui,  comme  nous  l'avons  dit, 
conduit  rapidement  à  un  étal  de  maturité  excessive.  Et  il  a  trouvé  le  moyen 
de  l'arrêter  à  une  étape  quelconque,  de  manière  à  produire  une  solution 
mi-mûre  constante.  On  arrive  à  ce  résultat  par  le  simple  moyen  d'addition- 
ner la  solution  d'un  agent  réducteur»  Unna  recommande  la  formule  sui- 
vante : 

Uématoiyline 1 

Alun 10 

Alcool 100 

Eau 200 

Soufre  sublimé 2 

'  En  ajoutant  le  soufre  à  la  solution  hématoxylique  au  moment  où  celle-ci 
est  devenue  assez  fortement  bleuie,  par  exemple,  après  avoir  attendu  deux 
ou  trois  jours,  on  fixe  le  degré  d*oxydation  que  la  solution  a  atteint  à  ce 
moment.  On  peut  alors  employer  la  solution  telle  quelle  pour  la  teinture. 
Elle  ne  donnera  pas  en  cet  état  une  coloration  aussi  énergique  et  aussi 
précise  qu'une  solution  rendue  totalement  mûre  par  le  peroxyde  d'hydro- 
gène; mais  on  aura  l'avantage  d'avoir  une  coloration  qui  ne  demandera  pas 
de  décoloration  subséquente  par  des  acides. 

Je  pense  qu'il  est  bon  de  connaître  ce  procédé,  qui  peut  avoir  son  utilité 
dans  certafns  cas  qui  peuvent  se  présenter.  Mais  je  pense  qu'il  ne  saurait 
prétendre  à  être  mis  sur  le  même  rang  que  les  méthodes  de  Mayer. 

128.  Caractères  des  teintures  à  l'hématéine  (soit  hémato- 
zyline).  — Les  solutions  aluminiques  d'hématéine  (soit  hématoxyline, 
nous  avons  suftisamment  expliqué  que  les  soi-disant  teintures  à  Thé- 
matoxyline  sont  en  réalité  des  teintures  à  l'hématéine)  colorent  en 
divers  tons  de  bleu  ou  de  violet  rougeâtre  selon  la  réaction  de  la  solu* 
tion  employée.  Les  solutions  neutres  ou  alcalines  colorent  en  bleu  pur  ; 


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96  CHAPITRE   VllI 

les  solutions  acides  donnent  un  ton  rougeâlre.  Pour  faire  virer  au 
bleu  le  ton  rouge  produit  par  les  solutions  acides,  c*est  une  pratique 
assez  générale  de  traiter  les  préparations  par  de  Tammoniaque  très 
diluée.  Cette  pratique  repose  sur  la  croyance  que  le  virage  au  bleu 
serait  TelTet  de  la  neutralisation  par  Tammoniaque  de  Tacide  qui 
aurait  été  la  cause  du  ton  rouge.  Il  est  des  motifs  pour  croire  que 
cette  croyance  est  erronée.  Squire  [Methods  and  Formulae^  etc.,  4892, 
p.  22)  a  démontré  que  des  tissus  colorés  par  la  solution  acide 
d'Ehrlich  peuvent  être  bleuis  par  Teau  distillée  parfaitement  pure  et 
ne  contenant  pas  même  une  trace  d'ammoniaque.  Squire  admet  cepen- 
dant que  le  virage  est  activé  par  la  présence  dans  l'eau  d'une  trace 
d'un  alcali;  ce  qui  explique  la  pratique,  également  très  répandue, 
qui  consiste  à  bleuir  les  préparations  en  les  lavant  pendant  un  temps 
suffisant  (qui  peut  être  jusqu'à  plusieurs  heures)  dans  de  l'eau  de 
source,  qui  est  généralement  chargée  d'une  quantité  suffisante  de  car- 
bonate de  chaux  ou  autres  corps  basiques.  Mayer  donne  une  autre 
explication  de  la  réaction.  L'ammoniaque  n'agirait  pas  en  neutrali- 
sant l'acide,  mais  en  précipitant  l'alumine  combinée  à  i'hématéine. 
S'il  n'y  avait  pas  d'alumine  enjeu,  l'ammoniaque  produirait  un  virage 
au  violet,  non  au  bleu. 

En  tout  cas,  ce  qu'il  importe  de  retenir,  c'est  qu'on  peut  le  plus 
souvent  arriver  au  but  par  la  simple  eau  de  source,  et  qu'on  y  arrive 
avec  une  entière  certitude  par  une  solution  de  bicarbonate  de  soude, 
ou  d'acétate  de  soude  ou  de  potasse.  C'est  ce  dernier  qui  est  le  plus 
inoffensif  (Mayer).  (Le  virage  de  coupes  peut  être  obtenu  en  quelques 
minutes  en  les  traitant  par  une  solution  à  1  p.  dOOO  de  bicarbonate 
de  soude  dans  l'eau  distillée  (Squire,  L  c).  (Voyez  aussi  Hœmacal- 
ciurriy  n^  139.)  Et  c'est  bien  là  la  marche  à  préférer,  car  l'ammo- 
niaque n'est  certes  pas  un  réactif  inoffensif  pour  les  éléments  histo- 
logiques  délicats.  Naturellement  toute  cette  question  de  virage  est 
à  distinguer  de  celle  de  la  nécessité  qu'il  peut  y  avoir  de  neutraliser 
par  un  alcali  des  tissus  qui  ont  été  traités  par  un  acide  pour  corriger 
une  sur-coloration.  Dans  ce  cas  la  neutralisation  peut  être  indiquée 
dans  l'intérêt  de  la  permanence  de  la  coloration. 

D'après  Watney  (PhiL  Trans.,  1882,  p.  1075;  Krause,  Intern.  Zeit.  f, 
Anat.  u,  Hist.^  I,  p.  154),  nous  citons  d'après  Max  Flesch,  Zeit,  f.  wiss. 
Mik.^  1885,  p.  353),  on  obtient  un  bleu  ialense  si  l'oa  emploie  des  teintures 
faites  avec  de  l'alun  fraîchement  préparé;  tandis  qu'on  obtient  un  ton  rouge 
si  l'on  emploie  de  l'alun  vieux  dans  lequel  il  s'est  développé  de  l'acide 
libre,  comme  cela  arrive  presque  toujours  pour  l'alun  longtemps  conservé. 
On  obtient  cette  réaction  surtout  avec  les  solutions  dans  lesquelles  la  pro- 
portion d'alun  est  moindre  que  le  tiers  de  l'extrait  de  bois  de  Gampéche 


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HÉMATOXYLINE   ET   AUTRES    COLORANTS    VÉGÉTAUX  97 

employé.  Les  solutions  rouges  colorent  le  tissu  conjonctif  et  le  protoplasma 
de  ses  cellules,  de  même  que  les  granules  des  cellules  à  granulations 
(«  Plasmazellen  »)  ;  tandis  que  les  solutions  bleues  présentent  une  affinité 
spéciale  pour  la  mucineet  pour  presque  toutes  les  sortes  de  noyaux. 

Or,  Langhans  (d'après  Max  Flesch,  loc.  cit.)  a  découvert  qu'on  peut 
obtenir  ces  deux  réactions  électives  avec  une  seule  solution.  Il  sufOt  pour 
cela  de  colorer  par  Thématoxyline  de  Delafield  et  après  avoir  monté  les 
préparations  au  baume,  de  les  exposer  pendant  un  temps  prolongé  à  la 
lumière.  (Les  préparations  à  la  glycérine  ne  fournissent  pas  cette  réaction.) 

Aucune  des  anciennes  solutions  préparées  avec  Vhématoxyline 
n'est  parfaitement  stable  (ni  du  reste  le  Hémalun  non  plus)  comme 
nous  Tavons  suffisamment  expliqué  plus  haut;  tout  au  plus  en  trou- 
verait-on une  ou  deux  qui  soient  un  peu  tolérables  à  cet  égard  (celle 
d'Ehrlich  cependant  se  maintient  très  bien)  (Mayer). 

Les  teintures  hématoxyliques  à  laque  alunique  passent  pour  être 
des  colorants  nucléaires.  Elles  le  sont  en  ce  sens  qu'elles  ont  une 
affinité  énergique  pour  la  chromatine  des  noyaux.  Mais  elles  ont 
aussi  des  affinités  très  marquées  pour  bien  des  éléments  de  la  cellule 
en  dehors  du  noyau.  Elles  ne  fourniront  donc  des  élections  pures  de 
la  chromatine  que  moyennant  les  précautions  voulues,  teinture  pas 
trop  prolongée,  ou  bien  lente,  mais  faite  dans  des  solutions  très 
diluées.  Avec  la  plupart  de  ces  solutions  les  colorations  excessives 
s'établissent  avec  la  plus  grande  facilité.  On  les  corrige  par  des  lavages 
prolongés  dans  de  la  solution  d'alun  (d'une  concentration  de  0,8  à 
1  p.  100  par  exemple),  mais  cela  demande  le  plus  souvent  beaucoup 
de  patience.  On  arrive  plus  vite  au  but  en  employant  un  acide  quel- 
conque, par  exemple,  l'acide  chlorhydrique  (de  0,1  à  0,2  ou  même 
0,5  p.  100).  Après  ces  lavages,  pour  assurer  la  permanence  de  la  tein- 
ture, il  faut  neutraliser  les  tissus  avec  un  alcali  (voyez  plus  haut  ce 
qui  a  été  dit  à  propos  du  bleuissage  de  la  coloration). 

Le  bicarbonate  de  soude  à  0,1  p.  100  sert  bien  pour  ces  neutralisa- 
tions. Si  l'on  désire  employer  ce  sel  en  solution  alcoolique,  on  peut 
procéder  comme  l'indique  von  Wistinguausen  (Mitth,  Stat.  ZooL 
Neapel,  X,  1891,  p.  41  ;  Zeit.f.  wiss.  Mik.,  X,  4,1893,  p.  480).  On  fait 
dissoudre  du  bicarbonate  de  soude  à  l'aide  de  la  chaleur  dans  de 
l'alcool  à  70  p.  100  (il  s'en  dissout  très  peu),  et  l'on  filtre  après  refroi- 
dissement. Pour  les  lavages,  on  ajoute  3  à  S  gouttes  de  la  solution  à 
un  verre  de  montre  d'alcool  à  70  p.  100. 

Il  faut  user  de  précautions  sérieuses  pour  assurer  la  permanence 
de  la  coloration.  Si  l'on  a  employé  des  acides,  il  faut  les  enlever  com- 
plètement ou  les  neutraliser  avec  le  plus  grand  soin.  La  plupart  des 
teintures  donnent  des  colorations  qui  se  conservent  mieux  dans  le 

ANAT.  mCROSC.  7 


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n 


CHAPITRE  VIII 


baume  que  dans  les  milieux  aqueux.  Mayer  trouve  que  ses  prépara- 
tions à  l'hématéine  se  sont  bien  conservées  tant  dans  des  milieux 
aqueux  que  dans  le  baume  (voyez  plus  loin). 

Les  nouvelles  teintures  à  base  dhématéine  sont  en  grande  partie 
exemptes  des  inconvénients  que  nous  venons  d'énumérer. 

129.  Emploi.  —  Ces  teintures  servent  à  des  besognes  très  variées, 
il  en  est  une  pour  laquelle  elles  sont  à  peu  près  indispensables,  c'est 
la  coloration  en  masse  d'objets  qui  ont  été  fortement  fixés  dans  des 
liquides  chromiques  ou  osmiques.  Pour  ces  cas,  l'hématéine  peut 
réussir  là  où  tout  autre  colorant  échouerait.  Elle  rend  aussi  de  grands 
services  pour  certaines  recherches  spéciales,  telles  que  l'étude  du  Ne- 
benkern  et  de  la  figure  achromatique  de  la  division  mitosique,  agissant 
en  ces  cas  comme  colorant  plasmatique.  Elle  fournit  aussi  des  colora- 
tions spécifiques  et  très  importantes  d'éléments  nerveux  (voir  à  la 
Deuxième  Partie).  Bien  des  histologistes  s*en  servent  à  titre  de  colorant 
normal  pour  leurs  coupes.  On  peut  admettre  que  depuis  que  les  tra- 
vaux de  Mayer  et  d'autres  nous  ont  mis  à  même  de  régler  d'une  manière 
scientifiquQ  l'emploi  de  l'hématéine,  cette  pratique  est  justifiable. 

Pour  les  coupes  je  recommande  beaucoup,  outre  l'Hémalun  de 
Mayer  le  procédé  à  la  laque  d'alun  de  fer  de  M.  Heidenhain,  qui  m'a 
donné  des  résultats  superbes  et  est  en  somme  assez  facile  à  exécuter. 

Pour  les  colorations  eu  masse,  l'Hémalun  ou  THémacalcium  de 
Mayer. 

Quant  aux  anciennes  méthodes,  je  n'hésite  pas  à  dire  que,  eu 
égard  aux  grands  avantages  offerts  par  les  procédés  de  Mayer,  les 
anciennes  méthodes  doivent  être  abandonnées,  et  seules  les  formules 
de  Mayer,  ou  du  moins  des  formules  qui  se  conforment  aux  prin- 
cipes établis  par  ce  savant,  doivent  être  employées  par  les  travail- 
leurs sérieux.  (Ceci  s'entend  seulement  des  procédés  usuels  de  colo- 
ration par  les  laques  aluminiques,  et  non  des  procédés  spéciaux  par 
les  laques  chromiques,  etc.) 

A.  —  Laques  aluminiques 

a.  Solutions  aqueuses. 

130.  Hémalun  (Mayer,  Mitth.  ZooL  Stat.  Neapel,  X,  i,  1891, 
p.  ITâ).  —  On  fait  dissoudre  1  gramme  d'hématéine.  ou  d'hématéate 
d'ammoniaque  (no  125)  à  l'aide  de  la  chaleur  dans  50  ce.  d!alcool  à  90 
p.  100  et  on  l'ajoute  à  une  solution  de  50  grammes  d'alun  dans  un  litre 


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HÉMATOXYLINE   ET   AUTRES    COLORANTS    VÉGÉTAUX  99 

d'eau  distillée.  On  laisse  refroidir  et  déposer,  on  filtre  s'il  y  a  lieu,  et 
Ton  ajoute  un  cristal  de  thymol.  On  obtient  un  liquide  foncé  d'un  ton 
violet  rougeâtre.  Le  ton  exact  dépendra  beaucoup  de  la  qualité  de  l'alun 
(Mayer).  Celte  teinture  correspond  à  l'hématoxyline  de  Bôumer*.  Elle 
colore  largement  aussi  bien,  et  cela  soit  immédiatement,  soit  plus 
tard,  car  elle  est  naturellement  mûre  dès  le  premier  moment.  On  peut 
s'en  servir,  soit  concentrée,  soit  diluée.  A  l'état  concentré,  elle  colore 
presque  instantanément  (des  coupes  ont  été  colorées  en  les  inondant 
une  seule  fois  du  liquide).  Allongée  de  vingt  volumes  d'eau  distillée, 
elle  colorera  des  tentacules  de  Tubularia  à  travers  toute  leur  épais- 
seur en  une  heure  (pour  allonger  les  solutions,  il  faut  avoir  soin  de 
n'employer  que  l'eau  distillée  ou  plutôt  une  solution  faible  d'alun 
dans  l'eau  distillée).  Les  lavages  peuvent  se  faire  soit  à  leau  distillée, 
soit  à  l'eau  de  source.  ' 

Cette  teinture  est  admirable  pour  les  coloVaiions  d'objets  entiers. 
Des  objets  volumineux  demanderont  cependant  un  bain  de  vingt- 
quatre  heures  et  un  lavage  de  même  durée  (au  mieux  dans  de  la  solu- 
tion d'alun  au  centième,  si  l'on  désire  une  coloration  nucléaire  très 
précise). 

Les  préparations  se  conservent  bien  dans  la  glycérine,  pourvu  que 
celle-ci  ne  soit  pas  acide,  et  aussi  dans  le  baume.  Il  faut  observer  que 
si  l'on  a  employé  l'essence  de.  bergamote  pour  l'éclaircissement,  il 
faut  l'enlever  soigneusement  par  de  l'essence  de  térébenthine  avant 
de  passer  au  baume  ;  et  que  remploi  de  l'essence  de  giroQes  n'est  pas 
sans  danger.  Il  vaut  mieux  (Mayer,  in  litt.)  n'employer  que  le  xylol, 
le  benzol  et  le  chloroforme,  et  monter  dans  le  baume  au  xylol  ou  au 
chloroforme.  La  solution  d'hémalun  peut  être  additionnée  de  carmin 
à  l'alun,  de  fuchsine-acide,  etc.,  afin  de  produire  des  colorations 
doubles;  mais  pour  ce  but  il  semble  préférable  d'employer  les  deux 
teintures  successivement. 

131.  Hémalun  acide  (Mayer,  loc.  cit.,  p.  174,  note).  —  C'est  de 
rhémalun  additionné  de  2  p.  100  d'acide  acétique  cristallisable  (ou 
de  4  p.  100  d'acide  acétique  ordinaire).  Emploi  comme  pour*  Thé- 
malun  simple,  lavage  à  l'eau  de  source  pour  bleuir  la  coloration. 
Celte  solution  donne  une  coloration  nucléaire  peut-être  encore  plus 
précise  qtie  Thémalun  simple.  Elle  a  aussi  l'avantage  de  ne  pas  donner 

*  Comme  pour  la  formule  de  Bôhmer,  il  n^est  pas  nécessaire  de  se  conformer 
exactement  aux  proportions  indiquées.  On  peut  toujours  improviser  une  solution 
d'hémalun  en  ajoutant  quelques  gouttes  de  solution  alcoolique  d'hématéine  à  une 
solution  d*alun  de  la.  concentration  qu'on  voudra. 


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100 


CHAPITRE   YIII 


de  précipités  par  suite  d'une  décomposition  partielle  provoquée  par 
Tammoniaque  de  l'air  et  Talcali  du  verre  des  flacons,  phénomène  qui 
se  manifeste  bien  à  un  certain  degré  pour  l'hémalun  simple,  cependant 
pas  au  point  de  nuire  à  sa  puissance  tinctoriale. 

131  bis.  Solution  mûre  deHsLiiaeniZooLAnz.^  1895,  p.  158).  — Après 
avoir  essayé  plusieurs  moyens  d'oxydation,  Hansen  s'est  arrêté  au  pe^'inan- 
ganale  de  potasse.  On  fait  dissoudre  1  gr.  d'hématoxyiine  cristallisée  dans 
10  gr.  d'alcool  absolu. 

Ou  fait  dissoudre  à  Taide  de  la  chaleur  20  gr.  d*alun  de  potasse  dans 
200  gr.  d'eau  distillée  et  l'on  filtre  après  refroidissement.  Le  lendemain  on 
mêle  les  deux  solutions. 

On  met  dans  une  capsule  de  porcelaine  3  ce.  de  solution  aqueuse  concen- 
trée de  permanganate  de  potasse  (à  15°  G.  il  se  dissout  une  partie  de  per- 
manganate pour  16  d'eau).  On  ajoute  la  solution  d'hématoxyiine,  et  tout 
en  remuant  continuellement  on  chauffe  graduellement  jusqu'à  ébulUtion. 
Le  liquide  devient  violet-rouge  foncé.  On  laisse  bouillir  pendant  une  demi- 
minute  à  une  minute.  Alors  on  refroidit  le  mélange,  au  mieux  rapidement, 
en  faisant  flotter  la  capsule  sur  de  l'eau  froide.  On  filtre  après  refroidisse- 
ment, mais  en  général  la  filtration  n'est  guère  nécessaire.  La  solution  est 
maintenant  mûre  et  prête  à  servir. 

Le  motif  pour  lequel  Hansen  a  été  conduit  à  élaborer  ce  procédé  de  pré- 
paration, c'est  qu'il  avait  fait  l'expérience  que  l'hématéine  du  commerce 
n'est  pas  d'une  qualité  constante  et  ne  fournit  pas  toujours  des  solutions 
identiques  sous  le  rapport  de  la  coloration  des  tissus.  Hansen  trouve  que 
son  procédé  fournit  un  produit  plus  égal.  Et  il  parait  trouver  son  procédé 
plus  simple  et  plus  rapide  que  celui  de  Mayer  pour  la  préparation  d'hé- 
matéate  d'ammoniaque. 

Une  solution  fraîchement  préparée  m'a  donné  des  résultats  de  toute 
beauté.  La  marche  de  la  coloration  est  semblable  à  celle  de  Thémalun,  et 
les  résultats  sont  à  tel  point  identiques  qu'il  serait  fort  difficile  sinon 
impossible  de  reconnaître  les  coupes  colorées  par  les  deux  méthodes,  si  elles 
venaient  à  perdre  leurs  étiquettes. 

Hansen  dit  que  sa  solution  se  conserve  mieux  que  les  autres.  Celle  que 
j'ai  préparée  a  formé  en  peu  de  jours  une  pellicule  qui  a  rendu  nécessaire 
une  filtration  ;  et  peu  de  jours  après  le  phénomène  s'est  renouvelé.  Et 
Mayer  {in  liU.)  a  trouvé  après  peu  de  jours  un  fort  précipité.  La  précipita- 
tion dans  mon  flacon  continue  ;  et  je  pense  qu'en  vue  de  ce  grave  inconvé- 
nient la  solution  de  Hansen  ne  peut  pas  prétendre  à  remplacer  celle  de 
Mayer. 

132.  Solution  ammoniacale  (Ammoniated  Hematoxyline  de  Squire, 
Sqitire,  Melhods  and  Formula*,  etc.,  1892,  p.  24). 

Je  l'ai  essayée.  Elle  me  fait  fefTet  de  ne  pas  être  d'une  maturité  constante, 
et  je  ne  puis  pas  la  recommander  au  même  titre  que  l'hémaiun  de  Mayer, 
dont  la  coloration  me  parait  d'ailleurs  sensiblement  plus  délicate. 

133.  Hematoxyline  de  Bœhmer  (Arch.  f.  mik.  AnaL,  IV,  1868, p.  345  ; 
—  parait  avoir  été  publiée  en  premier  lieu,  avec  des  proportions  un  peu 


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HÉMATOXYLINE    ET  AUTRES    COLORANTS   VÉGÉTAUX  lOi 

différentes,  dans  le  AerzUiches  IntelligenzbL^  Baiera,  1865,  n^  38).  ~  On 
fait  une  solution  de  : 

Hématoxyline  cristallisée 1  partie. 

Alcool  absolu 12      — 

Et  une  seconde  solution  de  : 

Alun  puriné 1  partie. 

Eau  distillée 240     — 

On  ajoute  deux  ou  trois  gouttes  de  la  première  à  un  verre  de  montre 
plein  de  la  seconde. 

Pour  avoir  de  bonnes  colorations  il  faut  laisser  mûrir  longtemps  (selon 
Mayer,  deux  mois). 

On  peut  conserver  en  réserve  une  provision  de  la  solution  alcoolique 
d'hématoxyline.  Elle  devient  brune,  mais  ne  perd  pas  ses  qualités  pendant 
des  années. 

Nous  pensons  que  quiconque  a  réfléchi  aux  principes  exposés  dans  les 
premiers  paragraphes  de  ce  chapitre  ne  se  servira  plus  de  cette  formule 
ancienne  que  comme  dernière  ressource  dans  des  moments  où  il  n*aurait 
pas  sous  la  main  une  teinture  se  conformant  mieux  à  ces  principes 

134.  Hématoxyline  à  ralun;  Ranvier  {Comptes  rendus  Acad.  5c., 
1882, 2°  Sem.,  t.  XCV,  p.  1375,  —  et  Contejean  {Bull.  Soc.  Philomath.  Paris, 
8,  3,  1891,  p.  117). 

135.  Hématoxyline  de  Delafield.  —  Cette  formule  a  une  histoire 
curieuse.  Employée  depuis  longtemps  dans  l'Institut  pathologique  de  Hei- 
delberg,  elle  fut  communiquée  par  Pfîtzner  à  Flemming,  qui,  en  la  recom- 
mandant d'une  façon  particulière  dans  son  Zellsubstanz  Kern  u,  Zelltheilung, 
la  fit  connaître  et  apprécier.  Flemming  Tattribua  d'abord  h  Grenacher. 
Plus  tard,  ajant  appris  que  cette  attribution  était  erronée,  il  crut  devoir 
l'attribuer  à  Prudden  ;  et  ce  n'est  que  récemment  {Zeit.  /*.  wiss,  Mikroskopie, 
II,  1885,  p.  288)  que  nous  avons  appris  par  Prudden  que  la  formule  est  due 
à  Delafield.  Nous  la  donnons  d'après  Prudden,  loc,  cit.  A  400  ce.  d'une  solu- 
tion saturée  d'alun  d'ammoniaque  dans  l'eau  (il  se  dissout  environ  i  partie 
dans  11  d'eau),  on  ajoute  4  grammes  d'hématoxyline  cristallisée  dissoute 
dans  25  ce.  d'alcool  fort.  On  laisse  le  tout  exposé  à  l'air  et  à  la  lumière 
pendant  trois  ou  quatre  jours,  on  filtre  et  on  ajoute  100  ce.  de  glycérine  et 
100  ce.  d'alcool  méthylique  (esprit-de-bois,  CIl^O).  On  laisse  reposer  jusqu'à 
ce  que  la  solution  ait  acquis  une  couleur  suffisamment  foncée  (on  fera  bien 
de  laisser  mûrir  très  longtemps,  six  semaines  à  deux  mois),  on  filtre,  et 
l'on  conserve  la  solution  dans  un  flacon  bien  bouché.  Au  moment  de  s'en 
servir,  on  doit  l'étendre  d'une  quantité  considérable  d'eau. 

On  peut,  et  avec  avantage,  se  servir  d'hémaléine  pour  fabriquer  cette 
teinture  (Mann,  Zeit.  f.  wiss.  Mik.,  XI,  4,  1895,  p.  487). 

Cette  solution  est  une  teinture  très  énergique.  Elle  colore  en  général  des 
éléments  extra-nucléaires  en  même  temps  que  la  chromatine  des  noyaux. 
En  effet,  c'est  à  titre  de  colorant  plasmatique  qu'elle  fut  préconisée  par 
Flemming  (/.  c).  Je  l'ai  employée  comme  colorant  plasmatique  pour  des 
coupes,  avec  de  bons  résultats.  Mais  je  pense  que  pour  cette  fin  elle  a  fait 


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102  CHAPITRE  VIII 

son  temps.  Bien  d'autres  teintures  seraient  à  lui  être  préférées  à  cet 
égard  (hématoxyline  à  Talun  de  fer  de  M.  Heidenhain,-  Kernschwarz,  safra- 
nine  et  Lichtgrûn  de  Benda,  et  d'autres  encore).  Elle  pourra  peut-être  encore 
être  utile  pour  la  coloration  en  masse  de  tissus  très  réfractaires  à  la  colora- 
tion. 

BuTSCHLi  {Unters.  ueb,  mikroskopische  Schàume,  etc.,  1892  ;  Zext.f.  wiss. 
Mik.f  IX,  2,  1892,  p.  197)  a  recommandé  d'allonger  la  solution  fortement 
d'eau  et  d'y  ajouter,  assez  d'acide  acétique  pour  donner  un  ton  franchement 
rouge. 

136.  Hématoxyline  acide  d'EHRLiCH  (Zeit,  f\  wiss  Mik.,  1886, 
p.  150)  : 

Eau 100  ce. 

Alcool  jabsolu 100  — 

Glycérine  .   .   . 100  — 

Acide  acétique  crislallisable 10  — 

Hématoxyline 2  gr. 

Alun en  excès. 

On  laisse  ce  mélange  exposé  pendant  longtemps  à  la  lumière, 
jusqu'à  ce  qu'il  ait  pris  une  teinte  rouge  saturée.  A  partir  de  ce 
moment,  la  solution  est  devenue  stable  ;  sa  puissance  de  coloration 
ne  varie  pas,  même  pendant  des  années  ;  et  il  ne  s'y  forme  pas  de 
précipités,  du  moins  si  l'on  a  soin  de  conserver  la  solution  dans  un 
ilacon  bien  bouché.  Pour  obtenir  des  colorations  doubles,  on  peut  y 
ajouter  des  matières  colorantes  sous  forme  d'acides  libres  (par  exemple 
de  l'éosine)  ou  de  bases  colorantes. 

Des  coupes  de  matériaux  durcis  soit  par  l'alcool,  soit  par  le  bichro- 
mate se  colorent  en  quelques  minutes,  et  donnent  une  coloration 
nucléaire  sans  aucune  surcoloration,  laquelle  n'a  même  pas  lieu 
après  une  immersion  prolongée.  Pour  cette  raison,  cette  teinture  est 
très  propre  à  la  coloration  de  pièces  en  masse. 

Pour  avoir  la  coloration  bleue,  il  faut  laver  à  l'eau  de  source. 

Il  me  semble  que  de  toutes  les  anciennes  formules  que  j'ai  essayées, 
c'est  celle-ci  qui  m'a  donné  les  colorations  nucléaires  les  plus  précises 
et  les  plus  faciles  à  réaliser. 

On  peut  avec  avantage  se  servir  d'hématéine  pour  faire  la  teinture 
(Mann,  Zeit.  f.  wiss.  Mih,  XI,  4, 1895,  p.  487.) 

137.  Glycérine  hématoxyline  de  Renaut  {Arch.  de  Physiol.y  4881^- 
p.  640). 

138.  Autres  solutions  aluniques  aqueuses.  Arnold,  Quart. 
Journ.  Mie.  Sci.,  1878,  p.  86.  Mitcuell,  Journ.  Roy.  Mie.  Soc.,  -1884,  p.  311  - 
(méthode  très  compliquée  d'extraire  1q  bois  de  Campôche}.  IIigkson,  Qwrtw' 


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HÉHATOXYLINE   ET   AUTRES   COLORANTS   VÉGÉTAUX  103 

Joum.  Mic.  Scù,  4883,  p.  244  (idem).  Cook,  JoUm.  of  Anat.  and  Phys.y 
1879,  p.  140  (solution  au  sulfate  de  cuivre;  j'en  ai  trouvé  la  préparatioi^ 
par  trop  aléatoire).  Haug,  ZeiL  f.  v)iss.  Mik.,  VIII,  I,  1891,  p.  51  (solution 
à  l'acétate  d'alumine).  Sanfeuce,  Joum.  de  Microgr.y  XIII,  1889,  p.  335; 
Joum.  Boy.  Mie.  Soc,  1889,  p.  837)  (Mayer,  qui  a  étudié  cette  teinture  (Vk 
MiUh.  ZooL  Stat.  Neapel,  X,  I,  1891,  p.  178-182)  dit  que  c'est  essentielle- 
ment une  solution  de  Boehmer  contenant  une  plus  grande  proportion  d'aU 
cool  et  un  peu  d'iode.  L'iode  n'aurait  pas  d'autre  utilité  que  d'empêcher  la 
précipitation  de  la  matière  colorante  à  la  surface  des  organes).  Gage,  Proc. 
Amer.  Mie.  Soe.,  1893»  p.  123;  cf.  Journ.  Roy.  Mie.  Soe.,  1893,  p.  564 
(solution  additionnée  d'hydrate  de  chloral  pour  prévenir  le  développement 
de  ferments  vivants.  Elle  ne  se  conserve  pas  mieux  pour  cela  (Mayer,  in  lilt.). 
Hache,  Comptes  rend.  Soc.  Biol.  Paris,  10,  I,  1894,  p.  253-369  (complique 
et  superflu,  Mayer,  in  litL). 

b.  Solutions  alcooliques. 

-  139.  Hœmacalcium  (Mayer,  MiUh.  ZooL  Stat.  NBapel,  X,  1, 1891, 
p,  182).  —  Hématéine  (ou  bien  hématéate  d'ammoAiaque,  n**  125)^ 
.1  gr.  ;  chlorure  d'aluminium,  1  gr.  ;  chlorure  de  calcium,  SO  gr.  ; 
acide  acétique  cristallisable,  10  ce.  (ou  20  ce.  de  Tacide  ordinaire)  ; 
alcool  à  70  p.  100,  600  ce.  Broyez  intimement  ensemble  les  deux 
premiers  ingrédients.;  ajoutez  l'acide  et  l'alcool  et  faites  dissoudre  à 
l'aide  de  la  chaleur  ou  à  froid  ;  ajoutez  en  dernier  lieu  le  chlorure 
de  calcium. 

Liquide  d'un  violet  rougeâtre,  imaginé  pour  remplacer  Thématoxy- 
line  de  Kleinenberg  en  vue  des  sérieux  désavantages  qui  sont  insépa- 
rables de  la  préparation  de  celte  dernière  (voyez  plus  bas,  n**  141).  Em- 
ploi comme  pour  celle-ci.  Si  les  tissus  se  colorent  en  un  ton  trop  rouge, 
■il  faut  les  traiter  par  une  solution  de  chlorure  d'aluminium  dans 
l'alcool  (2  p.  100  environ),  ou  par  une  solution  (de  0,8  à  1  p.  100) 
d'acétate  de  soude  ou  de  potasse  dans  l'alcool  absolu,  ou  par  du 
bicarbonate  de  soude  (voyez  au  n°  128,  vers  la  fin). 

Avec  certains  objets,  la  pénétration  de  cette  teinture  laisse  à 
désirer,  la  coloration  ne  se  faisant  bien  que  dans  les  couches  super<- 
ficielles.  On  remédie  à  cela  soit  en  acidifiant  la  solution,  soit  (ce  qui 
vaut  mieux)  en  laissant  les  objets  pendant  quelque  temps  avant  la 
coloration  dans  de  Talcool  acidifié.  En  tout  cas,  les  tissus  à  colorer 
ne  doivent  pas  avoir  une  réaction  alcaline.  En  prenant  ces  précau- 
tions, il  ne  sera  pas  nécessaire  d'employer  des  acides  pour  les  lavages. 

Enfin,  pour  certains  objets  (Hydraires,  par  exemple),  on  peut 
augmenter  la  puissance  de  pénétration  du  liquide  en  l'allongeant 
d'environ  un  tiers  de  glycérine  ou  en  augmentant  la  proportion  de 
chlorure  d'aluminium,  jusqu'à  environ  huit  fois  celle  de  l'hématéineu 


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104  CHAPITRE   VIII 

Mayer  a  trouvé  depuis  (Milth.^  X,  3,  1892,  p.  499)  que  a  solution  n'est 
pas  parfaitement  stable,  mais  vire  au  bleu  avec  le  temps  et  précipité.  Pour 
éviter  cet  inconvénient  on  peut  faire  le  mélange  dans  deux  flacons,  dont  cha- 
cun contiendra  la  moitié  de  Talcool  et  de  l'acide,  mais  l'un  d'eux  contiendra 
en  outre  tout  le  chlorure  de  calcium,  et  Tautre  toute  l'hématéine  et  tout 
le  chlorure  d'aluminium.  On  prend  alors  pour  préparer  le  bain  de  teinture 
une  quantité  égale  dans  chaque  flacon. 

Il  faut  bien  comprendre  que  Mater  ne  recommande  pas  cette  solu- 
tion comme  donnant  d'aussi  bons  résultats,  comme  teinlure^  que 
THémalun  ;  elle  lui  est  au  contraire  inférieure  sous  le  rapport  de  la 
caloration.  Mayer  est  même  d'avis  qu'aucune  solution  alcoolique 
d'hématéine  ne  saurait  fournir  une  coloration  aussi  précise  que  les 
solutions  aqueuses  ;  car  la  nature  aqueuse  de  la  menstrue  parait  être 
en  elle-même  une  condition  favorable  pour  la  qualité  de  la  colora- 
tion. Il  la  recommande  seulement  à  titre  de  remplaçant  de  Théma- 
toxyline  de  Kleinenberg  pour  les  cas  qui  demandent  une  teinture 
alcoolique,  comme  étant  facile  à  préparer,  commode  à  employer, 
et  d'un  effet  constant.  Or  aucune  de  ces  qualités  ne  peut  être  attri- 
buée à  Thématoxyline  de  Kleinenberg. 

140.  Hémalun  alcoolique  (Mayer,  l,  c,  p.  183,  note). 

C'est  suivant  le  conseil  de  Mayer  lui-même  que  je  supprime  cette 
formule. 

141.  Hématoxyllne  alcoolique  de  Kleinenberg  {Éléments  (Vembiyo- 
logie  de  Poster  et  Balfour,  1877,  p.  296  ;  Quart.  Joum,  Mie,  Science,  1879, 
p.  208).  —  On  fait  une  solution  saturée  de  chlorure  de  calcium  dans  de 
l'alcool  à  10^  et  l'on  ajoute  un  peu  d'alun  (on  peut  saturer  d'alun  si  Ton 
veut).  On  filtre  cette  solution  et  on  l'étend  de  6  à  8  volumes  d'alcool  à  70^ 
Au  moment  d'employer  ce  liquide,  on  l'additionne  de  quelques  gouttes  d'une 
solution  concentrée  d'hématoxyline  dans  l'alcool  absolu,  de  manière  à  for- 
mer une  teinture  plus  ou  moins  foncée,  selon  la  nature  des  objets  à  colorer. 
(Nous  citons  les  instructions  données  par  Kleinenberg.  Nous  avons  trouvé, 
pour  notre  part,  qu'il  est  préférable  de  ne  pas  colorer  avec  une  solution 
préparée  sur  rheure,  mais  de  laisser  mûrir  la  teinture  pendant  au  moins 
vingt-quatre  ou  quarante-huit  heures.) 

La  teinture  d'hématoxyline  récemment  préparée  doit  être  d'un  violet 
virant  au  bleu,  et  ne  doit  pas  présenter  une  nuance  rouge.  On  comprend 
facilement  la  faveur  dont  ce  liquide  a  joui  auprès  des  naturalistes  pendant 
si  longtemps.  C'est  que  c'était  la  seule  teinture  vraiment  alcoolique  d'héma- 
toxyline qui  eût  été  proposée.  Elle  répondait  à  un  besoin  véritable,  et 
lorsque  tout  avait  réussi  dans  la  préparation  et  dans  l'emploi  elle  donnait 
des  résultats  excellents.  Mais  cette  préparation  était  toujours  chose  des 
plus  incertaines.  La  formule  de  Kleinenberg  esta  tel  point  irrationnelle  qu'il 
est  impossible  de  l'exécuter  à  la  lettre  ;  en  conséquence,  les  propriétés  du 
produit  qu'elle  fournissait  étaient  tout  ce  qu'il  y  a  de  moins  constant.  Et 


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mimi  '.<■  J  U'  .   ^ 


HÉMATOXYLINE   ET   AUTRES   COLORANTS    VÉGÉTAUX  105 

naturellement  les  résultats  de  la  teinture  étaient  inconstants  aussi.  Pour 
ces  motifs  je  pense  que  ce  liquide,  qui  m'a  rendu  pourtant  dans  le  temps 
de  bons  services,  doit  être  abandonné  en  faveur  de  THémacalcium  de  Mayer. 
J*ai  donc  supprimé  les  très  longues  et  minutieuses  instructions  obligées 
concernant  son  emploi.  J*ai  aussi  supprimé,  à  regret,  par  manque  de 
place  uniquement,  la  très  instructive  et  très  détaillée  critique  de  Paul  Mayer 
(Mitth.Zool.  Slat,  Neapel,  X,  J,  1891,  p.  174),  (à  qui  je  suis  en  une  large 
mesure  redevable  du  point  de  vue  auquel  je  me  place  maintenant),  comme 
aussi  la  critique  excellente  et  parfaitement  autorisée  de  Squire  {Methods 
and  FonnulXy  etc.,  1892,  p.  25). 

Deux  formules  alternatives  ont  été  proposées  parDiPPEL  (dans  son  Handb. 
der  Mikroskopié)  dans  le  but  d'éviter  la  double  décomposition  de  Talun  et 
du  chlorure  de  calcium  en  prenant  du  chlorure  d*aluminium  en  premier 
lieu.  Voyez  les  critiques  de  cette  proposition  dans  les  travaux  précités  de 
Mayer  et  de  Squire. 

Les  formules  modifiées  de  Squire  {L  c.)  et  de  von  Wistingiuusen  (Mitth. 
ZooL  Stat.  Neapel,  X,  1891,  p.  41  ;  cf.  ZexL  f,  wiss.  Mik.,  X^  4,  1893,  p.  479) 
ne  paraissent  pas  écarter  la  difficulté  qu'il  y  a  à  arriver  à  la  production  de 
la  proportion  voulue  de  chlorure  d'aluminium  par  la  double  décomposition 
d'alun  et  de  chlorure  de  calcium. 

142 .  Hématoxyline  à  l'iodiure  de  potassium  (Guccati,  ZeiL  f.  wiss. 
Mik,,  V,  I,  1888,  p.  55). 

B.  —  Autres  laques 

143.  Hématoxyline  au  bichromate  de  potasse  (Hbiden- 
HAiN,  Arch,  f.  mik,  Anat.,  24  Bd.,  1884,  p.  468).  — On  colore  pen- 
dant huit  à  dix  heures  dans  une  solution  d'hématoxyline  dans  l'eau 
d'une  concentration  de  0,5  à  1  p.  100.  Puis  on  met  les  objets  pendant 
le  même  temps  dans  une  solution  de  bichromate  de  potasse  de  la 
même  concentration.  On  enlève  l'excès  de  bichromate  par  le  lavage 
à  Teau,  on  traite  par  Talcool  suivant  les  méthodes  connues,  et  Ton 
pratique  l'inclusion,  s'il  y  a  lieu,  dans  la  parafOne  ou  dans  le  baume. 

Les  noyaux  se  trouvent  colorés  en  noir,  les  autres  éléments  en 
diverses  nuances  de  gris.  L'avantage  de  la  méthode  consiste  précisé- 
ment dans  la  clarté  avec  laquelle  elle  fait  ressortir  ces  autres  éléments 
qui,  par  les  méthodes  ordinaires  de  teinture  élective,  ne  se  voient 
pas  facilement.  Elle  réussit  avec  tous  les  tissus,  excepté  le  foie  et  le 
rein. 

On  ne  doit  employer  que  de  petits  objets.  Les  pièces  doivent  avoir 
été  préalablement  bien  durcies  à  l'alcool. 

(Les  pièces  qui  ont  été  fixées  par  le  sublimé  doivent  en  avoir  été 
débarrassées  par  un  lavage  prolongé  à  l'eau,  car  les  traces  de  sublimé 
qui  restent  dans  les  tissus  forment  av^ec  l'hématoxyline  neutre  un 


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106  CHAPITRE    Vin 

précipilé  noir  foncé;  pour  éviter  là  formation  de  ce  précipité,  il  est 
bon  de  colorera  Tobscurité.  (Tornier,  Arch,  f.  mik.  Anat.^  XXVIII, 
1886,  p.  181  ;  ZeiL  f.  wiss.  Mik,  III,  3,  1886,  p.  467.) 

On  peut  employer  des  objets  chromiques,  à  condition  qu'ils  aient 
été  bien  lavés.  On  peut  atténuer  les  colorations  excessives  en  lavant 
plus  longtemps  dans  le  bichromate.  Gierke  a  trouvé  que  des  pièces 
qui  étaient  presque  noires  dans  Thématoxylino  se  décoloraient  entiè- 
rement par  un  lavage  de  quarante-huit  heures  dans  la  solution  de 
.bichromate. 

Heidenhain  recommande  maintenant  {Arch,  f.  mik,  Anat.,  1886, 
p.  383)  la  modification  suivante  :  —  Les  pièces  durcies  à  l'alcool  ou  à 
Tacide  picrique  sont  colorées  pendant  douze  à  vingt-quatre  heures 
.dans  une  solution  aqueuse  d'hématoxyline  à  1/3  p.  100  et  décolorées 
ensuite  dans  une  solution  à.  0,5  p.  100  de  chromate  simple  de 
potasse,  au  lieu  de  bichromate.  L'avantage  de  cette  modification  du 
procédé  est  que,  appliquée  à  des  pièces  peu  volumineuses,  elle  donne 
une  coloration  extrêmement  précise  de  la  chromatine. 
»  L'un  et  l'autre  de  ces  procédés  donnent  de  très  belles  colorations. 
Ils  offrent  le  grand  avantage  de  permettre  à  l'opérateur  d'arriver 
toujours  au  degré  de  différenciation  voulue  par  le  lavage  dans  la 
solution  décolorante.  S'il  s'agit  de  coupes,  le  contrôle  peut  se  faire 
au  microscope. 

144.  Procédé  au  bichromate  d'Apathy  \Zeit.  f,  wiss,  Mih,, 
V,  I,  1888,  p.  47).  Cette  modification  de  la  teinture  de  Heidenhain 
est  un  procédé  alcoolique.  On  colore  dans  une  solution  à  1  p.  100 
d'hématoxyline  dans  de  l'alcool  à  70  ou  80  p.  100.  On  difl'érencie  dans 
une  solution  à  1  p.  100  de  bichromate  de  potasse  dans  de  l'alcool  à 
70  ou  80  p.  100,  Des  coupes  minces,  c'est-à-dire  de  10  à  15  {jl,  deman- 
deront une  différenciation  durant  la  moitié  du  temps  employé  à  la 
coloration  ;  et  des  coupes  épaisses,  c'est-à-dire  de  25  à  40  p.,  deman- 
•  deront  une  diff'érenciation  de  deux  fois  la  durée  de  la  coloration. 

Le  bichromate  de  potasse  est  très  peu  soluble  dans  l'alcool  fort. 
On  peut  commodément  préparer  la  solution  en  mélangeant  1  partie 
d'une  solution  aqueuse  à  5  p.  100  avec  environ  4  parties  d'alcool  de 
80  à  90  p.  100.  Le  mélange  doit  être  fraîchement  préparé  au  moment 
de  servir^  et  il  doit  être  tenu  à  l'obscurité  complète  pendant  toute  la 
durée  de  la  diff'érenciation,  vu  que  la  lumière  le  ferait  précipiter.  Il 
doit  être  renouvelé  plusieurs  fois  pendant  la  durée  de  la  diff'érencia- 
tion. Lorsque  les  objets  auront  été  suffisamment  décolorés,  ils  doivent 
être  soigneusement  lavés  (toujours  dans  l'obscurité)  dans  de  l'alcool 


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HÉB14T0XYLINE   ET   AUTRES    COLORANTS   VÉGÉTAUX  107 

à  70  p.  100  plusieurs  fois  renouvelé.  Ce  procédé  doiineFait,  d'après 
Âpalhy,  des  préparations  plus  transparentes  et  d*une  coloration  plus 
précise'ment  localisée  que  le  procédé  de  Heidenhain.  Il  est  évident 
que  la  nature  alcoolique  des  liquides  employés  peut  souvent  avoir  son 
importance. 

-  Pour  la  coloration  de  séries  de  coupes  faites  à  la  cellôidine  Apatuy 
{ibid.j  VI,  2, 1889,  p.  170)  modifie  le  procédé  comme  suit.  Les  coupes 
sont  colorées  dans  la  teinture  d'hématoxyline  pendant  10  minutes- 
L'excès  de  teinture  est  alors  enlevé  de  chaque  coupe  au  moyen  de 
papier  buvard,  et  les  coupes  sont  portées  dans  de  Talcool  à  70  p.  100 
additionné  seulement  de  quelques  gouttes  de  la  solution  aqueuse  de 
bichromate.  Elles  y  restent  5  à  10  minutes  (toujours  dans  Tobscurité). 
On  obtient  une  coloration  semblable  à  celle  qui  est  donnée  par  le 
traitement  en  masse  du  premier  procédé. 

145.  Hématoxyline  à  l'alun  de  fer  de  M.  Heidenhain  ^ 

(M.  Heidenhain,  Ueber  Kern.  u.  Protoplasma^  àQXi^Festschr.f.Kôlli" 
ker,  1892,  p.  118).  —  Pour  les  coupes  seulement.  Des  coupes  sont  trai- 
tées pendant  une  demi-heure,  ou  au  plus  deux  ou  trois  heures,  par 
une  solution  aqueuse  d'alun  ferrique  (sulfate  double  d'ammoniaque 
et  de  sesquioxyde  de  fer  «  (NH  Jj  Fe,  (SO  J^.  On  les  lave  un  moment  à 
Teau  et  on  colore  (de  une  demi-heure  jusqu'à  douze  heures)  dans  une 
solution  aqueuse  d'hématoxyline  (0,5  p.  100  environ).  On  rince  à 
Teau,  et  Ton  traite  de  nouveau  par  la  même  solution  d'alun  de  fer  qui  a 
servi  au  mordançage.  La  décoloration  se  fait  assez  lentement»  (Elle 
sera  cependant  souvent  assez  complète  au  bout  d'une  vingtaine  de 
minutes,  à  ce  que  j'ai  trouvé.)  On  peut  et  on  doit  en  contrôler  le  progrès 
sous  le  microscope  (on  peut  dans  ce  but  remettre  les  coupes  dans  de 
l'efiiu  autant  de  fois  qu'on  voudra).  La  différenciation  obtenue,  on 
Jave  bien  à  l'eau  (je  conseille  de  laver  beaucoup,  au  moins  un  quart 
d'heure  dans  de  l'eau  courante,  cependant  pas  plus  de  trente  minutes 
à  une  heure  (Heidenhain).  On  déshydrate,  et  l'on  monte  au  baume* 
Voici  quelques  détails  supplémentaires  qui  ont  été  donnés  par 
Heidenhain  dans  Arch.  f.  mik.  Anat.  XLIII,  3,  1894,  p.  431,  435. 
Pour  faire  la  teinture,  il  vaut  mieux  employer  Thématoxyline  que 

^  Ceci  est  une  modification  d'une  ancienne  méthode,  maintenant  abandonnée, 
de  Benda  (Vei'h,  phys.  Ges.  Berlin,  1885-6,  n"  12,  13,  14  ;  A7'ch,  f.  Anal,  u,  Phys, 
1886,  p.  562).  Benda  mordançait  dans  Talun  ferrique,  mais  difTérenciait  dans  de 
Tacide  chromique. 

*  «  SchvrefelsaureH  Eisenammont)xyd  »,  sel  double  du  sesquioxyde,  en  beaïix 
cristaux  violets  ;  ne  pas  confondre  avec  le  «el  double  du  protoxyde-  (cristaux 
verts,  sel  de  Mohr),  qui  ne  peut  pas  servir. 


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i08  CHAPITRE  VIII 

rhématéine.  L'alun  de  fer  à  employer  doit  se  présenter  sous  forme 
de  cristaux  transparents  d'un  violet  clair  ;  si  ces  cristaux  deviennent 
jaunâtres  et  opaques,  c'est  qu'ils  sont  vieillis  et  ne  peuvent  plus  servir. 
Il  faut  les  conserver  dans  un  flacon  bien  bouché  à  l'émeri.  La  solution 
doit  être  faite  sans  chaleur. 

Les  résultats  diffèrent  selon  la  durée  du  mordançage  et  de  la  colo- 
ration. Si  Ton  n'a  donné  que  des  bains  de  peu  de  durée  dans  le  mor- 
dant et  dans  la  teinture,  par  exemple  une  demi-heure  dans  chaque, 
on  obtiendra  une  coloration  bleue  ^  Ces  préparations  montreront  une 
coloration  très  intense  et  élective  de  tous  les  éléments  des  noyaux, 
tant  achromatiques  que  chromatiques,  les  éléments  du  cytoplasme 
demeurant  peu  colorés.  Si  au  contraire  on  a  donné  des  bains  pro- 
longés (12  à  18  heures)  dans  le  mordant  et  dans  la  teinture  (ce 
qui  rendra  nécessaire  une  différenciation  un  peu  prolongée  dans  le 
deuxième  bain  de  fer),  on  obtiendra  une  coloration  noire.  Ces  prépa- 
rations montrent  les  éléments  des  noyaux  colorés  comme  dans  la 
première  méthode,  mais  en  outre  les  «  centrosomes  >  ou  corpuscules 
polaires  colorés  en  noir  intense,  la  masse  générale  du  cytoplasme 
tantôt  incolore,  tantôt  grise,  et  en  ce  cas  les  fuseaux  achromatiques 
et  les  plaques  cellulaires  sont  colorés  ;  en  outre,  les  flbres  du  tissu 
conjonctif  sont  noires,  les  corpuscules  rouges  du  sang  sont  noirs,  et 
les  micro-organismes,  s'il  en  existe  dans  les  tissus,  sont  nettement 
démontrés.  Le  tissu  musculaire  strié  devient  également  très  beau 
(Mayer).  Les  préparations  sont  dites  parfaitement  permanentes. 

Je  ne  puis  que  recommander  beaucoup  cette  méthode,  qui  m'a 
donné  pour  certains  objets  de  meilleurs  résultats  qu'aucune  autre 
méthode  à  l'hématoxyline.  On  peut  l'employer  après  ûxation  par  le 
sublimé  ou  par  les  mélanges  chromo-osmiques  ou  par  Talcool.  Elle 
est  facile  à  exécuter  et  donne  des  colorations  de  toute  beauté  *.  Je 
lui  reprocherais  cependant  de  ne  pas  donner  toujours  des  prépara- 
tions parfaitement  propres.  On  y  rencontre  souvent  des  précipités 
amorphes. 

146.  Hématoxyline  à  Tacétate  de  fer  de  Bûtschli  (Bûtschu, 
Untei's.  ueber  mikroskopische  Schaume  u.  dos  Pi'otoplasma,  1892  ;  Zeit,  A 
wiss,  Mik,y  IX,  2,  1892,  p.  197).  —  Les  tissus  sont  traités  d*abord  par  une 
faible  solution  d^acétate  de  fer,  d'un  brun  clair,  puis  lavés,  et  colorés  dans 
une  solution  d'hématoxyline  à  0,5  p.  100  dans  Teau.  Ce  procédé  donne  une 
coloration  d*un  noir  bleu  ou  brun  d^une  intensité  extraordinaire,  qui  inté- 

*  Mayer  {in  litL)  doute  que  le  ton  de  la  coloration  puisse  dépendre  de  la  durée 
des  bains. 

*  Pas  toujours  (Mayer). 


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HÉMATOXYLINE   ET   AUTRES    COLORANTS    VÉGÉTAUX  109 

resse  le  protoplasma  eo  même  temps  que  les  noyaux.  Il  n'a  de  raison  d'être 
que  là  où  Ton  demande  surtout  une  intensité  spéciale  de  coloration. 

146  bis.  Nouvelle  méthode  au  sulfate  de  fer  de  Benda 

{Verh.  d.  anal,  Ges,,  VII,  Vers.  Gottingen,  1893,  p.  161  ;  Zeit.f.  wiss. 
Mik.  XI,  1, 1894,  p.  69,  et  Rawitz,  Leitfaden,  1895,  p.  73).  —  Le  mor- 
dançage  à  Talun  ferrique  (n®  148)  a  le  grand  inconvénient  de  donner 
lieu  à  la  formation  de  précipités  amorphes  dans  les  préparations. 
Pour  les  éviter  Benda  procède  maintenant  comme  suit.  On  emploie  un 
matériel  fixé  de  n  importe  quelle  façon.  Les  coupes  sont  mordancées 
pendant  vingt-quatre  heures  dans  le  Liquor  ferri  sulfurici  oxydati  de 
la  Pharmacopœa  Germanica  S  allongé  d'un  ou  de  deux  volumes  d'eau. 
On  lave  bien  à  Teau  distillée,  puis  à  Teau  de  source,  et  Ton  porte 
les  coupes  dans  une  solution  aqueuse  d'hématoxyline  à  1  p.  100  ou 
on  les  laisse  jusqu'à  ce  qu'elles  soient  devenues  noires.  On  lave  et 
différencie  dans  de  l'acide  acétique  à  30  p.  100  en  surveillant  la 
marche  delà  décoloration  ;  ou  bien  dans  un  acide  plus  faible,  auquel 
cas  il  n'y  aura  pas  besoin  de  surveiller  la  décoloration  ;  ou  bien  aussi 
dans  la  solution  de  sulfate  de  fer  fortement  allongée  d'eau.  Ce  pro- 
cédé s'applique  à  toute  sorte  d'organes  et  donne  en  particulier  une 
excellente  coloration  pour  les  cylindres-axes,  et  les  éléments  achroma- 
tiques de  cellules  en  spermatogénèse.  On  peut  pour  ce  dernier  objet 
ajouter  une  deuxième  coloration  par  la  fuchsine  acide  (auquel  cas  il 
est  bon  d'avoir  différencié  dans  la  solution  de  fer,  qui  agit  comme  mor- 
dant pour  la  fuchsine).  On  doit  obtenir  la  chromatine,  les  centrosomes 
et  les  vestiges  fusoriaux  (Zwischenkôrper)  colorés  en  noir  ;  les  fila- 
ments de  linine  et  les  filaments  des  fuseaux  en  rouge. 

146  ter.  Hématoxyline  à  l'acétate  de  cuivre  de  Benda.  — 

(Du  Bois  Reymond's,  Arch.  f.  AnaL  u.  Phys.,  Phys.  Abth.,  1886, 
p.  186  et  Arch.  f.  mik.  Anat,,  XXX,  p.  49).  —  Des  coupes  de  matériel 
fixé  dans  le  liquide  de  Flemming  sont  collées  sur  des  verres  à  couvrir 
et  mises  pendant  vingt-quatre  heures  dans  une  forte  solution  d'acétate 
de  cuivre,  le  tout  étant  tenu  dans  un  incubateur  à  une  température 
de  40*^  G.  environ  ou  laissé  pendant  48  heures  à  la  température  de  la 
chambre.  On  lave  et  on  colore  pendant  cinq  minutes,  ou  jusqu'à  une 
teinte  grise  foncée  ou  noire  dans  une  solution  à  1  p.  100  d'hématoxyline 
dans  l'eau.  On  décolore  par  le  lavage  dans  de  l'acide  chlorhydrique 
(à  1/300  ou  1/800  d'eau),  lavage  que  l'on  prolonge  plus  ou  moins 
selon  qu'on  désire  obtenir  une  coloration  purement  nucléaire  ou  une 

'  Sulfate  de  fer,  80;  eau,  40;  acide  sulfurique,  15;  acide  nitrique,  18. 


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110  CHAPITRE    VllI 

coloration  plus  ou  moins  plasmatique.  Par  celte  décoloration,  les 
préparations  passent  à  une  teinte  jaune  ;  pour  restituer  la  coloration 
bleu-gris  de  Thématoxyline  et  la  flxer,  on  remet  les  préparations 
dans  la  solution  d'acétate  de  cuivre.  Puis  on  lave,  on  déshydrate  et 
monte  au  baume.  Ge  procédé  a  l'avantage  de  différencier  les  mitoses 
d'une  manière  très  énergique,  et  donne  en  même  temps  une  colora- 
lion  plasmatique  plus  ou  moins  prononcée.  Voyez  aussi  les  observa- 
tions de  PiERSOL  dans  Amer.  Mie,  Mon.  Joum.^  1887,  p.  158  ;  ou  dans 
Journ.  Roy.  Mie.  Soc.^  1888,  p.  158;  ou  dans  ZeiL  f.  wiss.  Mik., 
V,  4,  1888,  p.  499. 

147.  Méthodes  de  Minot  {ZeiL  f.  wiss:  MiL,  1880,  p.  177).  —  Ce  sont 
des  modifications  des  procédés  de  Weigert,  de  Heidenhain  et  de  Bœhmer, 

148.  Hématoxyline  de  Weigert.  —  Celte  méthode  s'applique  sur- 
tout à  l'étude  de  la  distribution  des  nerfs  à  myéline.  Nous  la  décrirons,  avec 
ses  congénères,  dans  la  deuxième  partie. 

C.  —  Autres  colorants  végétaux 

149.  La  purpurine.  —  (Voy.  Ranvier,  Traité  teehnique,  p.  280.) 

"  150.  Purpurine  glycérique  (Grenaceer,  Areh.,  f.  mik.  Anat., 
XVI,  1879,  p.  470). 

151.  L'indigo  n'est  employé  en  histologie  que  sous  forme  de  Carmin 
d'indigo.  Cette  substance,  qui  est  le  sel  potassique  ou  sodique  de  Tacide 
sulfindigolique  ou  sulfocœruléiuique,  se  trouve  dans  le  commerce.  Elle 
donne  des  colorations  diffuses,  plutôt  plasmaliques,  qui,  combinées  avec 
une  teinture  au  carmin  ou  un  autre  réactif  agissant  seulement  surles  noyaux, 
fournissent  des  colorations  doubles,  qui  sont  capables  de  rendre  des 
services.  Nous  en  parlerons  au  chapitre  des  Colorations  combinées.  Per- 
sonnellement, j'ai  trouvé  ce  colorant  énergique  et  envahissant,  par  trop 
difficile  à  régler,  et  je  pense  qu'il* n'y  a  pas  lieu  de  faire  grand  fonds  sur 
lui. 

Le  Carmin  d'indigo  à  l'acide  oxalique  (Thiersch,  Arch.  f.  mik. 
Anat.j  1, 1865,  p.  150)  est  une  solution  démodée  et  qui  parait  être  superflue. 

152.  Le  safran  (Blanc,  Zool.  Anzeiger,  1883,  p.  23). 

153.  L'orseille  est  une  matière  colorante  extraite  d'un  lichen,  la  Roc- 
cella  tinctoria.  Elle  donne  des  colorations  plasmatiques. 

Wedl  (Arch.  f.  path.  AnaL,  LXXIV,  p.  148)  prend  de  l'extrait  d'orseille 
française,  le  chauffe  doucement  au  bain-marie  pour  chasser  l'excès  d'ammo- 
niaque qui  existe  habituellement  dans  l'orseille  du  commerce,  et  l'ajoute  à 
un  mélange  de  20  ce.  d'alcool  absolu,  5  ce.  d'acide  acétique  d'une  densité 
de  1.070,  et  40  ce.  d'eau,  de  manière  à  obtenir  une  solution  saturée  d'un 
rouge  foncé.  Il  faut  filtrer  une  ou  deux  fois. 


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HÉMATOXYLINE  ET  AUTRES  COLORANTS  VÉGÉTAUX       lll 

On  doit  laver  les  coupes  dans  Teau  avant  de  les  colorer.  Pour  les  con- 
server, Wedl  les  monte  dans  de  la  lévulose.  Les  noyaux  demeurent  inco- 
lores, le  protoplasma  se  colore,  les  cellules  du  tissu  conjonctif  se  colorent 
d'une  façon  très  intense,  la  substance  intermédiaire  moins.  Les  cellules 
ganglionnaires  et  leurs  prolongements  se  colorent,  de  même  que  la  subs- 
tance fondamentale  du  tissu  des  os  et  des  dents. 

Fol  (Lehrb.,  p.  192)  recommande  de  colorer  pendant  une  heure  dans  la 
solution  de  Wedl,  puis  de  rincer  à  Talcool  et  de  passer  à  la  teinture  complé- 
mentaire des  noyaux. 

154.  Orcéine  (Israël,  Virchow's  Archiv.,  CV,  1886,  p.  169  ; 
Joum.  Roy.  Mie,  Soc,  1887,  p.  514).  —  L'orcéine  est  une  matière 
colorante  extraite  d'un  lichen,  Lecanora  parella  (ne  pas  confondre 
avec  Torcine,  autre  dérivé  du  même  lichen).  Elle  se  trouve  dans  le 
commerce.  D'après  Israël,  elle  réunit  en  elle-même  les  qualités  tincto- 
riales à  la  fois  des  couleurs  «  basiques  »  et  des  couleurs  «  acides  »  et 
donne  en  même  temps  une  coloration  en  deux  couleurs  contrastées. 
Il  colore  (des  coupes  seulement)  dans  une  solution  contenant 
2  grammes  d'orcéine,  2  grammes  d'acide  acétique  cristallisable  et 
100  grammes  d'eau  distillée,  lave  à  l'eau,  déshydrate  aussi  rapide- 
ment que  possible  dans  l'alcool  absolu  et  monte  dans  de  l'essence  de 
cèdre  épaissie  *.  Les  préparations  réussies  doivent  montrer  les  noyaux 
bleus,  le  protoplasma  rouge. 

L'orcéine  fournit  en  outre  une  coloration  spécifique  du  tissu  élas- 
tique ;  nous  en  parlerons  dans  la  deuxième  partie. 

155.  Kemsch-warz  (Platner,  Zeit.  f.  wiss.  Mik,,  IV,  3,  1887, 
p.  349).  —  Le  Kernschwarz  est  un  liquide  noir  de  composition  incon- 
nue, qui  est  préparé  en  Russie  et  qu'on  peut  se  procurer  chez  Grûbler 
(n**  99).  D'après  Grûbler,  ce  serait  une  solution  d'une  base  métallique 
combinée  à  un  acide  organique.  Platner  recommandait  d'y  colorer 
des  coupes  pendant  quelques  minutes  seulement  (à  moins  que  le  maté- 
riel n'ait  été  fixé  dans  le  liquide  de  Flemming,  auquel  cas  il  faudrait 
vingt-quatre  heures),  puis  de  dilTérencier  dans  un  liquide  alcalin.  On 
peut  prendre  pour  cela  de  l'eau  ammoniacale  (8  à  6  gouttes  d'ammo- 
niaque pour  un  verre  de  montre  d'eau).  Mais  il  vaut  mieux  prendre 
une  solution  concentrée  ou  plus  ou  moins  diluée  de  carbonate  de 
lithine.  On  obtient,  selon  la  durée  de  la  décoloration,  soit  une  colo- 
ration pure  de  la  chromatine  des  noyaux,  soit  en  même  temps  une 
coloration  des  éléments  protoplasmiques,  surtout  d'un  élément  cyto- 

*  Israël,  Prakticum  der  path,  Hist,,  2  Aufl.,  Berlin,  1893,  p.  72.  Je  dois  cette 
iiKlication  à  robligeance  de  M.  le  l)r  Mayer. 


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112  CHAPITRE   Vin 

plasmique  des  cellules  glandulaires  que  Platner  appelle  «  Nebenkern  » 
(ne  pas  confondre  avec  le  Nebenkern  des  spermalocytes).  On  déshy- 
drate et  Ton  monte  au  baume  de  la  manière  usuelle. 

En  somme,  Platner  recommandait  le  Kernschwarz  à  titre  de  colo* 
raut  de  la  chromatine.  J'ai  déjà  dit  ailleurs  que,  d'après  mon  expé- 
rience, il  ne  me  semblait  pas  avoir  des  qualités  très  spéciales  à  cet 
égard.  Après  une  expérience  plus  étendue  j'ajoute  maintenant  qu'en- 
visagé comme  colorant  pldsmatiquey  le  Kernschwarz  me  paraît  être 
\in  réactif  des  plus  importants.  C'est  en  tout  cas  un  des  colorants  plasma- 
tiques  les  plus  utiles  et  les  plus  instructifs  que  je  connaisse,  — je  ne  dis 
pas  un  des  plus  beaux,  car  la  coloration  teinte  neutre,  très  sobre,  qu'il 
fournit  n'a  rien  de  flatteur  pour  l'œil.  Je  l'emploie  comme  suit  :  les 
coupes,  collées  sur  porte-objet  (de  matériel  fixé  au  mélange  de 
Flemming,  je  n'ai  pas  réussi  avec  du  matériel  au  sublimé)  sont 
traitées  par  le  Kernschwarz  jusqu'à  ce  qu'elles  accusent  une  teinte 
gris-jaune  légère.  (Si  le  matériel  est  frais  et  que  le  Kernschwarz  soit 
frais  aussi,  cela  peut  arriver  en  quelques  secondes  ;  en  ce  cas,  il  sera 
prudent  d'allonger  le  Kernschwarz  d'une  dizaine  de  volumes  d'eau, 
car  il  est  important  de  ne  pas  surcolorer.  Si  le  matériel  est  vieux  (de 
quelques  mois  ou  années)  et  si  la  provision  de  Kernschwarz  est  éga- 
lement vieille,  il  sera  peut-être  nécessaire  de  colorer  pendant  vingt- 
quatre  heures).  Je  renonce  à  la  différenciation  alcaline,  qui  est  inutile 
si  l'on  a  soin  de  ne  pas  surcolorer.  Après  coloration,  on  rince  à  l'eau 
et  l'on  colore  pendant  dix-huit  à  vingt-quatre  heures  ou  jusqu'à  qua- 
rante-huit heures  dans  soit  la  safranine  anilinée  de  Bases  ou  de  Zwaar- 
DEMAKER,  soit  dans  le  violet  gentiane,  le  bleu  Victoria  ou  un  autre  colo- 
rant de  la  chromatine  qu'on  préfère.  On  lave  à  l'alcool  pur  ou  très 
légèrement  acidulé  par  l'acide  chlorhydrique  et  l'on  monte  au  baume 
selon  la  méthode  usuelle  pour  les  teintures  d'aniline.  On  doit  obte- 
nir ainsi  une  coloration  double  presque  parfaitement  pure.  C'est-à- 
dire  que  la  chromatine  des  noyaux  (ainsi  que  leurs  nucléoles)  doit 
montrer  le  rouge  de  la  safranine  sans  aucun  mélange  important  du 
gris  du  Kernschwarz,  et  que  l'élément  plastinien  des  noyaux  et  du 
cytoplasme  doit  être  d'un  gris-brun  plus  ou  moins  foncé  sans  aucun 
mélange  du  rouge  de  la  safranine.  L'enchylème,  soit  l'hyaloplasme, 
des  noyaux  et  du  cytoplfiisme,  est  totalement  ou  presque  totalement 
incolore  ;  diverses  enclaves  du  cytoplasme  sont  assez  fortement  colo- 
rées, ainsi  que  le  Nebenkern  des  spermatocytes.  J'ai  expliqué  ailleurs 
[La  Cellule^  t.  XI,  1®"  fasc,  mars  1895,  p.  31)  que  cette  méthode  est 
la  seule  qui  m'ait  permis  de  colorer  avec  certitude  les  vestiges  de 
fuseaux  en  régression.  C'est  ce   que  j'ai  trouvé  de  mieux  pour  ce 


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,  ^.wf r  *  ■ 


HÉMATOXYLINE   ET   AUTRES   COLORANTS   VÉGÉTAUX  413 

genre  de  recherches,  et  je  pense  que  c'est  une  méthode  d'une  appli- 
calion  assez  générale. 

166.  Autres  teintures  végétales.  —  Les  suivantes  sont  les  unes 
mauvaises,  les  autres  superflues  :  le  tournesol  (Lawson-Tait,  Joum»  of 
Anal,  and  PhysioL,  IX,  p.  230)  ;  le  chou  rouge  (Lawson-Tait)  ;  le  Myr- 
tillus,  extrait  de  baies  de  Myrtilles  (Lavdowsky,  Arch.  /*.  mik.  Anat.y 
XXIII,  1884,  p.  506);  la  Ribésine,  extrait  de  baies  de  cassis  (Fol, 
Lehrb.,  p.  184)  ;  la  Nucine,  soit  brou  de  noix  (Léon,  ZooL  Anz,,  1888» 
p.  624). 


ANAT.  UICROSC. 


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CHAPITRE  IX 

DES  COULEURS  DE  LA  HOUILLE 
ET  DES  COLORATIONS  RÉGRESSIVES 


157.  —  Nous  renvoyons  aux  traités  de  Chimie  et  de  Teinturerie  pour  tout 
ce  qui  regarde  la  chimie  si  compliquée  de  ces  nombreux  corps  colorants. 
Le  lecteur  trouvera  du  reste  un  exposé  succinct  mais  admirablement  fait 
dû  ce  sujet  difficile  dans  Gierke,  Fœrberei  zu  mik.  Zwecken  (ZeU.  f,  wiss, 
Mikroskopie,  II,  1885,  p.  21  à  36,  et  164  à  183).  Nous  nous  bornons  à  donner 
ici  une  classification  abrégée  de  ces  corps,  qui  pourra  servir  à  guider  Tétu- 
I liant  dans  ses  lectures,  et  un  tableau  des  solubilités  et  réactions  histolo- 
^^iques  des  principales  couleurs  de  la  houille  employées  en  histologie,  qui 
pourra  avoir  une  utilité  pratique.  Nous  avons  combiné  ces  tableaux  d'après 
lo  travail  précité  de  Gierke,  et  d'après  les  tableaux  donnés  par  Griesbacu 
(Arch,  f.  mik,  Anat,^  XXII,  p.  134),  par  Harris  [Quart.  Jouim.  Mie,  Science, 
XC,  1883,  p.  301),  et  d'après  les  Tabellen  de  Behrens,  et  d'autres  sources. 

158.  Classification  des  Couleurs  de  la  houille. 

Les  couleurs  de  la  houille  se  divisent  en  trois  groupes  principaux,  com- 
prenant :  1<>  les  dérivés  de  l'Aniline  ;  2<*  les  dérivés  de  la  Naphtaline, 
et  3<^  les  dérivés  de  TAnthracène. 

Le  groupe  des  Anilines  (y  compris  la  Safranine,  qui  dérive  non  de 
TAniline,  mais  de  son  homologue  la  Toluidine)  peut  être  subdivisé  de  la 
manière  suivante  : 

i.  Produits  de  l'oxydation  de  l'Aniline  :  —  Noir  d'aniline,  Induline, 
Nigrosine,  Bleu  de  méthylène. 

2.  Produits  de  l'oxydation  de  la  Toluidine  :  —  Safranine. 

3.  Produits  de  l'oxydation  de  mélanges  d'Aniline  et  de  Toluidine  ;  —  ce 
sont  les  composés  de  la  Rosaniline  :  —  Fuchsine  et  autres. 

4.  Produits  de  la  substitution  des  atomes  d'hydrogène  de  la  Rosaniline  par 
les  radicaux  méthyle  ou  éthyle  :  —  ce  sont  les  importants  violets  et  verts, 
—  Dahlia,  Violet  de  méthyle.  Vert  de  méthyle.  Vert  d'iode. 

5.  Produits  de  la  substitution  des  atomes  d'hydrogène  de  la  Rosaniline  par 
le  groupe  moléculaire  phényle  :  —  Bleus  d'Aniline  et  quelques  verts  qui  ne 
âont  guère  employés  en  histologie. 


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Qoo^^ 


DES   COULEURS    DE   LA    HOUILLE 


115 


6.  Couleurs  azoïques  :  -r«  Jaunes,  Brun  Bismarck,  etc* 

7.  Dérivés  azotés  du  Phénol  :  —  Acide  picrique,  Dinitrosorésorcine. 
8-  Couleurs  oxyazoïques  ;  —  les  Tropaeolines,  FOrange  G,  etc. 

9.  Les  Phtaléines,  obtenues  par  Faction  de  Fanhydride  phtalique  sur 
te  Phénol  :  —  Éosine. 

10.  Produits  de  Foxydation  du  Phénol  :  —  Aurine. 

11.  Dérivés  de  la  base  Quinoline  (ou  Leucol)  :  —  Bleu  de  Quinoléine. 

Le  groupe  des  dérivés  de  la  Naphtaline  comprend  : 

1.  L'Amidoazonaphtaline  :. —  Rose  de  naphtaline  (ou  Rouge  de  Mag- 
dala). 

2.  Les  azo-composés  des  deux  Naphtols  (a  et  p  Naphtol]  :  —  les 
Bordeaux,  les  Tropœolines,  Ponceau,  et  autres  rouges  ;  avec  d'autres  dérivés 
qui  ne  trouvent  pas  d'emploi  en  histologie. 

Le  groupe  des  dérivés  de  FAnthracène  comprend  les  Alizarines  et  les 
Purpurines  artificielles. 

TABLEAU 

DES  COULEURS  DS  LA  HOUILLE  EMPLOYÉES  EN   HISTOLOGIE,  AVEC  LEURS  SOLUBILITÉS 
ET  PROPRIÉTÉS   HISTOLOGIQUES 


SUBSTANCE 


GROUPE  DES  ANILINES 

!• 
Noir  d'aniline  (Noir 
de  Colin;  Nigraniline, 
Aniline  blue  black.) 


Les  Indulines  (Indu- 
Une,  Nigrosine,  Benga- 
line,  Indigo  artificiel, 
Bleu  noir,  Blackley- 
blue). 

Bleu  de  méthylène. 

Thîonine   (Violet    de 
Lauth). 


Safranine. 


Mauvéine. 


SOLUBILITÉ 


Insoluble  à 
Feau,  soluble 
dans  le  phé- 
nol  et  Fani 
Une. 


Eau  et  al- 
cool, selon  l'é- 
tiquette. 


Rau  et  alcool, 
Eau. 


Eau  et  alcool. 


COULEUR 


Noir. 


Bleu. 


Bleu. 
Violet. 


Rouge. 


Violet. 


OBSERVATIONS 


Employé  vraisembla- 
blement par  LuYS  et 
d'autres  pour  coupes  de 
cerveau  durci  &  Tacide 
chromique  (mais  voyez 
n«  203). 

lnduline,marque  bleue, 
nigrosine  nuance  plus 
noire.  Voyez  172  et  202. 


Voyez  172  et  180  à  188. 

Homologue  du  bleu  de 
méthylène.  N''172. 


Très  important.  Voyez 
n»  167.       ' 

172.    Ne  se  fabrique 
plus. 


*  Les  chiffres  dans  celle  colonne  renvoient  aux  sabdivisions  de  la  liste  donnée  dans  le  para- 
graphe précédent. 


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116 


CHAPITRE    IX 


SUBSTANCE 

SOLUBILITÉ 

COULEUR 

OBSERVATIONS 

GROUPE  DES  ANILINES 

Rouge   neutre  (Neu- 

Eau. 

Rouge. 

Colorations      vitales. 

tralrolb). 

192. 

3 
Fuchsine  (rouge  d'a- 

Selon rèti- 

Rouge.- 

On  appelle  «  Fuchsine  » 

niline,  Rubine,Ro8éine, 

quette. 

toute  une  série  de  sels 

MagenU,  Solférino,  Co- 

de  Rosaniline.Le  produit 

ralline,  Azaléine),  ces 

commercial  est  un  mé- 

sels sont  des  couleurs 

lange  des  sels  de  deux 

«  basiques  ». 

bases,  rosaniline  et  pa- 
rarosaniline.  Le  violet 
Magenta,  la  fuchsine  V, 
la  cerise,  le  cardinal, 
l'amaranth,  sont  des  mé- 
langes de  Magenta  avec 
d'autres  couleurs.  Voyez 
n»  172. 

Fuchsine  acide  (Saû- 

Eau. 

Rouge. 

Tous  ces  noms  sontdes 

refuchsin,    Fuchsin  S. 

synonymes.  La  fuchsine 

Saûrerubin,     Magenta 

acide  est  le  sel  de  so- 

S., Magenta  acide,  Ru- 

dium  de    la  rosaniline 

bine  S.,  Rubine  acide), 

disolfoconjuguée;     elle 

dans  laquelle  le  prin- 

se   présente    sous    des 

cipe  colorant    est   un 

nuances    plus    violettes 

acide  y   au   lieu   d'être 

ou  plus  jaunes  selon  les 

une  base  comme  dans 

procédés  de  fabrication. 

la  Fuchsine  ordinaire. 

Colorant      plasmatique 

On  peut  s*en  procurer 
chez  le  D'  Grûbler,  17. 

très  important,  n«  189. 

Dufourslrasse,  Leipzig. 

N^est  fabriquée  que  par 

la  Badische  Anilin  und 

^ 

Soda  Fabrik. 

4 

Violet  de  méthyle. 

Eau  et  Alcool. 

Violet. 

Réactif  pour  matière 

(Violet  de  méthylani- 

amyloïde,  et  pour  Bacté- 

line, Violet  de  Paris.) 

ries  .-voyez aussi  n*'172, 
179. 

Violet  B. 

Eau. 

Violet. 

Colorant  spécifique  des 
vaisseaux  du  tissu  con- 
jonctifetadipeux(MAYER, 
S),  voyez  n*  199. 

Violet  de  Gentiane. 

Eau  et  alcool. 

Violet. 

Vun  des  plus  impor- 

(Chimiquement     le 

tants  des  colorants  des 

même  corps  que  Vio- 

noyaux.   Stable    (Flem- 

let   B,  plus  un  corps 

iiiNG).    Important   pour 

inactif.) 

Bactéries  (Weigert,  Ehr- 
lich),  voyez  n*  168. 

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DES   COULEURS   DE   LÀ   HOUILLE 


117 


SUBSTANCE 

SOLUBILITÉ 

COULEUR 

OBSERVATIONS 

GROUPE  DES   ANILINES 

Dahlia  (Primula.  — 
«VioletsdeHofmano»). 

Eau  et  alcool. 

Violet-bleu. 

Dahlia,  nuance  bleue, 
Primula,  nuance  rose; 
utile.  Spécifique  pour 
cellules  plasmatiques 
(Mastzellen)-(EHRLiCH). 
Colorant  nucléaire  : 
voyez  n'  169. 

Bleu  Victoria. 

Eau  et  alcool. 

Bleu. 

Colorant  nucléaire  im- 
portant. Spécifique  pour 
fibres  élastiques,  n»  170. 

VertdMode. 

Eau  et  alcool. 

Vert. 

Bon  colorant  histolo- 
gique,  résistant  à  Tal- 
cool,  mais  ne  se  fabrique 
plus,  et  n'est  plus  em- 
ployé en  histologie. 

Vert  de   méthyle 
(ou  Vert  Lumière),  Li- 
chtgrûn,   Grùnpulver, 
Vert  de  Méthylaniline. 
Le  synonyme  de  «  vert 
lumière  »  se  doit  plu- 
tôt rapporter  au  vert 
d'Iode   (Benedikt),    et 
pour     le     Lichtgrûn , 
voyez  à  la  subdivision 
suivante  (5). 

5 

Bleus  de  Rosaniline. 

Eau  et  alcool. 

Vert. 

Réactif  le  plus  électif 
pour  les  noyaux  des 
tissus  frais.  Très  impor- 
tant. N»  174. 

Bleu  de  Lyon  (Bleu 
de  Nuit,  Grûnstichbiau, 
Bleu  opal). 

Alcool. 

Bleu. 

Colorant  n'affectant 
pas  les  noyaux,  n""  200. 

Bleu     de     toluidine 
(Bleu  de  Parme,  Licht- 
blau.  Bleu  alcool,  Bleu 
gentiane). 

Eau  et  alcool. 

Bleu. 

Ces  marques  sont  des 
mélanges  de  dérivés  de 
la  rosaniline  plus  ou 
moins  «  substitués  ». 
Voyez  n-  172  (bleu  de 
toluidine)  et  200. 

Bleus  de  triphényl-ro- 
saniline  (Bleu  de  mé- 
thyle, bleu  coton,  Was- 
serblau,     waterblue). 
Bleu   de    Chine,   bleu 
soluble. 

Eau. 

Bleu. 

Le  Wasserblau  est  un 
colorant  plasmatique 
d'une  certaine  impor- 
tance, n«  201. 

Vert  malachite  (Vert 
diamant,  Solid  green, 
Victoria    green ,    New 
green^    Benzol   green, 
Benzoyl    green,    Fast 
green). 

Eau. 

VerU 

NM97. 

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118 


CHAPITRE   IX 


SUBSTANCE 


GROUPE  DES  ANILINES 

LichtgrûnF.S.,Light 
green  S  ou  S.  F.,  Acid 
green  S.  0.  F.,  Acid 
green. 


6 

Brun  Bismarck  ( Vé- 
suvine,  Manchester- 
brown,  La  Phénicienne, 
Phenylenbraun,  Brun 
dephénylène.Brun  d'a- 
niline. Cannelle,  la  Phé- 
nicienne). 


SOLUBILITÉ 


Eau  et  alcool. 


Eau  et  alcool 


COULEUR 


Vert. 


Echtgelb,  Saûregelb 
(jaune  solide,  jaune 
acide). 

Orange  III,  Gold- 
orange. 


Acide  picrique. 


Dinilroso-resorcine 
(Echtgrun  ;  Vert  solide, 
Vert  d'Alsace,  Dark- 
green,Resorcin«green). 

8 
Tropeeoline  0  (Chry- 
séoline). 

Tropœoline  000  n*  1 
(Orange  1). 


Tropœoline  000  n»2 
(Orange  2,  Betanaphlol 
orange). 


Eau. 


Eau. 


Eau  et  alcool. 


Eau  (peu)  et 
alcool. 


Eau 
bouillante. 

Eau. 


Eau. 


Brun. 


OBSERVATIONS 


Jaune. 
Jaune. 
Jaune. 
Vert. 

Rouge-jaune, 
Rouge. 

Rouge-jaune. 


Colorant  plasmatique 
important.  Sel  sodique 
de  l'acide  diethyldiben- 
zyldi-amidotriphénylcar- 
binoltrisulfonique,et  ne 
pas  à  confondre  avec  le 
vert  malachite,  ni  avec 
le  vert  de  méthyle.  N«' 
174,  196. 

Colorant  assez  électif 
pour  les  noyaux;  assez 
stable.  Très  utile  suc- 
tout  pour  les  tissus  frais. 
Le  brun  Bismarck  est 
le  chlorhydrate  de  tria- 
midoazobenzine  ;  mais 
toutes  les  marques  du 
commerce  sont  des  mé- 
langes de  ce  sel  avecd'au- 
tres  produits,  lesquels 
sont  pour  la  plupart  in- 
solubles. N»  172,  178. 

N«  194. 


N»  194. 


Une  des  plus  utiles  des 
teintures  des  substances 
intercellulaires,  K*  195. 

Colorant  plasmatique. 
N»  197. 


Différencie  bien  les  tis- 
sus.. Résiste  à  l'alcool. 

Colorant  très  électif 
pour  noyaux,  pour  tis- 
sus frais  ou  durcis.  Ré- 
siste à  l'alcool.  M»  194. 

Coloration  comme  la 
précédente,  mais  ne  ré- 
sistant pas  à  l'alcool. 
Parait  devoir  être  utile 
pour  le  procédé  régres- 
sif. N»  172. 


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DES    COULEURS   DE   LÀ    HOUILLE 


119 


SUBSTANCE 


GROUPE  DES  ANILINES 

Orange  G.  (Sel  de 
sodium  de  l'acide  ani- 
iinazo  B.,Naphtol-disui- 
fonique).  Fabrication 
de  Meister,  Lucius  et 
Brûning  ù  Hôchst-u- 
M.,  et  de  l'Actienge- 
sellschaft  f.  Aniline  fa- 
brication à  Berlin.  Se 
trouve  chez  Grûbler. 


Ecarlale  impérial, 
Nouveau  rouge  (Bie- 
bricher  Scharlach). 

Roccelline  («  Echt- 
roth,  »  Kubidine,  Or- 
seilline  n"  3,  Rauva- 
rienne). 

Croséine. 


Xylidinponceau  (Pon- 
ceau  R.) 


Ponceau  RR. (Isomère 
de  Tëcarlate  impérial). 


Bordeaux  R. 


Bordeaux  G. 
Rouge  Congo. 


Benzopurpurine,Ben- 
zopurpurine  B.,  Delta- 
purpurine. 

Benzoazurnie. 


SOLUBILITÉ 


Eau. 


Eau. 


Eau  et  alcool. 


Eau. 


Eau. 


Eau. 


Eau. 


Eau  chaude. 

Eau. 

Eau. 

Eau. 


COULEUR 


Orange. 


Rouge 
écarlate. 


Rouge 

Ecarlate. 

Rouge. 
Rouge. 

Rouge. 


Rouge. 
Rouge. 
Rouge. 

Bleu. 


OBSERVATIONS 


La  solution  aqueuse 
possède  une  réaction 
acide.  Couleur  impor- 
tante. Colorant  de  la 
chromatine  par  régres- 
sion, mais  surtout  em- 
ployé dans  les  «  colora- 
tions combinées  •.  Voir 
à  ce  chapitre,  les  mé- 
thodes de  Plemming  et 
de  Ehriich-Biondi. 


DifTus.  Résiste  à 
cool.  No  194. 


'al- 


Bon  colorant  régressif, 
surtout  pour  tissu  os- 
seux. N""  172. 


Très  utile,  pour  objets 
alcooliques  ou  chromi- 

3  ues,surtout  tissus  glan- 
ulaires  et  conjonctifs. 

Ne  colore  pas  les  objets 
chromiques;  ne  résiste 
pas  à  l'alcool. 

Plus  électif  que  le  pré- 
cédent; résiste  à  Talcool; 
ne  colore  pas  les  objets 
chromiques.  N*  194. 

Colorant  électif  pour 
noyaux,  surtout  utile 
pour  tissus  glandulaires 
et  conjonctifs,  par  voie 
progressive.  Colore  les 
objets  chromiques;  ré- 
siste à  ralcooi.  W  194. 

Mêmes  réactions  que 
le  précédent.  N»  194. 


Colorant  «  vital 
nerveux.  N»  190. 


et 


Pour  ces  trois  couleurs 
voir  n*  191. 


Colorant  surtout  nu- 
cléaire, progressif  ou  ré- 
gressif. W  172. 


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420 


CHAPITRE   IX 


SUBSTANCE 

SOLUBILITÉ 

COULEUR 

OBSERVATIONS 

GROUPE   DES  ANILINES 
9 

Les  Éosines. 

Eosine  soluble  à  l'eau 
(Primerose  soluble). 

Eau  et  alcool 
dil. 

Rouge. 

Ce  sont  d'énergiques 
colorants  diffus. 

Utiles  surtout  pour  les 
colorations  combinées. 

Eosine  soluble  à  Tal- 
cool(Eosinealcoolique), 
Rose  Benjçale,  Erythro- 
sine,  Pyrosine,     Phlo- 
xine,  Safrosine,  etc. 

Alcool. 

Rouge. 

N"^  193. 

10 

Aurine,   Benzaurine, 
Coralline  jaune,  Coral- 
line  rouge,  Pœonine. 

Toutes  inutiles. 

il 
Bleu    de   quinoléine 
(Cyanine,       Chinolin- 
blau). 

Alcool. 

Bleu. 

Colorant  spécifique 
des  graisses.  Colorant 
des  Infusoires  intra  vi- 
tam.  Voyez  n«  198. 

GROUPE  DES  COULEURS  DE 
NAPHTALINE 

1 

Rose    de    naphta- 
line. (Rosa-naphihyla- 
mine,  Rouge  de  naphta- 
line,  Magdala).   Cette 
couleurpeut  également 
être  classée  près  de  la 
safranine. 

Eau  chaude 
et  alcool. 

Rouge. 

L'un  des  meilleurs  des 
colorants  des  noyaux 
par  voie  régressive. 
(Flemming).  No  172. 

160.  Classification  cy  tologique  des  couleurs.  —  On  rencontre  fré- 
quemment dans  la  littérature  une  classification  histologique  (ou  mieux, 
cytologique)  des  couleurs  de  la  houille,  due  à  Ehrlich  (  Verh,  d.  BerL  phys, 
Gesellsch.^  16  mai  1879  ;  —  dans  Reichert  u,  du  Bois-Reymond's  Arch.  f. 
Anat,  w.  Phys,,  Phys.  Abth.,  1879,  p.  571). 

D'après  Ehrlich,  les  c  couleurs  basiques  »,  ou  couleurs  dans  lesquelles  la 
substance  colorante  joue  le  rôle  de  base  combinée  avec  un  acide  incolore, 
possèdent  en  général  une  tendance  à  se  localiser  d'elles-mêmes  et  directe- 
ment dans  les  noyaux  ;  —  tandis  que  les  c  couleurs  acides  »,  ou  couleurs 
dans  lesquelles  la  substance  colorante  proprement  dite  joue  le  rôle  d'un 
acide  dans  la  combinaison,  colorent  d'une  manière  difTuse,  ou  -se  localisent 
principalement  dans  le  cytoplasma  et  les  substances  intercellulaires.  (Pour 
un  exemple  de  cette  distinction  en  couleurs  basiques  et  acides,  voyez  Fuch- 
sine Acide,  no  189.) 

'A  ces  deux  groupes  principaux  on  peut  ajouter  un  petit  groi%^  de  cou- 


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DES   COULEURS   DE   LA   HOUILLE  121 

leurs  neutres.  Bien  peu  des  couleurs  du  commerce  possèdent  la  constitution 
chimique  qui  les  placerait  dans  ce  dernier  groupe  ;  Ehrlich  admet  qu'il  s'en 
forme  lorsqu'on  mélange  les  solutions  d'une  couleur  basique  et  d'une  cou- 
leur acide.  Ces  corps  neutres  seraient  insolubles  dans  l'eau  pure,  et  se  pré- 
cipitent lorsqu'on  fait  le  mélange,  mais  se  dissolvent  si  l'on  ajoute  un  excès 
de  la  couleur  acide.  Ils  auraient  des  affmités  spéciales  pour  certaines 
enclaves  cellulaires, 

Nous  aurions  donc  ainsi  trois  groupes  de  couleurs,  qui  seraient  définis 
en  même  temps  par  leur  constitution  chimique  et  par  leurs  afflnités  cyto- 
logiques  : 

Nous  aurions  les  couleurs  basiques  (dans  le  sens  ci-dessus  donné  à  ce 
mot,  ce  qui  n'implique  nullement  une  réaction  alcaline  de  la  solution  du 
corps  en  question),  qui  seraient  des  colorants  de  la  chromatine,  ou  des 
colorants  nucléaires  ;  —  les  couleurs  acides,  qui  seraient  des  colorants  plas- 
matiques  ;  puis  les  couleurs  neutres,  qui  seraient  des  colorants  spécifiques 
pour  certains  éléments  des  cellules.  Mais  il  semble  que  la  généralisation 
d'Ehrlich,  sans  doute  fort  exacte  au  point  de  vue  théorique,  ne  se  laisse 
pas  appliquer  sans  beaucoup  de  restrictions  aux  réalités  de  la  technique. 
Nous  avons  à  tenir  compte  dans  la  pratique  non  seulement  des  affinités  de 
la  couleur  pour  tel  ou  tel  élément  comme  elles  se  révèlent  à  la  teinture 
progressive;  il  nous  faut  aussi  tenir  compte  de  la  résistance  de  la  couleur 
aux  liquides  de  lavage  et  de  déshydratation  et  éclaircissement,  en  un  mot, 
de  sa  manière  de  se  comporter  à  la  teinture  régressive.  Et  cela  est  ici  par- 
ticulièrement important  parce  que,  en  effet,  l'emploi  principal  des  couleurs 
de  la  houille  se  trouve  dans  la  coloration  par  voie  régressive  de  coupes  des- 
tinées à  être  déshydratées  par  l'alcool  et  montées  au  baume.  Or  les  expé- 
riences d'Ehrlich  ne  tiennent  pas  compte  de  ces  conditions.  Elles  ont  été 
faites  avec  des  cellules  isolées,  étalées  en  couche  mince  sur  des  verres  à 
couvrir,  et  sans  emploi  d'alcool  pour  la  déshydratation.  Il  en  résulte  que 
ses  catégories,  couleurs  basiques,  couleurs  acides,  ne  correspondent  pas 
exactement  aux  catégories  techniques  de  colorants  nucléaires,  colorants 
plasmatiques. 

Par  exemple,  l'Orange  est  une  couleur  acide.  Mais  cela  n'empêche  pas 
que,  employée  en  teinture  régressive,  elle  ne  se  montre  comme  colorant 
nucléaire  donnant  une  coloration  très  précise  de  la  chromatine  et  des 
nucléoles  plasmatiques.  La  Fuchsine  acide,  ou  Sâurefuchsine,  est  une  cou- 
leur très  acide.  Elle  se  montre  en  général  comme  colorant  plasmatique  très 
franc;  mais  quelquefois  à  la  teinture  régressive  (il  est  vrai  que  ce  n'est 
que  rarement  et  dans  des  conditions  qu'on  ne  peut  pas  préciser)  elle  donne 
de  vigoureuses  colorations  nucléaires.  La  Safranine  est  une  couleur  basique; 
mais  par  l'emploi  dé  mordants  appropriés  on  peut  en  faire  un  colorant 
plasmatique.  Il  y  a  même  bien  des  marques  de  Safranine  qui  ne  fournissent 
jamais,  même  sans  mordançage,  des  colorations  n'intéressant  pas  le  plasma 
au  point  de  les  rendre  inutiles  comme  colorations  nucléaires.  Le  Bleu  de 
méthylène  est  une  couleur  basique.  Mais  on  sait  qu'employé  d'après  la 
méthode  d'Ehrlich  pour  les  soi-disant  colorations  vitales  de  nerfs  ou 
d'autres  tissus,  ce  qu'il  fournit  c'est  surtout  une  coloration  plasmatique, 
la  coloration  des  noyaux  qui  s'y  présente  quelquefois  n'étant  qu'un  épiphé- 
nomène  accidentel.  La  Nigrosine  est  une  couleur  acide  d'après  Ehrlich. 
Employée  en  teinture  régressive  elle  m'a  donné  des  colorations  nucléaires 


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122.  CHAPITRE   IX 

de  toute  beauté,  le  cytoplasme  ne  retenant  pour  ainsi  dire  qu'une  trace  de 
couleur.  D'après  Griesbach,  le  Bordeaux,  également  une  couleur  acide,  est 
un  colorant  nucléaire.  Il  ne  serait  pas  difficile  de  donner  encore  plusieurs 
exemples  de  ce  genre. 

Il  semble  donc  que  la  généralisation  d'ËiiRLic H,  quelque  importante  qu'elle 
soit  au  point  de  vue  de  la  théorie  cytologique,  ne  suffit  pas  à  fournir  une 
classification  des  couleurs  de  la  houille  au  point  de  vue  de  la  technique  his- 
toiogique.  Nous  nous  en  tiendrons  à  notre  classification  usuelle  en  colorants 
nucléaires  et  plasmatigues  et  nous  distribuerons  nos  couleurs  dans  ces 
cadres  d'après  des  considérations  simplement  empiriques. 

161.  La  méthode  régnc'essive  de  coloration  ou  méthode  de 
Flemming*.  —  Bien  peu  des  couleurs  de  la  houille  donnent  de 
bonnes  colorations  nucléaires  par  voie  progressive  (n®  98).  Il  y  en  a 
deux,  le  vert  de  méthyle  et  le  brun  Bismarck,  qui  sont  des  colorants 
nucléaires  directs  de  première  importance.  L'une  de  ces  couleurs  est 
d'une  importance  toute  spéciale,  ce  qui  fait  que  nous  ne  craignons 
pas  de  nous  répéter  en  la  signalant  à  l'attention  du  lecteur  à  plusieurs 
reprises  ;  c'est  le  vert  de  méthyle.  C'est  un  colorant  instantané,  et  le 
réactif  le  plus  précis  de  la  <  chromatine  »  qui  soit  connu.  Les  solu- 
tions de  cette  substance  devraient  certainement  se  trouver  sur  toutes 
les  tables  de  laboratoire.  Après  le  vert  de  méthyle,  nous  avons  à 
signaler  le  brun  Bismarck  ;  c'est  un  bon  colorant  des  noyaux  par  la 
voie  directe,  et  très  stable.  Il  y  en  a  d'autres  qui  peuvent  fournir 
ùes  colorations  plus  ou  moins  électives  pour  les  noyaux  par  la  voie 
directe,  mais  les  deux  couleurs  que  nous  venons  de  nommer  sont 
sans  contredit  les  plus  importantes. 

Nous  réservons  pour  la  fin  de  ce  chapitre  la  considération  de  ces 
colorants  directs,  et  nous  passons  tout  de  suite  à  l'exposition  de  Isl 
manière  d'employer  les  couleurs,  tout  aussi  importantes,  qui  ne  se 
laissent  utiliser  que  par  la  voie  régressive  (n®  95).  C'est  cette 
méthode  que  nous  allons  maintenant  exposer  en  détail. 

162.  Coloration.  —  Des  coupes  seulementy  ou  des  portions  de  tissu 
assez  minces  pour  se  comporter  comme  des  coupes,  des  membranes 
par  exemple,  peuvent  être  traitées  par  cette  méthode. 

Les  solutions  jolorantes  3e  font  avec  l'alcool,  l'eau  ou  une  solution 
d'huile  d'aniline  dans  l'eau  (voyez  plus  bas,  Safranine  et  Gentiane), 
selon  les  diverses  solubilités  des  couleurs  employées.  Il  n'y  a  pas  en 

1  Le  principe  de  cette  méthode  est  due  à  Uerhann  et  Boettcuer;  mais  elle  est 
universellement  connue  sous  le  nom  de  Fleuming,  à  qui  revient  le  mérite  d'en 
avoir  amélioré  et  réglé  la  pratique  en  des  points  essentiels.. Pour  nous  conformer 
à  la  tradition  usuelle  nous  lui  conservons  le  titre.de  «  Méthode  de  Flemming  ». 


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DES   COULEURS   DE   LA    HOUILLE  123 

général  de  motif  spécial  pour  employer  l'alcool  si  Teau  peut  suffire  ; 
le  point  essentiel  est  d'obtenir  une  solution  très  forte.  L'alcool  à 
50  p.  100  est  très  souvent  employé.  Les  coupes  doivent  être  très 
fortement  colorées  dans  la  teinture.  En  règle  générale  on  ne  saurait 
les  y  laisser  trop  longtemps  ;  car  plus  elles  sont  fortement  colorées  et 
mieux  elles  résistent  à  la  décoloration,  ce  qui  est  un  avantage.  Avec 
les  puissantes  teintures  obtenues  au  moyen  de  l'huile  d'aniline,  il  suffit 
souvent  d'un  bain  de  quelques  minutes  ou  une  demi-heure,  mais  il 
est  souvent  bon  d'y  laisser  les  coupes  de  douze  à  vingt-quatre  heures 
ou  plus.  Les  objets  préparés  dans  le  mélange  de  Flemming  ou  dans  celui 
de  Herm ANN  sont  ceux  qui  donnent  les  plus  beau^  résultats  ;  mais  le 
matériel  au  sublimé,  etc.,  peut  être  employé.  Pour  les  recherches  sur 
les  noyaux  il  vaut  mieux  n'employer  les  teintures  anilinées  qu'avec  du 
matériel  bien  fixé  dans  un  liquide  chromo-osmique  ;  car  l'huile  d'ani- 
line est  une  base  assez  énergique  pour  altérer  la  chromatine  si  celle-ci 
n'a  pas  été  parfaitement  bien  fixée. 

Avant  de  procéder  à  la  décoloration  il  est  toujours  bon  de  rincer 
les  coupes  dans  l'eau,  quelquefois  même  de  les  y  bien  laver,  cela 
aide  à  fixer  la  couleur.  Pour  les  procédés  de  mordançage,  voyez  aux 
n<«  96  bis,  171  bis,  171  ter. 

163.  Décoloration.  —  Les  coupes  traitées  comme  ci-dessus  se 
trouvent  être  surcolorées,  c'est-à-dire  colorées  d'une  manière  à  la 
fois  excessive  et  diffuse.  Il  s'agit  maintenant  de  produire  l'élection 
voulue  par  la  différenciation  de  cette  coloration  diffuse  ;  il  faut  les 
décolorer  jusqu'à  un  certain  point. 

La  décoloration  se  fait  le  plus  souvent  par  le  lavage  à  l'alcool, 
tantôt  pur,  tantôt  acidifié  par  l'acide  chlorhydrique.Si  les  coupes  sont 
isolées  (coupes  à  la  celloïdine),  on  les  porte  dans  un  verre  de  montre 
d'alcool.  Si  elles  sont  montées  en  série  sur  porte-objets,  on  met  le  tout 
dans  un  tube  d'alcool.  Il  est  possible  de  différencier  simplement  en 
versant  l'alcool  sur  le  porte-objets  ;  mais  il  vaut  en  général  mieux 
employer  un  tube  ou  autre  bain.  Les  coupes  isolées  dans  le  verre  de 
montre  commencent  aussitôt  à  céder  leur  couleur  à  l'alcool,  sous 
iforme  de  nuages  qui  se  produisent  d*abord  très  rapidement  mais 
après  un  temps  plus  lentement.  Les  coupes  sur  porte-objets  rendent 
leur  couleur  sous  forme  de  rivières  coulant  le  long  du  verre,  ce  que 
l'on  constate  plus  facilement  si  de  temps  à  autre  on  soulève  la  lame 
pour  un  instant  au-dessus  du  niveau  de  l'alcool.  Après  quelque  temps 
on  constate  que  la  formation  des  nuages  ou  des  rivières  de  couleur 
parait  être  sur  le  point  de  cesser  ;  les  coupes  sont  maintenant  devè- 


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424        '  CHAPITRE   IX 

nues  pâles  et  un  peu  transparentes  y  et,  dans  le  cas  de  tissus  fixés  aux 
liquides  chronio-osmiques,  ont  pris  un  autre  ton  de  couleur,  ce  qui 
estdû  à  ce  que  le  fond  général  du  tissu,  teinté  par  le  liquide  fixateur, 
reparaît  aux  endroits  d'où  la  couleur  d'aniline  a  été  enlevée.  Par 
exemple,  des  tissus  préparés  au  liquide  de  Flemming  et  colorés  à  la 
safranine  passent  d'un  rouge  opaque  à  un  violet  délicat.  A  ce  moment 
la  difl'érenciation  est  complète  et  doit  être  arrêtée  instantanément^ 
ce  qui  se  fait  de  la  manière  que  nous  disons  au  paragraphe  suivant. 

On  recommande  en  général  de  prendre,  pour  la  décoloration,  de 
l'alcool  absolu.  Il  n'y  a  pas  de  mal  à  cela,  mais  très  souvent  l'alcool 
à  95  p.  100  suffira. 

Il  sera  en  général  bon  de  n'employer  la  décoloration  par  l'alcool 
à  l'acide  chlorhydrique  (1  p.  1000  environ)  qu'avec  des  tissus  très 
bien  fixés  dans  un  mélange  chromo-osmique  ou  un  liquide  semblable  ; 
car  cet  acide  peut  très  bien  produire  des  gonfiements  dans  les  tissus 
imparfaitement  fixés.  Il  faut  observer  aussi  que  l'acide  extrait  la 
couleur  plus  rapidement  des  noyaux  au  repos  que  de  ceux  qui  sont 
en  kinèse,  ce  qui  est  un  avantage  ou  non  selon  le  but  que  l'on  a  en 
vue.  En  thèse  générale,  on  peut  dire  que  le  lavage  doit  se  faire  à 
l'alcool  pur  toutes  les  fois  que  l'on  désire  avoir  les  noyaux  au  repos 
colorés  en  même  temps  que  ceux  qui  sont  en  kinèse  ;  les  autres  pro- 
cédés de  lavage  servant  surtout  à  différencier  les  kinèses. 

Quant  à  la  durée  des  lavages,  elle  varie  beaucoup  selon  la  nature 
des  tissus  et  les  détails  du  procédé  que  l'on  met  en  œuvre  ;  peut-être 
pourrait-on  dire  qu'elle  ne  saurait  être  de  moins  de  30  secondes,  et 
que  le  plus  souvent  elle  n'est  pas  plus  de  deux  minutes. 

Un  procédé  très  intéressant  est  celui  de  la  décoloration  par  une  deuxième 
teinture  à  couleur  d'aniline.  Par  ce  procédé  la  deuxième  couleur  se  subs- 
titue à  la  première  dans  le  fond  général  des  tissus,  laissant  les  noyaux 
colorés  par  la  première  teinture,  ce  qui  produit  une  coloration  double. 
Ainsi  le  bleu  de  méthylène  et  le  violet  de  gentiane  peuvent  être  enlevés  des 
portions  plasmatiques  par  une  solution  aqueuse  de  vésuvine  ou  d'éosine  ;  la 
fuchsine  peut  être  enlevée  des  portions  plasmatiques  par  une  solution 
aqueuse  de  bleu  de  méthylène,  tout  en  laissant  les  noyaux  en  possession  de 
la  première  couleur.  Flemming  a  obtenu  des  résultats  importants  en  diffé- 
renciant des  coupes  colorées  au  violet  de  gentiane  dans  une  solution  aqueuse 
d'orange  (voyez  pour  tous  ces  procédés  au  chapitre  des  colorations  com- 
binées), Flemming  paraît  attribuer  cette  réaction  à  la  nature  acide  de 
Torange.  C'est  possible  ;  Torange  est  une  couleur  acide  dans  le  sens  chi- 
mique, et  sa  solution  dans  Teau  a  une  réaction  acide.  Je  ne  puis  pas  dire 
jusqu'à  quel  point  la  nature  acide  des  couleurs  dans  le  sens  chimique  leur 
peut  prêter  une  action  décolorante  sur  les  couleurs  basiques  ou  moins 
acides.  Il  est  certain,  en  tout  cas,  que  les  couleurs  basiques  peuvent  servir 


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^1^  9'  '.  ^.jy^' 


DES    COULEURS    DE    LA    HOUILLE  125 

de  décolorants  ;  nous  en  avons  donné  deux  exemples  tout  à  l'heure  :  —  la 
yésuvine  et  le  bleu  de  méthylène  sont  tous  les  deux  des  couleurs  basiques. 

Des  procédés  comme  ceux  de  Resegotti  {colorations  combinées)  ei  de  Benda 
(Safranine  suivie  de  Lichtgrûn)  n'entrent  pas  en  ligne  de  compte  ici  parce 
que  dans  ces  procédés  la  deuxième  couleur  est  employée  en  solution  alcoo- 
lique^ de  sorte  que  l'action  décolorante  peut  être  attribuée,  en  partie  du 
moins,  à  la  menstrue. 

Dans  plus  d'un  des  procédés  de  différenciation  qui  seront  décrits  plus 
loin,  un  traitement  par  l'acide  chromique  ou  par  l'iode  intervient.  Je  pense 
que  ces  corps  agissent  en  mordançant  la  chromatine,  ce  qui  lui  permettrait 
de  retenir  avec  plus  d'énergie  la  couleur  qu'elle  aurait  absorbée  à  la  tein- 
ture. Nous  savons  d'un  côté  que  l'acide  chromique  précipite  la  safranine  de 
ses  solutions;  de  sorte  que  si  nous  admettons  d'un  autre  côté  que  la  chro- 
matine  ait  une  affinité  spéciale  pour  cet  acide  (surtout  la  chromatine  à 
l'état  kinétique)  l'explication  serait  complète.  Comparez  aussi  ce  que  nous 
avons  dît  au  n<^  162  bis, 

164.  Éclaircissement.  —  La  différenciatioii  étant  complète,  la 
décoloration  doit  être  arrêtée  immédiatement,  comme  nous  l'avons 
dit.  Il  suffit  pour  cela  de  mettre  les  coupes  dans  de  Teau  ;  mais  la 
pratique  usuelle  est  d'éclaircir  et  monter  tout  de  suite. 

On  peut  éclaircir  par  l'essence  de  girofle,  qui  enlèvera  encore  de  la 
couleur  aux  tissus.  Ou  bien  on  peut  employer  un  éclaircissant  qui 
soit  sans  action  sur  la  couleur  (essence  de  cèdre,  de  bergamote,  xylol, 
loluol,  et  d'autres,  voyez  au  chapitre  Agents  éclaircissants).  Si  Ton  a 
décoloré  à  Talcool  pur,  il  est  souvent  préférable  d'employer  l'essence 
de  girofle,  parce  que  l'alcool  pur  n'enlève  pas  toujours  parfaitement 
la  couleur  aux  portions  plasmatiques,  surtout  si  la  coloration  a  été 
longue.  Mais  si  elle  ne  l'a  pas  été,  et  surtout  si  l'on  a  décoloré  à 
l'alcool  acidifié,  l'essence  de  girofle  ne  sera  pas  nécessaire,  et  du 
moment  qu'elle  n'est  pas  nécessaire  il  vaut  mieux  ne  pas  l'employer, 
car  elle  diminue  quelque  peu  le  brillant  de  la  coloration.  Cette 
essence  a  la  propriété  particulière  de  décolorer  la  chromatine  des 
noyaux  au  repos  plus  rapidement  que  celle  des  noyaux  en  kinèse, 
ce  qui  fait  qu'elle  aide  à  un  degré  important  à  la  différenciation  des 
mitoses. 

Certaines  couleurs  sont  beaucoup  plus  sensibles  à  l'action  de  l'es- 
sence de  girofle  que  d'autres.  Il  faut  aussi  tenir  compte  de  la  qualité 
de  cette  essence  si  fréquemment  falsiQée.  L'essence  fraîche  décolore 
plus  rapidement  que  la  vieille. 

Des  séries  de  coupes  montées  sur  porte-objets  se  laissent  éclaircir 
commodément  en  les  inondant  de  l'agent  éclaircissant. 

Lorsque  l'éclaircissement  a  été  obtenu,  on  monte  au  baume  ;  ou 
bien  si  l'on  ne  désire  pas  monter  tout  de  suite  et  que  l'on  ait  employé 


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126  CHAPITRE   IX 

Pessence  de  girofle,  il  faut  arrêter  la  décoloration  en  transportant  les 
coupes  dans  un  milieu  qui  n'attaque  plus  la  couleur  (xylol,  essence 
de  cèdre,  etc.). 

Pour  le  montage  il  faut  éviter  les  solutions  faites  au  chloroforme, 
ce  corps  attaquant  souvent  la  couleur. 

165.  Résultats  généraux.  —  Le  résultat  final  dépend  beaucoup 
du  traitement  préalable  des  tissus.  Si  vous  leur  avez  fait  subir  une 
fixation  prolongée  dans  le  mélange  fort  de  Flemming,  et  si  vous  avez 
décoloré  à  Talcool  acidiQé  et  éclairci  à  Tessence  de  girofle,  il  ne 
restera  en  général  de  coloré  que  les  nucléoles  plasmatiques  et  la 
ehromatine  des  noyaux  en  kinëse,  la  chromatine  des  noyaux  au  repos 
s'étant  décolorée.  Si  vous  avez  donné  une  fixation  plus  légère,  soit 
avec  le  mélange  faible  de  Flemming,  soit  avec  un  autre  fixateur  favo- 
rable à  la  coloration,  et  que  vous  ayez  décoloré  à  Talcool  pur,  la 
chromatine  des  noyaux  au  repos  demeurera  colorée.  Si  Ton  n'a  déco- 
loré que  fort  légèrement,  le  protoplasma  demeurera  coloré. 

166.  Choix  d'une  teinture  d'aniline.  —  Dans  les  coilleurs 
basiques,  c'est  la  safranine  et  le  violet  de  gentiane  qui  sont  les  cou- 
leurs les  plus  employées,  tant  sous  le  rapport  de  Ténergie  et  la  pré- 
cision de  la  coloration  que  sous  celui  de  sa  permanence.  J'y  ajoute 
volontiers  le  bleu  Victoria  qui  m'a  toujours  donné  d'excellents  résul- 
tats sous  tous  les  rapports.  On  peut  prendre  l'une  ou  l'autre  de  ces 
couleurs  selon  qu'on  désire  avoir  une  coloration  rouge  ou  bleue.  La 
safranine  sera  souvent  à  préférer  s'il  ne  s'agit  que  d'une  coloration 
èimple.  Elle  donne  aux  forts  grossissements  de  bonnes  images  tant  à 
Téclairage  du  jour  qu'à  l'éclairage  artificiel.  Tandis  que  j'ai  toujours 
remarqué  que  le  violet  de  gentiane  (et  la  plupart  des  bleus)  donnent  à 
la  lampe  des  images  dichroïques  qui  ne  sont  pas  favorables  à  une 
bonne  définition. 

Il  est  une  autre  considération  qui  peut  influer  sur  le  choix.  Quel- 
ques-unes de  ces  couleurs  donnent  une  coloration  mate;  il  en  est 
ainsi  pour  le  violet  de  gentiane,  à  tel  point  que  dans  les  fortes  colo- 
rations les  chromosomes  et  nucléoles  plasmatiques  paraissent  parfai- 
tement opaques.  Gela  est  favorable  à  la  définition  des  limites  de  ces 
éléments,  mais  défavorable  à  la  transparence  des  préparations  ;  de 
telles  colorations  ne  sont  à  préférer  que  pour  des  coupes  très  minces. 
La  safranine,  le  vert  d'aniline,  l'orange  et  quelques  autres  couleurs 
donnent  une  coloration  transparente  de  ces  éléments.  C'est  certaine- 
ment un  avantage  pour  des  coupes  tant  soit  peu  épaisses  ;  mais  cette 


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^^■-JH 


DES   COULEURS   DE   LA    HOUILLE  127 

transparence  n*est  pas  favorable  à  la  bonne  déQnition  d'objets  dif- 
ficiles, car  elle  donne  lieu  à  la  formation  de  lignes  de  diffraction.  La 
coloration  de  la  safranine  n'est  cependant  pas  d'une  transparence 
excessive,  et  donne  de  bons  résultats  sous  ce  rapport. 

S'agit- il  de  faire  des  colorations  doubles,  les  bleus  seront  souvent  à 
préférer  comme  colorants  nucléaires.  Car  il  y  a  plusieurs  rouges  qui 
sont  de  bons  colorants  plasmatiques,  mais  dans  les  bleus,  pour  autant 
que  j*aie  pu  le  constater,  il  n'y  en  a  que  peu  ou  point  de  satisfaisants. 
Après  un  bleu  (ou  plutôt  avant)  vous  pouvez  employer  la  fuchsine 
acide,  le  Congo,  l'éosine,  etc.  Tandis  qu'après  la  safranine  je  ne  con- 
nais guère  que  le  Kernschwarz  que  je  puisse  recommander  comme 
colorant  plasmatique. 


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CHAPITRE  X 
SAFRANINE  ET  AUTRES  COLORANTS  NUCLÉAIRES 

A.  —  Colorants  régressifs 

167.  Saft*aiiine.  —  Colorant  de  premier  ordre,  éneigique, 
brillant,  très  électif,  parfaitement  permanent  dans  le  baume. 

La  condition  première  de  la  réussite  dans  les  teintures  à  la  safra- 
nine  est  de  posséder  une  bonne  marque  de  safranine.  Nous  insistons 
ici  de  nouveau  sur  ce  que  nous  avons  dit  au  numéro  99  ;  —  avant  de  se 
mettre  à  travailler  avec  ce  réactif  il  convient  de  s'adresser  à  Grûbler 
ou  un  autre  des  fournisseurs  que  nous  avons  cités  et  commander  une 
provision  de  la  couleur  en  spécifiant  l'emploi  pour  lequel  elle  doit 
servir,  si  c'est  pour  la  coloration  nucléaire  en  général,  ou  si  c'est  pour 
des  colorations  spécifiques  de  fibres  élastiques  ou  pour  autre  emploi. 

11  y  a  dans  le  commerce  au  moins  une  vingtaine  de  marques  de 
safranine,  qui  diffèrent  à  un  degré  important  sous  les  rapports  de  la 
couleur,  du  poids,  de  la  solubilité  et  surtout  sous  le  rapport  des  colo- 
raticms  qu'elles  fournissent.  Les  unes  sont  facilement  solubles  dans 
l'eau,  mais  pas  dans  l'alcool;  pour  d'autres  c'est  le  contraire;  quel- 
ques-unes sont  facilement  solubles  dans  les  deux  menstrues.  Resegotti 
[Zeit,  f.  wiss.  AJik.^  V,  3, 1888,  p.  320)  en  a  étudié  quatorze  marques. 
Celle  dont  je  me  sers  depuis  longtemps  et  qui  donne  de  bons  résul- 
tats est  la  c  Safranine  0  »  de  Grubler.  Il  faut  se  rappeler  que, 
comme  les  procédés  de  fabrication  changent  continuellement,  les 
résultats  ne  seront  nullement  toujours  identiques. 

Coloration. 

Bon  nombre  de  safranines  ne  sont  pas  suffisamment  solubles  dans 
l'eau,  ce  qui  oblige  à  l'emploi  d'autres  menstrues. 


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SAFRANINE  ET    AUTRES    COLORANTS   NUCLÉAIRES  129 

La  solution  de  Phtzner  {Morph.  Jahrb.,  VI,  p.  478,  et  VII,  p.  291) 
se  compose  de  1  partie  de  safranine,  100  d'alcool  absolu  et  200  d'eau, 
cette  dernière  n'étant  ajoutée  qu'au  bout  de  quelques  jours. 

La  solution  de  Flkmmuïg  {Arch,  f.  mik.  Anal.,  XIX,  1881,  p.  317) 
consiste  en  une  solution  concentrée  dans  l'alcool  absolu,  allongée  de 
moitié  d'eau.  '^^ 

Les  solutions  de  Babes  [op.  cit.,  1883,  p.  356)  sont  (A)  un  mélange 
à  parties  égales  d'une  solution  concentrée  dans  l'alcool  et  d'une  solu-  f| 

tîon  concentrée  dans  Teau  (j*ai  trouvé  cela  excellent),  puis  (B)  une 
solution  aqueuse  sursaturée  faite  à  l'aide  de  la  chaleur. 

La  solution  anilinée  de  Babes  (Zeit.  f,  wiss.  Mik,,  IV,  4, 1887, 
p.  470)  consiste  en  100  parties  d'eau,  2  parties  d'huile  d'aniline  et  un 
excès  de  safranine.  Babes  chauffe  le  mélange  à  60  ou  80«  C.  et 
Qltre  à  travers  un  filtre  humide.  Cette  solution  pourra  être  conservée 
pendant  un  mois  ou  deux. 

La^olution  de  Zwaardemaeer  {op.  cit. y  IV,  2,  1887,  p,  212)  est  un 
mélange  à  parties  égales  de  solution  alcoolique  de  safranine  et  d'eau 
anilinée.  L'eau  anilinée  se  fait  en  agitant  un  peu  d'huile  d'aniline 
avec  de  l'eau  qu'on  filtre  ensuite.  Je  me  trouve  très  bien  de  cette 
solution. 

On  admet  que  l'aniline  dans  ces  liquides  sert  de  mordant  et  permet 
de  raccourcir  notablement  la  durée  de  la  teinture. 

On  peut  employer  n'importe  laquelle  de  ces  teintures  avec  n'im- 
porte lequel  des  procédés  de  décoloration  qui  vont  suivre.  Nous 
rappelons  ce  qui  a  été  dit  au  sujet  de  l'emploi  de  l'huile  d'aniline  au 
numéro  162. 

Décoloration  et  Eclaircissement. 

Pour  les  règles  générales  à  ce  sujet  voyez  ci-dessus,  n^  163, 164. 

Méthode  de  Flemming  (Première  Méthode).  Alcool  pur  (c  extraction 
neutre  »),  suivi  d'essence  de  girofle.  Les  noyaux  au  repos  sont  colorés 
en  même  temps  que  les  noyaux  en  kinèse. 

Méthodede  Flemming  (DeuxièmeMéthode,  «  Extraction  acide  »)  [Zeit.f, 
wiss.  Mik.^  I,  3,  1884,  p.  350).  Décolorer,  jusqu'à  ce  que  les  coupes 
ne  cèdent  presque  plus  de  couleur,  dans  de  l'alcool  contenant 
0,5  p.  100  d'acide  chlorhydrique,  achever  la  déshydratation  dans  l'al- 
cool pur,  puis  traiter  par  l'essence  de  girofle.  (On  peut  si  on  le  préfère 
employer  l'acide  en  solution  dans  l'eau.)  La  proportion  d'acide  indi- 
quée paraît  plus  forte  qu'il  ne  serait  nécessaire,  et  en  conséquence  j'ai 
presque  toujours  employé  une  dose  ne  dépassant  pas  0,2  p.  100; 

ANAT.  MICROSC.  9 


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130  CHAPITRE   X 

et  plus  récemment,  suivant  un  travail  plus  récent  de  Flemming  {Arch. 
f,  mik.  Anal.,  XXXVII,  1891,  p.  249),  j'ai  obtenu  de  bons  résultats 
en  employant  une  dose  de  1  p.  1000  ou  moins.  Cette  méthode  suppose 
un  matériel  bien  fixé  dans  le  mélange  fort  de  Flemming,  et  coloré 
pendant  au  moins  plusieurs  heures.  Podwyssozki  cependant  [Zeit.  f. 
toiss.  Mik.^  III,  3,  1886,  p.  40o)  dit  avoir  réussi  avec  des  colorations 
de  seulement  une  demi-heure  de  durée.  Cette  méthode  ne  laisse  de 
coloré  que  la  chromatine  en  kinèse  et  les  nucléoles  plasmatiques. 

La  méthode  à  V orange  de  Flemming  sera  décrite  dans  le  chapitre  des 
Colorations  combinées. 

Une  deuxième  méthode  de  Podwyssozki  {loc.  cit,)  consiste  à  déco- 
lorer (quelques  secondes  à  deux  minutes)  dans  une  forte  solution 
alcoolique  d'acide  picrique  suivie  d'alcool  pur.  Mêmes  résultats,  si  ce 
n'est  qu'on  obtient  une  coloration  brunâtre  au  lieu  de  rouge.  Voyez 
plus  bas  les  observations  d'OnLMACUER  au  sujet  de  l'emploi  de  l'acide 
picrique. 

Babes  recommande  pour  les  coupes  colorées  dans  sa  solution  anili- 
née  un  traitement  par  l'iode  d'après  la  méthode  de  Gram  que  nous 
décrirons  au  paragraphe  du  Violet  de  gentiane  (n®  168).  Ce  procédé  a 
aussi  été  recommandé  par  Prenant  [Int,  Monatsschr,  f.  Anat,^  etc., 
IV,  1887,  p.  368)  qui  fait  observer  qu'en  ce  cas  le  traitement  par 
riode  doit  être  un  peu  plus  long  que  pour  les  préparations  au  violet 
de  gentiane,  et  le  traitement  par  l'alcool  un  peu  moins  long.  Mais 
voyez  aussi  Ohlmacher,  ci-dessous. 

Martinotti  et  Resegotti  {Zett.  /*.  wiss,  MiL,  IV,  3,  1887,  p.  328)  recom- 
mandent de  décolorer  dans  un  mélange  fraîchement  préparé  d'une  partie 
de  solution  aqueuse  d'acide  chromique  à  1  p.  1000  avec  9  parties  d'alcool 
absolu,  avec  traitement  subséquent  par  Talcool  pur  et  Tessence  de  berga- 
motte.  D'après  mon  expérience  les  résultats  que  donne  cette  méthode  ne 
sont  pas  meilleurs,  je  pense  même  moins  bons,  que  ceux  que  donne  la  déco- 
loration dans  Tacide  chromique  simple  suivi  d'alcool,  d'après  Bizzozero 
(voyez  au  paragraphe  suivant). 

Ce  procédé  de  Bizzozero  est  certainement  excellent.  Garbini  {op,  cit,,  V,  2, 
1888,  p.  170)  a  conseillé  de  déshydrater  d'abord  dans  de  l'alcool  mélhylique 
(esprit  de  bois),  qui  ne  dissout  que  fort  peu  la  safranine,  puis  de  décolorer 
dans  un  mélange  de  deux  parties  d'essence  de  girofle  avec  une  partie 
d'essence  de  cèdre.  Cette  méthode  ne  m'a  pas  donné  de  bons  résultais. 

Il  nous  reste  à  dire  deux  mots  sur  la  différenciation  à  l'iode  ou  à  l'acide 
picrique.  Il  a  été  démontré  par  Ohlmacuer  (Joum.  Amei\  Med.  Ass,,  XX, 
n^  5,  Feb.  4,  1893,  p.  111)  que  si  des  tissus  colorés  à  la  safranine  sont 
traités  ensuite  par  des  solutions  qui  contiennent  de  l'iode  ou  de  l'acide 
picrique,  il  s'y  forme  un  précipité  d'une  substance  d'un  rouge  foncé,  de 
nature  cristalline  mais  revêtant  des  formes  lancéolées,  semi-lunaires,  falci- 
formes  ou  navicellaires.  Ce  précipité  se  forme  tant  dans  les  tissus  normaux 


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SÂFRANINE   ET   AUTRES   COLORANTS    NUCLÉAIRES  131 

que  daas  les  tissus  palhologiques,  et  tant  dans  les  noyaux  que  dans  le 
cytoplasme.  Il  se  forme  très  facilement  dans  les  tissus  carcinomateux  ;  et 
Ohlmacher  a  conclu  que  bien  des  corps  qui  ont  été  décrits  comme  <  Cocci- 
dies,  Sporozoaires  »,  ou  autres  «  parasites  »  des  carcinomes  ne  sont  pas 
autre  chose  que  des  éléments  de  ce  précipité.  Cette  critique  a  trait,  entre 
autres,  aux  travaux  de  Podwyssozki  et  de  Sawtsciienko.  Si  les  suppositions 
d'OuLMACUER  se  vérifient,  il  sera  nécessaire  d'admettre  avec  lui  que  remploi 
de  solutions  contenant  de  l'iode  ou  de  Tacide  picrique  après  la  safranine 
est  fort  sujet  à  cautions  (voyez  aussi  un  travail  plus  récent  du  même  auteur, 
op.  cit.,  June  30, 1894). 

Dans  des  tissus  fixés  au  liquide  de  Flemming,  la  safranine  colore, 
outre  les  noyaux,  les  fibres  élastiques,  les  corps  cellulaires  de  cer- 
tains épithéliums  cornés,  et  le  contenu  de  certaines  cellules  glandu- 
laires (la  mucine  entre  autres). 

Les  solutions  aqueuses  acidulées  par  Tacide  acétique  donnent  des  colora- 
lions  nucléaires  progressives  assez  bonnes  sur  des  tissus  frais. 

168.  Violet  de  Gentiane.  —  Egalement  une  des  plus  importantes 
des  couleurs  d'aniline.  C'est  un  colorant  tout  aussi  précis  que  la  safra- 
nine et  encore  plus  énergique.  On  peut  colorer  dans  une  solution  aqueuse 
simple,  ou  dans  une  solution  alcoolique  concentrée  allongée  de  moitié 
d'eau  (Flemming,  Zellsubst,,  etc.,  p.  384).  On  peut  décolorer  soit  à 
l'alcool  pur,  soit  (Flemming,  Zeit.  f.  wiss.  Mik.^  I,  1884,  p.  350)  à 
l'alcool  acidifié,  comme  nous  l'avons  dit  ci-dessus  pour  la  safranine. 
11  y  a  encore  une  méthode  excellente  en  ses  résultats,  et  très  com- 
mode, due  à  BizzozERO  (Z5i7.  f,  wiss,  Mik.,  III,  1886,  p.  24).  —  Les 
tissus  sont  fixés  et  durcis  soit  par  l'alcool  absolu,  soit  par  l'acide 
chromique  ou  les  mélanges  chromiques  de  Flemming  suivis  d'un 
lavage  à  l'eau  prolongé.  Les  coupes  sont  mises  pendant  cinq  à  dix 
minutes  (ou  plus  longtemps)  dans  le  liquide  d'ËHRLiCH  (violet  de  gen- 
tiane, 1;  alcool,  15;  aniline,  3;  eau,  80),  puis  lavées  rapidement 
dans  l'alcool  absolu,  et  portées  dans  une  solution  d'acide  chromique 
à  1  p.  1000.  On  les  y  laisse  pendant  trente  à  quarante  secondes,  puis 
on  les  met,  pendant  trente  à  quarante  secondes,  dans  de  l'alcool 
absolu  propre,  où  elles  se  décolorent  en  partie.  Puis,  pour  mieux  fixer . 
la  couleur  sur  les  figures  nucléaires,  on  remet  de  nouveau  les  coupes 
pendant  trente  secondes  dans  la  solution  chromique  et  ensuite  dans 
Talcool  absolu.  Au  bout  de  trente  à  quarante  secondes,  on  les  met 
dans  quelques  gouttes  d'essence  de  girofle,  où  elles  perdent  encore 
de  leur  couleur  ;  on  enlève  l'essence  et  on  la  remplace  par  de  l'es- 
sence propre,  puis  on  monte  dans  la  résine  damar. 


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132  CHAPITRE  X 

Dans  certains  cas,  surtout  lorsqu'il  s*agit  de  tissus  dont  les  noyaux 
retiennent  mal  la  couleur,  on  obtient  de  meilleurs  résultats  en  com- 
binant ce  procédé  avec  celui  qui  a  été  indiqué  par  Gram  pour  la  colo- 
ration de  micro-organismes  dans  les  tissus  {Fortschr,  d.  Medicin,^  II, 
1884,  n<»  6  ;  BriL  Med.  Journ,,  6 sept.  4884,  p.  486 ;  Journ.  Roy.  Mie. 
Soc.^  N.  S.,  IV,  1884,  p.  317),  c'est-à-dire,  en  faisant  précéder  le 
traitement  par  la  solution  chromique  par  l'action  d*une  solution 
d'iode.  La  série  des  opérations  est  alors  la  suivante  :  5  à  10  minutes 
dans  le  liquide  d'Ëhrlich;  lavage  pendant  5  secondes  à  Talcool 
absolu  ;  3  minutes  dans  la  solution  d*iode  (iode,  1  \\  iodure  de  potas- 
sium, 2  ;  eau,  300)  ;  20  secondes  dans  Talcool  absolu  ;  30  secondes 
dans  la  solution  chromique  ;  IS  secondes  dans  Talcool  absolu  ; 
30  secondes  dans  la  solution  chromique  pour  la  deuxième  fois; 
30  secondes  dans  Talcool  absolu  ;  deux  lavages  successifs  dans  l'es- 
sence de  girofle;  résine  damar. 

La  deuxième  méthode  s'emploie  surtout  pour  les  tissus  dont  les 
noyaux  se  décolorent  facilement  (foie,  glandes  salivaires,  reins,  pan- 
créas). Dans  les  préparations  bien  réussies,  le  protoplasma  cellulaire 
est  incolore  ;  dans  les  noyaux  au  repos,  les  nucléoles  seuls  sont 
faiblement  colorés;  les  mitoses  sont  d'un  violet  intense,  presque 
brun. 

NissEN  {Arch.  f.  mik,  Anat.^  1886,  p.  338)  a  modifié  cette  méthode 
en  supprimant  le  traitement  par  Tacide  chromique. 

Nous  avons  déjà  fait  observer  que  le  violet  de  gentiane  donne  des  colora- 
tions extrêmement  énergiques  et  d'une  nature  opaque.  Il  en  résulte  qu'il 
convient  mieux  pour  des  coupes  très  minces  que  pour  celles  qui  ne  le  sont 
pas.  La  coloration  se  conserve  bien  dans  le  baume  ;  mais  j'engage  à  laisser 
les  préparations  le  moins  possible  à  la  lumière. 

Les  solutions  aqueuses  acidulées  par  l'acide  acétique  (à  1  p.  100  par 
exemple)  sont  des  colorants  nucléaires  progressifs  pour  le  tissu  frais.  La 
couleur  dissoute  dans  un  liquide  <  indifférent  *  est  une  des  plus  utiles  pour 
les  soi-disant  c  colorations  vitales  ».  Pour  l'emploi  de  cette  couleur  en 
combinaison  avec  d'autres,  voyez  au  chapitre  des  Colorations  combinées. 

169.  Dahlia  (Flembong,  Arch.  f.  mik.  Anat.,  XIX,  1881,  p.  317). 
—  Colorer  dans  une  solution  aqueuse,  soit  neutre,  soit  acidifiée  par 
l'acide  acétique,  et  décolorer  à  l'alcool  pur.  La  coloration  de  la  chro- 
matine  est  bonne,  mais  moins  forte  qu'avec  la  gentiane  ou  la  safra- 
nine.  Les  granulations  cytoplasmiques  de  certaines  cellules  sont 
nettement  colorées. 

Pour  les  tissus  frais^  on  peut  selon  Ehruch  [Arch.  f.  mik.  Anal. y 
XIII,  1876,  p.  263)  employer  le  dahlia  de  deux  manières.  On  peut 


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imj" mmjt  f      i     i".T-T' 


SAPRANINE   ET   AUTRES   COLORANTS    NUCLÉAIRES  133 

colorer  dans  une  solution  aqueuse  neutre  qui  donne  une  coloration 
uniforme  de  tous  les  éléments,  excepté  des  noyaux  ;  en  traitant  alors 
les  préparations  par  Teau  acidulée  avec  de  Tacide  acétique,  la  couleur 
se  retire  des  tissus  et  se  localise  dans  les  noyaux.  Ou  bien  on  peut 
obtenir  la  coloration  directe  des  noyaux  en  employant  une  solution 
concentrée  de  dalhia  dans  de  Teaa  acidulée  avec  7,8  p.  100  d'acide 
acétique. 

Pour  la  coloration  spécifique  des  cellules  à  granulations  (Plas- 
mazellen)  d'EuRLiCH,  voyez  à  la  deuxième  partie. 

Le  dahlia  sert  très  bien  pour  les  colorations  «  vitales  »  comme  nous 
l'avons  dit  ci-dessus  pour  le  violet  de  gentiane. 

170.  Bleu  Victoria  (Lustgarten  Med,  Jahrb.  k.  Ges,  d.  Aerzte 
zu  Wien,  1886,  p.  285-91).  —  Colorer  dans  une  solution  concentrée 
dans  Teau.  Le  matériel  fortement  fixé  dans  le  liquide  de  Flemming 
demandera  plusieurs  heures,  du  matériel  légèrement  fixé  seulement 
quelques  minutes.  Décolorer  à  Talcool  pur  (environ  une  minute).  On 
peut  éclaircir  à  Tessence  de  girofle,  mais  il  vaut  en  général  mieux 
prendre  l'essence  de  cèdre  ou  de  bergamote,  car  Tessence  de  girofle 
extrait  la  couleur  très  rapidement.  La  couleur  est  peu  résistante  à 
Talcool.  J'ai  trouvé  que  la  résistance  en  est  beaucoup  augmentée  si 
l'on  mordance  les  coupes  avant  coloration  en  les  traitant  pendant  un 
quart  d'heure  par  la  teinture  d'iode.  La  décoloration  à  l'acide  chlor- 
hydrique  est  absolument  à  éviter. 

Le  bleu  Victoria  est  un  colorant  nucléaire  brillant  et  précis,  et 
après  le  mordançage  par  l'iode  très  facile  à  contrôler.  Il  me  semble 
qu'il  est  souvent  à  préférer  au  violet  de  gentiane  comme  donnant  des 
colorations  moins  opaques. 

Dans  ces  préparations  la  mucine  est  colorée  au  même  titre  que  la 
chromatine. 

Cette  couleur  a  une  affinité  spécifique  pour  les  fibres  élastiques. 
Pour  les  difl^érencier  il  est  nécessaire  d'employer  du  matériel  fixé  dans 
un  liquide  chromique  ou  chromo-osmique,  et  de  colorer  très  long- 
temps. LusTGARTEN  recommande  à  cet  effet  une  solution  alcoolique 
allongée  de  deux  à  quatre  volumes  d'eau. 

171.  Méthode  au  Permanganate  (Hh^nneguy,  Journ.  de  VAnat. 
etde  la  PhysioL,  XXVII,  1891,  p.  397).  —  Il  a  été  établi  par  Henneguy 
que  le  permanganate  de  potasse  agit  comme  mordant  pour  plusieurs 
couleurs  d'aniline,  et  permet  de  réaliser  de  bonnes  colorations  dans 
des  cas  où  les  procédés  ordinaires  échouent. 


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iVt  CHAPITBE    X 

On  emploie  da  matériel  Gxé  aa  liqaide  de  Flexuccg  fort,  qu'on  ne 
làh^.e  ajdr  que  quelques  heures  Tdeux  à  six  heures  selon  les  dimen- 
hions  de  Tobjel^.  Les  coupes,  collées  sur  porte-objets  par  Falbumine 
de  Mayer,  sont  traitées  pendant  cinq  minutes  par  une  solution  de 
permanganate  de  potasse  à  1  p.  iOO.  On  lave  à  Teau  et  Ton  passe 
au  bain  de  teinture  dans  la  safranine,  rubine,  violet  de  gentiane, 
vésuvine,  etc. 

La  couleur  qui  réussit  le  mieux  est  la  safranine  préparée  avec  de 
l*eau  d*aniline  et  de  Talcool  absolu. 

Les  coupes  doivent  séjourner  dans  la  solution  colorante  un  temps 
environ  moitié  moindre  que  si  elles  n'avaient  pas  été  au  préalable 
traitées  par  le  permanganate.  La  préparation  se  termine  à  la  manière 
ordinaire  au  moyen  de  l'alcool  absolu  et  de  Tessence  de  girofle. 

La  décoloration  est  la  partie  la  plus  délicate  de  la  méthode,  aussi 
est-il  nécessaire  d'en  suivre  les  progrès  sous  le  microscope.  Elle 
marche  en  général  assez  lentement,  et  la  coloration  sera  d'autant 
plus  élective  que  la  décoloration  aura  duré  plus  longtemps.  Celle-ci 
continue  quelquefois  lorsque  les  coupes  sont  montées  dans  le  baume, 
surtout  s'il  reste  sous  la  lamelle  des  traces  d'essence  de  girofle.  Des 
préparations  qui,  au  moment  où  elles  étaient  montées  dans  le  baume, 
étaient  trop  fortement  colorées  ont  présenté  souvent,  vingt-quatre  et 
quarante-huit  heures  après,  une  coloration  élective  parfaite. 

Le  protoplasma  présente  une  teinte  gris  orangé,  qui  met  en  relief 
les  structures  les  plus  délicates,  entre  autres  les  figures  achro- 
matiques de  la  cytodiérèse  ;  les  chromosomes  et  la  membrane  des 
noyaux  sont  vivement  colorés  en  rouge,  les  sphères  attractives  et 
leurs  corps  centraux  sont  colorés  moins  fortement,  mais  tranchent 
nettement  sur  le  reste  du  protoplasma. 

Si  l'on  désire  accentuer  davaatage  le  détail  des  structures  protoplas- 
miqucs,  on  peut,  avant  le  trailcment  par  le  permanganate,  colorer  pendant 
dix  minutes  par  une  solution  alcoolique  d'hématoxyline  (alcool  à  90  p.  100, 
100  grammes;  hématoxyline, 5  centigrammes),  laver  à  l'eau,  et  diflférencier 
pendant  dix  minutes  dans  une  solution  de  bichromate  de  potasse  à 
2  p.  tOO.  Mais  avec  du  matériel  préparé  au  liquide  de  Flemroing  ce  traite- 
ment peut  être  supprimé  sans  trop  d'inconvénient. 

La  méthode  au  permanganate  donne  aussi  de  bons  résultats  pour  les 
piiVes  qui  ont  été  fixées  par  un  autre  réactif  que  le  liquide  de  Flemming, 
tel  que  le  sublimé,  les  hquidcs  de  Perenyi  et  de  Kleinenberg,  l'alcool,  etc. 

L'action  mordançante  du  permanganate  est  tellement  énergique  que  si 
elle  se  prolonge  un  peu  trop  longtemps  avant  la  coloration  par  la  safranine 
et  surtout  par  la  rubine,  il  devient  à  peu  près  impossible  de  décolorer  con- 
vonahlemonl  les  coupos;  on  nV  arrive  qu*en  les  laissant  pendant  près  d'un 
mois  dans  Tessence  de  girofle. 


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SAFRANINE    ET   AUTRES   COLORANTS    NUCLEAIRES 


135 


171  bis,  Mordançage  par  la  Formaline.  —  Oulmacrer  [Médi- 
cal News  ^  Feb.  16,  1895)  a  trouvé  que  la  formaline  est  un  mordant 
énergique  pour  les  couleurs  d'aniline,  si  énergique  qu'employée  avec 
la  safranine  elle  en  fait  un  colorant  plasmatique  semblable  à  Téosine 
(solution  saturée  de  safranine  0  de  Grûbler  dans  de  la  formaline  a 
4  p.  100).  On  peut  employer  la  formaline  soit  combinée  à  la  teinture, 
comme  dans  cet  exemple,  soit  en  traitement  séparé  précédant  la 
teinture.  H  suffît  d'un  traitement  pendant  très  peu  de  temps  (une 
minute  pour  des  préparations  sur  verre  à  couvrir)  par  une  solution 
de  formaline  de  !2  à  4  p.  100  pour  mordancer  des  cellules  isolées, 
avant  coloration.  Pour  la  combiner  à  la  teinture,  il  convient  en  géné- 
ral de  faire  la  solution  de  la  couleur  dans  de  la  formaline  à  4  p.  100. 
Ainsi,  1  gramme  de  bleu  de  méthylène  dissous  dans  100  ce.  de  solu- 
tion aqueuse  de  formaline  à  4  p.  100.  Il  suffit  d'y  colorer  pendant 
une  demi- minute,  de  laver  à  Talcool  absolu,  d'éclaircir  au  xylol  et 
de  monter  au  baume,  pour  avoir  une  coloration  nucléaire  très  précise 
sans  danger  d'une  décoloration  excessive  dans  l'alcool •  On  peut 
employer  de  la  même  manière  la  fuchsine,  le  violet  de  gentiane  et  le 
violet  de  méthyle.  Ces  trois  couleurs  peuvent  être  ajoutées  à  la  for- 
maline sous  forme  de  solution  concentrée  dans  l'alcool. 

Je  pense  qu'OuLMACUBR  entend  parler  de  la  formaline  pure.  J'ai 
trouvé  que  combinée  à  l'acide  chromique,  au  chlorure  de  platine,  etc., 
en  guise  de  liquide  fixateur,  elle  n'a  pas  cet  effet  :  au  contraire,  le 
matériel  se  colore  fort  lentement. 


171  ter.  Mordançage  au  Tannin  et  Tartre  stibié.  —  Rawitz 
(Sitzb,  Ges,  Naturf,  Freunde  Berlin^  1894,  p.  174;  Zeit.  /*.  toiss. 
Mik,^  XI,  4,  1895,  p.  503  ;  et  Leiifaden  f.  histiologische  U7itersih 
chungen,  lena,  1895,  p.  76)  a  pu  employer  la  safranine  et  la  fuchsine 
comme  colorants  plasmatiqices  de  la  manière  suivante.  Les  coupes  c/e 
matériel  fixé  par  le  mélange  de  Flemming  ou  par  uu  autre  mélange 
chromique  sont  mises  pendant  vingt-quatre  heures  dans  une  solu- 
tion faite  à  froidy  de  tannin  à  20  p.  iOO  dans  l'eau,  puis  lavées  et 
mises  pour  deux  à  trois  heures  dans  une  solution  de  tartre  stibié 
à  1  p.  100,  ou  2,5  p.  100,  maintenue  à  une  température  d*environ 
37°  C,  ou  bien  pour  vingt-quatre  heures  à  la  température  nor- 
male, puis  lavées  soigneusement  et  colorées  pendant  vingt-quatre 
heures  dans  la  safranine,  la  fuchsine,  le  violet  de  méthyle,  le  violet 
de  gentiane,  ou  le  vert  émeraude,  puis  décolorées  selon  la  manière 
usuelle  dans  l'alcool,  ou  bien  décolorées  par  un  traitement  de  deux 
à  vingt-quatre  heures  dans  une  solution  de  tannin  à  2,5  p.  100. 


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136 


CHAPITRE    X 


Ce  procédé  produit,  d'après  Ra.witz,  une  inversion  de  la  colora- 
tion :  au  lieu  de  la  coloration  nucléaire  que  donnent  normalement 
les  anilines  en  question  employées  sans  mordant,  on  aurait  une  colo- 
ration purement  plasmatique.  D'après  Rawitz,  les  centrosomes  et 
sphères  attractives  sont  démontrées  avec  une  netteté  que  cet  auteur 
n'a  obtenue  par  aucune  autre  méthode.  Les  fuseaux  karyokinétiques 
sont  colorés,  dit-il,  mais  pas  les  chromosomes;  ceux-ci  ont,  selon 
lui,  une  teinte  brune  qui  est  à  attribuer  au  tannin  ou  à  Tacide  chro- 
mique. 

Du  matériel  fixé  dans  d'autres  liquides  que  ceux  que  nous  avons 
indiqués  ne  donnerait  pas,  d'après  Rawitz,  la  réaction  en  question, 
mais  donnerait  une  coloration  diffuse. 

J'ai  essayé  ce  procédé  plusieurs  fois,  avec  la  safranine,  avec  du 
matériel  fixé  au  mélange  de  Flemming,  et  aussi  avec  du  matériel 
fixé  au  mélange  de  Hermann,  et  en  pratiquant  la  décoloration  tantôt 
dans  l'alcool  pur,  tantôt  dans  la  solution  de  tannin.  Je  n'ai  jamais  vu 
la  moindre  trace  de  1'  t  inversion  »  de  coloration  décrite  par  Rawitz. 
J'ai  eu  au  contraire  des  colorations  nucléaires  très  énergiques,  très 
brillantes  et  très  précises.  La  seule  différence  essentielle  que  montrent 
mes  préparations  d'avec  les  préparations  ordinaires,  c'est  que,  outre 
la  coloration  de  la  chromatine,  il  y  a  une  coloration  plasmatique  dans 
un  autre  ton.  La  chromatine,  soit  au  repos  soit  en  kinèse,  est  d'un 
rouge  vif  (excepté  dans  les  couches  superficielles,  où  l'action  de 
l'osmium  s'est  fait  trop  sentir  ;  là,  elle  est  d'un  ton  plus  sombre.)  Le 
cytoplasme  est  brunâtre,  son  élément  plaslinien  très  bien  différencié. 
Les  fuseaux  sont  colorés  en  général  d'un  gris  brunâtre,  quelquefois 
d'un  rouge  assez  vif.  Les  Nebenkerne  et  les  vestiges  fusoriaux  sont 
brun  foncé,  très  bien  démontrés.  Je  ne  puis  m'expliquer  la  différence 
entre  les  résultats  de  Rawitz  et  les  miens  qu'en  supposant  que  cet 
auteur  a  travaillé  avec  une  marque  de  safranine  bien  différente  de 
la  mienne.  En  tout  cas,  les  résultats  sont  beaux  et  le  procédé  peut 
être  recommandé,  surtout  aux  anatomistes  qui  ont  affaire  à  un 
matériel  qui  retient  mal  la  couleur.  Le  mordançage  est  si  éner- 
gique que  la  couleur  résiste  à  l'alcool  pendant  des  heures. 

172.  Autres  colorants  nucléaires  par  voie  rég^^essive.  — 

Dans  les  paragraphes  précédents  ont  été  décrits  les  procédés  les  plus 
usités.  Il  en  est  cependant  d'autres  qui  donnent  de  bons  résultats. 
Flemming  (Arch,  f,  mik,  Anat.,  XIX,  1881,  p.  317  et  742)  a  expérimenté 
avec  les  couleurs  suivantes  :  safranine,  rose  de  Magdala,  dahlia, 
mauvéine,  rouge  fluorescent,  vert  solide,  ponceau,  orange,  éosine, 


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SAFRAMNE   ET   AUTRES   COLORANTS   NUCLEAIRES  137 

fuchsine,  brun  Bismarck.  (La  plupart  de  ces  couleurs  provenaient 
de  la  fabrique  de  Bindschedler  et  Busch,  à  Bâle.) 

Il  a  trouvé  que  Véosine  et  le  ponceau  ne  doivent  pas  être  employés, 
parce  qu'ils  ne  donnent  pas  de  coloration  nucléaire.  Vorange  colore 
avec  précision,  mais  trop  faiblement.  Toutes  les  autres  couleurs 
donnent  de  bons  résultats.  La  mauvéine  et  le  rouge  fluorescent 
colorent  souvent  quelques  noyaux  beaucoup  plus  fortement  les  uns 
que  les  autres  dans  une  même  préparation.  Le  vert  solide  donne  une 
coloration  plus  faible  que  la  safranine  et  le  rose  de  Magdala;  il 
exerce  une  action  spécifique  sur  la  charpente  nucléaire  et  les 
nucléodes.  La  fuchsine  donne  une  coloration  plus  faible  que  le  rose 
de  Magdala,  la  safranine,  le  dahlia  et  la  mauvéine;  le  brun  Bis- 
marck ne  réussit  pas  bien  avec  les  préparations  à  l'acide  chromique  : 
avec  les  préparations  alcooliques  récentes  il  donne  une  bonne  colo- 
ration nucléaire  qui  manque  cependant  de  précision.  Les  meilleurs 
résultats  ont  été  obtenus  en  général  avec  la  safranine,  le  7*ose  de 
Magdala  et  le  dahlia  (le  violet  de  gentiane  n'était  pas  connu  à  cette 
date). 

La  Fuchsine  est  le  nom  de  toute  une  série  de  sels  de  rosaniline 
qui  se  trouvent  dans  le  commerce  sous  les  marques  de  fuchsine, 
rouge  d'aniline,  rubine,  roséine,  Magenta,  Solferino, 
coralline,  etc.,  et  qui  diiTèrent  plus  ou  moins  dans  leurs  réactions. 
Graser  {Zeit.  f.  wiss.  Mik,,  V,  3,  1888,  p.  378)  dit  avoir  obtenu  les 
meilleurs  résultats  avec  celte  couleur  de  la  manière  suivante.  Ou  bien 
on  l'emploie  comme  nous  le  dirons  plus  loin  pour  le  violet  de 
méthyle  (n**  179).  Ou  bien,  on  l'emploie  d'après  la  méthode  de 
Baumgarten  en  coloration  double  avec  le  bleu  de  méthylène,  comme 
nous  le  dirons  au  chapitre  des  Colorations  combinées. 

La  fuchsine  carboliq[ue  de  Ziehl  est  une  teinture  qui  est  sou- 
vent recommandée.  Je  n'ai  pas  pu  trouver  la  source  originelle  de 
publication  et  je  cite  d'après  Zeit,  f,  wiss.  Mik.,  VII,  1,  1890,  p.  39. 

La  solution  colorante  se  compose  de  : 

Fuchsine 1  gramme. 

Acide  phénique  cristallisé 5        — 

Alcool iO        — 

Eau  distillée 100        — 

Ou  bien  on  prend  une  solution  d'acide  phénique  à  5  p.  100  dans 
l'eau  et  on  la  sature  de  solution  alcoolique  concentrée  de  fuchsine. 
(Le  point  de  saturation  se  manifeste  par  la  formation  d'une  pellicule 
à  reflet  métallique  à  la  surface  du  liquide.)  On  décolore  à  l'alcool 
suivi  d'essence  de  girofle. 


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138 


CHAPITRE    X 


Le  Brun  Bismarck  donnerait  d'après  Keiser  (Bibl,  ZooL,  VII,  i  II] le, 
1891;  Zeil.  f.  wiss,  Mik.,  VIII,  3,  1891,  p.  363)  de  bons  résultats  comme 
suit.  On  colore  pendant  quarante-huit  heures  à  une  température  de  60<>  C. 
dans  une  solution  saturée  de  la  couleur  dans  de  Talcool  à  60  p.  100,  bouil- 
lant. On  décolore  dans  de  Talcool  à  60  p.  100  additionné  de  2  p.  100 
d'acide  chlorhydrique  ou  3  p.  100  d'acide  acétique.  Nous  parlons  plus  loin 
du  brun  Bismarck  comme  colorant  progressif. 

La  Nigrosine  soluble  à  Teau  est  une  des  indulines,  petit  groupe  de  cou- 
leurs classé  par  Ehrlich  dans  les  couleurs  «  acides  >  sulfoniques,  par 
Benedikt  dans  les  couleurs  <  basiques  >  (apparemment  il  se  trouve  dans  le 
commerce  les  deux  sortes  de  couleurs,  des  sels  basiques,  et  des  acides  sul- 
foniques). 

Cette  couleur  a  été  recommandée  comme  réactif  colorant  des  noyaux  par 
Errera  (Proc.-Verb.  Soc.  Belge  de  Mie,  1881,  p.  13i).  Je  Tai  essayée  en 
teinture  par  la  méthode  régressive  et  j'ai  obtenu  de  très  belles  colorations 
nucléaires.  La  couleur  s'est  montrée  très  résistante  à  l'alcool,  et  je  pense 
qu'elle  mérite  d'être  l'objet  d'études  plus  approfondies. 

Pfitzer  (Deutsch,  Botan.  Ges.,  I,  1883,  p.  44  ;  Zeit.  /*.  wiss,  Mik.,  1, 1884, 
p.  116)  dissout  la  nigrosine  dans  une  solution  saturée  d'acide  picrique  dans 
Teau.  On  peut  employer  ce  liquide  pour  fixer  et  colorer  en  même  temps. 
On  lave  à  l'eau  ou  à  l'alcool  dilué  ;  on  monte  à  la  glycérine  ou  au  baume. 
Pfitzer  dit  que  la  méthode  est  utile  pour  fixer  et  colorer  des  organismes  sur 
le  porte-objet.  Martinotti  (Zci7. /*.  wiss.  Mik.,  1885,  p.  479)  recommande  la 
solution  alcoolique  de  picronigrosine  pour  l'étude  des  centres  nerveux. 

Freeborn  a  employé  un  semblable  liquide  pour  le  tissu  conjonctif.  Pour 
ces  deux  derniers  procédés  voyez  aussi  dans  la  Deuxième  Partie. 

Peuvent  être  aussi  employés  en  coloration  régressive  : 

Le  Violet  de  xnéthyle  (d'après  Martinotti  et  Resegotti  au  mieux 
selon  leur  procédé  de  décoloration  que  nous  avons  donné  au  n^  167)  ; 

La  Trapœollne  OOO,  n?  2  (Orange  II,  Chrysauréine,  Beta- 
naphtolorange),  etc.  ; 

La  Rocelline  (Cchtroth,  Orseilline  n^  3,  Robidine,  Rauva- 
rienne).  Ces  deux  dernières  couleurs  sont  citées  d'après  Griesbacii  (Arch- 
/*.  mik.  Anal.,  XXII,  p.  132). 

La  Benzoazuriae  a  été  préconisée  par  Martin  {Zeil,  f.  wiss,  Mik.,  VI, 
2,  1889,  p.  193).  Colorer  pendant  une  heure  ou  deux  dans  une  solution 
aqueuse  diluée,  et  décolorer  dans  de  l'alcool  additionné  d'acide  chlorhy- 
drique (0,5  à  1  p.  100).  Ce  colorant  a  été  recommandé  pour  Tétude  de  la 
ligne  d'ossification  par  Zscuokke  {op.  cit.,  X,  3,  1893,  p.  381). 

Le  Bleu  de  Méthylène  s'emploie  aussi  en  coloration  régressive.  On 
emploie  une  solution  aqueuse  assez  forte,  et  l'on  décolore  à  l'alcool  pur. 
Cette  couleur  a  le  défaut  d'être  très  peu  résistante  à  l'alcool.  D'après 
Sqdire  (Melhods,  p.  36)  on  en  augmente  sensiblement  la  résistance  en 
lavant  bien  à  l'eau  avant  de  passer  à  l'alcool.  Voyez  aussi  n^  162  bis, 

La  Thionine,  ou  Violet  de  Lauth,  homologue  du  bleu  de  méthylène, 
a  été  chaudement  recommandée  comme  colorant  de  la  chromatine  par 
M.  Heidenhain.  C'est  aussi  un  des  colorants  spécifiques  de  la  mucine. 

Le  Bleu  de  toluidine  m'a  donné  en  teinture  régressive  de  superbes 
colorations,  extraordinairement  énergiques,  de  la  chromatine,  mais  (jus- 
qu'à présent)  malheureusement  accompagnées  d'une  coloration  diffuse  du 


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SAFRANINE   ET   AUTRES   COLORANTS    NUCLÉAIRES  139 

cytoplasme.  Mann  {Zeit.  f,  wîss.  Mik.,  XI,  4,  1894,  p.  489)  dit  avoir  eu  de 
bons  résultats  en  remployant  après  Téosine,  ce  qui  produit  une  coloration 
double,  réosiue  agissant  comme  colorant  plasmatique. 


B.  —  Colorants  progressifs 

173.  Introduction.  —  Nous  rappelons  que  la  plupart  des  couleurs 
tf  basiques  >  donnent  une  coloration  nucléaire  plus  ou  moins  précise  par 
voie  directe  si  Ton  acidifie  les  solutions  par  l'acide  acétique  (0,5  à  1  p.  100). 
Nous  ne  décrirons  ici  que  les  procédés  qui  fournissent  des  colorations 
recommandables  sous  les  rapports  essentiels  de  la  simplicité  des  manipula- 
tions et  la  précision  et  la  permanence  de  la  coloration. 

174.  Le  Vert  de  méthyle  du  commerce  est  un  chlorure  double  de 
zinc  et  de  violet  pentaméthyle.  Il  est  préparé  actuellement  par 
Inaction  du  chlorure  (ou  du  nitrate)  de  méthyle  sur  la  base  du  violet 
de  méthyle,  c'est-à-dire  sur  le  violet  de  rosaniline  méthylée 
(Benedikt,  Chemisiry  of  Coal-Tar  Colours  ;  Tassart,  les  Matières 
Colorantes  Artificielles).  Le  produit  commercial  est  très  variable  de 
qualité,  souvent  impur,  et  souvent  falsifié  (Bënedirt). 

Cette  couleur  paraît  être  aussi  connue  sous  les  noms  de  vert  de 
méthylaniline,  vei^t  lumière^  «  Lichtgrun  »  (ces  deux  derniers  sont 
en  réalité  les  noms  d'une  tout  autre  couleur).  En  1874,  lorsqu'elle  fut 
étudiée  pour  la  première  fois,  parCALBERLA  [Morphol,  Jahrb.,  III,  1877, 
p.  625),  elle  portail  le  nom  de  vert  en  cristaux.  C'est  aujourd'hui 
le  plus  répandu  des  verts  dits  d'aniline,  et  on  le  trouve  communé- 
ment dans  le  commerce  passant  sous  le  nom  d'autres  verts  plus 
coûteux,  surtout  sous  celui  de  vert  d'iode.  Il  importe  de  ne  pas  le 
confondre  avec  ce  dernier,  ni  avec  le  vert  d'aldéhyde  {vert  d'Eusèbe), 
ou  les  rosanilines  phénylées,  le  vert  de  Paris  et  le  vert  d'alcali  ou 
véridine.  (Voy.  le  tableau,  §  189.) 

Calberla,  qui  fut  le  premier  à  recommander  ce  colorant,  en  1877, 
avait  été  surtout  frappé,  dit-il,  de  son  action  différente  sur  les  tissus 
de  diverse  nature;  il  avait  trouvé  que  c  les  noyaux  du  tissu  conjonctif 
sous-cutané  et  ceux  des  vaisseaux  et  des  gaines  des  nerfs  s'y  colo- 
raient en  i*ose^  tandis  que  ceux  du  chorion  se  coloraient  en  rougCy  et 
ceux  de  Tépiderme  en  diverses  nuances  de  vert  bleu  et  de  bleu 
pur  ». 

Il  est  certain  que  Calberla  a  dit  cela.  Cette  étrange  assertion  a  été 
répétée  par  Griesbach  {Zeit.  f.  wiss.  Mik.,  III,  3,  1886,  p.  36o),  qui 
en  a  fait  la  base  d'une  importante  déduction  théorique. 


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440  '  CHAPITRE   X 

II  est  impossible  de  comprendre  sur  quoi  esl  basée  cette  assertion 
extraordinaire,  car  il  est  certain  que  jamais  le  vert  de  méthyle  n'a 
coloré  aucun  élément  histologique  normal  ni  en  rose  ni  en  rouge. 
On  sait  depuis  longtemps  que  le  produit  commercial  colore  souvent 
en  violet  ou  en  rose  la  matière  amylolde,  et  en  conséquence  on  l'a 
proposé  comme  réactif  de  la  dégénérescence  amyloïde  (Hesghl, 
Wiener  med.  Wochenschr.,  2,  1879;  puis  Corschmann  {Virchow^s 
Arch,,  t.  LXÏX,  1880,  p.  5S6).  Il  a  été  suggéré  (Fol,  Lehrb,,  p.  192  ; 
SouiRE,  MethodSj  etc.,  p.  37  ;  Paul  Mater  in  liti.)  que  cette  réaction 
serait  due  à  ce  que  la  couleur  employée  contiendrait  du  violet  de 
méthyle  comme  impureté.  Un  produit  pur  ne  donne  pas  cette  réac- 
tion (Squire,  /.  c).  Et  il  est  certain  que  le  produit  commercial  con- 
tient très  souvent  cette  impureté,  comme  on  peut  facilement  le 
comprendred'aprèsson  mode  de  fabrication (voy.  aussi  Benedikt,  /.  c). 
Le  vert  d'iode  du  reste  est  dans  le  même  cas.  Il  parait  donc  assez  rai- 
sonnable de  faire  les  deux  suppositions  que  Calberla  avait  travaillé 
avec  une  couleur  qui  contenait  du  violet  de  méthyle,  et  qu'il  avait 
eu  affaire  à  des  tissus  en  dégénérescence  amyloïde. 

Le  vert  de  méthyle  fut  employé  par  Balbiani  et  Hennegut  [Ler.  sur 
la  gén.  d.  Vertébrés^  1879),  puis  par  Frommann,  en  1880,  pour  des 
recherches  sur  des  structures  cellulaires  ;  et  à  partir  de  la  recom- 
mandation de  Strasburger  en  1885  {Arch.  f.  mik.Anat.,  XXI,  p.  476) 
on  peut  le  considérer  comme  établi  dans  la  technique  en  sa  vraie 
qualité  de  réactif  par  excellence  de  la  chromatine  dans  les  tissus 
frais. 

Strasburger  faisait  agir  sur  des  tissus  frais  une  solution  d'acide 
acétique  à  1  p.  100  contenant  en  dissolution  un  peu  de  vert  de 
méthyle.  Ce  procédé  se  fonde  sur  ce  que  le  vert  de  méthyle,  qui  est 
par  lui-même  un  agent  fixateur  suffisant  à  fixer  et  à  conserver  les 
éléments  dans  leur  forme,  du  moins  pendant  quelques  heures,  l'est  à 
un  plus  haut  degré  quand  il  est  combiné  avec  l'acide  acétique.  Il  a 
l'avantage  de  pouvoir  être  employé  sur  les  tissus  frais  en  combi- 
naison avec  d'autres  liquides  fixateurs  ou  c  indifférents  *.  Ainsi 
Garnoy  {Biologie  cellulaire^  p.  147,  144,  211)  l'emploie  tantôt, 
comme  Strasburger,  avec  l'acide  acétique  seul,  tantôt  avec  une  trace 
d'acide  osmique,  tantôt  ajouté  à  la  solution  de  Ripart  et  Petit.  On 
peut  aussi  l'employer  selon  la  manière  usuelle  pour  colorer  des 
objets  soit  fixés  sur  l'heure  et  lavés  à  l'eau,  soit  fixés  et  conservés 
selon  les  méthodes  connues. 

Il  est  bon  d'employer,  pour  les  tissus  frais,  une  solution  un  peu 
forte  additionnée  de    1  p.    100  d'acide    acétique  glacial  et  0,1  à 


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— f r^Bv^i^ 


1 


sâfranine  et  autres  colorants  kcgléaires  141 

1  p.  100  d*acîde  osmique.  La  coloration  est  instantanée^  et,  après 
lavage,  d'une  éleclivité  incomparable. 

La  conservation  des  objets  traités  de  cette  manière  offre  quelques 
diflicultés,  car  on  ne  peut  rendre  la  coloration  un  peu  permanente 
qu'à  force  de  précautions  spéciales.  Le  mieux  est  de  les  montrer  dans 
un  milieu  aqueux  (glycérine,  glycérine  gélatinée,  liqueur  de  Ripart 
et  Petit),  en  ayant  soin  (ïéviter  les  soltUions  salines,  'd'employer 
toujours  un  milieu  légèrement  acide,  et  d'ajouter  sur  le  bord  de  la 
préparation,  avant  de  la  fermer,  une  petite  goutte  de  la  solution  de 
vert  de  méthyle.  On  peut  aussi  réussir  à  conserver  ces  préparations 
dans  le  baume,  en  employant  pour  la  déshydratation  des  alcools 
acidulés  par  l'acide  acétique  et  chargés  d'une  quantité  suffisante  de 
vert  de  méthyle,  mais  ce  procédé  est  assez  aléatoire. 

M.  HEmsNHAiN  a  trouvé  qu'en  mordançant  par  la  teinture  d'iode 
la  résistance  du  vert  de  méthyle  à  l'alcool  (au  moins  dans  la  combi- 
naison Ehrlich-Biondi)  est  sensiblement  augmentée.  Squirb  déclare 
qu'il  en  est  de  même  d'un  simple  lavage  à  l'eau  avant  de  passer  à 
l'alcool. 

Henneguy  a  trouvé  que  la  couleur  se  conserve  très  bien  dans  le 
liquide  de  Brun  à  la  glucose. 

On  peut  aussi  employer  pour  les  colorations  des  solutions  alcoo- 
liques de  vert  de  méthyle.  Ces  solutions  doivent  être  acidulées  par 
l'acide  acétique. 

Le  manque  de  sûreté  dans  la  conservation  des  colorations  met  des 
limites  à  l'emploi  du  vert  de  méthyle  ;  mais,  nous  le  répétons,  ce 
réactif  est  d'une  importance  très  grande  comme  étant  le  plus  précis 
et  le  plus  infaillible  de  tous  les  colorants  de  la  chromatine  à  Vétat 
frais;  pour  les  préparations  temporaires  il  est  certainement  sans 
rival. 

Employé  sur  des  tissus  frais  ou  seulement  légèrement  fixés,  le 
vert  de  méthyle  est  le  réactif  colorant  par  excellence  de  la  chroma- 
tine. Car  au  sein  du  noyau  il  ne  colore  absolument  rien  que  les 
chromosomes;  il  ne  colore  ni  les  nucléoles  plasmatiques,  ni  le 
caryoplasme,  ni  le  fuseau.  Les  recherches  minutieuses  de  contrôle  de 
Carnoy  ont  mis  ces  faits  hors  de  doute.  En  dehors  du  noyau,  le  vert 
de  mélhyle  peut  colorer  diverses  substances,  telles  que  les  enclaves 
du  protoplasma  cellulaire,  le  protoplasma  lui-même,  certaines  mem- 
branes et  certaines  sécrétions,  telles  que  la  soie. 

175.  Vert  d'iode  (Hofmann's  Orûn).  —  Cette  substance  a  été  intro- 
duite dans  la  techuique  histologique  par  Griesbach  (Zool.  Anzeiger,  \, 
1882,  p.  406).  Griesbach  pense  que  le  vert  d'iode  est  plus  utile  que  toutes 


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142  CHAPITRE   X 

les  autres  anilines.  Les  autres  histologistes  ne  se  sont  pas  rangés  à  son 
avis,  et  ce  colorant  est  aujourd'hui  entièrement  démodé.  Du  reste  le  vert 
d'iode  ne  se  fabrique  plus  pour  l'industrie  de  la  teinture.  On  peut  cependant 
s'en  procurer  chez  Grûbler. 

178.  Brun  Bismarck  (Vésuvine,  Manchester  Bro^wn,  la 
Phénicienne).  —  Ilislologiquement,  cette  couleur  présente  bien  des 
points  de  ressemblance  avec  les  deux  précédentes.  C'est  un  bon 
colorant  électif  des  noyaux,  et  pouvant  être  employé  aussi  bien  pour 
des  tissus  frais  que  pour  ceux  qui  ont  été  conservés  par  les  méthodes 
ordinaires.  Les  objets  traités  par  l'acide  chromique  s'y  colorent, 
mais  moins  bien  que  d*autres. 

Le  brun  Bismarck  ne  se  dissout  pas  très  facilement  dans  l'eau.  On 
peut  le  faire  bouillir  dans  Teau,  et  filtrer  après  un  jour  ou  deux 
(Wëigert,  Arch.  f.  mik.  Anat.,  XV,  1878,  p.  258).  On  peut  addi- 
tionner les  solutions  aqueuses  d'acide  acétique  et  d'acide  osmique. 
Mayzel  {Arch,  f.  mik.  AnaL,  XVIII,  1880,  p.  237  et  250)  fait  dissoudre 
la  couleur  directement  dans  l'acide  acétique  ;  en  ce  cas,  les  colora- 
tions ne  sont  pas  permanentes. 

Paul  Mayër  emploie  aussi  une  solution  saturée  de  brun  Bismarck 
dans  l'alcool  à  70  degrés. 

Il  y  a  quelquefois  avantage  à  employer  une  solution  dans  de  la 
glycérine  allongée  de  50  à  60  p.  100  d'eau.  Les  solutions  faites  à 
Teau  demandent  à  êlre  souvent  filtrées.  On  a  recommandé  d'y 
ajouter  de  l'acide  phénique  (Journ.  Roy,  Mie,  Soc,  1886,  p.  908). 

C'est  un  colorant  énergique.  Des  préparations  alcooliques  ou 
chromiques  peuvent  se  colorer  en  quelques  instants  dans  les  solu- 
tions concentrées,  et  en  quelques  minutes  dans  des  solutions  étendus. 
On  peut  laver  à  l'eau  et  monter  à  la  glycérine  ;  ou  bien,  passer  par 
les  alcools,  l'essence  de  girofle  et  le  baume. 

Celte  couleur  a  deux  qualités  qui  contribuent  à  la  rendre  extrê- 
mement utile  en  bien  des  cas  :  elle  produit  rarement  des  colorations 
excessives,  et,  la  couleur  ne  se  laissant  pas  trop  facilement  extraire 
par  l'alcool,  il  est  très  facile  de  faire  des  préparations  permanentes 
au  baume. 

Nous  rappelons  qu'elle  sert  pour  les  t  colorations  vitales  ». 

179.  Violet  de  Méthyle  (Violet  de  Paris).  —  Le  procédé  suivant  a 
été  recommandé  par  Orth  (Journ,  Boy,  Mie.  Soc,  1881,  p.  137).  On  colore 
dans  une  solution  de  1  partie  de  la  couleur  dans  300  parties  d'acide  acé- 
tique, on  ne  lave  pas,  mais  on  égoutte  et  on  monte  dans  une  solution  de 
2  parties  d'acétate  de  potasse  dans  1  partie  d'eau.  Les  préparations  ne  se 
conserveront  guère  au  delà  d'un  an. 


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jWl(,'.'"  '■^'  I.       ifWjBljH;  j  I 


SÂFRANINE   ET   AUTRES    COLORANTS    NUCLÉAIRES  143 

Le  procédé  suivant  parait  devoir  être  plus  utile.  Grasbr  (cité  d*après 
ScuiEFFERDECKER,  qui  le  recommande,  dans  Zeit.  f.  wiss.  Mik.^  V,  3,  1888, 
p.  378)  procède  comme  suit.  Des  coupes  sont  colorées  pendant  douze  à  vingt- 
quatre  heures  dans  une  solution  (il  n*est  pas  dit  si  c'est  dans  Teau  ou  dans 
Talcool)  si  diluée  qu'au  bout  de  ce  temps  elles  en  ont  absorbé  toute  la 
couleur.  Décoloration  dans  Talcool  acidifié  suivi  d*alcool  pur.  D'après 
ScHiEFFERDECKERla  différenciation  des  figures  karyokinétiques  serait  encore 
plus  belle  qu'avec  la  safranine. 

La  matière  amyloïde  parait  rouge  dans  les  préparations  colorées  au  violet 
de  méthyle.  D'après  les  intéressantes  expériences  de  Capparelli  (Archivio 
per  le  Soi.  mediche,  III,  21,  p.  1),  ce  serait  là  un  phénomène  d'ordre  phy- 
sique (la  matière  amyloïde  aurait  la  propriété  d'arrêter  les  rayons  violets 
tout  en  laissant  passer  les  rayons  rouges). 

Voyez  aussi  Violet  B,  au  chapitre  suivant. 


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CHAPITRE  XI 

BLEU  DE  MÉTHYLÈNE  ET  AUTRES  COLORANTS 
PLASMATIQUES 

A.    — -    BLEU    DE    MÉTHYLÈNE 

180.  Bl6u  de  méthylène.  Introduction.  —  Cette  couleur  est 
sous  bien  des  rapports  un  réactif  d'une  grande  importance.  Nous 
avons  déjà  dit  qu'elle  donne  de  bonnes  colorations  nucléaires  par  la 
méthode  régressive.  Son  importance  comme  colorant  des  microbes 
dans  les  tissus  est  connue  de  tous  les  pathologistes.  On  s'en  sert 
comme  colorant  spécifique  des  nerfs  à  myéline  du  système  ner- 
veux central.  C'est  aussi  un  réactif  spécifique  pour  certaines  cellules 
à  granules  {Plasmazellen).  C'est  une  des  couleurs  les  mieux  tolérées 
par  les  cellules  vivantes ,  et  partant  un  des  meilleurs  colorants 
c  vitaux  ».  Enfin  il  sert  à  fournir  des  colorations  spéciales  de 
tissu  nerveux,  de  ciments  intercellulaires,  d'espaces  lymphatiques  et 
autres  objets  de  ce  genre  qui  sont  essentiellement  identiques  à  celles 
que  fournissent  les  imprégnations  à  l'or  ou  à  l'argent  les  mieux 
réussies  ;  elles  les  valent  comme  résultats,  et  elles  ont  l'avantage  de  se 
laisser  produire  avec  plus  de  facilité  et  de  sûreté.  C'est  ce  dernier 
emploi  du  bleu  de  méthylène  qui  va  surtout  nous  occuper  mainte- 
nant. 

Il  est  très  important  de  travailler  avec  une  couleur  parfaitement 
pure,  et  pour  cela  il  est  urgent  de  s'adresser  à  Grûbler  ou  à  l'un  des 
fournisseurs  cités  au  numéro  99.  Apatuy,  dont  nous  allons  décrire 
les  procédés  d'imprégnation,  n'a  trouvé  qu'une  seule  marque  qui 
donne  exactement  les  résultats  qu'il  décrit  ;  c^est  la  marque  «  medi- 
cinisches  Methylenblau^  chemisch  rein  und  chlorzinkfrei  »>  de 
E.  Merck,  à  Darmstadt. 


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BLEU    DE    MÉTHYLÈNE    ET    AUTRES    COLORANTS    PLASMATIQUES        i45 

181.  Coloration  «  vitale  »  d'organismes  entiers.  -  De  oetits 
orgaa.smes  aquatiques  facilement  perméables  peuvent  être  colorés  pendant 
a  vie  en  additionnant  Teau  dans  laquelle  ils  vivent  d^un  peu  de  la  couleur 
(assez  pour  donner  à  l'eau  une  teinte  bleue  perceptible).  Après  avoir  suffi- 
samment  attendu,  quelques  heures  ou  plusieurs  jours,  on  trouve  à  l'examen 
que  certains  tissus  des  sujets  en  l'expérience  se  sont  imbibés  plus  ou 
moins  de  couleur,  tandis  que  d'autres  sont  demeurés  incolores.  Si  mainte- 
nant on  remet  les  animaux  dans  l'eau  colorée  et  qu'on  attende  encore  on 
trouvera  après  un  laps  de  temps  suffisant,  que  d'autres  groupes  de  tissus  se 
sont  imbibes  à  leur  tour  de  la  couleur.  On  pourrait  bien  s'imaSr  en 
conséquence  que  si  l'on  attendait  encore  plus  longtemps  il  arriverait  à  la 
fin  un  moment  où  tous  les  tissus  des  animaux  se  montreraient  chargés  de  la 
couleur.  Or  il  n  en  est  rien.  On  trouve  au  contraire  qu'un  tissu  quelconaue 
ne  conserve  la  couleur  qui  l'a  imbibé  que  pendant  fort  peu  de  temps  après 
qu  il  a  atteint  le  degré  maximum  de  coloration  dont  il  est  susceptible  -une 
fois  ce  point  atteint,  il  commence  à  dégorger  la  couleur  encore  plus  vhe 
quil  ne  la  absorbée.  L'animal  peut  même,  comme  je  l'ai  observé,  aorès 
s  être  colore  dans  la  plupart  de  ses  tissus,  se  décolorer  entièrement,  touiours 
dans  1  eau  chargée  de  la  couleur,  et  cela  sans  avoir  apparemment  souffert 
en  aucune  façon.  Il  s'ensuit  évidemment  que  ces  «  colorations  vitales  »  ne 
sauraient  prétendre  au  titre  de  teintures  véritables,  mais  que  ce  sont  de 
simples  imbibitions  des  tissus  par  la  couleur.  Le  lecteur  voudra  bien  revoir 
ICI  ce  qui  a  été  dit  à  ce  sujet  au  numéro  97. 

Si  dans  ces  conditions  on  ne  peut  guère  espérer  d'obtenir  une  coloration 
générale  de  tous  les  tissus  d'un  organisme,  on  peut  cependant  obtenir  une 
coloration  hmitee  a  certains  de  ces  tissus,  et  cela  de  deux  manières  On  v 
arrive  par  la  méthode  progressive.  Si  le  tissu  qu'on  désire  observer  est  de 
ceux  qui  se  colorent  de  bonne  heure,  on  interrompt  l'immersion  aussitôt 
que  ce  tissu  a  atteint  une  coloration  suffisante  et  avant  que  les  autres  ne 
se  soient  imprégnés  au  point  de  gêner  l'observation.  Et  l'on  y  arrivé  nar  la 
méthode  régressive.  Si  le  tissu  à  observer  est  de  ceux  qui  se  colorent  tar 
diyement,on  attend  pour  l'examiner  jusqu'à  ce  que  les  éléments  qui  se  sont 
colores  en  premier  lieu  aient  dépassé  leur  point  de  saturation  et  se  soient 
deja  dégorges  de  leur  couleur,  pendant  que  les  éléments  à  observer 
montrent  encore  une  coloration  suffisante.  La  couleur  peut  être  fixée  à 
l'une  ou  rautre  de  ces  étapes  par  des  procédés  que  nous  donnons  plus  loin 
(Conservation).  ^ 

La  coloration  qu'on  obtient  par  ce  procédé  d'immersion  totale  d'un  ani 
mal  vivant  est  limitée  en  général  à  des  granulations  cytoplasmiques 
qui  se  colorent  quelquefois  très  vivement  (voyez  encore  au  n^  97)   L'ordre 
dans  lequel  les  tissus  se  montrent  colorés  ne  peut  pas  être  prévu  -il  parait 
dépendre  des  divers  degrés  de  perméabilité  des  tissus.  Les  épithéliums 
surtout  les  épithéliums  glandulaires,  se  colorent  en  général  très  vite*  puis 
les  cellules  lymphoïdes,  les  muscles,  etc.  Le  tissu  nerveux  se  colore  'tard  ■ 
je  n'ai  jamais  pu  le  colorer  chez  un  animal  parfaitement  intègre.  On  com- 
prendra sans  peine  qu*un  procédé  pareil  ne  saurait  être  d'une  fort  grande 
utilité  dans  les  recherches  anatomiques.  J'ai  surtout   tenu  à  décrire  la 
marche  de  la  soi-disant  a  coloration  vitale  »  chez  les  animaux  entiers  parce 
qu'elle  permet  de  mieux  comprendre  la  marche  à  suivre  dans  les  véritables 
imprégnations  ou  teintures. 

ANAT.   MICROSC.  ^a 


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146  CHAPITRE    XI 

La  proportion  de  couleur  à  ajouter  à  l'eau  pources  expériences  varie  natu- 
rellement selon  les  objets.  On  pourra  souvent  se  laisser  guider  par  la  teinte; 
un  bleu  assez  sensible  ne  nuira  guère,  même  à  des  organismes  délicats.  Zoja 
(Rendic.  R.  Ist.  Lombardo,  XXV,  1892;  Zeii.f,  wiss.  3/t/j.,lX,  2, 1892,  p.  208) 
a  trouvé  qu'une  proportion  de  1  p.  20000  ou  10000  d'eau  est  celle  qu'il 
laut  pour  Hydra,  Je  pense  que  le  plus  souvent  1  p.  100000  sera  bien  assez. 

182.  Coloration  <  vitale  »  de  tissus  nerveux.  —  Le  principe 
de  ces  colorations  est  dû  à  EriRUcu  {Abh.  k,  Akad,  Wiss.  Berlin,  25 
Feb.  1885  ;  Nature,  1885,  p.  547).  —  En  injectant  des  animaux 
vivants  avec  des  solutions  de  bleu  de  méthylène,  Ehrlich  avait  obtenu 
<les  colorations  de  cylindres  de  Taxe  de  nerfs  périphériques  ;  ces  élé- 
ments appartenaient  toujours  à  des  nerfs  sensitifs,  les  nerfs  moteurs 
ne  contenant  aucun  élément  qui  montrât  cette  réaction.  (On  a  trouvé 
depuis  (Arnstetn)  que  les  nerfs  moteurs  se  colorent  bien  aussi,  mais 
plus  tardivement).  L'état  de  vitalité  des  tissus  ainsi  colorés  est  un 
point  en  litige. 

On  a  cru  pendant  longtemps  que  ces  colorations  ne  pouvaient  pas 
se  réaliser  sur  des  tissus  morts.  Cependant  Dogiel  {Arch,  f,  mik.  Anat., 
XXXV,  1890,  p.  305  et  seq.)  a  pu  imprégner  des  nerfs  sur  des  membres 
de  Grenouille  jusqu'à  trois  et  même  huit  jours  après  que  ces  membres 
avaient  été  séparés  de  Tanimal.  Il  en  a  conclu,  à  la  vérité,  que  cette 
expérience  montre  que  les  nerfs  vivaient  encore  au  moment  de  la 
coloration.  Mais  il  paraît  plus  naturel  d'en  conclure,  avec  Apatdy 
{Zeit.  f.  wiss.  Mik.,  IX,  1,  1892,  p.  15  et  suiv.)  que  la  coloration  peut 
se  produire  après  la  mort. 

Apatuy  a  fait  une  série  d'expériences  destinées  à  élucider  ce  point. 
Voici  ses  résultats.  Il  n'est  pas  nécessaire  que  le  tissu  soit  vivant,  mais 
il  faut  qu'il  soit  frais;  aucun  élément  ne  doit  en  avoir  été  extrait  par 
action  chimique  ;  et  son  état  normal  ne  doit  pas  avoir  été  essentiel- 
lement changé  par  des  moyens  physiques.  Par  exemple,  le  tissu  ne 
doit  pas  avoir  été  traité  parla  glycérine,  même  diluée,  ni  par  l'alcool  ; 
un  traitement  de  peu  de  durée  par  la  solution  physiologique  de  sel 
n'est  pas  très  nuisible  ;  le  tissu  ne  doit  pas  avoir  été  coagulé  par  la 
chaleur. 

Il  est  à  peine  nécessaire  de  rappeler  que,  d'après  les  conclusions  du 
numéro  97,  la  coloration  une  fois  établie  doit  nécessairement  inté- 
resser seulement  des  éléments  qui  ne  vivent  plus. 

On  admet  généralement  que  Id. présence  de  l'oxygène  e&i  nécessaire 
pour  la  réalisation  de  la  coloration  bleue  des  éléments  nerveux.  En 
conséquence,  après  avoir  traité  l'organe  par  le.  bleu  de  méthylène  par 
injection  ou  immersion,  on  a  coutume  de  le  réséquer  et  le  laisser  pen- 


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BLEU    DE   MÉTHYLÈNE   ET   AUTRES    COLORANTS    PLASMATIQUES       147 

dant  quelque  temps  exposé  à  Tair.  Et  eflectivement  il  se  trouve  le  plus 
souvent  que  les  tissus  ainsi  traités  ne  bleuissent  que  quelque  temps 
après  avoir  été  ainsi  exposés  à  Tair.  Apatoy  a  aussi  examiné  ce  point 
et  trouve  {L  c,  p.  25)  que  cette  pratique  est  souvent  bonne,  mais  que 
la  croyance  sur  laquelle  elle  repose  est  erronée.  Voici,  selon,  Apatuy, 
la  véritable  explication  de  ce  qui  se  passe. 

La  coloration  des  nerfs  est  une  coloration  régressive.  Il  a  été 
expliqué  plus  haut  que  presque  aussitôt  qu'un  élément  a  atteint  le 
degré  maximum  de  coloration  dont  il  est  susceptible  au  contact  d'une 
solution  de  bleu  de  méthylène,  il  commence  à  céder  de  nouveau  sa 
couleur  au  liquide  qui  le  baigne.  Or  plus  est  considérale  le  volume  de 
ce  liquide  et  plus  sera  rapide  ce  processus  de  décoloration.  Est-il 
d'une  rapidité  très  grande,  la  couleur  sera  vite  enlevée  des  éléments 
nerveux  que  seuls  on  désire  avoir  colorés,  aussi  bien  que  des  éléments 
à  coloration  plus  précoce  que  Ton  désire  décolorer  pour  avoir  la 
coloration  spécifique  des  éléments  nerveux  seulement.  Il  est  donc 
avantageux  que  cette  décoloration  obligée  se  fasse  dans  un  volume 
de  liquide  aussi  petit  que  possible.  Il  existe  bien  une  autre  considé- 
ration qui  justifie  la  pratique  en  question.  C'est  que  par  l'exposition 
à  l'air  les  préparations  s'assimilent  des  traces  d'ammoniaque.  Et 
Apàthy  a  établi  par  des  expériences  que  ceci  est  un  facteur  impor- 
tant dans  la  précision  de  la  coloration.  Il  n'admet  pas  que  l'oxygène 
y  joue  un  rôle  quelconque. 

183.  Coloration  par  injection  et  par  immersion.  —  La  pra- 
tique ancienne  pour  la  coloration  de  nerfs  était  toujours  d'introduire 
la  solution  colorante  par  injection  dans  le  système  vasculairc  ou  dans 
la  cavité  du  corps  d'un  animal  vivant,  d'attendre  un  temps  suffisant 
pour  qu'elle  puisse  agir  sur  les  tissus,  puis  d'enlever  l'organe  à  étu- 
dier pour  la  préparation  ultérieure.  On  croyait  communément  que 
le  procédé  par  injection  était  essentiel  à  la  production  de  la  colora- 
tion. On  sait  maintenant  que  cette  condition  n'est  nullement  essen- 
tielle, et  que  la  réaction  s'obtient  habituellement  tout  aussi  bien  sur 
des  organes  simplement  enlevés  de  l'animal  et  soumis  à  un  bain  de  la 
matière  colorante  de  la  manière  usuelle.  Il  paraîtrait  cependant  que 
pour  de  certains  objets  le  procédé  par  injection  serait  préférable  sinon 
nécessaire.  C'est  ce  qu'a  trouvé  Burger  pour  les  Némertiens  {Mitth. 
ZooL  Stat.  Neapel,  X,  1891,  p.  206). 

184.  Les  solutions  Remployer.  — Les  solutions  pour  injection 
se  font  d'habitude  dans  de  la  solution  de  sel  de  cuisine  dans  l'eau  à 


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148 


CHAPITRE    XI 


0,75. p.  100  OU  moins;  les  solutions  pour  coloration  par  immersion 
se  font  ou  bien  dans  la  solution  saline  ou  bien  dans  un  liquide 
€  indifférent»,  ou  enfin  dans  Teau  pure.  Les  premiers  travailleurs 
employaient  des  solutions  plutôt  concentrées  de  la  couleur.  Ainsi 
Arnstein  {Anat.  Anz.,  1887,  p.  125)  injectait  dans  la  vena  cutanea 
magna  des  Grenouilles  1  ce.  de  solution  saturée,  et  enlevait  Torgane 
à  étudier  après  une  heure.  Biedermann  [Sitzb.  d.  k,  Akad,  Wiss, 
Wien;  Math.  Nat.  Classe,  1888,  p.  8)  injectait  dans  le  thorax  des 
Écrevisses  0,5  à  1  ce.  d'une  solution  presque  saturée  dans  de  la  solution 
de  sel  à  0,6  p.  100,  et  laissait  les  animaux  de  deux  à  quatre  heures 
avant  de  les  sacrifier.  S.  Mayer  {Zeit,  f,  wiss.  Mik.,  VI,  4, 1889, 
p.  423)  employait  une  concentration  de  1/300  ou  1/400  dans  de  la 
solution  saline  à  0,5  p.  100.  Une  pareille  solution  peut  être  introduite 
dans  l'organisme  soit  par  injection  au  moyen  d'une  seringue, 
soit  par  auto-injection  au  moyen  du  cœur  de  l'animal.  Les  Lapins 
supportent  bien  cette  opération  si  l'on  a  soin  de  pratiquer  en  même 
temps  la  respiration  artificielle. 

Les  solutions  de  Retzius  sont  d'une  concentration  semblable.  Mais 
la  tendance  des  travailleurs  plus  récents  est  dans  la  direction  de  con- 
centrations plus  faibles.  Apatuy  (Zeit.  f,  wiss.  Mik.,  IX,  1,  1892, 
p.  25,  26,  et  seq.)  trouve  qu'il  est  non  seulement  inutile,  mais  même 
désavantageux  de  prendre  des  concentrations  supérieures  à  1/1 000. 

Les  solutions  à  employer  pour  la  coloration  par  immersion  sont  ne 
général  plus  faibles  que  celles  que  l'on  emploie  pour  l'injection.  Dogiel 
{Arch.  f.  mik.  Anat.,  XXXV,  1890,  p.  305;  et  d'autres  travaux  plus 
récents,  comme  op.  cit.,  XLIV,  1894,  p.  18)  place  des  portions  de 
tissu  dans  quelques  gouttes  d'humeur  aqueuse  ou  vitreuse,  ajoute 
2  ou  3  gouttes  de  solution  de  la  couleur  à  1/16®  ou  1/15®  p.  100  dans 
de  la  solution  physiologique  de  sel,  et  laisse  la  préparation  exposée 
à  l'air.  La  coloration  commence,  dans  des  portions  de  tissu  mince, 
au  bout  de  cinq  à  dix  minutes,  et  atteint  son  maximum  dans  quinze 
à  vingt  minutes.  Pour  des  objets  plus  épais,  —  rétine  par  exemple,  — 
il  faut  quelquefois  plusieurs  heures,  et  en  ce  cas  il  faut  tenir  la  pré- 
paration humide  en  l'humectant  alternativement  de  temps  à  autre 
avec  une  goutte  du  liquide  indifférent  et  une  goutte  de  la  teinture. 
La  coloration  sera  activée  par  l'emploi  (en  hiver)  d'une  étuve  chauffée 
à  30'^35''  C.  Rouget  {Comptes  rend.,  1893,  n**  21,  p.  802-4)  a  trouvé 
qu'une  modification  utile  du  procédé  de  Dogiel  consiste  à  employer 
une  concentration  de  0,03  p.  100  dans  de  la  solution  de  sel  à  0,6 
p.  100  (muscles  de  Batraciens).  Allen  [Quart.  Journ.  Mie.  Soi.,  1894, 
p.  461,  483)  prend  pour  des  embryons  de  Homards  une  solution  de 


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BLEU    DE   3IÉTIiYLÈNE   ET   ACTRES    COLORANTS    PLASMATIQUES      149 

i  p.  1000  (dans  de  la  solution  saline)  qu'il  dilue  encore  de  15  à  20 
volumes  d'eau  de  mer. 

185.  Méthodes  d'Apëithy.  —  Gomme  exemple  de  ces  opérations 
nous  ajoutons  une  description  abrégée  de  la  marche  recommandée 
par  Apathy  {Zett.  f,  wiss.  Mik.,  IX,  1, 1892,  p.  15)  pour  les  Hirudi- 
nées.  On  met  à  nu  une  portion  de  la  chaîne  ganglionnaire.  Si  on  le  pré- 
fère, on  peut  la  réséquer,  mais  il  vaut  mieux  ne  pas  en  éloigner  le 
sinus  ventral  et  le  tissu  pigmenté  qui  Fentoure  avant  que  la  colora- 
tion et  la  fixation  niaient  été  achevées.  Cependant,  si  Ton  désire  avoir 
une  coloration  de  cellules  ganglionnaires  en  même  temps  que  des 
fibres  nerveuses,  il  faut  couper  les  nerfs  latéraux  en  même  temps 
que  les  cordons  connectifs,  dans  le  voisinage  d'un  ganglion.  La  pré- 
paration est  traitée  alors  par  la  solution  colorante.  Celle-ci  se  com- 
pose, —  pour  la  démonstration  surtout  des  fibres  chez  Hirudo  et 
Pontobdella  —  ou  bien  d'une  solution  à  1  p.  1000  dans  de  la  solu- 
tion saline  de  0,  5  à  0,75  p.  100 qu'on  laisse  agir  pendant  dix  minutes; 
ou  d'une  solution  à  1/10000,  qu'on  laisse  agir  pendant  une  heure  ou 
une  heure  et  demie  ;  ou  d'une  solution  à  1/100000  qu'on  laisse  agir 
pendant  trois  heures.  (Ces  chiffres  doivent  être  doublés  pour  Lum- 
bricuSy  triples  pour  i4s^act^5  et  UniOj  et  quadruplés  pour  les  nerfs  à 
myéline  des  Vertébrés.  Pour  la  démonstration  des  cellules  ganglion- 
naires, ils  doivent  être  triplés  (les  cordons  connectifs  et  les  nerfs  laté- 
raux ayant  été  coupés  comme  nous  l'avons  dit). 

Après  coloration,  les  préparations  faites  à  la  solution  de  1/1000 
sont  lavées  pendant  une  heure  dans  de  la  solution  saline;  celles  faites 
à  la  solution  de  1/10000  pendant  un  quart  d'heure  ;  celles  faites  à  la 
solution  de  1/100000  ne  demanderont  pas  de  lavage. 

Après  lavage,  on  les  traite  par  l'un  des  liquides  fixateurs  et  diffé- 
rentiateurs décrits  au  numéro  suivant. 

Ceci  se  fait  en  les  inondant  du  liquide  et  en  les  y  laissant  pendant  au 
moins  une  heure  sa7is  les  remuer  dans  le  liquide,  et  au  mieux  à  l'obs- 
curité. Le  traitement  ultérieur  est  également  décrit  au  numéro  suivant. 

Les  liquides  fixateurs  en  question  contiennent  de  l'ammoniaque.  Le 
but  de  cette  addition  est  d'aider  à  la  différentiation  de  la  couleur  en 
produisant  une  différenciation  régressive  artificielle.  L'ammoniaque 
agit  en  décolorant  certains  éléments  plus  rapidement  que  d'autres. 

Dans  l'objet  que  nous  étudions  ce  sont,  d'après  Apathy,  les  parties 
protoplasmiques  des  fibres  nerveuses,  puis  leur  «  substance  interfi- 
brillaire  >  et  c  périfibrillaire  »  qui  se  décolorent  en  premier  lieu,  les 
«  fibrilles  primitives  >  retenant  encore  fortement  la  couleur.  D'après 


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150  CHAPITRE   XI 

Apathy,  la  coloration  que  Ton  obtient  ainsi  serait  une  véritable 
teinture  de  «  fibrilles  primitives  »,  et  non  une  simple  imprégnation. 
Les  c  fibrilles  primitives  3  se  montrent  nettement  teintées  d'un  bleu 
violet,  sans  aucun  précipité  granuleux,  la  substance  «  interfibril- 
laire  »  et  c  périfibrillaire  »,  et  les  noyaux,  se  montrant  incolores  ou 
à  peu  près.  Les  méthodes  usuelles  au  contraire  donnent  une  réaction 
inverse,  les  «  fibrilles  primitives  »  demeurant  incolores,  pendant  que 
la  substance  «  interfibrillaire  >  et  le  protoplasme  des  fibres  nerveuses 
sont  imprégnés  d'un  précipité  finement  granuleux  d'un  noir  verdâtre 
ou  violet,  et  que  les  noyaux  se  montrent  en  général  colorés. 

186.  Fixation  et  conservation.  —  Nous  avons  déjà  expliqué 
que  les  colorations  obtenues  par  ces  procédés  ne  se  conservent  pas 
au  delà  de  quelques  heures,  souvent  pas  au  delà  de  quelques  minutes, 
si  Ton  ne  met  en  œuvre  des  précautions  spéciales  pour  les  conserver. 
DoGiEL  {Arch.  f.  mik.  Anat.,  XXXIII,  4,  1889,  p.  440),  suivant 
Arnstein  {Anat.  Anz.j  1887,  p.  581),  procède  comme  suit.  Après  colo- 
ration, les  préparations  sont  mises,  pour  fixer  la  couleur,  dans  une 
solution  saturée  de  picrate  d'ammoniaque.  On  les  y  laisse  une  demi- 
heure  ou  plus,  puis  on  les  lave  dans  une  nouvelle  quantité  de  la 
solution  et  on  les  porte  pour  l'étude  dans  de  la  glycérine  diluée,  ou 
bien  on  les  monte  définitivement  dans  de  la  glycérine  saturée  de 
picrate.  Plus  récemment  {Zeit,  f,  wiss,  Mik.,  YIII,  1,  1891,  p.  15) 
cet  auteur  a  trouvé  préférable  de  prolonger  le  bain  de  picrate  jusqu'à 
dix-huit  ou  vingt-quatre  heures,  et  de  monter  dans  de  la  glycérine 
chimiquement  pure  et  libre  d'acide,  ou  bien  {Arch.  f.  mik.  Anat., 
44,  1894,  p.  16)  dans  de  la  glycérine  allongée  d'un  volume  de  la 
solution  de  picrate.  Ces  procédés  ont  un  inconvénient  ;  c'est'que  le 
picrate  d'ammoniaque  exerce  une  action  macérante  très  nuisible  sur 
certains  tissus.  On  peut  éviter  cela  en  ajoutant  au  bain  de  fixation 
1  à  2  p.  100  de  solution  d'acide  osmique  à  1  p.  100.  (Si  l'on  désire 
durcir  les  tissus  pour  en  faire  des  coupes,  il  convient  de  quadrupler 
la  dose  de  solution  osmique.) 

S.  Mayer  {Zeit.  f,  wiss.  Mik.,  VI,  4, 1883,  p.  422)  préférait  l'emploi 
d'un  mélange  à  parties  égales  de  glycérine  et  de  solution  saturée  de 
picrate  d'ammoniaque,  mélange  qui  servait  à  la  fois  à  fixer  la  couleur 
et  à  monter  les  préparations.  C'était  là  en  principe  aussi  la  méthode 
de  Retzius  {Intern,  Monatss.  f.  Anat.  u.  Phys,^  VII,  8,  1890). 
DoGiEL,  à  la  suite  d'expériences  comparatives,  se  refuse  à  admettre 
que  ce  procédé  soit  un  perfectionnement. 

D'autres  travailleurs  ont  employé  une  solution  saturée  d'iode  dans 


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BLEU    DE   MÉTHYLÈNE    ET    AUTRES    COLORANTS    PLASMATIQUES       151 

riodure  de  potassium  (Arnstein),  ou  bien  le  picro-carmin  (ainsi  Feist, 
Arch.  A  Anai.  u.  Entw,,  1890,  p.  116).  Le  picro-carmin  aurait  l'avan- 
tage de  conserver  la  couleur  bleu  pur  de  la  teinture,  si  on  ne  le  laisse 
pas  agir  trop  longtemps,  et  si  Ton  monte  ensuite  dans  la  glycérine  pure. 

Lavdowsky  a  employé  Tacide  picrique.  Dogiel  a  étudié  ce  procédé 
et  l'a  rejeté. 

Apatuy  {ZeiL  f.  wiss.  Mik,^  IX,  1,  1892,  p.  30)  a  trouvé,  comme 
nous  Tavonsdéjà  dit  que  la  présence  d*ammoniaque  libre  est  un  fac- 
teur important  dans  la  différenciation  de  la  coloration.  Il  met  ses 
préparations  (après  lavage  ou  non,  selon  ce  qui  a  été  dit  au  numéro 
précédent)  soit  dans  une  solution  saturée  de  picrate  d'ammoniaque 
libre  d'acide  picrique  et  additionnée  de  5  gouttes  d  ammoniaque 
concentrée  pour  100  ce.  ;  ou  bien,  ce  qui  vaut  en  général  mieux,  dans 
une  solution  à  1  ou  2  p.  100  de  carbonate  neutre  d'ammoniaque, 
fraîchement  préparée  et  saturée  de  picrate.  11  les  laisse  dans  l'un  ou 
l'autre  de  ces  liquides  pendant  au  moins  une  heure^  et  au  mieux  à 
l'obscurité.  11  les  met  ensuite  dans  une  petite  quantité  de  solution 
saturée  de  picrate  dans  de  la  glycérine  à  50  p.  100  et  les  y  laisse 
jusqu'à  ce  qu'elles  en  soient  parfaitement  pénétrées.  Puis  il  les  met 
dans  une  solution  saturée  de  picrate  dans  un  mélange  de  glycérine  à 
50  p.  100,  2  parties,  solution  de  sucre  saturée  à  froid,  1  partie,  et 
solution  pareille  de  gomme  arabique,  1  partie.  Après  pénétration  par  ce 
mélange  il  les  monte  définitivement  dans  le  milieu  suivant  [L  c,  p.  37). 

Gomme  arabique 50  grammes. 

Sucre  de  caune 50         — 

Eau  distillée 50         — 

(Faire  dissoudre  au  bain-marie  et  ajouter  S  centigrammes  de  thymol.) 
Ce  sirop  durcit  très  vite  et  devient  aussi  dur  que  le  baume,  de  sorte 
qu'il  n'est  pas  nécessaire  de  luter  les  préparations.  On  peut  aussi  se 
servir  du  médium  de  Farrant  (mais  en  ce  cas  sans  addition  d'acide 
arsénieux).  On  ne  doit  en  aucun  cas  ajouter  ni  picrate  d'ammoniaque 
ni  bleu  de  méthylène  au  milieu  conservateur. 

Aucune  de  ces  méthodes  n'est  parfaitement  satisfaisante.  La  plu- 
part n'en  conservent  pas  la  coloration  dans  son  ton  naturel  de  bleu, 
mais  la  font  virer  à  un  gris  variant  du  brunâtre  au  noir  verdâtre.  Les 
préparations  ne  se  conservent  guère,  même  en  cet  état,  au  delà  de 
quelques  mois  ;  et  Ton  est  obligé  de  renoncer  au  montage  au  baume. 
Ces  préparations  sont  particulièrement  sensibles  à  l'action  de  la 
lumière.  La  vive  lumière  concentrée  sur  les  préparations  par  le  con- 
densateur pendant  l'observation  leur  nuit  beaucoup.   Et  Apathy  a 


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152  CHAPITRE   XI 

remarqué  que  l'e'clairage  artificiel  est  plus  nuisible  que  la  lumière  du 
jour,  ce  qu'il  attribue  en  partie  à  Tabondance  des  rayons  jaunes,  et 
en  partie  à  la  chaleur  considérable. 

187.  Méthodes  pour  les  coupes.  —  Les  procédés  décrits  jus- 
qu'ici ne  donnent  pas  une  fixation  de  la  couleur  suffisante  pour  per- 
mettre remploi  des  méthodes  usuelles  d'inclusion.  Fëist  {Arch,  /. 
Anat.  u.  Entw.,  1890,  p.  116;  Zeit.  f.  wiss.  Mik.,  VII,  2,  1890, 
p.  321)  dit  qu'une  forte  solution  de  chlorure  de  platine  donne  une 
fixation  qui  supporte  Tinclusion  soit  dans  la  celloïdine,  soit  dans  la 
paraffine.  Mais  le  précipité  de  couleur  fourni  par  ce  réactif  est  de 
nature  granuleuse,  et  les  préparations  ne  sont  pas  très  satisfaisantes. 
Le  même  auteur  a  aussi  trouvé  qu'on  peut  mettre  en  œuvre  l'inclu- 
sion à  la  gomme  de  Joliet. 

La  Méthode'dfi  Parker  {ZooL  Anz.y  403,  1892,  p.  375)  est  un  per- 
fectionnement important.  La  couleur  est  fixée  (sous  forme  d'un  préci- 
pité violet  très  finement  granuleux)  par  (1)  une  solution  saturée  de 
sublimé  dans  Teau.  On  déshydrate  alors  les  objets  dans  (2)  une  solu- 
tion de  1  gramme  de  sublimé  dans  5  ce.  de  mélhylal  (le  méthylal 
pur  décolorerait  plus  ou  moins). 

On  éloigne  ensuite  le  méthylal  par  un  mélange  (3)  de  deux  parties 
de  xylol,  une  partie  de  méthylal  pur,  et  une  partie  du  mélange 
numéro  2.  Après  quelque  temps  on  passe  à  (4)  une  quantité  considé- 
rable de  xylol  pur.  Les  préparations  doivent  y  rester  jusqu'à  ce  que 
tout  le  méthylal  et  tout  le  sublimé  en  aient  été  complètement  éloi- 
gnés. 11  faut  pour  cela  quatre  à  cinq  jours,  car  le  sublimé  est  très 
peu  soluble  dans  le  xylol.  On  peut  maintenant  monter  au  baume; 
ou,  si  l'on  désire  faire  des  coupes,  on  passe  au  bain  de  paraffine  et 
Ton  fait  l'inclusion  de  la  manière  usuelle. 

Les  coupes  doivent  être  collées  sur  porte-objet  par  le  collodion  de 
Schàllibaum  et  non  par  l'albumine  de  Mayer,  car  celle-ci  les  déco- 
lore. Les  préparations  se  conservent  pendant  quelques  semaines, 
mais  au  bout  d'un  mois  les  détails  fins  auront  soufi'ert. 

La  durée  des  opérations  demandée  pour  un  ganglion  de  la  chaîne 
ventrale  d'une  Écrevisse  est  comme  suit  :  pour  1 ,  dix  minutes  ;  2, 
quinze  minutes  ;  3,  dix  minutes  ;  4,  quatre  ou  cinq  jours. 

-La  Méthode  de  Bethe  {Arch,  f.  mik,  Anat.,  XLIV,  4, 1894,  p.  585) 
est  comme  suit.  On  fait  une  solution  de 

Molybdate  d'ammoniaque 1  gramme. 

Eau  distillée 10        — 

Peroxyde  d'hydrogène I        — 


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BLEU  DE   MÉTHYLÈNE    ET   AUTRES   COLORANTS    PLASMATIQUES       lo3 

(En  ajoutant  le  peroxyde,  coloration  jaune.)  On  ajoute  1  goutte 
d'acide  chlorhydrique  officinal  (précipité  blanc  d'acide  molybdique 
soluble  après  agitation).  Après  coloration  et  rinçage  avec  de  la  solu- 
tion saline,  on  met  les  pièces  dans  la  solution  molybdique.  Elle  doit 
être  fraîche,  c'est-à-dire  n'avoir  en  tout  cas  pas  plus  de  huit  jours  : 
il  est  bon  avant  de  s'en  servir  de  la  refroidir  à  0°.  On  y  laisse  les 
pièces  deux  à  trois  heures  si  elles  sont  petites,  quatre  à  cinq  heures 
si  elles  sont  grandes  (1  centimètre).  On  lave  pendant  une  demi-heure 
à  deux  heures  dans  de  l'eau,  on  déshydrate  à  l'alcool  (au  mieux  re- 
froidi àO*^),  on  éclaircit  à  l'essence  de  girofle  ou  (mieux)  au  xylol.  On 
fait  l'inclusion  à  la  paraffine  ou  au  collodion  de  la  manière  habi- 
tuelle. 

La  formule  ci-dessus  est  pour  les  tissus  des  Vertébrés.  Pour  les 
Invertébrés,  Bethe  conseille  1  gramme  de  molybdate,  10  ce.  d'eau,  et 
0,5  ce.  de  peroxyde. 

188.  Méthodes  pour  imprégnations  (épithéliums,  espaces 
lymphatiq[ues,  etc.).  —  Voici  les  procédés  de  Dogiel  [Arch,  f.  mik, 
Anat.,  XXXIII,  4,  1889,  p.  440).  Des  portions  convenables  de  tissus 
(des  membranes  minces,  si  possible)  sont  mises  à  l'état  frais  dans 
une  solution  à  4  p.  100  de  bleu  de  méthylène  dans  de  la  solution 
physiologique  de  sel.  Après  quelques  minutes  on  les  met  dans  une 
solution  saturée  de  picrate  d'ammoniaque,  on  les  y  laisse  pendant 
une  demi-heure  ou  plus,  on  lave  dans  une  nouvelle  quantité  de  solu- 
tion de  picrate,  et  on  les  porte  pour  l'étude  dans  de  la  glycérine 
diluée. 

Si  l'on  désire  démontrer  les  contours  de  cellules  endothéliales  seu- 
lement, le  bain  de  teinture  doit  être  abrégé,  et  ne  pas  durer  plus  de 
dix  minutes  en  général.  Si  au  contraire  on  désiré  obtenir  en  outre  l'im- 
prégnation de  la  substance  fondamentale  des  tissus  de  manière  à  avoir 
une  image  négative  des  fins  canaux  lymphatiques  ou  autres  espaces 
intercellulaires,  il  faut  colorer  pendant  quinze  à  trente  minutes,  et 
il  sera  préférable  d'éloigner  le  revêtement  endothélial  des  tissus 
avant  de  les  mettre  dans  le  bain  de  teinture. 

Fixation  de  la  couleur,  et  conservation,  comme  au  numéro  186. 
Les  résultats  sont  pratiquement  identiques,  sauf  la  couleur,  à  ceux 
d'une  imprégnation  négative  au  nitrate  d'argent. 

Méthodes  de  S.  Mayer  {Zeit.  f.  wiss,  Mik.,  VI,  4,  1889,  p.  422). 
Les  expériences  de  Mayer,  faites  en  même  temps  que  celles  de  Dogiel, 
mais  indépendamment  de  celles-ci,  se  rapportent  à  des  objets  sem- 
blables, et  donnent  des  résultats  pareils.   Mayer   colore  pendant 


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154  CHAPITRE  XI 

dix  minutes  dans  une  solution  à  1/300  ou  400  de  bleu  de  méthylène 
dans  de  la  solution  de  sel  à  0,5  p.  100,  lave  à  la  solution  de  sel  et 
monte  dans  la  solution  glycérinée  de  picrate  d'ammoniaque  citée 
numéro  186. 11  trouve  que  par  ce  procédé  on  peut  produire  tous  les 
effets  essentiels  d'une  imprégnation  au  nitrate  d'argent.  Les  images 
sont  ou  bien  positives  ou  bien  négatives.  Dans  les  épithéliums  stratifiés 
et  dans  les  endothéliums  (par  exemple  dans  les  canaux  testiculaires  du 
rat,  dans  le  système  vasculaire,  dans  le  muscle  lisse),  les  ciments  inter- 
cellulaires sont  imprégnés.  Dans  la  cornée,  la  substance  fondamen- 
tale est  imprégnée,  et  Ton  obtient  des  images  négatives  des  cellules 
fixes.  De  même  on  obtient  quelquefois  des  images  négatives  des  ter- 
minaisons nerveuses  intra-sarcolemmaires  des  muscles  striés  des  Gre- 
nouilles et  des  rats.  Mais  on  obtient  également  quelquefois,  comme 
cela  arrive  aussi  pour  le  nitrate  d'argent,  des  images  positives  des 
éléments  de  la  cornée.  Si  Ton  a  procédé  par  injection  de  la  couleur 
dans  le  système  vasculaire,  ce  sont  les  images  positives  qui  sont  les 
plus  abondantes  ;  tandis  que  si  Ton  a  coloré  par  immersion,  ce  sont 
les  images  négatives  qui  sont  les  plus  fréquentes.  Dans  les  nerfs  à 
myéline,  on  obtient  des  images  frappantes  des  figures  cruciformes 
des  étranglements  de  Ranvier. 

En  somme,  presque  toutes  les  images  qu'on  obtient  avec  le  chlo- 
rure d'or  ou  avec  le  nitrate  d'argent  peuvent  être  obtenues  au  moyen 
du  bleu  de  méthylène,  et  cela  avec  beaucoup  plus  de  facilité  et  de 
sûreté. 

Pour  les  autres  emplois  spéciaux  du  bleu  de  méthylène  (organes 
des  sens,  rétine  et  terminaisons  nerveuses  sensitives  et  motrices,  sys- 
tème nerveux  central),  voir  aux  chapitres  spéciaux  de  la  Deuxième 
Partie. 

B.  —  Autres  colorants  plasmatiques 

189.  Fuchsine  acide  (Sœurefuchsin,  Fuchsin  S.,  Rubin  S., 
Sseurezoïbin,  Magenta  acide,  Magenta  S.  ;  la  dénomination  de 
€  Patentsàure  Rubin  >  attribuée  à  cette  couleur  par  Kultschitzky 
{Anat,  Anz.y  VIII,  1893,  p.  357)  est  une  erreur  ;  le  nom  de  la  couleur 
dont  s'est  servi  Kultschitzky  est  «  Rubin  S.,  rein  pat.  »,  de  la  Actieii- 
Gesellschatf,  f.  Aniliiifabrication  à  Berlin;  \oyez Zeit,  f,  wiss,  mik,^ 
X,  2, 1893,  et  Anat.  Ergeb.,  III,  1893,  p.  18-19). 

Cette  matière  colorante  est  le  sel  de  sodium  de  la  rosaniline  disul- 
foconjuguée,  obtenu  par  le  traitement  de  la  rosaniline  par  l'acide 
sulfurique  concentré.  C'est  donc  une  couleur  «  acide  »,  le  principe 


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BLEU    DE   MÉTHYLÈNE   ET   AUTRES    COLORANTS    PLASMATIQUES       loo 

colorant  de  ce  sel  étant  représenté  par  un  corps  acide.  Tandis  que 
dans  la  fuchsine  ordinaire  ou  fuchsine  c  basique  »,  qui  est  le  chlor- 
hydrate de  la  rosaniline  considérée  comme  base,  c'est  cette  base  elle- 
même  qui  est  le  principe  colorant,  ce  qui  fait  que  cette  couleur  est 
dite  «  basique  ». 

Cette  couleur  est  très  importante,  étant  un  des  meilleurs  colorants 
plasmatiques,  sinon  tout  à  fait  le  meilleur,  de  toutes  les  anilines.  Sa 
dissolution  dans  Teau  (elle  est  peu  soluble  dans  l'alcool)  colore  rapi- 
dement et  énergiquement  l'élément  plastinien  du  cytoplasme  et  du 
caryoplasme,  tout  en  respectant  la  chromatine.  Cette  électivité,  qui 
peut  être  très  précise,  ne  s'obtient  cependant  pas  toujours  sans  l'ob- 
servation de  certaines  précautions  ;  un  certain  degré  d'acidité  de  la 
solution  est,  paraît-il,  souvent  une  condition  nécessaire.  (Voyez  sur  ce 
sujet  les  mémoires  de  Martin  Heidenhain,  Ueber  Kern  und  Proto- 
plasma, 1892,  et  Neue  Untersuchungen,  etc.,  dans  Arch.  f.  mik. 
Anal,,  43,  3,  1894).  La  coloration  résiste  fortement  au  lavage  par 
l'alcool. 

La  fuchsine  acide  sert  surtout  comme  colorant  plasmatique  qu'on 
fait  agir  après  un  colorant  nucléaire.  Pour  cet  emploi,  une  solution 
à  0,5  p.  100  convient  très  bien.  On  la  laisse  agir  seulement  quelques 
minutes,  tout  en  surveillant  la  marche  de  la  coloration.  Elle  entre 
comme  ingrédient  dans  plusieurs  mélanges  de  couleurs  très  employés, 
comme  le  mélange  Ehrlich-Biondi-IIeidenhain.  Voyez  pour  ces  procé- 
dés aux  Colorations  combinées.  Elle  donne  aussi  des  colorations  spé- 
cifiques de  fibres  nerveuses,  nous  en  parlons  dans  la  Deuxième  Partie. 

190.  Rouge  Congo  (Gongoroth;  ne  pas  confondre  avec  d'autres 
CoDgos,  comme  le  jaune  Congo,  Congo  brillant,  etc.  Introduit  dans  la 
technique  par  Griesbacu,  Zeit.  f,  wiss.  Mik.,  III,  3,  1886,  p.  379).  Couleur 
azoïque,  acide.  Sa  solution  aqueuse  a  une  réaction  neutre  ou  alcaline.  C'est 
une  des  couleurs  les  mieux  tolérées  par  les  cellules  vivantes,  voyez  n°  97.  La 
solution,  de  même  que  la  coloration  qu'elle  donne  aux  tissus,  sont  naturelle- 
ment rouges  ;  mais  la  couleur  dans  les  deux  cas  passe  à  un  beau  bleu  en 
présence  de  la  moindre  trace  d'acide  (réaction  servant  à  démontrer  la  pré- 
sence d'acides  libres  dans  les  tissus,  voyez  les  travaux  cités  par  Griesbach, 
loc.  cil,). 

Je  m'en  suis  servi  comme  colorant  plasmatique  avant  un  colorant 
nucléaire  bleu,  de  la  même  manière  que  la  fuchsine  acide,  et  j'ai  eu  de  très 
belles  préparations.  Malheureusement  la  couleur  ne  s'est  pas  consei-vée. 

Pour  les  colorations  spécifiques  de  fibres  nerveuses  que  donne  cette  cou- 
leur, voir  à  la  Deuxième  Partie. 

191 .  Benzopurpurine,  benzopurpurine  B,  et  deltapurpurine. 

—  Ces  trois  couleurs  sont  toutes  de  proches  parentes  du  rouge  Congo 


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156  CHAPITRE    XI 

et  donnent  des  colorations  rouges  assez  semblables  à  celle  dé  cette 
couleur.  Pour  la  benzopurpurine,  voir  Griesbach  (l.  c).  Cet  auteur  la 
recommande  comme  colorant  de  contraste  à  employer  après  Théma- 
toxyline.  C'est  un  colorant  très  énergique.  On  ne  doit  donc  prendre 
qu'une  solution  extrêmement  faible  et  ne  la  laisser  agir  qu'environ 
une  minute.  ZscH0KKE(i6.,  V,  4, 1888,  p.  466)  recommande  beaucoup 
pour  le  môme  emploi  la  benzopurpurine  B,  à  employer  de  la  même 
manière.  La  deltapurp urine,  colorant  d'un  rouge  un  peu  plus  violet, 
peut  s'employer  de  même.  On  prend  une  solution  aqueuse  modéré- 
ment concentrée  qu'on  laisse  agir  pendant  une  minute.  (11  s'agit 
naturellement  de  coupes  seulement.)  Ces  couleurs  ont  l'avantage  de 
résister  fortement  à  l'alcool. 

192.  Rouge  neutre  (Neutralrotu  ;  Eurlich,  Allg,  med,  Cenlralzeitg., 
1894, 2,  p.  20  ;  ZeiL  f.  tviss.  MiL,  XI,  2,  1894,  p.  250  ;  Galeotti,  ibid,,  p.  193). 
Couleur  récemment  découverte,  voisine  des  safranines  par  sa  constitution 
chimique  (Benedikt).  On  peut  se  la  procurer  chez  Grubler.  N'a  été  employée 
jusqu'ici  que  pour  des  colorations  c  vitales  ».  Des  têtards  tenus  dans  une 
solution  à  1  p  10  000  ou  100  000  en  absorbent  en  un  ou  deux  jours  une  quan- 
tité telle  que  tous  leurs  tissus  paraissent  d'un  rouge  foncé.  La  coloration 
est  liée  à  des  granulations  cytoplasmiqiies  (Ehrlich),  ou  bien  en  outre  au 
contenu  des  cellules  mucipares  (Galeotti). 

193.  Les  éosines  (éosine,  tétrabromfluorescéine,  éosine 
G,  éosin  A,  éosin  GG  f,  éosine  soluble,  éosin  B,  éosin  A 
extra,  rose  Bengale,  primerose,  érythrosine,  pyrosine, 
phloxine,  safrosine,  rose  B  él  Feau,  et  d'autres  marques).  ~-  Les 
corps  indiqués  par  ces  noms  sont  tous  des  phthaléines  ;  ils  ne  sont 
pas  identiques  par  leur  constitution  chimique  et  leurs  propriétés  his- 
tologiques,  quoique  assez  semblables. 

Ces  éosines  sont  solubles  à  l'eau  ou  à  l'alcool,  selon  l'étiquette. 

L'éosine  est  un  colorant  très  énergique  et  très  pénétrant,  mais 
diffus.  11  est  absolument  impossible  de  lui  faire  fournir  une  colora- 
tion limitée  aux  noyaux.  Sa  principale  utilité  se  trouve  dans  la  pro- 
priété qu'elle  possède  de  se  combiner  assez  heureusement  avec  d'autres 
colorants  plus  électifs  pour  fournir  des  colorations  multiples.  Comme 
colorant  isolé,  cette  couleur  est  entièrement  démodée.  En  consé- 
quence nous  nous  réserverons  d'en  traiter  au  chapitre  des  Colora- 
tions Combinées.  Voir  cependant  au  besoin  Fischer  {Arch.  f.  mik. 
Anat.j  XII,  1875,  p.  349).  —  Lavdowsky  (Arch.  f.  mik.  Anat.,  XIU, 
1876,  p.  3o9).  —  Éloui,  Rech.  hist.  sur  le  tissu  con.  de  la  coimée, 
Paris,  1881  ;  Zeit.  f.  wiss.  Mik.,  1,  1884,  p.  389)  ;  et  (Rose  Bengale) 
Griesbach  {Zool.Anz.,  1883,  p.  172). 


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BLEU  DE  MÉTHYLÈNE  ET  AUTRES  COLORANTS  PLASMATIQUES   157 

194.  Le  Bordeaux  B,  le  ponceau  RR,  le  Biebricher  Scharlach, 
(écarlate  de  Biebrich,  écaHalc  impériale)  la  tropœoline  000  n^  1,  le 
jaune  xnétanil,  le  jaune  solide,  jaune  acide  (Echtgelb  ou  Sâuregelb) 
et  l'orange  III,  sont  toutes  des  couleurs  azoïques  et  acides,  sont  solubles 
à  Teau,  résistant  suffisamment  à  Talcool,  et  possédant  une  électivité  assez 
prononcée  pour  qu'on  puisse  les  utiliser  pour  des  colorations  par  la  voie 
directe.  Ces  couleurs  paraissent  être  surtout  utiles  pour  les  tissus  conjonc- 
tifs  et  glandulaires.  Voir,  à  ce  sujet,  les  expériences  détaillées  de  Griesbach, 
dans  Arch.  f.  mik.  AnaL,  XXII,  p.  i32,  et  Zeù.  f.  wiss.  MiL,  IV,  4,  1887, 
p.  448. 

Tous  étant  des  colorants  plus  ou  moins  diffus,  ils  trouveront  surtout  leur 
emploi  pour  des  colorations  combinées. 

195.  L'acide  picrique  ne  s'emploie  jamais  seul  pour  les  colora- 
lions.  Mais,  colorant  rapide  et  facile  à  manier,  il  peut  être  très  utile 
pour  les  colorations  doubles  en  combinaison  avec  une  couleur  élec- 
tive pour  les  noyaux.  Ainsi,  on  peut  facilement  et  utilement  teindre 
en  jaune  par  une  solution  alcoolique  d'acide  picrique  des  préparations 
colorées  par  le  carmin  au  borax,  le  carmin  aluné,  Thématoxyline, 
sans  que  la  première  coloration  soit  altérée  par  l'action  de  l'acide. 
S'agit-il  de  carmin  au  borax,  il  faut  savoir  que  l'acide  picrique  ne  doit 
pas  élre  dissous  dans  l'alcool  acidulé  par  l'acide  chlorhydrique,  vu 
que,  en  cette  combinaison,  il  agit  comme  un  décolorant  énergique. 
Il  faut  d'abord  décolorer  par  l'alcool  à  l'acide  chlorhydrique,  puis 
bien  laver,  et  ensuite  colorer  dans  de  l'alcool  additionné  d'acide 
picrique. 

Il  faut  noter  que  l'acide  picrique  est  un  colorant  plasmatique  diffus^ 
il  colore  tout.  C'est  un  réactif  très  commode,  mais  qui  ne  donnera 
jamais  de  colorations  plasmatiques  finement  différenciées. 

Voyez  aussi  au  chapitre  des  Colorations  ConibinéeSy  n"  229  et 
suivants. 

196.  Lichtgrûn  P.  S.  (à  traduire  vraisemblablement  par  Vert 
brillant,  se  le  procurer  chez  GimBLER).  —  Colorant  plasmatique 
important,  employé  d'après  la  méthode  de  Bëxda,  q.  v.,  n°  243. 

197.  Le  vert  malachite  a  été  employé  par  van  Beneoen  pour  la 
coloration  de  la  c  sphère  attractive  >,  dans  des  préparations  glycériques. 
Je  l'ai  essayé  pour  des  préparations  à  monter  au  baume,  mais  sans  résultat, 
la  couleur  ne  résistant  pas  du  tout  à  Talcool. 

Vert  d'iode,  voyez  n*  175,  et  aussi  aux  Colorations  Combinées. 

La  Dinitrosoresorcine  (EciiTGRiiN,  Vert  solide,  Vert  d'Alsace, 
Resorcin  Green),  voyez  la  méthode  de  Platner  pour  les  gaines  de  myé- 
line. 

Vert  thiophène,  voyez  Krause,  Inlern.  Monatsschr.  f.  Aiiai.,  etc.,  IV, 
1887,  H.  2. 


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1 


158  guâpitre  XI 

Le  Vert  d'aniline  aurait  une  électivité  spécifique  pour  les  cellules  mu- 
cipares.  Nous  y  reviendrons  dans  le  chapitre  des  Coloraltons  Combinées,  et 
dans  la  Deuxième  Partie. 

198.  Bleu  de  quinoléine  (Ghinolinblau  ;  Cyanine)  (Ranvier; 
Traité  Technique^  p.  102).  —  La  meilleure  manière  d'employer  cette  subs- 
tance est  de  la  faire  dissoudre  dans  Talcool  à  d6<^  B.  ;  on  étend  la  solution 
d'une  partie  d'eau.  Il  faut  se  garder  d'ajouter  Teau  tout  de  suite,  car  le 
bleu  ne  s'y  dissoudrait  pas.  Ce  bleu  a  une  grande  puissance  colorante,  et  il 
faut  l'employer  en  solutions  très  faibles. 

Après  coloration,  on  lave  à  l'eau  et  l'on  monte  dans  la  glycérine.  Au 
début,  on  voit  les  noyaux  colorés  en  violet,  les  autres  éléments  des  tissus 
en  divers  tons  de  bleu  ou  bleu  gris.  Mais,  vingt-quatre  heures  après,  on 
remarque  que  les  noyaux  sont  décolorés  ;  le  protoplasma  reste  bleu,  et 
dans  son  intérieur  apparaissent  des  granulations  d*un  bleu  intense.  Ces 
granulations  sont  formées  par  des  matières  grasses  du  protoplasma  décom- 
posées par  l'action  lente  de  la  glycérine.  Cette  coloration  intense  par  le 
bleu  de  quinoléine  appartient  en  elTet  spécialement  à  la  graisse.  Elle  se 
montre  non  seulement  sur  la  graisse  qui  est  contenue  dans  les  cellules  adi- 
peuses, les  cellules  du  foie,  etc.,  mais  encore  sur  celle  qui  apparaît  au  mo- 
ment de  la  digestion  dans  les  cellules  épithéliales  de  l'intestin. 

Si  l'on  soumet  les  préparations  colorées  k  l'action  de  la  potasse  à  40  p.  100, 
l'élection  de  la  matière  colorante  est  immédiate. 

La  solution  aqueuse  de  quinoléine  sert  à  colorer  les  Infusoires,  soit  morts, 
soit  vivants.  Nous  parlons  de  ces  réactions  dans  le  paragraphe  consacré  à 
la  méthode  de  Certes,  au  chapitre  des  Protozoaires, 

199.  Violet  B  (S.  Mayer;  5t7j6.  d.  L  Akad.  d.  Wiss.,  III  Ablh.,  1882, 
Feb.).  —  Ce  violet  est  un  violet  de  méthyle,  préparé  par  Bindschedler  et 
Busch  à  Bàle,  et  par  l'Actien-fabrik  fur  Anilinfarben  à  Berlin  (Ilallesches 
Thor).  —  Mayer  fait  une  solution  avec  1  gramme  de  violet  et  300  grammes 
de  solution  de  chlorure  de  sodium  à  0,5  p.  100.  Il  emploie  des  tissus  abso- 
lument frais,  n'ayant  été  traités  par  aucun  réactif.  Ils  se  colorent  en  quelques 
secondes.  La  coloration  est  élective  pour  tous  les  éléments  constitutifs  du  sys- 
tème vasculaire,  à  tel  point  que  des  préparations  d'objets|favorables  (mem- 
branes séreuses)  présentent  l'apparence  de  pièces  injectées  et  sont  même 
supérieures  à  celles-ci  sous  bien  des  rapports  pour  des  études  angiologiques. 
11  est  très  difficile  de  conserver  les  préparations  ;  l'acétate  de  potasse  donne 
les  résultais  les  moins  mauvais. 

200.  Bleu  d'anillQe.  — C'est  le  bleu  de  rosaniline,  dont  les  diverses 
nuances  (mélanges  des  divers  produits  de  fabrication  plus  ou  moins  purs) 
sont  connues  sous  les  marques  Bleu  alcool,  Bleu  gentiane  6B,  Spirit- 
blue  0,  Bleu  opal.  Bleu  de  nuit,  Bleu  lumière.  Bleu  de  Parme 

(Benedikt),  Bleu  de  Lyon  (Gierke).  Couleurs  basiques.  Ce  sont  en  somme 
des  colorants  diffus.  Le  bleu  de  Parme  (Frey)  et  le  bleu  d'aniline  (IIeiden- 
hain)  ont  été  emplo3'és  dans  le  temps  pour  donner  des  colorations  générali- 
sées, et  le  bleu  lumière  a  été  employé  comme  colorant  plasmalique.  Le 
Bleu  de  Lyon  passe  pour  réserver  les  noyaux. 
D'après  Mercier  {Les  coupes  du  système  nerveux^  p.  180),  celle  couleur 


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BLEU    DE   MÉTHYLÈNE    ET    AUTRES    COLORANTS   PLASMATIQUES       159 

serait  le  chlorure  de  triphénylrosaniliae,  et  ne  se  fabriquerait  plus,  ayaat 
été  remplacé  dans  Tindustrie  par  le  bleu  de  toluidine,  ou  bleu  de  Parme. 

201.  Bleu  de  méthyle.  —  Sous  ce  titre  sont  compris  des  dérivés 
phénylés  trisulfoconjugués  de  rosaniline,  couleurs  en  conséquence 
acides.  Elles  portent  les  marques  :  bleu  de  méthyle,  bleu  coton, 
TVasserblau  (^water-blue,  méthyl  ^water-blue),  bleu  de  Chine, 
Ghina-blau,  China  blue),  bleu  soluble,  etc. 

Parmi  ces  marques  le  TVasserblau  paraît  posséder  des  propriétés 
assez  importantes.  D'après  Mitrophanow,  qui  l'a  introduite  dans  la 
technique  {Ob  organach  scheslago  schustwa  uamfibij,  Warscuawa, 
1888  ;  cité  d'après  Zeit.  f.  wiss.  Mik,^  V,  4, 1888,  p.  813),  cette  couleur 
aurait  les  propriétés  suivantes.  —  La  solution  concentrée  dans  Teau 
donne  de  très  bons  résultats  en  coloration  double  avec  la  safranine. 
La  couleur  est  fort  peu  extraite  par  Talcool.  Le  cytoplasme  est  coloré 
d'une  façon  énergique  et  élective.  Mann  {ibid.^  XI,  4,  1094,  p.  490) 
Ta  employée  en  combinaison  avec  l'éosine  pour  la  coloration  de 
cellules  ganglionnaires.  Pour  les  détails  un  peu  compliqués  du  pro- 
cédé, voyez  le  travail  cité. 

Le  Bleu  de  Chine  a  été  employé  par  Galli  pour  des  recherches  sur  la 
structure  des  gaines  de  myéline,  voyez  à  la  Deuxième  Partie. 

202.  Les  Indulines.  —  Couleurs  basiques,  étant  des  dérivés  de  la  base 
violaniline.  Elles  comprennent  les  marques  Induline,  Nigrosine,  Indi- 
gène, Bleu  de  Coupler,  Bleu  noir,  Fast  blue,  Blackley  blue, 
Bengaline,  Guemsey  blue.  Indigo  artificiel,  Indigo  Substitute. 

L*induline  est  une  marque  bleuâtre,  la  nigrosine  une  marque  plus  noire 
(Beiirens). 

D'après  Calberla  {Morph,  Jahrb,,  111,  1877,  p.  627),  Vindulvie  peut  se 
dissoudre  dans  l'eau  chaude  ou  dans  l'alcool  dilué.  Pour  colorer,  on  étend 
la  solution  aqueuse  concentrée  de  six  volumes  d'eau.  Les  coupes  s'y 
colorent  en  cinq  à  vingt  minutes  ;  on  les  traite  par  l'eau  suivie  de  glycérine, 
ou  par  l'alcool  suivi  d'essence  de  girofle. 

Cette  teinture,  de  même  que  la,  quinoléine,  a  la  particularité  de  ne  jamais 
colorer  les  noyaux  ;  les  autres  élièmenls  des  tissus  se  colorent  en  un  beau 
bleu. 

La  Nigrosine  a  été  considérée  plus  haut,  n^  172.  Nous  aurons  encore  à 
en  parler  au  chapitre  des  Colorations  Combinées. 

203.  La  couleur  dite  a  Aniline  Blue-Black  »  a  été  préconisée  par 
Bevan  Lewis  et  d'autres  pour  des  colorations  du  système  nerveux  central. 
Malheureusement  ces  auteurs  n'ayant  pas  précisé  de  quelle  couleur  il  s'agit 
nous  ne  pouvons  dire  si  c'est  le  Blue-Black  de  la  série  des  couleurs 
azoïques,  couleur  très  voisine  du  noir  naphtol,  ou  si  c'est  le  noir  d'aniline 
de  Lightfoot,  connu  aussi  sous  les  noms  de  noir  de  Colin,  nigraniline 
(Gierke).  Pour  l'emploi,  voyez  Centres  neigeux. 


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CHAPITRE    XI 


204.  Le  Bleu  carmin  (breveté  Meister,  Lucius  et  BriîDig,  à  Hochst 
a.  M.)  serait  aussi  si  j'ai  bien  compris  une  couleur  azoïque.  Janssens  [La 
Cellule.  IX,  I,  1893,  p.  9)  a  démontré  qu'il  a  une  éleclivité  spéciale  pour  les 
parties  du  protoplasma  qui  subissent  la  différenciation  cuticulaire.  Janssens 
remploie  le  plus  souvent  en  solution  alcoolique  additionnée  de  2  à  3  gouttes 
d'un  acide  (e.  ^.,  HCl)  par  100  ce.  On  peut  monter  au  baume. 

204  bis.  La  francéine  (Léon,  Zoo^  Anz,^  1895,  p.  160).  — D'après 
ce  qu'en  dit  Léon,  ce  nouveau  corps  colorant  serait  parfaitement 
superflu. 


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CHAPITRE  XII 

DES  IMPRÉGNATIONS 


205.  Les  imprégnations  sont  des  colorations  produites,  non 
comme  dans  les  teintures  par  l'assimilation  par  les  tissus  d'une 
matière  colorante  et  elle-même  colorée,  qui  préexiste  telle  quelle 
dans  le  liquide  colorant,  mais  bien  par  la  formation  au  sein  des 
éléments  des  tissus  de  dépôts  d'un  métal  ou  autre  corps  à  l'état  de 
division  très  Une,  dépôts  formés  sur  place  par  les  énergies  chimiques 
des  tissus  aidées  par  Taction  d'agents  réducteurs,  qui  ensemble  réus- 
sissent à  séparer  ces  corps  de  la  combinaison  soluble  —  généralement 
un  sel  —  sous  forme  de  laquelle  ils  ont  été  apportés  au  sein  des 
tissus. 

Ces  dépôts  sont,  pour  la  plupart,  des  métaux  réduits  de  leurs  sels 
solubles  ;  nous  aurons  à  étudier  :  l'or,  Targent,  Tosmium,  le  palla- 
dium, le  fer,  et  quelques  autres  corps  moins  importants.  Nous  signa- 
lons de  suite  l'argent  et  Tor  comme  étant  de  beaucoup  les  plus 
importants  de  ces  corps.  Les  imprégnations  à  Targent  donnent  des 
colorations  d'une  électivité  remarquable,  car  elles  n'exercent  en 
général  leur  eflet  que  sur  les  substances  inter cellulaires,  les  cellules 
étant  totalement  réservées;  c'est  le  contre-pied  absolu  des  teintures. 
L*or  montre  une  électivité  très  prononcée  pour  les  éléments  nerveux, 
et  devient  par  cela  d'une  importance  capitale.  Mais  les  autres  agonis 
d'imprégnation  donnent  plutôt  des  colorations  plus  ou  moins  généra- 
lisées, de  sorte  qu'au  point  de  vue  de  leurs  effets  ils  se  rapprochent 
plutôt  des  teintures  que  de  l'argent  et  de  l'or. 

206.  Imprégnations  négatives  et  positives.  —  On  obtient, 
selon  la  manière  dont  on  fait  agir  l'agent  d'imprégnation,  deux  sortes 
de  colorations.  Ce  sont:  les  imprégnations  négatives,  dans  lesquelles 

AXAT.  UlCROSC.  11 


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162  CHAPITRE   XU 

les  substances  intercellulaires  seules  sont  colorées,  les  cellules  étant 
ménagées  en  clair  ou  incolores;  et  les  imprégnations  positives,  dans 
lesquelles  les  espaces  intercellulaires  se  montrent  incolores,  et  les 
cellules  sont  teintées  par  un  précipité  granuleux.  L'imprégnation 
négative  est  celle  qu'on  cherche  à  réaliser  en  général,  dans  le  but  de 
démontrer  des  contours  de  cellules,  de  limiter  des  espaces  intercellu- 
laires, de  faire  ressortir  des  espaces  lacunaires,  de  fîns  canaux  lym- 
phatiques, etc.  L'imprégnation  négative  est  primaire,  c'est-à-dire 
qu'elle  a  lieu  parla  réduction  immédiate  de  l'argent  dans  les  espaces 
intercellulaires  qu'il  colore;  l'imprégnation  positive  est  secondaire^ 
car  elle  a  lieu  &  la  suite  de  la  dissolution  dans  les  liquides  des  tissus 
du  dépôt  métallique  qui  forme  l'imprégnation  négative,  et  de  l'imbi- 
bition  conséquente  des  cellules  par  la  nouvelle  solution  de  sel  métal- 
lique ainsi  formée.  Les  imprégnations  secondaires  se  forment  quand 
la  réduction  du  métal,  lors  de  l'imprégnation  primaire,  n'est  pas 
suffisamment  énergique.  (His,  Schweizer  Zeitsch.  f.  Heilk.  II,  Hft  I, 
p.  1  ;  GiERKE,  Zeit.  /*.  wiss,  Mik.,  I,  p.  393  ;  Ranvier,  Traité  technique^ 
p.  107.) 

207.  Natare  du  dépôt  métallique.  —  11  règne  encore  une  assez 
grande  obscurité  sur  la  nature  du  dépôt  brun  ou  noir  qui  se  forme  dans 
les  espaces  intercellulaires  lors  de  Timprégnation  primaire.  V.  Recklinghau- 
SEN  pensait,  pour  le  cas  du  nitrate  d'argent,  que  le  sel  argentique  formait 
avec  un  ciment  interceliulaire  hypothétique  (Kitlsubstanz)  un  composé  qui 
noircit  par  Faction  de  la  lumière.  D'autres  auteurs  se  sont  refusés  à. croire 
au  ciment  intercellulaire,  et  pensent,  les  uns,  que  ce  sont  les  membranes 
cellulaires  qui  se  colorent,  les  autres,  que  le  nitrate  entre  en  combinaison 
avec  les  liquides  albumineux  et  salins  qui  baignent  les  cellules,  et  se  préci- 
pite dans  de  simples  rigoles  intercellulaires.  Schwalbe  {Arch.  f,  mik,  Anat,, 
Yi,  1870,  p.  5)  pense  qu'il  y  a  lieu  de  distinguer  deux  processus  :  les  lignes 
noires  résultant  de  l'action,  pendant  un  temps  très  court,  de  solutions  très 
faibles  de  nitrate  d'argent,  seraient  dues  à  un  précipité  véritable  formé  par 
réduction  du  métal  dans  le  liquide  intercellulaire;  tandis  que  les  lignes 
brunes  qu'on  obtient  en  exposant  les  tissus,  pendant  un  temps  plus  consi- 
dérable, à  l'action  de  solutions  plus  concentrées  résulteraient  de  la  forma- 
tion d'une  combinaison  de  l'argent  et  du  ciment  intercellulaire,  combinai- 
son qui  brunit  à  la  lumière.  (Voyez,  pour  tout  l'historique  des  imprégnations, 
GiERKE  :  Fœrbei'ei  zu  mikroskopiscken  Zwecken.)  Selon  Joseph  {Sitzb,  d.  L 
preuss»  Akad,  d.  wiss.  Berlin,  1888;  cité  d'après  Zeit.  f,  wiss.  Mik.,  XI,  I, 
1894,  p.  43  et  seq.)  le  précipité  ne  saurait  en  aucun  cas  être  de  l'argent 
métallique  (car  il  se  dissout  dans  Thyposulfite  de  soude),  mais  il  pourrait 
être  un  albumino-nitrate,  ou  un  oxyde  d'argent. 

208.  Conservation  des  solutions  métalliques.  —  On  a  cou* 
tume  de  conserver  soigneusement  à  l'abri  de  la  lumière  les  solutions 


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DES   IMPRÉGNATIONS  163 

de  sels  mélalliques  employées  pour  les  imprégnations.  Cette  pratique 
repose  sur  la  croyance  que  l'action  de  la  lumière  sufQt  pour  réduire  les 
sels  dissous  et  précipiter  les  solutions.  Nous  avons  déjà  expliqué  que 
quant  à  l'acide  osmique  en  tout  cas  (n**  35)  cette  croyance  est  erronée, 
et  que  la  réduction  en  ce  cas  provient  non  de  la  lumière,  mais  de  la 
poussière.  Il  y  a  des  motifs  pour  croire  qu'il  en  est  ainsi  des  solutions 
de  la  plupart  des  sels  des  métaux  lourds.  Mon  savant  ami  le 
D^'LiNDSAY  Johnson,  autorisé  au  double  titre  d'histologiste  et  de  photo- 
graphe, a  fait  de  nombreuses  expériences  à  ce  sujet.  Il  me  dit  :  c  On 
peut  énoncer  comme  règle,  sans  exception,  que  les  solutions  des 
chlorures  et  des  nitrates  de  tous  les  métaux  lourds  se  conservent 
indéfiniment  dans  des  flacons  de  verre  blanc  bouchés  à  l'émeri  et 
exposés  à  la  lumière  directe  du  soleil.  Pour  ce  qui  regarde  les  sels 
d'osmium,  d'uranium,  d'or  et  d'argent,  leurs  solutions  bénéficient  par 
l'insolation,  laquelle  les  mûrit.  C'est  là  du  reste  un  fait  bien  connu 
des  photographes.  »  Surtout  pour  le  chlorure  d'or  serait-il  très  impor- 
tant, selon  L.  Johnson,  de  n'employer  que  des  solutions  bien  mûries 
par  insolation. 

208  his,  État  des  tissus.  —  Contrairement  à  ce  qui  a  lieu  dans 
les  teintures,  les  tissus /ra/^,  c'est-à-dire  vivants  ou  du  moins  n'ayant 
été  traités  par  axACun  réactifs  sont  ceux  qui  se  laissent  imprégner  par 
les  métaux  avec  le  plus  de  facilité  et  le  plus  de  précision.  La  plupart 
des  imprégnations  ne pewoent  réussir  ({xi'dky te  des  tissus  parfaitement 
frais  dans  le  sens  que  nous  avons  dit. 

A.  Argent 

209.  Méthode  générale  de  Ranvier  au  nitrate  d'argent.  — 

Nous  empruntons  au  Traité  technique  de  Ranmer  (p.  105)  les  géné- 
ralités suivantes  sur  l'emploi  du  nitrate  d'argent. 

Le  nitrate  d'argent  peut  être  employé  en  solution  ou  à  l'état  solide. 
Ce  dernier  procédé,  qui  est  le  moins  usité,  est  cependant  d'une  appli- 
cation simple,  et  fournit  de  bonnes  préparations.  On  s'en  sert  avec 
avantage  pour  la  cornée  et  le  tissu  fibreux  ;  il  ne  convient  pas  pour 
les  épithéliums. 

Pour  la  cornée  par  exemple,  voici  comment  on  procède  :  l'œil  étant 
enlevé,  un  morceau  de  nitrate  d'argent  est  passé  rapidement  sur  la 
surface  antérieure  de  la  membrane  restée  en  place.  La  cornée  est 
détachée  et  placée  dans  l'eau  distillée  ;  l'épithélium  est  chassé  avec 
le  pinceau.  Le  nitrate  d'argent,  dissous  par  le  liquide  qui  baigne  la 


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^164  CHAPITRE  XII 

cornée,  a  Iraversé  la  couche  épithe'liale  et  est  venu  se  réduire  sur  le 
tissu  fibreux,  qu'il  colore  après  l'action  de  la  lumière.  Les  cellules, 
au  contraire,  sont  ménagées  par  Targent  et  restent  incolores. 

Le  nitrate  d'argent  est  plus  fréquemment  employé  en  solution.  On 
fait  généralement  usage  de  la  solution  à  1  centième,  à  laquelle  cepen- 
dant on  ajoute  2,  3  ou  4  parties  d'eau,  selon  les  cas.  Pour  se  servir 
de  ces  solutions,  il  y  a  plusieurs  méthodes;  il  faut  les  suivre  exacte- 
ment et  employer  toutes  les  précautions  indiquées,  si  l'on  veut  éviter 
les  erreurs. 

Ainsi  pour  une  membrane  telle  que  l'épiploon,  il  faut  la  tendre, 
comme  la  peau  d'un  tambour,  sur  un  baquet  de  porcelaine  (ou,  ce 
qui  est  mieux,  sur  les  <  anneaux  histôlogiques  >  des  Hoggan*),  et 
l'arroser  avec  une  pipette  remplie  d'eau  distillée  pour  la  nettoyer  des 
albuminates  et  des  globules  blancs  qui  peuvent  être  à  sa  surface  ;  puis 
on  l'arrose  avec  une  solution  de  nitrate  d'argent.  Pour  obtenir  des 
imprégnations  vives,  il  est  nécessaire  que  cette  opération  se  fasse  au 
soleil  ou  du  moins  à  une  lumière  éclatante.  Dès  que  le  tissu  blanchit 
et  qu'il  commence  à  passer  au  gris  noirâtre,  la  membrane  est  déta- 
chée et  portée  dans  l'eau  distillée  ;  après  avoir  été  lavée,  elle  est 
placée  immédiatement  sur  la  lame  de  verre  et  peut  être  examinée  ou 
Innontée  en  préparation  définitive  selon  les  méthodes  connues. 

Si  on  la  laissait  séjourner  dans  l'eau  distillée,  les  cellules  se  déta- 
cheraient et  on  ne  les  verrait  plus. 

Si  la  membrane  n'était  pas  bien  tendue,  l'argent  se  déposerait  non 
seulement  dans  les  espaces  intereellulaires,  mais  partout  où  il  y  aurait 
le  plus  léger  pli,  et  l'on  ne  pourrait  plus  se  rendre  compte  de  la 
forme  des  cellules. 

Enfin,  si  la  membrane  n'était  pas  arrosée  avec  de  l'eau  distillée 
avant  de  l'imprégner,  partout  où  il  y  aurait  eu  un  fragment  d'albu- 
minate,  il  se  formerait  un  dépôt  d'argent,  et  l'on  croirait  voir  quelque 
disposition  normale  du  tissu.  C'est  ainsi  bien  souvent  que  des  sto- 
mates ont  été  décrits,  tandis  que  ce  n'étaient  que  des  impuretés  de 
la  préparation. 


*  Les  anneaux  ou  tambours  histôlogiques  imaginés  par  les  IIoggan  sont  des 
anneaux  de  caoutchouc  légèrement  coniques  qui  entrent  à  frottement  Tun  dans 
l'autre  et  permettent  facilement  de  pincer  et  maintenir  tendue  une  portion  de 
membrane  pendant  toutes  les  manipulations.  On  trouvera  une  description  de  ce 
petit  appareil  très  utile  dans  le  Journal  de  VAnatomie  de  Robin,  1879,  p.  54. 
L'appareil  est  fourni  par  Burge  and  Warrex,  42,  Kirby  street,  Hatlon  Garden, 
London,  E.  C,  à  raison  de  10  shillings  les  douze  paires.  On  en  trouvera  égale- 
ment, construits  d'après  les  indications  d'ETERNon  (Zeit.  f,  wiss.  Mik.,  IV,  1, 1887, 
p.  39)  chez  Demaurex,  bandagiste,  Fusterie,  Genève* 


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DES   IMPRÉGNATIONS  165 

On  peut  modifier  la  marche  à  suivre  pour  les  imprégnations,  à 
condition  d'observer  les  précautions  nécessaires  pour  éviter  les  causes 
d'erreurs  que  nous  avons  indiquées.  Ainsi,  au  lieu  de  tendre  un  tissu 
et  de  Tarroser,  on  peut  l'imprégner  par  immersion,  en  ayant  soin  de 
Yagiter  continuellement  dans  la  solution  et  en  faisant  bien  attention 
qu'il  ne  se  forme  pas  de  plis  dans  la  préparation. 

Ces  imprégnations  ne  réussissent  qu'avec  des  tissics  frais,  c'est-à- 
dire  qui  n'ont  été  traités  par  aucun  réactif. 

210.  Solutions  àr  employer.  —  Les  solutions  de  nitrate  d'ar- 
gent doivent  être  d'une  certaine  concentration,  qui  peut  varier  selon 
les  cas,  mais  qu'il  est  important  de  connaître.  <  Si  la  solution  est  trop 
faible,  par  exemple  à  1  p.  800  ou  1  p.  1000,  ou  si  la  lumière  n'est 
pas  vive,  il  se  produit  une  coloration  plus  ou  moins  forte  de  l'ensemble 
des  tissus,  et  tout  autrement  répartie  que  l'imprégnation.  Ce  sont  les 
noyaux  des  cellules  qui  sont  le  plus  colorés,  puis  le  protoplasma, 
tandis  que  la  substance  intercellulaire  ne  contient  que  très  peu  d'ar- 
gent. »  (Ranvier.) 

Les  solutions  employées  par  Ranviër  varient  entre  1  p.  300  et 
1  p.  500.  La  concentration  de  1  p.  300  sert  pour  l'épiploon,  Tendothé- 
lium  pulmonaire,  le  cartilage  et  les  tendons,  tandis  que  la  solution 
à  i  p.  800  s'emploie  pour  le  centre  phrénique  et  pour  Tépithélium 
intestinal.  Pour  l'imprégnation  de  l'endothélium  des  vaisseaux  san- 
guins par  voie  d'injection,  Ranvieu  prend  des  solutions  de  1  p.  800 
ou  1  p.  800. 

Y.  Reorlinguausen  prenait,  pour  la  cornée,  une  concentration  variant 
«ntre  1  p.  400et-4  p.  ^00  (I>ie Lymphgefœsse,  etc.,  Rerlin,  18(52,  p.  8). 

RoBïNSKi  {Arch,  de  Physiol.,  1869,  p.  481)  se  sert  de  solutions  variant 
entre  0,1  et  0,2  p.  100,  qu'il  laisse  agir  pendant  trente  secondes. 

Reicu  {Siizher,  d.  Wien.  Acad,,  1873,111  Abth,  Aprilheft:  Gïerrk, 
ZeiLf,  Wiss,  Mik.,  I,  p.  397)  emploie,  pour  l'étude  de  Fendothélium 
des  vaisseaux  par  injection,  des  solutions  de  1  p.  600  à  1  p.  400. 

Rouget  {Arch.  de  PhysioL,  1873,  p.  603)  employait  des  solutions 
diluées  jusqu'à  1  p.  780  ou  1  p.  1000,  qu*il  faisait  agir  à  plusieurs 
reprises  pendant  trois  à  cinq  secondes,  en  lavant  par  l'eau  après 
chaque  immersion. 

Les  Hertwig  prennent,  pour  les  animaux  marins,  une  solution  à 
4  p.  100  {Jen.  Zeitsch.  f.  NaL,  XVI,  p.  313  et  324:  Gierke,  loc.  cit.). 

Les  Hoggan  [Jowm.  of  Anal,  and  Physiol.,  XV,  1881,  p.  477) 
prennent,  pour  les  lymphatiques,  une  concentration  de  1  p.  100. 

TouRNEuxet  HERMANN(yott^7iaZrf<?i'.lna/omee,1876,  p.  200)  se  sont 


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166  CHAPITRE   XII 

servis,  dans  leurs  belles  recherches  sur  les  épithéliums  des  Invertébrés, 
de  solutions  à  3  millièmes  ;  quelquefois  de  solutions  plus  faibles.  Ils 
laissaient  les  tissus  dans  les  solutions  pendant  une  heure,  puis  les 
lavaient  avec  de  Talcool  à  36  degrés  B. 

DuvAL  {Précis,  p.  229)  recommande,  pour  l'emploi  général,  des 
solutions  de  1  centième,  de  2  centièmes  et  quelquefois  3  centièmes. 

HoYER  {Arch.  f.  Mik.  AnaL,  1876,  p.  649)  recommande  de  prendre 
une  solution  de  nitrate  d'argent  d'une  concentration  connue,  et 
d'ajouter  de  Tammoniaque  jusqu'à  ce  que  le  précipité  s'y  redissolve  à 
peine,  puis  d'allonger  la  solution  jusqu'à  ce  qu'elle  contienne  0,78  à 
0,5  p.  100  de  nitrate. 

Cette  solution  sert  principalement  pour  les  imprégnations  de  l'en- 
dothélium  des  vaisseaux  par  injection,  mais  elle  peut  aussi  servir  pour 
l'imprégnation  des  membranes  par  arrosage.  Elle  a  l'avantage  de 
n  imprégner  absolument  que  Fendothélium  ou  épithélium;  le  tissu 
conjonctif  y  demeure  incolore.  Elle  donne,  d'une  manière  générale, 
des  localisations  plus  nettes  que  les  solutions  ordinaires. 

Dekhoysen  {A7iat.  Anz.,  IV,  1889,  p.  789;  ZeiL  /*.  wiss,  Mik,,  VII, 
3, 1890,  p.  381)  a  trouvé  utile  d'appliquer  aux  animaux  terrestres  la 
méthode  imaginée  par  Harmer  (N^  213J  pour  les. animaux  marins.  On 
lave  une  portion  de  mésentère  de  grenouille  dans  une  solution  de 
nitrate  de  potasse  à  1.  3  p.  100,  puis  on  la  met  pour  3  à  6  minutes 
dans  une  solution  de  nitrate  d'argent  à  0.28  p.  100  additionnée  de 
3  p.  100  d'acide  nitrique.  On  la  met  ensuite  pour  quelques  minutes 
dans  de  l'acide  nitrique  pur  à  3  p.  100,  puis  on  passe  par  l'alcool 
à  96  p.  100  à  l'essence  de  girofle,  dans  laquelle  la  réduction  s'efl*ectue 
en  quelques  minutes  à  la  lumière  diffuse. 

211.  La  réduction  peut  s'elTectuer  dans  bien  des  liquides  autres 
que  l'eau  distillée. 

Reckunghausen  lavait  ses  préparations  dans  une  solution  de  chlo- 
rure de  sodium  avant  de  les  exposer  à  la  lumière  dans  l'eau  distillée 
{Arch.  f.  paih.  Anal,,  XIX,  p.  481).  On  se  sert  encore  aujourd'hui 
très  communément  de  la  solution  physiologique  de  sel  (0,78  p.  100) 
pour  ces.  lavages. 

MûLLER  {Arch,  f.path.  Anal.,  XXXI,  p.  110),  après  avoir  imprégné 
par  immersion  pendant  deux  ou  trois  minutes  dans  une  solution  de 
nitrate  d'argent  à  1  centième,  dans  l'obscurité,  ajoute  à  la  solution 
une  petite  quantité  de  solution  à  p.  100  d'iodure  d'argent  (dissous  à 
l'aide  de  l'addition  d'une  faible  proportion  d'iodure  de  potassium). 
Après  agitation  dans  ce  mélange,  la  préparation  est  lavée  à  l'eau  dis- 


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DES  IMPRÉGNATIONS  167 

tillée  et  exposée  à  la  lumière  pendant  deux  jours  dans  une  solution 
à  0,1  p.  100  de  nitrate  d'argent.  (Nous  citons  d'après  Gierke,  dans 
ZeiL  f.wiss.  Mik.,  I,  p.  396.) 

Legros  {Joum.  de  VAnatomie,  1868,  p.  î275)  lave  ses  préparations 
dans  une  solution  d'hyposulfîte  de  soude,  ce  qui  a  pour  effet  de  les 
empêcher  de  noircir  par  la  suite.  Selon  Duval,  on  doit  faire  le  lavage 
pendant  quelques  secondes  seulementdans  une  solution  à  2  centièmes, 
après  quoi  on  lave  à  Teau  distillée. 

Rouget  {Arch.  de  PhysioL,  1873,  p.  603)  fait  la  réduction  dans  le 
glycérine. 

Sattler  {Arch,  f,  mik,  Anat,,  XXI,  p.  672)  expose  à  la  lumière 
pendant  quelques  minutes  dans  de  Teau  acidulée  par  Tacide  acé- 
tique ou  formique.  Thanhoffer  recommande  cette  méthode.  Il  em- 
ploie une  solution  d*acide  acétique  à  2  centièmes  {Das  Afikroskop, 
1880). 

Krausb  porte  ses  préparations,  après  lavage,  dans  une  solution  de 
permanganate  de  potasse,  qui  doit-être  d'un  rouge  clair.  La  réduction 
s'y  fait  très  rapidement,  même  dans  Tobscurité.  On  peut  aussi  mélan- 
ger les  deux  solutions.  La  méthode  ne  réussit  pas  toujours.  (Gierke, 
ZeiL  f.  wiss.  Mik,,  I,  1884,  p.  400.) 

Oppitz  lave  ses  préparations  pendant  deux  à  trois  minutes  dans  une 
solution  à  C,25  ou  à  0,5  p.  100  de  chlorure  d'étain.  La  réduction  s'y 
fait  très  vite.  (Gierke,  loc.  cit,). 

Jakimovitcu  {Joum.  de  VAnat,,  XXIII,  1888,  p.  142)  met  ses  objets 
(préparations  nerveuses)  aussitôt  qu'ils  sont  devenus  bruns,  dans  un 
mélange  de  1  partie  d'acide  formique,  1  partie  d'alcool  amylique,  et 
100  parties  d'eau.  Les  objets  étant  exposés  à  la  lumière  dans  ce  mé- 
lange pendant  deux  ou  trois  jours  prennent  d'abord  un  ton  plus  clair 
ensuite  de  la  dissolution  d'une  partie  de  l'argent  réduit.  11  faut  donc 
renouveler  le  mélange  de  temps  à  autre.  Lorsque  tout  l'argent  est 
redissous,  les  tissus  prennent  définitivement  un  ton  plus  foncé.  Il  faut 
pour  cela  de  cinq  à  sept  jours. 

212.  Autres  sels  d'argent.  —  Le  nitrate  n'est  pas  le  seul  sel  d'argent 
utilisable  pour  les  imprégnations. 

Alferow  {Arch,  de  PhysioL,  1874;  Lab,  d'Hist,  du  Collège  de  France,  1874, 
p.  258  ;  Duval,  Précis,  p.  230)  recommande  les  sels  solubles  des  acides 
organiques,  tels  que  le  picrate,  le  laclale,  Tacélate  et  le  citrate  d'argent, 
comme  donnant  de  meilleurs  résultats  que  le  nitrate.  Il  se  sert  de  solutions 
à  1/800,  auxquelles  il  ajoute  une  faible  proportion  de  l'acide  du  sel,  40  à 
15  gouttes  de  solution  concentrée  de  l'acide  pour  800  ce.  de  la  solution  du 
sel.  Le  but  de  l'addition  de  l'acide  libre  est  de  décomposer  les  précipités  for- 
més par  Taclion  du  sel  d'argent  sur  les  chlorures,  carbonates  et  autres 


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168 


CHAPItRE   Xll 


combinaisons  existant  dans  les  tissus^  en  respectant  Talbuminate,  qui  est 
un  composé  plus  résistant. 

Nous  avons  déjà  parlé  de  Tiodure  d'argent  de  MiiLLER  au  paragraphe 
précédent. 

213.  Imprégnation  des  animaux  marins  par  Targent.  —  A 

cause  de  la  quantité  considérable  de  chlorures  qui  baignent  les  tissus 
des  animaux  marins,  on  ne  peut  pas  les  traiter  directement  par  le 
nitrate  d'argent. 

Hertwig  {Jen,  Zeitsch.^  XIV,  1880,  p.  324)  recommande  de  les  fixer 
d'abord  par  Tacide  osmique  en  solution  faible,  puis  de  laver  à  Teau 
distillée  jusqu'à  ce  que  l'eau  de  lavage  ne  donne  plus  qu'un  précipité 
insignifiant  avec  la  solution  de  nitrate  d'argent,  enfin  de  les  traiter 
pendant  six  minutes  avec  une  solution  de  nitrate  d'argent  à  1  p.  100. 

Ransom  a  proposé  l'emploi,  au  lieu  d'eau  distillée,  d'une  solution 
d'un  sel  neutre  qui  ne  se  précipite  pas  par  le  nitrate  d'argent,  et  qui 
soit  de  la  même  densité  que  l'eau  de  mer. 

Harmer  {Afitth.  Zool.  Slat.  Neapel,  V,  1884,  p.  44-56)  a  mis  à  pro- 
fit ce  conseil  pour  l'élude  du  Loxosoma  et  de  la  Pedicellina.  Ces  ani- 
maux peuvent  vivre  pendant  une  demi-heure  dans  une  solution  de 
5  p.  100  de  nitrate  de  potasse  dans  l'eau  distillée.  Par  ce  moyen,  il 
est  facile  de  les  débarrasser  de  la  majeure  partie  de  leurs  chlorures, 
et  il  ne  reste  qu'à  les  transporter  directement  dans  une  solution  de 
nitrate  d'argent.  Cette  méthode  donne  de  bons  résultats  avec  l'épiderme 
des  Méduses,  des  Hydraires,  de  la  Sagitla^  et  des  Appendiculaires. 
VosMAER  a  pu  par  ce  moyen  mettre  en  évidence  répithélium  de  la 
Chondrosia  et  de  la  Thenea,  épithélium  que  Sollas  n'avait  pas  pu 
apercevoir  ;  et  Meyer  a  obtenu  de  bons  résultats  avec  des  Annélides 
et  des  œufs  de  Téléostéens.  Peu  d'animaux  résistent  aussi  bien  que 
les  Loxosoma  et  Pedicellina  à  l'action  du  nitrate  de  potasse,  mais  ils 
y  meurent  au  bout  de  quelques  minutes.  Cependant  leurs  tissus  y 
éprouvent  peu  de  changement,  et  fournissent  en  général  de  bonnes 
imprégnations.  Harmer  pense  que  pources  animaux  on  pourrait  subs- 
tituer d'autres  sels  au  nitrate  de  potasse  ;  il  conseille  une  solution  à 
4,5  p.  100  de  sulfate  de  soude. 

214.  Coloration  double  des  tissus  imprégnés,  par  teinture  ou 
imprégnation.  —  Des  tissus  convenablement  imprégnés  par  l'argent 
peuvent  être  utilement  traités  par  la  suite  par  Tun  ou  par  Tautre  des  colo- 
rants des  noyaux.  On  peut  employer  à  cet  eflet  le  carmin  ou  l'hématoxyline 
ou  n^importe  quelle  teinture,  à  condition  d'éviter  les  solutions  contenant 
de  l'ammoniaque  libre,  qui  redissoudrait  le  dépôt  d'argent.  Et  il  faut  obser- 
ver que  la  coloration  des  noyaux  ne  peut  avoir  lieu  que  pour  lesimprégna- 


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DES   IMPRÉGNATIONS  i69 

lions  négatives  bien  réussies,  c'est-à-dire  celles  qui  ont  ménagé  les  noyaux  ; 
les  noyaux  qui  ont  été  imprégnés  par  un  métal  ne  se  colorant  plus  dans  les 
teintures. 

On  peut  aussi  faire  suivre  l'imprégnation  à  Targent  par  Timprégnation  à 
For.  En  ce  cas,  Tor  parait  en  général  se  substituer  à  l'argent  dans  les  tissus  ; 
les  résultats  sont  très  précis,  mais  ne  produisent  pas  TefTet  d'une  coloratioD 
double. 

215.  Imprégnation  de  tissus  nerveux  durcis.  —  Les  importantes 
méthodes  de  Golgi  et  autres  pour  les  imprégnations  au  chromate  d'argent, 
etc.,  seront  exposées  dans  la  Deuxième  Partie. 

v,  B.  Or 

216.  Caractères  des  Imprégnations  par  l'Or.  —  Le  chlo- 
rure d'or  est  un  réactif  qui  diffère  du  nitrate  d'argent  en  ce  qu'il  ne 
fournit  guère  que  des  imprégnations  positives.  Il  ne  produit,  à  ce 
que  nous  croyons,  des  images  négatives  que  quand  on  le  fait  agir 
sur  des  tissus  ayant  déjà  reçu  l'imprégnation  négative  par  l'argent 
auquel  il  se  substitue.  Pour  obtenir  ces  imprégnations,  on  imprègne 
à  l'argent,  très  légèrement,  on  réduit,  on  traite  les  préparations  pen- 
dant quelques  minutes  avec  une  solution  de  chlorure  d'or  à  0,8  p.  400, 
et  on  fait  la  réduction  dans  l'eau  distillée  acidulée. 

L'emploi  du  chlorure  d*or  est  indispensable  dans  maintes  recherches 
sur  les  organes  nerveux,  sur  les  tissus  conjonctifs  et  sur  la  cornée.  Il 
faut  reconnaître  que  pour  tous  ces  objets  il  est  capable  de  donner  des 
préparations  qui  ne  peuvent  pas  être  surpassées  pour  la  clarté  et  la 
beauté.  Mais  les  résultats  qu'il  donne  sont  toujours  sujets  à  beaucoup 
d'incertitude  ;  la  même  méthode,  ponctuellement  suivie,  avec  le  même 
objet,  donne  souvent  des  résultats  différents.  L'imbibilion  des  tissus, 
les  effets  chimiques  qui  s'ensuivent,  la  réduction  du  métal,  sont  tous 
autant  de  processus  au  sujet  desquels  il  règne  une  grande  obscurité, 
et  qui  sont  éminemment  variables.  De  sorte  que  les  préparations  qui 
paraissent  le  mieux  réussies  ne  méritent  pas  même  une  confiance 
absolue,  et  il  est  urgent  de  contrôler  par  des  préparations,  faites  par 
d'autres  méthodes,  les  images  souvent  trop  séduisantes  et  trop  belles 
qu'elles  fournissent. 

C'est  surtout  pour  le  tissu  nerveux  que  le  chlorure  d'or  déploie  une 
électivilé  remarquable,  qui  en  fait  un  réactif  précieux  pour  l'étude 
de  la  structure  et  de  la  distribution  des  nerfs  et  de  leurs  organes  ter- 
minaux. 

Les  procédés  très  nombreux  qui  sont  employés  pour  l'imprégnation 
par  l'or  peuvent  se  (Jiviser  en  deux  groupes  :  l'un,  s'appliquant  à 


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170  CHAPITRE   XII 

l'étude  des  nerfs  périphériques  et  de  leurs  organes  terminaux,  est 
caractérisé  par  remploi  de  tissus  frais  ou  ayant  subi  un  traitement 
spécial  par  des  acides  organiques  ;  —  et  Tautre,  s'appliquant  à  l'étude 
du  système  nerveux  central,  est  caractérisé  par  remploi  de  tissus 
durcis  selon  les  méthodes  usuelles.  L'exposition  de  ce  dernier  groupe 
de  procédés  trouvera  sa  place  indiquée  dans  la  Deuxième  Partie.  Le 
détail  en  grande  partie  des  procédés  du  premier  groupe  y  trouvera 
également  sa  place  naturelle  :  et  ici  nous  ne  ferons  qu'exposer  d'une 
façon  un  peu  généralisée  les  principes  de  Tart  d'imprégnation  des 
tissus  frais. 

217.  Solutions  &  employer.  —  L'imprégnation  se  fait  en  général 
au  moyen  de  solutions  de  culorure  d'or  simple,  aux  titres  que  nous 
indiquons  dans  les  paragraphes  spéciaux.  Selon  quelques  auteurs,  il  y 
aurait  utilité  à  employer,  au  lieu  du  chlorure  d'or  simple,  les  sels 
doubles  :  chlorure  d'or  et  de  potassium,  de  sodium  ou  de  cadmium. 
L'avantage  de  ces  sels  consisterait  en  ce  qu'ils  sont  plus  neutres,  que 
leurs  solutions  sont  plus  stables,  et  que  le  commerce  en  fournit  plus 
facilement  des  échantillons  de  composition  définie.  On  les  emploie 
aux  mêmes  doses  et  de  la  même  manière  que  le  sel  simple.  Voici  une 
indication  se  rapportant  à  celte  question  que  nous  avons  trouvée  dans 
un  auteur  des  plus  compétents  à  l'égard  de  la  chimie  des  réactifs  his- 
tologiques  (Squire,  Methods  and  formulœ,  etc.,  p.  43)  : 

€  Le  chlorure  d'or  du  commerce  n'est  pas  le  chlorure  pur.  Au  Cl'^ 
mais  le  chlorure  double  cristallisé  d'or  et  de  sodium,  contenant 
50  p.  100  d'or  métallique.  » 

€  Le  chlorure  double  d'or  et  de  sodium  du  commerce  est  le  chlo- 
rure double  sus-dit  mêlé  à  un  poids  égal  de  chlorure  de  sodium,  et 
contient  25  p.  100  d'or  métallique.  » 

Conservation  des  solutions.  —  Nous  rappelons  ce  qui  a  été  dit  à  ce 
sujet  au  n®  208.  L.  Johnson  écrit  en  outre  qu'il  est  bon  de  prendre 
aussi  les  précautions  suivantes  :  —  Les  tissus  doivent  être  bien  lavés 
à  l'eau  distillée  ;  la  solution,  après  insolation,  doit  être  soigneusement 
acidifiée  par  addition  d'un  acétate  ou  formiate  neutre,  ou  d'acide 
acétique  ou  formique  ;  et  après  imprégnation,  les  tissus  doivent  être 
lavés  jusqu'à  ce  qu'ils  ne  donnent  plus  de  réaction  au  papier  de  tour- 
nesol. 

218.  État  des  tissus  &  imprégner  —  La  règle  classique  est 
que,  surtout  pour  des  recherches  sur  des  terminaisons  nerveuses,  les 
tissus  doivent  être  aussi  frais  que  possible.  Cependant^  Drascu  (cité 


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DES   IMPRÉGNATIONS  171 

d'après  Zeit.  f.  wiss.  Mik.^  IV,  4,  1887,  p.  492)  trouve  qu'on  obtient 
de  meilleurs  résultats  avec  des  tissus  qui  ont  été  gardés,  en  un  endroit 
frais,  pendant  douze,  vingt-quatre,  ou  même  quarante-huit  heures 
après  la  mort.  Il  soupçonne  même  qu'une  principale  fonction  de  l'acide 
organique  des  procédés  qui  s'inspirent  de  la  méthode  de  Lowit  est 
d'amener  arlîQciellement  les  tissus  à  un  certain  état  dans  lequel  ils 
se  trouvent  naturellement  à  un  moment  donné  des  processus  post 
mortem,  état  dans  lequel  les  nerfs  auraient  acquis  une  susceptibilité 
spéciale  à  s'imprégner  de  l'or. 

219.  Méthode  de  Gohnheim  —  L'archétype  des  procédés  qui 
consistent  à  faire  agir  une  solution  de  chlorure  d'or  directement  sur 
des  tissus  frais  se  trouve  dans  la  méthode  classique  de  CouNifiiu 
{Virchow's  Archiv,,  XXXVIII,  1866,  p.  346-349;  Strickers  Handb., 
p.  1100).  Des  fragments  de  tissu  frais  sont  mis  pendant  quelques 
minutes,  c'est-à-dire  jusqu'à  ce  qu'ils  deviennent  franchement  jaunes  — 
dans  une  solution  à  0,5  p.  100  de  chlorure  d'or,  puis  ils  sont  exposés 
à  la  lumière  dans  de  l'eau  acidulée  par  l'acide  acétique,  jusqu'à  réduc- 
tion de  l'or,  ce  qui  arrive  plus  ou  moins  vite,  au  plus  tard  au  bout  de 
quelques  jours.  Cette  méthode  donne  des  imprégnations  positives  des 
cellules  de  divers  tissus  qui  sont  souvent  extrêmement  belles,  mais 
d'une  électivité  peu  prononcée,  et  les  résultats  sont  très  variables. 

220.  Méthode  de  Lôwit.  —  Le  besoin  s'étant  fait  sentir,  surtout 
dans  les  recherches  sur  les  terminaisons  nerveuses,  de  faciliter  la 
pénétration  et  la  réduction  de  l'or,  Lôwit  imagina  la  méthode  de 
traitement  par  les  acides  qui  est  connue  sous  son  nom,  et  qui  est  l'ar- 
chétype des  méthodes  employées  pour  l'aurification  des  terminaisons 
nerveuses.  Elle  consiste  en  des  manipulations  dont  le  procédé  suivant 
peut  servir  de  type.  Des  fragments  frais  sont  traités  par  l'acide  for- 
mique  (1  volume  de  l'acide,  d'une  densité  de  1.12,  avec  1  vol.  d'eau) 
jusqu'à  ce  que,  en  se  gonflant,  ils  soient  devenus  transparents.  Gela 
arrive  en  quelques  secondes  ou  en  quelques  minutes,  selon  la  gros- 
seur des  objets,  qui  doivent  être  toujours  aussi  petits  que  possible. 
Par  ce  traitement,  la  pénétration  de  l'or  est  rendue  plus  facile,  et  les 
tissus  sont  devenus  plus  propres  à  le  réduire.  On  les  met  alors  pen- 
dant une  quinzaine  de  minutes  dans  une  solution  de  chlorure  d'or  à 
1  ou  1,S  p.  100,  qui  doit  être  tenue  à  Tobscurité.  Puis  on  les  met 
pendant  vingt-quatre  heures  dans  de  l'acide  formique  dilué  (1  partie 
d'acide  pour  1  à  3  parties  d'eau),  puis  pendant  vingt-quatre  heures 
encore  dans  de  l'acide  formique  concentré,  ces  deux  traitements  se 


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172  CHAPITRE   XII 

faisant  également  dans  Tobscurité.  On  fait  des  coupés,  s'il  y  a  lieu, 
et  Ton  monte  dans  le  damar  ou  la  glycérine.  {Wien.  Sitzber.,  LXXI 
Bd.,  III  Abth.,  1875,  p.  1  ;  Arch.  f.  mik.  AnaL,  XII,  1875,  p.  366.) 
Les  préparations  ainsi  faites  doivent,  si  elles  sont  bien  réussies, 
montrer  les  nerfs  seuls  imprégnés,  au  sein  des  tissus  demeurés  inco- 
lores. Mais,  malgré  toutes  les  précautions,  on  ne  peut  nullement  être 
certain  d'obtenir  constamment  ce  résultat. 

1221.  Méthode  de  Viallanes.  —  Des  modiOcations  ont  été  apportées  de 
part  et  d'autre  aux  détails  du  procédé  de  Lœwit.  On  a  diminué  la  concen- 
tration  de  la  solution  d'or.  Tandis  que  Lœwit  employait  une  solution  à 
1  p.  100,  concentration  qui  est  encore  généralement  employée,  quelques  na- 
turalistes ont  recours,  ce  nous  semble  avec  raison,  à  des  solutions  beaucoup 
plus  diluées.  Ainsi  Viallanes  {Histologie  et  dév,  des  Insectes^  4883,  p.  42)  s'est 
servi,  pour  des  tissus  d'insectes,  du  procédé  suivant.  Les  tissus  sont  fixés 
par  l'acide  osmique  à  1  p.  100,  qu'on  laisse  agir  jusqu'à  ce  qu'ils  commen- 
cent à  brunir.  Puis  ils  sont  mis  pendant  dix  minutes  dans  un  mélange  de 
1  partie  d'acide  formique  et  3  parties  d'eau.  On  les  met  alors  pendant  vingt- 
quatre  heures  dans  une  solution  de  chlorure  d'or  à  1  p.  5000  ou  même 
beaucoup  plus  étendue,  qu'on  a  soin  de  tenir  à  l'obscurité.  On  réduit  à  la 
lumière  dans  de  l'acide  formique  au  quart.  Nous  voyons  dans  ce  procédé 
que  nous  avons  employé  et  qui  nous  a  donné  de  très  bons  résultats,  une 
modification  du  procédé  classique  qui  nous  parait  excellente  pour  certains 
objets  qui  ne  demandent  pas  à  être  spécialement  gonflés  par  un  acide  pour 
faciliter  la  pénétration  du  sel  d'or. 

222.  Méthodes  de  Ranvier.  —  Ranvier  (Quart,  Jouim,  mie.  Se, 
1880,  p.  456)  fait  l'imprégnation  dans  un  mélange  de  4  parties  de 
solution  de  chlorure  d'or  à  1  p.  100  et  1  partie  d'acide  formique, 
qu'on  a  fait  bouillir  ensemble.  11  paraît  que  le  chlorure  acquiert,  par 
l'ébuUition  avec  l'acide  formique,  une  plus  grande  tendance  à  se 
réduire  dans  les  tissus  et  une  électivité  plus  marquée  vis-à-vis  des 
tissus  nerveux.  Notons  ici,  en  passant,  que,  pour  l'étude  des  termi- 
naisons nerveuses,  Ranvier  a  substitué  le  jus  de  citron  frais  à  l'acide 
formique  employé  par  Lôvit  pour  gonfler  les  tissus;  il  est  moins 
nuisible  aux  terminaisons  nerveuses  que  ne  l'est  Tacide  formique. 
Nous  donnons  les  détails  de  ces  deux  méthodes  dans  la  Deuxième 
Partie.  — Nkrfs  intra-épidkrmiques  et  Gornéb. 

223.  Méthodes  pour  faciliter  la  réduction.  —  Une  autre 
sorte  de  modiflcation  qui  a  été  apportée  aux  procédés  de  Gohnheim 
et  de  Lôvvit  consiste  dans  la  mise  en  œuvre  de  manipulations  propres 
à  faciliter  la  réduction  de  l'or  et  à  la  rendre  aussi  complète  que  pos* 
sible. 


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DES    IMPRÉGN ATIOr<(S  173 

Ainsi  Bastian  a  modifié  le  procédé  de  Cohnheim  en  employant  une 
solution  de  chlorure  d'or  à  1  p.  2000  acidulée  par  THCl  (1  goutte 
par  75  ce),  et  en  faisant  la  réduction  dans  un  mélange  à  parties 
égales  d'acide  formique  et  d'eau,  maintenu  au  chaud.  Tous  ces 
détails  sont  de  nature  à  favoriser  la  réduction. 

Hénocque  {Àrch.  de  VAnat,  et  de  la  PhysioL,,  1870,  p.  111) 
imprègne  dans  une  solution  de  chlorure  d'or  à  0,5  p.  100,  puis  lave  à 
l'eau  pendant  douze  à  vingt-quatre  heures,  et  réduit  à  chaud  dans 
une  solution  presque  saturée  d'acide  tartrique.  (La  solution  d'acide 
tartrique  doit  être  contenue  dans  un  flacon  bien  bouché.  La  meilleure 
température  pour  la  réduction  est  de  40  à  50  degrés.  La  réduction  se 
fait  rapidement,  souvent  en  un  quart  d'heure.) 

HoYER  {Arch.  f.  mik.  Anal. y  IX,  1873,  p.  î222)  ajoute  à  de  l'eau  dis- 
tillée une  à  deux  gouttes  par  once  d'un  révélateur  photographique 
au  pyrogallol.  Ou  bien  il  emploie  l'acide  tartrique  et  l'éluve. 

Nestekoffsey  traite  les  préparations  imprégnées  par  une  goutte  de 
sulfhydrate  d'ammoniaque,  et  achève  la  réduction  dans  la  glycérine 
{voyez  GiERKE.  Faerb&rei  zu  mik.  Zwecken). 

Flechsig  {Die Leitungsbahnen  im  Gehim,  etc.,  1876  ;  Arch.  f.  Anat. 
u.  Phys.,  1884,  p.  453)  emploie  pour  la  réduction  une  solution  de 
soude  caustique  à  10  p.  100. 

BoEHM  préfère  réduire  dans  la  solution  de  Pritcqard,  qui  se  com- 
pose de  1  partie  d'alcool  amylique,  1  partie  d'acide  formique  et 
98  parties  d'eau  ;  il  faut  pour  cela  dix-huit  heures  dans  l'obscurité. 
(Voyez  Carrière,  Arch.  f.  mik.  Anat.y  XXI,  1882,  p.  146.) 

Manfredi  {Archimo  per  le  Scienze  mediche,  V,  n®  15)  met  les  tissus 
après  imprégnation  (par  une  solution  d'or  à  1  p.  100)  dans  une  solu- 
tion d'acide  oxalique  à  0,5  p.  100,  et  les  y  chaufi*e  à  36**  sur  un  bain- 
marie,  puis  laisse  refroidir  et  monte  à  la  glycérine.  (Gela  se  fait  à  la 
lumière,  et  il  est  nécessaire  d'opérer  par  un  temps  clair.) 

Manfredi  emploie  également  pour  la  réduction,  qui  doit  se  faire  au 
soleil,  une  solution  d'acide  arsénique  à  1  p.  100,  qu'il  renouvelle  à 
mesure  qu'elle  brunit. 

BoccARDi  {Journ.  Roy.  Mie.  Soc,  1888,  p.  155)  prend  de  l'acide 
oxalique  de  0.1  à  0.25  ou  0.3  p.  100,  ou  bien  un  mélange  de  5  ce. 
d'acide  formique,  1  ce.  d'acide  oxalique  à  1  p.  100,  et  25  ce.  d'eau,  et 
il  y  réduit  à  l'obscurité  pendant  pas  plus  de  deux  à  quatre  heures. 

KoLossow  {Zeit.  f.  wiss.  Mik.,  V,  1, 1888,  p.  52)  réduit  pendant  deux 
ou  trois  jours  à  l'obscurité  dans  une  solution  d'acide  chromique  à 
0,01  ou  0,02  p.  100. 

Geberg  {Intem.  Monatsschr.,  X,  1893,  p.  205)  prétend  que  le  traite- 


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174  CHAPITRE  XII 

ment  préalable  des  tissus  frais  pendant  vingUquatre  heures  par  l'eau 
de  chaux  (méthode  d'ARNSTEiN,  n^  620)  facilite  beaucoup  la  réduction. 
Bernheim  {Arch.  f.  Anat.  u.  Phys.,  Phys.  Abth  1892,  Supp.^  p.  29  ; 
ZeiL  f.  wiss.  3fik.,  X,  4,  1893,  p.  484)  ajoute  à  Tacide  formique 
allongé  de  Lôwit  un  morceau  de  sulfite  de  soude  (il  doit  être  frais  et 
sentir  fortement  Tacide  sulfureux). 

224.  Traitement  ultérieur  des  préparations  imprégnées 
par  For.  —  Il  n'arrive  que  trop  souvent  que  les  préparations  noir- 
cissent à  la  suite  d'une  imprégnation  excessive.  On  peut  les  décolorer 
par  le  cyanure  ou  le  ferrocyanure  de  potassium.  Redding  emploie  une 
solution  faible  de  ferrocyanure  ;  Gybulskv,  une  solution  de  cyanure 
de  potassium  à  0,5  p.  100. 

On  peut  empêcher,  du  moins  en  une  certaine  mesure,  le  noircisse- 
ment des  préparations,  en  les  mettant  pendant  quelques  jours  dans 
Talcool,  qui  a  la  propriété  d'arrêter  la  réduction  de  l'or  (Ranvier). 

Les  tissus  imprégnés  peuvent  être  colorés  après  coup  par  les  tein- 
tures usuelles,  mais  il  est  à  remarquer  qu'on  n'obtiendra  la  coloration 
des  noyaux  par  le  carmin  qu'à  condition  d'employer  une  imprégna- 
tion négative,  les  éléments  qui  ont  été  imprégnés  par  le  métal  ne  se 
colorant  plus  par  le  carmin.  Les  anilines  peuvent  rendre  ici  des  ser- 
vices (safranine,  vert  de  mélhyle,  vert  d'iode). 

Les  préparations  peuvent  être  montées  dans  la  glycérine  acidulée 
avec  1  p.  100  d'acide  formique,  ou  dans  le  baume  de  Canada.  Théori- 
quement, elles  devraient  être  permanentes  si  la  réduction  de  l'or  a 
été  effectuée  d'une  manière  complète  ;  dans  la  pratique,  on  constate 
que  leur  durée  n'excède  guère  quelques  mois. 

225.  Imprégnation  d'animauzniarins.  — Pourun  motif  qu'on  n*a 
pas  pu  expliquer,  les  tissus  des  animaux  marins  ne  prennent  pas  bien 
l'imprégnalion  à  Ter  dans  Tétat  frais.  Fol  dit  que  l'on  peut  réussir  mieux 
avec  du  matériel  alcoolique. 

C.  Acide  osmique 

226.  Acide  osmique  et  pyrogallol  (Lee,  La  Cellule,  IV,  1, 
p.  110;puis,la/'*ii^rf.  dece/rût7é,  1887,p.  140).— -J'ai  appelé  l'atten- 
tion, dans  les  endroits  cités,  sur  le  fait  que  la  réaction,  bien  connue 
des  chimistes,  du  pyrogallol  sur  l'acide  osmique  se  réalise  au  sein  des 
tissus.  J!avais  en  effet  trouvé  c  que  les  tissus  traités  par  l'acide 
osmique  prennent  instantanément  une  coloration  noir  d'encre  si  on 
les  traite  par  une  solution  même  faible  d'acide  pyrogallique  >.  Ce 


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MM   I        I  HPH.Jl 


DES   IMPRÉGNATIONS  175 

procédé  donne  des  résultats  qui  peuvent  être  occasionnellement 
utiles.  Mais,  comme  je  l'ai  expliqué  plus  tard  {Zett.  f.wiss.  Mik,^ 
IX,  2,  1892,  p.  185)  la  réaction  est  en  général  beaucoup  trop  éner- 
gique et  donne  des  colorations  excessives  qui  manquent  d'électivité. 

Je  n'avais  essayé  la  réaction  que  sur  des  tissus  traités  par  Tacide 
osmique  pur.  Plus  tard,  Hermann  (Arch,  f.mik.  i4wa^, XXXVII,  4,1891, 
p.  570)  Ta  essayée  avec  des  tissus  fixés  par  son  mélange  platino-acéto- 
osmique.  Avec  cetle  modification  on  obtient  des  résultats  incompara- 
blement meilleurs,  comme  je  puis  en  témoigner.  Je  ne  pense  cependant 
pas  que  le  procédé  particulier  de  Hermann  soit  le  meilleur  possible. 
Hermann  fixe  pendant  un  à  deux  jours  dans  le  mélange,  lave  beaucoup 
à  Teau  et  durcit  ensuite  dans  des  alcools  successivement  plus  forts  ; 
après  quoi,  pour  obtenir  la  réaction  noire,  il  met  les  pièces  pour  douze 
à  dix-huit  heures  dans  de  Tacide  pyroligneux  brut.  (Cet  acide  doit  être 
brut,  brun  foncé  et  malodore  (Hermann,  dans  Anat.  Ergeh.^  II,  1893, 
p.  28). 

J'ai  trouvé  que  Ton  peut  employer  indifféremment  le  mélange  de 
Hërmamn  ou  le  mélange  de  Flemming.  On  peut  fixer  pendant  douze  à 
vingt-quatre  heures  si  cela  est  indiqué  dans  Tintérét  de  la  fixation  ; 
mais  dans  l'intérêt  seul  de  la  coloration  une  demi-heure  suffit  et  est 
même  préférable.  Il  est  inutile  ou  même  nuisible  de  traiter  par  l'al- 
cool. Au  point  de  vue  de  la  coloration,  on  peut  employer  pour  produire 
la  réaction  colorée  (il  n'y  a  pas  de  motif  pour  admettre  que  ce  soit 
une  c  production  >)  soit  l'acide  pyroligneux  de  Hermann,  soit  une 
faible  solution  de  pyrogallol.  Il  me  semble  que  celui-ci  vaut  mieux; 
la  différentiation  est  peut-être  plus  fine  ,et  la  conservation  des  pièces 
me  paraît  meilleure.  Je  crois  en  effet  avoir  bien  remarqué  que  la 
conservation  des  pièces  traitées  par  l'acide  pyroligneux  laisse  à 
désirer.  On  peut  traiter  par  l'un  ou  l'autre  de  ces  liquides  pendant 
vingt-quatre  heures,  mais  une  seule  heure  ou  moins  pour  de  petites 
pièces  doit  suffire.  On  pçut  employer  une  solution  alcoolique  de 
pyrogallol,  ce  qui  peut  être  utile  dans  certains  cas. 

On  obtient  une  réaction  semblable  avec  une  solution  de  tanin. 

La  méthode  ainsi  modifiée  est  importante.  On  obtient  une  colora- 
tion noire  qui  différencie  suffisamment  les  éléments  des  noyaux  pour 
qu'on  puisse  à  la  rigueur  se  dispenser  de  recourir  à  une  coloration 
séparée  de  la  chromatine,  et  qui  en  même  temps  différencie  assez 
bien  les  éléments  plasmatiques.  C'est  une  des  meilleures  méthodes 
que  je  connaisse  pour  mettre  en  évidence  les  Nebenkern  des  cellules 
spermatiques.  Elle  donne  parfois  chez  des  Invertébrés  de  jolies  diffé- 
rentiations  du  système  nerveux.  C'est  une  méthode  très  commode^ 


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1.76 


CHAPITRE   XII 


et,  si  Ton  fait  usage  de  pyrogallol,  très  sûre  (avec  l'acide  pyroligneux, 
moins  sûre).  Mais  ce  n'est  pas  une  méthode  absolument  sans  défauts, 
la  coloration  plasmatique  qu'elle  donne  n*étant  pas  sans  laisser  à 
désirer.  En  effet,  elle  colore,  souvent  assez  fortement,  Tenchylème 
protoplasmatique  en  même  temps  que  le  reticulum  plastinien,  ce  qui 
nuit  à  la  netteté  des  images.  Et  il  y  a  des  éléments  de  la  cellule  pour 
lesquels  elle  napas  d'affinité  bien  marquée,  le  fuseau  entre  autres, 
comme  je  Tai  déjà  fait  observer  [La  Cellule,  XI,  1,  1895,  p.  31). 

Quoiqu'à  la  rigueur  cette  méthode  dispense  de  l'emploi  d'une 
deuxième  coloration  pour  mettre  les  noyaux  mieux  en  évidence,  on 
peut  cependant  y  recourir.  J'ai  trouvé  fort  avantageux  de  colorer  les 
coupes  ensuite  par  la  safranine  (colorer  très  fortement,  vingt-quatre 
heures  au  moins). 

La  méthode  a  été  attribuée  à  voq  Mahrenthal.  Les  communications  de 
KOLOSSOVV  [Zeit.  f.  wiss,  Mik,,  IX,  I,  1892,  p.  38,  et  IX,  3,  1893,  p.  316)  me 
paraissent  être  à  côté  de  la  question. 

D'après  Azoulay  [Anat,  Anz.,  X,  I,  1894,  p.  25)  on  peut  par  une  modifica- 
tion de  celle  méthode  obtenir  une  coloration  spécifique  de  nerfs  à  myéUne. 

227.  Osmium  et  aoide  oxalique  (Broesicke,  Centralbl.  f,  d,  med. 
Wiss. y  1878,  n®  46,  p.  833  ;  nous  citons  d'après  Gierke  dans  Zeil.  /".  wiss. 
Mik.j  I,  p.  408).  —  On  traite  des  tissus  frais  pendant  une  heure  avec  une 
solution  d'acide  osmique  à  1  p.  100.  On  les  lave  soigneusement  et  on  les 
met  pendant  vingt-quatre  heures  dans  une  solution  de  1  partie  d'acide 
oxalique  pour  15  parties  d'eau.  Par  ce  procédé,  on  obtient  de  bonnes  diffé- 
renciations de  tissus  ;  la  plupart  des  tissus  se  colorent  en  un  rouge  transpa- 
rent assez  beau^  chaque  tissu  en  une  nuance  particulière;  les  noyaux,  étant 
plus  foncés  que  le  reste,  sont  bien  mis  en  évidence. 

II  faut  avoir  soin  d'arrêter  l'action  de  l'acide  osmique  avant  qu'il  ait  pu 
noircir  les  tissus,  car,  en  ce  cas,  l'acide  oxalique  n'a  plus  le  pouvoir  de  les 
rougir.  Cette  méthode  m'a  donné  pour  certains  sujets  d'assez  bons  résultats, 
mais  elle  ne  vaut  pas  le  procédé  au  pyrogallol. 

d.  Autres  méthodes^ 

228.  Perohlorure  de  fer  (Polaillon,  Journ.  de  VAnaL  et  PhysioL,  III, 
1866,  p.  43).  —  Le  perchlorure  de  fer  produit  par  imprégnation  des  colora- 
tions fort  utilisables.  La  méthode  consiste  à  imbiber  les  objets  par  une  solu- 
tion de  perchlorure  de  fer,  et  à  les  mettre  ensuite  dans  une  solution  faible 
d'acide  tannique,  gallique  ou  pyrogallique,  jusqu'à  ce  qu'ils  soient  suffi- 
samment noircis. 

Les  IIOGGAN  (Journ.  Quekett  Club,  1876;  Journ.  Roy.  Mie.  Soc.,  II,  1879, 
p.  358)  fixent  d'abord  par  le  nitrate  d'argent  à  0,5  p.  100,  qu'ils  laissent  un 
peu  réduire,  puis  ils  déshydratent  les  tissus  par  l'alcool  et  les  traitent  pen- 
dant quelques  minutes  avec  une  solution  de  perchlorure  de  fer  dans  l'alcool. 
Ensuite  ils  les  traitent  pendant  quelques  minutes  (s'il  s'agit  de  membranes 


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DES  IMPRÉGNATIONS  177 

minces)  avec  une  solution  à  2  p.  100  d'acide  pyrogallique  dans  l'aloool.  Ce 
procédé,  très  facile,  est  excellent  pour  les  membranes  minces. 

Bleu  de  Prusse  (Leber,  Arch.  /*.  Ophlalm.,  XIV,  p.  300;  Ranvier, 
Traité,  p.  108).  —  Sulfate  de  cuivre.  Leber  (loc,  cit,),  —  Gliromate  de 
plomb,  Leber  (loc.  cit.)-  —  Sulfures  (Landois,  Centralbl.  /*.  d.  med. 
Wiss,,  1865,  no  55  ;  Gierke,  ZeiL  wiss,  MiL,  1, 1884,  p.  497).  —  Molybdate 
d'ammonium  (Merkel,  Krause),  voyez  Gierke,  Zeit,  /*.  wiss.  Mik.,  I, 
p.  96.)  —  Oxyohlorure  de  ruthénium  (Nicolle  et  Cantazucene,  Ann, 
InsL  Pasteur,  VII,  1893,  p.  331). 


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ANAT.  UICROSC.  12 


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CHAPITRE  XIII 
COLORATIONS  COMBINÉES 


229.  —  On  peut  distinguer  deux  groupes  de  colorations  combinées  : 

Dans  Tun,  on  combine  des  colorants  ayant  des  affinités  différentes 
pour  les  diverses  sortes  de  tissus  qui  existent  dans  la  préparation  à 
colorer,  sans  se  préoccuper  de  Télectivité  de  ces  colorants  vis-à-vis 
des  éléments  des  tissus,  c'est-à-dire  vis-à-vis  des  noyaux,  du  cyto- 
plasma  ou  de  la  substance  différenciée  des  éléments.  C'est  ainsi  qu'on 
a  recommandé  une  combinaison  d'acide  picrique  et  de  carmin  d'in- 
digo, deux  colorants  qui  manquent  absolument  l'un  et  l'autre  de 
toute  électivité  vis-à-vis  des  noyaux,  mais  qui,  employés  en  combi- 
naison, montrent  une  électivité  assez  marquée  vis-à-vis  des  tissus,  le 
bleu  de  Tindigo  se  portant  sur  les  épithéliums,  et  le  jaune  de  l'acide 
picrique  se  localisant  de  préférence  dans  le  tissu  conjonctif. 

Dans  l'autre  groupe  de  colorations  combinées,  on  ajoute  à  une 
coloration  élective  pour  les  noyaux  d'une  préparation,  une  ou  plusieurs 
autres  agissant  sur  les  éléments  extra-nucléaires,  éléments  qu'il  est 
quelquefois  fort  important  de  colorer  d'une  couleur  faisant  contraste 
avec  celle  des  noyaux.  Comme  exemple  typique  de  ce  genre  de  colo- 
ration, nous  citerons  la  double  coloration  par  le  carmin  boracique  et 
le  carmin  d'indigo  ou  le  bleu  d'aniline. 

Avant  de  donner  les  formules,  nous  désirons  dire  un  mot  de  l'em- 
ploi, d'une  manière  générale,  de  l'Acide  picrique  dans  les  colora- 
tions combinées.  Flemming  a  fait  observer  avec  raison  que  l'acide 
picrique  peut  être  employé  utilement  et  très  facilement  pour  obtenir 
de  doubles  colorations  avec  le  carmin  ou  l'hématoxyline.  La  tech- 
nique est  des  plus  simples  ;  elle  consiste  tout  simplement  à  ajouter  de 
l'acide  picrique  aux  alcools  employés  pour  la  déshydratation  des 
objets  déjà  colorés  par  le  carmin  ou  l'hématoxyline.  On  peut  employer 


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COLORATIONS    COMBINÉES  179 

toutes  les  teintures  ordinaires  de  carmin  ou  d'iiématoxyline,  sans 
crainte  de  voir  s'altérer  la  coloration  des  noyaux,  car  même  la  colora- 
tion délicate  que  donne  le  carmin  à  Talun  n*est  pas  altérée  par  le 
traitement  par  Tacide  picrique  (Flemming,  Zeit.  f.  wiss.  Mik,^  1, 1884, 
p.  360).  Mais  voyez  n«  195. 


COMBINAISONS  AYANT  POUR  BASE  LE   CARMIN 

230.  Picro-carmin.  —  Nous  ne  citons  cette  combinaison  que 
pour  rappeler  que  le  picro-carmin  est  un  colorant  double,  à  condition 
de  ne  pas  pousser  les  lavages  au  point  où  Tacide  picrique  disparait 
des  préparations.  On  peut  toujours  prévenir  cet  effet  en  faisant  les 
lavages  avec  des  liquides  chargés  d'une  quantité  sufûsante  d*acide 
picrique. 

231.  Carmin  boracique  et  picro-carmin.  —  On  ajoute  un  peu 
de  la  solution  normale  de  picro-carmin  au  carmin  boracique  de  Gre- 
nacher,  au  moment  des*en  servir.  Le  mélange  précipite  en  général  au 
bout  de  quelques  heures,  mais  cela  n'empêche  pas  les  colorations  de 
se  faire. 

232.  Carmin  et  acide  picrique.  —  Voyez  les  n~  195  et  229. 

Pour  le  carmin  picro-lithiqae  de  Orth,  voyez  Berlin,  klin,  Wochensch. 
28,  1883,  p.  421.  —  Pour  le  carmin  aluné  à  Tacide  picrique  de  Légal, 
voyez  n®  109. 

233.  Carmin  et  carmin  d'indigo.  —  Seiler  {Am.  Quart,  Mie,  Journ., 
1879,  p.  220  ;  Journ.  Roy.  Mie,  Soe,,  1879,  p.  613)  colore  dans  le  carmin 
boracique  de  Woodward  (n<»  117),  décolore  par  THCl,  éloigne  soigneuse- 
ment Tacide  par  le  lavage  et  met  les  préparations  pendant  six  à  dix-huit 
heures  dans  une  teinture  composée  de  deux  gouttes  de  solution  saturée  de 
carmin  d'indigo  dans  Teau  et  30  ce.  d*alcool  à  95  degrés  (il  faut  iiitrer 
cette  teinture  avant  de  remployer). 

H.  GiBBES  emploie  le  carmin  boracique  (n®  117). 

Il  est  évident  qu'on  peut  également  employer  les  carmins  au  borax  de 
Grenacher,  et  que  la  formule  alcoolique  n»  118  peut  répondre  à  presque 
tous  les  besoins. 

J'ai  essayé  cette  méthode.  Elle  réussit  avec  les  coupes,  mais  elle  est 
très  capricieuse.  Avec  les  objets  entiers  il  est  à  peu  près  impossible  de 
régler  la  coloration  par  Tindigo. 

234.  Mélange  de  carmin  boracique  et  carmin  d'indigo  (Merkel, 


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T  ^3rr«^jj|-ïT^yr 


180 


CHAPITRE    XllI 


Unters.    a.  d.  Anat.   Aîist.  Rostock,   1874;  Month.   Mie,    Journ,,    1877, 
p.  242  et  317).  —  On  fait  une  solution  de  la  manière  suivante  : 

Carmin 2  grammes. 

Borax 8         — 

Eau 128  centimètres  cubes. 

(On  triture  ces  ingrédients  ensemble  dans  un  mortier,  on  laisse  reposer, 
on  décante,  on  filtre,  et  Ton  conserve  le  liquide  dans  un  flacon  bouché.) 

Et  une  autre  solution  de  la  manière  suivante  : 

Carmin  d'indigo 8  grammes. 

Borax 8         — 

Eau 128  centimètres  cubes. 

(Il  faut  les  mélanger,  décanter,  filtrer  et  conserver  le  liquide,  comme 
pour  la  première  solution.) 

Au  moment  de  s'en  servir,  on  mêle  les  deux  solutions  à  volumes 
égaux.  On  laisse  les  objets,  qui  doivent  être  petits,  pendant  quinze  à  vingt 
minutes  dans  la  teinture.  (Max  Flesch  préfère  les  laisser  plusieurs  heures. 
Voyez  ZeiL  /*.  tviss.  Mik.,  1885,  p.  350.)  On  les  décolore  en  les  lavant 
pendant  le  même  temps  dans  une  solution  saturée  d'acide  oxalique  dans 
Teau.  Puis  on  lave  à  Teau  et  Ton  monte  dans  un  des  milieux  conservateurs, 
usuels. 

L'acide  oxalique  a  la  fonction  de  fixer  dans  les  tissus  le  carmin  d'indigo 
qui,  étant  très  soluble  dans  l'eau,  serait  enlevé  au  lavage  sans  cette 
précaution;  malheureusement  il  arrive  souvent  que  cet  acide  précipite  le 
caripin  ou  le  fait  passer  au  jaune,  de  sorte  que  la  réussite  est  assez 
aléatoire.  Les  auteurs  (Merkel,  loc.  cit.;  NoRRis  et  Shakespeare,  Amer. 
Journ,  Med.  Se,  Jan.  1877;  Merkel,  Month.  Mie.  Joum.,  1877,  p.  242; 
Marsh,  Section  Cutting,  p.  85;  Bayerl,  Arch.  /*.  mik.  Anat.,  XXIII  1885, 
p.  36-7)  ;  Macallum,  Trans.  Canad.  Inst.,  11, 1092,  p.  222;  Journ.  Roy. Mie. 
Soc.  1892,  p.  698)  sont  d'accord  pour  trouver  que  les  préparations  réussies 
montrent  des  différencialions  d'une  grande  richesse  et  très  nettes. 
D'après  Bayerl,  la  coloration  est  spécifique  pour  les  corpuscules  du  sang, 
qui  se  colorent  d'un  vert  pomme.  Bayerl  recommande  d'éviter  l'essence 
de  girofle  pour  l'éclaircissement  des  coupes,  vu  qu'elle  oxyde  la  couleur 
et  l'altère  ;  il  emploie  la  benzine.  Mais  de  toute  façon  la  couleur  n'est 
jamais  parfaitement  stable.  Ce  colorant  a  été  préconisé  pour  les  centres 
nerveux.  C'est  une  méthode  beaucoup  plus  spéciale  que  générale. 

235.  Carmin  et  bleu  d'aniline  (Duval,  Précis,  etc.,  p.  225).  — 
Après  avoir  coloré  par  le  carmin,  Duval  recommande  de  déshydrater  par 
l'alcool  et  de  colorer  pendant  quelques  minutes  dans  une  teinture  composée 
de  10  gouttes  de  solution  saturée  de  bleu  d'aniline  soluble  à  l'alcool  et  de 
10  grammes  d'alcool  absolu,  puis  de  pénétrer  par  l'essence  de  térében- 
thine, et  de  monter  au  baume  de  Canada. 

Ce  procédé  peut  s'appliquer  à  toute  sorte  de  préparations,  mais  il  est 
particulièrement  indiqué  pour  les  coupes  décentres  nerveux. 

D'autres  auteurs  recommandent  le  bleu  de  lumière,  qui  ne  colore  pas 


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COLORATIONS   COMBINÉES  ■   181 

sensiblement  les  noyaux  (Bedot),  et  le  bleu  de  Lyon  (Maurice  et  Sciiulgin), 
ce  dernier  étant  dissous  dans  Talcool  à  10^  acidulé  par  Tacide  acétique. 
Il  faut  que  les  solutions  soient  très  faibles. 

Baumgarten  {Arch,  /*.  mik.  Anat.,  XL,  1892,  p.  512)  colore  les  coupes 
(faites  sur  du  matériel  coloré  au  carmin  boracique)  pendant  douze  heures 
dans  une  solution  à  0,2  p.  100  de  bleu  de  Lyon  dans  lalcool  absolu,  et 
lave  pour  environ  la  moitié  de  ce  temps  avant  de  monter  au  baume. 
Recommandé  pour  le  cartilage  et  pour  les  centres  nerveux. 

236.  Autres  coxoibinaisons  au  oarmin.  —  Picro-carmin  et 
hématoxyline  (H.  Gibbes,  Journ,  Boy.  Mie,  Soc,,  III,  1880,  p.  390).  — 
Picrocannin  avec  la  roséine  et  le  bleu  d'aniline  ;  ou  avec  le  violet 
d'aniline  et  le  bleu  d'aniline  ;  ou  avec  le  violet  d'aniline  et  le  vert 
d'iode;  ou  avec  la  roséine  et  le  vert  d'iode  (IL  Gibbes,  loc.  cit.,  p.  392). 
—  Pioro-carmin  et  vert  d'iode  (Stirling,  Journ.  ofAnat.  and  PhysioL, 
1881,  p.  349).  —  Picro-carmin  avec  vert  d'iode  et  vert  malachite 
(RiCHARDSON,  Journ.  Roy.  Mie.  Soc,  1881,  p.  868).  —  Picro-carmin 
et  vert  de  méthyle  (Max  Flesch,  ZooL  Anzeig.,  1882,  p.  554).  — 
Picro-carmin  et  éosine  (Lang,  Zool.  Anzeig.^  II,  p.  45  ;  Mitth.  ZooL 
Stat.  Neapelj  II,  p.  1  et  suiv.). 


COMBINAISONS  AYANT  POUR   BASE   l'uÉMATOXYLINE 

237.  Hématoxyline  et  acide  picrique.  —  Nous  avons  déjà 
parlé  de  cette  combinaison  (n**  229). 

238.  Ëoaine  hématoxylique.  —  La  coloration  successive  par  Thé- 
matoxyliae  et  Téosine  est  une  pratique  très  ancienne.  Elle  donne  de 
bons  résultats,  mais  n'est  pas  d'un  emploi  commode,  car  elle  exige  des 
lavages  très  soignés,  Véosine  précipitant  facilement  V hématoxyline^  si  Ton 
ne  prend  pas  des  précautions  spéciales.  Nous  donnons  d'après  Fol  (Lehrb., 
p.  196)  la  méthode  à  laquelle  s'est  arrêté  Renaut  après  une  étude  minu- 
tieuse de  ces  teintures. 

On  prend  : 

Solution  concentrée  d*éosine  à  la  potasse  dans  l'eau.       30  cent,  cubes. 
Solution  jsaturée  d'hématoxyline  dans  l'alcool  (elle 

doit  avoirété  gardée  quelque  temps  et  avoir  déposé).        40         — 
Solution  saturée  d'alun,  de  potasse  dans  la  glycérine 

(densité  de  la  glycérine,  environ  1,26) 130         — 

On  mélange  ces  solutions  et  on  laisse  reposer  le  mélange  cinq  à  six 
semaines  dans  un  récipient  couvert  d'une  feuille  de  papier  percée  de 
Irons  jusqu'à  ce  que  l'alcool  soit  évaporé,  puis  on  filtre.  Pour  la  colora- 
tion, on  se  sert  soit  de  la  solution  telle  quelle,  soit  de  solutions  diluées. 
La  coloration  se  fait  très  lentement,  et  au  début  la  couleur  n'est  pas  fixée 
dans  les  tissus,  mais  se  laisse  enlever  au  lavage.  Mais  après  quelques 
jours  ou  quelques  semaines  elle  se  localise  dans  les  tissus  et  s'y  fixe.  On 
peut  alors  monter  au  baume,  en  ayant  soin  d'employer  pour  la  déshydra- 


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182  CHAPITRE   XIII 

talion  des  alcools  chargés  d*une  proportion  suffisante  d*éosine.  Il  est  plus 
commode  et  souvent  préférable  de  monter  les  pièces  dans  la  teinture 
elle-même  allongée  de  1  à  2  volumes  de  glycérine  pure.  Après  quelque 
temps,  ce  liquide  d^inclusion  devient  parfaitement  incolore  par  suite  de  la 
localisation  de  toute  la  matière  |colorantc  dans  les  tissus.  Ces  préparations 
se  sont  montrées  permanentes  jusqu'à  présent. 

D'autres  méthodes  pour  l'emploi  de  Téosine  hématoxylique  ont  été 
indiquées  à  plusieurs  reprises  par  Renaut,  mais  nous  pensons  que,  dans 
la  pensée  de  ce  savant,  celle-ci  doit  les  remplacer  toutes.  Voyez,  au  demeu- 
rant, Comptes  rendus  Acad,  Se,  LXXXVIII,  1879,  p.  1039  ;  et  Arck.  de 
PhysioL.  1881,  p.  640. 

Les  solutions  d'éosine  hématoxylique  sont  remarquables  par  leur  action 
élective  pour  les  éléments  des  glandes  salivaires  et  gastriques.  Comme 
exemple  de  cette  action  élective,  nous  mentionnerons  le  fait  que  dans 
les  glandes  salivaires  de  Vllelix  pomalia  elle  démontre  l'existence  de  cel- 
lules glandulaires  de  deux  sortes,  les  unes  se  colorant  en  rose  brillant 
et  les  autres  (celliiles  mucipares)  d'un  bleu  intense.  Ces  cellules  ne  pré- 
sentent pas  de  difTérence  entre  elles  dans  les  préparations  qui  ne  sont  pas 
colorées. 

EvERARD,  Demoor  et  Massart  {Ann.  Inst.  Pasteur,  VII,  1893,  p.  16G) 
préparent  un  mélange  semblable  comme  suit.  On  fait  (A)  une  solution 
de  1  gr.  d'éosine,  25  gr.  d'alcool,  "35  gr.  d'eau  et  50  gr.  de  glycérine.  Puis 
on  fait  dissoudre  à  l'aide  de  la  chaleur  20  gr.  d'alun  dans  200  gr.  d'eau, 
on  filtre,  et  après  vingt-quatre  heures  on  ajoute  une  solution  de  1  gramme 
d'hématoxyline  dans  10  grammes  d'alcool.  On  filtre  de  nouveau  après 
huit  jours,  et  pour  faire  le  bain  de  teinture  on  combine  la  solution  avec 
un  volume  égal  du  liquide  A. 

239.  Hématoxyline  et  éosine.  —  List  {Zeit,  /*.  wiss.  Mik.,  II,  p.  148) 
colore  d'abord  à  l'hématoxyline,  puis  pendant  quelques  minutes  dans  une 
teinture  composée  de  trois  parties  d'alcool  absolu  et  une  partie  de  solution 
aqueuse  d'éosine  à  0,5  p.  100.  Celte  méthode  donne  de  belles  colorations 
des  noyaux,  qui  se  colorent  en  violel,  le  reste  de  la  préparation  étant  rose. 

Voyez  aussi  Buscii  (VerA.  d.  BerL  Phys,  Ges,,  18*77;  Gierre,  Zeit.  f. 
wiss.  Mik,,  I,  p.  oOo). 

Martinotti  {Gazz,  d.  Clin.  Torino,  1883,  n«  51;  Zeit.  f.wiss.  Mik.,  I, 
p.  582). 

Stœhr  iVirchow's  Archiv.,  XCVII,  p.  211;  Zeit.  f.  xinss.  Mik.,  1, 
p.  583)  ;  et,  plus  récemment,  Hickson  {Quart.  Joum.  Med.  Se,  1893, 
p.  129  (colorer  des  coupes  sur  porte-objets  pendant  une  heure  dans  une 
forte  solution  d'éosine  dans  de  l'alcool  à  «0  p.  100,  laver  à  l'alcool,  et  colo- 
rer pendant  vingt  minutes  dans  une  faible  teinture  d'hématoxyline). 

Nous  faisons  observer  que  la  coloration  double  d'hématoxyline  et 
d'éosine  est  très  à  recommander  pour  des  objets  embryologiques. 
L'éosine  se  porte  avec  énergie  sur  le  vitellus,  qu'il  différencie  ainsi 
des  feuillets  embryonnaires,  dans  lesquels  prédomine  le  bleu  de  l'hé- 
matoxyline. 


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COLORATIONS   COMBINÉES  183 

240.  Hématoxyline  et  benzopurpurine  ou  deltapurpurine. 

—  Combinaison  recommandée.  Voyez  n**  191  *. 

241.  Hématoxyline,  fuchsine  acide  et  orange.  —  Cette 
combinaison,  qui  parait  assez  indiquée,  est  cependant  peu  mentionnée 
par  les  auteurs.  La  méthode  de  Cavazzani  {Riforma  Med.,  Napoli, 
1893,  p.  604;  Zeit.  f.  loiss.  Mik.,  XI,  3,  1894,  p.  344)  est  par  trop 
compliquée. 

S142.  Bématozyline  et  vert  diode  (Stirling,  Journ,  of  Anal,  and 
Physiol.^  1881,  p.  353).  —  Colorer  légèrement  à  Thématoxyline,  puis  au 
vert  d*iode.  (Coupes  de  la  langue;  glandes  mucipares  vertes,  glandes 
séreuses  bleues.) 

243.  Hématoxyline  et  nitrata  de  rosaniline  (List,  Zeii.  f.  wiss. 
Mik,^  II,  p.  149).  —  Colorer  d'abord  à  Thématoxyline,  puis  pendant  dix 
minutes  dans  une  solution  de  nitrate  de  rosaniline,  laver,  déshydrater  et 
monter  au  baume.  Recommandé  pour  les  glandes  mucipares,  les  épithéliums 
et  le  cartilage. 


COMBINAISONS  AYANT  POUR  BASE  LA  SAFRANINE 

{Coupes  seulement,) 

244.  Saft*anine  et  Kernsch'warz.  —  Je  recommande  entre 
toutes  cette  combinaison,  qui  pour  bon  nombre  d'objets  m'adonne  de 
meilleurs  résultats  que  tout  autre  procédé.  J'ai  décrit  au  numéro  115 
le  procédé  que  j'emploie. 

246.  Safranine  et  LichtgrOn  ou  Sseureviolett  (Benda,  Verh. 
d.  Phys.  Ges.  zu  Berlin,  1891,  4  et  5  ;  aussi  dans  VArch.  f.  Phys.  de  du 
Bois-Reymond,  1891).  —  Colorer  des  coupes  pendant  vingt-quatre 
heures  dans  de  la  safranine  anilinée  ;  puis  colorer  pendant  environ 
une  demi-minute  dans  une  solution  de  5  grammes  de  Lichtgriin  ou 
Sàureviolett  (à  prendre  chez  Grûbler)  dans  200  ce.  d'alcool,  déshy- 
drater, et  passer  par  l'essence  de  bergamote  et  le  toluol  au  baume  de 
Canada.  Je  reproche  à  cette  méthode,  qui  m'a  donné  de  très  bons 
résultats,  d'exiger  l'emploi  de  coupes  exceptionnellement  minces.  Il 
faut  faire  très  attention  à  ne  pas  prolonger  la  coloration  par  le  Licht- 
griin, qui  exerce  une  action  décolorante  considérable  sur  la  safra- 
nine. 

1  B.  N.  — A  partir  d'ici,  les  combinaisons  citées  ne  peuvent  guère  être  utilisées  que 
pour  la  coloration  de  coupes,  et  non  d'objets  entiers. 


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184  CHAPITRE  XIII 

246.  Safranine,  grentiane  et  orange  (Flemhing,  Arch,  f.  mik. 
Anal.,  XXXVII,  1891,  p.  249  et  p.  688).  -  Méthode  célèbre.  Colorer, 
au  mieux  pendant  deux  ou  trois  jours  ou  même  semaines  [Anat. 
Ergeb,^  in,p.  68)  dans  de  la  safranine  anilinée,  rincer  à  Teau,  décolorer 
dans  de  Talcool  acidulé  au  maximum  par  0,1  p.  100  d'acide  chlorhy- 
drique  jusqu'à  ce  qu'il  ne  s'extraie  presque  plus  de  couleur.  Colorer 
ensuite  pendant  une  à  trois  heures  dans  du  violet  de  gentiane  (solu- 
tion aqueuse  simple,  ou  bien  le  procédé  de  Gram,  n®  168),  laver  à 
Teau,  et  traiter  par  une  solution  aqueuse  concentrée  d'orange,  laquelle 
en  vertu  de  ses  propriétés  acides  extrait  plus  ou  moins  du  violet  de 
gentiane.  Après  quelques  minutes  au  maximum,  et  pendant  que  les 
coupes  cèdent  encore  de  pâles  nuages  violets  si  on  les  agite,  on  les 
met  dans  Talcool  absolu,  on  les  y  laisse  jusqu'à  ce  qu'elles  n'y  per- 
dent presque  plus  de  couleur,  on  éclaircit  à  l'essence  de  girofle  ou  de 
bergamote,  et  avant  que  les  derniers  pâles  nuages  de  couleur  aient 
cessé  de  se  montrer  on  monte  au  baume. 

L'orange  à  employer  est  Torange  G  de  Grûbler  (fabrique  de  Meis- 
ter,  Lucius  et  Brûning  à  Hôchst,  ou  de  l'Actiengesellschaft  fur  Ani- 
linfabrication  à  Berlin). 

Ce  procédé  n'est  pas  censé  donner  une  coloration  triple^  mais  une 
coloration  mixte.  Nous  en  parlons  encore  au  chapitre  des  Méthodes 
Cytologiques. 

Je  n'ai  pas  assez  d'expérience  de  celte  méthode  pour  avoir  qualité 
de  porter  un  jugement  déûnitif  à  son  égard.  Je  puis  cependant  dire 
qu'elle  est  d'une  exécution  très  délicate  —  il  suffit  du  moindre  manque 
de  jugement  dans  les  opérations  de  décoloration  pour  tout  compro- 
mettre —  et  en  conséquence  les  résultats  sont  plus  ou  moins  aléa- 
toires. 

J'ai  bien  obtenu  par  ce  procédé  des  résultats  qui  paraissent  être 
ceux  que,  d'après  la  description  de  Flemming,  ce  procédé  doit  produire. 
Ce  sont  des  images  fort  belles,  mais  je  préfère  en  général  celles  de  la 
méthode  du  Kernschwarz  et  safranine,  qui  a  en  tout  cas  l'avantage 
d'être  parfaitement  sûre. 

Voici  maintenant  une  modification  du  procédé  de  Flemming,  pré- 
r»onisée  par  Reinke  [Arch.  f.  mik,  Anat,^  XLIV,  2,  1894,  p.  262).  Des 
coupes  (de  matériel  fixé  au  liquide  de  Heréiann)  sont  mises  pour 
vingt-quatre  heures  dans  une  solution  concentrée  de  sulfite  de  potas- 
sium. On  rince  à  l'eau  et  on  colore  pendant  une  ou  deux  heures  dans  la 
safranine.  On  lave  bien  à  l'eau  et  l'on  colore  pendant  vingt-quatre 
heures  dans  un  mélange  «  neutre  >  de  violet  de  gentiane  et  d'orange, 
qu'on  prépare  comme  suit.  On  ajoute  à  une  solution  aqueuse  concen- 


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■J"wi,,^w;i;yi 


COLORATIONS    COMBINÉES  185 

trée  de  violet  de  gentiane  quelques  gouttes  de  solution  aqueuse  con- 
centrée d'orange. 

La  solution  se  précipite  en  partie  par  suite  de  la  formation  d'une 
couleur  neutre  imparfaitement  soluble,  mais  redevient  presque  claire 
si  l'on  ajoute  un  excès  d'eau. 

Une  goutte  du  mélange  déposée  sur  du  papier  buvard  doit  faire  une 
tache  d'un  violet  pur  ou  brun  au  centre  avec  un  étroit  liséré  d'orange 
pâle. 

On  met  les  coupes  «  dans  cette  solution  >  sans  avoir  ûltré  (je  tra* 
duis  littéralement;  il  est  impossible  de  comprendre  si  l'auteur  veut 
dire  le  mélange  concentré  ou  le  mélange  étendu  d'eau).  Après  vingt- 
quatre  heures  on  déshydrate  rapidement  dans  l'alcool  absolu,  et 
on  éclaircit  à  l'essence  de  girofle. 

On  peut  conserver  la  solution  de  gentiane  neutre  en  y  ajoutant  un 
tiers  d'alcool. 

Le  lecteur  aura  bien  remarqué  que  les  instructions  de  Reinke  ne 
sont  rien  moins  que  précises.  Elles  sufQront,  je  pense,  le  plus  souvent 
pour  mener  au  but.  Un  essai  fait  avec  le  mélange,  mais  sans  mordan- 
cage  préalable  par  le  sulfite  de  potassium,  m'a  donné  des  résultats 
sensiblement  identiques  à  ceux  du  procédé  de  Flemming.  Il  me  semble 
qu'avec  le  procédé  de  Reinke  on  doit  avoir  moins  souvent  des  insuc- 
cès qu'avec  celui  de  Flemming. 

247.  Safranine  et  hématozyline  (Rabl,  Morph,  Jahrb.,  X,  1884, 
p.  215).  —  Colorer  très  légèrement  à  l'hématoxyline  (vingt-quatre  heures  dans 
une  solution  extrêmement  allongée  d'hématoxyline  de  Delafield),  laver  à 
ralcool  acidifié  par  THCl,  colorer  fortement  à  la  safranine.  Ici  la  safranine 
est  le  colorant  nucléaire  et  Thématoxyline  le  colorant  plasmatique.  Cette 
méthode  m*a  donné  de  forts  bons  résultats,  il  y  a  quelques  années  ;  mais  je 
la  considère  comme  démodée. 

Pour  la  coloration  de  préparations  de  sançy  FoÀ  fait  un  mélange  des  deux 
couleurs.  (Voir  à  la  Deuxième  Partie.) 

248.  Bleu  d'aniline  et  safranine  (Garbini,  ZooL  Anzeig.,  1886, 
p.  26;  eiZeit,  f,  wiss.  Mik.,  V,  2, 1888,  p.  170).  —  Excessivement  compliqué. 

249.  Nigrosine  ou  carmin  d'indigo  et  safranine  (Kossinski,  Zet7 . 
/".  unss.  Mik.f  VI,  1, 1889,  p.  61).  -—J'ai  essayé  la  combinaison  avec  la  nigro- 
sine et  n'ai  pas  réussi. 

COMBINAISONS    A    LA    FUCHSINE    ACIDE 

{Coupes  seulement,) 

260.  Bleu  Victoria  et  fuchsine  acide,  —  J'ai  eu  de  bons 
résultats  avec  cette  combinaison.  Les  coupes  sont  traitées  pendant  dix 


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186  CHAPITRE   XllI 

minutes  par  la  teinture  d'iode  ;  puis,  bleu  Victoria,  dix-huit  heures; 
fuchsine  acide  (Sàurefuchsine),  solution  aqueuse  à  0,5  p.  100,  dix 
minutes;  alcool  ;  essence  de  girofle  ;  colophane. 

Il  ne  faut  pas  employer  la  fuchsine  acide  en  premier  lieu,  car  le 
Victoria  la  décolorerait  par  substitution. 

Je  pense  que  le  violet  de  gentiane  donnerait  également  de  bons 
résultats  en  cette  combinaison. 

Le  rouge  Congo  ne  donne  pas  de  préparations  stables.  Voyez 
numéro  190. 

251.  Mélange  Ehrlich-Biondi  (ou  Ehrlich-Biondi-Heiden- 
hain)  (Pfluger's,  A7xh.  f.  d.  ges.  Phys,,  XLIII,  1888,  Supp.,  p.  40; 
Zeit.  f.  wiss.  Mik.,  V.  4,  1888,  p.  519).  —  Ce  célèbre  mélange  a  été 
depuis  quelques  années  très  employé  en  Allemagne  et  en  Angleterre, 
il  a  été  Tobjet  d'un  véritable  engouement.  La  préparation  en  est 
assez  délicate  ;  heureusement  on  peut  se  le  procurer  tout  fait  chez 
Grubler  (n°  92). 

Ce  liquide  fut  imaginé  en  premier  lieu  par  EuRLicn,  puis  modifié 
par  R.  Heidenuain  et  Biondi.  Nous  citons  d'après  R.  Heidenuain. 

A  100  ce.  de  solution  saturée  d'orange  dans  l'eau  on  ajoute,  en  agi- 
tant constamment,  20  ce.  de  solution  saturée  de  fuchsine  acide  (Sàu- 
refuchsine) dans  l'eau,  et  50  ce.  d'une  solution  pareille  de  vert  de 
méthyle. 

On  allonge  le  mélange  de  60  à  100  volumes  d'eau.  Le  mélange 
allongé  doit  virer  au  rouge  d'une  manière  évidente  par  addition 
d'acide  acétique.  Si  l'on  en  pose  une  goutte  sur  du  papier  buvard, 
elle  doit  former  une  tache  d'un  vert  bleuâtre  au  centre  et  orange  vere 
les  bords.  Si  la  zone  orangée  est  entourée  d'une  zone  rouge  plus 
large,  c'est  que  le  mélange  contient  trop  de  fuchsine. 

Ces  réactions  ne  suffisent  pas  pour  assurer  une  bonne  solution.  Une 
solution  ainsi  préparée  ne  donne  pas  infailliblement  l'électivité  vou- 
lue de  la  coloration  de  la  fuchsine  acide  ;  et  les  préparations  ont  une 
tendance  à  se  faner  en  peu  de  temps.  En  acidifiant  la  solution  on 
obtient  une  teinture  plus  élective  et  donnant  des  préparations  qui  ne 
se  fanent  pas.  Mais  il  faut  user  de  grandes  précautions  en  acidifiant  ; 
car  si  l'on  ajoute  trop  d'acide  on  nuira  à  l'électivité  de  la  teinture  en 
provoquant  une  coloration  de  la  substance  interfilaire  eu  même 
temps  que  l'élément  plastinien.  Voici,  d'après  M.  ^^u^E^nsm  [Ueber 
Kern  u,  Protoplasmay  Engelmann,  1892,  p.  116),  comment  il  faut 
procéder  : 

On  prend  une  quantité  voulue  de  la  solution  originelle  et  on  Tal- 


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COLORATIONS    COMBINÉES  187 

longe  d'eau  dans  la  proportion  de  6  volumes  de  la  solution  pour  400 
d'eau  distillée.  On  prend  deux  verres  pareils,  on  les  remplit  d*eau 
distillée  et  l'on  ajoute  à  chacun  quelques  gouttes  de  la  solution  allon- 
gée, de  manière  à  avoir  dans  chacun  un  liquide  de  la  même  teinte. 

Ce  liquide  doit  accuser  en  même  temps  un  ton  rouge  provenant  de 
la  fuchsine  acide,  un  tonjaune  provenant  de  l'orange,  et  un  ton  gri- 
sâtre provenant  du  vert  de  méthyle.  On  ajoute  maintenant  à  l'un  des 
verres,  goutte  à  goutte  et  en  agitant  continuellement,  de  l'acide  acé- 
tique fortement  dilué  (1  p.  500  d'eau)  jusqu'à  ce  que  le  liquide  vire 
fortement  au  rouge  cramoisi  (le  ton  jaune  primitif  disparaissant  en 
même  temps  et  le  ton  gris  devenant  moins  évident).  On  met  ces  deux 
verres  de  côté  pour  servir  de  témoins.  On  reprend  maintenant  la  solu- 
tion allongée  qu'on  avait  préparée  en  premier  lieu,  et  on  l'acidifie 
avec  l'acide  acétique  dilué,  tout  en  agitant  fortement.  On  en  prend 
de  temps  à  autre  quelques  gouttes  que  Ton  ajoute  à  un  troisième 
verre  contenant  de  l'eau  distillée;  et  l'on  procède  ainsi  jusqu'à  ce 
que  dans  ce  troisième  verre  on  ait  réalisé  le  ton  beau  rouge  cramoisi 
du  verre  témoin  quia  été  acidifié.  Aussitôt  que  ce  point  a  été  atteint, 
le  bain  de  teinture  est  prêt.  Mais  si  les  préparations  ne  réussissent  pas 
d'une  manière  tout  à  fait  satisfaisante,  on  peut  ajouter  encore  de  très 
faibles  quantités  d'acide. 

Ce  n'est  pas  encore  tout.  Il  est  si  important  d'atteindre  et  de  con- 
server exactement  le  degré  voulu  d'acidité  de  la  solution,  qu'il  faut 
encore  une  précaution  ou  deux  {Arch.  f.  mik.  Anat.,  XLIII,  3,  1894, 
p.  430). 

La  teinture  ne  doit  pas  être  filtrée,  car  la  filtralion  peut  la  rendre 
moins  acide.  Et  si  on  l'a  conservée  pendant  quelque  temps,  il  faut 
l'additionner  d'un  peu  d'acide,  parce  qu'elle  aura  dissous  des  traces 
de  verre,  qui  est  un  corps  alcalin.  Hkidenhain  va  jusqu'à  conseiller 
de  conserver  la  solution  dans  des  récipients  de  gutta-percha. 

Il  est  absolument  nécessaire  que  l'orange  soit  l'orange  G,  que  la 
fuchsine  acide  soit  la  Rubin  S  (on  sait  que  «  rubine  »  est  synonyme 
de  «  fuchsine  >  ),  et  que  le  vert  de  mélhyle  soit  le  Methylgrun  00, 
toutes  de  la  fabrication  de  la  Aktienfabrik  fur  Anilinfabrikation  à 
Berlin  (on  peut  se  les  procurer  chez  Grûbler). 

Nous  donnerons  dans  le  numéro  suivant  deux  modifications  de 
ce  mélange,  qui  ont  du  moins  le  mérite  d'être  des  simplifications. 

Il  est  bon  d'observer  que  les  solutions  originelles  des  trois  ingré- 
dients doivent  être  absolument  concentrées,  ce  qui  ne  s'obtient  qu'après 
plusieurs  jours  de  solution.  Elles  ont  une  tendance  à  précipiter  au 
mélange.  En  conséquence  Sq^re  {M ethods,  etc.,  p.  37)  recommande 


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^88  CHAPITRE    XIII 

de  les  allonger  de  la  proportion  d'eau  voulue  pour  la  dilution  défini- 
tive avant  de  les  mélanger. 

Pour  assurer  la  permanence  de  la  coloration  il  est  bon  (M.  Heidkn- 
haïn)  de  traiter  les  coupes  pendant  deux  heures  par  l'acide  acétique 
dilué  àO,  1  p.  100,  deles  mettre  ensuite  pendant  un  quart  d'heure  dans 
de  la  teinture  d'iode,  et  rincer  ensuite  à  l'alcool,  avant  de  les  mettre 
dans  le  bain  de  teinture.  Le  traitement  par  l'acide  a  pour  but  d'assu- 
rer que  les  préparations  aient  une  réaction  acide  lorsqu'on  les  monte 
au  baume.  Le  traitement  par  l'iode  a  pour  effet  de  rendre  plus  éner- 
gique la  coloration  de  la  chromatine  par  le  vert  de  méthyle  et  de 
rendre  plus  élective  la  coloration  des  éléments  protoplasmiques.  (Les 
instructions  de  M.  HEroENUAiN  ont  trait  à  du  matériel  fixé  par  le 
sublimé.  J'ai  trouvé  que  la  coloration  de  matériel  fixé  par  le  mélange 
de  Flemming  est  encore  plus  précise.) 

On  colore  pendant  six  à  dix-huit  heures.  On  rince  à  l'eau,  on  déshy- 
drate aussi  rapidement  que  possible  dans  l'alcool,  on  éclaircit  au  xylol, 
et  on  monte  au  baume.  On  déshydrate  aussi  rapidement  que  possible 
pour  deux  motifs  :  l'un,  c'est  que  la  méthode  est  censée  être  une 
teinture  progressive  ne  demandant  pas  de  différenciation  après 
coup  ;  l'autre,  c'est  que  le  vert  de  méthyle  est  très  peu  résistant  à 
l'alcool,  et  s'en  irait  à  coup  sûr  à  un  lavage  prolongé. 

Les  résultats  varient  beaucoup  selon  la  nature  des  tissus.  On  peut 
dire  en  somme  que  la  chromatine  se  colore  en  bleu  à  l'état  de  repos, 
en  vert  à  l'état  kinétique,  et  que  les  éléments  plasmatiques  prennent 
divers  tons  de  rouge,  rarement  orange.  L'électivité  est  très  pré- 
cise, ce  qui  ne  veut  cependant  pas  dire  que  la  fuchsine  et  l'orange 
colorent  infailliblement  tous  les  éléments  plasmatiques  qu'on  vou- 
drait avoir  mis  en  évidence. 

Dans  les  préparations  réussies  l'effet  est  de  toute  beauté.  Mais  il  est 
incontestable  que,  malgré  les  plus  grandes  précautions,  elles  ne  réus- 
sissent pas  toujours. 

Il  est  absolument  nécessaire  de  n'employer  que  des  coupes  exces- 
sivement minces,  car  il  faut  que  la  déshydratation  puisse  être  faite  en 
une  trentaine  de  secondes,  sans  cela  les  noyaux  perdent  infaillible- 
ment leur  couleur.  Et  le  moindre  défaut  ou  excès  d'acidité  de  la  solu- 
tion peut  rendre  la  coloration  par  la  fuchsine  acide  diffuse  au  lieu 
d'être  nettement  localisée  dans  l'élément  plastinien.  Les  préparations 
ne  se  conservent  que  moyennant  toutes  les  précautions  que  nous 
avons  indiquées.  En  somme  donc  je  pense  qu'il  faut  admettre  que 
cette  méthode  a  sa  raison  d'être  pour  les  objets  très  spéciaux  qu'a- 
vaient en  vue  les  auteurs  qui  l'ont  imaginée,  pour  les  recherches  sur 


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"'•■  F'.'tj.'q: 


COLORATIONS    COMBINÉES  189 

les  granulations  cyloplasmiques  d'EnRLicn,ou  pourles  recherches  sur 
le  réticulum  cytoplasmatique  de  Martin  Heidenhaïn,  et  d'autres  objets 
semblables.  Mais  vouloir,  comme  paraissent  le  prétendre  certains 
observateurs,  en  faire  une  méthode  à  appliquer  à  toute  sorte  d'objets, 
c'est  tomber  dans  l'exagération,  et  certainement  on  en  reviendra. 

252.  Mélange  triacided'Ehrlich. — Suivant  l'exemple  d'Ehrlich, 
on  appelle  Mélange  triacide  (Triacidlôsung)  un  mélange  des  mêmes 
trois  couleurs  que  celles  du  réactif  ËURLicn-BiONDi  du  numéro  précé- 
dent, mais  dans  des  proportions  telles  que  les  couleurs  «  acides  »  y 
prédominent.  L'expression  est  impropre  au  point  de  vue  chimique, 
car  le  mélange  ne  contient  que  deux  couleurs  «  acides  »,  l'orange  et 
la  fuchsine  acide,  le  vert  de  méthyle  étant  une  couleur  fortement 
«  basique  >. 

La  suivante  est  une  formule  récente  d'EHRLicn  pour  ce  mélange, 
communiquée  àREiNBAcn  {Zeit.  f.  wiss,  Mik.,  XI,  2, 1894,  p.  259). 

Orange  G.,  solution  saturée  aqueuse.  .   .  120  grammes. 
Fuchsine  acide.           —                    ...      80         — 

Vert  de  méthyle.  —  .   .  iOO         — 

Eau  distillée 300         — 

Alcool  absolu 180         -— 

Glycérine 50         — 

Il  faut  veiller  à  ce  que  les  solutions  soient  absolument  concentrées, 
et  il  ne  faut  jamais  agiter  le  mélange,  mais  en  puiser  chaque  fois  ce 
qu'il  faut  avec  une  pipette  plongée  dans  la  couche  superficielle.  Avec 
ces  précautions  le  mélange  se  conservera  pendant  des  années. 

Voici  maintenant,  d'après  Warburg  (cité  d'après  Zeit.  f.  iciss. 
Mik.,  XI,  3, 1894,  p.  382)  une  manière  de  composer  cette  solution  au 
moyen  du  Mélange  Ehrlich-Biondi,  due  à  M.  Heidenhaïn  :—  c  2  ce. 
de  mélange  Biondi  (1  :  30)  -h  40  ce.  d'eau  distillée  -i-  3  ce.  de  solution  de 
fuchsine  acide  à  0.  5  p.  100  -h  0.  2  ce.  d'acide  acétique  à  1  :  500.  > 

Ces  formules  ont  évidemment  plus  de  précision  que  celle  du  mélange 
Edrucu-Biondi  du  numéro  précédent,  et  en  constituent  une  simplifica- 
tion. Mais  elles  présentent  le  même  inconvénientque  celle-ci,  à  savoir  la 
difficulté  qu'il  yak  conserver  le  vert  de  méthyle  dans  les  noyaux 
lors  de  la  déshydratation  des  préparations.  Pour  ce  motif  je  pense 
qu'elles  sont,  tout  autant  que  le  mélange  Eurlicu-Biondi,  impropres 
à  la  coloration  des  coupes,  et  ne  doivent  servir  que  pour  la  coloration 
de  préparations  de  sang  séché  sur  porte-objet  et  autres  préparations 
analogues. 


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190  CUAPITBE   XIII 

On  trouvera  dans  Rawitz,  Leitfaden  f.  hist.  Untersuchnngen,  1895, 
p.  71,  une  autre  formule  donnée  sous  le  titre  de  Mélange  Triacide 
d'EuRLicn.  Celle  formule  donne  le  ver/  d'éthyle  (Aethylgrûn)  au  lieu 
de  vert  de  méthyle,  Rawitz  ne  citant  pas  de  source,  je  ne  puis  dire  s*il 
n'y  a  pas  là  une  faute  d'impression  pour  vert  de  méthyle. 

AUTRES    COMBINAISONS 

{Coupes  seulement.) 

253.  Vert  de  méthyle  et  éosine  (Calberla,  Mo7*ph.  Jahrb., lll, 
1877,  p.  625).  —  On  prend  une  partie  d*éosine  et  60  parties  de 
vert  de  méthyle  et  Ton  fait  une  solution  avec  de  l'alcool  à  30  p.  100 
chaud.  Des  coupes  se  colorent  dans  cette  solution  en  cinq  à  dix 
minutes  ;  on  les  lave  rapidement  dans  des  alcools  successifs,  et  Ton 
monte  dans  le  baume  ou  dans  la  glycérine. 

254.  List  {Zeit.  f.  loiss.  Mik.,  II,  p.  147)  colore  pendant  quelques 
minutes  dans  une  teinture  composée  de  3  parties  d'alcool  absolu  avec 
1  partie  de  solution  d'éosine  dans  Teau,  à 0,5  p.  100,  puis,  après  lavage, 
il  colore  pendant  cinq  minutes  dans  une  solution  aqueuse  de  vert  de 
méthyle,  à  0,5  p.  100.  On  lave  et  Ton  passe  par  l'alcool  et  un  agent 
éclaircissant  pour  monter  dans  le  baume.  Les  préparations  ne  se 
conservent  pas  bien  dans  la  glycérine. 

On  peut  également  employer  une  solution  alcoolique  de  vert  de 
méthyle  (3  parties  d'alcool  absolu  avec  une  partie  de  la  solution  de 
vert  de  méthyle  dans  l'eau). 

En  général,  il  faut  retirer  les  préparations  de  l'alcool  absolu  aussi- 
tôt que  la  couleur  de  l'éosine  commence  à  reparaître. 

On  peut  aussi  employer  {loc.  cit,,  p.  150)  une  teinture  faite  en 
allongeant  la  solution  aqueuse  de  vert  de  méthyle  de  50  volumes 
d'eau,  et  y  colorer  pendant  vingt  quatre  heures. 

Pour  le  mélange  de  Huumbler  et  ses  résultats  étonnants  voyez  Zool. 
Anz,,  1893,  p.  47,  57-6i. 

255.  Brun  Bismarck  et  vert  de  méthyle  (List,  Zeit.  f.  wiss. 
Mik.,  II,  1885,  p.  145).  —  Colorer  pendant  quelques  minutes  dans 
une  solution  de  brun  Bismarck,  formule  de  Weigert  (n**  113  6is), 
laver,  et  colorer  au  vert  de  méthyle  (sol.  aq.  à  0,5  p.  100). 

Ou  bien,  colorer  pendant  quelques  minutes  dans  une  teinture 
composée  de  trois  parties  d'alcool  absolu  et  une  partie  de  la  solution 
de  brun  Bismarck  selon  Weigert,  laver  à  Talcool  fort,  et  colorer 


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COLORATIONS    COMBINÉES  191 

pendant  quelques  minutes  dans  une  teinture  composée  de  trois  parties 
d'alcool  absolu  et  une  partie  de  la  même  solution  de  vert  de  mélhyle. 

Ou  bien,  colorer  pendant  vingt-quatre  heures  dans  une  teinture 
faite  en  allongeant  le  brun  Bismarck  de  Weigert  de  50  volumes 
d'eau,  puis  colorer  pendant  vingt-quatre  heures  dans  une  teinture  faite 
en  allongeant  la  solution  précitée  de  vert  de  méthyle  de  60  volumes 
d'eau. 

Éclaircir  par  l'essence  de  bergamote  ou  le  xylol,  et  monter  au 
baume. 

256.  Fuchsine  et  bleu  de  méthylène.  —  Méthode  de  Baum- 
GARTEN  {Zeit.  f.  wiss.  Mik.y  I,  1884,  p.  415).  —  Les  coupes  de  tissus 
durcis  par  l'acide  chromique  sont  placées  pendant  vingt-quatre  heures 
dans  une  solution  alcoolique  concentrée  de  fuchsine  étendue  d'eau 
(8  à  10  gouttes  dans  un  verre  de  montre  rempli  d'eau),  puis 
lavées  rapidement  dans  l'alcool  absolu.  On  les  traite  ensuite  par^une 
solution  aqueuse  concentrée  de  bleu  de  méthylène  pendant  quatre  à 
cinq  minutes,  puis  par  l'alcool  absolu  pendant  cinq  à  dix  minutes  et 
finalement  par  l'essence  de  girofle.  Le  bleu  de  méthylène  enlève  la 
coloration  rouge  de  la  substance  fondamentale  des  tissus  et  laisse  les 
noyaux  colorés  en  rouge. 

257.  Bleu  de  méthylène  et  éosine  (Ghenzinsky  ,  cité  d'après  Zeit, 
/*.  wiss.  Mik.y  XI,  2,  1894,  p.  260).  —  Ne  se  conserve  que  pendant  une  hui- 
taine de  jours.  (Voyez  numéro  747.) 

Bleu  de  mélhylène,  solution  saturée  aqueuse.  .  .    40  grammes. 
Éosine,  0,5  p.  100  dans  de  l'alcool  à  70  p.  100  .   .    20        — 
Eau  distillée  (ou  glycérine) 40        — 

Le  mélange  de  Piankse  [Riforma  med,,  1893,  p.  828;  Zeit,  f.  iviss.  MîL, 
XI,  3, 1894,  p.  345)  contient  les  mêmes  ingrédients  dans  les  mêmes  propor- 
lions,  avec  une  forte  addition  de  carbonate  de  lilhine. 

258.  Autres  combinaisons.  —  Nous  laissons  de  côté  bon  nombre  de 
mélanges  qui  nous  paraissent  inutiles  ou  superQus,  mais  voyez  au  besoin 

les  suivants  : 

Eosine  et  vert  d'aniline  (Scuiefferdecker,  ^IrcA.  /*.  mik.  Anat,,  1878, 
p.  30).  —  Eosine  et  dahlia  (Schiefferdecker,  Arch,  /".  mik.  Anat., 
1878  p.  30).  —  Eosine  et  violet  de  méthyle  (Schiefferdecker,  loc. 
cil  ).'—  Rose  Bengale  et  vert  d*iode  (Gribsbach,  ZooL  Anzeig.,  1883, 
p.  172).  —  Hématoxyline  et  nitrate  de  roaaniline  (List,  Zeit,  f.  wiss. 
Mik.,  II,  p.  149).  —  Brun  Bismarck  et  vert  d'aniline  (List,  loc.  cit.). 
—  Vert  de  méthyle  et  nitrate  de  rosaniline  (List,  loc.  cit.).  —  Bleu 
de  Prusse  et  safranine  (Brun,  Arch.  Se:  Phys.  et  Nat.,  XIII,  1885, 
p.  257). 


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192 


CHAPITRE   XIII 


Hesegotti  {Zeit.  f.  wtss.  Mik.y  V,  3,  1888,  p.  320)  a  obtenu  des  tein- 
tures doubles  en  colorant  d'abord  dans  la  fuchsine,  le  dahlia,  le  violet  de 
mêMiylô,  le  violet  de  gentiane,  la  rubine,  le  bleu  Victoria  ou  le  magenta, 
et  ensuite  dans  une  solution  alcoolique  (si  j'ai  bien  compris)  de  rouge 
GonjLio,  vert  de  méthyle,  vert  d'iode,  nigrosine,  bleu  de  méthylène,  orange, 
ponceau,  fuchsine  acide,  aurantia,  cyanine,  éosine,  éosine  méthylique, 
roug<"  Magdala,  Bordeaux,  ou  vésuvinc.  Il  a  eu  les  meilleurs  résultats  en 
colorant  d'abord  par  le  violet  de  méthyle,  puis  par  une  solution  alcoolique 
très  fUluée  d'éosine  alcoolique  ou  de  fuchsine  acide,  avec  déshydratation 
par  l'alcool  pur. 


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CHAPITRE  XIV 

MÉTHODES  D'INCLUSION 


259.  Les  méthodes  d'inclusion  ou  d'enrobage  sont  des  pro- 
cédés ayant  pour  but  d'englober  les  objets  petits  ou  délicats  dans  des 
substances  plastiques  qui  les  soutiennent  de  tous  côtés  de  manière  à 
permettre  de  les  diviser  en  tranches  minces  sans  les  comprimer  et 
sans  déranger  les  rapports  de  leurs  parties.  Au  début  de  cette  branche 
de  la  technique,  on  ne  visait  qu'à  entourer  les  objets  par  une  subs- 
tance de  nature  à  leur  prêter  un  support  suffisant  à  l'extérieur,  sans 
se  préoccuper  de  faire  pénétrer  cette  substance  à  l'intérieur  pour 
prêter  le  même  support  aux  éléments  anatomiques;  c'est  là  l'inclusion 
ou  l'enrobage  simple,  méthode  qui  rend  encore  aujourd'hui  des  ser- 
vices pour  les  coupes  d'objets  dont  l'intérieur  ne  se  laisse  pénétrer 
par  aucune  des  masses  d'inclusion  connues,  comme,  par  exemple, 
l'encéphale  humain  entier.  Mais  la  technique  moderne  n'en  est  pas 
restée  là.  Mettant  en  œuvre  des  procédés  d'infiltration,  on  réussit 
aujourd'hui  à  remplir  avec  la  masse  d'inclusion  toutes  les  cavités  qui 
peuvent  exister  dans  un  organisme,  à  entourer  chaque  organe  et 
chaque  élément,  à  en  pénétrer  même  la  substance  des  cellules.  Par 
ce  moyen,  on  communique  aux  tissus  une  consistance  qui  permet  de 
les  débiter  en  tranches  très  minces  dans  lesquelles  les  rapports  natu- 
rels de  tous  les  organes  et  de  tous  les  éléments  se  trouvent  exacte- 
ment conservés. 

On  arrive  à  l'une  ou  l'autre  de  ces  fins  par  l'emploi  de  masses  d* in- 
clusion appropriées  au  but  qu'on  se  propose.  A  ce  point  de  vue,  on 
peut  distinguer  deux  groupes  de  masses  d'inclusion  :  les  masses 
aqueuses^  telles  que  la  gomme  arabique,  la  gélatine,  le  savon,  qui  se 
laissent  mêler  à  l'eau,  et  servent  à  enrober  et  à  infiltrer  des  tissus 
sans  les  déshydrater  ;  et  les  masses  anhydres,  telles  que  la  paraffine, 
la  cire,  le  collodion,  qui  peuvent  bien  elTectuer  le  simple  enrobage 

ANAT.   MICROSC.  13 


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194  CHAPITRE    XIV 

d'objets  humides,  maïs  qui  ne  sauraient  les  inQltrer  qu'à  condition 
d'une  déshydratation  préalable.  L*emploi  de  masses  humides  est  sou- 
vent nécessaire  dans  les  recherches  cytologiques,  et  souvent  très 
commode,  quelquefois  même  nécessaire,  en  physiologie  et  en  patho- 
logie; les  masses  anhydres,  au  contraire,  se  prêtant  mieux  à  la  pré- . 
paration  des  séries  de  coupes,  sont  les  plus  employées  en  embryologie 
et  en  anatomie  normale.  Aujourd'hui  c'est  surtout  la  paraffine  qui 
sert  à  ce  genre  de  travaux. . 

260.  MIorotoxnes.  —  Le  cadre  de  cet  ouvrage  exclut  en  principe  toute 
description  d'iustrumenls.  Nous  pensons  qu'il  sera  cependant  utile  de  dire 
deux  mots  sur  les  microtomes  avant  de  passer  à  Texposé  des  manipulations 
spéciales  des  inclusions.  Nous  venons  de  dire  que  la  méthode  de  la  paraffine 
est  la  méthode  normale  de  Tanalomie  et  de  l'embryologie.  Il  s'ensuit  que 
le  micro  tome  de  Fembryologiste  ou  du  zootomiste  doit  être  fait  en  vue  de 
remploi  général  de  cette  méthode. 

Mais  il  doit  aussi  pouvoir  servir  au  besoin  pour  la  confection  de  coupes 
de  matériel  non  déshydraté,  ou  enrobé  dans  une  substance  moins  dure  que 
ne  Test  la  parafHne,  dans  le  collodion  par  exemple.  La  paraffme  est  une 
masse  très  dure,  le  collodion  est  une  masse  beaucoup  moins  dure,  et  plus 
ou  moins  élastique.  Des  masses  aussi  dissemblables  ne  se  laissent  pas  couper 
avec  la  même  facilité  et  la  même  perfection  au  moyen  de  dispositifs 
mécaniques  identiques.  Il  en  résulte  que  tel  micro  tome  qui  donne  avec  la 
paraffine  les  coupes  les  plus  parfaites  qu'il  soit  possible  de  réaliser  est  très 
impropre  à  couper  le  collodion  ou  autre  masse  ^enrfre  et  élastique.  En  con- 
séquence, à  moins  que  l'anatomiste  ne  puisse  disposer  de  deux  microtomes, 
l'un  pour  la  paraffine,  l'autre  pour  le  collodion,  les  tissus  frais  ou  conge- 
lés, etc.  (ce  qui  sera  bien),  il  fera  mieux  de  choisir  un  modèle  n'ayant  peut- 
être  pas  les  qualités  spéciales  que  seul  peut  avoir  un  instrument  imaginé 
en  vue  d'un  genre  de  travail  très  spécial,  mais  qui  donne  des  résultats  suffi- 
samment bons  en  même  temps  avec  la  paraffine  et  avec  les  masses  molles. 

Parmi  les  microtomes  les  plus  connus  qui  remplissent  ces  conditions, 
nous  citerons  celui  de  Zeiss,  celui  de  Reiciiërt,  à  Vienne,  celui  de  Sciianze, 
à  Leipzig  (excellent,  d'un  emploi  très  facile,  et  aussi  très  bon  marché,  car  il 
ne  coûte,  si  nous  ne  faisons  erreur,  que  80  marks,  soit  100  francs).  Mais  à 
notre  sens,  le  microtome  qui  répond  le  mieux  aux  besoins  de  l'anatomiste 
général,  est  celui  de  Tiioma,  construit  par  Jung,  de  Heidelberg.  Nous  ne 
saurions  mieux  conseiller  le  lecteur  qu'en  l'engageant  à  se  commander  chez 
Jung  [adresse  R.  Jung,  Mechaniker,  in  Heidelberg)  un  microtome  Thoma 
modèle  moyen,  soit  n<*  2'  ou  4,  avec  toutes  les  améliorations  les  plus  récentes, 
y  compris  la  vis  raicromélrique  à  tambour  enregistrant,  perfectionnement 
que  nous  pouvons  assurer,  d'après  notre  expérience,  n'être  nullement  une 
superfluité.  On  trouvera  une  description  détaillée  de  ce  bel  instrument 
dans  le  Journal  de  Mici'ographie  de  novembre  et  décembre  1883.  Ou  bien 
celui  de  Aug.  Becker  à  Gottingen,  dont  on  trouvera  une  description  dans 
Zeit,  f.  wiss.  Mik.,  II,  1885,  p.  453,  ou  Joui'n.  lioy.  Mie,  Soc,  1886,  p.  334. 
Ce  modèle  est  en  principe  le  même  que  celui  de  Thoma,  mais  possède 
quelques  changements  de  détail  qui  sont  des  perfectionnements.  L'un  et 


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METHODES   D  INCLUSION  195 

Fautre  de  ces  instruments  coupent  les  masses  tendres  comme  le  coUodiou 
tout  aussi  bien  que  la  paraffine  ;  ce  sont  même  à  peu  près  les  meilleurs 
instruments  qui  existent  pour  cette  fln.  Avec  la  parai'flne,  ils  fournissent  un 
travail  assez  bon,  mais  qui  ne  saurait  être  comparé  pour  la  finesse  et  la 
régularité  à  celui  des  microtomes  de  Cambridge,  de  Minot  ou  de  Reinhold- 
Giltay.  Dans  celui  de  Thoma  ou  de  Becker,  le  couteau  est  mobile,  il  n'est 
maintenu  qu'à  l'une  de  ses  extrémités,  et  il  n'est  pas  assujetti  sur  le  fond  de 
la  rainure  dans  laquelle  il  glisse.  Ce  dispositif  lui  permet  de  céder,  d'une 
quantité  minime  il  est  vrai^  mais  c'est  toujours  trop,  à  l'instant  où  son  tran- 
chant rencontre  l'objet  à  couper.  Il  ne  le  fait  pas  toujours  à  un  degré  per- 
ceptible, mais  il  le  fait  souvent,  surtout  si  l'objet  est  un  peu  dur  ;  d'où  une 
irrégularité  quelquefois  fort  désagréable  dans  l'épaisseur  des  coupes.  Dans 
les  instruments  que  nous  allons  maintenant  mentionner,  cet  inconvénient 
n'existe  pas  ou  existe  à  un  degré  moindre  ;  car,  dans  ces  modèles,  le  couteau 
est  immobile  et  solidement  assujetti  à  ses  deux  extrémités. 

Dans  ces  modèles,  nous  recommandons  en  premier  lieu  pour  la  plupart 
des  recherches  qui  demandent  la  préparation  de  séries  de  coupes  à  la  paraf- 
fine, le  nouveau  microtome  à  bascule  vendu  par  la  «  Cambridge  Scientific 
instrument  Company  >,  sous  le  nom  de  Rocking  Microtome,  (Ce  microtome 
est  aussi  construit  en  France  par  Dumaige,  2i-,  rue  Saint-Merri.)  Ce  micro- 
tome  fournit  avec  une  grande  facilité  des  séries  de  coupes  d'une  admirable 
régularité,  et  se  prête  mieux  que  le  microtome  Thoma  à  la  production 
rapide  de  coupes  enchaînées  ou  de  rubans  de  coupes  collées  ensemble, 
sujet  sur  lequel  nous  reviendrons  tout  à  l'heure,  mais  il  n'offre  pas  de  dis- 
positions aussi  heureuses  pour  l'orientation  exacte  d'objets  très  petits.  Cet 
inconvénient  se  trouve  en  partie  écarté  parles  perfectionnements  apportés  à 
la  construction  du  porte-objet  par  Henneguv  et  Vignal  (Comptes  rendus  de 
la  Soc,  de  Biologie,  1885,  p.  647).  Ce  raicrotome  ne  s'applique  du  reste 
guère  qu'à  la  confection  de  séries  de  coupes  par  la  méthode  de  la  paraf- 
fine, et  n'est  pas  à  recommander  pour  les  coupes  qui  doivent  se  faire  par 
la  voie  humide  avec  un  rasoir  mouillé,  comme  pour  le  procédé  au  coUodion. 

Ensuite  les  beaux  instruments  de  Minot  et  de  Reinhold-Giltay.  Dans 
ceux-ci  comme  dans  le  Cambridge  Rocker,  le  couteau  est  fixe  et  le  porte- 
objet  mobile,  mais  celui-ci  a  un  mouvement  vertical  produit  par  un  méca- 
nisme semblable  à  celui  d'une  machine  à  coudre.  L'un  et  l'autre  sont  des 
instruments  dune  grande  beauté,  et  très  pratiques.  Le  Minot  est  fabrique 
par  E.  Zimmermann,  10,  Albert-Strasse,  Leipzig,  au  prix  de  175  m. 
{220  francs).  On  en  trouvera  une  description  dans  le  Joum.  Roy,  Mie,  Soc, 
1889,  p.  143.  Le  Reinhold-Giltay  ressemble  essentiellement  au  Minot,  mais 
possède  des  perfectionnements  dans  le  détail  mécanique  qui  le  rendent  plus 
précis  et  moins  délicat.  Je  n'ai  pas  eu  l'occasion  de  travailler  moi-même 
avec  cet  instrument,  mais  je  l'ai  vu  à  l'œuvre,  et  je  puis  affirmer  que  je  lui 
ai  vu  débiter  un  bloc  de  paraffine  de  plus  d'un  centimètre  de  côté  en  un 
ruban  de  coupes  à  un  micron  d'épaisseur,  et  cela  avec  un  rasoir  ordinaire. 
Les  coupes  étaient  toutes  parfaites  si  ce  n'est  que  quelques-unes  étaient  un 
peu  tassées.  C'est  de  bien  loin  ce  que  j'ai  vu  de  plus  beau  en  fait  de  micro - 
tomes.  Il  y  a  aussi  un  dispositif  pour  permettre  de  couper  les  masses  au  collo- 
dion,  etc.  Cet  instrument  est  fabriqué  par  J.  W.  Giliay  à  Delft,  et  coûte,  je 
crois,  environ  500  francs.  On  en  trouvera  une  description  dans  Zeit,  f.  wiss, 
Mik.,  IX,  4,  1893,  p.  415,  et  dans  Joum,  Roy,  Mie.  Soc,  1893,  p.  700. 


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m 


CHAPITRE    XIV 


261.  Les  manipulations  de  Finclusion.  —  Avant  de  décrire  en 
détail  les  plus  importantes  des  méthodes  d'inclusion,  nous  dirons 
quelques  mots  des  procédés  opératoires  généraux  de  l'inclusion,  c'est- 
à-dire  des  manipulations  employées  pour  introduire  l'objet  dans  la 
masse  liquide  d'inclusion  de  telle  sorte  que  la  masse  devenue  solide 
se  présente  sous  la  forme  d'un  bloc  commode  à  couper  et  emprison- 
nant l'objet  dans  l'orientation  voulue. 

a.  On  peut  faire  l'inclusion  dans  une  capsule  ou  dans  un  verre  de 
montre,  quitte  à  découper  ensuite  dans  la  masse  solide  un  bloc  con- 
tenant l'objet  et  ayant  les  dimensions  voulues.  Si  l'on  s'est  servi  d'une 
masse  liquide  à  chaud,  solide  à  froid,  telle  que  la  paraffine,  on  peut 
le  plus  généralement  la  retirer  en  totalité  en  chauffant  légèrement  le 
fond  de  la  capsule  ou  du  verre  de  montre  de  manière  à  fondre  la 
ijouche  inférieure  de  la  masse,  ce  qui  permet  de  détacher  en  bloc  le 
reste  de  la  masse. 

Si  l'on  désire  procéder  de  cette  manière,  il  est  bon,  selon  certains 
anatomistes,  d'enduire  le  récipient,  d'avance,  avec  de  la  glycérine. 
On  y  verse  une  goutte  de  glycérine,  qu'on  étale  et  qu'on  essuie  ensuite 
avec  un  linge  jusqu'à  ce  qu'il  n'en  reste  que  des  traces  à  peine  per- 
ceptibles. J'ai  toujours  trouvé  que  pour  la  paraffine  cette  précaution 
n'est  nullement  nécessaire  ;  il  est  même  rarement  nécessaire  de 
chauffer  le  fond  du  récipient,  la  paraffine  se  détache  d'habitude  par- 
faitement bien  sans  cela. 

b.  Les  petils  objets  se  laissent  parfaitement  bien  enrober  et 
orienter  dans  les  masses  telles  que  la  paraffine  sans  aucun  appareil. 
On  pratique  dans  un  bloc  de  paraffine  une  cavité  assez  grande  pour 
recevoir  l'objet,  et  on  l'y  place  dans  la  position  désirée.  Il  n'y  a  plus 
qu'à  promener  une  aiguille  chauffée  le  long  des  marges  de  la  cavité 
pour  que  la  paraffine  fondue  vienne  entourer  l'objet  et  achever  l'in- 
clusion sans  déranger  l'orientation  de  l'objet.  Nous  engageons  vive- 
ment le  lecteur  à  ne  pas  mépriser  cette  méthode  si  simple,  car  il  est 
des  cas  où  elle  rend  des  services  que  ne  rend  aucune  autre  méthode. 
Lorsqu'on  a  affaire  à  des  objets  si  petits  qu'on  ne  peut  distinguer  leur 
position  qu'à  Taide  d'une  forte  loupe,  il  est  essentiel  de  savoir  manier 
l'aiguille  chauffée  sous  le  microscope  à  dissection  et  même  sur  le 
porte-objet  du  microtome  ^ 

c.  D'après  une  méthode  qui  est  très  répandue,  et  qui  est  excel- 

t  Dans  The  Microlomisl's  Vade  Mecum^  1885,  p.  172,  nous  avons  appelé  celle 
méthode  du  nom  de  Kisgsley.  Nous  pensons  maintenant  qu'il  convient  de  l'al- 
'rjbner  à  Born.  Voyez  Die  PlatlenmodeUinnelhode^  dans  Arch,  f.  mik.  Anat,^  1883, 


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3IÉTH0DES   d'inclusion 


197 


lente,  l'inclusion  se  fait  dans  de  petites  boîtes  de  papier,  de  carton  ou 
de  papier  de  plomb.  On  construit  facilement  ces  boîtes  de  la  manière 
suivante  :  on  prend  un  morceau  de  papier  ou  de  carton  ayant  approxi- 


d 


C 


a»  b' 

Fig.  i. 


d* 


.D' 


Fig. 


Fig.  3. 


mativement  la  forme  du  dessin  ci-contre  (fig.  1.)  ;  les  vieilles  cartes 
correspondance  peuvent  bien  servir.  On  le  plie  selon  les  lignes  aa' 
et  bb',  puis  selon  ce'  et  dd',  toujours  vers  le  même  côté.  Puis  on  fait 
les  plis  AA',  BB',  CC,  et  DD'  qui  sont  également  des  plis  faits  vers  le 
même  côté  ;  on  les  obtient  en  appliquant  Ac  contre  Aa  et  en  pinçant 
le  long  de  la  ligne  AA',  et  ainsi  de  suite  pour  les  autres  angles.  Gela 


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198  CHAPITRE   XIV 

donne  une  botte  incomplète  avec  des  oreillettes  aux  angles  ;  pour  la 
compléter,  on  retourne  les  oreillettes  en  dehors,  et  on  les  applique 
contre  les  petits  côtés  de  la  boite  ;  pour  les  assujettir  dans  cette  posi- 
tion et  achever  la  boite,  il  n'y  a  plus  qu'à  rabattre  en  dehors,  et 
pincer,  contre  les  petits  côtés,  les  bouts  débordants,  c'est-à-dire,  tout 
ce  qui  est  en  dehors  des  lignes  A'  B'  et  G'  D'. 

Les  boîtes  ainsi  construites  se  laissent  facilement  défaire  sans 
se  briser,  pour  mettre  à  nu  le  bloc  de  masse  d'enrobage  solidifié,  et 
peuvent  servir  à  plusieurs  inclusions;  celles  qui  ont  servi  sont  sou- 
vent meilleures  que  les  neuves. 

d.  Une  autre  sorte  de  boîte  très  commode  se  fait  en  entourant  un 
bouchon  d'une  collerette  de  papier  tenue  en  place  par  une  épingle. 
La  collerette  se  fait  d'une  bande  de  papier  dont  on  fait  passer  plusieurs 
tours  autour  du  bouchon,  qu'elle  déborde  de  la  hauteur  voulue 
(Og.  2). 

Pour  faire  l'inclusion  dans  ces  boîtes,  on  peut  ou  bien  y  placer 
d'abord  l'objet  et  le  maintenir  dans  une  position  voulue  au  moyen 
d'épingles,  après  quoi  on  verse  la  masse  liquide  qu'on  laisse  solidifier 
avant  de  retirer  les  épingles  ;  ou  bien,  on  verse  dans  la  boite  un  peu 
de  masse  qu'on  laisse  devenir  assez  solide  pour  que  l'objet  ne  s'y 
enfonce  pas  trop,  on  pose  l'objet  sur  cette  couche,  et  l'on  verse  le 
reste  de  la  masse. 

e.  Leuckart,  de  son  côté,  fait  usage  de  boites  métalliques  à  parois 
mobiles.  Elles  sont  composées  de  deux  pièces  métalliques  (le  mieux 
en  laiton,  et  creuses  pour  ne  pas  absorber  trop  de  chaleur)  ayant 
la  forme  qu'on  leur  voit  sur  la  figure  3.  Pour  faire  une  boîte  avec 
ces  formes,  on  les  enduit  de  glycérine  et  on  les  pose  sur  une  plaque 
de  verre  également  enduite  de  glycérine,  en  les  rapprochant  de 
manière  à  former  un  rectangle  de  la  superficie  voulue.  Il  est  évident 
qu'on  peut  varier  à  volonté  la  longueur  de  la  boîte  avec  la  même 
paire  de  formes,  mais,  pour  varier  la  hauteur  de  la  boîte,  il  faut 
employer  d'autres  formes.  Pour  faire  l'inclusion  dans  ces  boîtes,  on 
chauffe  tout  l'appareil,  verre  et  pièces  métalliques,  on  place  l'objet, 
on  verse  la  masse  fondue,  puis,  avec  une  aiguille  chauffée,  on  donne 
à  l'objet  la  position  voulue,  on  laisse  refroidir,  et,  après  refroidisse- 
ment, on  n'a  plus  qu'à  écarter  les  parois  de  la  boîte  pour  obtenir  un 
moule  englobant  l'objet  et  prêt  à  être  coupé. 

Cette  méthode  est  surtout  utile  parce  qu'elle  donne  un  moyen  assez 
commode  A'orienter  de  petits  objets,  même  sous  le  microscope  à  dis- 
section, la  masse  à  inclusion  étant  facilement  maintenue  à  l'état 
liquide  par  le  chauffage  ;  on  peut  chauffer  l'appareil  de  temps  à  autre 


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MÉTHODES   d'inclusion  199 

avec  la  flamme  d*une  lampe  à  alcool,  ou  bien  employer  uq  dispositif 
permettant  de  le  chauffer  par  la  circulation  d'un  courant  d'eau 
chaude,  comme  dans  les  formes  connues  de  platines  chauffantes. 

/*.  Selenka  a  décrit  et  figuré  un  appareil  très  simple  visant  au 
même  but.  C'est  un  tube  de  verre  à  travers  lequel  on  fait  passer  un 
courant  d'eau  chaude,  une  dépression  centrale  servant  à  recevoir  la 
paraffine  (voyez  description  et  figures  dans  le  Zool.  Anzeig,^  1885, 
p.  419).  Une  modification  de  cette  méthode  a  été  décrite  par  Andrews 
dans  Amei\  NaturaL,  1887,  p.  101  (Cf.  ZeiL  f.  tciss.  Mik.,  IV,  3, 1887, 
p.  375). 

Nous  décrirons  plus  loin  des  procédés  d'orientation  s'appliquant 
spécialement  à  la  méthode  de  la  paraffine  et  à  la  méthode  du  collo- 
dion  respectivement. 

262.  Choix  d'une  méthode.  —  Nous  avons  déjà  fait  entendre 
plus  d'une  fois  que  parmi  les  nombreuses  méthodes  d'inclusion  qui 
ont  été  imaginées  il  y  en  a  deux  qui  sont  d'une  importance  capitale, 
la  méthode  de  la  paraffine,  et  celle  du  collodion.  Les  avis  sont 
encore  partagés  sur  la  valeur  respective  de  ces  deux  méthodes. 

Il  nous  parait  évident  que  chacune  de  ces  méthodes  a  ses  qualités, 
et  les  défauts  de  ses  qualités.  Le  collodion  ne  fournit  pas  avec  de 
petits  objets  des  coupes  aussi  minces,  et  cela  de  bien  loin,  que  celles 
qu'on  peut  obtenir  avec  la  paraffine.  11  est  difficile  avec  le  collodion 
d'obtenir  des  coupes  de  moins  de  7  microns  d'épaisseur;  tandis 
qu'avec  la  paraffine  on  en  fait  de  1  micron.  Il  est  donc  obligatoire  de 
prendre  la  paraffine  pour  tout  travail  qui  demande  des  coupes  très 
minces.  Et  Ton  peut  dire  que  de  nos  jours  c'est  un  cas  qui  se  présente 
très  souvent.  D'un  autre  côté,  la  paraffine  ne  fournit  des  coupes 
très  minces  qu'avec  de  petits  objets  ;  avec  de  gros  objets,  ceux  de 
plus  de  15  millimètres  de  côté,  il  est  difficile  d'obtenir  des  coupes 
plus  fines  qu'avec  le  collodion  ;  les  coupes  faites  dans  de  grands  blocs 
de  paraffine  ayant  une  tendance  à  se  fendre  ou  à  se  tasser.  Pour  de 
grands  objets  donc  le  collodion  donne  de  meilleurs  résultats. 

Quelques  auteurs  croient  que  le  collodion  est  plus  inoffensif  envers 
les  tissus  que  la  paraffine.  Après  bien  des  comparaisons  je  n'ai  pas 
pu  établir  une  différence  sensible  à  cet  égard. 

Nous  pensons  donc  qu'il  faut  admettre  que  la  méthode  de  la  paraf- 
fine est  la  méthode  générale,  et  que  le  collodion  doit  être  réservé 
pour  les  gros  objets  et  pour  certains  cas  spéciaux.  On  n'emploiera 
les  masses  aqueuses,  telles  que  la  gomme  ou  la  gélatine,  que  pour 
des  cas  tout  à  fait  spéciaux. 


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CHAPITRE  XV 

INCLUSION  A  LA  PARAFFINE  ET  MASSES  SEMBLABLES 
(savon,  gélatine) 


263.  Pénétration  des  objets.  —  Le  premier  stade  du  procédé 
de  la  paraffine  consiste  dans  la  pénétration  des  objets  par  un  dissol- 
vant de  la  paraffine.  C'est  une  partie  très  importante  de  la  manipu- 
lation et  qui  demande  à  être  faite  avec  beaucoup  de  soin.  On  fait  en 
sorte  que  la  pénétration  soit  graduelle,  ou  bien  en  mettant  le  liquide 
de  pénétration  sous  Talcool  qui  contient  les  objets,  de  la  manière  que 
nous  avons  expliquée  au  numéro  6,  ou  bien  en  passant  les  objets  par 
des  mélanges  successifs  d'alcool  et  de  liquide  de  pénétration  renfer- 
mant des  proportions  de  plus  en  plus  fortes  de  ce  dernier.  Il  va  sans 
dire  qu'on  ne  doit  opérer  qu'avec  des  objets  très  scrupuleusement 
déshydratés.     . 

Le  choix  d'un  liquide  de  pénétration  convenable  est  chose  très 
importante.  On  emploie  l'essence  de  térébenthine,  l'essence  de  girofle, 
la  créosote,  la  benzine,  le  xylol,  le  toluol  (ou  toluène),  le  naphte, 
l'essence  de  bois  de  cèdre,  le  chloroforme  et  d'autres.  Ces  liquides 
ont  tous  des  propriétés  qui  les  rendent  plus  ou  moins  propres  à  la 
pénétration,  selon  la  nature  des  objets  avec  lesquels  on  les  emploie. 

La  térébenthine  pénètre  bien  et  se  mêle  facilement  à  la  paraffine, 
deux  qualités  importantes.  De  plus,  elle  ne  rend  pas  les  objets  cas- 
sants, ce  qui  est  une  qualité  précieuse.  Mais  ce  réactif  a  le  défaut, 
qui  nous  paraît  très  grand,  d'altérer,  peut-être  à  un  plus  haut  degré 
qu'aucun  autre,  la  structure  des  éléments  délicats.  Nous  pensons 
qu'il  doit  être  évité  toutes  les  fois  qu'on  désire  bien  conserver  la 
structure  des  cellules. 

L'essence  de  girofle  pénètre  très  énergiquement,  et  conserve  bien 
la  structure  des  cellules  ;  mais  elle  a  deux  défauts  :  elle  a  une  grande 


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INCLUSION    A   LA   PARAFFINE    ET   MASSES    SEMBLABLES  201 

tendance  à  rendre  les  tissus  cassants,  et  elle  se  mêle  très  lentement  à 
la  paraffine,  ce  qui  nécessite  des  bains  de  paraffine  très  prolongés. 
Pour  éviter  cet  inconvénient,  Fol  a  recommandé  de  pénétrer  d'abord 
par  Tessence  de  girofle  et  ensuite  par  la  térébenthine  ;  par  ce  moyen 
on  arrive  sans  doute  à  pénétrer  rapidement  leé  objets  et  par  l'essence 
et  par  la  paraffine,  mais  il  ne  nous  semble  pas  qu'on  écarte  Faction 
nuisible  de  la  térébenthine  que  nous  avons  reprochée  à  ce  réactif. 

Nous  n'avons  pas  d'expériences  personnelles  sur  la  créosote,  la 
benzine  et  le  xylol.  La  benzine  a  été  récemment  recommandée  par 
Brass  (Zeit.  f,  wiss.  Mik,,  II,  1885,  p.  301).  D'après  M.  Heidenhain 
(Kern  und  Proioplasma^  p.  114),  le  xylol  serait  très  nuisible  aux  cel- 
lules ;  il  emploie  l'essence  de  bergamote. 

Le  toluène  a  été  préconisé  par  Holl  {ZooL  Anzeig.,  1885,  p.  223). 
HoLL  trouve  que  ce  liquide  est  très  pénétrant.  Selon  Holl,  il  n  y  aurait 
pas  nécessité  de  rendre  la  pénétration  graduelle  en  mettant  le  toluène 
sous  Talcool,  ou  en  passant  par  des  mélanges  de  toluène  et  d'alcool  ; 
et  il  n'y  aurait  pas  nécessité  non  plus  de  rendre  graduelle  la  péné- 
tration par  la  paraffine;  il  met  les  objets  pénétrés  directement  dans 
un  bain  de  paraffine  pure. 

Le  naphte  a  été  recommandé  par  Webster  {Joum.  of  Anal,  and 
Phys,,  XXV,  1891,  p.  278).  Pour  les  objets  volumineux  ce  corps  a 
l'avantage  d'être  très  peu  coûteux.  L'auteur  nous  écrit  que  le  naphte 
ordinaire  du  commerce  suffit  en  général,  mais  que  pour  des  travaux 
délicats  la  marque  Persian  naphtha  (naphte  de  Perse)  serait  à  pré- 
férer. FiELD  et  Martin  (Zeit.  /".  wiss.  Mik,,  XI,  I,  1894,  p.  10)  recom- 
mandent un  pétrole  volatil,  Petroleum-aether. 

Le  chloroforme  possède  de  bonnes  qualités  ;  il  se  mêle  assez  facile- 
ment à  la  paraffine,  et  après  évaporation  graduelle  par  la  chaleur  du 
bain  de  paraffine,  il  laisse  après  lui  une  paraffine  très  homogène  et 
ayant  très  peu  de  tendance  à  cristalliser.  Il  a  deux  défauts  qui  de- 
viennent très  sérieux  pour  le  cas  de  certains  objets  :  il  est  si  peu 
pénétrant  que  des  objets  volumineux  ou  peu  perméables  ne  se  laissent 
pénétrer  qu'après  un  temps  considérable,  quelquefois  même  pas  du 
tout;  puis  il  est  nécessaire  de  l'éloigner  ensuite  très  scrupuleusement 
des  objets,  soit  par  la  chaleur,  soit  en  changeant  la  paraffine,  car  la 
présence  d'une  trace  même  de  chloroforme  dans  la  paraffine  suffit 
pour  rendre  la  masse  molle  et  impropre  à  fournir  de  bonnes  coupes. 
Et  cela  demande  beaucoup  de  temps  :  pour  des  objets  volumineux 
jusqu'à  deux  jours  ou  plus.  Le  chloroforme  doit  donc  être  réservé 
pour  les  objets  petits  et  perméables,  pour  lesquels  on  le  trouvera  en 
maintes  occasions  très  commode. 


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202 


CHAPITRE   XV 


On  a  aussi  recommandé  Thuile  d'aniline  (voyez  au  chapitre  des 
Agents  éclaircissants). 

L'Essence  de  bois  de  cèdre  (À.  Bolles  Lëe,  ZooL  Anz.,  1885, 
p.  563)  réunit  à  un  haut  degré  les  bonnes  qualités  de  tous  ces  éclair- 
cissants.  Elle  pénètre  avec  non  moins  d'énergie  que  Tessence  de 
girofle  ;  elle  conserve  admirablement  les  caractères  les  plus  délicats 
des  cellules  ;  elle  se  mêle  facilement  à  la  parafflne  ;  et  elle  ne  rend  pas 
les  tissus  cassants,  même  après  un  séjour  prolongé.  Depuis  que  nous 
avons  appris  à  connaître  les  propriétés  de  cette  essence,  nous  l'em- 
ployons à  litre  de  liquide  normal  de  pénétration  pour  les  inclusions, 
et  nous  la  recommandons  particulièrement  pour  cet  usage.  Les  cas 
pour  lesquels  on  doit  lui  préférer  le  chloroforme  sont  rares.  C'est  tou- 
jours l'essence  épaissie  que  j'emploie. 

264.  Bain  de  parafflne.  —  Les  objets  ayant  été  dûment  pénétrés 
par  un  dissolvant  de  la  paraffine,  il  s'agit  maintenant  de  remplacer 
graduellement  ce  dissolvant  par  la  paraffine  fondue.  Ce  remplace- 
ment graduel  peut  se  faire  de  deux  manières,  selon  qu'il  s'agit  d'un 
dissolvant  volatil  comme  le  chloroforme,  ou  d'un  dissolvant  qui  ne 
l'est  pas,  comme  l'essence  de  cèdre. 

Dans  l'emploi  de  l'essence  de  cèdre  ou  de  térébenthine  ou  d'un 
autre  liquide  non  volatil,  voici  comment  on  procède  d'habitude.  Les 
objets  sont  mis  dans  un  mélange  de  paraffine  et  d'essence  fondant  à 
une  température  peu  élevée,  par  exemple  38**  G.,  et  on  les  laisse  dans 
ce  mélange,  maintenu  à  la  température  voulue  à  l'aide  d'un  bain- 
marie  ou  d'une  étuve  à  température  constante,  jusqu'à  ce  qu'ils  en 
soient  pénétrés.  On  peut  déjà  porter  la  température  de  ce  bain  pré- 
liminaire à  celle  du  point  de  fusion  de  la  paraffine  choisie  pour  la 
masse  d'inclusion  définitive,  mais  on  fera  bien  de  ne  pas  dépasser 
cette  limite.  Un  mélange  convenable  pour  ce  premier  bain  peut  se 
faire  avec  des  parties  égales  d'essence  et  de  paraffine  dure,  c'est-à- 
dire  fondant  à  50**  environ.  Ou  bien,  on  peut  suivre  la  pratique  de 
quelques  naturalistes  qui  emploient  non  un  mélange  de  paraffine 
avec  un  dissolvant,  mais  une  paraffine  pure  fondant  à  une  tempéra- 
ture suffisamment  basse.  On  trouve  maintenant  dans  le  commerce 
des  paraffines  fondante  36" C.  Lorsqu'on  croit  que  les  objets  sont 
dûment  saturés  de  ce  mélange,  ou  de  paraffine  molle,  on  les  porte 
dans  la  masse  définitive  dont  on  veut  se  servir  pour  les  coupes,  et 
on  les  y  laisse,  à  la  température  de  fusion  de  la  masse,  jusqu'à  ce 
qu'ils  en  soient  parfaitement  pénétrés.  Il  est  quelquefois  nécessaire 
de  leur  donner  un  troisième  bain  de  paraffine  pure  pour  enlever 


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1>XLUSI0N    A    LA   PARAFFINE   ET   MASSES    SEMBLABLES  203 

jusqu'aux  dernières  traces  du  liquide  de  pénétration.  Ces  opérations 
accomplies,  on  verse  les  objets  et  la  masse  dans  une  boite  d'inclu- 
sion, et  Ton  y  oriente  l'objet  dans  la  position  voulue,  ou  bien  on 
laisse  refroidir  le  tout  dans  le  récipient  qui  a  servi  au  dernier  bain. 

Nous  aurons  à  revenir  sur  cette  partie  de  la  manipulation. 

La  durée  de  ces  bains  doit  nécessairement  varier  selon  la  nature 
de  l'objet  et  son  volume.  Un  embryon  de  la  grosseur  d'un  pois  doit 
être  parfaitement  pénétré  par  un  séjour  de  trente  minutes  dans  le 
mélange  et  d'une  heure  dans  la  parafQne  pure  fondant  &  4S^  G.,  du 
moins  si  Ton  emploie  l'essence  de  cèdre. 

Je  dois  dire  ici  que  toute  cette  pratique  de  bains  successifs  de  mé- 
langes d'essence  et  de  paraffine  me  parait  élre  en  général  superflue. 
Avec  l'essence  de  cèdre  en  tout  cas,  aucun  mélange  n'est  nécessaire, 
et  l'on  peut  porter  directement  dans  la  paraffine  fondue.  La  pratique 
de  bains  successifs  de  paraffine  molle  et  de  paraffine  dure  me  paraît 
entièrement  illusoire. 

Si  l'on  emploie  le  chloroforme,  on  peut  également  suivre  la  marche 
que  nous  venons  de  décrire,  si  on  le  désire.  Ainsi,  on  peut  employer 
avec  BûTScuLi,  un  bain  préliminaire  d'un  mélange  à  parties  égales 
de  paraffine  dure  et  de  chloroforme,  mélange  fondant  à  35<>  environ, 
suivi  d'un  bain  de  paraffine  pure.  Mais  il  vaut  mieux  profiter  de  la 
volatilité  du  chloroforme,  et  employer  la  méthode  élégante  de  Gies- 
BRECHT  et  de  BuTscHLi  (Zool.  Anzeig.j  1881,  p.  484;  Biol.  Centralbl., 
1881,  p.  591).  Les  objets,  ayant  été  soigneusement  déshydratés  par 
l'alcool  absolu,  sont  pénétrés  de  chloroforme,  auquel  on  peut  ajouter 
en  cas  de  nécessité  un  peu  d'éther  sulfurique  pour  les  empêcher  de 
flotter.  On  chauffe  le  tout  au  bain-marie  et  Ton  ajoute  au  chloroforme 
par  intervalles  de  petits  morceaux  de  paraffine.  A  mesure  que  la 
paraffine  fond,  on  en  ajoute  et  l'on  continue  à  le  faire  aussi  longtemps 
que  des  bulles  de  vapeur  se  dégagent  des  objets.  Lorsque  les  bulles 
ne  se  forment  plus,  on  peut  élre  sûr  que  les  objets  sont  pénétrés  de 
paraffine.  Il  ne  reste  plus  qu'à  chasser  le  chloroforme,  ce  qu'on  fait 
en  continuant  à  chauffer,  à  la  température  de  fusion  de  la  paraffine, 
jusqu'à  ce  que  tout  le  chloroforme  soit  entièrement  volatilisé.  Il  est 
urgent  que  le  chloroforme  soit  entièrement  chassé,  car,  s'il  en  reste 
une  trace  dans  la  paraffine,  celle-ci  reste  si  molle  qu'il  est  impossible 
d'en  obtenir  de  bonnes  coupes.  Pour  savoir  si  tout  le  chloroforme  est 
volatilisé,  il  suffit  de  plonger  une  aiguille  chauffée  dans  la  masse; 
elle  ne  doit  pas  provoquer  un  dégagement  de  bulles. 

L'évaporation  du  chloroforme  est  une  opération  souvent  très 
longue  ;  avec  des  objets  un  peu   volumineux  elle  exige  des  jours 


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20  i 


CHAPITRE   XV 


entiers.  C'est  pour  ce  motif,  entre  autres,  que  nous  pensons  que  la 
méthode  du  chloroforme  n'est  indiquée  que  pour  les  objets  très 
petits. 

265.  Etuves  et  bains-marié.  —  Il  est  important  que  la  paraffîne  ne 
soit  pas  exposée  à  une  atmosphère  humide  pendant  qu'elle  est  à  Tétat 
liquide.  Si  donc  on  fait  usage  d*un  bain-marie  pour  les  inclusions,  celui-ci 
doit  être  agencé  de  manière  à  ne  pas  exposer  la  paraffine  à  la  vapeur  d*eau. 
Un  modèle  très  commode  est  celui  de  Paul  Mayer,  dont  on  trouvera  une 
description  dans  Joum.  Roy.  Mie,  Soc.,,  ^883,  p.  146. 

On  peut  se  le  procurer  pour  un  prix  peu  élevé  en  s'adressant  à  la  direc- 
tion de  la  Station  zoologique  de  Naples,  ou  à  la  Maison  Paul  Rousseau,  24, 
rue  des  Fossés-St- Jacques,  à  Paris.  Mais  il  vaut  toujours  mieux  se  servir 
d'une  étuve.  Nous  recommandons  particulièrement  le  modèle  dont  on  trou- 
vera une  description  dans  le  Lehrbuch  de  Fol,  p.  121.  On  trouvera  dans  la 
Zeù.  f.  wiss.  Mik.  ou  dans  le  Joum.  Roy.  Mie.  Soc.  et  autres  journaux  techni- 
ques de  ces  dernières  années  de  nombreuses  descriptions  d*étuves  thermos- 
tatiques. La  plupart  de  ces  appareils  sont  construits  pour  le  chauffage  au 
gaz.  Pour  les  laboratoires  qui  ne  possèdent  pas  de  gaz,  citons  l'appareil 
chaufTable  au  pétrole  fabriqué  par  F.  Santorius  àGottingen  {Zeit.  f,  xoiss. 
Mik.,  X,  2,  1893,  p.  161),  et  celui  d'ÂLTMANN  {ibid.,  p.  221  ;  Cf.  Centralb.  f. 
Bacterlol.,  etc.,  XII,  1892,  p.  654),  également  construit  pour  le  pétrole. 

266.  Inclusion  dans  le  vide.  —  Il  est  des  objets  qui,  soit  à  cause  de 
leur  grosseur,  soit  à  cause  de  leur  structure,  ne  se  laissent  pas  pénétrer  par 
la  paraffine  employée  de  la  manière  ordinaire,  même  après  des  heures  ou 
des  jours  de  séjour  dans  le  bain  de  paraffine.  Pour  ces  objets  il  convient 
d'employer  la  méthode  dite  c  de  Tinclusion  dans  le  vide  >,  ou  mieux  c  à 
basse  pression  >,  méthode  qui  a  non  seulement  l'avantage  de  garantir  une 
pénétration  complète  en  un  temps  très  court,  —  quelques  miuutes,  mais 
aussi  celle  de  prévenir  les  effondrements  de  tissus  qui  peuvent  facilement 
avoir  lieu  dans  l'inclusion  d'objets  qui  possèdent  des  cavités  internes,  quand 
on  emploie  la  méthode  ordinaire.  En  principe,  cette  méthode  consiste  à 
faire  passer  l'objet  dans  des  bains  de  paraffîne  placés  dans  le  vide  ;  on  y 
arrive  avec  un  dispositif  quelconque  permettant  de  maintenir  la  paraffine  à 
l'étal  liquide.  On  trouvera  dans  le  ZooL  Anzeig.,  1884,  p.  230,  une  descrip- 
tion avec  figures  du  dispositif  employé  par  Hoffmann.  Dans  cet  arrange- 
ment, le  vide  est  produit  par  une  pompe  pneumatique  aspirante  à  eau,  les 
baquets  contenant  la  paraffine  étant  placés  dans  un  dessiccateur  maintenu 
au  bain-marie  et  percé  d'une  ouverture  par  laquelle  [lasse  un  tube  qui  le 
met  en  rapport  avec  la  pompe  aspirante.  Cet  appareil,  qui  est  très  simple 
et  efficace,  demande  cependant  qu'on  ait  à  sa  disposition  de  l'eau  sous  forte 
pression.  Pour  remédier  à  cet  inconvénient,  Francoite  a  imaginé  un  dis- 
positif très  simple  qui  permet  de  produire  un  vide  suffisant  par  la  conden- 
sation de  la  vapeur  d'eau.  On  en  trouvera  la  description  avec  la  figure  dans 
le  Bull.  Soc.  Belge  Micr.,  p.  45. 

FoL  [Lelirb.,  p.  121)  emploie  la  pompe  aspirante  à  eau  de  la  manière  pro- 
posée par  lloil'mann,  mais  il  a  simplifié  l'appareil  pour  la  réception  de  l'ob- 
jet. Au  lieu  de  mettre  les  objets  avec  la  paraffine  dans  des  baquets  qu'on 


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INXLUSION    A    LA   PAaAFFINE    ET    MASSES    SEMBLABLES  205 

introduit  dans  le  dessiccateur  où  se  fait  le  vide,  Fol  met  Tobjet  avec  la  paraf- 
fine dans  un  tube  de  verre  à  forte  paroi,  fermé  par  le  bas  {une  petite  éprou- 
vette)  et  muni  en  haut  d'un  bouchon  de  caoutchouc  traversé  par  un  tube 
qui  le  met  en  communication  avec  la  pompe.  L'éprouvette  plonge  dans  un 
récipient  contenant  de  Teau  à  la  température  de  fusion  de  la  paraffine.  On 
fait  le  vide  une  ou  deux  fois,  on  attend  cinq  à  trente  minutes,  ou  jusqu'à 
ce  que  Ton  constate  qu'il  ne  se  forme  plus  de  bulles  d'air  autour  de  l'objet  ; 
puis  on  laisse  entrer  l'air,  on  jette  la  paraffine  qui  a  acquis  une  consistance 
anormalement  dure,  et  on  refait  l'inclusion  dans  de  la  paraffine  fraîche 
d'après  la  méthode  ordinaire. 

Voyez  aussi  au  besoin  la  méthode  de  Pringle,  dans  Journ,  of  Path  and, 
BacterioL,  1892,  p.  117,  ou  dans /owni.  Jioy,  Mie.  Soc,  1892,  p.*  803. 

267.  Inclusion  définitive  et  orientation.  —  Aussitôt  que  les 
objets  sont  bien  et  dûment  pénétrés  de  la  paraffine,  on  procède  à 
rinclusion  définitive  selon  l'une  des  méthodes  qui  ont  été  exposées  au 
numéro  261 .  Si  Ton  a  choisi  le  procédé  du  verre  de  montre,  et  si  Ton  a 
donné  le  bain  de  paraffine  dans  ce  récipient  même,  il  ne  sera  pas  en 
général  nécessaire  de  passer  à  une  manipulation  spéciale  d'enrobage  ; 
il  n'y  a  plus  qu'à  refroidir  la  masse  et  en  découper  un  bloc  contenant 
l'objet. 

Mais  il  se  peut  que  Ton  ait  besoin  de  donner  à  l'objet  une  position  déter- 
minée et  reconnaissable  par  la  suite  dans  la  paraffme  ;  en  d'autres  termes,  il 
se  peut  qu'on  ait  besoin  d'un  procédé  d'orientation.  Le  numéro  261  adonné 
des  indications  suffisantes  pour  permettre  d'obtenir  une  orientation  gros- 
sière mais  généralement  suffisante  par  la  méthode  des  boites  de  carton  ou 
par  celle  des  boites  métalliques.  Voici  maintenant  un  procédé  dû  à  Patten 
{Zeit.  f,  wiss,  Mik,^  XI,  I,  1894,  p.  13)  qui  est  susceptible  de  plus  de  pré- 
cision, et  permet  d'orienter  plusieurs  petits  objets  dans  le  même  bloc  de 
paraffine.  A  cette  fin,  on  commence  par  fixer  les  objets  en  position  avant  de 
les  mettre  dans  le  bain  de  paraffine.  On  les  pénètre  d'abord  par  l'essence 
de  bergamote  ou  de  girofie.  On  se  procure  du  papier  à  lettres  de  cette  sorte 
qui  a  des  côtes  élevées  se  croisant  à  angle  droit.  Ce  doit  être  du  papier 
glacé;  mais  à  défaut  de  papier  à  côtes  on  peut  prendre  du  papier  lisse  et 
le  régler  avec  un  crayon  tendre.  On  prépare  maintenant  un  mélange  dû 
collodion  et  essence  de  girofie,  de  la  consistance  de  miel  épais.  On  pose  sur 
un  petit  rectangle  du  papier,  une  goutte  de  ce  mélange,  ou  plusieurs 
gouttes  si  Ton  opère  avec  plusieurs  objets.  On  prend  les  objets,  on  les  laisse 
égoutter  et  on  les  pose  dans  les  gouttes  de  collodion,  en  donnant  à  chacun 
une  position  déterminée  par  rapport  aux  lignes  du  papier.  Gela  se  fait 
au  besoin  sous  la  loupe  ou  même  sous  le  microscope  composé.  Les 
objets  gardent  la  position  qu'on  leur  a  donnée.  Cette  opération  accom- 
plie, on  met  le  tout  dans  de  l'essence  de  térébenthine,  qui  enlève  l'essence 
de  girofie  et  laisse  les  objets  fixés  dans  le  coUodion.  On  passe  au  bain  de 
paraffine,  et  après  inclusion  et  refroidissement  de  la  manière  usuelle,  on 
découpe  un  bloc  de  paraffine  comprenant  le  papier.  Le  papier  se  laisse 
maintenant  enlever  sans  peine,  laissant  la  face  inférieure  de  la  paraffine 


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206  CHAPITRE   XV 

gravée  des  lignes  d'oricntatioa  du  papier,  au-dessus  desquelles  se  trouvent 
les  objets  dans  l'orientation  qu'on  leur  a  donnée  au  commencement. 

Une  modification  plus  compliquée  de  cette  méthode  a  été  décrite  par 
WooDWORTii,  dans  Contrib,  from  the  ZooL  Lab.  Mus.  Comp,  Zool.^  Harvard, 
XXV,  3,  4893,  p.  45. 

Une  méthode  similaire  a  été  décrite  par  Field  et  Martis,  dans  Zeit,  f. 
W188,  3m.,  XI,  I,  189t,  p.  11. 

268.  Refroidissement  de  la  masse.  —  La  pénétration  des 
objets  par  la  masse  d'inclusion  ayant  été  dûment  accomplie,  on  doit 
procéder  au  refroidissement  de  la  masse.  C'est  là  un  point  auquel 
les  anatomistes  attachent  en  général  une  grande  importance.  Ils 
admettent  que  la  paraffine  est  un  corps  cristallisablc,  et  que,  si  on 
l'abandonne  au  refroidissement  lent,  il  se  forme  très  souvent  des 
cristaux  qui  prennent  naissance  jusque  dans  Tintcrieur  des  tissus,  au 
grand  détriment  des  structures  délicates.  Il  serait  donc  nécessaire  de 
surveiller  le  refroidissement  et  d'empêcher  qu'il  n'ait  lieu  lentement. 
Je  crois  qu'on  a  un  peu  exagéré  l'importance  de  cette  préeaution. 

Après  avoir  pratiqué  comme  les  autres  pendant  de  longues  années 
le  rite  du  refroidissement,  j'en  suis  arrivé  à  douter  de  son  impor- 
tance et  de  son  efficacité.  J'ai  eu  souvent  des  masses  excellentes  après 
un  refroidissement  lent  ;  et  j'en  ai  eu  de  mauvaises  après  un  refroi- 
dissement conduit  selon  les  règles.  M.  Lindsay  Joiinson,  qui  a  fait  de 
nombreuses  expériences  comparées  sur  ce  sujet,  a  eu  l'obligeance  de 
m'écrire  qu'apparemment  la  manière  du  refroidissement  n'est  qu'une 
cause  minime  de  la  formation  de  cristaux.  Celle-ci  serait  provoquée, 
selon  lui,  par  la  présence  d'une  petite  quantité  de  l'essence  de  péné- 
tration demeurée  dans  la  paraffine.  En  tout  état  de  cause,  si  l'on 
désire  prendre  toutes  les  précautions  possibles,  voici  comment  on  peut 
procéder  pour  le  refroidissement: 

Si  les  objets  sont  petits,  on  peut  les  sortir  de  la  masse  fondue  avec 
aussi  peu  de  paraffine  que  possible,  à  l'aide  d'une  spatule,  et  les 
laisser  refroidir  sur  des  lames  de  verre  ou  sur  la  spatule  elle-même, 
puis  les  ajuster  avec  une  aiguille  chauffée  sur  un  cylindre  ou  sur 
un  cône  de  paraffine  (voyez  n*'  261  (b)  ;  Born,  Arch.  fur  mik.  Anat., 
XXllI,  1883,  p.  §91  ;  Brass,  Zeil.  f,  wiss.  Mik.,  II,  1885,  p.  301).  Pour 
fixer  les  objets  sur  le  cône  de  paraffine  avec  l'aiguille  chauffée,  il  est 
bon  d'observer  la  précaution  de  ne  pas  employer  une  aiguille  chauffée 
au  delà  de  la  température  nécessaire,  et  de  ne  faire  fondre  que  la 
plus  petite  quantité  possible  de  paraf/lne;  moins  on  en  fait  fondre 
à  la  fois  et  plus  elle  se  refroidit  rapidement.  En  pratiquant  cette 
méthode  avec  adresse,  on  obtient  des  préparations  imbibées  et  entou- 


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INCLUSION    A    LA   PAKAITINE    ET   MASSES    SE3IBLABLES 


207 


rées  d'une  paraffine  parfailement  homogène,  sans  cristaux  et  sans 
bulles. 

Si  rinclusion  s'est  faite  dans  des  boites  de  papier,  on  peut  les  mettre 
refroidir  sur  une  plaque  de  pierre  ou  de  métal,  ou  bien  (Caldwell) 
les  mettre  dans  Teau  froide.  Il  faut  en  ce  cas  commencer  par  tremper 
seulement  le  fond  de  la  boite  dans  l'eau,  et  ne  la  submerger  en  entier 
que  lorsque  la  paraffine  est  prise  ;  autrement  on  verrait  se  produire 
dans  la  masse  des  creux  qui  se  rempliraient  d'eau.  Frenzel  {A7'ch. 
f.  mik.  Anat.,  XXV,  1885,  p.  142)  recommande  de  jeter  la  masse 
entièrement  dans  Teau  aussitôt  qu'elle  est  suffisamment  prise.  Graf 
Spee  {Zeit.  f.  toiss.  Mik.,  II,  1885)  fait  l'inclusion  de  petits  objets 
dans  des  verres  de  montre,  qu'il  met  ensuite  sur  de  l'eau  froide. 
Selenka  refroidit  ses  objets  en  faisant  passer  un  courant  d'eau  froide 
à  travers  le  tube  &  inclusion  dont  nous  avons  parlé  ci-dessus  (n®  261  (/*). 

Je  me  trouve  très  bien  du  procédé  des  verres  de  montre  ;  rien  de  plus 
simple  que  de  les  faire  flotter  sur  de  l'eau  froide.  Pour  découper 
ensuite  le  bloc  voulu,  il  e^t  bon  d'employer  un  scalpel  légèrement 
chauffé;  avec  cette  précaution  la  paraffine  a  moins  de  tendance  à  se 
briser  ou  à  former  des  fentes  qui  peuvent  endommager  les  objets. 

Les  auteurs  admettent  qu'il  est  bon  de  faire  les  coupes  aussitôt  que 
possible  après  le  refroidissement  complet  de  la  masse,  parce  que  la 
paraffine  continue  à  cristalliser  lentement  même  après  refroidisse- 
ment ;  dans  les  blocs  de  paraffine  qui  ont  été  conservés  pendant  des 
semaines  ou  des  mois  on  est  exposé  à  trouver  des  cristaux  très  volu- 
mineux. C'est  fort  possible  qu'il  en  soit  ainsi,  mais  il  est  certain  que 
l'inconvénient  est  rarement  grave.  J'ai  des  blocs  vieux  de  plusieurs 
années  enrobant  des  préparations  qui  se  montrent  aussi  bien  conser- 
vées que  le  premier  jour. 

269.  Mise  en  coupes.  —  Les  objets  ayant  été  enrobés  par  un  de 
ces  procédés,  et  orientés  dans  la  position  voulue,  et  le  refroidissement 
ayant  été  obtenu  par  une  des  méthodes  indiquées,  doivent  maintenant 
être  examinés  avec  soin.  11  arrive  souvent  que  la  paraffine  en  se 
refroidissant  forme  autour  des  objets  des  bulles,  des  cavités,  ou  des 
taches  opaques.  On  enlève  les  taches  et  l'on  remplit  les  cavités  en 
pratiquant  avec  une  aiguille  chauffée  des  piqûres  autour  de  l'objet 
dans  tous  les  endroits  où  la  paraffine  ne  présente  pas  le  degré  d'ho- 
mogénéité voulue  ;  il  faut  même  quelquefois  promener  l'aiguille 
entièrement  autour  de  l'objet.  Aussitôt  que  la  paraffine  ainsi  fondue 
s'est  complètement  refroidie,  les  manipulations  de  l'enrobage  sont 
terminées,  et  Ton  peut  procéder  h  la  mise  en  coupes. 


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208 


CHAPITRE    XV 


Les  coupes  d'objets  enrobés  par  Tinfiltration  avec  la  paraffine  se 
font  à  sec,  c'est-à-dire  avec  un  couteau  qui  n'est  ni  mouillé  d'alcool 
ni  d*aucun  autre  liquide. 

Enroulement  des  coupes.  —  Les  coupes  faites  de  cette  manière 
ont  une  grande  tendance  à  s'enrouler  sur  la  lame  du  couteau  et  à 
former  ainsi  des  rouleaux  qu'il  est  toujours  difficile  et  souvent  impos- 
sible iTétaler  sans  les  briser.  Voici  quelques  indications  qui  peuvent 
aider  i\  parer  à  cet  inconvénient. 

Le  couteau  doit,  autant  que  possible,  avoir  une  position  transver- 
*iale,  faisant  un  angle  droit  avec  la  ligne  de  section  ;  caries  couteaux 
obliques  provoquent  ou  du  moins  facilitent  Tenroulement. 

La  paraffine  doit  posséder  un  degré  de  dureté  proportionné  à  la 
température  du  laboratoire.  Nous  avons  trouvé  qu'une  paraffine 
ayant  son  point  de  fusion  à  4S^  G.  est  celle  qui  convient  lorsque  la 
température  du  laboratoire  se  trouve  entre  15  et  17**  G.  Pour  une 
Leniprrature  de  22°  G.  il  faut  une  paraffine  fondant  à  48**  G.  *.  Nous 
avons  établi  ces  températures  d'après  des  observations  faites  dans  un 
laboratoire  chauffé  par  une  cheminée  ouverte;  il  est  possible  qu'elles 
ne  s"a[ipliquent  pas  parfaitement  aux  pièces  chauffées  par  des  poêles, 
qui  s*jnt  dans  des  conditions  très  différentes  à  l'égard  du  rayonne- 
ment de  la  chaleur.  Et  nous  les  avons  établies  d'après  des  expériences 
faites  avec  le  microtome  Thoma.  Les  microtomes  à  couteau  fixe 
(Cambridge,  Minot,  etc.)  permettent  l'emploi  d'une  paraffine  beau- 
coup plus  dure.  D'après  notre  expérience,  l'emploi  d'une  masse 
tîonvenable  est  le  plus  pratique  de  tous  les  moyens  qui  ont  été  pro- 
posés pour  empêcher  l'enroulement  des  coupes. 

Si,  après  qu'on  a  commencé  de  faire  les  coupes,  on  s'aperçoit  que  la 
masse  n'a  pas  été  convenablement  choisie,  on  peut  encore  la  corriger  sans 
déranjjrerrobjet.  Si  la  masse  est  trop  dure,  il  faut  placer  près  du  microtome 
une  lampe  munie  d'un  réflecteur  parabolique  à  l'aide  duquel  on  projette  sur 
Tobjei  le:§  rayons  calorifiques  de  la  flamme  de  la  lampe.  La  température 
convenable  s'obtient  en  approchant  ou  éloignant  la  lampe.  Si,  au  contraire, 
la  masse  s'est  montrée  trop  molle,  on  peut  la  durcir  en  plaçant  au  foyer 
d'un  iL'Ilocteur  pareil  un  morceau  de  glace  au  lieu  de  source  de  chaleur 
I  Fol.  Lehrb.,  p.  123).  H  suffit  du  reste  souvent  de  modifier  la  température 
de  Tappartement  en  ouvrant  ou  en  fermant  une  fenêtre,  ou  de  changer  la 
posiliori  du  microtome  de  manière  à  le  mettre  plus  au  frais  ou  plus  au 
chaud. 

'  [k's  parafûnes  ayant  approximativement  ces  points  de  fusion  sont  faciles  à 
trouver  dans  le  commerce.  On  peut  aussi  s'en  procurer  en  combinant  dans  les 
ItraporlLons  voulues  une  pararfine  très  dure  et  une  paraffine  très  molle.  Pour 
faire  une  masse  fondant  à  45"  C.  on  peut  prendre  deux  parties  de  parafline  fon- 
dant :\  00%  et  une  partie  de  paraffine  fondant  ii  36°. 


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INCLUSION    À   LA   PARAFFINE   ET   MASSES    SEMBLABLES  209 

On  a  proposé  des  masses  spéciales  ayaat  moins  de  tendance  à  s*enrouler 
que  la  paraffine  pure.  Ainsi,  on  peut  ajouter  à  la  paraffine  un  peu  de  vase- 
line, environ  un  cinquième  pour  la  paraffine  dure.  Nous  ne  recommandons 
pas  ce  moyen. 

On  peut  éviter  renroulement  en  faisant  les  coupes  en  chaînes  ou 
rubans  continus.  Dans  ces  conditions  il  n'y  a  en  général  que  la  pre- 
mière coupe  de  la  chaîne  qui  se  roule.  Nous  décrivons  ce  procédé 
dans  le  numéro  suivant. 

On  peut  empocher  renroulement  par  des  moyens  mécaniques.  Le 
plus  simple,  et  à  notre  avis  le  meilleur,  de  ces  moyens  consiste  à 
retenir  avec  une  aiguille  courbée,  avec  une  languette  de  papier,  ou, 
ce  que  nous  préférons,  avec  un  petit  pinceau,  le  bord  de  la  coupe 
qui  commence  à  se  rouler.  Des  appareils  très  ingénieux,  consistant  en 
des  barres  ou  des  rouleaux  ajustés  le  long  du  tranchant  du  couteau, 
ont  été  proposés.  Nous  ne  nous  en  servons  pas  et  ne  les  recomman- 
dons pas;  car  outre  qu'ils  sont  en  général  d'une  construction  com- 
pliquée et  toujours  difficiles  à  ajuster,  nous  leur  reprochons  d'aplatir 
et  de  tasser  les  coupes  d'une  manière  nuisible  pour  les  structures  déli- 
cates. On  trouvera  la  description  du  Schnittstrecker  de  F.-E,  Schultze 
dans  le  Zool,  Anzeig,,  1883,  p.  400  ;  de  celui  de  Mayer,  Andres  et  Gies- 
BRECiiT  dans  Mitth.  a.  d.  Zool.  StaL  Neapel,  IV,  1883,  p.  429  ;  de 
celui  de  Decker  dans  Arch,  f.  mik,  Anat.,  XXIU,  1884,  p.  637  ;  de 
celui  de  Francotte  dans  BulL  Soc.  Belge  de  Mie,  X,  1883,  p.  55  ;  de 
celui  de  Gage  and  Smith  dans  The  Microscope,  Feb.  1884,  et  dans 
WuiTMAN,  Methods  of  research  in  microscopical  Anatomy,  1885, 
p.  91  ;  de  celui  de  SxRASSERdansZetï.  f.  wiss.  Mik.,  IV,  2,  1887,  p.  218  ; 
de  celui  de  Born,  ibid.,  X,  2, 1893,  p.  157,  et  dans /owrn.  Roy.  Mie. 
Soc:,  1894,  p.  132.  Ce  dernier  nous  paraît  peut-être  le  plus  recom- 
mandable  de  tous.  Un  petit  dispositif  très  simple  se  fait  en  coupant  la 
tète  à  une  épingle  ordinaire  et  en  fixant  cette  épingle  au  moyen  de 
deux  peCiles  pelotes  de  cire  sur  la  surface  de  la  lame  et  parallèlement  à 
son  tranchant.  On  en  règle  l'élévation  en  l'enfonçant  plus  ou  moins 
dans  la  cire  (cite'  (ïaprèsRef.  Handbook  oftheMed.  Se,  Supp.,  p.  440). 

Enfin,  on  peut  renoncer  à  empêcher  l'enrouleracnt,  et  se  borner  à 
le  rendre  moins  nuisible.  A  cet  efi'et,  on  taille  le  bloc  de  paraffine 
contenant  Tobjet  en  prisme  à  arête  très  aiguë,  de  manière  à  donner 
aux  coupes  la  forme  d'un  triangle  isocèle  juste  assez  large  à  sa  base 
pour  contenir  la  section  de  l'objet  et  dont  la  hauteur  ait  au  moins 
cinq  ou  six  fois  la  longueur  de  la  base.  L'arête  du  prisme  étant 
orientée  vers  le  tranchant  du  couteau,  on  obtient  des  coupes  enroulées 
dont  les  spires  vont  en  s'élargissant  du  sommet  à  la  base,  la  section 

ANAT.    UICROSC.  14 


.t: 
.  I 


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210 


CHAPITRE   XV 


de  l'objet  se  trouvant  dans  la  dernière  spire,  qui  est  la  plus  ouverte. 
La  coupe  étant  placée  sur  un  porte-objet  avec  la  dernière  spire  en 
bas,  il  suffît  de  chauffer  légèrement  pour  que  la  partie  contenant 
Tobjet  se  déroule  complètement.  On  éloigne  le  reste  de  la  paraffine  en 
la  faisant  fondre  et  en  ajoutant  un  dissolvant. 

Voici  un  des  meilleurs  procédés  pour  dérouler  les  coupes  (Henne- 
GUY,  Joum.  de  VAnat.  et  de  la  Phys.,  1891,  p.  398).  Après  avoir 
étalé  au  pinceau  une  couche  d*albumine  de  Mayer  aussi  mince  que 
possible  sur  le  porte-objet,  on  laisse  tomber  sur  celui-ci  quelques 
gouttes  d'eau  distillée  qu'on  étale  avec  un  agitateur  tenu  horizontale- 
ment. Les  coupes  sont  ensuite  disposées  en  série  à  la  surface  de  la 
couche  d'eau.  La  lame  de  verre  est  portée  sur  la  platine  de  l'étuve  à 
inclusion,  platine  dont  la  température  est  de  45  à  50^  C.  En  quelques 
Instants  les  coupes  se  déplissent  et  s'étalent  complètement  sur  le 
porte-objet.  Celui-ci  est  alors  placé  à  la  partie  supérieure  de  Tétuve, 
sur  la  lame  de  verre  qui  ferme  le  compartiment  où  sèchent  le§  prépa- 
rations, et  dont  la  température  ne  dépasse  guère  40°  G.  Au  bout  de  dix 
minutes,  un  quart  d'heure,  toute  l'eau  est  évaporée,  et  on  peut  alors 
faire  fondre  la  parafOne  et  ajouter  un  dissolvant.  Il  est  important  que 
la  paraffîne  ne  fonde  pas  avant  que  toute  l'eau  soit  évaporée,  sans  quoi 
les  coupes  n'adhèrent  plus  au  porte-objet  et  risquent  de  se  déchirer. 

270.  Coupes  en  chaîne.  —  Rubans  de  coupes.  —  11  arrive, 
dans  certaines  conditions,  que  si  l'on  fait  une  série  de  coupes  sans 
enlever  du  couteau  chaque  coupe  à  mesure  qu'elle  se  fait,  mais  en  les 
laissant  reposer  sur  la  lame  dans  la  position  qu'elles  y  prennent 
d'elles-mêmes,  on  oblient  une  chaîne  ou  un  ruban  de  coupes,  chaque 
coupe  se  collant  d'elle-même  par  ses  bords  antérieur  et  postérieur  à 
celle  qui  la  précède  et  à  celle  qui  la  suit.  Des  chaînes  de  coupes  ainsi 
faites  présentent  sur  les  coupes  isolées  des  avantages  qui  sont  souvent 
d'une  grande  importance.  La  série  se  coupe  beaucoup  plus  rapide- 
ment. Elle  se  laisse  monter  aussi  beaucoup  plus  facilement,  car  pour 
placer  la  série  sur  le  porte-objet,  on  n'a  qu'à  saisir  la  chaîne  par  un 
bout  et  la  transporter  intégralement  sur  la  lame  de  verre.  De  plus, 
l'intégrité  de  la  chaîne  nous  garantit  l'intégrité  de  la  série  ;  lorsque 
nous  avons  déposé  sur  le  porte-objet  une  chaîne  de  coupes,  nous 
pouvons  être  parfaitement  certain  qu'aucune  coupe  n'a  été  égarée, 
qu'aucune  n'a  été  placée  irrégulièrement,  et  que  toutes  ont  gardé 
Tordre  de  succession  dans  lequel  elles  ont  été  coupées.  Pour  les  tra- 
vaux embryologiques,  on  comprend  à  quel  point  cela  est  un  avantage 
précieux. 


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INCLUSION   A  LA  PARAFFINE  ET  MASSES   SEMBLABLES  211 

Voici  quelles  sont,  d'après  notre  expérience,  les  conditions  néces 
saires  pour  la  production  des  chaînes  de  coupes. 

1**  La  paraffine  doit  avoir  une  certaine  consistance,  c'est-à-dire 
qu*il  faut  employer  une  masse  d'une  dureté  proportionnée  à  la  tem- 
pérature du  laboratoire.  Nous  n* avons  rien  à  ajouter  à  ce  que  nous 
avons  dit  à  ce  sujet  plus  haut,  numéro  269. 


On  a  recommandé  de  faire  rinclusion  dans  de  la  paraftine  dure,  d*en 
tailler  un  bloc  contenant  Fobjet,  puis  d'entourer  ce  bloc  d*une  mince  couche 
de  paraffine  molle,  qu*on  enlève  ensuite  des  côtés  du  bloc,  de  sorte  que  les 
coupes  présentent  sur  leurs  bords  antérieur  et  postérieur  seulement  une 

marge  de  paraffine  molle  plus  propre  à  faciliter  l'adhésion  que  ne  Test  la  ' 

paraffine  dure.  On  obtient  facilement  la  production  d'une  couche  de  paraf-  i 

fine  molle  autour  du  bloc  en  plongeant  celui-ci  pendant  un  instant  dans  de  | 

la  paraffine  molle  fondue. 

Spee,  Brass  et  Foettingér  recommandent  une  préparation  spéciale  de 
la  paraffine  d'inclusion.  Nous  parlerons  plus  loin  de  ces  modes  de  prépa- 
ration.  I 

On  a  aussi  proposé  d'enduire  d'une  couche  très  mince  de  solution  de 
baume  du  Canada  le  côté  du  bloc  de  paraffine  qui  est  tourné  vers  le  cou- 
teau. I 

L'une  et  l'autre  de  ces  méthodes  peuvent  être  utiles,  mais  aucune  n'est 

indispensable  en  général. 

I 

2*^  Le  bloc  de  paraffine  doit  être  taillé  de  façon  à  avoir  ses  bords, 
antérieur  et  postérieur,  parallèles  au  tranchant  du  couteau. 

3^  Le  couteau  doit  avoir  une  position  transversale,  c'est-à-dire  que 
son  tranchant  doit  faire  angle  droit  avec  la  ligne  de  coupe. 

iP  II  faut  faire  les  coupes  en  succession  aussi  rapidement  que  pos- 
sible, et  surtout  imprimer  au  couteau  un  mouvement  très  rapide. 
Pour  réaliser  cette  condition,  les  microlomes  de  Caldwell,  de  la  Cam- 
bridge Scientific  Instrument  Company,  de  Minot,  Reinhold-Giltay,  etc. , 
se  montrent  d'un  grand  secours,  mais  ils  ne  sont  nullement  obliga- 
toires ;  on  se  tire  bien  d'aiTaire  avec  le  microtome  à  glissement  de 
Thoma  ou  de  Schanze. 

271.  GoUodiozmage  des  coapes  fragiles.  —Malgré  les  plus  grandes 
précautions  prises  dans  la  préparation  préliminaire  ainsi  que  dans  la  péné- 
tration et  l'infiltration,  il  arrive  quelquefois  que  l'objet  à  couper  est  devenu 
cassant  ou  même  friable  ;  il  se  brise  devant  le  rasoir,  ou  ne  donne  que  des 
coupes  si  friables  qu'il  est  impossible  de  les  monter  sans  déranger  les  rap- 
ports de  quelques-unes  de  leurs  parties.  Les  œufs  surtout  présentent  assez 
souvent  cet  inconvénient.  On  y  remédie  en  enduisant  la  surface  de  l'objet 
avant  chaque  coupe  d'une  mince  couche  de  collodion,  qui  sert  d'une  manière 
parfaitement  efficace  à  maintenir  en  position  les  parties  des  coupes  les  plus 
fragiles. 


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.212  CHAPITRE   XV 

On  avait  débuté  en  déposant,  avant  chaque  coupe»  sur  la  surface  libre  de 
Tobjet  une  goutte  de  coUodion.  Cette  pratique  a  un  inconvénient  :  la  quan- 
tité de  collodîon  employée  ramollit  la  paraffine  à  un  degré  nuisible,  et,  de 
^  plus,  en  séchant,  donne  aux  coupes  une  tendance  à  s'enrouler.  Voici,  d'après 

Mark  {Amer,  NaluraL,  1885,  p.  628  ;  Joum.  Roy.  mie.  Soc,  1885,  p.  738), 
comment  il  faut  procéder  : 

Dans  un  petit  flacon  muni  d'un  pinceau  qui  passe  à  travers  son  bouchon 
et  plonge,  mais  à  une  faible  profondeur  seulement,  dans  le  collodion,  on 
met  un  peu  de  collodion  fluide.  Le  critère  de  la  bonne  consistance  du  col- 
lodion est  que,  quand  on  en  applique  une  couche  mince  sur  la  paraffîne, 
celte  couche  doit  sécher  en  deux  ou  trois  secondes,  sans  laisser  de  vernis 
luisant  à  la  surface  de  la  parafflne.  Dans  cet  état,  le  collodion  parait  ne  pas 
produire  de  membrane  à  la  surface  de  la  paraffîne,  et  ainsi  ne  cause  pas 
de  tendance  k  s'enrouler  dans  les  coupes  ;  d'autre  part,  il  parait  pénétrer  la 
préparathDn  à  une  certaine  profondeur  et  en  flxer  les  parties  dans  leurs  posi- 
tions. Pour  maintenir  le  collodion  à  ce  degré  de  consistance,  on  a  sous  la 
main  un  flacon  d'éther,  avec  lequel  on  allonge  le  collodion  aussitôt  qu'il 
commence  à  laisser  des  traces  luisantes  sur  la  paraffîne. 

Tout  étant  prêt  pour  l'opération  des  coupes,  on  retire  le  pinceau  du  flacon 
de  collodion,  on  l'exprime  en  l'essuyant  sur  le  goulot  du  flacon,  de  manière 
à  l'avoir  chargé  seulement  de  peu  de  collodion,  et,  sans  tarder,  on  enduit 
rapidement  la  surface  de  la  préparation  d'une  mince  couche  de  collodion. 
Il  faut  avoir  soin  de  ne  pas  collodionner  les  faces  verticales  du  bloc  de  pa- 
raffîne, et  surtout  celle  qui  est  tournée  vers  l'opérateur,  car  si  cela  arrive, 
la  coupe  risque  de  s'attacher  au  couteau  par  ce  bord  et  même  d'être  empor- 
tée et  d'adhérer  à  la  surface  inférieure  du  couteau.  Aussitôt  que  le  collodion 
aura  séché  (nous  avons  dit  que  ce  doit  être  en  deux  ou  trois  secondes),  on 
fait  une  coupe.  On  retire  le  couteau,  et,  sans  tarder,  on  passe  une  deuxième 
couche  de  collodion  sur  la  surface  nouvellement  affranchie  de  la  paraffîne. 
Pendant  que  cette  deuxième  couche  sèche,  on  enlève  du  couteau  la  pre- 
mière coupe  et  on  la  porte  sur  un  porte-objet  préparé  avec  le  fîxatif  de 
ScïLELLiBAUM  en  ayant  soin  de  l'y  poser  avec  la  surface  collodionnée  en  des- 
sous. Puis  on  fait  la  deuxième  coupe,  et  on  répète  toute  la  série  des  opéra- 
tions que  nous  avons  décrites.  Avec  un  peu  de  pratique  on  peut  arriver  à 
faire  des  coupes  en  chaîne,  en  coliodionnant  chaque  coupe. 
f^  IIenking  {Zeit.  f.  tviss.  Mik.,  III,  4,  1886,  p.  478)  reproche  à  ce  procédé 

que  l'éther  du  collodion  ramollit  la  paraffîne,  et  préfère  une  solution  de 
paraffîne  dans  l'alcool  absolu.  Ou  bien,  pour  des  objets  extrêmement  fra- 
giles, comme  les  œufs  des  Phalangides,  une  solution  très  claire  de  gomme 
laque  dans  l'alcool  absolu. 

Rabl  [ibid.,  XI,  2,  1894,  p.  170)  emploie  de  la  paraffîne  surchauffée, 
maintenue  à  environ  100<^  G.  au  bain-marie.  Ce  procédé  a  aussi  l'avantage 
d'empêcher  l'enroulement  des  coupes. 

IlEiDER  (ibid.^  VIII,  4,  1892,  p.  509  ;  Embryonalentw.  von  Ifydrophilus, 
p.  12)  emploie  une  solution  faite  en  mélangeant  du  collodion  à  un  volume 
égal  de  solution  sirupeuse  de  mastic  dans  l'éther,  et  en  allongeant  le  mélange 
d'éther  jusqu'à  ce  qu'il  soit  parfaitement  liquide. 

272.  Nettoyage  et  montage  des  coupes.  ->  Pour  débarrasser 
les  coupes  de  la  paraffine  dont  elles  sont  infiltrées,  nous  avons  le 


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INCLUSION  À  LÀ   PARAFFINE  ET  MASSES   SEMBLABLES  213 

choix  entre  de  nombreux  dissolvants  de  la  paraffine.  On  emploie 
la  térébenthine,  la  térébenthine  chauiïee,  la  créosote,  un  mélange 
de  quatre  parties  de  térébenthine  avec  une  partie  de  créosote,  un 
mélange  de  térébenthine  et  d'essence  de  girofle,  le  naphte,  le  pétrole, 
Tessence  de  bergamote,  Tessence  de  cèdre  et  d'autres  essences,  Talcool 
absolu  chaud,  la  benzine,  le  xylol,  et  même  (pour  des  coupes  conte- 
nant très  peu  de  paraffine),  la  solution  de  baume  de  Canada  dans  le 
xylol  dont  on  se  sert  pour  le  montage.  Personnellement,  nous  don- 
nons au  xylol  la  préférence  sur  tous  ces  dissolvants.  Le  naphte  ne 
doit  pas  être  employé  pour  les  coupes  destinées  à  être  montées  direc- 
tement dans  le  baume,  vu  qu'il  ne  se  mêle  pas  parfaitement  avec 
cette  substance. 

Pour  terminer  la  préparation,  on  chauffe  le  porte-objet  (nous  sup- 
posons qu*on  y  a  déjà  collé  les  coupes)  au-dessus  d'une  petite  flamme, 
et  on  le  plonge  aussitôt  que  la  paraffine  s'est  fondue  dans  un  tube  de 
xylol  ou  autre  dissolvant.  Un  séjour  de  quelques  minutes  ou  même 
quelques  secondes  sufBra  pour  éloigner  la  paraffine  par  le  xylol.  Il 
n'y  a  plus  alors  qu'à  ajouter  une  goutte  de  baume  et  un  verre  à  cou- 
vrir. 

278.  Résumé  de  la  méthode  de  la  paraffine.  —  Voici  un 
exemple  d'une  inclusion  à  la  paraffine  réduite  à  sa  plus  simple  expres- 
sion, c'est-à-dire  dépouillée  de  tous  les  procédés  accessoires  ayant  trait 
à  l'orientation,  à  la  collodionisation  et  à  la  sériation  des  coupes,  etc. 
Déshydratez  un  petit  objet  dans  l'alcool  absolu.  Mettez  dans  un  petit 
tube  bas  un  peu  d'essence  de  bois  de  cèdre  (assez  pour  couvrir  l'objet). 
Versez  sur  l'essence  une  quantité  pareille  d'alcool  absolu.  Mettez 
l'objet  dans  cet  alcool.  Laissez-le  (au  mieux  en  bouchant  le  tube) 
jusqu'à  ce  qu'il  soit  tombé  au  fond  de  l'essence  de  cèdre,  et  que  sa 
surface  ne  montre  plus  de  couches  réfringentes  brillantes  dues  au 
mélange  imparfait  des  liquides.  Enlevez  l'alcool  avec  une  pipette. 
Faites  fondre  de  la  paraffine  dans  un  verre  de  montre  et  mettez-y 
l'objet.  Ayez  soin  que  la  paraffine  soit  de  la  dureté  que  nous  avons 
recommandée  au  numéro  269.  Après  quelque  temps,  portez  l'objet 
dans  un  autre  verre  de  montre  avec  une  nouvelle  quantité  de  paraf- 
fine fondue.  Ayez  bien  soin  de  ne  pas  laisser  monter  la  température 
au-dessus  du  point  de  fusion  de  la  paraffine  (la  paraffine  surchauffée 
subit  une  élévation  de  son  point  de  fusion  et  devient  plus  dure).  Aus- 
sitôt que  vous  pensez  que  l'objet  doit  être  parfaitement  pénétré  de 
paraffine  pure,  faites  flotter  le  verre  de  montre  sur  de  l'eau  froide. 
Après  refroidissement,  découpez  avec  un  scalpel  légèrement  chauffé 


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2i4  CHAPITRE   XV 

un  bloc  de  parafQne  contenant  Tobjet.  Avec  une  aiguille  chauffée, 
fixez  ce  bloc  sur  un  cône  de  paraffine  déjà  fondue  dans  le  porte-objet 
du  microtome.  11  n'y  a  plus  qu'à  couper.  Désirez-vous  avoir  les 
coupes  en  ruban  ?  Alors  taillez  soigneusement  le  bloc  de  parafQne  en 
rectangle;  taillez  tout  près  de  l'objet  sur  trois  côtés,  mais  laissez  un 
petit  mur  de  paraffine  sur  le  quatrième.  Mettez  le  couteau  dans  la 
position  transversale.  Orientez  le  bloc  de  sorte  que  le  côté  qui  a  le 
mur  de  paraffine  soit  tourné  vers  le  tranchant  du  couteau  et  soit 
parallèle  à  lui.  Coupez  rapidement.  Collez  la  série  de  coupes  sur 
porte-objet  par  l'une  des  méthodes  que  nous  donnons  dans  le  cha- 
pitre xvii.  Chauffez  un  instant  sur  la  flamme.  Mettez  pendant 
cinq  minutes  dans  un  tube  de  xylol.  Montez  au  baume  ou  passez  à 
Talcool  pour  colorer  ensuite. 

FORMULES  DES  MASSES  D'INCLUSION 
PARAFFINE    E^T    MÉLANGES    DE    PARAFFINE 

274.  ParafAne  pure.  —  Suivant  nous,  la  paraffine  pure  forme, 
pour  les  travaux  ordinaires,  une  masse  bien  préférable  aux  mélanges. 
Nous  avons  indiqué  au  numéro  269  les  degrés  de  dureté  de  la  paraf- 
fine qui  nous  paraissent  les  plus  convenables.  Aucune  préparation 
spéciale  de  la  paraffine  n*est  nécessaire  en  général. 

275.  Préparation  de  la  paraffine  pure  (Graf  Spee,  Zett.  f.  wiss. 
Mik.,  II,  4885,  p.  8).  —  Graf  Spee  prend  de  la  paraffine  fondant  à  50^  G. 
environ.  Il  chauffe  dans  une  capsule  de  porcelaine  avec  une  lampe  à  esprit- 
de-vin  jusqu'à  ce  qu'il  se  produise  des  vapeurs  blanches  désagréables  et 
que  le  volume  de  la  masse  éprouve  une  légère  réduction.  Gela  arrive  en  un 
laps  de  temps  variant  de  une  à  six  heures,  selon  la  quantité  de  paraffine 
employée.  La  masse  est  devenue  d'un  jaune  brun,  et  au  refroidissement  elle 
présente  une  surface  de  section  graisseuse  ou  savonneuse  au  toucher.  Le 
point  de  fusion  de  la  masse  s'est  élevé  de  quelques  degrés. 

*  Spee  recommande  cette  masse  pour  la  production  de  coupes  en  chaînes. 
f-  On  la  trouve  toute  faite  chez  Grûbler. 

}l  Brass  [op,  cit,^  p.  300)  emploie  de  la  paraffine  vieillie,  car  il  a 

[^.  remarqué  que  la  paraffine  qui  a  été  gardée  pendant  des  années  a 

p?  perdu  la  faculté  de  cristalliser.  Je  pense  que  cette  observation  est 

fondée. 

Pour  obtenir  avec  la  paraffine  du  commerce  une  paraffine  blanche,  très 
i  dure  et  bien  homogène,  Foettinger  {Arch.  de  Biologie,  VI,  1885,  p.  424) 

,  emploie  un  procédé  compliqué  qui  ne  nous  a  pas  donné  de  bons  résul- 

tats. 


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INCLUSION    A  LA   PARAFFINE   ET   MASSES   SEMBLABLES 


^5 


276.  Paraffine  et  cérisine  (Schulgin,  ZooL  Ànzeig.^  1883,  p.  21).  — 
Paraffine  fondant  à  55^  G.  ;  cérisine,  q.  s.  Si  la  masse  ainsi  obtenue  est  trop 
dure,  ajouter  de  la  vaseline,  q.  s. 

Paraffine  et  oire.  —  Schulgin  emploie  aussi  un  mélange  de  paraffine 
et  de  cire  blanche  dans  les  proportions  de  10  à  1  ;  nous  ne  savons  pas  si 
cette  formule  a  été  publiée. 

Brass  (Zeil.f,  wiss.  Afik.^  II,  1885,  p.  30!)  recommande  de  prendre  pour 
100  parties  de  paraffine  4  à  6  parties  de  cire  blanche.  ^Pour  le  nettoyage 
des  coupes-,  Brass  emploie  la  benzine.) 

Walsem  (i6irf.,  XI,  2,  1894,  p.  216)  conseille  (pour  les  objets  volumineux) 
l'addition  de  5  p.  100  de  cire  jaune. 

MASSES    AU    SAVON 

277.  Inclusions  au  savon.  —  Le  savon  offre  comme  masse  d'inclusion 
des  avantages  qui  sont  dans  certains  cas  d'une  grande  importance.  Le  savon 
étant  soluble  dans  Falcool,  et  contenant  une  proportion  considérable  d'eau, 
permet  Tinclusion  par  infiltration  d'objets  qui  n'ont  pas  été  déshydratés, 
considération  qui  peut  être  quelquefois  très  importante  en  histologie.  Les 
masses  sont  pénétrantes,  elles  sont  parfaitement  transparentes,  et  possèdent 
une  consistance  qui  fournit  de  très  belles  coupes.  Après  lavage,  les  coupes 
sont  dans  un  état  avantageux  pour  subir  le  traitement  par  les  réactifs  les 
plus  divers. 

La  transparence  des  masses  au  savon  est  d'un  grand  avantage  pour  l'orien- 
tation des  objets. 

Le  lecteur  se  rappellera  que  toutes  ces  masses  sont  alcalines,  et  peuvent 
décolorer  des  tissus  colorés  par  des  teintures  qui  ne  résistent  pas  aux  alca- 
lis ;  pour  la  même  raison,  les  lavages  doivent  être  très  soigneusement  faits, 
autrement  la  conservation  des  tissus  sera  compromise.  Mais  c'est  vraisem- 
blablement surtout  parce  que  le  savon  se  prête  moins  bien  que  la  paraffîne 
à  la  confection  rapide  de  séries  ininterrompues  de  coupes  qu'il  a  cédé  le 
pas  à  la  paraffine. 

278.  Savon  ordinaire  à  l'alcool  (Kadyi,  Zool.Anzeig,,  1879,  p.  477). 
—  On  prend  du  savon  blanc  ordinaire  du  commerce  (savon  au  stéarate  de 
soude,  savon  animal).  On  le  râpe;  et  l'on  en  fait  dissoudre  25  grammes 
dans  100  ce.  d'alcool  à  96<3,  en  chauffant  dans  une  cornue  au  bain-marie. 
On  filtre,  si  cela  parait  nécessaire.  Si  maintenant  on  verse  dans  un  verre  de 
montre  un  peu  de  la  solution,  celle-ci  se  prendra  immédiatement  en  une 
masse  blanche.  Cela  indique  que  la  solution  ne  contient  pas  assez  d'eau  ;  on 
en  ajouta  par  petites  quantités,  et  après  chaque  addition  on  étudie  l'effet 
produit,  en  versant  une  goutte  de  la  solution  dans  un  verre  de  montre.  On 
verra  la  masse  devenir  de  plus  en  phis  transparente  jusqu'à  ce  que,  enfin, 
elle  ne  montre  plus  qu'une  faible  opalescence  bleuâtre.  La  préparation  est 
alors  terminée. 

Il  n'est  pas  possible  d'indiquer  d'avance  la  quantité  précise  d'eau  qu'il 
faut  ajouter,  puisque  cela  dépend  naturellement  de  la  proportion  d'eau 
déjà  contenue  dans  l'échantillon  de  savon  employé.  Nous  pouvons  dire 
que  pour  120  grammes  de  solution  de  savon  il  faudra  le  plus  souvent  5  à 
10  grammes  d'eau« 


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216 


CHAPITRE  XV 


Il  faut  ajouter  Peau  avec  une  grande  prudence  ;  car,  si  Ton  en  ajoute 
trop,  la  masse  se  solidifiera  lentement  ou  même  pas  du  tout.  C'est  lorsque 
la  masse  contient  le  minimum  d*eau  nécessaire  pour  la  rendre  transparente 
qu'elle  possède  le  plus  de  fermeté  et  d'élasticité. 

Outre  la  masse  dont  nous  avons  indiqué  approximativement  la  composi- 
tion, on  peut  en  préparer  qui  contiennent  10,  20,  30,  40  p.  100,  ou  plus  ou 
moins,  de  savon.  Weisker  s'est  servi  avec  avantage  d'une  masse  contenant 
des  parties  égales  de  savon  et  d'alcool.  Une  telle  masse  est  transparente, 
mais  jaune  et  huileuse,  et  se  solidifie  très  lentement.  Après  refroidissement 
elle  se  montre  cependant  très  ferme.  Son  point  de  fusion  est  assez  élevé,  et 
elle  est  moins  pénétrante  que  les  masses  plus  alcooliques.  Elle  rend  des 
services  pour  les  objets  très  durs,  et  surtout  pour  les  structures  chiti- 
neuses. 

Kadyi  coupe  avec  un  rasoir  mouillé  d'alcool  fort,  ce  qui  a  l'avantage  de 
maintenir  la  lame  toujours  propre.  Pour  éloigner  la  masse  des  coupes,  il 
les  met  dans  de  l'alcool  à  96  p.  100  qui,  à  chaud,  dissout  la  masse  immédia- 
tement et,  à  froid,  après  un  certain  temps. 

279.  Savon  à  la  glycérine  (Poelzam,  Morph.  Jahrh.,  1877,  p.  558  ; 
nous  citons  d'après  Salensky).  —  On  prend  du  savon  blanc  ordinaire  et  on 
le  coupe  en  tranches  minces  qu'on  expose  au  soleil  jusqu'à  ce  qu'elles 
deviennent  blanches.  On  les  réduit  alors  en  poudre  et  l'on  ajoute  de  l'alcool 
de  manière  à  faire  une  bouillie  épaisse.  A  cette  bouillie  on  ajoute  de  l'alcool 
et  de  la  glycérine  en  des  proportions  telles  que  le  mélange  contienne,  pour 
10  parties  de  savon,  22  parties  de  glycérine  et  35  parties  d'alcool  à  90  p.  100. 
On  chauffe  jusqu'à  ce  qu'on  ait  obtenu  une  solution  parfaitement  transpa- 
rente, sirupeuse,  un  peu  jaunâtre. 

La  masse  s'emploie  selon  les  méthodes  connues.  Pour  la  séparer  des 
coupes,  Salensky  emploie  l'eau  ou  l'alcool  très  dilué. 

280.  Autres  masses  au  savon  (Flemming,  Arch,  f.  mik.Anat.y  1873, 
p.  123.  —  Pfitzer,  Ber,  deulsch.  bot.  Ges.,  1887,  p.  65;  Journ.  Roy.  Mie. 
Soc,  1888,  p.  316;  Pou,  Journ.  de  Micr.,  XIlï,  1889.  p.  337  (alcool  à 
90  p.  100,  1  partie  ;  glycérine,  1  partie;  savon  à  la  glycérine,  1  à  2  parties). 
—-  Chauffer  ensemble  la  glycérine  et  l'alcool  à  60<*  ou  70*^  C,  et  ajouter  le 
savon  en  petits  morceaux. 

GELATINE 

281.— L'inclusion  à  la  gélatine  est  une  méthode  qui  offre  l'avantage 
d'être  applicable  à  des  objets  qui  n'ont  été  déshydratés,  voire  même  à 
des  objets  qui  n'ont  été  traités  que  par  des  liquides  aqueux.  Elle  peut 
donc  rendre  des  services  importants  pour  l'étude  d'organismes  délicats 
et  très  riches  en  eau,  tels  que  plusieurs  Cœlentérés.  Le  mode  opératoire 
est  le  même  que  pour  les  autres  masses  liquides  à  chaud,  si  ce  n*est 
que  pour  la  gélatine  les  objets  doivent  être  pénétrés  par  l'eau  et  non 
par  l'alcool  ou  une  essence.  Après  inclusion  et  refroidissement  de  la  masse 
on  peut  quelquefois  procéder  immédiatement  à  l'opération  des  coupes; 
mais  il  est  rare  que  la  masse  acquière  sans  autre  traitement  une  consis- 
tance suffisante.  Pour  la  durcir,  on  peut  la  traiter  pendant  dix  à  trente 


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INCLUSION    A   LA   PARAFFINE    ET   MASSES    SEMBLABLES  217 

minutes  avec  Talcool  absolu  (Kaiser),  ou  pendant  quelques  jours  par  Tal- 
cool  à  90  p.  100  suivi  d*alcool  absolu  (Klebs),  ou  par  l^acidc  chromique 
(Klebs)  ;  ou  bien  on  peut  la  geler  (Sollas). 
La  masse  se  sépare  des  coupes  par  le  lavage  à  Teau  chaude. 

282.  Gélatine  à  la  glycérine  (Klebs,  Arch.  f,  mik.  Anat.,  1869, 
p.  165).  —  Solution  concentrée  de  colle  de  poisson  dans  Teau^  2  parties  ; 
glycérine,  1  partie. 

283.  Gélatine  à  la  glycérine  (Kaiser,  Bot.  Centralb.,  1880,  p.  25  ; 
Joum,  Roy,  Mie.  Soc,  1880,  p.  504).  — -  On  fait  gonfler  1  partie  de  gélatine 
française  pendant  deux  heures  dans  6  parties  d'eau  ;  on  ajoute  7  parties  de 
glycérine,  et  un  centième  du  poids  du  mélange  diacide  phénique  concentré. 
On  chauffe  pendant  dix  à  quinze  minutes,  en  reYnuant  le  tout  jusqu'à  ce 
que  les  flocons  produits  par  Tacide  phénique  aient  disparu.  On  filtre  à 
chaud  &  travers  du  verre  pilé  fin,  humecté,  et  placé  dans  un  entonnoir. 

284.  Gélatine  à  la  glycérine  (Gerlach,  Unters,  a,  d.  Anat,  Inst. 
Erlangen,  1884  ;  Jour,  Boy.  Mie.  Soe.,  1883,  p.  541).  —  Gélatine,  40  grammes  ; 
solution  saturée  d'acide  arsénieux,  200  ce;  glycérine,  120  ce.  On  clarifie  la 
solution  avec  du  blanc  d'œuf.  On  peut  la  garder  pendant  des  années  dans 
un  flacon  bien  bouché.  Gerlach  prépare  ses  objets  pour  l'inclusion  par  un 
bain  de  glycérine  diluée  (1  partie  de  glycérine  pour  2  d'eau),  dans  lequel  il 
les  laisse  jusqu'à  ce  qu'ils  en  soient  parfaitement  pénétrés.  Il  trouve  avan- 
tageux d'ajouter  un  peu  de  thymol  à  la  glycérine. 

286.  Gélatine  à  froid  (Brunotti, /our».  de  Botan.,  VI,  1892,  p.  194).  — 
On  fait  dissoudre  à  l'aide  de  la  chaleur  20  grammes  de  gélatine  dans  200  ce. 
d'eau  distillée,  on  filtre  et  ajoute  1  gramme  de  sublimé  corrosif  dans  30  à 
40  ce.  d'acide  acétique  cristallisable.  Cette  masse  possède  à  15^  G.  la  con- 
sistance d'un  sirop  épais.  Les  objets  doivent  être  pénétrés  d'abord  par  un 
mélange  de  1  volume  de  cette  masse  avec  2  à  .3  volumes  d'eau,  puis  par  la 
masse  concentrée.  Puis  on  durcit  dans  de  l'alcool  ou  dans  du  bichromate 
de  potasse,  acide  picrique,  etc.  On  voit  que  ce  procédé  écarte  entièrement 
l'emploi  de  la  chaleur. 


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.CHAPITRE  XVI 

COLLODION  (CELLOÏDINE),  GOMME,  GOMME-GOPAL,  ETG. 


286.  Avantages  de  la  méthode  au  collodion.  —  Les  masses 
d'inclusion  au  collodion  sont  assez  transparentes  et  offrent  de  grands 
avantages  pour  l'orientation  des  objets  à  couper.  Le  collodion  a  sur 
la  paraffine  l'avantage  de  ne  pas  être  cristallisable,  Timbibition  peut 
s'opérer  graduellement  et  sans  l'aide  de  la  chaleur;  de  plus,  les 
objets,  quoiqu'ils  doivent  être  déshydratés  par  l'alcool  absolu,  n'ont 
pas  besoin  d'être  traités  par  une  essence  avant  Tinclusion.  Il  résulte 
de  ces  propriétés  que  le  collodion  est  une  masse  éminemment  favo- 
rable à  la  bonne  conservation  des  structures  délicates.  Il  a  un  autre 
avantage  qui  est  des  plus  précieux  pour  certains  cas  ;  on  peut  colo- 
rer les  coupes  dans  les  teintures  histologiques  ordinaires  (carmin, 
hématoxyline,  et  quelques  anilines,  —  pas  toutes),  sans  qu'il  soit 
nécessaire  d'enlever  la  masse  au  préalable  ;  car  le  collodion  ne  se 
colore  pas  dans  ces  teintures,  et  ne  s'oppose  pas  non  plus  à  la  colo- 
ration des  tissus.  De  plus,  on  peut  monter  les  coupes  dans  la  glycérine 
ou  dans  le  baume,  sans  enlever  la  masse,  qui  demeure  parfaitement 
transparente  et  homogène,  et  par  conséquent  invisible,  dans  ces 
milieux.  C'est  là  un  avantage  précieux  lorsqu'il  s'agit  de  coupes  d'ob- 
jets dont  les  parties  n'ont  pas  de  cohésion  naturelle  et  qui  se  brise- 
raient ou  tomberaient  en  morceaux  si  elles  n'étaient  pas  enrobées 
pendant  toutes  ces  manipulations  dans  une  substance  protectrice. 
Mais  la  qualité  la  plus  importante  des  masses  au  collodion  est  peut- 
être  la  faculté  qu'elles  ont  d'imbiber  les  pièces  volumineuses.  Le 
séjour  dans  les  solutions  de  collodion  étant  absolument  inofTensif 
pour  les  éléments  les  plus  délicats,  on  peut  prolonger  à  volonté  pen- 
dant des  jours  ou  des  semaines  le  bain  nécessaire  pour  infiltrer  les 
objets,  et  arriver  ainsi  à  l'inclusion  d'objets  qui  seraient  littéralement 


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COLLODION,    GOMME,    GOMME-COPAL,    ETC.  219 

cuits  si  on  les  chaufîait  pendant  le  même  temps  dans  un  bain  de 
paraffine. 

Le  défaut  capital  de  cette  méthode,  c'est  que  les  masses  au  collo- 
dion  ne  présentent  pas  une  consistance  permettant  d'obtenir  des 
coupes  suffisamment  fines  pour  plusieurs  recherches  d*anatomie  et 
d'histologie  ;  la  limite  inférieure  de  l'épaisseur  des  coupes  au  collo- 
dion  se  trouve  à  0™™,007,  tandis  que  celle  des  coupes  à  la  paraffine 
se  trouve  à  0™™,00l.  Nous  disons  bien  «  la  limite  inférieure  »  et  nous 
voulons  dire  qu'une  méthode  qui  ne  donne  que  par  exception  des 
coupes  d'une  finesse  de  0"",007  ne  répond  pas  à  tous  les  besoins. 
Un  inconvénient,  c'est  que  c'est  un  procédé  très  long.  Il  faut  envi- 
ron trois  jours  pour  faire  à  la  celloïdine  une  inclusion  qui  deman- 
derait une  heure  à  la  paraffine.  II  est  vrai  que  le  temps  nécessaire  se 
trouve  notablement  abrégé  par  la  méthode  rapide  de  Gilson  (n®  298). 

287.  GoUodion,  Celloïdine  et  Photoxyline.  —  La  très  impor- 
tante méthode  de  l'inclusion  au  collodion  est  due  à  M.  Duval  f^Joum, 
de  VAnt.^  1879,  p.  18§).  La  c  celloïdine  »  recommandée  plus  tard  par 
Merkel  et  ScmEFFERDECKER  {Arch.  f.  Anat.  u.  Phys.,  1882,  p.  200), 
n'est  autre  chose  qu'un  collodion  pharmaceutique  qui  présente 
l'avantage  d'être  livré  sous  forme  de  plaques  solides  qui  sont  solubles 
dans  un  mélange  à  parties  égales  d'éther  et  d'alcool  absolu.  On  peut 
facilement  en  faire  venir  par  la  poste  en  écrivant  à  Wittick  et  Ben- 
KENDORF,  Schering's  Grtine  Apotheke,  19,  Ghaussée-Strasse,  Berlin,  N. 
On  en  trouve  du  reste  maintenant  chezGRûBLER  et  chez  la  plupart  des 
fournisseurs  de  microscopie. 

Dans  une  exposition  plus  récente  de  sa  méthode  {Jour,  de  Micr.^ 
1888,  p.  197),  Duval  enseigne  que  la  celloïdine  ne  possède  aucun 
avantage  réel  sur  le  collodion.  SeniEFFERDECKER,  dans  un  nouveau 
travail,  Zeit.  f.  wiss.  3Iik,,  V,  4,  1888,  p.  804,  déclare  qu'elle  lui  est 
supérieure  en  bien  des  points.  Il  me  semble  que  la  celloïdine  permet 
d'obtenir  des  masses  plus  parfaitement  anhydres,  et  qu'elle  permet 
de  doser  plus  commodément  la  concentration  des  solutions.  Mais 
pour  l'un  et  l'autre  le  résultat  définitif  me  parait  être  le  même. 

La  photoxyline  (Krysinsky,  Virchotv's  Arch.,  CVIII,  1887,  p.  217  ; 
Eusse,  Zeit.  f.  wiss.  MiL,  IX,  1,  p.  47)  est  également  un  collodion  breveté. 
G*est  un  produit  sec.  On  se  la  procure  aux  mêmes  sources  que  la  celloïdine. 
D'après  Busse,  elle  aurait  Tavantage  de  fournir  une  masse  qui  après  durcis- 
sement dans  Talcool  à  85  p.  100  demeure  parfaitement  transparente.  Mais 
puisque  par  la  méthode  récente  d'éclaircissement  avant  les  coupes,  que 
nous  décrivons  plus  loin,  on  obtient  avec  la  celloïdine  ou  le  collodion  ordi- 


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220  CHAPITRE   XVI 

Baire  des  masses  d'une  transparence  parfaite,  il  me  semble  qu'on  pourra 
pour  la  plupart  des  travaux  se  passer  de  photoxyline. 

288.  Marche  générale.  —  La  marche  générale  diffère  de 
celle  de  la  méthode  à  la  paraffine  en  ce  que  Ton  ne  pénètre  pas  par 
une  essence  avant  de  passer  au  bain  d'inclusion  et  que  la  masse  ne 
durcit  pas  spontanément  mais  demande  des  opérations  spéciales  pour 
lui  procurer  la  consistance  voulue.  Jusqu'à  ces  derniers  temps,  on  a 
eu  l'habitude  de  ne  procéder  à  l'éclaircissement  qu'après  la  confec- 
tion des  coupes.  Une  modification  récente  qui  me  paraît  être  pour 
beaucoup  d'objets  un  grand  perfectionnement,  consiste  à  éclaircir  la 
masse  avant  de  faire  les  coupes.  Nous  décrirons  d'abord  la  marche 
traditionnelle  telle  qu'elle  se  pratique  dans  la  plupart  des  labora- 
toires, et  nous  donnerons  dans  un  paragraphe  spécial  la  méthode 
par  éclaircissement  avant  les  coupes.  J'ajoute  que  pour  ma  part 
cette  dernière  méthode  est  celle  que  je  pratique  et  que  je  recom- 
mande. 

289.  Préparation  des  ol]jets.  —  Les  objets  doivent  être  bien 
déshydratés  par  l'alcool  absolu.  S'ils  sont  de  nature  à  se  laisser  faci- 
lement pénétrer,  on  les  transportera  directement  dans  une  solution 
très  peu  épaisse  de  collodion,  mais,  s'ils  sont  de  nature  peu  per- 
méable, on  les  pénétrera  par  l'éther,  ou  par  un  mélange  d'éther  et 
d'alcool  absolu. 

On  peut  prendre  un  mélange  de  1  volume  d'éther,  ou  2  ou  jusqu'à 
10  volumes  pour  1  d'alcool  absolu  ;  c'est  un  point  qui  n'a  pas  grande 
importance. 

290.  Les  bains  de  collodion.  —  Le  secret  du  succès  ici  c'est  de 
pénétrer  les  objets  d'abord  par  une  solution  peu  épaisse,  ensuite 
par  une  solution  très  épaisse.  L'emploi  de  la  celloïdine  est  très  com- 
mode, parce  qu'il  permet  de  titrer  exactement  les  solutions.  Suivant 
Apathy  (Zeit.  f.  wiss.  Mik,,  VI,  2, 1889,  p.  164),  il  est  bon  d'employer 
la  celloïdine  desséchée.  On  débite  une  quantité  de  celloïdine  en 
tranches  minces  qu'on  laisse  sécher  à  l'air  jusqu'à  ce  qu'elles  soient' 
devenues  jaunes,  transparentes  et  d'une  consistance  cornée,  puis  on 
les  fait  dissoudre  dans  un  mélange  à  parties  égales  d*éther  et  d'alcool 
absolu.  ËLScuNiG  {ibid.y  X,  4,  1893,  p.  443)  a  observé  que  la  dissolu- 
tion se  fait  plus  vite  si  on  laisse  d'abord  tremper  les  morceaux  pen- 
dant vingt-quatre  heures  dans  la  quantité  nécessaire  d'alcool,  et  qu'on 
ajoute  l'éther  ensuite.  Après  essai,  il  me  semble  bien  qu'il  en  est 


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COLLODION,    GOMME,    GOMME-GOPAL,    ETC.  221 

ainsi.  L'emploi  de  celloïdine  séchée  fournit  des  solutions  qui  sont 
privées  de  l'excès  d'eau  qui  se  trouve  dans  la  celloïdine  fraîche,  et 
donnent  après  durcissement  une  masse  plus  transparente  et  d'une 
consistance  meilleure. 

On  peut  appeler  c  peu  épaisse  »  une  solution  contenant  de  4  à 
6  p.  100  de  celloïdine  séchée,  et  solution  c  épaisse  >  celle  qui  en 
contient  de  10  à  12  p.  100.  Les  proportions  suivantes  pour  trois  bains 
successifs  ont  été  établies  par  Busse  [ihid.y  IX,  1,  1892,  p.  47)  ;  — 
N®  1,  10  parties  de  celloïdine  séchée,  ou  de  photoxyline,  pour 
180  du  mélange  d'éther  et  alcool  absolu  ;  n^  2, 10  parties  pour  105  du 
mélange  ;  n^  3,  10  parties  pour  80  du  mélange. 

Je  n'emploie  d'habitude  que  deux  solutions,  une  faible,  et  une 
forte,  correspondant  à  peu  près  au  numéro  2  de  Busse.  Le 
numéro  3  de  cet  auteur  est  si  épais  que  son  emploi  exige  beaucoup 
de  patience. 

Les  objets  doivent  rester  dans  le  premier  bain  (dans  un  flacon  ou 
autre  récipient  bien  bouché)  jusqu'à  ce  qu'ils  soient  parfaitement 
pénétrés.  Il  faut  pour  cela  des  jours,  même  pour  de  petits  objets  ; 
pour  de  gros  objets,  comme  les  embryons  humains  de  six  à 
douze  semaines,  il  faut  des  semaines  et  même  des  mois.  Lorsque 
l'objet  est  dûment  pénétré  par  la  solution  faible  on  passe  à  la  ou  les 
solutions  fortes.  Quelques  observateurs  recommandent  de  ne  pas 
sortir  l'objet  de  la  solution  faible,  mais  de  laisser  celle-ci  se  con- 
centrer graduellement  par  évaporation  tout  en  ajoutant  de  temps  à 
autre  un  peu  de  solution  forte. 

291.  Inclusion  définitive.  —  Si  V objet  est  tel  qu'il  n'y  a  pas 
d'inconvénient  à  le  collei^  directement  sur  un  support  adapté  au 
porte-objet  du  microtome^  et  si  Ton  n'a  pas  besoin  de  manipulations 
spéciales  d'orientation  de  l'objet  ni  de  sérialion  des  coupes,  aucune 
inclusion  spéciale  n'est  nécessaire  et  aussitôt  que  les  objets  sont 
bien  pénétrés  par  la  solution  forte  on  peut  procéder  au  durcisse- 
me7xt.  Pour  les  objets  qui  pour  l'un  ou  l'autre  de  ces  motifs 
demandent  une  inclusion  afin  de  les  avoir  enrobés  dans  un  bloc  de 
collodion,  on  procède  comme  suit. 

Les  objets  une  fois  pénétrés,  on  peut  faire  l'inclusion  définitive 
dans  des  boîtes  de  papier,  selon  l'une  des  méthodes  connues 
décrites  numéro  261.  Pour  ces  inclusions,  les  boîtes  en  papier 
rondes  (fig.  2,  n"^  261)  sont  particulièrement  recommandables,  le 
bouchon  se  prêtant  de  la  manière  la  plus  commode  à  fixer  l'objet 
dans  le  microtome.  Avant  de  faire  l'inclusion  dans  ces  boîtes,  il  est 


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222 


CHAPITRE   XVI 


bon  de  les  préparer  en  y  versant  une  goutte  de  collodion  qu'on 
laisse  sécher  complètement.  Cela  a  pour  but  d*empécher  que  des 
bulles  ne  se  dégagent  du  bouchon  et  ne  viennent  se  loger  dans  la 
masse  d'enrobage. 

Les  verres  de  montre  profonds,  des  godets  à  couleurs  humides 
pour  aquarelle,  etc.,  forment  de  bons  moules  à  inclusion.  Il  faut 
veiller  à  ce  qu'ils  soient  parfaitement  secs. 

Orientation.  —  Désire-t-on  marquer  la  position  de  Tobjet  dans  la 
masse  pour  faciliter  ensuite  Torientation  des  ligaes  de  coupe,  on  peut 
employer  la  méthode  d^EvcLESHEiMER  (Amer,  Nat\,  XXVI,  1892,  p.  354; 
Joum.  Roy.  Mie.  5oc.  1892,  p.  563).  On  fait  Tinclusion  dans  une  boite 
métallique  pareille  à  celles  décrites  au  numéro  261.  Les  parois  tant  laté- 
rales que  terminales  de  la  boite  sont  pei*cées  d'une  ligne  de  petits  trous 
régulièrement  espacés.  A  travers  la  boite  sont  tendus  des  fils  de  soie  qui 
passent  dans  les  trous  et  sont  assujettis  sur  l'extérieur  delà  botte  au  moyen 
d'une  goutte  de  celloïdine.  On  laisse  à  chacun  un  bout  libre  de  4  à  5  centi- 
mètres. On  trempe  ces  bouts  libres  dans  une  solution  peu  épaisse  de 
celloïdine  mêlée  de  noir  de  fumée.  On  pose  Tobjet  sur  le  treillis  formé  par 
les  fils  tendus  à  Tintérieur  de  la  boite,  on  remplit  de  collodion,  et  Ton  durcit 
le  tout.  Après  durcissement,  on  dissout  au  moyen  d'une  goutte  d'éther  le 
collodion  qui]  assujettit  les  fils  en  dehors  et  on  les  tire  à  travers  la  masse. 
Ils  laissent  derrière  eux  une  série  de  lignes  noires  servant  à  Torienta- 
tiou. 

Apathy  (Zeit.  /".  wiss,  Mik.,  V,  I,  1888,  p.  47)  conseille  d'arranger  les 
objets  sur  une  petite  plaque  rectangulaire  de  gélatine  posée  sur  le  fond  du 
récipient.  On  sort  cette  plaque  après  durcissement  avec  le  bloc  à  couper, 
et  on  la  coupe  avec  lui.  Les  bords  de  la  plaque  forment  de  bonnes  lignes 
d'orientation. 

D'après  une  troisième  méthode,  qui  se  laisse  utiliser  pour  les  petits 
objets,  l'inclusion  se  fait  dans  une  éprouvette.  Après  durcissement 
par  le  chloroforme,  la  masse  un  peu  rétractée  se  laisse  extraire  de 
l'éprouvette  à  l'aide  d'une  brusque  secousse.  (Voyez  au  paragraphe 
suivant.) 

Il  se  peut  que  pendant  ces  opérations  il  se  soit  produit  des  bulles 
dans  la  masse.  En  ce  cas,  avant  d'aller  plus  loin,  il  convient  d'exposer 
le  tout  pendant  une  heure  ou  deux,  jusqu'à  ce  que  ces  bulles  aient 
disparu,  à  l'action  des  vapeurs  d'éther  dans  un  récipient  bien  clos. 
Il  faut  veiller  à  ce  que  la  masse  ne  soit  pas  en  contact  avec  Téther 
liquide  (Busse,  Zeit.  f.  wiss.  Mik.,  VIII,  4, 1892,  p.  467). 

292.  Durcissement.  —  a)  On  procède  d'habitude  comme  suit, 
par  évaporation  graduelle  suivie  d'un  traitement  par  V alcool. 
On  fait  l'inclusion  dans  très  peu  de  masse  ;  il  est  bon  qu'il  y  en  ait 


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"  T'i   y^nr,-'  i..i"j  y»!     .■■■■■   imw  ■jwi.  nnm».  ■j^jjiwni 


GOLLODION,    GOMME,    GOMME-GOPAL,    ETG.  223 

juste  assez  pour  couvrir  largement  Tobjet.  Si  Ton  s*est  servi  d*un 
godet  de  porcelaine,  on  le  couvre  avec  un  verre  renversé,  de 
manière  à  laisser  à  découvert  un  coin  ou  une  marge  de  la  masse 
pour  qu'une  lente  évaporation  puisse  avoir  lieu.  Si  ce  sont  des  boiles 
de  papier,  on  les  met  sous  une  cloche,  en  faisant  en  sorte  que 
celle-ci  ne  s'applique  pas  exactement  sur.  son  support.  Au  bout  de 
quelques  heures,  le  collodion  s'est  durci  à  Textérieur  et  s'est  un  peu 
rétracté,  de  sorte  que  l'objet  enrobé  commence  à  être  à  sec.  On  le 
couvre  d'une  goutte  de  collodion,  et  l'on  remet  la  préparation  à 
couvert  comme  auparavant.  (Si  l'on  a  laissé  trop  sécher  la  première 
couche  de  collodion,  il  est  bon  de  la  mouiller  avec  une  goutte  d'éther, 
pour  assurer  que  la  deuxième  couche  adhère  à  la  première.)  Après 
quelques  heures,  on  ajoute  une  nouvelle  goutte  de  collodion;  et  l'on 
répète  cette  opération  à  des  intervalles  de  quelques  heures  pendant 
deux  ou  trois  jours,  ou  plus.  On  trouve  enfin  que  l'objet  est  enrobé 
dans  une  masse  d'une  certaine  consistance  sans  avoir  subi  de  rata- 
tinement. 

Le  secret  de  la  réussite  du  durcissement  par  évaporation  consiste 
à  rendre  Tévaporation  très  graduelle.  Si  les  objets  sont  gros,  il  est 
bon  de  mettre  la  masse  qui  les  contient  sous  une  cloche  fermant 
hermétiquement,  et  de  ne  soulever  la  cloche,  pour  permettre  aux 
vapeurs  d'alcool  et  d'éther  de  s'échapper,  que  pendant  quelques 
secondes  une  ou  deux  fois  par  jour. 

Nous  avons  souvent  trouvé  avantageux  de  durcir  nos  objets  dans 
la  vapeur  d'alcooL  A  cet  effet  nous  les  mettons,  après  enrobage  sur 
du  liège  ou  dans  les  boîtes  de  papier,  dans  un  flacon  contenant  assez 
d'alcool  pour  baigner  à  peine  le  fond  de  la  masse. 

Lorsque  la  masse  a  atteint  une  consistance  telle  que  le  bout  du 
doigt  (la  pulpe,  pas  l'ongle)  ne  l'impressionne  plus,  on  achève  le 
durcissement  en  jetant  le  tout  dans  l'alcool.  (On  peut  commencer 
par  l'alcool,  en  y  jetant  la  masse  liquide,  mais  ce  procédé  donne 
lieu  très  souvent  à  la  formation  de  bulles  d'air.)  On  éloigne  d'abord 
le  papier,  ou  l'on  sort  la  masse  du  récipient  qui  l'a  contenue  et  on  la 
porte  dans  une  quantité  considérable  d'alcool  (si  la  masse  ne  se  laisse 
pas  dégager  au  premier  moment,  il  faut  attendre  qu'elle  ait  fait  un 
court  séjour  dans  Talcool).  On  a  employé  pour  le  durcissement  des 
titres  d'alcool  très  divers.  On  peut  maintenant  regarder  comme 
établi  par  les  expériences  ad  hoc  de  Busse  {Zeit.  f.  wis$.  Afik.,  IX, 
1,  1892,  p.  49),  que  l'alcool  de  85  p.  100  est  celui  qui  convient  le 
mieux,  tant  sous  le  rapport  de  la  transparence  de  la  masse  définitive 
que  sous  celui  de  sa  consistance  pour  les  coupes.  C'est  du  reste  là. 


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224  CHAPITRE  XVI 

une  conclusion  qui  se  rapproche  beaucoup  de  la  pratique  de  la  plu- 
part des  anatomistes. 

Il  faut  de  un  jour  à  quelques  semaines  pour  achever  le  durcisse- 
ment. 

Le  récipient  contenant  V alcool  ne  doit  pas  être  hermétiquement 
clos^  mais  doit  être  au  moins  légèrement  ouvert. 

On  voit  que  ce  procédé  est  d'une  longueur  excessive.  Je  pense  qu'il 
n'a  de  raison  d'être  que  si,  comme  le  prétendent  quelques  auteurs, 
les  objets  volumineiuv  se  durcissent  mieux  par  cette  méthode  que 
par  celles  que  nous  allons  maintenant  exposer. 

b)  La  méthode  du  durcissement  par  le  chloroforme  est  due  à  Vial- 
LANES  [Rech,  sur  VHist.  et  le  Dév.  des  Insectes^  1883,  p.  129)  ;  c'est 
pour  les  petits  objets  la  méthode  la  plus  sûre,  la  plus  rapide,  et  celle 
qui  donne  la  meilleure  consistance  à  la  masse.  Elle  consiste  à  jeter 
les  objets  enrobés  dans  du  chloroforme.  Sous  l'influence  de  ce  réactif, 
le  collodion  se  prend  immédiatement  en  une  masse  suffisamment 
dure  pour  être  coupée  ;  il  n'y  a  plus  qu'à  attendre  que  l'action  du 
chloroforme  se  soit  propagée  jusqu'au  centre  de  la  masse,  ce  qui 
a  lieu  en  quelques  heures  ou  en  quelques  jours,  selon  les  cas.  Si 
l'inclusion  a  été  faite  dans  un  tube,  il  n'y  a  qu'à  verser  sur  le  collo- 
dion une  quantité  suffisante  de  chloroforme  ;  après  durcissement, 
la  masse,  un  peu  rétractée,  se  laisse  facilement  extraire  du  tube. 
Nous  recommandons  particulièrement  ce  procédé,  qui  donne  des 
résultats  bien  meilleurs  que  l'alcool,  pour  les  objets  petits  et  moyens; 
il  est  moins  recommandable  pour  les  objets  très  volumineux,  parce 
que  le  durcissement  trop  énergique  des  couches  extérieures  de  la 
masse  fait  obstacle  à  la  diffusion  nécessaire  pour  que  le  durcissement 
de  l'intérieur  se  produise.  Il  arrive  parfois  que  le  collodion  devient 
opaque  sous  l'action  du  chloroforme  ;  en  ce  cas,  il  n'y  a  qu'à 
attendre,  car  il  s'éclaircit  toujours  par  la  suite,  après  un  temps  plus 
ou  moins  long.  Il  est  très  important  d'employer  du  chloroforme 
absolu,  car  celui  qui  contient  de  l'eau  ne  produit  pas  la  réaction 
voulue.  En  faisant  usage  de  la  méthode  d'inclusion  dans  un  tube, 
il  convient  de  retirer  la  masse  de  l'éprouvette  aussitôt  qu'elle  est 
suffisamment  durcie  pour  permettre  cette  manœuvre,  et  de  la  mettre 
dans  un  récipient  convenable  avec  une  quantité  considérable  de 
chloroforme,  jusqu'à  ce  qu'on  ait  obtenu  la  consistance  voulue  de 
toute  la  masse. 

Cette  méthode  est  incomparablement  plus  rapide  que  celle  de 
l'alcool,  et  d'après  mon  expérience,  elle  donne  une  consistance  pour 
le  moins  aussi  bonne,  souvent  meilleure. 


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COLLODION,    GOMME,    GOMME-COPÂL,    ETC.  225 

Depuis  quelque  temps  je  fais  mes  durcissements  à  la  vapeur  de 
chloroforme.  Pour  cela  il  suffit  de  mettre  la  masse  liquide  (après  en 
avoir  éloigné  les  bulles,  si  elle  en  contient,  par  la  vapeur  d'éther 
comme  nous  Tavons  dit  plus  haut)  dans  un  dessiccateur  sur  le  fond 
duquel  on  a  versé  un  peu  de  chloroforme.  L'action  est  très  rapide, 
et  il  me  semble  que  la  transparence  de  la  masse  se  maintient  mieux 
qu'avec  le  chloroforme  liquide  et  que  la  consistance  défmitive  est 
meilleure.  Nous  reviendrons  sur  ce  sujet,  numéro  297. 

Florman  (Zei7.  f.  wiss.  Mik.,  VI,  2,  1889,  p.  184)  a  conseillé  de  renoncer 
à  tout  durcissement  secondaire  et  d'achever  le  durcissement  en  continuant 
soigneusement  Tévaporation  graduelle  de  la  manière  décrite  au  commence- 
ment de  ce  numéro,  en  ayant  soin  de  dégager  la  masse  de  son  récipient  et 
de  la  retourner  fréquemment.  Je  puis  constater  qu'on  peut  arriver  au  but 
par  ce  moyen,  mais  il  faut  les  plus  grandes  précautions  pour  éviter  un 
ratatinement  nuisible. 

Une  pratique  récente  consiste  à  compléter  le  durcissement  du  collodion 
par  la  congélalion,  A  cet  effet,  on  durcit  d'abord  la  masse  par  l'alcool  selon 
l'une  des  méthodes  que  nous  avons  décrites.  Puis  on  la  met  dégorger 
pendant  quelques  heures  dans  Teau,  pour  enlever  la  majeure  partie  de 
Talcool  (il  n'est  pas  bon  d'enlever  l'alcool  entièrement,  car  en  ce  cas  la 
masse  peut  facilement  acquérir  par  la  congélation  une  dureté  excessive). 
On  trempe  finalement  la  masse  pendant  un  moment  dans  une  solution  de 
gomme  qui  sert  à  la  faire  adhérer  à  la  platine  du  microtome,  et  l'on  fait 
geler.  A  mesure  qu'elles  sont  faites,  on  met  les  coupes  dans  de  l'eau  chaude. 
Si  la  masse  est  devenue  d'une  dureté  trop  grande  pour  fournir  de  bonnes 
coupes,  on  y  remédie  en  chauffant  le  couteau  dans  de  l'eau  chaude. 

293.  Conservation  des  blocs.  —  Si  l'on  ne  désire  pas  passer  immé- 
dfalement  à  la  mise  en  coupes,  on  peut  conserver  indéfiniment  les  blocs  de 
collodion  durci  dans  de  l'alcool  faible  (70  p.  100).  Ou  bien,  en  les  plongeant 
daas  de  la  paraffine  fondue  (Apatuy,  ZeU.  f.  wiss.  MiLy  V,  1,  1888, 
p.  45). 

Des  numéros  d'ordre  peuvent  être  écrits  avec  un  crayon  tendre  sur  le  fond 
des  boîtes  de  papier  servant  à  l'inclusion,  ou  avec  un  crayon  gras  sur  le  fond 
des  verres  de  montre.  Après  dégagement  de  la  masse  durcie,  on  trouvera 
l'écriture  imprimée  sur  le  collodion  (Apathy,  ibid,). 

294.  Mise  en  coupes.  —  Le  collodion  formant  une  masse  très 
transparente,  il  est  quelquefois  difficile  d'apercevoir  les  contours  des 
coupes  à  mesure  qu'on  les  fait,  ce  qui  nous  prive  d'un  secours  utile 
pour  Torientution  de  coupes  de  petits  objets  sur  le  porte-objet.  Il  est 
donc  souvent  bon  d'employer  pour  l'inclusion  du  collodion  teint  (par 
exemple,  par  l'acide  picrique  dissous  dans  Talcool)  assez  pour  que  les 
contours  des  coupes  puissent  être  aperçus. 

Si  les  objets  ont  été  enrobés  sur  du  liège  ou  sur  de  la  moelle  de 

ANAT.   UICROSC.  15 


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226 


CHAPITRE   XVI 


sureau,  il  n'y  a  plus  qu'à  adapter  le  tout  à  Tétau  du  microtome.  Si 
Ton  a  employé  des  boîtes  de  papier  ou  des  godets  de  porcelaine,  il 
faut  prendre  un  morceau  de  liège  ou  de  moelle  de  sureau,  ou,  ce  qui 
vaut  souvent  mieux,  de  bois  tendre,  et  le  couvrir  d'une  couche  de 
collodion  qu'on  laisse  sécher.  On  retire  la  masse  contenant  l'objet, 
on  la  taille  de  manière  à  obtenir  une  surface  lisse  en  dessous,  on 
mouille  cette  surface  avec  une  goutte  d'alcool  absolu,  puis  avec  une 
goutte  d'éther,  et  on  l'applique  fermement  sur  le  morceau  de  bois 
tendre  ou  de  moelle  de  sureau,  sur  lequel  on  a  préalablement  déposé 
au  moment  même  une  nouvelle  goutte  de  collodion  très  épais.  On 
met  le  tout  pendant  quelques  heures  dans  l'alcool  faible  pour  achever 
la  réunion  des  pièces;  ou  bien  dans  le  chloroforme,  qui  consolidera  le 
joint  beaucoup  plus  vite,  quelquefois  en  peu  de  minutes. 

M.  LiNDSAY  Johnson  m'écrit  qu'il  trouve  très  commode  d'employer 
pour  cette  opération  un  mastic  fait  d'environ  une  partie  de  cire  avec 
deux  parties  de  colophane.  Il  faut  bien  sécher  le  fond  du  bloc  de  col- 
lodion, chauder  légèrement  le  porte-objet  du  microtome,  si  possible, 
au-dessus  d'une  flamme,  laisser  tomber  dessus  quelques  gouttes  du 
mastic  fondu,  et  appliquer  le  bloc  de  collodion.  L'union  est  parfaite 
en  quelques  secondes. 

Il  est  un  avertissement  que  nous  croyons  devoir  donner.  S'il  s'agit 
d'objets  volumineux  et  résistants,  il  faut  bien  se  garder  de  les  fixer 
sur  un  morceau  de  liège  et  de  mettre  celui-ci  entre  les  mors  d'une 
pince  de  microtome.  Car  ce  liège  n'est  pas  un  corps  rigide  :  lorsqu'on 
serre  la  pince,  il  se  déforme,  et  la  masse  élastique  de  collodion  qu'il 
porte  se  déforme  avec  lui.  Nous  avons  vu  des  embryons  se  courber 
sous  l'influence  de  la  pince  à  tel  point  que  les  coupes  obtenues  étaient 
de  véritables  calottes.  Si  donc  on  se  sert  d'un  microtome  dont  le 
porte-objet  est  muni  d'une  pince,  nous  recommandons  de  coller  les 
objets  sur  un  morceau  de  bois  tendre.  Le  nouveau  porte-objet  à 
cylindre  mobile,  du  microtome  Thoma,  n'a  pas  l'inconvénient  dont 
nous  parlons,  et  permet  d'employer  le  liège. 

Jelinek  (Zext.  f,  wiss.  MiL,  XI,  2,  1894,  p.  237)  conseille  de  monter  les 
objets  sur  du  <  stabilité  >,  qui  est  un  matériel  de  caoutchouc  employé 
comme  isolant  électrique.  On  en  trouve  des  blocs  convenables  chez  Hermann 
DuMLER,  25,  Mariahilferstrasse^  Vienne  (VI,  1). 

Les  coupes  se  font  avec  le  rasoir  oblique^  largement  mouillé  d'al- 
cool (de  70  à  85^).  Il  est  avantageux  d'employer  une  disposition  per- 
mettant de  faire  tomber  automatiquement  de  l'alcool  goutte  à  goutte 
sur  la  lame  pendant  toute  la  durée  de  l'opération  des  coupes.  Il  est 


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i-^M 


COLLODION,    GOMME,    GOMME-GOPAL,    ETC. 


227 


quelquefois  nécessaire  de  couper  entièrement  sous  Talcool,  ce  qui 
n'est  guère  praticable  sans  le  secours  d'un  microtome  ad  hoc,  tel  que 
celui  de  Gudden  ou  celui  de  Malassez. 

295.  Traitement  des  coupes.  —  Les  coupes  doivent  être  trans- 
portées dans  l'alcool  (de  70  à  85  p.  100),  à  mesure  qu'elles  sont 
faites.  On  peut  ensuite  les  traiter  par  les  réactifs  colorants  ou  autres, 
ou  les  monter  dans  la  glycérine,  sans  qu'il  soit  nécessaire  d'enlever 
la  masse. 

Certaines  couleurs  d'aniline  cependant  colorent  fortement  le  collo- 
dion.  Si  on  les  emploie,  il  faut  prendre  le  parti  d'enlever  la  masse 
ensuite. 

Pour  monter  dans  le  baume,  il  faut  quelques  précautions,  si  l'on  ne 
veut  pas  voir  se  dissoudre  la  masse,  qui  remplit  la  fonction  très  utile 
de  maintenir  en  place  les  parties  détachées  des  préparations.  Il  faut 
déshydrater  avec  un  alcool  d'un  titre  qui  ne  doit  jamais  être  supérieur 
à95^  NiKTFOROw  (Zei7.  f,  wiss  Mik,,  VIII,  2, 1891,  p.  189)  déshydrate 
dans  un  mélange  à  parties  égales  d'alcool  et  de  chloroforme. 

Pour  éclaircir  ensuite  les  coupes,  on  a  recommandé  l'essence  de 
bergamote,  l'essence  de  bois  de  santal  ou  l'essence  d'origan.  On 
recommande  surtout  d'éviter  Tessence  de  girofle,  qui  ordinairement 
dissout  le  colludion  très  rapidement.  11  y  a  cependant  des  échantillons 
d'essence  de  girofle  qui  le  dissolvent  très  lentement  et  peuvent  être 
employés.  L'essence  d'origan  donne,  selonl'échantillon  qu'on  emploie, 
des  résultats  très  divers  :  tantôt  elle  n'éclaircit  pas  le  collodion,  et 
tantôt  elle  le  dissout.  On  recommande  de  prendre  ÏOleum  origani 
Creticij  et  non  VOL  orig.  Gallici,  mais  voyez  pour  cette  essence  au 
chapitre  des  Agents  éclair cissants. 

Avec  l'essence  de  bergamote  on  réussit  ;  [mais  on  lui  reproche  de 
ratatiner  les  coupes.  Minot  recommande  le  chloroforme.  L'essence  de 
bois  de  cèdre  a  l'inconvénient  d'agir  très  lentement,  mais  elle  donne 
en  déflnitive  les  meilleurs  résultats  pour  celui  qui  a  la  patience  de  les 
attendre. 

DuNUÂM  (d'après  Minot,  Zeit.  f.  toiss.  Mik.y  1886,  p.  175)  recom- 
mande particulièrement  un  mélange  de  3  parties  d'essence  blanche 
de  thym  {white  oil  of  thyme)  avec  1  partie  d'essence  de  girofle.  Ce 
mélange  éclaircit  rapidement,  et  ramollit  la  masse  juste  assez  pour 
empêcher  le  ratatinement  qui  se  produit  par  l'emploi  de  l'essence  de 
thym  seule.  Minot  trouve  que  ce  mélange  donne  de  meilleurs  résul- 
tats que  tout  autre  éclaircissant,  sans  excepter  le  chloroforme. 

FiSH  {Amer.  Mie.  Soc,  Proceedings,  16  th  Ann.  Meeting,  1893) 


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228 


CHAPITRE    XVI 


recommande  un  mélange  d'essence  rouge  de  thym,  1  partie,  avec  3 
parties  d'huile  de  ricin  (celte  dernière  est  ajoutée  en  vue  de  la  nature 
volatile  de  l'essence  rouge  de  thym).  Fisii  explique  que  l'essence  rouge 
est  le  produit  de  la  première  distillation  de  l'essence  brute,  l'essence 
blanche  étant  le  produit  d'une  deuxième  distillation.  L'essence  rouge 
a  une  réaction  neutre  et  se  dissout  facilement  dans  l'alcool.  D'après 
une  communication  récente  (écrite,  dont  j'ai  à  remercier  M.  Fisu),  on 
peut  avec  avantage  substituer  l'essence  blanche  à  l'essence  rouge  du 
mélange  ;  cela  facilite  les  orientations.  On  a  recommandé  l'acide  pho- 
nique ;  mais  c'est  là  un  réactif  qui  n'est  pas  du  tout  bon  pour  certains 
tissus. 

Weigert  {Zeit,  f.  wiss.  Mik.^  IH,  4,  1886,  p.  480)  a  conseillé  un 
mélange  de  3  parties  de  xylol  avec  i  partie  d'acide  phénique  anhydre. 
Ce  mélange  ne  doit  pas  être  employé  après  des  colorations  aux  ani- 
lines basiques,  car  elle  les  décolore.  Pour  celles-ci,  prendre  1  partie 
d'huile  d'aniline  à  la  place  de  l'acide  phénique  dans  le  mélange. 

L'aniline  seule  éclaircil  bien,  mais  elle  brunit  les  préparations  si  Ton  n'a 
pas  soin  de  Téloigner  parfaitement.  On  y  arrive  en  mettant  les  préparations 
pendant  vingt-quatre  heures  dans  le  chlorororme  (van  Gieson,  Journ,  Roy. 
Mie.  Soc.^  1887,  p.  519,  revue  de  tous  ces  éclaircissants). 

La  créosote  a  été  recommandée  par  Max  Flescii. 

Eyclesiietmer  (ibid.,  189:2,  p.  563)  emploie  un  mélange  de  parties 
égales  d'essence  de  bergamote,  essence  de  cèdre  et  acide  phénique. 

296.  Revue.  —  Dans  les  paragraplies  précédents,  nous  avons 
exposé  la  marche  de  la  méthode  du  collodion  telle  qu'elle  se  prati- 
quait habituellement  jusqu'à  il  y  a  deux  ou  trois  ans.  C'est  une 
méthode  minutieuse,  longue  et  compliquée.  Après  une  opération 
longue  et  délicate  de  pénétration  par  le  collodion,  elle  exige  une 
opération  longue  et  encore  plus  délicate  de  durcissement  par  évnpo- 
ration  suivi  d'un  autre  durcissement  par  l'alcool.  Puis  il  faut  se  sou- 
mettre à  l'obligation  de  tenir  les  pièces  constamment  mouillées 
d'alcool  pendant  l'opération  des  coupes.  Et  même  la  manipulation 
subséquente  des  coupes  exige  quelques  précautions  spéciales.  Plu- 
sieurs de  ces  inconvénients  sont  écartés  par  la  pratique  récente 
à' éclaircissement  avant  coupes,  méthode  qui  me  paraît  certainement 
destinée,  du  moins  pour  bien  des  objets,  à  remplacer  l'ancienne.  Ellr 
donne  des  masses  aussi  transparentes  que  le  verre,  ce  qui  facilite  plus 
qu'aucune  autre  méthode  d'inclusion  l'orientation  de  l'objet  dans  lo 
microtome.  Elle  donne  une  meilleure  consistance  à  la  masse  et  per- 


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COLLODION,    GOMME,    GOMME-COPAL,    ETC.  229 

met  ainsi  de  réaliser  des  coupes  beaucoup  plus  fines.  Elle  abolit  Tobli- 
gation  de  tenir  Tobjet  mouillé  d'alcool  pendant  les  coupes.  Elle 
permet  de  conduire  beaucoup  plus  rapidement  toutes  les  opérations  à 
partir  de  Tinclusion  définitive. 

297.  Procédé  par  éclaircissement  avant  les  coupes.  —  Ce 

procédé  est  dû  à  Bumpus  (Amer.  NaturaL,  XXVI,  1892,  p.  80  ;  Joum, 
Roy,  Mie.  Soc. y  1892,  p.  438).  On  fait  l'inclusion  comme  d'habitude, 
et  l'on  durcit  la  masse  dans  du  chloroforme.  Après  durcissement,  on 
la  met  dans  de  l'essence  blanche  de  thym,  jusqu'à  ce  qu'elle  soit 
parfaitement  éclaircie.  On  la  colle  avec  du  collodion  sur  un  morceau 
de  bois  adapté  au  porte-objet  du  microtome,  et  Ton  durcit  le  joint 
dans  du  chloroforme.  On  coupe  avec  un  couteau  inondé  d'essence  de 
thym. 

Eycleshëimer  (op.  ct7.,  p.3S4,  ou  /ou772.,  p.  563)  recommande  éga- 
lement ce  procédé,  le  bloc  de  collodion  étant  éclairci  au  moyen 
d'acide  phénique,  ou  de  glycérine,  ou  du  mélange  cité  numéro  293. 

FisH(toc.  c^^,  n*  29S)  recommande  également  ce  procédé.  Iléclair- 
citdans  le  mélange  que  nous  avons  cité,  numéro  293. 

Voici  comment  je  procède  moi-même  depuis  quelque  temps,  m'ins- 
pirant  de  la  méthode  de  Gilson,  numéro  suivant.  L'inclusion  se  fait 
de  la  manière  usuelle,  et  la  masse  est  durcie  pendant  une  heure  ou 
plusieurs  dans  la  vapeur  de  chlorofoi^me  (il  n'y  a  qu'à  poser  le  réci- 
pient contenant  la  masse  dans  un  dessiccateur  ou  dans  une  Siehdose 
de  Suchannek  sur  le  fond  de  laquelle  on  a  versé  un  peu  de  chloro- 
forme). Une  heure  suffira  bien  pour  de  petits  objets,  mais  on  peut 
laisser  le  tout  indéfiniment  dans  la  vapeur  de  chloroforme.  Il  est  bon 
de  sortir  la  masse  de  son  récipient  aussitôt  qu'elle  est  devenue  suffi- 
samment re'sistante  pour  permettre  cette  opération,  pour  qu'elle  soit 
exposée  à  l'action  des  vapeurs  sur  toute  sa  surface.  (En  tout  cas,  il  me 
semble  que  le  durcissement  préliminaire  à  la  vapeur  garantit  une  con- 
sistance meilleure  que  celle  qu'on  obtient  en  passant  directement  au 
mélange  durcissant  et  éclaircissant.)  Après  durcissement,  j'éclaircis 
dans  le  mélange  de  Gilson  (numéro  suivant),  soit  en  général  1  partie 
de  chloroforme  pour  2  parties  d'essence  de  cèdre.  De  temps  à  autre, 
j'ajoute  un  peu  d'essence  de  cèdre,  et  je  continue  ainsi  jusqu'à  ce  que 
le  mélange  ne  contienne  que  relativement  très  peu  de  chloroforme; 
ou  bien,  aussitôt  l'objet  pénétré,  on  laisse  le  flacon  débouché  et  le 
chloroforme  se  volatilise.  Il  n'est  pas  bon  de  prendre  d'emblée  de  l'es- 
sence de  cèdre  pure,  parce  que  dans  ce  cas  l'éclaircissement  est  très 
lent,  tandis  que  dans  le  mélange,  il  est  rapide.  Après  éclaircissement, 


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230  CHAPITRE   XVI 

on  peut  couper  tout  de  suite,  ou  Ton  peut  conserver  les  blocs  indéG- 
niment  à  sec  dans  un  récipient  clos.  Il  est  souvent  bon  de  les  laisser 
évaporer  pendant  quelques  heures  avant  de  faire  les  coupes.  Je  fais 
les  coupes  à  sec.  La  masse  n'évaporant  qu'excessivement  lentement, 
il  n'y  a  aucune  nécessité  à  la  couvrir  d'essence  pendant  l'opération 
des  coupes.  J'ai  eu  des  blocs  qui  sont  restés  pendant  des  semaines 
sur  le  microtome  sans  inconvénient.  Celle-ci  est  la  méthode  que  je 
!  recommande  personnellement.  Elle  a  les  avantages  que  nous  avons 

exposés  au  numéro  précédent. 

i 

I  298.  Méthode  rapide  de  Gilson.  —  M.  le  professeur  Gilson  a 

I  bien  voulu  me  communiquer  le  procédé  suivant  :  déshydrater,  impré- 

!  gner  d'éther,  plonger  dans  du  collodion  ou  de  la  celloïdine  diluée, 

I  dans  un  tube  à  réaction  ;  faire  bouillir  en  plongeant  le  tube  dans  un 

!  bain  de  paraffine  fondue,  jusqu'à  ce  que  le  liquide  prenne  la  consis- 

;  tance  sirupeuse  (cette  ébullition  se  faisant  à  une  température  très 

i  basse  n'altère  pas  les  tissus)  ;  monter  la  pièce  dans  ce  même  collodion 

[  épaissi  sur  un  bloc  ;  durcir  dans  le  chloroforme  (environ  une  heure)  ; 

^  éclaircir  dans  l'huile  de  cèdre  (ou  bien  durcir  directement  dans  un 

!  mélange  de  chloroforme  et  huile  de  cèdre)  ;  mettre  au  microtome  et 

!  couper  en  couvrant  chaque  fois  la  pièce  d'une  goutte  d'huile  de  cèdre 

i  pour  faire  flotter  la  coupe. 

Il  est  évident  que  ce  procédé  a  le  grand  avantage  d'abréger  énor- 
mément le  temps  nécessaire  pour  l'imbibilion  des  pièces  par  le  collo- 
dion. 

299.  Inolusion  double  dans  le  collodion  et  la  paraffine.  — 

Cette  manœuvre  est  parfois  utile  pour  TiDclusion  d'objets  dont  on  désire 
avoir  des  coupes  très  fines  et  qui  sont  trop  fragiles  pour  donner  de  bons 
résultais  par  Tinclusion  à  la  paraffine  seule. 

Procédé  de  Kultschizky  (Ztit,  f.  wiss.  Mik,,  IV,  1,  1887,  p.  48).  Imbiber 
de  celloïdine  (vingt-quatre  heures).  Puis,  sans  autre,  mettre  la  pièce  dans 
Tessence  d'origan.  Ensuite  dans  un  mélange  de  paraffine  et  essence  d'ori- 
gan, chauffe  à  pas  plus  de  W*  G.  Puis  mettre  dans  de  la  paraffine  pure. 
Ryder  (Joum,  Boy.  Mik.  Soc,  1888,  p.  512)  recommande  ce  procédé^ 
[  mais  en  substituant  le  chloroforme  à  l'essence  d'origan. 

Ces  procédés  ont  le  défaut  de  ne  pas  assurer  une  pénétration  complète  de 
l'objet  par  la  paraffine,  et  en  conséquence  ils  ne  réussissent  pas  toujours. 
;  FiELD  et  Martin  (Bull.  Soc.  Zool.  de  France,  1894,  t.  XIX,  p.  48)  ont  imaginé 

,  d'obvier  à  cet  inconvénient  en  faisant  des  inclusions  simultanées  dans  la 

celloïdine  et  la  paraffine.  On  prépare  l'objet  en  l'imprégnant  d'un  mélange 
à  parties  égales  d'alcool  absolu  et  toluène.  On  fait  une  solution  (de  la  con- 
sistance d'essence  de  girofle)  de  celloïdine  sèche  dans  le  même  mélange 
d'alcool  et  toluène.   On  sature  cette  solution  de  paraffine,  ajoutée  en 


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COLLODION,    GOMME,    GOMME-GOPÂL,    ETC.  231 

copeaux  à  une  température  qui  ne  doit  pas  dépasser  20  à  23^  G.  On 
pénètre  Tobjet  de  cette  solution  (la  pénétration  est  plus  rapide  que  dans  la 
celloïdine  usuelle).  On  durcit  la  masse  en  la  jetant  dans  une  solution 
saturée  de  paraffine  dans  du  chloroforme,  et  finalement  on  fait  Tinclusion 
dans  de  la  paraffine  pure  de  la  manière  ordinaire.  Ou  bien,  on  durcit  dans 
une  solution  de  paraffine  dans  du  toluène,  et  Ton  procède  comme  précé- 
demment. Les  coupes  se  font  comme  pour  la  paraffine  seule. 


AUTRES  MASSES  LIQUIDES  A  FROID   ET  SOLIDIFIABLES  PAR  ÉVAPORATIOiN 

300.  L'inclusion  à  la  gomme  offre  quelques  avantages  qui  sont, 
dans  certains  cas,  d'une  grande  importance.  Les  objets  sont  enrobés 
dans  une  masse  transparente  ;  ils  ne  sont,  en  aucune  façon,  privés 
de  leur  eau  naturelle  ;  et  ils  ne  sont  pas  soumis  à  l'action  de  la  cha- 
leur. Pour  les  travaux  ordinaires,  les  masses  à  la  gomme  ne  sau- 
raient certes  pas  entrer  en  concurrence  avec  la  paraffine  et  le  collo- 
dion  ;  mais,  pour  des  tissus  très  délicats  et  en  même  temps  très 
riches  en  eau,  comme  le  sont  ceux  des  Cœlentérés,  elles  peuvent 
rendre  de  grands  services. 

301.  Gomme  simple  (Stricker,  Ifandb.  d.  Gewebelehre,  p.  XXIV). 
—  On  fait  infdtrer  les  objets  avec  une  solution  concentrée  de  gomme  ara- 
bique ;  puis  on  fait  Tinclusion,  dans  une  boite  de  papier,  et  Ton  met  le 
tout,  pour  durcir  la  masse,  pendant  quelques  jours  dans  TalcooL  J'ai  vu 
faire  de  cette  manière  des  masses  excellentes. 

302.  Gomme  glycérique  (Jouet,  Arch.  de  Zool.  exp.  et  gén., 
t.  X,188i,  p.  XLIII  du  n**  3).  — On  fait  une  solution  de  gomme  ara- 
bique pure,  ayant  la  consistance  d'un  sirop  épais.  Ou  bien,  on  se  sert 
des  solutions  de  gomme  qu'on  trouve  dans  le  commerce  sous  le  nom 
de  <  colle  forte  blanche  liquide  >.  Ces  solutions  ont  l'avantage  d'avoir 
une  consistance  uniforme  ^  On  verse  un  peu  de  la  solution  dans  un 
verre  de  montre,  de  manière  à  ne  pas  l'emplir  tout  à  fait.  Puis  on 
ajoutte  6  à  10  gouttes  de  glycérine  pure,  qu'on  mélange  aussi  par- 
faitement que  possible  à  la  gomme.  On  met  les  objets  dans  la  masse, 
et  on  laisse  sécher  le  tout  pendant  un  à  quatre  jours.  Au  bout  de  ce 
temps,  la  gomme  doit  avoir  pris  la  consistance  du  cartilage  ;  cela 
arrive  plus  ou  moins  rapidement,  selon  l'état  hygrométrique  de  l'air* 
Ordinairement,  la  gomme  est  liquide  tout  le  premier  jour,  pâteuse 
le  second,  cartilagineuse  le  troisième.  On  découpe  alors  dans  la 
masse  une  lame  contenant  l'objet,  on  la  retourne  et  on  la  laisse 

1  Nous  sommes  à  peu  près  sûr  que  ces  solutions  contiennent  de  la  gélatine. 


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232  CHAPITRE   XVI 

sécher  jusqu'à  ce  qu'on  la  trouve  bonne  à  être  coupée.  Avec  une  élu ve 
ou  avec  le  secours  du  soleil  on  peut  arriver  à  dessécher  les  pièces 
très  rapidement,  mais  il  vaut  certainement  mieux  employer  un  des- 
sèchement très  lent.  Joliet  a  toujours  trouvé  que  c'était  après  avoir 
attendu  à  peu  près  huit  jours  qu'il  obtenait  les  meilleures  coupes. 

Les  proportions  de  glycérine  et  de  gomme  doivent  varier,  dans 
les  limites  que  nous  avons  indiquées,  avec  la  saison  et  la  nature  des 
objets.  On  mettra  un  peu  moins  de  glycérine  en  hiver  ou  par  un 
temps  pluvieux,  qu'en  été  ou  par  un  temps  sec.  On  peut  imbiber  les 
objets  dans  la  glycérine  avant  de  les  porter  dans  la  masse  ;  mais 
alors  il  faut  tenir  compte  de  la  quantité  de  glycérine  que  chaque 
objet  porte  avec  lui,  et  en  mêler  d'autant  moins  à  la  gomme  direc- 
tement. 

Pour  monter  les  coupes,  Joliet  recommande  de  les  déposer  sur  le 
porte-objet  au  milieu  d'une  goulte  d'eau  ;  on  couvre  et  on  ajoute  au 
bord  de  la  lamelle  une  goutte  de  glycérine  ;  celle-ci  ne  tarde  pas  à 
pénétrer,  à  se  substituer  à  l'eau  qui  s'évapore  et  à  se  mêler  à  la 
gomme  fondue  avec  laquelle  elle  forme  un  excellent  liquide  conser- 
vateur. 

303.  Dextrine  (Robertson,  Journ.ofAnat.,  XXIV,  1890,  p.  230). 
—  On  mêle  ensemble  8  parties  de  glucose,  10  de  dextrine  et  1  d'acide 
borique.  On  ajoute  de  l'eau  en  raison  de  3  parties  d'eau  pour  2  du 
mélange  et  l'on  fait  dissoudre  en  chauffant  à  ébuUition.  Emploi 
comme  pour  la  masse  de  Joliet,  cidessus. 

804.  Gromme-laque  (Hyatt,  Amei\  Mon.  Micr.  Joum.,  I,  1880,  p.  8; 
Joum.  Roy.  Mie.  Soc,  1880,  p.  520).  —  Les  objets  doivent  être  pénélrés 
d'abord  par  ralcool,  puis  par  une  solutioQ  de  gomme-laque  dans  ralcool. 
Prendre  un  cylindre  de  bois  tendre,  le  fendre  en  long,  pratiquer  dans  les 
moitiés  une  cavité  de  la  grandeur  voulue  pour  recevoir  Tobjet,  Ty  placer 
avec  une  grande  quantité  de  solution  épaisse  de  gomme  laque,  remettre  les 
moitiés  du  cylindre  en  place  et  les  ficeler.  Après  un  jour  ou  deux,  la  gomme- 
laque  s'est  durcie.  Pour  faire  les  coupes,  on  trempe  le  cylindre  dans  de 
l'eau  chaude  et  Ton  fait  des  coupes  à  travers  le  tout.  Si,  à  Texamen  des 
coupes,  on  trouve  la  gomme-opaque,  il  est  facile  de  l'éclaircir  par  Tadditlon 
d'une  goutte  de  solution  de  borax. 

Cette  méthode  a  été  imaginée  pour  permettre  de  faire  des  coupes  à  tra- 
vers des  organes  ehitineux  très  durs, 

305.  Gomme-copal  (v.  Kocn,  ZooL  Anzeig.,  1878,  p.  36).  — Tri- 
turer des  fragments  de  gomme-copal  dans  un  mortier  avec  du  sable, 
verser  du  chloroforme  dessus  en  quantité  suffisante  pour  obtenir 
une  solution  peu  épaisse,  et   filtrer.   Les   objets,   déshydratés   par 


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COLLODION,    GOMME,    GOMME-COPAL,    ETC.  233 

Talcool,  sont  mis  dans  une  capsule  avec  la  solution  de  copal,  qu'on 
évapore  lentement  en  plaçant  la  capsule  sur  une  tuile  chauffée  par 
une  veilleuse.  Aussitôt  que  la  solution  se  laisse  étirer  en  fils  qui 
sont  cassants  après  refroidissement,  on  enlève  les  objets  de  la  cap- 
sule et  on  les  met  sécher  pendant  quelques  jours  sur  la  tuile.  Lors- 
qu'ils ont  acquis  une  dureté  telle  qu'ils  ne  se  laissent  plus  marquer 
par  Tongle,  on  peut  faire  les  coupes. 

Pour  les  objets  pour  lesquels  cette  méthode  fut  imaginée  —  les 
Coraux  — les  coupes  se  font  par  la  méthode  d'usure.  On  fait  d*abord 
des  tranches  aussi  minces  que  possible,  à  l'aide  d'une  scie  fine.  On 
les  use  d'un  côté  sur  une  pierre  à  aiguiser  de  manière  à  obtenir  une 
surface  lisse,  et  on  les  cimente,  la  surface  lissée  en  bas,  sur  un  . 
porte-objet,  à  l'aide  d'une  solution  de  copal  ou  de  baume  de 
Canada.  On  laisse  sécher  le  porte-objet  pendant  quelques  jours  sur 
la  tuile  chauffée.  Lorsque  le  mastic  est  devenu  parfaitement  dur, 
on  use  la  surface  exposée  des  coupes,  d'abord  sur  une  meule,  puis 
sur  une  pierre  une  à  aiguiser,  jusqu'à  ce  qu'elles  soient  suffisamment 
minces  et  polies  ;  on  lave  à  l'eau  et  l'on  monte  au  baume  de  Canada. 

Cette  méthode  est  extrêmement  importante  pour  fétude  d'objets 
contenant  des  parties  très  dures  et  des  parties  molles  dont  on  désire 
connaître  les  rapports.  Imaginée  pour  l'étude  des  Coraux,  on  peut 
la  mettre  aussi  à  profit  pour  l'élude  du  tissu  osseux,  des  dents,  des 
coquilles  calcaires,  etc.  Elle  n'est  nullement  difficile  à  pratiquer. 

306.  Colophane  et  cire  (Ehrenbaum,  ZeiL  f,  wiss.  Mik.,  1884, 
p.  414).  —  EiiRËNBAUM  recommande  de  faire  pénétrer  les  objets  par 
une  masse  consistant  en  10  parties  de  colophane  et  1  partie  de  cire. 
L'addition  de  la  cire  a  pour  but  de  rendre  la  masse  moins  cassante. 
On  traite  les  coupes  par  les  méthodes  d'usure  connues  (n^  308). 
Lorsqu'elles  sont  achevées,  on  les  traite  d'abord  par  l'essence  de  téré- 
benthine, puis  par  le  chloroforme,  pour  faire  disparaître  les  dernières 
traces  de  la  masse. 

307.  Baume  de  Canada  (Weil,  Zeit.  f,  wiss,  Mik.,  V,  2,  1888, 
p.  200).  —  Baume  sec,  dissous  dans  du  chloroforme,  pour  plus  de 
détails  voyez  loc.  cit.  ou  Journ.  Roy,  Mie.  Soc.,  1888,  p.  1042. 

METHODES  DE  CONGELATION  ET  AUTRES 

308.  Gomme  simple.  —  Ou  peut  soumettre  les  tissus  frais  à  la  congé- 
lation sans  les  avoir  fait  pénétrer  par  aucune  masse  d'inclusion.  Mais  cette 
pratique  est  défectueuse  parce  qu'elle  donne  lieu  à  la  formation  de  cris- 


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234  CHAPITRE   XVI 

taux  de  glace  qui  déchirent  les  tissus.  Il  faut  donc  chercher  à  pénétrer  les 
tissus  avec  une  masse  qui  ne  cristallise  pas  en  se  gelant. 

On  emploie  très  communément  à  cet  effet  la  gomme  arabique.  Après 
imbibition,  on  en  entoure  Tobjet  placé  sur  la  platine  ou  dans  le  cylindre  du 
microtome. 

309.  Sirop  de  gomme  (Hamilton,  Joum.  of  Anat.  and  PhysioL, 
1878,  p.  254).  —  Il  parait  que  la  présence  du  sucre  dans  Teau  a  pour  effet 
de  produire  à  la  congélation  une  glace  présentant,  au  lieu  d*aiguilles,  des 
granules  qui  ne  nuisent  pas  aux  tissus.  Hamilton  fait  donc  pénétrer  ses 
objets  par  un  sirop  obtenu  en  faisant  dissoudre  deux  parties  de  sucre  blanc 
dans  une  partie  d*eau.  Il  importe  que  le  sirop  ait  cette  concentration-là. 
Puis  il  les  fait  pénétrer  par  une  solution  de  gomme,  dans  laquelle  ils  sont 
gelés. 

310.  Gomme  et  sirop  [Gole,  Methods  of  Mie,  Research,  p.  xxxix). 

Mucilage  de  gomme  arabique  P.  B 5  parties. 

Sirop  officinal  P.  B 3      — 

Mêlez,  et  ajoutez  au  mélange  1  p.  100  d'acide  phénique  pur. 

Pour  le  cerveau,  la  moelle,  la  réline,  enfin  tous  les  organes  fragiles,  il 
faut  prendre  4  parties  de  sirop  pour  5  de  mucilage. 

Le  mucilage  de  gomme  arabique  P.  B.  se  compose  de  4  parties  de  gomme 
arabique  dissoutes  dans  6  parties  d'eau  distillée,  la  solution  étant  passée 
à  travers  de  la  mousseline  fine. 

Le  sirop  se  fait  en  dissolvant  1  partie  de  sucre  blanc  dans  1  partie  d*eau, 
et  en  faisant  bouillir. 

Après  pénétration,  les  objets  sont  essuyés  et  entourés  de  solution  de 
gomme  pure,  dans  laquelle  lis  sont  gelés.  Cette  pratique  a  pour  but  d'em- 
pêcher les  coupes  de  s'enrouler. 

811.  Dextrine  (Webb,  Joum.  Roy  Mie.  Soc.,  1890,  p.  113).  Solution 
épaisse  de  dextrine  dans  de  la  solution  d'acide  phénique  dans  Feau  à 
2,5  p.  100. 

312.  Gélatine  glycérique  (Sollas,  Quart.  Journ,  Mie.  Se,  1884, 
p.  163).  —  Sollas  emploie  une  gelée  à  la  glycérine  ordinaire  (voyez  ci-dessus, 
n«>»  28 i  à  284)  ;  elle  doit  former  au  refroidissement  une  masse  un  peu 
ferme. 

Les  coupes  obtenues  après  congélation  sont  mises  rapidement  sur  un 
porte-objet  :  elles  y  adhèrent.  Aussitôt  qu'on  a  déposé  sur  la  lame  le  nombre 
voulu  de  coupes,  on  les  couvre  d'une  goutte  de  glycérine  ;  on  ajoute  un 
couvre-objets,  on  le  lute,  et  la  préparation  est  achevée.  Avec  le  temps,  la 
glycérine  pénètre  la  gélatine  des  coupes  ;  il  est  facile  d'en  activer  la  pénétra- 
tion en  mettant  la  préparation  dans  une  étuve  chauffée  de  20®  à  30®  C. 

313.  Gomme  et  gélatine  (Jacobs,  Amer.  NaL,  1885,  p.  734;  Joum. 
Roy. Mie.  Soc. y  1885,  p.  900).  —  Gomme  arabique,  5  parties;  gomme  adra- 
gante  1  partie  ;  gélatine,  1  partie.  Faire  dissoudre  dans  l'eau  chaude  q.  s. 


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COLLODION,    GOMME,    GOMME-COPAL,    ETC.  235 

pour  donner  une  gelée  peu  épaisse  après  refroidissement.  On  ajoute  à  Teau 
employée  pour  faire  la  dissolution  un  sixième  de  glycérine. 

314.  Huile  d'anis  (Kûqne,  Centralblati  f,  BacL,  XII,  1892,  p.  28  ; 
Joum.  Roy.  Mie,  Soc.,  1892,  p.  706).—  Pénétrer  par  Thuile  d'anis,  geler  sur 
le  microtome,  couper,  enlever  Thuile  par  de  Talcool,  ou  bien  (Moore), 
monter  directement  dans  le  baume.  Cette  méthode  sera  souvent  commode 
à  cause  de  la  facilité  de  congélation  ;  Thuile  d*anis  se  solidifie  à  lO^'  G. 

316.  Blanc d*œiif(R0LLBTT,  Denkschr.  math,  naturw.  KL  k.  Acad.  Wiss. 
Wien,  1885  ;  ZeU.  f.  wiss.  Mik.,  1886,  p.  92).  —  Rollett  met  de  petits  morceaux 
de  tissus  frais  dans  du  blanc  d'œuf  pris  sur  un  œuf  fraîchement  pondu, 
les  porte  dans  ce  blanc  d'œuf  sur  la  platine  d*un  microtome  à  congélation 
et  les  y  enrobe  dans  une  nouvelle  quantité  de  blanc  d*œuf.  On  fait  geler  et 
on  coupe.  Il  faut  se  servir  d'un  rasoir  bien  refroidi.  On  porte  les  coupes 
sur  un  porte-objet,  et  on  les  examine  soit  dans  le  blanc  d'œuf,  soit  dans  la 
glycérine  diluée. 

316.  Inclasion  au  blanc  d'œnf  suivi  parla  coagulation  par  la 
chaleur.  —  Entièrement  démodée,  mais  voyez  au  besoin  Zeii.  f.  wiss.  Mik., 
1884,  p.  223  (RUNGE)  ;  Morph.  Jahrb.,  Bd.  ii,  3tes  Heft,  1876,  p.  445  (Gal- 
derla)  ;  Zool.  Anz.^  6  vol.  i,  1878,  p.  130  (Selenka)  ;  Joum.  Roy.  Mie.  Soe., 
1883,  p.  304  (Thoma);  et  Becker,  Zur  Anat.  d.  ges.  u.  kranken  Linse  (Ruge). 


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CHAPITRE  XVII 

MÉTHODES  POUR  COLLER  LES  COUPES  EN  SÉRIES 
SUR  LE  PORTE-OBJET 


317.  Choix  d'une  méthode.  —  Pour  les  travaux  ordinaires  nous 
recommandons  les  procédés  suivants.  Pour  des  coupes  à  la  paraffine 
déjà  colorées,  le  coliodion  de  Scuaellibaum.  Pour  les  coupes  à  la  paraf- 
fine destinées  à  être  colorées,  Talbumine  de  Mayer,  à  moins  que  la 
teinture  qu'on  veut  employer  ne  soit  de  celles  qui  colorent  Talbu- 
mine,  ou  à  moins  que  les  coupes  ne  soient  plissées  ;  en  ces  cas,  une 
des  méthodes  à  l'eau  distillée  du  numéro  suivant.  Pour  les  petites 
coupes  à  lacelloïdine,  un  des  procédés  aux  vapeurs  d'éther  (Summers). 
Pour  les  grandes  coupes  à  la  celloïdine,  la  méthode  de  Weigert.  Les 
autres  méthodes  citées  sont  du  reste  toutes  bonnes  (quoique  quelques- 
unes  d'elles  ne  soient  pas  aussi  infaillibles  que  le  disent  les  auteurs). 

A.  —   Méthodes  pour  coupes  a  la  paraffine 

318.  La  méthode  à  ralcool  ou  à  Teau  distillée.  —  Le  pi^in- 
cipe  de  cette  méthode  est  dû  à  Gaule  (Ai*ch,  f,  Anat.  u.  Phy.^  Phys, 
Abth.,  1881,  p.  156).  —  Mouiller  la  lame  avec  de  Talcool,  et  y  arran- 
ger les  coupes  à  l'aide  d'un  pinceau  également  imbibé  d'alcool; 
laisser  évaporer  l'alcool  ;  chauffer,  de  manière  à  faire  fondre  la  paraf- 
fine ;  poser  dessus  une  lamelle  mince  ;  ajouter  au  bord  de  la  lamelle 
une  goutte  de  xylol,  puis,  après  un  moment,  une  goutte  de  solution 
de  baume  de  Canada  dans  le  xylol. 

//  faut  mouiller  d'alcool,  et  il  faut  chauffer;  Tune  de  ces  manœuvres 
ne  suffit  pas  sans  l'autre. 

C'est  là  un  procédé  que  nous  pratiquons  très  souvent,  car  il  est 
très  commode.  Il  va  sans  dire  qu'il  suppose  une  certaine  adresse. 


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MÉTHODES    POUR    COLLER    LES   COUPES    EN    SÉRIES  237 

Nous  recommandons  de  poser  d'abord  la  lamelle  et  d'appuyer  avec 
le  doigt  sur  Tun  de  ses  angles  pendant  que  Ton  chauffe  au-dessus  de 
la  flamme  d'une  lampe  À  alcool;  la  paraffine  fondue  se  ramasse  sur 
cet  angle  et  on  Tenlève  avec  un  papier  à  cigarette.  On  laisse  le  papier 
k  cigarette  en  place  et  Ton  ajoute  le  xylol  et  le  baume.  Si  Von  n'a 
que  peu  de  coupes  à  monter,  ou  si  Ton  désire  seulement  faire  un 
examen  préliminaire  de  Tobjet  dans  une  essence  sans  tenir  à  la  con- 
servation définitive  des  coupes,  ce  simple  procédé  suffit  parfaite- 
ment. 

Des  modifications  apportées  à  ce  procédé  par  d'autres  travailleurs 
l'ont  rendu  applicable  au  montage  de  séries  très  étendues  de  coupes. 

SucuANNKK  {Zeit,  f.  wiss.  Mik,,  VII,  4, 18Dl,p.  464)  a  établi  que  les 
conditions  suivantes  sont  obligatoires. 

Premièrement,  les  lamelles  doivent  être  absolument  libres  de  toute 
trace  de  graisse  à  leur  surface,  pour  que  l'alcool  (à  50  p.  100,  ou 
bien  l'eau  distillée,  qu'on  peut  également  employer)  puisse  s'étaler 
en  une  couche  mince  et  d'égale  épaisseur.  Secondement,  les  lamelles 
ne  doivent  pas  être  chaufi'ées  à  plus  de  40°  G.,  car  il  importe  que 
V alcool  ou  Veau  s'évapore  lentement  et  que  la  paraffine  soit  seule- 
ment ramollie^  pas  fondue^  tant  que  l'évaporation  n'est  pas  achevée. 
Pour  ce  motif,  Hoyer  avait  déjà  conseillé  une  évaporation  lente  à  la 
température  du  laboratoire. 

GuLLAND  [Journ.  of  Anal,  and  Phys,,  XXVI,  1891,  p.  56;  Journ. 
Roy.  Mie,  Soc. ,  1892,  p.  161)  fait  flotter  ses  coupes,  pour  les  déplis- 
ser, sur  de  Teau  chaude  (pas  assez  chaude  pour  faire  fondre  la  paraf- 
fine) ou  bien  sur  l'alcool,  dans  une  cuvette,  et  de  là  les  conduit  en 
position  sur  la  lamelle.  On  fait  égoutter  la  lamelle  et  l'on  évapore  à 
une  température  basse  comme  ci-dessus  (lorsque  l'eau  s'est  entière- 
ment évaporée,  les  coupes  prennent  un  aspect  sec  et  un  peu  transpa- 
rent). Des  coupes  minces  seront  en  général  fixées  en  une  heure  ;  des 
coupes  épaisses  demanderont  six  heures  ou  davantage.  La  fixation 
étant  jugée  complète,  on  fait  fondre  la  paraffine,  on  l'éloigné  par  le 
dissolvant  qu'on  voudra,  et  l'on  peut  monter  ou  bien  passer  à  la  colo- 
ration ou  à  toutes  autres  manipulations  qu'on  voudra,  sans  grande 
crainte  de  voir  les  coupes  se  déranger. 

II  paraît  cependant  certain  que  la  méthode  n^eslpas  infaillible,  et 
que  les  résultats  dépendent  plus  ou  moins  de  la  nature  des  coupes. 
Ainsi  Sciiieffekdecker  {Zeit.  f.  wiss,  Mik.,  IX,  2,  1892,  p.  202)  a 
trouvé  que  plus  les  coupes  sont  grandes  et  minces,  et  mieux  elles 
adhèrent;  eivice  versa.  Et  M.  Pringle  m'écrit  qu'il  a  trouvé  que  les 
coupes  de  matériel  fortement  fixé  dans  les  solutions  chromiques,  de 


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238  CHAPITRE   XVII 

manière  à  rendre  insolubles  les  albuminoîdes  des  tissas,  n'adhèrent 
pas  bien. 

M.  Heidenqain  {Kern,  u.  Protoplasma,  1892,  p.  414)  procède 
comme  Ta  indiqué  Scchannbk,  employant  de  l'eau  distillée  et  évapo- 
rant plusieurs  heures  à  une  température  ne  dépassant  pas  35^  G.  Il 
trouve  Teau  préférable  à  Talcool,  qui  est  trop  mobile  sur  la  lamelle 
et  s'évapore  trop  vite.  Heidenhain  aussi  a  trouvé  que  le  procédé  est 
moins  sûr  avec  du  matériel  chromique. 

La  méthode  de  Durham  {Quart.  Joum.  Mie,  Sei,,  1891,  p.  116; 
Journ.  Roy.  Mie.  Soe.,  1892,  p.  293)  est  la  même,  si  ce  n'est  qu'il 
emploie  l'alcool  à  70  p.  100  au  lieu  d'eau. 

Wlassak  («  Les  coupes  du  système  nerveux  central  »  de  Mercier, 
Paris,  RuefT,  1894,  p.  118)  monte  les  coupes  d'abord  sur  une  goutte 
d'eau  tiédie  déposée  sur  la  lamelle,  puis  les  expose  à  la  vapeur  d'eau 
distillée  bouillante,  puis  les  met  dans  l'étuve. 

319.  Gollodion  (Sghjblubaum,  Arch,  f.  mik,  Anat.,  1883,  p.  565). 
—  On  mêle  ensemble  une  partie  de  collodion  et,  selon  la  consistance 
du  collodion,  3  ou  4  parties  d'essence  de  girofle.  On  étale  une  quan- 
tité minime  de  la  solution  claire  ainsi  obtenue  sur  le  porte-objet,  à 
l'aide  d'un  petit  pinceau.  Gela  forme  une  couche  collante  sur  laquelle 
on  dépose  les  coupes,  en  les  étalant  et  en  les  aplatissant  un  peu  avec 
un  pinceau,  à  mesure  qu'elles  sont  faites.  Pour  les  fixer,  Schœllibaum 
chauffe  le  porte-objet  à  une  douce  chaleur  sur  un  bain-marie  jusqu'à 
évaporation  de  l'essence  de  girofle,  ce  qui  a  lieu  en  cinq  à  dix 
minutes.  Nous  pouvons  assurer  qu'on  arrive  au  but  bien  plus  simple- 
ment et  tout  aussi  sûrement  en  tenant  le  porte-objet  au-dessus  de  la 
flamme  d'un  bec  de  Bunsen  ou  d'une  lampe  à  alcool  jusqu'à  ce  que  la 
paraffine  soit  fondue  et  que  l'essence  de  girofle  se  soit  rassemblée  en 
larmes  entre  les  coupes,  ce  qui  arrive  en  quelques  secondes  ou  au 
plus,  en  une  demi-minute  ;  il  est  tout  à  fait  inutile  de  faire  évaporer 
l'essence.  Gela  fait,  il  est  utile  de  faire  la  manipulation  suivante  (dont 
je  dois  la  connaissance  à  l'obligeance  de  M.  le  professeur  Korotnefp). 
On  tient  le  porte-objet  devant  les  lèvres,  aussi  près  que  possible,  et 
l'on  projette  l'haleine  vigoureusement  sur  les  coupes.  L'essence  et  en 
même  temps  la  paraffine  fondue  sont  projetées  en  larmes  de  tous 
côtés  en  dehors  de  l'espace  occupé  par  les  coupes  ;  on  essuie  avec  une 
serviette.  Par  ce  moyen,  la  majeure  partie  de  la  paraffine  est  enlevée 
du  coup,  ce  qui  facilite  le  travail  du  dissolvant  à  employer  ensuite. 
De  plus,  les  coupes  se  trouvant  en  contact  plus  intime  avec  le  collo- 
dion collent  mieux. 


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MÉTHODES  POUR  COLLER  LES  COUPES  EN  SÉRIES       239 

On  traite  alors  les  coupes  par  uq  dissolvant  quelconque  de  laparaf- 
Qne  qui  n*attaque  pas  le  collodion  (Scujsllibaum  recommande  Tessence 
de  térébenthine  ;  pour  notre  part,  nous  préférons  et  nous  recomman- 
dons le  xylol).  L*on  monte  au  baume,  ou  bien  on  passe  par  Talcool 
absolu  aux  alcools  plus  faibles  et  à  la  coloration  dans  une  teinture 
alcoolique  ou  aqueuse. 

FiELD  et  Martin  {BulL  Soc.  ZooL  de  France,  XIX,  13  mars  1894,  p.  48), 
ont  trouvé  que  le  xylol,  le  toluol,  et  la  benzine  préparent  le  collodion  à 
une  solution  plus  aisée  dans  Talcool;  de  sorte  que  ces  éclaircissements 
seraient  à  éviter  pour  les  cas  où  Fou  doit  procéder  à  la  coloration  des  coupes. 
Ces  auteurs  recommandent,  pour  ces  cas,  Téther  de  pétrole  (pétrole  léger 
d*une  densité  égale  à  0,650)  ou  le  chloroforme. 

Personnellement,  nous  ne  recommandons  pas  la  méthode  de  Schœl- 
libaum  pour  les  coupes  à  colorer,  parce  que  nous  ne  l'avons  pas  trou- 
vée suffisamment  sûre,  les  coupes  ayant  trop  de  tendance  à  se  détacher 
dans  Talcool.  Nous  la  recommandons  pour  le  matériel  déjà  coloré^ 
parce  qu'elle  est  commode  et  donne  des  préparations  très  propres. 
Elle  a  le  défaut  de  ne  pas  bien  se  prêter  aux  manipulations  nécessaires 
pour  aplanir  des  coupes  plisséea. 

On  trouvera  peut-être,  après  la  coloration,  que  la  couche  de  collodion 
entre  les  coupes  est  devenue  opaque.  Gela  provient  de  ce  que  Ton  a 
employé  une  solulion  trop  riche  en  collodion,  ou  bien  de  ce  que  Ton  a 
étalé  le  collodion  en  une  couche  trop  épaisse.  On  fait  disparaître  facilement 
cette  opacité  en  déshydratant  et  en  traitant  à  plusieurs  reprises  par  Talcool 
absolu  et  Tessence  de  térébenthine,  puis  en  chauffant  doucement  ;  ou  bien, 
en  brossant  Tespace  opaque  avec  un  pinceau  imbibé  d'essence  de  girofle. 

La  solution  de  collodion  peut  être  faite  avec  l'essence  de  lavande  au 
lieu  d'essence  de  girofle. 

Gage  préfère  préparer  ses  porte-objets  avec  une  couche  de  collodion  nor- 
mal qu*il  laisse  sécher  et  dont  il  rend  la  surface  collante,  au  moment  de 
s*en  servir,  en  la  brossant  légèrement  avec  un  pinceau  imbibé  d*essence  de 
girofle.  SuMifERS  (The  Microscope,  1886,  p.  66,  et  Journ,  Roy.  Mie.  Soc, 
1886,  p.  544)  emploie  également  une  couche  sèche,  qu'il  rend  collante  après 
y  avoir  posé  les  coupes,  en  y  déposant  une  goutte  d'un  mélange  à  parties 
égales  d'alcool  et  d'éther,  qu'on  laisse  évaporer.  Cette  méthode  dispense  de 
l'emploi  de  la  chaleur  et  pourra  surtout  rendre  des  services  pour  les  coupes 
à  la  celloïdine. 

Strasser  emploie  un  collodion  riciné,  pour  lequel  voyez  Zeit.  f.  wiss.  Mik., 
IV,  I,  1887,  p.  45,  et  VI,  2, 1889,  p.  153.  Pour  la  méthode  très  compliquée 
de  cet  auteur  au  moyen  de  papier  gommé  et  coliodtonné,  qui  nécessite 
l'emploi  d'un  microtome  spécial,  voyez  Zeit.  f,  wiss.  MiL,  III,  3,  1886, 


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240  CHAPITRE   XVII 

p.  346,  et  VI,  2,  i889,  p.  154,  et  Vil,  3,  1890,  p.  290,  et  p.  304,  et  IX,  I,  1892, 
p.  8.  Oa  trouvera  dans  Journ.  Roy,  Mie.  Soc,  1892,  p.  703,  un  court  extrait 
(le  ce  dernier  mémoire^  avec  figure  du  t  Sclinitt-Âufklebe-Mikrotom  ». 

Gallemaerts  (Bull.  Soc.  Belge  deMicr.^  XV,  1889,  p.  56)  préfère  employer 
une  solution  saturée  de  pyroxyline  dans  Tacétone,  qu'il  allonge  d'alcool 
absolu. 

320.  Gomme -laque  (Giesbrecht  ,  Galdwell,  Mayer).  —  Voici  la 
méthode  originelle  de  Giesbrecht,  qui  trouve  encore  des  adhérents  (Zool. 
Anzeig.,  1881,  p.  48i).  On  fait  une  solution  pas  trop  forte  de  laquA  rou^çe 
dans  Talcool  absolu,  et  on  la  filtre.  On  prend  un  porte-objet  chauffé,  et  on 
le  couvre  d'une  couche  mince  de  laque  à  l'aide  d'une  baguette  de  verre 
qu'on  plonge  dans  la  solution  et  qu'on  passe  une  seule  fois  horizontalement 
sur  la  lame.  On  laisse  sécher  celte  couche. 

Au  moment  de  faire  les  coupes,  on  rend  la  couche  de  laque  collante  en  la 
brossant  légèrement  avec  un  pinceau  imbibé  de  créosote.  On  pose  les  coupes 
sur  cette  couche  ;  on  chauffe  le  tout  au  point  de  fusion  de  la  paraffine 
pendant  un  quart  d'heure,  ce  qui  fait  évaporer  la  créosote  ;  on  éloigne  la 
paraffine  en  traitant  les  coupes  par  quelques  gouttes  de  térébenthine,  et 
l'on  monte  au  baume  de  Canada. 

Dans  les  Mitth.  zool.  Stat.  Neapel,  de  la  même  année,  il  est  recommandé 
de  prendre  de  la  laque  blanche  au  lieu  de  laque  rouge,  et  de  faire  la  solution 
dans  l'alcool  absolu  (1  partie  de  laque  pour  10  d'alcool  absolu).  La  laque 
blanche  du  commerce  étant  souvent  très  difficilement  soluble  dans  l'alcool, 
Kingsley  recommande  de  prendre  de  la  laque  rouge  et  de  la  faire  blanchir  en 
l'exposant  au  soleil  (Voyez  Wihtman,  Melhods  in  Microscopical  Anatomy, 
1885,  p.  117).  Mark  emploie  les  solutions  de  laque  dont  se  servent  les 
artistes  pour  fixer  les  dessins  au  fusain.  Dans  le  même  numéro  des  Mil- 
Iheilungen  nous  trouvons  encore  une  modification  du  procédé  originel  qui 
consiste  à  brosser  la  lame  avant  de  s'en  servir  avec  de  l'essence  de  girofle 
au  lieu  de  créosote,  la  lame  étant  légèrement  chauffée. 

Il  faut  observer  que  les  solutions  de  baume  de  Canada  employées  pour 
monter  les  coupes  sont  capables  de  dissoudre  la  laque.  Il  est  donc  bon  de 
poser  le  baume  sur  le  vçrre  à  couvrir  et  de  mettre  celui-ci  rapidement  en 
place,  de  manière  à  assujettir  les  coupes  au  plus  vite. 

La  méthode  de  Galdwell  {Quart.  Journ.  Mie.  Se,  1882,  p.  336) 
constitue  une  simplification  importante  de  ce  procédé.  On  prépare  la 
lame  au  moment  de  s'en  servir  en  la  brossant  légèrement  avec  une 
forte  solution  de  gomme-laque  dans  la  créosote.  Après  avoir  posé  les 
coupes,  on  les  chauffe  pendant  une  demi-heure  à  une  température  un 
peu  supérieure  au  point  de  fusion  de  la  paraffine,  et  on  les  traite  par 
la  térébenthine,  comme  nous  Tavons  dit. 

Ces  deux  méthodes  ont  le  défaut  de  laisser  se  former  des  granula- 
tions dans  la  couche  de  gomme-laque.  Mayer  attribue  la  formation  de 
ces  granulations  à  l'emploi  de  la  créosote  ou  de  l'essence  de  girofle, 
et  propose  de  les  éviter  en   employant  comme  dissolvant  Tacide 


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MÉTHODES  POUR  COLLER  LES  COUPES  EN  SÉRIES       241 

phénique.  Yoicî  comment  il  prépare  la  solution.  On  pulvérise  la  laque 
et  on  la  chaufTe  avec  des  cristaux  d'acide  phénique  incolore  jusqu  à  e 
qu'elle  soit  dissoute.  Il  faut  alors  ûllrer,  ce  qu'on  peut  faire  en  ayant 
soin  de  chauffer  l'entonnoir  pendant  le  filtrage.  Si  la  solution  est  trop 
épaisse,  on  peut  ajouter  quelques  cristaux  d*acide  phénique.  (Voyez 
Joum.  Roy.  Mie.  Soc^  1886,  p.  9i0,  et  Whitman,  Methods  in  Mie. 
Anat.y  p.  117.) 

Plus  récemment,  Mayer  {Intem.  Monatsehr.  f.  AnaL,  1887.  Hft  2) 
rappelle  que  l'acide  phénique  chaud  attaque  certains  tissus,  et  propose 
le  procédé  suivant.  On  prépare  des  lamelles  à  la  laque  alcoolique 
selon  le  procédé  de  Giesbrbcht.  On  pose  les  coupes  à  sec,  en  les 
appliquant  fortement  sur  la  couche  de  laque,  et  on  expose  pendant 
une  demi-minute  aux  vapeurs  d'élher. 

Ces  méthodes  ne  permettent  pas  la  coloration  des  coupes.  J'ajoute 
pour  ma  part  que  je  ne  comprends  pas  bien  en  vertu  de  quoi  les 
méthodes  à  la  gomme-laque  trouvent  encore  des  fauteurs,  nonobstant 
les  procédés  plus  commodes  et  plus  sûrs  qui  sont  maintenant  connus. 

321.  Albumine  (Paul  Mayer,  MiUh.  zool,  Stat.  Neapel,  IV,  1883, 
p.  521),  —  On  prend  un  blanc  d'œuf,  on  y  ajoute  un  peu  de  solution 
de  salicylate  de  soude,  et  l'on  filtre.  Au  liquide  filtré  on  ajoute  un 
volume  de  glycérine  et  encore  un  peu  de  salicylate,  ou  un  autre  anti- 
septique. 

D'après  Intem.  Monatsehr.  f.  Anat.,  1887,  Hft  2,  on  doit  prendre 
80  grammes  de  blanc  d'œuf,  50  grammes  de  glycérine,  et  1  gramme 
de  salicylate  de  soude,  les  bien  agiter  ensemble  et  filtrer.  Je  fais 
observer  qu'en  tout  cas  on  doit  en  premier  lieu  dissoudre  le  salicylate 
dans  un  peu  d'eau,  car  il  ne  se  dissout  que  difficilement  dans  l'albu* 
men  avec  de  l'eau  avant  d'ajouter  la  glycérine. 

Fol  (Lehrbueh,  p.  134)  prend  un  blanc  d'œuf  qu'il  réduit  en  neige 
en  le  battant,  laisse  déposer,  filtre  rapidement  à  travers  un  filtre 
pneumatique,  ajoute  un  volume  de  glycérine,  filtre  encore  une  fois, 
et  ajoute  un  peu  de  camphre  ou  d'acide  phénique.  J'ai  trouvé  que 
l'acide  phénique  précipite  beaucoup  d'albumine,  et  je  conseille  de  s'en 
tenir  au  salicylate  jusqu'à  ce  qu'on  ait  trouvé  mieux. 

On  étale  ce  fixatif  en  couche  mince  sur  le  porte-objet  au  moment 
de  s'en  servir,  on  pose  les  coupes  sur  la  couche  humide,  on  chauffe 
pendant  quelques  minutes  au  bain-marie,  et  l'on  enlève  la  paraffine 
fondue  par  l'essence  de  térébenthine. 

Je  trouve  préférable  de  chauffer  au-dessus  d'une  flamme  et  de 
chasser  la  paraffine  fondue  au  moyen  d'un  vigoureux  souffle,  comme 

ANAT.  SIICROSC.  IQ 


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fr 


242  CHAPITRE   XVII 


Tf  nous  l'avons  dit  pour  la  méthode  de  ScajELLiSAUM.  J'enlève  la  paraf- 

1  fine  par  le  xylol  ou  le  toluol.  On  peut  Tenlever  à  froid  si  l'on  veut. 

i;  Fol  fait  observer  que  dans  tous  les  cas  les  coupes,  colorées  ou  non, 

t  qui  sont  destinées  à  être  montées  dans  le  baume,  doivent  être  soigneu- 

f  sèment  lavées  dans  Talcool  ;  autrement,  il  restera  dans  Talbumine 

des  traces  de  glycérine  qui  troublent  les  préparations  par  la  suite. 

Cette  méthode  est  particulièrement  appropriée  aux  séries  de  coupes 
qu'on  désire  traiter  par  les  teintures.  L'albumine  est  extraordinaire- 
ment  tenace,  de  sorte  qu'on  ne  risque  aucunement  de  voir  les  coupes 
se  détacher.  Pour  la  coloration,  on  peut  employer  les  teintures  ordi- 
naires ou  les  anilines.  Dans  l'un  et  l'autre  cas,  si  l'on  fait  usage  d'un 
procédé  de  coloration  suivie  de  décoloration,  cette  méthode  offre 
l'avantage  de  faciliter  beaucoup  la  surveillance  de  la  décoloration  ; 
si  l'on  arrête  celle-ci  au  moment  même  où  la  couche  de  fixatif  a  perdu 
sa  couleur,  on  obtient  en  général  une  coloration  nucléaire  parfaite- 
ment précise. 

Nous  avons  donné,  numéro  269,  un  procédé  pour  le  déplissage  des 
coupes  combiné  avec  l'emploi  de  l'albumine  comme  fixatrice. 

Dans  notre  expérience,  la  méthode  de  Mayer  au  blanc  d'œuf  est 
une  méthode  absolument  sûre. 

Il  arrive  souvent  que  le  mélange  de  Mayer  se  trouble  après  quelque  temps, 
ce  que  Ton  a  attribué  au  développement  d'un  microbe.  On  a  dit  (Yosseler, 
Zeii,  f.  iviss.  Mik.,  VII,  4,  4891,  p.  457)  que  le  mélange  devenu  trouble  a 
perdu  ses  propriétés  adhésives  et  doit  êli*e  jeté.  Dans  mon  expérience  voici 
ce  qui  se  passe.  Le  liquide  devient  laiteux,  puis  se  trouble  tout  à  fait,  enfin 
se  caille  tout  à  fait,  en  passant  à  un  état  caséeux.  Mais  à  aucun  moment  il 
n'a  perdu  ses  propriétés  adhésives.  Tant  qu'il  conserve  assez  d'humidité 
pour  humecter  le  pinceau,  il  colle  aussi  bien  que  le  premier  jour,  sinon 
mieux. 

J'ajouterai  que  je  crois  qu'il  y  a  quelquefois  avantage  à  allonger  le  mé- 
lange d'eau  ;  il  le  supporte  très  bien. 

322.  Albumine  (Mann,  Zeii,  f,  wiss.  Mik.,  XI,  4, 1894,  p.  486).  —  Du 
blanc  d'œuf  bien  secoué  avec  10  volumes  d'eau  distillée  et  filtré  deux 
fois  à  travers  le  même  papier.  En  enduire  une  provision  de  lamelles, 
les  laisser  sécher  à  l'abri  de  la  poussière  (elles  se  conserveront  indé- 
finiment dans  l'état  voulu).  Flotter  les  coupes  sur  de  l'eau  chaude 
(40®  C),  d'après  le  procédé  de  Gulland,  dans  un  récipient  profond. 
Glisser  une  lamelle  sous  les  coupes,  les  arranger,  retirer  la  lamelle 
et  la  poser  pendant  cinq  minutes  sur  une  étuve  à3S°  C.  Xylol,  alcool, 
etc.,  etc. 

Des  lamelles  enduites  d'albumine  et  conservées  à  sec  avaient  déjà 


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MÉTHODES   POUR  COLLER   LES    COUPES   EN    SÉRIES 


243 


été  employées  par  Gage  pour  coupes  au  collodion  (Voir  Zeit,  f,  tozss. 
Mik,,  X,  1, 1893,  p.  77.) 

323.  Gomme  arabique  (Flobgel,  ZooL  Anzeig.,  1883,  p.  563).  — 
Faire  une  solution  de  1  partie  de  gomme  arabique  dans  20  parties 
d'eau  ;  filtrer  et  ajouter  un  peu  d'alcool  pour  prévenir  le  développe- 
ment de  moisissures.  Ëtaler  cette  solution  sur  le  porte-objet  en  la 
versant  dessus  et  laissant,  égoutter  les  lames  (il  est  important  de 
n'employer  que  des  porte-objets  très  soigneusement  nettoyés). 

Les  coupes  ayant  été  posées  en  ordre  sur  la  couche  collante  ainsi 
formée,  on  éloigne  la  paraffine  par  une  goutte  de  benzine,  et  Ton 
monte  au  baume.  (D'après  Flcegel,  si  les  coupes  ne  contiennent  que 
très  peu  de  paraffine,  il  n'est  pas  nécessaire  de  les  traiter  par  un 
dissolvant,  la  solution  de  baume  suffisant  à  dissoudre  l'excès  de  paraf- 
fine. Nous  pouvons  constater  qu'il  en  est  ainsi,  mais  nous  ne 
recommandons  pas  cette  pratique,  qui  peut  donner  lieu  à  des  granu- 
lations dans  les  préparations.) 

On  peut  modifier  cette  méthode  en  laissant  sécher  complètement  la 
gomme  sur  la  lame,  après  quoi  on  y  pose  les  coupes  à  sec.  Pour  les 
faire  adhérer,  il  suffit  d'humecter  la  surface  de  la  gomme  en  dirigeant 
l'haleine  dessus. 

Cette  méthode  est  excellente  pour  les  coupes  destinées  à  être 
montées  directement  dans  le  baume,  mais  elle  ne  permet  pas  la  colo- 
ration dans  des  teintures  aqueuses. 

Waddington  {Joum,  Quehett  Club,  1881,  p.  i99)  recommande  le  procédé 
suivant  pour  la  préparation  d'une  gomme  arabique  parfaitement  pure  et  ne 
présentant  pas  de  granulations  sous  le  microscope.  Faire  une  solution  peu 
épaisse  de  gomme  arabique  dans  de  Teau  distillée.  Filtrer.  Verser  le  liquide 
filtré  dans  de  Talcool  fort  et  bien  agiter;  la  gomme  se  précipite  sous  forme 
d*une  masse  pâteuse.  Recueillir  celte  masse  sur  un  filtre  et  la  laver  avec  de 
Talcool  jusqu'à  ce  que  Talcool  de  lavage  ne  contienne  plus  d'eau.  La  sécher. 
On  obtient  ainsi  une  poudre  blanche  qu'il  faut  faire  dissoudre  dans  l'eau 
distillée  et  filtrer  deux  fois.  On  peut  alors  verser  la  solution  sur  des  lames 
porte-objets,  faire  égoutter  et  sécher  ces  lames,  et  les  conserver  indéfini- 
ment, prèles  à  être  employées. 

324.  Gomme  à  l'alun  de  chrome  (Frenzel,  A7xh,  f,  mik.  Anat., 
1885,  p.  51).  —  Faire  une  solution  peu  épaisse  de  gomme  arabique 
dans  l'eau,  et  l'additionner  de  solution  aqueuse  d'alun  de  chrome.  On 
peut  mettre  un  excès  de  ce  réactif  sans  inconvénient.  Finalement,  on 
ajoute  un  peu  de  glycérine  et  une  trace  d'alcool  {loc.  cit,y  p.  142). 
On   prépare  les  lames  avec  cette  solution  de  la  manière  connue. 


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244  CHAPITRE   XVH 

on  y  pose  les  coupes  (il  est  indifférent  qu'elles  aient  été  faites  par  la 
voie  sèche  ou  par  la  voie  humide)  et  on  les  chauffe  pendant  un  quart 
d'heure,  au  plus,  à  une  température  de  30  à  45**  G.  Cela  suffît  pour 
rendre  la  gomme  insoluble. 

Cette  méthode  permet  la  coloration  sur  porte-objet.  La  couche  de 
gomme  ne  se  colore  pas  dans  les  teintures  les  plus  usitées;  seules  la 
safranine  et  la  fuchsine  la  colorent  d'une  manière  nuisible. 

325.  Mucilage  de  coings  (Born  et  Wieger,  Zeit,  f,  wiss.  Mik.,  1885, 
D.  346).  —  On  prend  du  mucilage  de  coings  ordinaire  des  pharmacies.  A 
ieux  volumes  de  ce  mucilage  on  ajoute  un  volume  de  glycérine  et  une  trace 
d'acide  phénique.  Emploi  comme  pourTalbumine  de  Mayer. 

On  éloigne  la  paraffine  fondue  par  une  goutte  d'essence  de  térébenthine, 
puis  on  porte  la  lame  dans  Talcool  absolu,  où  on  la  laisse  une  demi-heure  ; 
il  est  important  que  Talcool  soit  absolu  et  que  la  lame  y  reste  le  temps 
indiqué.  On  peut  alors  colorer.  Il  est  cependant  nécessaire  d'éviter  les  tein- 
tures alcalines,  telles  que  le  carmin  ammoniacal  et  le  carmin  au  borax,  car 
les  liquides  alcalins  attaquent  la  couche  de  mucilage  et  font  détacher  les 
coupes. 

326.  Autres  méthodes  pour  coupes  à  la  paraffine.  Méthode 
d'OBREGiA,  importante  n®  334. 

Agar-Agar  (Gravis,  BulL  Soc.  Belge  de  Micro.,  XV,  1889,  p.  72).  Solu- 
tion d'agar-agar  à  1  pour  1000  dans  l'eau,  à  employer  comme  le  mucilage 
de  Born. 

Gélatine  (Gray,  Journ.  Hoy.  Mie.  Soc,  1890,  p.  117).  Solution  de  géla- 
tine à  1  p.  100  dans  l'eau,  emploi  compliqué. 

Méthode  de  TValsem,  au  papier  gélatine  (Zeit.  f.  wiss.  Mik.,  XI,  2, 
1894,  p.  229).  Excessivement  compliqué. 

B.  —  Méthodes  pour  coupes  aqueuses 

327.  Gélatine  et  alun  de  chrome  (Fol,  Lehrbuch,  p.  132).  — 
On  fait  dissoudre  4  grammes  de  gélatine  dans  20  ce.  d'acide  acétique 
cristallisable,  en  chauffant  au  bain-marie  et  en  agitant  fréquemment. 
A  5  ce.  de  la  solution  on  ajoute  70  ce.  d'alcool  à  70  p.  100  et  1  à  2  ce. 
d'une  solution  d'alun  de  chrome  à  5  p.  100  dans  l'eau.  On  verse  ce 
mélange  sur  le  porte-objet  à  préparer.  On  laisse  sécher  à  Tair,  et  au 
bout  de  quelques  heures  la  couche  de  gélatine  passe  à  l'état  insoluble. 
Cependant  la  gélatine  conserve  la  faculté  de  se  gonfler  un  peu  et  de 
devenir  collante  en  présence  de  l'eau.  On  plonge  donc  le  porte-objet 
sous  la  surface  de  Teau  dans  laquelle  nagent  les  coupes,  on  fait 
glisser  les  coupes  à  leur  place  et  on  lève  le  tout  avec  précaution  ;  les 
coupes  se  trouvent  fixées  en  place. 

Cette  méthode  s'applique  soit  au  cas  de  coupes  faites  sous  l'eau. 


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MÉTHODES  POUR  COLLER  LES  COUPES  EN  SÉRIES        245 

soit  au  cas  de  coupes  faites  dans  des  masses  de  gomme  ou  de  savon  ;  ces 
masses  se  gonflant  beaucoup  en  présence  de  l'eau,  il  est  bon  de  les 
éloigner  avant  de  coller  les  coupes,  autrement  les  coupes  se  soulèvent 
en  des  plis  nombreux. 

On  pourra  la  trouver  utile  pour  les  grandes  coupes  faites  à  la  cel-  | 

loïdine .  | 

Notons  ici  que  la  méthode  d'ÛBREGiA,  numéro  334,  peut  très  bien 
s'appliquer  aux  coupes  aqueuses.  | 

328.  Poli  (Malpighia,  II,  1888,  2,  p.  3;  ZeiL  f.  wiss,  Mik.,  V,  3,  1888,  | 

p.  361)  enduit  le  porte-objet  de  gélatine  de  Kaiser  (qo283)  fondue,  y  dispose  | 

les  coupes,  et  ajoute  de  la  glycérine  et  un  verre  à  couvrir. 

d29.Gntta-Percha  (ou  Gaoutohouc),  Frenzel  et  Threlfall  {Zool, 
Anz,j  1883,  p.  51,  301  et  423).  J'ai  trouvé  que  cette  méthode  élégante 
n'est  pas  sûre,  car  la  pellicule  de  gutta-percha  se  déchire  très  facilement. 
C'est  probablement  pour  ce  motif  que  cette  méthode  est  maintenant  entière- 
ment abandonnée. 

C.  —  Méthodes  pour  coupes  au  collodion  î 

i 
330.  Méthode  à  Téther  de  Summers  {Journ.  Roy.  Mie,  Soc,  j 

1887,  p.  823).  —  Outre  le  procédé  donné  numéro  319,  qui  est  appli-  j 

cable  aux  coupes  au  collodion,  Summers  trouve  que  le  suivant  suffit 

parfaitement.  On  met  les  coupes  pendant  un  instant  dans  de  Talcool  à  | 

98  p.  100,  on  les  dispose  sur  le  porte-objet  et  Ton  verse  dessus  de  la 

vapeur  d*élher.  Le  collodion  se  ramollit  et  devient  transparent,  et 

Ton  porte  la  lamelle  dans  de  Talcool  à  80  ou  même  95  p.  100.  On 

peut  colorer.  ! 

Gage  {Zeit,  f.  wiss.  Mik.^  X,  1,  1893,  p.  77)  trouve  que  si  les  coupes 
doivent  être  colorées  il  est  préférable  d^employer  des  lamelles  albuminées  | 

selon  le  procédé  indiqué  n^  322  ;  les  coupes  y  adhèrent  mieux. 

EYCLESHEniER  {Amer.  Nat,,  xxyi,  1892,  p.  334  ;  Journ,  Roy.  Mie, 
Soc.^  1892,  p.  563)  procède  ainsi.  Les  coupes  sont  arrangées  sur  le 
porte-objet  avec  assez  d^alcool  pour  les  tenir  humides,  pas  assez  pour 
les  flotter.  On  les  couvre  d'une  bande  de  papier  fln  non-glacé  (toilet 
paper)  qu'on  assujettit  au  moyen  d'un  fil  enroulé  autour  du  papier  ; 

et  de  la  lamelle.  Les  tours  du  fil  doivent  passer  entre  les  coupes, 
s'ils  arrivent  à  passer  au-dessus  ils  entravent  la  marche  de  la  tein- 
ture. On  peut  maintenant  colorer,  traiter  avec  les  liquides  usuels  ' 
jusqu'à  l'alcool  de  95  p.  100,  et  éclaircir  dans  le  mélange  n®  298.  On 


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246  CHAPITRE  XVII 

enlève  l'excès  d'éclaircissant  avec  du  papier  buvard,  on  coupe  le 
fil,  enlève  le  papier  en  le  roulant,  et  monte  au  baume. 

Ces  procédés  suffisent  pour  les  petites  séries.  Les  méthodes  qui 
vont  suivre  ont  trait  à  des  séries  plus  étendues.  Nous  donnons  en 
premier  lieu  celles  d'ApATHY  comme  étant  relativement  simples. 

331.  Méthode  à  l'essence  de  bergamote  (Apathy,  Mitth,  Zool. 
Stat,  Neapel,  1887,  p.  742;  Journ,  Boy.  Mie.  Soc,  1888,  p.  670).  — 
Faire  les  coupes  avec  un  couteau  enduit  de  vaseline  jaune  et  mouillé 
d'alcool  à  98  p.  100.  Flotter  les  coupes  sur  de  l'essence  de  bergamote 
(elle  doit  être  verte,  doit  se  mêler  parfaitement  à  l'alcool  à  90  p.  100 
et  ne  pas  avoir  d'odeur  de  térébenthine).  Les  coupes  s'étalent  sur  Tes- 
sence.  Avant  qu'elles  ne  s'y  enfoncent  on  les  conduit  en  place  sur  une 
petite  bande  de  papier  à  décalquer  préalablement  plongée  dans  l'es- 
sence. Lorsqu'on  a  ainsi  disposé  une  série,  on  laisse  égoutter  le 
papier,  on  en  sèche  la  face  inférieure  avec  du  papier  buvard,  on  le 
retourne  et  on  le  presse,  les  coupes  en  bas,  sur  un  porte-objet  bien 
sec.  Les  coupes  se  collent  au  verre  et  Ton  enlève  le  papier  en  le  rou- 
lant graduellement  d'un  bout  à  l'autre.  On  enlève  des  traces  d'es- 
sence qui  peuvent  être  restées  autour  des  coupes  avec  un  papier  à 
cigarette.  S'il  n'y  a  pas  de  coloration  à  faire,  il  n'y  a  plus  qu'à 
ajouter  du  baume  et  un  verre  à  couvrir. 

Dans  le  cas  d'objets  non  colorés  ou  très  petits,  il  est  bon  d'ajouter  à 
l'essence  de  bergamote  un  peu  de  solution  alcoolique  de  safranine.  Le  col- 
lodion  des  coupes  s'y  colore,  et  rend  les  coupes  visibles.  La  couleur  dispa- 
raît d'elle-même  après  quelques  jours  dans  le  baume. 

Si  les  coupes  doivent  être  colorées,  après  enlèvement  de  l'essence 
on  traite  par  la  vapeur  d'un  mélange  d'alcool  et  éther  (voyez  au 
numéro  précédent). 

Si  la  coloration  doit  être  faite  dans  un  liquide  aqueux,  il  faut  avoir 
soin  en  arrangeant  les  coupes  de  faire  en  sorte  que  la  marge  de  cel- 
loïdine  de  chacune  recouvre  un  peu  celle  de  sa  voisine  ;  alors  l'éther 
les  fond  toutes  par  les  bords  en  une  lamelle  continue.  Ce  feuillet  se 
détache  du  verre  dans  les  liquides  aqueux,  et  on  le  traite  ensuite 
comme  une  seule  coupe. 

332.  Méthode  au  eouteau  d'ApATUY  {Zeit.  f.  wiss.  Mik.,  VI,  2, 
1888,  p.  168).  —  Le  couteau  est  couvert  de  vaseline  jaune  et  d'alcool 
comme  dans  la  méthode  précédente.  A  mesure  que  les  coupes  sont 
faites  on  les  conduit  à  l'aide  d'une  aiguille  ou  d'un  petit  pinceau  à  un 


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MÉTHODES  POUR  COLLER  LES  COUPES  EN  SÉRIES        247 

endroit  sec  de  la  lame  du  couteau  (c'est-à-dire  un  endroit  où  il  n*y 
a  pas  trop  d'alcool,  mais  bien  de  la  vaseline,  le  tout  est  censé  être 
enduit  de  vaseline).  On  les  dispose  en  séries  en  cet  endroit,  la  marge 
de  celloïdine  de  chacune  recouvrant  celle  de  sa  voisine.  Les  séries 
doivent  être  de  la  longueur  du  verre  à  couvrir  et  être  disposées  en  un 
carré  des  dimensions  de  ce  verre.  Lorsqu'un  carré  est  complet,  on 
sèche  les  coupes  en  tamponnant  le  tout  avec  du  papier  buvard  ;  il 
n'y  a  pas  de  risque  qu'elles  s'attachent  au  papier,  car  elles  sont  rete- 
nues par  la  vaseline.  On  enduit  maintenant  le  tout  avec  de  la  solution 
très  épaissse  de  celloïdine,  et  l'on  laisse  évaporer  pendant  cinq 
minutes  à  l'air.  Puis  on  enlève  le  couteau  du  microtome  et  on  le  met 
pour  une  demi-heure  avec  les  coupes  dans  de  l'alcool  à  70  p.  100. 

Si  l'on  désire  préparer  plus  d'un  carré  de  coupes  à  la  fois,  il  n'y  a 
qu'à  mouiller  le  premier  avec  de  l'alcool  à  70  p.  100  et  le  laisser 
en  place  pendant  qu'on  prépare  les  autres.  Le  séjour  dans  l'alcool 
fait  solidifîer  la  celloïdine  en  un  feuillet  continu  qu'on  détache  avec 
un  scalpel  et  qu'on  peut  colorer  en  masse.  Il  est  bon  de  le  mettre 
immédiatement  sur  une  lamelle,  en  mouiller  les  bords  avec  un 
mélange  d'alcool  et  éther  pour  qu'il  ne  se  détache  pas,  et  porter  le 
tout  dans  la  teinture. 

« 

333.  Méthode  de  Weigert  {Zeit,  f,  wiss,  Mik.,  1885,  p.  490).  — 
Les  coupes  sont  faites,  comme  d'habitude,  avec  un  rasoir  mouillé 
d'alcool.  Il  faut  faire  attention  à  ne  pas  avoir  sur  la  lame  assez 
d'alcool  pour  faire  flotter  les  coupes.  On  ne  prend  pas  les  coupes 
avec  un  pinceau,  mais  avec  une  bandelette  de  papier.  La  bandelette 
de  papier  doit  avoir  environ  deux  fois  la  largeur  des  coupes.  Elle  doit 
être  découpée  dans  du  papier  assez  poreux  pour  s'imbiber  facilement 
d'alcool,  et  en  même  temps  assez  résistant,  à  Tétat  imbibé,  pour  ne 
pas  se  déchirer  sous  l'influence  d'une  légère  traction.  Weigert  recom- 
mande le  c  papier-closet  «  ;  nous  pensons  qu'on  trouvera  facilement 
cette  sorte  de  papier  chez  les  pharmaciens,  surtout  les  pharmaciens 
anglais  (demander du  c  Gloset-paper  >).  On  prend  parles  deux  bouts 
la  bandelette  de  papier  imbibée  d'alcool,  on  la  tend  légèrement  et  on 
l'abaisse  sur  la  coupe;  la  coupe  y  adhère  et  on  l'enlève  en  faisant 
passer  la  bandelette  horizontalement,  ou  en  la  levant  légèrement,  au 
delà  du  tranchant  de  la  lame.  On  commence  par  poser  la  première 
coupe  vers  le  bout  du  papier  qu'on  tient  dans  la  main  gauche  ;  les 
autres  coupes  trouvent  leur  place  sur  le  papier  en  suivant  de  gauche 
à  droite.  Entre  chaque  coupe  on  pose  la  bandelette  de  papier,  les 
coupes  en  haut,  sur  un  fond  humide  préparé  d'avance  en  mettant 


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248  CHAPITRE   XVII 

dans  une  assiette  du  papier  buvard,  à  plusieurs  épaisseurs,  couvert 
d'une  feuille  du  même  papier-closet,  le  tout  étant  saturé  d*alcool. 
Lorsqu'on  a  ainsi  aligné  sur  du  papier-closet  toutes  les  coupes  qu'on 
désire  monter,  on  passe  à  la  deuxième  manipulation,  qui  est  le  col- 
lodionnage  de  la  série. 

Cela  se  fait  en  deux  étapes.  La  première  consiste  à  poser  la  série 
sur  une  plaque  de  verre    collodionné.  A  cet  effet,  on  a  préparé 
d'avance  des  plaques  de  verre  en  versant  dessus  du  collodion  qu'on 
laisse  s'étaler  en  une  couche  unie,  comme  le  font  les  photographes. 
On  laisse  sécher  cette  couche  (les  plaques  ainsi  préparées  peuvent 
être  gardées  indéfiniment  en  provision).  On  prend  une  de  ces  plaques, 
de  dimensions  convenables  (pour  les  petites  séries,  les  porte-objets 
suffisent  ;  pour  les  grandes  coupes,  on  se  sert  de  plaques  de  dimen- 
sions correspondantes)  ;  on  pose  sur  la  surface  collodionnée  une  des 
bandelettes  de  papier  avec  les  coupes,  les  coupes  en  bas,  et  on  la 
presse  légèrement  contre  la  plaque  ;  les  coupes  adhèrent  à  la  surface 
collodionnée,  et  l'on  peut  maintenant  avec  un  peu  de  précaution 
éloigner  le  papier  sans  les  déranger.  Il  faut  observer  la  précaution 
de  ne  pas  coller  plus  d'une  à  deux  lignes  de  coupes  sur  la  même 
plaque  de  verre  ;   autrement  les  premières  risqueraient  de  se  dessé- 
cher pendant  que  l'on  prépare  les  suivantes.  S'il  se  trouve  un  excès 
d'alcool  autour  des  coupes,  on  l'enlève    avec  du  papier  buvard.  On 
passe  ensuite  à  la  deuxième  phase  du  collodionnage.  Elle  consiste  à 
verser  sur  les  coupes  du  collodion  qu'on  laisse  s'étaler  en  une  couche 
unie  et  sécher  superficiellement.  Aussitôt  que  cette  couche  est  sèche 
à  la  surface,  on  inscrit  au  coin  de  la  plaque,  avec  un  pinceau  chargé 
de  bleu  de  méthylène,  les  indications  nécessaires,  et  l'on  plonge  la 
plaque  ou  bien  dans  la  solution  colorante,  ou  bien  dans  de  l'alcool 
à  80  p.  iOO.  Dans  le  liquide,  les  denx  couches  de  collodion  ne  tardent 
pas  à  se  détacher  du  verre  en  emportant  les  coupes.  Celles-ci  gardent 
leurs  positions  relatives,  fermement  emprisonnées  entre  les  deux 
feuilles  de  collodion.  On  les  colore,  on  les  lave,  on  déshydrate  à  la 
manière  ordinaire,  si  ce  n'est  qu'on  évite    naturellement  pour  la 
déshydratation  l'emploi  d'un   alcool  d'un  titre   supérieur  à  90  à 
96  p.  100.  On  éclaircit  avec  le  mélange  cité  numéro  295,  en  prenant 
toutefois  la  précaution  de  laisser  les  séries  soit  dans  l'alcool,  soit  dans 
l'éclaircissant  plus  longtemps  qu'on  n'y  laisserait  des  coupes  libres. 
On  découpe  les  séries  dans  les  longueurs  voulues  pendant  qu'elles 
sont  encore  dans  l'alcool  ;  on  peut  les  poser  à  cet  effet,  pour  plus  de 
sûreté,  sur  une  bandelette  de  papier-closet  saturée  d'alcool.  On  monte 
définitivement  selon  les  procédés  connus. 


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MÉTHODES   POUR  COLLER  LES  COUPES   EN   SÉRIES  249 

Les  grands  avantages  de  la  très  importante  méthode   que  nous 
venons  d'exposer  se  trouvent  dans  la  sûreté  des  manipulations,  ej{^ 
dans  sa  rapidité.  Du  moment  que  les  coupes  ont  été  alignées  sur  le 
papier,  on  traite  la  série  entière  presque  comme  une  seule  coupe. 

La  modificalioD  apportée  à  ce  procédé  par  Wintersteiner  (Zeit,  f,  vnss, 
Mik.,  X,  3,  1893,  p.  316)  consiste  simplement  à  supprimer  Talignement  des 
coupes  sur  la  bande  de  papier,  et  à  les  faire  glisser  directement  du  couteau 
sur  la  plaque  de  verre  collodionnée.  Je  me  permets  de  douter  que  ce  soit  un 
perfectionnement. 

334.  Méthode  d'OBREGiA  {NeuroL  Centrait,,  1890);  nous  citons 
d'après  Gulland,  dans  Journ.  of  Paihology^  Feb.  1893;  pour  de 
plus  amples  détails  voyez  Mercier,  Les  coupes  du  système  neigeux 
central^  1894,  133).  C'est  une  modifîcation  assez  commode  de  la 
méthode  de  Weigert.  On  fait  un  mélange  de 

Solution  sirupeuse  de  sucre  candi  pulvérisé,  dans 

Teau  distillée  bouillante 30  ce. 

Alcool  absolu 20  — 

Solution  sirupeuse  transparente  de  dextrine  dans 
l'eau  distillée 10  — 

On  prépare  les  plaques  de  verre  avec  ce  mélange  comme  on  les 
prépare  avec  le  collodion  dans  le  procédé  de  Weigert,  mais  seulement 
deux  ou  trois  jours  avant  de  s'en  servir.  On  les  laisse  sécher  lente- 
ment jusqu'à  ce  que  la  surface  ne  colle  plus  que  légèrement  au 
doigt.  On  fait  les  coupes  et  on  les  cueille  sur  une  bande  de  papier 
comme  dans  le  procédé  de  Weigert,  ou  mieux  sur  du  papier  de  soie 
satiné.  Lorsque  toute  la  série  a  été  cueillie,  on  la  couche  sur  la  plaque 
préparée,  on  enlève  le  papier,  et  l'on  inonde  la  plaque  d'une  solution 
de  celloîdine  (ou  de  photoxyline,  3  p.  100).  On  pose  les  plaques  à  plat, 
et  on  laisse  évaporer.  Aussitôt  que  la  pellicule  de  collodion  a  acquis 
une  certaine  consistance,  on  la  divise  en  rubans  avec  la  pointe  d'un 
couteau  ;  on  peut  alors  mettre  le  tout  de  côté,  la  couche  de  sucre 
retenant  assez  d'humidité  pour  prévenir  le  dessèchement  des  coupes. 
Lorsqu'on  désire  achever  la  préparation  on  met  le  tout  dans  de  l'eau, 
la  pellicule  de  collodion  se  détache  et  on  la  traite  comme  dans  la 
méthode  de  Weigert. 

Ce  qui  procède  a  trait  aux  coupes  au  collodion.  Pour  les  coupes  à 
la  paraffine,  les  opérations  sont  simplifiées  en  ce  qu'on  supprime 
l'alignement  sur  la  bande  de  papier.  On  pose  les  coupes  directement 
sur  la  plaque  préparée,  on  fait  fondre  la  paraffine,  on  traite  par  un 


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250  CHAPITRE   XVII 

dissolvant  de  la  paraffine,  puis  par  Talcool,  et  on  couvre  de  la  solu- 
tion de  collûdioQ  et  Ton  procède  comme  ci-dessus. 

L'avantage  principal  du  procédé  d'OfiREGU,  c'est  qu'il  s'applique 
également  bien  aux  coupes  à  la  celloîdine,  aux  coupes  de  matériel 
qui  n'a  pas  été  enrobé  du  tout,  et  aux  coupes  à  la  paraffine,  tandis 
qu*on  ne  peut  pas  bien  employer  la  méthode  de  Weigert  pour  ces 
dernières. 


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CHAPITRE  XVIII 


AGENTS  ÉCLAIRCISSANTS 


335.  —  Nous  entendons  Ici  par  agents  <  éclaircissants  >  les  liquides 
dont  on  se  sert  dans  le  but  d'augmenter  la  transparence  des  prépa- 
rations microscopiques  par  voie  optique.  Ces  liquides  ont  toujours 
un  indice  de  réfraction  qui  approche  de  celui  des  éléments  des  tissus, 
et  c'est  en  s'insinuant  entre  ces  éléments  qu'ils  permettent  aux  rayons 
lumineux  de  poursuivre  leur  marche  à  travers  les  tissus  sans  subir 
ces  variations  brusifues  de  direction  qui  sont  la  cause  de  l'opacité  des 
préparations  imbibées  d'un  milieu  dont  la  réfringence  est  très  infé- 
rieure à  celle  des  éléments  de  la  préparation.  C'est  assez  dire  que  tous 
les  agents  dont  nous  parlons  sont  des  liquides  fortement  réfringents. 
En  outre,  on  demande  en  général  à  un  agent  éclaircissant  de  remplir 
encore  la  fonction  d'éloigner  Talcool  dont  la  préparation  se  trouve 
imbibée  et  de  faciliter  la  pénétration  de  la  résine  qui  sert  à  la  conser- 
vation permanente  de  la  préparation.  Ces  liquides  doivent  donc  être 
de  nature  à  se  mêler  librement  à  l'alcool,  et  être  en  même  temps  des 
dissolvants  du  baume  de  Canada  ou  d'un  autre  milieu  résineux 
employé  pour  la  conservation.  La  plupart  de  ces  liquides  se  trouve- 
ront donc  parmi  les  huiles  essentielles. 

336.  Manière  d'employer  les  éclaircissants.  —  Nous  avons 
déjà  insisté  à  plusieurs  reprises  sur  l'importance  de  la  précaution  qui 
consiste  à  éviter  autant  que  possible  de  porter  une  préparation  brus- 
quement dans  un  liquide  beaucoup  plus  dense  que  celui  où  elle  se 
trouve,  par  exemple,  de  l'alcool  dans  l'essence  de  cèdre.  Nous  avons 
AU  numéro  6  expliqué  le  procédé  qu'il  convient  d'employer  pour 
rendre  le  passage  d'un  liquide  à  un  autre  aussi  graduel  que  possible  ; 


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252 


CHAPITRE   XVllI 


il  sera  donc  superflu  d'y  revenir.  Ce  procédé  est  celui  qui  con- 
vient pour  tous  les  objets  entiers. 

Pour  les  coupes,  les  déformations  par  osmose  ne  sont  guère  à 
craindre,  et  Ton  peut  convenablement  les  éclaircir  en  inondant 
simplement  le  porte-objets  de  quelques  gouttes  d'essence  qu'on  fait 
aller  et  venir  sur  le  verre. 

On  peut  activer  la  pénétration  des  éclaircissants  en  les  employant 
à  chaud. 

Il  arrive  quelquefois  que  l'essence  se  trouble  pendant  l'opération 
de  l'éclaircissement.  Gela  est  dû  à  une  combinaison  entre  l'huile  essen- 
tielle et  l'humidité  de  l'air  (plutôt  que  celle  des  tissus).  On  peut  en 
général  chasser  Topacité  ainsi  causée  en  chaufl'ant(HATCHETT  Jackson, 
ZooL  Anz.,  1889,  p.  630).  J'ai  trouvé  que  ce  remède  ne  suffit  pas 
toujours,  car  dans  certains  états  de  l'air  l'opacité  persiste,  nonobs- 
tant des  chauffages  répétés.  C'est  pour  cela  que  je  conseille  d'opérer 
toujours  les  éclaircissements  autant  que  possible  dans  un  récipient 
clos. 

337.  Choix  d'un  éclaircissant.  —  Cela  dépend  naturellement 
du  but  que  l'on  se  propose.  Nous  pensons  toutefois  que  les  éclaircis- 
sants suivants  doivent  se  trouver  sur  la  table  de  travail  :  essence  de 
cèdre,  comme  éclaircissant  normal  pour  les  préparations  à  monter 
au  baume,  et  comme  milieu  normal  pour  les  dissections  fines;  essence 
de  girofle,  pour  les  dissections  fmesdans  lesquelles  on  désire  profiler 
de  la  propriété  qu'a  cette  essence  de  former  des  gouttes  très  convexes, 
ne  s'étalant  pas  facilement  sur  le  verre,  ou  de  sa  propriété  de  rendre 
(^s  tissus  fragiles  ;  essence  de  bergamote^  liquide  très  mobile,  excel- 
lent éclaircissant,  se  mêlant  parfaitement  à  Talcool  à  90  p.  100;  acide 
phénique,  pour  les  préparations  qui  n'ont  été  qu'imparfaitement  dés- 
hydratées. 

Les  éclaircissants  spéciaux  de  la  celloidiiie  ont  été  indiqués  au 
numéro  295. 

338.  Classification  des  éclaircissants.  —  D'après  les  re- 
cherches détaillées  de  Stieda,  les  huiles  essentielles  peuvent  être 
classées  dans  les  deux  groupes  suivants,  selon  la  rapidité  plus  ou 
moins  grande  avec  laquelle  elles  effectuent  l'éclaircissement  des 
coupes  : 


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Qoo^^ 


i 


AGENTS   ÉGLAIRCISSANTS 


253 


A.  Groupe  dont  Tessence  de 
térébenthine  est  le  type.  Ces 

essences  ëclaircissenl  sans  trop  de 
peine  des  coupes  parfaitement  dés- 
hydratées,  mais  n'éclaircissent  pas 
du  tout  ou  seulement  après  plusieurs 
heures  des  coupes  qui  ne  le  sont  peu. 

Essence  de  térébenthine, 

—  d'absinthe, 

—  de  baume  de  Copahu, 

—  d'écorces  d'orange, 

—  de  cubèbe, 

—  de  fenouil, 

—  de  fleurs  de  millefeuille, 

—  de  sassafras, 

—  de  genévrier, 

—  de  menthe  crépue, 

—  d'origan, 

—  de  lavande, 

—  de  cumin, 

—  decajeput, 

—  d'écorce  de  cascarille, 

—  de  sabinc, 

—  de  citron. 


B.  Groupe  dont  ressenoe  de 
girofle  est  le  type.  Ces  essences 
éclaircissent  avec  une  très  grande 
rapidité  les  coupes  bien  déshydra- 
tées, et  un  peu  plus  lentement  et 
avec  un  peu  de  ratatinement  celles 
qui  ne  le  sont  pas. 

Essence  de  girofle, 

—  de  Gaultheria, 

—  de  cassia, 

—  de  cannelle, 

—  d'anis  étoile, 

—  de  bergamote, 

—  de  cardamome, 

—  de  coriandre, 

—  de  carvi, 

—  de  romarin. 


Nous  avons  à  ajouter  au  groupe  des  bons  éclaircissants  TesseDce 
de  bois  de  cèdre,  Tessence  de  bois  de  santal,  l'acide  phénique  et  la 
créosote. 

Neelsen  et  ScuiEFFERDECKER  [Arck.  f.  Anal.  u.  Phys.y  1882,  p.  206) 
ont  examiné  une  série  d'essences  dans  le  but  d'en  trouver  qui  réunis- 
sent les  bonnes  qualités  d'éclaircir  rapidement  des  coupes  sorties  de 
Talcool  à  95  p.  100,  de  ne  pas  attaquer  les  teintures  d'aniline,  et 
d'éclaircir  le  collodion  sans  le  dissoudre.  Ils  ont  examiné  les  pro- 
priétés des  essences  suivantes  :  anis,  ambre,  goudron  de  bouleau, 
cajeput,  Acoj'us  calamus,  Cassia,  bois  de  cèdre,  citron,  aneth,  thym, 
pin,  menthe,  cumin,  niobe,  origan,  Palmarosa,  Mentha  piperata, 
Mentha  pulegium,  romarin,  sassafras,  nard,  thuya,  bois  de  Santal, 
carvi.  De  toutes  ces  essences,  trois  seulement  remplissent  ces  condi- 
tions :  ce  sont  l'essence  de  bois  de  cèdre,  l'essence  d'origan,  l'essence 
de  bois  de  santal. 

U  est  un  autre  point  de  vue  d'après  lequel  nous  voudrions  pouvoir 
donner  une  classification  détaillée  des  éclaircissants,  c'est  celui  de 
leurs  indices  de  réfraction.  Malheureusement  les  données  nous 
manquent  pour  cela.  Nous  pouvons  seulement  donner  quelques  indi- 
cations vagues  sur  les  indices  de  quelques-uns  des  plus  importants  de 


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^u 


CHAPITRE   XVIII 


ces  liquides.  L'essence  de  cèdre  a  approximativement  le  même  indice 
de  réfraction  que  le  crown-glass,  qui  est  égal  à  celui  du  baume  de 
Canada  ;  l'essence  de  cèdre  éclaircit  donc  les  objets  au  même  degré 
que  le  baume.  L'essence  de  girofle  a  un  indice  notablement  plus  élevé, 
il  éclaircit  donc  plus  que  le  baume.  L'essence  de  térébenthine,  Tes- 
sence  de  bergamote  et  la  créosote  ont  des  indices  inférieurs  à  celui 
du  baume;  en  conséquence  elles  éclaircissent  beaucoup  moins  que  les 
autres  liquides  que  nous  avons  nommés. 

339.  Essence  de  bois  de  cèdre  (Neelsen  et  ScmEFFERDEc- 
KKR,  L  c).  —  Cette  essence  se  trouve  dans  le  commerce  (Gehe  und 
C"",  Dresden  ;  Scuimmel  u.  Gomp.,  Leipzig  ;  et  chez  les  fournisseurs  de 
reaclifs  histologiques,  Grubler,  et  autres).  Le  prix  en  varie  de  18  à 
2t>  fr.  le  kilo,  c'est  donc  environ  le  même  prix  que  l'essence  de  girofle 
Gniljler  livre  par  petites  quantités  à  raison  de  25  centimes  par 
10  grammes).  Elle  doit  être  d'un  jaune  clair,  ou,  ce  qui  est  mieux, 
d'un  vert  d'huile  d'olive  fraîche.  Elle  se  mêle  facilement  au  baume  de 
Canada  et  à  l'huile  de  ricin.  Elle  s'évapore  avec  une  extrême  lenteur. 
Elle  éclaircit  facilement  des  tissus  sortis  de  l'alcool  à  95  p,  100  ;  les 
coupes  au  collodion  demandent  cinq  à  six  heures  pour  être  éclaircies. 
Elle  n'attaque  pas  les  teintures  aux  couleurs  d'aniline. 

Cette  essence  est  très  pénétrante,  et,  comme  elle  se  mêle  facile- 
ment à  la  paraffine,  elle  constitue,  ainsi  que  nous  l'avons  fait  obser- 
ver ailleurs,  l'un  des  meilleurs  liquides  sinon  le  meilleur,  pour  pré- 
parer les  objets  pour  rinclicsion  à  la  paraffine.  D'après  notre  expé- 
rience, elle  est  de  tous  les  éclaircissants /e  moins  nuisible  aiuv  tissus; 
aussi  sommes^nous  maintenant  entièrement  de  l'avis  de  Neelsen  et  de 
Schieflerdecker,  qui  estiment  qu'elle  est  en  général  le  meilleur  de 
tous  les  éclaircissants. 

Noos  devons  ajouter  qu'il  est  important  qu'elle  soit  d'une  bonne 
qualité,  et  surtout  nous  devons  mettre  en  garde  contre  les  espèces 
incolores;  nous  en  avons  examiné  une  qui  en  plusieurs  jours,  ne  péné- 
trait absolument  pas  des  objets  parfaitement  déshydratés  que  nous 
avions  soumis  à  son  action. 

Je  rae  sers  toujours  pour  ma  part  d'une  essence  épaissie,  telle  qu'on 
l'emploie  pour  les  objectifs  à  immersion. 

340.  Essence  de  girofle.  —  On  sait  qu'il  existe  dans  le  commerce 
des  espèces  d'essence  de  girofle  plus  ou  moins  foncées  de  couleur,  et 
les  auteurs  recommandent  de  n'employer  que  les  espèces  les  plus 
claires.  Nous  donnerons  quelques  explications  à  ce  sujet.  Sans  doute 


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AGENTS   ÉCLÂIRGISSANTS  235 

il  y  a  avantage  à  ce  qu'une  bonne  essence  soit  aussi  peu  colorée  que 
possible,  mais  cette  condition  n'est  pas  facile  à  réaliser  avec  Tessence 
de  girofle.  Cette  essence  jaunit  et  brunit  très  facilement  avec  Tâge  ; 
de  sorte  qu'en  faisant  choix  d'un  échantillon  très  clair,  on  risque  fort 
de  tomber  sur  un  produit  falsiflé  :  ce  qui  arrive  fréquemment. 
Nous  conseillons  au  lecteur  d'expérimenter  avec  des  échantillons 
de  diverses  provenances,  et  de  s'en  tenir  à  celui  qui  lui  donne  les 
meilleurs  résultats. 

L'essence  de  girofle  possède  deux  propriétés  qu'il  est  important  de 
connaître.  Déposée  sur  une  lame  de  verre,  elle  ne  s'étale  pas  facile- 
ment, mais  forme  une  goutte  très  convexe,  propriété  qui  est  souvent 
précieuse  pour  les  dissections  flnes.  Une  autre  propriété  importante, 
c'est  celle  de  rendre  les  tissus  extrêmement  cassants,  propriété  qu'on 
peut  également  mettre  à  profit  pour  les  dissections.  Si  l'on  désire 
amoindrir  ces  effets,  on  peut  combiner  l'essence  de  girofle  avec  de 
l'essence  de  bergamote. 

L'essence  fraîche  dissout  les  couleurs  d'aniline  plus  rapidement  que 
la  vieille. 

L'essence  de  girofle  a  un  indice  de  réfraction  très  élevé ,  elle  éclair- 
cit  les  objets  plus  que  le  baume.  Elle  dissout  le  collodion,  ce  qui  fait 
qu'elle  ne  convient  pas  pour  éclaircir  les  coupes  d'objets  inclus  dans 
cette  masse. 

Cette  essence  conserve  bien  les  éléments  des  tissus  soumis  à  son 
action,  et  nous  estimons  que,  somme  toute,  elle  est,  après  l'essence 
de  bois  de  cèdre,  le  meilleur  éclaircissant  pour  le  travail  ordinaire. 

341.  Essence  de  cannelle.  — Elle  ressemble  beaucoup  à  Tessence  de 
girofle,  mais  est,  en  général,  moins  épaisse.  D'après  notre  expérience,  c'est 
un  excellent  éclaircissant  et  nous  le  recommandons  particulièrement. 

342.  Essence  de  bergamote  (Schiefferdecker,  Arch.  f.  Anal, 
u.  Phys,y  1882,  p.  206).  —  L'essence  de  bergamote  éclaircit  rapide- 
ment les  objets  sortis  de  l'alcool  à  98  p.  100,  elle  éclaircit  bien  le  col- 
lodion sans  le  dissoudre,  et  n'attaq^ie  pas  les  teintures  arix  couleurs 
<f  aniline.  D'après  notre  expérience,  cette  essence  conserve  moins  bien 
les  cellules  que  les  essences  précédentes  ;  nous  savons  cependant  que 
quelques  anatomistes  sont  de  l'avis  de  Schiefl'erdecker,  qui  trouve 
qu'elle  les  conserve  mieux. 

C'est,  croyons-nous,  la  moins  réfringente  de  toutes  les  essences 
usuelles. 

SucHANNEK  {Zeit.  f.  wis.  Mik.,  VII,  2,  1890,  p.  158)  dit  que  l'es- 
sence blanchie,  incolore,  n'éclaircit  pas  bien  les  préparations  impar- 


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^wi^r 


256  CHAPITRE  XVni 

faitement  déshydratées  ;  tandis  qu'une  essence  Terte  peut  absorber  jus- 
qu'à iO  p.  iOO  d'eau. 

Van  der  Stricht  {Arch.  de  Biol.^  XII,  1892,  p.  741)  dit  que  Tes- 
sence  de  bergamote  dissout  à  la  longue  les  granulations  graisseuses 
de  certains  œufs. 

843.  Essence  d^origan  (Neeisen  et  Schiefferdecker,  ibid.).  — 
Ces  auteurs  ont  recommandé  cette  essence  comme  ayant  les  mêmes 
propriétés  que  l'essence  de  bergamote,  c'çst-à-dire  qu'ils  ont  trouvé 
qu*elle  éclaircit  les  coupes  au  collodion  sans  dissoudre  le  collodion. 
Toutes  les  fois  que  nous  l'avons  vu  employer  pour  cet  objet,  il  est 
arrivé  ou  bien  que  les  coupes  ne  s'éclaircissaîent  pas,  ou  bien  que  le 
collodion  était  attaqué.  Des  teintures  à  l'aniline  sont  plus  ou  moins 
attaquées  par  cette  essence. 

Sqlire  (Methods  and  Formulas^  p.  81)  dit  que  l'essence  d'origan 
du  commerce  n'est  pas  autre  chose  que  l'essence  blanche  de  thym 
plus  ou  moins  falsifiée  ;  et  que  le  produit  vendu  sous  le  nom  de 
01.  Origani  Cretici  n'est  vraisemblablement  que  l'essence  de  marjo- 
laine. Voyez  ce  que  nous  avons  dit  au  sujet  de  l'éclaircissement  de  la 
celloïdine  par  les  essences  d'origan  et  de  thym  au  numéro  295  ;  à 
consulter  aussi  van  Gieso.^  [Zeit,  f,  wiss.  Mik.,  IV,  4, 1887,  p.  482). 
L'action  de  ces  essences  sur  la  celloïdine  parait  être  assez  incons- 
tante. 

344.  Essence  de  bois  de  santal  (Id.,  ibid,).  —  Essence  un  peu 
épaisse,  de  couleur  pâle,  s'évaporant  peu  et  ne  changeant  pas  à  la  lumière. 
Elle  éclaircit  rapidement  les  objets  sortis  de  Talcool  à  95  p.  100  et  un  peu 
plus  lentement  des  coupes  au  collodion  ;  elle  n'attaque  pas  les  teintures  aux 
couleurs  d'aniline.  Les  auteurs  que  nous  citons  trouvent  qu'elle  est  un 
éclaircissant  des  plus  utiles.  Elle  est  malheureusement  d'un  prix  un  peu 
élevé  :  elle  coûte  plus  de  60  francs  le  kilo. 

345.  Essence  de  térébenthine.  —  Cette  essence  très  communément 
employée  est,  à  notre  avis,  le  plus  mauvais  des  éclaircissants,  car  elle 
altère  à  un  plus  haut  degré  qu'aucun  autre  les  structures  délicates.  Ce 
défaut  se  trouve  amoindri  par  l'emploi  d'une  térébenthine  épaissie  qu'on 
obtient  facilement  en  exposant  de  l'essence  de  térébenthine  en  couches 
minces  pendant  quelques  jours  à  l'air.  On  verse  de  l'essence  dans  une 
assiette  qu'on  couvre  légèrement,  de  manière  à  exclure  la  poussière,  et  on 
laisse  le  tout  jusqu'à  ce  que  l'essence  ait  acqujs  une  consistance  sirupeuse. 

L'essence  de  térébenthine  a  un  indice  de  réfraction  relativement  très  peu 
élevé  ;  elle  éclaircit  beaucoup  moins  que  le  baume. 

S46.  Acide  phénique  et  créosote.  —  On  peut  employer  l'un  ou 
l'autre  de  ces  réactifs,  qui  ont  une  action  très  semblable.  11  est  bon  de  les 


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AGENTS   ÉGLAIRGISSANTS  257 

prendre  aussi  concentrés  que  possible.  Ils  éclaircissent  les  objets  sortis  de 
Talcool  très  rapidement.  Il  n'est  pas  nécessaire  de  prendre  les  objets  bien 
déshydratés,  car  ces  réactifs  suffisent  à  éclaircir,  quoique  plus  lentement^ 
des  objets  imbibés  d'eau.  Les  éléments  sont  bien  conservés.  Nous  estimons 
que  Tacide  phénique  est  peut-être  le  meilleur  des  éclaircissants  pour  des 
objets  qui  ne  sont  pas  destinés  à  être  montés  dans  le  baume  ;  malheureu- 
sement il  y  a  toujours  danger  de  voir  les  objets  éclaircis  dans  Tun  ou  l'autre 
de  ces  réactifs  se  ratatiner  sérieusement  lorsqu'on  les  met  dans  le  baume. 

347.  Mélange  de  Gage  [Joum.Roy,  Mie.  5oc.,1891,  p.  418).  — Acide 
phénique  cristallisé,  fondu,  40  ce.  ;  essence  de  térébenthine,  60  ce. 

348.  Xylol,  benzol,  toluol,  naphte,  chloroforme.  —  Quoique 
ces  liquides  soient  d'un  maniement  peu  commode,  à  cause  de  leur 
grande  volatilité,  ils  peuvent  rendre  des  services  pour  éclaircir  des 
coupes  au  collodion.  Ils  servent  communément  pour  séparer  la  masse 
et  éclaircir  en  même  temps  les  coupes  à  la  paraffine.  Des  trois  pre- 
miers, c'est  le  benzol  qui  est  le  plus  volatil,  puis  vient  le  toluol,  et 
c'est  le  xylol  qui  est  le  moins  volatil,  les  rapports  étant  comme  4:5:9 
(SouiRE,  Methods,  p.  80).  Le  naphte  est  excellent  pour  enlever  la 
paraffine  de  coupes  destinées  à  être  colorées;  mais  je  conseille  de  ne 
pas  l'employer  pour  des  coupes  à  monter  directement  dans  le  bauma, 
vu  qu'il  précipite  quelquefois  le  baume.  —  Voyez  aussi  au  numéro  319, 

349.  Huile  d'aniline.  —  Cette  substance  est  un  agent  éclaircissant 
d'une  certaine  importance  à  cause  de  la  facilité  avec  laquelle  elle  pénètre 
des  préparations  très  mal  déshydratées.  L'aniline  ordinaire  éclaircit  facile- 
ment des  coupes  sorties  de  l'alcool  à  70  p.  100  ;  et  avec  de  certaines  précau- 
tions on  peut  obtenir  l'éclaircissement  de  préparations  aqueuses  sans 
aucune  intervention  d'un  alcool  quelconque.  On  l'a  employée  à  la  place  à  la 
fois  d'alcool  et  d'essence  pour  préparer  des  tissus  pour  le  bain  de  paraffine. 
Pour  la  manière  de  procédera  cette  opération,  qui  sera  d'ailleurs  fort  rare- 
ment indiquée,  ainsi  que  pour  la  manière  de  préparer  une  aniline  abso- 
lument anhydre,  voyez  Suchannek,  ZeiL  /".  wiss.  Mik.y  VII,  2,  1890, 
p.  156. 

Pour  l'emploi  de  l'aniline  comme  éclaircissant  de  coupes  au  collodion, 
voyez  au  numéro  295. 


AKAT.   U1CR08C. 


17 


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CHAPITRE  XIX 


LIQUIDES  ADDITIONNELS  ET  CONSERVATEURS 


3B0.  —  Nous  donnons  dans  ce  chapitre  la  composition  des  divers  liquid  es 
employés  soit  pour  Texamen  temporaire  des  préparations,  soit  pour  leur 
conservation  définitive.  Nous  commencerons  par  les  milieux  aqueux  et  peu 
réfringents,  nous  passerons  aux  liquides  alcooliques  et  glycériques,  qui 
contiennent  moins  d'eau  et  sont  plus  fortement  réfringents,  et  nous  fini- 
rons par  le  groupe  des  milieux  encore  plus  réfringents  et  parfaitement 
anhydres  représenté  par  les  huiles  essentielles  et  les  résines. 

351.  Eau  distillée.  —  Pour  prévenir  le  développement  de 
microbes,  il  est  bon  d*y  tenir  un  morceau  de  thymol  ou  de  camphre. 

L'eau  peut  être  quelquefois  employée  avec  avantage  pour  Texamen 
de  structures  délicates  qui  ont  été  préalablement  bien  flxées  par 
Tacide  osmique  ou  chromique,  ou  Tun  des  sels  des  métaux  lourds  ; 
par  suite  de  la  faiblesse  de  son  indice  de  réfraction,  elle  sert  parfois 
mieux  qu'aucun  autre  milieu  à  rendre  visibles  des  détails  de  struc- 
ture très  fins.  Mais  il  importe  de  se  rappeler  qu'il  ne  faut  pas  traiter 
par  Teau  des  structures  délicates,  à  moins  qu'elles  n'aient  été  fixées 
comme  nous  l'avons  dit,  car  elle  gonfle  et  déforme  très  rapidement  la 
plupart  des  éléments  cellulaires. 

352.  Théorie  des  liquides  indifférents.  —  Bien  des  solutions 
ont  été  imaginées  dans  le  but  de  donner  à  l'eau  une  densité  qui 
approche  de  celle  des  liquides  des  tissus,  et  par  ce  moyen  d'éviter  les 
violentes  osmoses  auxquelles  est  due  Taclion  nuisible  de  l'eau  pure. 
La  solution  normale  de  sel  en  est  une.  Mais  l'addition  de  sel  ne  sert 
qu'en  partie  à  écarter  cet  inconvénient.  Il  reste  toujours  une  circons- 
tance qui  peut  provoquer  l'endosmose,  c'est  la  différence  de  compo- 
sition des  liquidée  de3  tissus  et  de  la  solution  simplement  saline.  La 


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LIQUIDES    ADDITIONNELS    ET   CONSERVATEURS 


259 


substance  des  cellules  est,  en  eiîet,  un  mélange  de  substances 
c  colloïdes  >  et  de  substances  <  cristalloïdes  »  (Graham),  tandis  que  la 
solution  saline  ne  contient  qu'un  cristalloïde.  Par  suite  de  sa  dilTusi- 
bilité  puissante,  ce  cristalloïde  passe  rapidement  par  endosmose  pour 
rejoindre  les  colloïdes  des  cellules.  Pour  réduire  au  minimum  les 
phénomènes  osmotiques,  il  faut  que  le  liquide  additionnel  contienne 
la  proportion  voulue  de  sel  de  cuisine  ou  d'un  autre  cristalloïde,  et  en 
outre  la  proportion  voulue  de  substance  colloïde.  On  peut  y  ajouter, 
par  exemple,  du  blanc  d'œuf,  ce  qui  permettra  d'atteindre  le  but.  On 
trouvera,  en  effet,  que  tous  les  milieux  qui  se  montrent  excellents  au 
point  de  vue  de  la  bonne  conservation  des  tissus  frais  renferment  et 
des  cristalloïdes  et  des  colloïdes.  Ainsi,  Thumeur  vitrée  contient  envi- 
ron 7,8  parties  de  cristalloïdes  (chlorure  de  sodium),  pour  4,6  de 
matières  colloïdes  et  987  d'eau.  Dans  100  parties  de  liquide  amnio- 
tique se  trouvent  environ  3,8  parties  de  matières  colloïdes  (albumine), 
5,8  de  sel,  et  3,4  d'urée.  Dans  le  sérum  du  sang  on  trouve  8,5 parties» 
de  substances  colloïdes  pour  1  de  substance  cristalloïde  (Frey). 

353.  Sérum.  Sérum  iodé.  —  Ce  réactif  fut  introduit  dans  la 
technifc|ue  histologique  par  Max  Schultze  {Virchow's  Archiv.,  1864, 
p.  268).  Nous  empruntons  les  instructions  suivantes  à  Ranvier  {Traité^ 
p.  76).  Il  n'y  a  que  le  sérum  fabriqué  avec  l'eau  de  l'amnios  des 
mammifères  qui  présente  des  avantages  sérieux.  Pour  se  procurer 
de  l'eau  de  l'amnios,  on  va  dans  un  abattoir  de  Paris  demander  des 
gosselins  de  veau  ou  de  mouton  (c'est  le  nom  sous  lequel  est  connu 
l'utérus  gravide).  Une  incision  comprenant  la  paroi  utérine  et  les 
membranes  donne  issue  à  un  jet  de  sérum  que  l'on  recueille  dans  un 
flacon  muni  d'un  entonnoir.  Ge  liquide  doit  être  parfaitement  limpide 
et  d'un  jaune  citrin.  On  ajoute  dans  le  flacon  des  paillettes  d'iode.  11 
faut  agiter  tous  les  jours  le  mélange,  ou  retourner  le  flacon,  pour 
que  l'iode  se  mélange  à  toute  la  masse,  autrement  il  ne  se  trouverait 
de  l'iode  qu'au  fond  du  flacon,  et  à  la  partie  supérieure  se  formeraient 
des  vibrions  et  des  bactéries. 

Le  meilleur  procédé  pour  avoir  un  bon  sérum  consiste  à  le  prépa- 
rer dans  un  flacon  qui  ne  soit  pas  trop  grand  ou  qui  soit  très  plat,  de 
manière  que  le  niveau  du  liquide  ne  dépasse  pas  2  à  3  centimètres, 
et  de  telle  façon  qu'il  ne  puisse  pas  y  avoir  une  couche  considérable 
de  sérum  au-dessus  de  la  couche  plus  fortement  iodée  du  fond. 

On  peut  aussi  employer  un  autre  procédé.  Le  sérum  est  mélange 
avec  une  forte  proportion  de  teinture  d'iode  ;  il  se  forme  un  précipité 
d'iode  ;  on  Qltre  et  l'on  a  une  solution  fortement  iodée.  On  verse  tous 


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260  CHAPITRE   XIX 

les  deux  ou  trois  jours  un  peu  de  cette  solution  fortement  iodée  dans 
le  sérum  ordinaire  qui  est  ainsi  préservé  de  la  putréfaction.  Il  est  à 
remarquer  qu'au  début  Tiode  se  dissout  très  lentement  dans  le 
sérum  :  mais  si  Ton  continue  son  action,  une  partie  de  cet  iode  ne 
tarde  pas  (au  bout  de  quinze  jours  à  trois  semaines)  à  se  transformer 
en  iodures  ;  ces  iodures  contribuent  alors  à  dissoudre  une  nouvelle 
quantité  d*iode,  et  par  suite  on  peut  avoir  au  bout  d'un  à  deux  mois 
un  sérum  très  fortement  iodé.  C'est  ce  sérum  très  fortement  iodé  et 
présentant  une  couleur  brun  foncé  qui  est  le  meilleur  liquide  pour 
ioder  un  sérum  frais. 

354.  Sérum  artificiel  de  Kronecker  (nous  ne  savons  où  cette  for- 
mule a  été  publiée;  nous  citons  d'après  Vogt  et  Yung  ;  Traité  d'Anal, 
comp.prat.f  p.  473). 

Sel  marin 6  grammes. 

Soude  caustique 0  gr.  06 

Eau  distillée 1000  grammes. 

365.  Sérum  artiûoiel  (Frey,  Le  Microscope,  p.  i3i). 

Blanc  d'oeuf 30  grammes. 

Chlorure  de  sodium 0  gr.  4 

Eau 270  grammes. 

Iode,  q.  s.  pour  conserver  le  mélange. 

D'après  Ranvier  {Traité,  p.  77),  c'est  1,5  gramme  de  teinture  d'iode  qu'il 
convient  d'ajouter. 

356.  Sérum  glycériquede  Migula,  voyez  Zeit.f.  wiss,  MA.,  VII,  2, 
1890,  p.  172,  ou  Joum.  Boy.  Mie.  Soc,  1890,  p.  804. 

357.  Humeur  aqueuse.  Blanc  d'œuf.  —  Ces  simples  liquides 
additionnels  ne  demandent  pas  d'autre  préparation  que  d'être  filtrés. 
On  peut  les  ioder  si  on  le  désire.  L'addition  d'un  morceau  de  camphre 
(Frey)  suffira  pour  conserver  le  blanc  d'œuf  pendant  un  certain  temps. 

358.  Solution  physiologricEue  de  sel.  Solution  saline  nor- 
male. —  On  fait  dissoudre  0,78  p.  100  de  chlorure  de  sodium  dans 
l'eau  distillée.  On  peut  souvent  ajouter  avec  avantage  une  trace 
d'acide  osmique  (Carnoy). 

359.  Sirop  simple.  —  C'est  un  milieu  très  utile  pour  l'étude  de  bien 
d  es  tissus  à  l'état  frais.  Une  bonne  formule  consiste  en  des  parties  égales 
d'eau  et  de  sucre  blanc. 

360.  S^op  an  chloral.  —  Le  sirop  simple  a  l'inconvénient  de  se  laisser 


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LIQUIDES   ADDITIONNELS   ET   CONSERVATEURS  261 

envahir  très  facilement  par  des  moisissures.  Une  bonne  manière  de  parer 
à  cet  inconvénient  est  de  dissoudre  du  chloral  dans  le  sirop.  Il  sufôt  de 
1  p.  100  de  chloral.  Mais  on  peut  employer  des  doses  beaucoup  plus  fortes  ; 
nous  avons  employé  jusqu'à  7  p.  100  sans  inconvénient. 

361.  Sirop  phéniqaé.  —  1  p.  100  d'acide  phénique  dans  du  sirop 
simple.  Nous  recommandons  le  sirop  phénique  Déclat  (Ghassaing,  avenue 
Victoria,  6,  à  Paris,  ou  chez  les  pharmaciens).  —  Ce  sirop  a  l'avantage  de 
rester  toujours  par faitement  incolore, 

t36Z.  Acétate  d'alumine  {Solution  de  Gaxmal);  (Beale). 

Acétate  d'alumine 1  partie. 

Eau 10     — 

363.  Acétate  de  pctassiom  (Max  Schultze,  Arch.  /*.  tnik.  Anal., 
1872,  p.  180).  —  Solution  concentrée  dans  Teau.  On  en  ajoute  une  goutte 
au  bord  du  verre  à  couvrir  sous  lequel  se  trouve  l'objet,  imbibé  d'eau 
Après  vingt-quatre  heures  on  peut  procéder  à  la  fermeture  de  la  prépara 
tion.  Ge  liquide  a  un  inliice  de  réfraction  inférieur  à  celui  de  la  glycérine. 
On  croit  qu'il  a  pour  effet  de  prévenir  le  noircissement  des  objets  qui  ont 
été  traités  par  l'osmium  ;  mais  nous  ignorons  jusqu'à  quel  point  il  possède 
en  réalité  cette  propriété. 

364.  Hydrate  de  chloral.  —  Solution  à  5  p.  100  dans  l'eau 
(Lavdowsky,  Arch.  f.  miL  Anat.,  1876,  p.  359)  ; 

Ou  2,5  p.  100  dans  l'eau  (Brady,  Brxstish  Copepods)  ; 

Ou  1  p.  100  dans  l'eau  (Munson,  Journ.  Roy.  Mie.  Soc,  1881,  p.  847). 


LIQUIDES    MERCURIQUES 

365.  Liqueurs  de  Pacini  {Journ.  de  Micrographie,  1880,  p.  138).  — 
Pacini  fait  observer  que  le  bichlorure  de  mercure  coagule  et  précipite  les 
matières  albuminoïdes  des  liquides  des  tissus,  et  que  pour  cette  raison  il 
convient  de  lui  associer  pour  certaines  préparations  de  l'acide  acétique,  et 
pour  d'autres  du  chlorure  de  sodium.  C'est  d'après  ce  princiqe  qu'ont  été 
imaginées  les  liqueurs  classiques  de  Pacini.  On  ne  les  emploie  guère 
aujourd'hui  pour  le  montage  de  préparations  microscopiques,  mais  ils 
peuvent  encore  rendre  des  services  pour  la  conservation  des  pièces  anato- 
miques.  Voici  la  composition  des  six  liqueurs  de  Pacini  ": 

N**  1.  —  0,5  p.  100  sublimé  corrosir  dans  Teau. 

Pacini  ne  se  servait  de  cette  solution  que  dans  les  cas  où  il  désirait  éloi- 
gner le  sel  ou  l'acide  de  tissus  qui  avaient  séjourné  dans  l'une  des  autres 
liqueurs. 

N»  2.  —  Sublimé 1  partie. 

Sel  de  cuisine 2      — 

Eau 200     — 


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262  CHAPITRE   XIX 

D'un  emploi  général,  mais  sert  spécialement  pour  les  corpuscules  san- 
guins des  animaux  à  sang  froid,  pour  le  sperme,  les  épithéliums,  les  nerfs 
et  les  libres  musculaires.  Cette  liqueur  sert  aussi  à  fixer  les  Infusoires. 

K«  3.  —  Sublimé 1  partie. 

Sel  de  cuisine 4      — 

Eau 200     — 

Pour  les  corpuscules  sanguins  des  animaux  à  sang  chaud. 

N"  4.  —  Sublimé 1  partie. 

Acide  acétique .  .       2     — 

Eau 300      — 

C'est  la  meilleure  de  ces  liqueurs  sous  le  rapport  de  la  conservation  des 
noyaux,  mais  elle  produit  des  gonflements  dans  les  corps  cellulaires  et  dans 
les  fibres. 

N<>  5.  —  (Nous  citons  cette  formule  et  la  suivante  d'après  Frey,  le  Micros- 
cope, p.  233.) 

N*  5.  —  Sublimé 1  partie. 

Sel  de  cuisine 2     — 

Glycérine  (de  25*  Baume) 13      — 

Eau 113      — 

Il  faut  mélanger  et  laisser  reposer  pendant  au  moins  deux  mois.  Après 
ce  temps  on  ajoute  3  volumes  d'eau  et  Ton  filtre.  Cette  liqueur  conserve 
bien  tous  les  tissus  délicats. 

N*  6.  —  Sublimé 1  partie. 

Acide  acétique 2      — 

Glycérine  (25'  Baume)    . 43      — 

Eau 115      — 

S'emploie  pour  les  mêmes  objets  que  la  précédente.  Elle  ne  conserve  pas 
les  corpuscules  rouges  du  sang. 

366.  Modifications  des  liqueurs  de  Pacini.  —  Les  formules  sui- 
vantes sont  citées  par  Frey  (d'après  Cornil)  comme  étant  employées  dans 
l'Institut  Pathologique  de  l'Université  de  Berlin  : 

N»  1.  —  Sublimé 1  partie. 

Sel  de  cuisine 2     — 

Eau 100     — 

Pour  les  tissus  riches  en  vaisseaux  des  animaux  à  sang  chaud. 

N*  2.  —  Sublimé 1  partie. 

Sel  de  cuisine 2      -- 

Eau 200      — 

Pour  les  mêmes  tissus  des  animaux  à  sang  froid. 

N»  3.  —  Sublimé 1  partie. 

Sel  de  cuisine 2      — 

Eau 300     — 

Pour  les  globules  du  pus  et  éléments  semblables. 


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LIQUIDES   ADDITIONNELS  ET   CONSERVATEURS  263 

No  4.  —  Sublimé 1  partie. 

Eau 300     — 

Pour  les  corpuscules  du  sang. 

N*  5.  —  Sublimé 1  partie. 

Acide  acétique 1      — 

Eau 300     — 

Pour  les  épithéliums  et  le  tissu  conjonctif  ;  et  pour  les  globules  du  pus, 
lorsqu'on  désire  en  démontrer  les  noyaux. 

N»  6.  —  Sublimé 1  partie. 

Acide  acétique 3     — 

Eau 300      - 

Pour  les  ligaments,  muscles  et  nerfs. 

N«  7.  —  Sublimé 1  partie. 

Acide  acétique 5     — 

Eau 300     — 

Pour  les  tissus  glandulaires. 

N*  8.  —  Sublimé 1  partie. 

Acide  phosphorique 1      — 

Eau 30  (sic;  nous  pen- 
sons qu*il  faut  lire  300). 

Pour  les  tissus  cartilagineux. 

367.  Liqueurs  de  Goadby  (Mie,  Dict,,  art.  Préservation),  —  Personne 
ne  se  sert  plus  de  ces  liquides,  et  j'en  supprime  les  formules  à  bon  escient. 
La  Liqueur  d'O'wen  (Vogt  et  Yung,  Traité  cTAnat.  comp,  pratique, 
p.  19)  est  dans  le  même  cas. 

368.  Liqueur  de  Gilson  (Carnoy,  Biologie  cellulaire,  p.  94). 

Sublimé 0  gr.  15 

Acide  acétique  (à  15  p.  100  acélique  crislalli- 

sable) 2  ce. 

Glycérine 30  gr. 

Alcool  à  60O 60  — 

Eau 30  — 

Nous  avons  placé  ici  cette  formule  à  cause  du  bichlorure  de  mer- 
cure qu'elle  renferme  ;  mais  nous  rappelons  que,  par  suite  de  la  pro- 
portion assez  considérable  de  glycérine  et  d'alcool  qu'elle  contient 
cette  liqueur  possède  une  puissance  de  déshydratation  assez  marquée 
et  qu'elle  ne  doit  être  employée  qu'avec  des  préparations  soigneuse- 
m  ent  fixées.  C'est  un  des  meilleurs  liquides  pour  l'étude  du  noyau  et 
du  protoplasma  en  général  ;  son  indice  de  réfraction  est  suffisamment 


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264  CHAPITRE   XIX 

élevé  pour  éclaircir  au  degré  convenable  les  cellules  à  protoplasma 
sombre  et  granuleux  ou  chargé  de  corps  étrangers. 

369.  Blanc  d'œaf  et  sablimé  (Gage,  Notes  on  hist,  methods^  Ilhaca^ 
1885-86  ;  Zeit.  f.  wiss.  Mik.,  1886,  p.  223). 

Blanc  d*œiif 15  ce. 

Eau .  200  ce. 

Sublime 0  gr.  5 

Sel  de  cuisine 4  gr^ 

Mêlez,  agitez,  filtrez,  et  conservez  au  frais.  Gage  recommande  beaucoup 
ce  mélange  pour  l'étude  des  corpuscules  rouges  du  sang  et  des  cellules 
ciliées. 

AUTRES    LIQUIDES 

376.  Liqueur  de  Ripart  et  Petit  {Brebissonia,  1880,  p.  92  ;  Gar- 
NOY,  Biologie  cellulaire,  p.  9S). 

Chlorure  de  cuivre 0  gr.  30 

Acétate  de  cuivre 0  —  30 

Acide  acétique  cristallisé .   .       1  — 

Eau  camphrée  (pas  saturée) 75  — 

Eau  distillée 75  — 

Garnoy  trouve  {loc.  cit..,  p.  Iî27)  que  ce  liquide  est  en  général  le 
meilleur  de  tous  pour  la  conservation  des  structures  du  noyau  et  du 
protoplasma.  Il  conserve  parfaitement  toutes  les  colorations  ordi- 
naires, et  même  pendant  longtemps  celle  du  vert  du  méthyle. 

371.  Tanin  (Carnoy,  loc.  et/.). 

Tanin  en  poudre 0  gr.  5 

Eau 100  — 

372.  Picro-carmin.  —  La  solution  de  picro-carmin  a  été  recomman- 
dée par  Ranvier  comme  liquide  additonnel  pour  les  objets  frais,  dans  la 
pensée  qu'elle  possède  une  action  fixatrice  suffisante  pour  conserver  les 
formes  des  cellules.  Carnoy  trouve  que  des  cellules  y  vivent  souvent  assez 
longtemps  pour  s'y  gorger  d'eau  et  s'y  détériorer. 

373.  Vert  de  méthyle.  —  Carnoy  recommande  beaucoup  la  so- 
lution un  peu  concentrée  de  vert  de  méthyle  comme  liquide  addi- 
tionnel pour  les  tissus  frais.  En  solution  un  peu  forte,  le  vert  de , 
méthyle  est  un  fixateur  délicat,  et  conserve  parfaitement  pendant 
longtemps  les  structures  cellulaires  les  plus  délicates.  On  peut  souvent 
lui  ajouter  avec  avantage  une  trace  d'acide  osmique  et  un  peu  d'acide 
acétique. 


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LIQUIDE  ADDITIONNELS  ET   CONSERVATEURS  265 

Nous  ne  saurions  trop  insister  sur  Timportance  de  ce  réactif  dans 
les  recherches  délicates. 

374.  Liqueur  de  Wlckersheimer .  (Voyez  ZooZ.  Anzeig,,  1879,  p.  670.) 
—  Ce  liquide  parait  être  parfaitement  iautile  en  histologie. 

375.  Liqueurs  au  «  vinaigre  sallcyllque  >  (Meyer,  Arch.  f. 
mik.  i4na^,4876,  p.  868).  — On  appelle  «  vinaigre  salicylique  >  une 
solution  de  1  partie  d*acide  salicylique  dans  100  parties  d'acide  pyro- 
ligneux (d'une  densité  de  1,04  ;  il  doit  être  d'un  jaune  pâle).  Avec  cette 
solution,  Meyer  compose  les  deux  liqueurs  suivantes  : 

N<>  1.  —  Vinaigre  salicylique 1  volume. 

Glycérine  allongée  de  2  volumes  d'eau.  .   .     10 

S'emploie  pour  des  Hydres,  des  Nématodes,  certaines  larves,  et 
autres  petits  organismes. 

N^  2.  —  Vinaigre  salicylique 1  volume. 

Glycérine  allongée  de  4  volumes  d'eau.  .   .     10       — 

S'emploie  pour  les  Infusoires. 

Toutes  les  observations  que  nous  avons  rencontrées  dans  la  litté- 
rature histologique  au  sujet  de  ces  liqueurs  portent  qu'elles  sont 
vraiment  excellentes. 

376.  Vinaigre  sallcyllque  &  la  gomme  (Noll,  Zool,  Anzeig., 
1883,  p.  472). 

Liqueur  de  Meyer  (n^  2) 1  volume. 

Liqueur  de  Farrant  (n<>  358) 1       — 

Ce  mélange  ne  se  trouble  jamais  et  ne  se  dessèche  pas.  Il  réussit 
admirablement  pour  les  Crustacés  délicats  et  leurs  larves  ;  les  objets 
ne  s^'y  ratatinent  pas,  et  n'y  deviennent  pas  trop  transparents.  II 
réussit  également  bien  pour  des  préparations  durcies  et  colorées  de 
Polypes,  de  petites  Méduses  et  d'autres  Cœlentérés. 

377.  Médium  de  Deane.  (Voyez  Mie.  DicL,  art.  Préservation.)  — 
Ce  médium  nous  parait  superflu. 

378.  Gomme  arabique  au  chloral  (Hoyer,  Biol.  CentralbL, 
4882,  p.  23).  —  On  prend  un  flacon  à  large  goulot,  de  60  centimètres 
cubes  de  contenance  environ.  On  le  remplit  aux  deux  tiers  de  gomme 


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266  CHAPITRE    XIX 

arabique  en  fragments  (pas  en  poudre).  On  achève  de  le  remplir  avec 
une  solution  (de  plusieurs  centièmes)  d'hydrate  de  chloral  dans  Teau 
à  laquelle  on  ajoute  8  à  10  p.  100  de  glycérine.  Après  quelques  jours 
on  obtient  une  solution  sirupeuse  que  Ton  Qltre  à  travers  du  papier 
de  laine.  La  filtration  est  lente,  mais  peut  être  achevée  en  vingt-quatre 
heures. 

Ce  liquide  a  l'avantage  de  sécher  suffisamment  sous  le  verre  à 
couvrir  pour  qu'il  ne  soit  pas  nécessaire  de  luter  les  préparations. 
11  sert  pour  les  tissus  colorés  par  le  carmin  ou  Tl^ématoxyline.  Les 
éléments  s*y  conservent  bien,  et  sont  moins  éclaircis  que  dans  le 
baume.  Si  après  quelque  temps  la  solution  se  trouble,  il  faut  la 
filtrer  et  ajouter  un  peu  de  chloral. 

379.  Gomme  arabique  &  l'acétate  de  potasse  (Hoyer,  ibid.). 
—  Ce  médium  se  prépare  de  la  même  manière  que  le  précédent,  sauf 
qu'à  la  place  de  la  solution  de  chloral  glycérînée  on  emploie  la  solu- 
tion officinale  d'acétate  de  potasse  ou  d'ammoniaque.  11  sert  plus 
spécialement  pour  les  préparations  colorées  aux  teintures  d'ani- 
line. 

380.  Gk>mme  glycérînée  (Médium  de  Farrant  :  Beale,  How  io 
work,  etc.,  p.  88). 

Gomme  arabique 2  parties. 

Glycérine i      — 

Eau 2      — 

  conserver  dans  un  flacon  bouché  à  l'émeri  et  contenant  un 
morceau  de  camphre. 

D'après  Frey,  ce  médium  serait  composé  de  parties  égales  de 
gomme,  de  glycérine  et  de  solution  saturée  d'acide  arsénieux  dans 
l'eau. 

D'après  le  Micrographie  Dictionary,  il  se  compose  de  parties 
égales  de  gomme  arabique,  de  glycérine  et  de  solution  d'acide  arsé- 
nieux à  0,37  p.  100  dans  l'eau.  On  doit  faire  dissoudre  d'abord  la 
gomme  dans  la  solution  arsénieuse,  et  puis  ajouter  la  glycérine  avec 
p  récaution,  pour  éviter  la  formation  de  bulles  d'air. 

381.  Gomme  glycérînée    (Langerhans,   Zool  Anzeig.y  1879, 

p.  578). 

Gomme  arabique 5  parties. 

Eau 5      — 


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LIQUIDES   ADDITIONNELS   ET  CONSERVATEURS  267 

On  mêle,  et  après  vingt^quatre  heures  on  ajoute  : 

Glycérine 5  parlies. 

Solution  aqueuse  d'acide  phénique  à  5  p.  100.    iO      — 

Pour  conserver  de  petits  organismes  dansée  médium,  on  en  ajoute 
une  goutte  au  bord  de  la  lamelle  sous  laquelle  ils  se  trouvent  ;  le 
lendemain  on  en  ajoute  encore  la  quantité  nécessaire  pour  compenser 
la  perte  par  évaporation,  et  on  lute  la  préparation.  Il  y  a  peu  de 
ratatinement,  et  la  plupart  des  couleurs  naturelles  des  organismes 
marins  se  conservent  bien, 

382.  Le  Mélange  d'Ap&thy  que  nous  avons  donné  au  numéro  186 
est  recommandé  par  cet  observateur  comme  un  milieu  admirable 
pour  le  montage  de  toute  sorte  de  préparations.  On  peut  aussi  rem- 
ployer pour  luler  les  préparations  à  la  glycérine. 

383.  Sirop  Fabre-Domergue  {La  Nature,  n9  823,  9  mars  1889, 
supp.). 

Sirop  de  glucose  dil.  à  25  du  pèse-sel.  .  .  1000  parties. 

Glycérine  blanche 100       — 

Alcool  méthylique 200       — 

Camphre  à  saturation. 

Dissoudre  la  glucose  dans  Teau  chaude  et  ajouter  les  autres  ingré- 
dients. Ce  mélange  étant  toujours  acide  doit  être  neutralisé  par 
l'addition  d'un  peu  de  lessive  de  potasse  ou  de  soude. 

Ce  sirop  est  dit  conserver  sans  altération  la  plupart  des  pigments 
animaux. 

384.  Glucose  de  Brun  (d'après  Fabre-Domergub,  Premiers 
principes  y  1889,  p.  123). 

Eau  distillée 140  parties. 

Alcool  camphré 10       — 

Glucose 40       — 

Glycérine 10       — 

Mêlez  ensemble  l'eau,  la  glucose  et  la  glycérine,  ajoutez  l'alcool  et 
filtrez  pour  enlever  Texcés  de  camphre  qui  se  précipite.  Ce  sirop 
n'attaque  pas  les  teintures  aux  couleurs  d'aniline  et  conserve  même 
la  coloration  du  vert  de  méthyle. 

385.  Lévulose.  —  La  lévulose  a  été  recommandée  comme  milieu 


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268  CHAPITRE   XIX 

de  conservation  par  Behrens,  KoSsel  et  Sghiefferdbgker  {Dos  Mi- 
ftros/pop., etc.,Braunschweig,  1889).  Elle  ne  cristallise  pas,  et  conserve 
bien  les  colorations  au  carmin  et  aux  couleurs  d*aniline  (rhéma- 
toxyline  s'y  fane  un  peu).  Réfraction  un  peu  supérieure  à  celle  de 
la  glycérine.  Se  mêle  à  Teau. 

LIQUIDES    GLYGÉRIQUES 

386.  Glycérine.  —  Les  liquides  glycériques  étant  sans  contredit, 
après  les  résines,  les  milieux  les  plus  importants  pour  Texamen  et  la 
conservation  des  préparations  microscopiques,  nous  ferons  bien  de 
dire  quelques  mots  sur  l'emploi  de  la  glycérine  en  général. 

On  emploie  très  souvent  pour  la  conservation  définitive  des  prépa- 
rations histologiques  la  glycérine  fortement  allongée  d'eau.  Cette 
pratique  se  recommande  dans  bien  des  cas  à  cause  de  Taugmentation 
de  visibilité  de  certains  détails  de  structure  très  fins  qu'on  obtient 
en  diminuant  l'indice  de  réfraction  de  la  glycérine  par  Taddition 
d'eau.  Mais  au  point  de  vue  de  la  bonne  conservation  des  pièces  on 
fera  toujours  mieux  d'employer  la  glycérine  pure,  la  plus  dense  qu'on 
peut  se  procurer, 

La  meilleure  glycérine  est  celle  de  la  maison  Price,  de  Londres. 
Elle  est  neutre,  plus  dense  qu'aucune  autre  glycérine  que  nous 
ayons  examinée,  et  possède  un  indice  de  réfraction  de  1,46.  On  en 
trouve  facilement  de  petites  quantités  dans  toutes  les  pharmacies 
anglaises. 

Ce  n'est  pas  une  chose  facile  que  de  luter  les  préparations  à  la 
glycérine  d'une  façon  assez  solide  pour  assurer  leur  conservation 
définitive.  La  glycérine  est  extrêmement  pénétrante  et  finit  toujours 
par  attaquer  tous  les  luts  à  la  gomme-laque  ou  au  bitume  qui  ont 
été  imaginés  jusqu'ici.  Il  est  cependant  un  moyen  très  simple  de 
prévenir  cet  inconvénient.  On  entoure  la  préparation  d'abord  d'une 
bordure  de  gelée  à  la  glycérine  (l'une  ou  Tautre  des  gelées  dont  les 
formules  vont  suivre  conviendra).  On  attend  que  la  gelée  se  soit 
solidifiée,  et  l'on  procède  à  la  fermeture  définitive  par  le  lut  de  Bell, 
ou  par  le  bitume  de  Judée.  On  fera  bien  de  prendre  la  précaution 
recommandée  par  Marsh,  de  rendre  la  gélatine  insoluble  en  la  trai- 
tant, aussitôt  qu'elle  s'est  séchée  suffisamment,  par  du  bichromate 
de  potasse.  (Voyez  au  chapitre  des  c  Luts  et  Vernis  ».) 

Nous  rappelons  que  la  glycérine  dissout  le  carbonate  de  chaux,  et 
qu'en  conséquence  on  ne  doit  pas  l'employer  pour  la  conservation 
d'objets  calcaires. 


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LIQUIDES   ADDITIONNELS  ET   CONSERVATEURS  260 

La  glycérine  ne  conserve  pas  la  couleur  des  préparations  colorées 
par  la  oochenille  ou  (du  moins  d*après  notre  expérience)  Thématoxy- 
line.  La  conservation  de  la  coloration  délicate  des  teintures  aux  car- 
mins alunés  dans  la  glycérine  est  chose  sur  laquelle  il  ne  faut  pas 
trop  compter. 

387.  Glycérine  eztra-rôf ringente.  —  Si  dans  certains  cas  il  est  avanta- 
geux de  diminuer  Tindice  de  réfraction  de  la  glycérine  par  Taddition  d'eau, 
dans  d'autres  il  peut  être  avantageux  de  Taugmenter.  L'indice  de  réfraction 
de  la  glycérine  de  Price  est  de  1,46  ;  en  y  faisant  dissoudre  des  substances 
appropriées  on  peut  élever  cet  indice  à  la  hauteur  de  celui  du  crown-glass, 
de  manière  à  porter  la  puissance  éclaircissante  de  la  glycérine  à  la  hauteur 
de  celle  du  baume  de  Canada,  et  à  permettre  d'utiliser  l'ouverture  totale 
des  objectifs  à  immersion  homogène.  Ainsi,  avec  une  solution  de  chlorure 
de  cadmium  dans  la  glycérine,  on  peut  atteindre  l'indice  de  réfraction  de 
1,504;  avec  une  solution  saturée  de  sulfocarbonate  de  zinc  dans  la  glycé- 
rine, on  arrive  à  1,501  ;  avec  une  solution  saturée  d'hydrate  de  chloral 
(amorphe,  de  Schering)  dans  la  glycérine,  on  obtient  1,510;  avec  Tiodate 
de  zinc  dans  la  glycérine,  on  obtient  1,560,  indice  qui  dépasse  celui  du 
baume  du  Canada,  qui  est  de  1,540.  (Voyez /ourn.  Boy.  Mie,  Soc,  1879, 
p.  346  ;  —  1881,  p.  943,  et  p.  366,  —  et  1880,  p.  1031.) 

Pour  préparer  la  solution  de  sulfocarbonate  de  zinc,  on  prend  des 
parties  égales  de  cristaux  de  sulfocarbonate  de  zinc  et  de-  glycérine  de 
Price,  on  les  mêle  ensemble,  et  l'on  chauffe  jusqu'à  faire  bouillir  la  glycé- 
rine. AU  bout  d'une  heure  la  solution  est  faite,  mais  il  vaut  mieux  continuer 
à  chauffer  pendant  quelque  temps,  vu  que,  si  l'on  ne  chauffe  que  le  temps 
nécessaire  pour  faire  dissoudre  les  cristaux,  il  y  a  risque  de  voir  la  solution 
cristalliser  au  refroidissement.  Filtrer  à  chaud.  En  évaporant  doucement  la 
solution,  ou  en  y  faisant  dissoudre  encore  quelques  cristaux,  on  peut  faire 
monter  l'indice  de  réfraction  jusqu'à  1,525.  {Joum.  Boy.  Mie.  Soc,  1880, 
p.  1031.) 

388.  Glycérines  alcoolisées.  —  En  combinant  en  diverses  pro- 
portions la  glycérine,  Teau  et  Talcool,  on  obtient  une  série  de  liqui- 
des très  utiles  comme  liquides  additionnels  pour  Tétude  d'objets  qui 
demandent  à  ne  pas  être  trop  éclaircis  et  à  ne  subir  que  très  graduel- 
lement l'action  d'un  milieu  dense.  Pour  les  employer,  il  convient  de 
mettre  l'objet  dans  une  quantité  suffisante  du  liquide  qu'on  choisit, 
le  couvrir  légèrement,  et  le  laisser  quelques  heures  ou  quelques 
jours.  Au  bout  de  ce  temps,  l'alcool  s'est  évaporé  avec  une  partie  de 
l'eau  et  l'on  peut  procéder  à  la  fermeture  de  la  préparation,  ou  bien 
monter  dans  la  glycérine  plus  forte,  ou  dans  une  gelée  à  la  glycérine. 
On  trouvera  ces  liquides  très  importants  pour  l'étude  des  fins  détails 
de  la  structure  des  cellules,  ainsi  que  pour  les  fines  dissections  d'ob- 
jets très  petits. 


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-'-'^«.îrç^-îlBST^'îT 


270  CHAPITRE   XIX 

1.  Liquide  de  Galberla. 

Glycérine i  partie. 

Alcool 1      — 

Eau 1      — 

2.  Nous  recommandons  pour  les  objets  très  délicats  le  mélange 
suivant.  (Rappelons  toutefois  que  la  liqueur  de  Gilson  (n**  368)  vient 
prendre  place,  sous  le  rapport  de  la  densité,  entre  ce  mélange  et  le 
précédent.) 

Glycérine 1  partie. 

Alcool 1      — 

Eau 2      — 

3.  Liquide  de  Hœntsch. 

Glycérine 1  partie. 

Alcool 3      — 

Eau ,   ....     2      — 

4.  Liquide  de  Jœger  (Vogt  et  Yung  ,  Ti^aité  d'Ânat.  comp.  prat„ 
p.  46). 

Gl}cérine 1  partie. 

Alcool 1      — 

Eau  de  mer 10      — 


GLYCÉRINES  GÉLATINÉES  :  GELÉES  A  LA  GLYCÉRINE 

389.  Emploi  de  la  glycérine  gélatinée,  ou  gelée  à,  la  gly- 
cérine. —  Nous  avons  déjà  fait  observer  que  la  glycérine  est  d'un 
emploi  peu  commode  et  peu  sûr  pour  les  préparations  permanentes, 
à  cause  de  la  grande  facilité  avec  laquelle  elle  attaque  les  luts,  de 
sorte  que,  malgré  toutes  les  précautions,  les  préparations  faîtes  à  la 
glycérine  pure  seront  toujours  d'une  permanence  problématique.  On 
pare  à  cet  inconvénient  en  combinant  la  glycérine  avec  la  gélatine, 
de  manière  à  former  un  composé  qui  a  la  consistance  d'une  gelée  à 
la  température  normale.  Pour  se  servir  de  cette  gelée,  on  en 
fait  fondre  une  petite  portion  sur  le  porte-objet  à  l'aide  d'une 
lampe  à  alcool,  on  y  introduit  Tobjet  préalablement  imbibé  d*eau  ou 
de  glycérine  S  on  pose  une  lamelle,  et  on  laisse  refroidir.  Gela  sufflt 

i  Cela  suffît  quand  on  fait  usage  d'une  gelée  contenant  relativement  peu  de 
gélatine.  Pour  les  gelées  fermes,  riches  en  gélatine,  on  n'obtiendra  de  bons 
résultats  qu'en  préparant  les  objets  dans  un  bain  de  la  même  gelée  fondue  au 
bain-marie. 


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LIQUIDES    ADDITIONNELS   ET   CONSERVATEURS  271 

parfaitement  à  la  conservation  des  pièces  ;  il  n*est  nécessaire  de  luter 
la  préparation  que  pour  mieux  assujettir  la  lamelle  en  vue  d'une 
conservation  tout  à  fait  définitive. 

Les  gelées  à  la  glycérine  ont  un  indice  de  réfraction  supérieur  à 
celui  de  la  glycérine  pure. 

Nous  sommes  d'avis  que  ces  milieux  sont  d'une  importance  très 
réelle,  et  que  l'histologiste  doit  toujours  posséder  une  bonne  gelée  à 
la  glycérine. 

390.  Gelée  &  la  glycérine  (Deanne)  (Frey,  Le  Microscope. 
p.  231),  —  Faire  dissoudre  30  grammes  de  gélatine  [dans  60  grammes 
d*eau  chaude,  et  ajouter  120  grammes  de  glycérine. 

391.  Gelée  &  la  glycérine  (Lawrence  (Davies  ,  Prep.  and  Moun- 
ting  of  Mie.  Objects,  p.  84).  —  On  prend  une  quantité  voulue  de 
gélatine  qu'on  laisse  ramollir  pendant  deux  ou  trois  heures  dans 
l'eau,  on  l'exprime,  et  on  la  fait  fondre.  On  ajoute  1,5  ce.  de  blanc 
d'œuf  par  25  ce.  de  gélatine  fondue;  il  faut  ajouter  le  blanc  d'œuf  au 
moment  où  la  gélatine  est  refroidie  mais  encore  liquide.  On  fait  bouil- 
lir, ce  qui  coagule  le  blanc  d'œuf  et  éclaircit  la  gélatine.  On  filtre  à 
travers  delà  flanelle  fine,  et  Ton  ajoute  pour  25  ce.  du  liquide  filtré 
10  ce.  d'un  mélange  de  2  parties  d'eau  camphrée  avec  une  partie  de 
glycérine. 

392.  Gelée  &  la  glycérine {Beale,  How  to  woi%  etc.,  p.  57).  — 
Beale  fait  fondre  et  clarifie  comme  dans  la  formule  précédente  une 
certaine  quantité  de  gélatine  (ou  colle  de  poisson),  et  la  combine  avec 
un  volume  égal  de  glycérine  concentrée. 

393  Gelée  &  la  glycérine  (Brandt,  Zeitschr,  f.  wiss.  Mik.y  4880, 
p.  69  ;  Jowm,  Roy.  Mie.  Soc,  1880,  p.  602).  —  On  fait  fondre  de  la 
gélatine  de  la  manière  que  nous  avons  exposée  plus  haut  (n^  391,)  on 
ajoute  1,5  vol.  de  glycérine,  et  l'on  liltre.  A  la  gelée  filtré  on  ajoute 
quelques  gouttes  d'acide  phénique. 

La  filtration  du  mélange  est  un  point  d'une  importance  capitale. 
La  gélatine  du  commerce  contient  toujours  de  la  poussière  et  de 
nombreux  petits  fils.  Le  papier  à  filtrer  ne  laisse  pas  passer  la  gelée 
en  quantité  suffisante,  et  la  flanelle  ne  fait  qu'augmenter  la  quantité 
de  fils.  Brandi  arrive  au  but  à  l'aide  du  dispositif  suivant.  On  prend 
une  bouteille  à  large  goulot,  et  on  la  coupe  ou  on  la  brise  en  deux. 
Le  goulot  est  bouché  par  un  bouchon  perforé  de  deux  trous.  Dans 


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272  CHAPITRE   XIX 

Tun  de  ces  trous  on  ajuste  un  tube  de  verre  long  de  20  cm.  ;  au  dedans 
(le  la  bouteille  il  doit  faire  un  peu  saillie,  et  au  dehors  il 
doit  être  courbé  assez  brusquement  de  côté  et  effilé  en  une  pointe  de 
1 ,5  à  2  mm.  de  diamètre.  Dans  Tautre  trou  on  ajuste  un  entonnoir,  de 
telle  façon  que  sa  partie  large  se  trouve  dans  la  bouteille,  et  que  son 
tube  de  décharge  passe  à  travers  le  bouchon.  On  tasse  du  verre  pilé 
dans  le  tube  de  décharge,  on  met  la  gelée  de  glycérine  dans  Tenton- 
noir,  et  Ton  remplit  d'eau  chaude  Fespace  compris  entre  Tentonnoir 
et  les  parois  de  la  bouteille.  L*eau  chaude  s'écoule  lentement  par 
Torifice  du  tube  de  verre,  et  on  la  remplace  à  mesure. 

394.  Gelée  &la  glycérine  (Kaiser,  Doi,  CentralbL,  1880,  p.  25). 
—  On  laisse  ramollir  1  partie  de  gélatine  de  Paris  pendant  deux 
heures  dans  6  parties  d'eau,  et  l'on  ajoute  7  parties  de  glycérine  et 
1  p.  100  d'acide  phénique  concentré.  On  chauffe  pendant  dix  à  quinze 
minutes,  en  remuant  tout  le  temps  jusqu'à  ce  que  les  flocons  produits 
par  l'acide  phénique  aient  disparu.  On  filtre  à  chaud  à  travers  du 
verre  pilé  fin,  humecté  et  tassé  dans  un  entonnoir. 

Nous  nous  sommes  fait  une  excellente  gelée  d'après  cette  formule, 
en  substituant  cependant  la  colle  de  poisson  à  la  gélatine.  On  réussira 
à  filtrer  à  travers  du  papier  en  tenant  l'entonnoir  près  d'un  bon  feu 
de  cheminée. 

396.  Gelée  &  la  glycérine  (Seaman,  Amer,  MonthL  Mie,  Journ,^ 
1881,  p.  534). — On  dissout  de  la  colle  de  poisson  dans  l'eau  de  manière 
à  avoir  une  gelée  un  peu  ferme  après  refroidissement,  on  ajoute 
10  p.  100  de  glycérine,  et  un  peu  de  solution  de  borax,  d'acide  phé- 
nique ou  de  camphre.  On  filtre  à  chaud  à  travers  de  la  mousseline  et 
Ton  ajoute  un  peu  d'alcool. 

396.  Gelée  &  la  glycérine  (Fol  ,  Lehrb,,  p.  138).  —  Fol  recom- 
mande les  trois  gelées  suivantes  : 

1.  Faire  fondre  ensemble  un  volume  de  la  gelée  de  Beale  (voyez 
n^  394)  et  un  demi-volume  à  un  volume  d'eau,  et  ajouter  2  à  5  p.  100 
d'une  solution  d'acide  salicylique,  d'acide  phénique,  ou  de  camphre. 

2.  —  Gélatine 30  parties 

Eau 70      — 

Glycérine 100      — 

Solution  alcoohque  de  camphre 5      — 

A  préparer  comme  la  gelée  de  Beale,  le  camphre  étant  ajouté  en 
dernier  lieu  en  remuant . 


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LIQUIDES   ADDITIONNELS   ET   CONSERVATEURS  273 

3.  —  Gélatine 20  parties. 

Eau 150      — 

Glycérine 100      — 

Solution  alcoolique  de  camphre 15      — 

A  préparer  comme  la  précédente. 

397.  Gélatine  au^chloral  (Gilson,  in  litt.).  — J'ai  bien  de  Tobli- 
gation  à  M.  le  professeur  Gilson,  qui  a  bien  voulu  m'envoyer,  il  y  a 
deux  ans,  la  formule  suivante  d'une  gelée  très  réfringente  et  en  con- 
séquence utile  pour  des  objets  de  nature  opaque  auxquels  on  désire 
épargner  les  essences  et  le  baume. 

Gélatine  gonflée  dans  Teau  pendant  12  heures, 

égouttée,  puis  fondue 1  volume. 

Glycérine  de  Price 1        — 

Hydrate  de  chloral  cristallisé 1        — 

On  mélange  les  deux  liquides,  et  Ton  ajoute  autant  de  cristaux  de 
choral  qu*il  en  faut  pour  faire  augmenter  le  mélange  de  la  moitié  de 
son  volume,  et  Ton  chauffe  jusqu'à  dissolution.  On  peut  y  ajouter  des 
matières  colorantes,  vert  de  méthyle,  solutions  carminées,  etc. 

398.  Gelée  de  Squlre  (Squire,  Methods  and  Formulae^  p.  84). 
—  100  grammes  de  gélatine  française,  gonflée  dans  de  Teau  chloro- 
formée, égouttée  et  fondue  dans  750  grammes  de  glycérine.  Ajouter 
400  grammes  d*eau  chloroformée  dans  laquelle  on  a  incorporé  environ 
80  grammes  de  blanc  d'œuf  ;  mélanger  intimement,  et  chauffer  à 
ébullition  pendant  5  minutes.  Ajouter  de  Teau  chloroformée  pour 
parfaire  le  poids  total  de  1,550  grammes.  Filtrer  dans  une  étuve. 


Autres  milieux  aqueux  réfringents 

399.  BModure  de  mercnre  et  iodare  de  potaBsium  (Stephenson, 
Joum.  Boy, Mie,  Soc.^  1882,  p.  167). —On  ajoute lesdeux sels  àde Teaujusqu'à 
saturation,  et  Ton  allonge  d'eau  s*il  y  a  lieu.  La  solution  saturée  a  Tindice 
de  rérraction  énorme  de  1,680.  J'ai  expérimenté  avec  la  solution  saturée  et 
avec  des  solutions  diluées.  Les  tissus  s'y  conservent  bien,  mais  les  prépara- 
tions sont  bientôt  détériorées  par  un  précipité  qui  se  forme  dans  le  liquide. 
Néanmoins,  je  pense  qu'il  est  bon  de  ronaaitre  ce  liquide,  qui  peut  rendre 
des  services  pour  des  préparations  temporaires  par  suite  de  ses  propriétés 
optiques  vraiment  remarquables. 


ANAT.  IIICROSC.  18 


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274 


CHAPITRE    XIX 


RÉSINES 

400.  Les  résines  et  les  baumes  sont  pour  la  plupart  des  subs- 
tances solides,  ou  du  moins  d'une  viscosité  très  grande,  à  la  tempé- 
rature normale.  Elles  consistent  en  un  corps  amorphe  ou  vitreux  en 
solution  dans  une  huile  essentielle.  Par  distillation  ou  par  évaporation 
naturelle  à  Tair,  les  résines  perdent  leur  huile  essentielle  et  passent 
à  Tétat  solide.  Selon  nous,  c'est  toujours  de  ces  résines  ainsi  privées 
de  leur  essence  par  évaporation  spontanée  ou  artificielle  qu'il  con- 
vient de  se  servir  pour  faire  les  solutions  qu'emploie  le  micrographe. 
Voici  pourquoi.  Les  résines  brutes,  encore  liquides  par  suite  de  l'huile 
essentielle  qu'elles  contiennent,  renferment  en  outre  une  certaine 
proportion  d'eau.  Celte  eau  est  nuisible  sous  deux  rapports  :  elle  rend 
plus  difflcile  le  problème  de  faire  une  solution  parfaitement  limpide 
de  la  résine  dans  un  des  dissolvants  volatils  (xylol  ou  chloroforme, 
par  exemple)  qu'on  emploie  à  cette  fin,  pour  des  raisons  bien  moti- 
vées ;  elle  nuit  à  la  bonne  définition  et  à  la  bonne  conservation  des 
tissus^  et  surtout  à  la  bonne  conservation  des  pièces  colorées.  C'est 
pourquoi  nous  recommandons  de  faire  toujours  les  solutions,  soit  de 
colophane,  soit  de  résine  damar,  soit  de  baume,  avec  la  substance  en 
nature  ;  nous  sommes  d'avis  qu'on  obtient  ainsi  des  solutions  bien 
plus  belles  qu'en  employant  la  substance  brute.  Fol  {Lehrbuch, 
p.  438,  139)  est  d'un  autre  avis. 

Les  solutions  peuvent  se  faire  avec  des  menstrues  volatils,  telles 
que  le  xylol  ou  le  chloroforme  ;  en  ce  cas  elles  sèchent  rapidement. 
Ou  bien  elles  peuvent  se  faire  avec  des  menstrues  non  volatils,  telles 
que  l'essence  de  térébenthine  ;  elles  sèchent  alors  lentement.  Dans 
l'un  et  l'autre  cas,  aussitôt  que  l'évaporation  du  dissolvant  s'est 
accomplie,  la  résine  devient  cassante  ;  elle  peut  perdre  de  son  adhé- 
sion à  la  lamelle,  qui  peut  se  laisser  détacher  par  un  choc  si  elle 
n'est  pas  lutée  ;  elle  peut  se  fendiller  et  endommager  la  préparation. 
Pour  cette  raison,  on  emploie  de  préférence  les  solutions  au  chloro- 
forme ou  au  xylol  alors  qu'on  désire  avoir  une  préparation  solidifiée 
aussi  rapidement  que  possible,  de  manière  à  pouvoir  l'utiliser  pour 
l'étude  sans  délai.  Les  solutions  faites  à  la  térébenthine  doivent  être 
;iu  contraire  employées  de  préférence  lorsqu'il  s'agit  en  premier  lieu 
d'assurer  à  la  préparation  une  durée  aussi  longue  que  possible. 

Au  point  de  vue  pratique  je  crois  qu'ï7  n'existe  pas  une  seule  de 
ces  solutions  qui  soit  un  milieu  histologique  irréprochable.  Les  solu- 
tions de  résine  damar  au  xylol  sont  très  belles  et  donnent  pour  des 


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LIQUIDES  ADDITIONNELS  ET   CONSERVATEURS  275 

détails  délicats  souvent  une  meilleure  définition  que  le  baume  de 
Canada.  Mais  je  crois  qu'aucune  de  ces  solutions  n*est  parfaitement 
stable.  Dans  la  plupart  de  mes  vieilles  préparations  au  damar  se  sont 
développés  des  granules  qui  les  ont  détériorées.  lien  est  de  même,  mais 
à  un  degré  moindre,  du  baume  de  Canada  au  xylol  ou  au  benzol.  Le 
baume  au  chloroforme  se  conserve  bien,  mais  brunit  beaucoup  avec 
Tâge  ;  de  plus,  il  ne  conserve  pas  bien  les  couleurs  d'aniline.  Le  baume 
à  Talcool  de  Seiler  se  maintient  très  bien,  mais  ne  conserve  pas  non. 
plus  les  couleurs  d*aniline.  Je  m'en  sers  pour  les  colorations  au  car- 
min. Pour  les  couleurs  d'aniline  j'emploie  maintenant  la  colophane  à 
la  térébenthine.  Elle  donne  une  bonne  définition  de  détails  délicats  et 
se  conserve  parfaitement.  M.  le  docteur  Paul  Mayer  m'écrit  cependant 
que  ces  sortes  de  solutions  (c'est-à-dire  à  la  térébenthine)  ne  valent 
rien  pour  les  colorations  à  l'hématéine.  Puis  cette  solution  a  un  indice 
trop  faible  pour  les  objets  qui  demandent  à  être  fortement  éclaircis. 
Pour  ceux-là  j'emploie  Tessence  de  cèdre.  C'est  un  milieu  d'une  défi- 
nition parfaite,  et  qui  se  conserve  parfaitement.  Avec  le  temps  cette 
essence  se  solidifie  suffisamment  pour  fixer  le  verre  à  couvrir  ;  ou  si 
on  le  désire  on  peut  toujours  luter  avec  le  ciment  de  Bell.  Je  ne  puis 
donc  que  recommander  la  colophane  à  la  térébenthine  comme  milieu 
général  ;  et  si  Ton  désire  avoir  un  milieu  plus  réfringent,  alors 
Vessence  de  cèdre  pour  les  couleurs  d'aniline,  et  le  baume  de  Seiler 
pour  le  carmin  (je  n'ai  pas  assez  d'expérience  quant  à  son  effet  sur 
les  colorations  à  l'hématéine).  Le  baume  au  xylol  est  certainement 
un  milieu  excellent  quant  à  la  conservation  des  couleurs  (d*après 
mon  expérience;  Martinotti  cependant  dit  avoir  trouvé  que  la  safra- 
nine  y  perd),  mais  j'estime  qu'il  n'est  pas  absolument  de  confiance 
sous  le  rapport  de  la  formation  de  granules.  (M.  le  docteur  Mayer  est 
aussi  de  cet  avis,  à  ce  qu'il  a  bien  voulu  m'e'crire  récemment.)  On  le 
voit  bien,  nous  ne  possédons  pas  encore  un  milieu  résineux  par f al- 
ternent satisfaisant. 

401.  Baume  de  Canada.  —  Ce  baume  se  trouve  en  général  dans 
le  commerce  à  l'état  liquide  ;  on  le  rencontre  cependant  quelquefois 
à  l'état  solide.  Si  on  ne  le  trouve  pas  sous  cette  forme,  nous  recom- 
mandons de  le  faire  évaporer  à  la  chaleur  douce  et  sèche  d'une  étuve 
jusqu'à  ce  qu'il  devienne  cassant  après  refroidissement.  Cette  précau- 
tion n'est  cependant  nullement  indispensable. 

Les  dissolvants  employés  pour  faire  les  solutions  sont  :  le  xylol,  le 
benzol,  le  chloroforme,  l'essence  de  térébenthine  et  Talcool.  Les  solu- 
tions dans  le  xylol  sont  moins  visqueuses  que  celles  qui  sont  faites 


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I 


276  CHAPITRE   XIX 

dans  les  autres  dissolvants,  ce  qui  les  rend  beaucoup  plus  faciles  à 
f  manier.  Elles  sèchent  vite.  Elles  peuvent  dissoudre  sans  se  troubler 

les  traces  de  paraffine  qui  peuvent  rester  dans  les  coupes.  Elles  ont 
^  l'avantage  d*attaquer  moins  que  les  autres  solutions  les  teintures  aux 

couleurs  d'aniline.  Nous  avons  donné  au  numéro  précédent  une  esti- 
mation de  la  stabilité  de  cette  solution,  que  nous  n'avons  pas  toujours 
trouvée  parfaite,  ce  qui  ne  veut  cependant  nullement  dire  que  son 
emploi  expose  à  de  graves  inconvénients.  C'est  la  solution  qu'emploie 
maintenant  Mayer  en  général  (Mayer,  in  litt.) .  Les  solutions  à  la 
benzine  ressemblent  beaucoup  aux  solutions  au  xylol,  mais  nous 
paraissent  leur  être  inférieures  sous  les  rapports  que  nous  avons 
indiqués.  Les  solutions  au  chloroforme  sont  excellentes,  mais  il  nous 
semble  qu'avec  ce  dissolvant  il  est  moins  facile  d'obtenir  une  solution 
parfaitement  limpide,  et  que  les  solutions  sont  décidément  moins 
commodes  à  manier;  elles  ont  surtout  plus  de  viscosité.  D'après  Heys 
(Trans,  Mie.  Soc,  1865,  jan.,  p.  19),  il  est  avantageux  de  verser  la 
solution  faite  au  chloroforme  dans  des  flacons  hauts  et  étroits  et  de 
la  laisser  reposer  au  moins  un  mois;  par  ce  moyen  elle  se  clarifie. 
Voyez  également  ce  que  nous  avons  dit  au  sujet  de  ces  solutions  au. 
numéro  précédent. 

Les  solutions  à  la  térébenthine  sont  peu  employées.  Il  paraît  qu'avec 
ce  dissolvant  il  n'est  pas  très  facile  d'obtenir  des  solutions  homogènes 
et  que  lorsqu'elles  sèchent,  il  s'y  forme  souvent  des  traînées  et  des 
bulles  d'air.  C'est  pourquoi  nous  recommandons  de  ne  pas  employer 
le  baume  de  Canada,  mais  plutôt  la  colophane  toutes  les  fois  qu'on 
désire  faire  usage  d'une  solution  à  la  térébenthine. 

Seiler  {Proc.  Amer,  Soc.  Mie,  1881,  p.  60)  recommande  de  prendre 
du  baume  de  Canada  réduit  à  l'état  sec  par  évaporation  comme  nous 
l'avons  dit,  de  le  dissoudre  dans  de  l'alcool  absolu  chaud,  et  de  filtrer 
à  travers  de  la  ouate.  Cette  solution  aurait,  selon  Seiler,  l'avantage 
que,  comme  elle  nous  met  à  même  d'y  porter  les  objets  directement 
de  l'alcool  absolu  sans  traitement  par  une  essence  ou  autre  agent 
éclaircissant,  on  évite  le  ratatinement  des  tissus  causé  par  l'emploi 
des  agents  éclaircissants,  et  l'on  évite  aussi  la  dissolution  des  parties 
graisseuses  des  cellules. 

Je  trouve  que  c'est  là  une  opération  trop  délicate,  et  elle  ne  m'a 
pas  donné  de  meilleurs  résultats  que  le  procédé  ordinaire  de  passage 
par  une  essence.  Mais,  comme  je  l'ai  dit  plus  haut,  je  trouve  que  la 
solution  de  Seiler  est  une  des  plus  stables  qui  existent  (la  mienne, 
faite  depuis  quatorze  ans,  est  encore  parfaitement  limpide,  et  n'a  pas 
sensiblement  foncé  de  couleur).  Employée  de  la  manière  ordinaire, 


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LIQUIDES   ADDITIONNELS   ET   CONSERVATEURS  277 

après  un  éclaircissant,  elle  est  d'une  manipulation  assez  facile,  si  ce 
n'est  qu'elle  a  une  tendance  à  condenser  l'haleine  de  Topérateur  à  sa 
surface  sous  forme  de  petites  bulles  d'eau.  La  définition  est  très  belle, 
et  la  conservation  presque  toujours  parfaite  ;  mes  plus  anciennes 
préparations  ne  montrent  que  quelques  granulations  sans  importance. 
Naturellement  on  ne  peut  pas  employer  cette  solution  avec  les  cou- 
leurs d'aniline.  A  part  cela,  je  m'en  suis  parfaitement  bien  trouvé, 

Sauu  {Zeit,  f,  wiss.  Mik.,  1885,  p.  6)  a  préconisé  une  solution  de 
baume  dans  l'essence  de  bois  de  cèdre. 

Martinotti  {Zeit.  f.  toiss.  Mik.,  IV,  2,  1887,  p.  159)  a  obtenu  de 
très  belles  solutions  avec  l'essence  d'aspic.  (»  Essence  d'aspic  rec- 
tifiée, de  DuRORiEZ,  à  Paris.)  Malheureursement  la  solution  attaque  la 
safranine. 

402.  Résine  damar,  ou  dammar,  ou  d'Ammar.  —  On  peut 
faire  des  solutions  de  résine  damar  dans  le  xylol,  la  benzine  ou  le  chlo- 
roforme. Ces  solutions  sont  parfaitement  incolores,  avantage  qu'elles 
présentent  sur  les  solutions  de  baume  de  Canada.  Mais  elles  ont  l'incon- 
vénient de  laisser  la  résine  à  l'état  d'une  grande  fragilité  ou  même 
de  friabilité,  après  évaporation  du  dissolvant.  C'est  pour  cette  raison, 
aussi  bien  que  dans  le  but  de  diminuer  l'indice  de  réfraction,  qu'on 
fait  les  solutions,  en  partie  du  moins,  à  l'aide  de  l'essence  de  térében- 
thine. 

Les  solutions  de  damar  n'ont,  pensons-nous,  aucun  avantage  sur 
les  solutions  de  baume  de  Canada  pour  les  travaux  ordinaires  d'his- 
tologie ou  d'embryologie,  et  leur  sont  même  inférieures  sous  le  rap- 
port de  la  durée  ;  mais  elles  présentent  des  avantages  indiscutables 
lorsqu'il  s'agit  de  la  démonstration  de  détails  de  structure  très  fins  ; 
c'est  pour  ce  motif  qu'on  les  emploie  de  préférence  dans  les  recherches 
cytologiques. 

Flemming  [Arch,  f.  mik.  AnaL,  1881,  p.  322)  fait  dissoudre  de  la 
résine  damar  dans  un  mélange  à  parties  égales  de  benzine  et  d'essence 
de  térébenthine,  à  l'aide  de  la  chaleur  ;  il  fait  évaporer  ensuite  la 
solution  jusqu'à  la  consistance  d*un  sirop  épais.  Nous  avons  beaucoup 
employé  cette  solution  et  avons  trouvé  qu'elle  donne  d'admirables 
résultats  quant  à  la  définition  d'objets  difficiles,  mais  nous  avons 
aussi  toujours  trouvé  que  nos  solutions  devenaient  troubles  après 
quelques  mois.  ' 

€  C.  M.  J.  »  [Journ,  Roy.  Mie,  Soc,  1883,  p.  145)  explique  que  le 
damar  n'est  pas  parfaitement  soluble  dans  la  benzine  ou  dans  la  téré- 
benthine à  la  température  normale  ;  et  que  si  Ton  s'aide  de  la  chaleur 


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CHAPITRE   XIX 


pour  effectuer  la  dissolution,  on  arrive  à  une  dissolution  plus  com- 
plète sur  le  moment,  mais  la  solution  devient  laiteuse  avec  le  temps. 
Il  conseille  de  procéder  ainsi.  A  3  parties  de  résine  damar  broyée  on 
ajoute  6  parties  de  benzine  pure,  et  on  laisse  la  résine  se  dissoudre  à 
la  température  normale.  Après  deux  jours,  on  décante  la  résine  dis- 
soute et  Ton  ajoute  une  partie  d'essence  de  térébenthine.  La  solution 
ainsi  préparée  se  maintient  indéfiniment  d'une  limpidité  parfaite,  et 
Fad  Jition  d'essence  de  térébenthine  suffit  pour  empêcher  la  résine  de 
devi^nir  trop  cassante  en  séchant. 

Ffitzner  [MorphoL  Jahrb,^  1880,  p.  469)  prend  des  parties  égales 
de  damar,  de  benzine  et  d'essence  de  térébenthine,  les  mêle  et  les 
laisse  dans  un  endroit  chaud  jusqu'à  ce  que  la  dissolution  soit  faite. 
Puis  il  décante  et  fait  évaporer  à  la  consistance  voulue.  Nous  pensons 
que  c'est  là  une  meilleure  méthode  de  préparation  que  celle  de  Flem- 

MtNG. 

Nous  ajouterons  que  nous  avons  trouvé  que  le  damar  se  dissout 
entièrement  à  froid  dans  le  xylol,  et  donne  ainsi  une  solution  de 
toute  beauté  en  restant  limpide  indéfiniment;  la  résine  devient  cepen- 
dant très  cassante  en  séchant.  La  définition  est  extrêmement  belle, 
mais  comme  je  l'ai  dit  plus  haut  les  préparations  développent  souvent 
avec  le  temps  (pas  toujours)  des  granulations  qui  les  rendent  presque 
inutilisables  pour  les  travaux  délicats. 

.^ÏAHTiNOTTi  {Zeit.  f,  wiss.  Mik.j  IV,  2,  1887,  p.  1S3)  recommande 
de  combiner  cette  solution  à  de  l'essence  de  térébenthine. 

On  pourra  lire  encore  d'autres  formules  dans  Journ.  Roy.  Mie. 
Soc,  1888,  p.  1061,  et  1890,  p.  680;  et  dans  Squire,  Melhodsand  For- 
mulœ,  p.  84. 

Je  reconnais  la  grande  beauté  de  la  définition  fournie  par  ces  solu- 
tions, mais  il  me  semble  malheureusement  quaucune  d'elles  ne 
mérite  une  grande  confiance  sous  le  rapport  de  la  conservation 
indéfinie. 

403.  Colophane.  —  L'emploi  d'une  solution  de  colophane  dans 
l'essence  de  térébenthine,  préconisé  par  Kleinenberg,  est  en  effet  fort 
à  recommander.  La  solution  est  incolore  et  limpide,  et  reste  indéfi- 
niment telle.  Elle  sèche  très  lentement.  L'indice  de  réfraction  est  infé- 
rieur à  celui  du  baume,  et  donne  de  très  bonnes  définitions  des  objets 
difdeiles.  Nous  employons  beaucoup  cette  solution,  et  comme  nous 
avons  pu  nous  assurer  qu'elle  est  la  plus  facile  de  toutes  à  manier, 
nous  la  recommandons  spécialement  aux  commençants. 

Kleinenberg  met  en  garde  contre  l'emploi  de  la  solution  de  colo- 


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LIQUIDES   ADDITIONNELS   ET   CONSERVATEURS  279 

phane  dans  Talcool  absolu.  Cette  solution  fournit  des  préparations 
qui  sont  d'abord  extrêmement  belles,  mais  qui  sont  bientôt  ruinées 
par  la  formation  de  cristaux  ou  d*un  précipité  amorphe. 

Comme  je  Tai  dit  plus  haut,  cette  solution  me  parait  être  de  toute 
confiance  pour  la  durée;  je  n'ai  pas  eu  une  seule  préparation  dété- 
riorée. 

Pour  la  faire,  j'ajoute  peu  à  peu  des  morceaux  de  colophane  à  de 
l'essence  de  térébenthine  tenue  dans  une  éluve,  et  je  filtre  deux  fois, 
toujours  à  Tétuve.  Il  faut  en  tout  une  quinzaine  de  jours. 

404.  Térébenthine  de  Venise.  —  Vosseler  {Zeit.  /.  wiss.  Mik., 
VI,  3,  1889,  p.  292)  préconise  cette  substance  comme  ayant  des 
avantages  considérables  vis-à-vis  du  baume  et  du  damar.  On  prend 
de  la  térébenthine  de  Venise  commerciale,  on  la  met  dans  un  verre 
cylindrique  haut  avec  un  volume  égal  d'alcool  à  96  p.  100  ;  on  laisse 
le  tout  en  un  lieu  chaud  pendant  trois  à  quatre  semaines,  et  l'on 
décante. 

Vosseler  dit  qu'on  peut  monter  dans  ce  médium  sans  passer  par  un 
agent  éclaircissant.  L'indice  de  réfraction  est  inférieur  à  celui  du 
baume.  Les  teintures  s'y  conservent  bien. 

Ce  médium  est  également  recommandé  par  Sucuannek  {ibid,<,  VII, 
4,  1891,  p.  463).  Cet  auteur  recommande  de  le  préparer  avec  des 
parties  égales  de  térébenthine  de  Venise  et  alcool  absolu  neutre 
(préparé  en  traitant  l'alcool  absolu  du  commerce  par  le  sulfate  de 
cuivre  calciné  et  la  chaux  vive,  n**  88).  Le  mélange  doit  être  fréquem- 
ment agité,  et  être  maintenu  à  l'étuve  pendant  un  jour  ou  deux  jus- 
qu'à ce  qu'il  soit  devenu  limpide  et  d'une  consistance  suffisante. 

405.  Vernis  copal.  — J*ai  vu  de  fort  belles  préparations  montées  dans  ce 
milieu.  Je  l'ai  essayé  moi-même  et  n'ai  pas  réussi. 

406.  Styrax  etliquidambar.  —  Voyez  entre  autres  Van  IIeurck  {Bull, 
Soc,  Belg.  Mie,  1883,  p.  134-136  ; /ourn.  Boy.  Mie,  Soc,  1883,  p.  741); 
Joum.  Roy,  Mie,  Soc,  June  1884;  F.  Kitton  (Journ.  Boy.  Mie  Soc,  1884, 
p.  318)  ;  A.-B.  AUBERT  {Amer,  Mon.  Mie.  Journ.,  1885,  p.  86;  Journ,  Boy. 
Mie.  Soe,,  1885,  p.  744),  et  Fol,  Lehrbuch,  p.  141. 

L'indice  de  réfraction  de  ces  résines  est  extrêmement  élevé  (1,585,  celui 
du  baume  de  Canada  étant  de  1,540).  Or,  c'est  précisément  ce  qui  ne  doit 
pas  être  pour  les  préparations  histologiques.  De  plus,  le  styrax  a  une  cou- 
leur brune  très  foncée.  Il  convient,  semblet-il,  de  laisser  ces  milieux  aux 
diatomistes. 

407.  Huile  de  ricin.  —  Grenacher,  qui  Ta  employée  pour  monter  des 
coupes  d'yeux  de  Céphalopodes,  explique  (A  6Aa;t^/.d.  naturforsch.  Gesellsch  , 


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280  CHAPITRE   XIX 

Halle  a.  S.,  Bd  XVI  ;  Zeil.  f,  wiss.  MiL,  1885,  p.  244)  que  l'huile  de  ricin  a 
un  indice  de  réfraction  de  1,49  (bien  inférieur  à  celui  du  baume  de  Canada, 
1,54).  Elle  rend  donc  les  objets  beaucoup  moins  transparents  que  le  baume 
et  doit  donner  une  augmentation  considérable  de  visibilité  pour  les  éléments 
les  plus  réfringents  des  tissus.  L'huile  de  ricin  étant  soluble  dans  Talcool, 
on  peut  y  porter  directement  les  objets  à  la  sortie  de  Talcool  absolu.  Je  Tai 
essayée,  et  je  n*ai  pas  eu  de  bons  résultats. 

408.  Résine  sandaraque  (Lavdowsky,  cité  d'après  Bef,  Handbook 
Med.  Se. y  Supp,,  p.  438).  —  Résine  Sandaraque,  30  gr.  ;  alcool  absolu,  50  gr. 
On  peut  l'employer  sans  passer  par  une  essence. 

409.  Vernis  photographique,  employé  par  Weigert  pour  monter  de 
grandes  coupes  sans  verre  à  couvrir,  voyez  Zeit.  f,  wiss.  Mik.,  IV,  2,  1887, 
p.  209. 


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CHAPITRE  XX 

LUTS  ET  VERNIS 


410.  Choix  d'un  lut  ou  d'un  vernis.  —  Les  luis  servent  à  maîn- 
fenîr  solidement  en  place  les  cellules  et  les  verres  à  couvrir,  et  à 
empêcher  le  contact  entre  le  liquide  d'inclusion  et  Tair;  on  leur 
demande  surtout  une  grande  puissance  d'adhésion  au  verre.  Les 
vernis  servent  à  fermer  encore  plus  hermétiquement  les  bordures,  et 
à  proléger  le  lut  lui-même  contre  Tinfluence  désintégrante  de  Tair  et 
contre  les  liquides  employés  avec  les  objectifs  à  immersion. 

Avec  Garpenter  nous  ferons  observer  que  les  luis  ne  doivent  jamais 
contenir  aucun  mélange  de  particules  solides  ;  car  les  luis  qui  en 
contiennent  peuvent  avoir  beaucoup  d*adhésion  au  début,  mais 
deviennent  toujours  poreux  tôt  ou  lard,  et  laissent  sortir  le  liquide 
d'inclusion  et  entrer  Tair. 

Behrens  (Zeit.  f.  wiss.  Mik.,  II,  1888,  p.  84)  a  fait  des  expé- 
riences suivies  sur  la  solidité  des  luts  usuels,  et  il  est  arrivé  à  la  con- 
clusion que  les  luts  qui  montrent  le  plus  de  ténacité  sont  ceux  qui 
sèchent  le  plus  lentement  ;  les  luis  qui  sèchent  vile  ont  le  défaut  de 
devenir  cassants.  11  est  donc  bon  d'éviter  les  luts  et  les  vernis  dont  le 
menstrue  est  un  corps  très  volatil,  comme  le  chloroforme,  Téther, 
Talcool  ou  la  benzine.  Nous  devons  dire  cependant  que  nous  pensons 
qu'on  fera  bien  de  ne  pas  prendre  celte  généralisation  trop  à  la 
lettre  ;  car  l'un  des  meilleurs  luis  qui  nous  soient  connus  est  certaine- 
ment le  mastic  de  Bell,  dont  le  menstrue  parait  être,  en  partie  du 
moins,  l'éther. 

Dans  le  tableau  suivant  nous  donnons  les  résultats  des  expériences  d'Au- 
BERT  (Amer,  Mon,  Mie.  Joum.,  1885,  p.  22T  ;Joum,  Boy.  Mie.  5oc.,  1886, 
p.  173)  sur  la  puissance  d'adhésion  de  divers  mastics  : 

Mastic  au  caoutchouc,  de  Miller 1000 

Mastic  de  Bell 735 


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282  CHAPITRE   XX 

Baume  de  Canada 664 

Mastic  de  Lovell  (Joum,  Roy.  Mie.  Soc.^  1883,  p.  780  ...  626 

Styrax  d'Amérique 575 

Mastic  de  Kin^ 532 

«  Gold  size  » 395 

Glu  marine  (en  solution) 304 

«  Zinc  white  cernent  » 241 

Le  c  gold  size  >  employé  aurait  donné  des  résultats  plus  satisfaisants  s*il 
avait  été  convenablement  durci. 

A  consulter  aussi.  —  Aubert,  The  MicroscopSy  XI,  1891,  p.  150  ; 
Journ.  Roy.  Mie.  Soc.^  1891,  p.  692  ;  Beck,  The  Microscope,  XI, 
1891,  p.  338,  368,  et  Journ.  Roy.  Mie.  Soe.,  1892,  p.  293;  et  la 
dernière  éd.  des  Tabellen  de  Behrens  (Bruhn,  Braunschweig,  1892). 

411.  Manière  de  luter  les  préparations  faites  dans  les 
milieux  liquides.  —  La  manière  la  plus  sûre  de  fermer  une  prépa- 
ration montée,  par  exemple,  dans  la  glycérine,  est  la  suivante.  Avec 
une  paire  d'emporte-pièce  d*acier  nous  découpons  des  anneaux  de 
papier  d'environ  un  millimètre  de  largeur.  On  choisit  un  de  ces 
anneaux,  d'une  dimension  correspondant  à  celle  du  verre  à  couvrir 
einplo3'é  ;  il  est  bon  que  Tanneau  ait  un  diamètre  d'un  millimètre  de 
moins  que  celui  du  verre  à  couvrir.  On  pose  l'anneau,  humecté  avec 
un  peu  du  liquide  d'inclusion,  sur  le  porte-objet  ;  on  remplit  de 
liquide  d'inclusion  la  cellule  ainsi  formée  ;  on  y  introduit  l'objet  ;  on 
pose  le  verre  à  couvrir,  qui  doit  dépasser  d'un  demi-millimètre 
l'anneau  de  papier  ;  on  remplit  de  gelée  à  la  glycérine  la  rigole  circu- 
laire formée  par  le  débordement  du  verre  à  couvrir  ;  et  aussitôt  que 
la  gelée  s'est  solidifiée  on  applique  avec  une  tournelte  une  bordure 
de  lut  ou  de  vernis. 

Il  va  sans  dire  qu'on  ne  peut  pas  toujours  employer  des  cellules  de 
papier;  mais,  suivant  nous,  il  est  essentiel  d'employer  toujours  la 
bordure  préliminaire  de  gelée  à  la  glycérine. 

412.  Lut  à  la  gélatine  (Marsh,  Seetion  Cutting,  p.  104).  —  On 
fait  ramollir  dans  l'eau  18  grammes  de  gélatine,  on  fait  fondre,  ou 
ajoute  3  gouttes  de  créosote,  et  l'on  conserve  dans  un  flacon  bouché. 
Pour  s'en  servir,  on  la  fait  fondre. 

Après  avoir  appliqué  une  bordure  de  cette  gélaline,  on  peut,  ou 
bien  appliquer  une  bordure  d'un  autre  lut  ou  vernis,  ou  bien  procé- 
der ainsi  :  on  attend  que  la  gélatine  se  soit  solidifiée  ;  puis  on  la 
badigeonne  avec  une  solution  à  2  p.  100  de  bichromate  de  potasse 


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LUTS    ET   VERNIS  283 

dans  Teau.  Gela  doit  se  faire  à  la  lumière  du  jour  ;  sous  Tinfluence  de 
la  lumière,  la  gélatine  passe  à  Tétat  insoluble.  On  finit  la  préparation 
avec  une  couche  d'un  lut  ou  d'un  vernis  quelconque.  Nous  recom- 
mandons toutefois  le  mastic  de  Bell. 

413.  Mastio  de  Bell  (Bell's  microscopicaJ  Cernent).  —  Com- 
position inconnue.  Parait  être  une  solution  de  gomme-laque  dans 
Talcool  et  Téther,  avec  peut-être  un  peu  de  baume  de  Canada.  On  se 
le  procure  chez  J.  Bell  and  C°,  chemists,  338,  Oxford  street,  London, 
et  chez  les  opticiens, 

Ce  mastic  a  la  consistance  d'un  vernis  ;  il  coule  librement  du  pin- 
ceau, et  sèche  vite.  On  peut  l'allonger  avec  l'éther  ou  le  chloroforme. 
Il  n'est  pas  allaqué  par  l'essence  de  cèdre  employée  pour  les  objectifs 
à  immersion  homogène.  C'est  la  préparation  que  nous  employons 
le  plus,  soit  comme  lut,  soit  comme  vernis.  Après  une  expérience  de 
plus  de  vingt  ans,  nous  pouvons  assurer  que  ce  mastic  est  d'une  très 
grande  durée,  et  nous  le  recommandons  particulièrement. 

414.  Bitume  de  Judée.  —  Se  trouve  dans  le  commerce.  Cette 
substance  est  soluble  dans  l'essence  de  térébenthine,  la  benzine,  1c 
naphte  et  d'autres  menstrues.  Il  faut  éviter  d'employer  les  espèces 
brutes  et  presque  toujours  inférieures  que  l'on  trouve  chez  les  dro- 
guistes ;  le  mieux  est  de  ne  se  servir  que  des  dissolutions  toutes  faites 
que  Ton  trouve  chez  les  opticiens.  D'après  le  Micrographie  DicHo- 
nary,  ces  préparations  consisteraient  en  du  bitume  de  Judée  dissous 
dans  de  l'huile  de  lin  bouillante,  ou  dans  l'essence  de  térébenthine, 
ou  dans  un  mélange  des  deux.  D'après  Fol,  la  présence  d'un  pou 
d'huile  de  lin  est  en  tout  cas  nécessaire  pour  assurer  une  ténacité  per- 
manente dans  le  vernis.  Kitton  {Mo7i.  Mie.  Journ.,  1874,  p.  34) 
recommande  le  bitume  dissous  dans  la  benzine  avec  addition  d'une 
faible  proportion  de  gold-size. 

Pourvu  qu'il  soit  de  bonne  qualité,  le  bitume  de  Judée  est  certaine- 
ment un  excellent  mastic. 

415.  Vernis  noir  Brunswick  (  «  Brunswick  Black  »  ).  —  Se 
trouve  chez  les  opticiens.  Pour  la  manière  de  le  préparer,  voyez  Beali^ 
{How  to  work,  etc.,  p.  49). 

Ce  vernis  est  soluble  dans  l'essence  de  térébenthine.  Il  est  agréable 
à  manier  et  sèche  bien.  Il  est  particulièrement  propre  à  faire  des 
cellules  avec  la  tournette. 

416.  Noir  Brunswick  et  gold-size  (Eulbnstein,  dans  Bealk, 


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284  CHAPITRE   XX 

toc.  cit.).  —  Mélange  à  parties  égales  de  noir  Brunswick  et  de  gold- 
size,  avec  une  faible  quantité  de  baume  de  Canada. 

417.  Gold-Size.  —  Se  trouve  dans  le  commerce  et  chez  les  opti- 
ciens. Nous  recommandons  de  n'employer  que  le  gold-size  des  opti- 
ciens ;  et  nous  supprimons  la  formule  pour  la  préparation,  très 
compliquée,  de  ce  mastic,  étant  convaincu  que  c'est  là  une  prépara- 
tion qu'il  convient  de  laisser  aux  gens  du  métier.  Soluble  dans 
Tessence  de  térébenthine.  Excellent  pour  faire  des  cellules  à  la  tour- 
nette.  Contrairement  à  Tavis  de  Behrens  {Zett.  f.  wiss.  Mik.,,  1885, 
p.  55),  nous  trouvons  que  le  gold-size  est  un  excellent  lut,  et  très 
durable,  pourvu  qu'il  soit  de  première  qualité, 

418  .  Glu  marine  (  <r  Marine  glue  >  ).  —  Se  trouve  dans  le 
commerce,  et  (en  Angleterre  du  moins)  chez  les  opticiens.  D'après 
Carpknter,  la  meilleure  sorte  est  connue  sous  la  marque  GK4.  On 
trouvera  des  formules  pour  la  préparer,  dans  Cooley's  Cyclopœdia. 

La  glu  marine  s'emploie  pour  fabriquer  les  grandes  cellules  de 
verre  ;  elle  est  absolument  indispensable  pour  cet  objet,  les  autres 
ciments,  du  moins  autant  que  nous  les  connaissons,  ne  possédant  pas 
la  ténacité  nécessaire.  Pour  s*en  servir,  on  en  coupe  de  petits  mor- 
ceaux avec  un  scalpel  et  on  les  fait  fondre  sur  place  sur  le  porte-objet 
en  chauffant  celui-ci  au  moment  d'appliquer  la  cellule.  On  enlève  le 
surplus  de  mastic  avec  de  la  potasse  caustique. 

La  glu  marine  est  soluble  dans  Télher,  le  naphte,  la  potasse  caus- 
tique. 

419.  Mastic  à  la  gutta-percha  (Harting).  —  Voyez  Beale, 
loc.  cit. 

4  20.  Mastic  au  caoutchouc.  —  Voyez  Beale,  ibid. 

421.— Térébenthine  de  Venise  (Parker,  Journ.  Roy.  Mie.  Soc.^ 
1882,  p.  724  ;  Csokor.  Arch.  f.  mik.  Anat.,  1882,  p.  353).  —  On  fait 
dissoudre  de  la  térébenthine  de  Venise  dans  Talcool  en  quantité 
suffisante  pour  faire  une  solution  qui  se  laisse  filtrer;  on  filtre,  et  on 
évapore  aux  trois  quarts  sur  un  bain  de  sable.  On  doit  obtenir  une 
masse  qui  ne  cède  pas  au  doigt;  en  en  laissant  tomber  une  goutte 
dans  Teau  froide,  elle  doit  se  solidifier  en  une  larme  très  dure,  à 
fracture  vitreuse. 

Pour  s'en  servir,  on  emploie  un  fil  de  cuivre  courbé  à  angle  droit, 


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LUTS   ET   VERMS  285 

de  manière  à  avoir  un  bras  de  la  longueur  du  côté  des  verres  à  cou  - 
vrir(qui  doivent  être  carrés)  qu'on  emploie.  Onchauiïe  le  fil  de  cuivre 
et  on  le  plonge  dans  la  masse  de  térébenthine  ;  on  le  retire,  et  on 
applique  sur  le  bord  du  verre  à  couvrir  la  térébenthine  fondue  qu'il 
emporte.  La  térébenthine  se  durcit  immédiatement,  et  la  préparation 
est  définitivement  achevée  aussitôt  qu'on  a  ainsi  luté  les  quatre  côtés 
du  verre  à  couvrir. 

Ce  mastic  s'applique  spécialement  à  la  fermeture  des  préparations 
à  la  glycérine  ;  il  est  d'un  emploi  très  commode  et  très  sûr,  et  possède 
une  grande  ténacité. 

On  peut  se  servir  de  la  térébenthine  ordinaire  du  commerce  ;  et  il 
n'est  pas  nécessaire  de  la  dissoudre  dans  Talcool, 

422.  Colophane  et  cire.  (Krônig,  Arch.  f,  mik.  Anal.,  1886, 
p.  657;  Joum.  Roy.  Mie,  Soc.j  1887,  p.  344;.  —  Colophane,  7  à  9 
parties  ;  cire  fondue,  2  parties.  On  ajoute  la  colophane  par  petits  mor- 
ceaux à  la  cire,  on  filtre  et  laisse  refroidir.  Pour  l'emploi,  on  fait 
fondre  la  masse  en  mettant  le  récipient  qui  la  contient  dans  de  l'eau 
chaude.  Ce  mastic  résiste  à  l'action  de  l'eau,  de  la  glycérine  et  de  la 
potasse  caustique. 

423.  Baume  et  paraffine  (Apathy,  Zeù,  /".  iviss,  Mik,,  VI,  2, 
1881),  p.  171).  —  Parties  égales  de  baume  du  Canada  et  de  paraffine 
dure  (fondant  à  60^  C).  Chauffer  ensemble  jusqu'à  ce  que  la  masse 
prenne  une  teinte  dorée  et  ne  dégage  plus  de  vapeurs  de  térében- 
thine. Au  refroidissement  la  masse  devient  dure;  pour  l'emploi  on 
chaufi'e  et  on  l'applique  avec  un  agitateur  de  verre  ou  une  spatule  de 
laiton.  Pour  les  préparations  à  la  glycérine,  il  suffit  d'une  seule  appli- 
cation. Ce  mastic  ne  s'introduit  jamais  dans  le  liquide  de  la  prépara- 
tion et  ne  se  fendille  pas  en  séchant. 

Voyez  aussi  la  méthode  (plus  compliquée)  de  Julien,  dans  Joum. 
Roy.  Mie.  Soe.,  1893,  p.  867. 

424.  Paraffine  simple.  —  On  fait  des  bordures  temporaires  ou 
préliminaires  avec  la  paraffine  en  l'appliquant  avec  une  aiguille  cour- 
bée, comme  nous  venons  de  le  dire  pour  la  térébenthine,  n^  421. 

425.  Baume  de  Canada.  Damar.  —  On  emploie  quelquefois  ces  deux 
résines  pour  fermer  les  préparalions  dans  les  liquides.  LÀ  meilleure  manière 
de  les  employer  est  de  faire  une  cellule  avec  le  baume  ou  le  damar,  en  se 
servant  de  la  tournette,  de  déposer  au  milieu  de  cette  cellule  Tobjet  dans 
une  goutte  du  liquide  d^inclusion;  et  de  poser  le  verre  à  couvrir  qu*on  fait 


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2S6  CHAPITRE  XX 

adhérer  à  la  cellule  par  une  légère  pression.  Après  une  expérience  assez 
prolongée  de  cette  méthode,  nous  devons  dire  que  ni  le  baume  ni  le  damar 
ne  méritent  confiance  comme  luts  ;  avec  le  temps  ils  fmissent  toujours  par 
s*imbiber  du  liquide  de  la  préparation,  deviennent  poreux  et  perdent  leur 
ténacité. 

426.  Vernis  à,  Fambre.  —  D*après  Behrens  {Zeiû.  f.toiss,  Mik.j 
1888,  p.  S4),  ce  vernis  constituerait  un  mastic  d'une  très  grande 
durée,  et  serait  peut-être  supérieur  à  tous  les  autres  sous  ce  rapport. 

Behrens  n'indique  pas  la  composition  de  son  vernis,  qu'il  s'éiail 
procuré  chez  E.  Pfannenschmidt,  à  Dantzig.  Nous  trouvons  dans 
Cooley's  Cyclopmdia  la  formule  suivante  :  On  fait  fondre  6  parties 
d'ambre,  et  on  ajoute  8  parties  d'huile  de  lin  dégraissée  chaude  ;  on 
fait  bouillir  jusqu'à  ce  que  la  masse  devienne  filante  ;  on  laisse  un  peu 
refroidir  et  on  ajoute  16  parties,  ou  une  quantité  suffisante  d'essence  de 
térébenthine.  Ce  vernis  est  très  dur,  et  Tun  des  plus  durables  des  ver- 
nis à  l'huile. 

427.  Vernis  à  Fambre  et  au  copal  (Heydenreicq,  Zeit,  f.  wiss, 
Mik,,  188S,  p.  338).  —  Heydenreich  recommande  comme  étant  d'une 
solidité  à  toute  épreuve  un  mélange  de  vernis  copal  et  vernis  à  l'ambre. 
Comme  la  préparation  de  ce  mélange  est  extrêmement  longue  et 
compliquée,  nous  pensons  que  peu  d'anatomistes  voudront  ^e  donner 
la  peine  de  l'entreprendre  ;  d'autant  plus,  que  l'on  peut  se  procurer 
le  mélange  préparé  d'après  la  formule  de  Heydenreich  chez  Ludwig 
Marx,  à  Saint-Pétersbourg,  Moskowskaja  Sastawa,  n®  110;  ou  à 
Vienne,  Gaden,  n°  79  ;  ou  à  Mayence,  Roemerthal,  n^l.  On  trouvera 
des  instructions  très  détaillées  pour  le  préparer  soi-même,  loc,  cit. 

428.  Gomme-laque  (Beale,  loc.  cit,).  —  Solution  épaisse  de  gomme- 
I.'ique  dans  Falcool.  Nous  croyons  que  cette  solution  ne  mérite  pas  grande 
confiance  comme  lut.  Le  Mie.  hict.  recommande  d'ajouter  XX  gouttes 
d'huile  de  ricin  par  30  ce.  de  la  solution.  Comme  vernis,  la  gomme-laque 
sert  à  protéger  les  bordures  contre  l'essence  de  cèdre  employée  avec  les 
objectifs  à  immersion  homogène. 

Pour  une  méthode  un  peu  compliquée  pour  la  préparation  de  gomme- 
laque  chimiquement  pure  (ce  qui  offre  de  sérieux  avantages),  voyez  Witt, 
dans  Zeit.  f.  wiss.  MiL,  111,  1886,  p.  199. 

4SI9.  Cire  à  cacheter.  —  Solution  très  épaisse  (ayant  la  consistance 
d*un  mastic)  de  cire  à  cacheter  dans  l'alcool.  Nous  conseillons  de  ne  pas 
l'employer  comme  lut,  mais  seulement  comme  vernis,  et  nous  pensons  que 
môme  pour  cela  elle  n'est  pas  recommandable.  Avec  le  temps  elle  devient 
cassante  et  s'écaille. 


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L€TS   ET   VERNIS  287 

430.  Baume  de  tolu  (Garnoy,  Biologie  cellulaire,  p.  129). 

Baume  de  tolu 2  parties. 

Baume  de  Canada 1       — 

Gomme-laque  en  sol.  sat.  dans  le  chloroforme.    2       — 

On  ajoute  assez  de  chloroforme  pour  porter  le  mélange  jusqu'à  con- 
sistance sirupeuse.  D'après  Carnoy,  ce  mélange  est  le  meilleur  de  tous  i 
les  luts. 

431.  Mastic  blanc  de  Ziegler.  —  Composition  inconnue.  Se 
trouve  chez  les  fournisseurs  de  microscopie  en  Allemagne  et  en  France. 
Ce  mastic  est  très  employé  en  Allemagne. 

422.  Mastio  au  blanc  de  zinc  (Stieda,  Arch,  f,  mik.  Anal.,  1866^ 
p.  435).  —  On  hroie  de  Toxyde  de  zinc  avec  de  la  térébenthine,  et  Ton 
ajoute,  en  remuant,  pour  1  partie  de  Toxyde,  8  parties  d'une  solution  siru- 
peuse de  résine  damar  dans  Tessence  de  térébenthine.  On  obtient  un  mastic 
blanc  qui  ressemble  à  celui  de  Ziegler.  Pour  avoir  un  mastic  rouge,  on 
prend  au  lieu  de  zinc  deux  fois  autant  de  cinabre.  Ce  mastic  peut  être 
«lUongé  avec  de  l'essence  de  térébenthine,  de  Téther  ou  du  chloroforme. 
Nous  devons  ajouter  que  plusieurs  auteurs  se  sont  occupés  récemment  du 
c  zinc  white  cernent  >,  et  que  tous  sont  d'accord  pour  trouver  que  ces  com- 
positions ne  valent  rien  comme  luts  ;  tout  au  plus  peuvent-elles  être  utiles 
comme  vernis. 

433.  Aspinall's  Enamel.  —  C'est  un  vernis  breveté,  à  demander 
rhez  les  fournisseurs  d'articles  anglais.  Stanley  Kent  {Joum.  Roy. 
Mie.  Soc.,  1890,  p.  82i)  le  trouve  très  commode  pour  faire  des  cel- 
lules ou  des  bordures. 


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DEUXIÈME  PARTIE 

MÉTHODES  SPÉCIALES  ET  EXEMPLES 


Dans  celte  deuxième  par  lie  ^  nous  donnons  les  détails  de  certaines 
méthodes  spéciales  quCy  dans  Cintérét  de  la  clarté  de  Vexposition, 
nous  n'avons  pu  admettre  dans  notre  première  partie.  Nous  y  avons 
ajouté  une  série  de  paragraphes  contenant  un  résumé  des  méthodes 
qui  ont  été  employées  par  les  anatomistes  pour  V étude  d'objets  dif- 
ficiles. Nous  prions  l'étudiant  de  bien  vouloir  considérer  ces  para- 
graphes à  titre  de  renseignements  historiques ,  et  non  à  titre  de 
modèles  à  copier.  Comme  renseignements  historiques^  ils  doivent 
lui  être  utiles  y  en  lui  enseignant  ce  qui  a  été  déjà  fait  dans  telle  ou 
telle  direction  ;  cette  connaissance  est  une  condition  essentielle  de 
tout  perfectionnement  dans  les  méthodes.  Vouloir  s'en  servir  à  titre 
de  modèles  à  copier,  et  s'en  tenir  là^  serait  faire  preuve  d'un  esprit 
conservateur  antiscientifique ^  et  aboutirait  à  fermer  la  porte  à  tout 
progrès.  Ajoutons  que^  si  dans  les  études  faciles  —  dans  cette  ana- 
tomie  microscopique  qui  est  presque  de  Vanatomie  macroscopique 
—  on  peut  se  servir  de  méthodes  simples  et  peu  variées^  il  en  est 
tout  autrement  dans  les  recherches  vraiment  délicates.  Là^  il  ne 
saurait  être  question  de  copier  les  méthodes  imaginées  par  les  autres 
ou  par  soi-méîne  ;  car  —  c'est  une  vérité  incontestable  —  chaque 
objet  demande  un  traitement  différent.  On  n'est  histologiste  qu'au- 
tant qu'on  a  acquis  le  don  de  deviner  la  diversité  du  traitement 
approprié  à  chaque  objet  d'étude;  et  l'on  n'acquiert  ce  don  que  par 
l'étude  patiente  et  minutieuse  de  la  nature  des  objets  auxquels  on  a 
affaire. 


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CHAPITRE  XXI 

INJECTIONS.    MASSES  A  LA  GÉLATINE 


434.  Introduction.  —  Les  masses  à  injection  sont  composées 
d'une  matière  colorée  dite  masse  colorante^  et  d'un  corps  incolore 
propre  à  donner  la  consistance  voulue,  qu'on  appelle  le  véhicule. 

Nous  pensons  que  pour  Tétude  de  Tangiologie  des  Vertébrés  l'étu- 
diant fera  bien  de  suivre  de  près  les  instructions  magistrales  de 
Robin  et  de  Ranvier.  Pour  les  injections  dlnvertébrés  (et  même  pour 
les  Vertébre's  s'il  s'agit  de  démontrer  en  même  temps  que  la  distribu- 
tion des  vaisseaux  les  fins  détails  de  tissus  environnants)  les  masses  à 
la  glycérine  sont  souvent  à  préférer,  et  nous  recommandons  particu- 
lièrement les  formules  de  Beale  au  bleu  de  Prusse.  L'emploi  de  masses 
à  la  glycérine  a  cependant  un  inconvénient  lorsqu'il  s'agit  de  l'injec- 
tion de  pièces  tout  à  fait  fraîches,  nous  voulons  dire  de  celles  dans  les- 
quelles la  rigidité  cadavérique  ne  s'est  pas  encore  établie;  c'est  que  ces 
masses  excitent  la  contraction  des  artères,  ce  qui  fait  naturellement 
obstacle  à  l'introduction  de  la  masse.  Cet  inconvénient  se  laisse  sou- 
vent écarter  par  l'emploi  du  nitrile  d'amyle  comme  vaso-dilatateur 
(paragraphe  suivant). 

435.  Nitrite  d'amyle  comme  vaso-dilatateur.  —  D'après 
OviATT  et  Sargent  {si  Louis  Med.  Journ.,  1886,  p.  207  ;  Journ.  Roy. 
Mie.  Soc.,  1887,  p.  341),  il  suffit  souvent  d'aneslhésier  le  sujet  par  un 
mélange  d'éther  et  de  nitrite,  et  de  l'asphyxier  ensuite  avec  du  nitrite 
pur.  Puis  ils  recommandent  qu'après  que  la  mort  a  été  amenée  par 
l'exhibition  du  nitrile,  on  fasse  une  injection  préalable  d'un  peu  de 
nitrite  dans  de  la  solution  physiologique  de  sel  avant  de  pousser  la 
masse  colorée.  Et  en  tout  cas  il  est  bon  d'ajouter  un  peu  de  nitrite  à 
la  masse  d'injection  au  moment  de  s'en  servir.  L'effet  dilatateur  de 
ce  réactif  est  très  grand. 


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INJECTIONS.    MASSES   A   LA   GÉLATINE  291 


FORMULES  DE    ROBIN 

436.  Véhloule  à  la  gélatine  (Robïn,  Traité  du  Mie,  et  des  Injec- 
tions, p.  30).  —  On  prend  de  la  colle  de  Paris,  on  la  laisse  ramollir 
dans  Teau,  et  on  la  fait  dissoudre  au  bain-marie  dans  7,  8,  9  ou  même 
10  parties  d*eau.  Selon  Robin,  c'est  une  erreur  commune  d'employer 
des  solutions  trop  concentrées  de  gélatine.  Ce  véhicule  peut  mainte- 
nant être  combiné  avec  la  masse  colorante  au  carmin,  n**438,  avec  la 
masse  de  ferrocyanure  de  cuivre,  n**  439,  avec,  le  bleu  de  Prusse, 
n®  440,  avec  le  cadmium,  n°  441,  avec  le  vert  de  Scheele,  n''44â,  avec 
des  couleurs  à  Taniline  insolubles  dans  Teau,  mais  qui  se  laissent 
mêler  au  véhicule  après  avoir  été'  dissoutes  dans  un  peu  d'alcool  (dans 
ce  dernier  cas,  il  faut  prendre  la  glycérine  au  lieu  d'alcool  pour  la 
conservation  des  pièces  injectées). 

Si  Ton  désire  conserver  ce  véhicule  pendant  quelque  temps,  il  faut 
prendre  des  précautions  pour  prévenir  le  développement  de  moisis- 
sures. Ni  le  camphre  ni  l'acide  phénique  ne  suffisent.  On  peut  couvrir 
la  gélatine  d'une  couche  d'alcool  ;  la  gélatine  devient  opaque,  mais 
retrouve  sa  transparence  aussitôt  que  l'alcool  a  été  chassé  par  la  cha- 
leur. Ou  bien  on  peut  suspendre  au  bouchon  du  flacon  qui  la  contient 
une  éponge  imbibée  d'alcool  et  de  quelques  gouttes  d'essence  de  téré- 
benthine, en  veillant  à  ce  que  l'éponge  ne  touche  pas  la  gélatine. 

D'après  HoYER(/?^o/.  CentralbL,  1882,  p.  20-21),  Thydrate  de  chlo- 
ral  sert  à  conserver  toutes  ces  masses.  Il  faut  en  ajouter  plusieurs 
centièmes,  au  moins  2  p.  100. 

437.  Véhicule  à  la  gélatine  glycérlnée  .(I^obin,  loc,  cit., 
p.  32).  — On  fait  dissoudre  au  bain-marie  80  grammes  de  colle  de 
Paris  dans  300  ce.  d'eau  contenant  de  Tacide  arsénieux  en  dissolution, 
on  ajoute  150  grammes  de  glycérine  et  quelques  gouttes  d'acide  phé- 
nique. A  combiner  avec  l'une  des  six  masses  colorantes  des  six  for- 
mules qui  vont  suivre. 

Ce  véhicule  se  conserve  indéfiniment. 

438.  Masse  au  carmin  (Robin,  loc.  cit.,  p.  33).  —  On  broie  dans 
un  mortier  3  grammes  de  carmin  avec  un  péuii''ca'u  et  assez  d'ammo- 
niaque pour  dissoudre  le  carmin.  On  ajoute  80  grammes  de  glycé- 
rine, et  l'on  filtre. 

On  mêle  ensemble  8  grammes  d'acide  acétique  et  43  grammes  de 
glycérine,  et  l'qn  ajoute  le  mélange  peu  à  peu  au  carmin,  jusqu'à  ce 


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292  CHAPITRE   XXI 

qu'on  ait  obtenu  une  réaction  faiblement  acide,  ce  dont  on  s'assure  à 
l'aide  d'an  morceau  de  papier  tournesol  humecté  et  tenu  au-dessus  du 
mélange. 

On  combine  1  partie  de  cette  masse  colorante  avec  3  ou  4  parties 
du  véhicule  numéro  436  ou  du  véhicule  numéro  437,  ou  du  véhicule 
à  la  glycérine  el  alcool,  ci-après,  numéro  473. 

439.  Masse  au  ferrocyanure  de  cuivre  (Robin,  loc.  cii.^  p.  34). 

(1)  —  Ferrocyanure  de  potassium  (sol.  concentrée) ...     20  ce. 

Glycérine 50  — 

(2)  —  Sulfate  de  cuivre  (sol.  concentrée) 35  ce. 

Glycérine 50  — 

On  mêle  peu  à  peu,  et  en  agitant,  les  solutions  (1)  et  (2).  Au  moment 
de  s'en  servir  on  combine  le  mélange  avec  3  volumes  de  l'un  des 
véhicules,  numéros  436,  437  ou  473. 

440.  Bleu  de  Prusse  (Robin,  loc.  cit.,  p.  35).  —  On  prend  : 

{{    —  Salfocyanure  de  potassium  (sol.  sat.) 90  ce. 

Glycérine 50  — 

(2)  —  Perchlorure  de  fer  liquide,  à  30*^ 3  gr. 

Glycérine 50  — 

On  môle  peu  à  peu  les  deux  solutions,  et  l'on  combine  le  mélange 
avec  3  volumes  de  l'un  des  véhicules,  numéros  436,  437  ou  473. 

441.  Cadmium  (Robin,  loc,  cit.,  p.  36).  —  Prenez  : 

(1)  —  Solution  saturée  de  sulfate  de  cadmiun 40  ce. 

Glycérine 50  gr. 

(2)  —  Solution  saturée  de  sulfure  de  sodium 30  ce. 

Glycérine 50  gr. 

Mêlez,  en  agitant,  (1)  et  (2),  et  combinez  avec  3  volumes  de  Tun  des 
véhicules,  numéros  436,  437  ou  473. 

442.  Vert  de  Scheele  (Robin,  loc.  cit.,  p.  37).  —  Prenez  : 

(1)  —  Arséniate  de  potasse  fsol.  sat.) 80  ce. 

Glycérine 50  gr. 

(2)  —  Sulfate  de  cuivre  (sol.  sat.) 40  ce. 

Glycérine 50  gr. 

Mêlez  les  deux  solutions  (1)  et  (3),  et  combinez  avec  3  volumes  de 
l'un  des  véhicules,  numéros  436,  437  ou  473. 


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INJECTIONS.    MASSES    A   LA  GÉLATINE  293 

443.  Couleurs  à  l'aniline  (Robin,  loc.  cit.,  p.  37).  —  On  peut  em- 
ployer des  couleurs  à  Taniline  comme  matière  colorante,  à  coadition  de 
choisir  des  couleurs  qui  ne  soient  pas  solubles  à  Teau,  et  d'éviter  l'emploi 
de  Talcool  dans  le  traitement  ultérieur  des  pièces  injectées.  Robin  recom- 
mande de  dissoudre  dans  un  peu  d'alcool  le  bleu  d'aniline,  le  violet  d'ani- 
line ou  le  jaune  d'aniline,  et  de  les  combiner  avec  l'un  des  véhicules  que 
nous  avons  cités.  Les  pièces  peuvent  être  conservées  dans  la  glycérine.  Nous 
croyons  que  l'on  n'a  pas  jusqu'ici  trouvé  le  moyen  d'employer  les  couleurs 
d'aniline  d'une  manière  satistaisante  pour  les  injections. 


MASSES    AU    CARMIN 

444.  Masse  au  carmin  et  à  la  gélatine  (Ranvier,  Traité 
technique,  p.  ii6).  —  On  prend  8  grammes  de  gélatine  de  Paris  qu'on 
laisse  ramollir  dans  l'eau  pendant  une  demi-heure  à  une  heure  ;  on  la 
lave  à  Teau  distillée,  on 'la  laisse  égoutter  et  on  fait  fondre  au  bain- 
marie.  On  ajoute  peu  à  peu,  et  en  remuant  constamment,  une  solution 
de  carmin  préparée  en  broyant  2^%8  de  carmin  avec  un  peu  d'eau 
distillée  et  assez  d'ammoniaque  pour  donner  une  solution  transpa- 
rente. 

On  doit  maintenant  avoir  environ  15  ce.  de  solution  ammonia- 
cale de  carmin  dans  la  gélatine.  Il  s'agit  alors  de  rendre  cette 
solution  aussi  complètement  neutre  que  possible.  C'est  un  point  très 
important;  car,  pour  peu  que  la  solution  soit  ammoniacale,  elle 
diffuse  dans  les  tissus  ;  et  si  au  contraire  il  y  a  un  excès  d'acide,  le  car- 
min se  précipite  en  granulations  qui  rendent  l'injection  opaque  par 
places,  et  peuvent  même  boucher  les  petits  vaisseaux.  Voici  comment 
on  peut  obtenir  la  neutralisation  complète  de  la  masse.  On  maintient 
la  gélatine  carminée  dans  le  bain-marie,  et  l'on  ajoute,  goutte  à 
goutte,  en  remuant  avec  une  baguette  de  verre,  un  mélange  de 
1  partie  d'acide  acétique  cristallisable  avec  2  parties  d'eau.  C'est  par 
l'odeur  que  l'on  reconnaît  le  moment  où  il  faut  cesser  d'ajouter  de 
l'acide  acétique.  Le  mélange  carminé  exhale  d'abord  une  forte  odeur 
d'ammoniaque;  à  mesure  que  l'on  ajoute  de  l'acide  acétique,  cette 
odeur  diminue,  et  il  arrive  un  moment  où  elle  est  transformée  en  une 
odeur  aigre.  C'est  le  moment  où  il  faut  s'arrêter.  Pour  y  arriver  plus 
facilement,  il  est  bon  d'étendre,  vers  la  fin  de  l'opération,  la  solution 
d'acide  acétique  avec  de  l'eau.  Si,  en  examinant  la  liqueur  au  micros- 
cope, on  reconnaît  la  présence  de  granulations,  il  faut  considérer  la 
masse  comme  perdue. 

Ranvier  trouve  qu'il  n'y  a  pas  d'autre  moyen  certain  d'arriver  à  la 
neutralisation  parfaite.  Il  ne  faut  pas  avoir  confiance  dans  certaines 


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■  I  tJLU|ipB 


294  CHAPITRE   XXI  . 

-formules  d'injections  dans  lesquelles  les  auteurs  ont  indiqué  des 
proportions  d'ammoniaque  et  d'acide  acétique  qui  doivent  se  neutra- 
liser. Les  solutions  d'ammoniaque  que  l'on  a  dans  les  laboratoires 
présentent  en  effet  des  richesses  très  diverses.  La  méthode  de  titrage 
de  l'acide  acétique  et  de  l'ammoniaque  dont  on  se  sert,  proposée  par 
Frey,  est  également  illusoire,  parce  qu'il  arrive  très  souvent  que  la 
gélatine  du  commerce  est  acide,  ce  qui  peut  conduire  à  dépasser  le 
point  de  neutralisation. 

La  masse  ayant  été  neutralisée,  on  la  filtre  sur  de  la  flanelle 
neuve. 

445.  Masse  an  carmin  et  à  la  gélatine  (Ville,  Gaz.  hebd,  d. 
Sciences  méd.  de  Montpellier^  fév.  1882  ;  à  part,  Delahaye  et  Lecrosnier, 
Paris,  1882).  —  Ville  trouve,  comme  Ranvier,  que  le  procédé  de  titrage 
recommandé  par  Frey  est  défectueux,  non  pas  tant  à  cause  de  l'acidité  des 
gélatines  du  commerce  que  pour  un  autre  motif.  En  effet,  lorsqu'on  traite  le 
carmin  par  Tammoniaque,  une  certaine  partie  de  l'ammoniaque  se  fixe  sur 
le  carmin  pour  donner  une  combinaison  transparente  rouge  pourpre;  et  il 
reste  un  excès  d'ammoniaque  ;  c'est  la  neutralisation  de  cet  excès  qu'il  faut 
atteindre.  Or,  d'après  la  méthode  de  Frey,  il  faudrait  employer  une  quantité 
d'acide  suffisante  pour  neutraliser  toute  la  proportion  d'ammoniaque 
qu'on  a  ajoutée  au  carmin.  Iln'est  donc  pas  étonnant  qu'on  dépasse  le 
point  de  neutralisation  et  qu'on  obtienne  une  masse  granuleuse. 

Quant  à  l'acidité  de  la  gélatine  du  commerce,  on  peut  d'une  manière 
bien  simple  se  mettre  à  l'abri  de  cette  cause  d'erreur.  Voici  comment  on 
y  arrive:  —  au  lieu  de  plonger  la  gélatine  dans  un  bain  d'eau,  on  la  place 
dans  un  entonnoir  effilé  assez  grand,  ou  mieux,  dans  un  entonnoir  à 
robinet.  On  dispose  le  tout  sous  une  fontaine  et  on  règle  le  filet  d*eau 
de  manière  que  la  gélatine  soit  bien  immergée.  On  lui  fait  subir  un  lavage 
prolongé  (une  heure  environ)  qui  lui  enlève  les  traces  d'acide  mécani- 
quement retenu.  Ville  a  constaté  que  des  gélatines  franchement  acides 
perdent  bien  vite  cette  réaction  quand  on  les  soumet  à  ce  traitement. 

Quant  à  la  neutralisation  de  la  masse.  Ville  trouve  que  le  critère  de  la 
neutralisation  donné  par  Ranvier  —  l'odeur  aigre  qui  succède  à  l'odeur 
ammoniacale  —  est  peu  sûr  à  réaliser  dans  la  pratique.  Car,  après  une 
série  d'essais,  le  sens  olfactif  s'émousse,  et  cela  juste  au  moment  où  il 
faudrait  qu'il  intervint  avec  le  plus  de  finesse  en  vue  de  la  neutralisation 
partielle  déjà  accomplie,  ce  qui  rend  l'investigation  très  difficile. 

Il  est  bien  préférable,  selon  Ville,  de  se  servir  de  papier  de  tournesol 
sensibilisé,  ou  dichroïque,  qui,  comme  on  le  sait,  peut  être  indistincte- 
ment appliqué  à  la  recherche  des  acides  ou  des  bases. 

Pour  préparer  ce  papier,  on  acidulé  légèrement,  par  un  excès  d'acide 
sulfurique,  la  teinture  obtenue  par  décoction  de  pain  de  tournesoL  On 
neutralise  ainsi  l'excès  d'alcali  ou  de  carbonate  alcalin  que  renferme  tou- 
jours cette  décoction  et  qui  diminue  la  sensibilité  du  réactif.  On  agite  à 
chaud  avec  un  excès  de  carbonate  de  baryte  précipité,  et  on  filtre. 

Cette  solution  sensible  de  tournesol  est  exposée  à  l'air  dans  de  larges 
vases,  jusqu'à  ce  que  sa  couleur  bleue  intense  ait  fait  place  à  une  teinte 


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IISJEGTIONS.    MASSES    A   LA   GÉLATINE  205 

rougeâtre.  On  immerge  dans  cette  solution  des  bandes  de  papier  blanc  non 
collé,  que  Ton  fait  sécher  ensuite  à  l'ombre,  sur  des  fils  tendus,  en  ayant 
bien  soin  d'éviter  la  présence  des  vapeurs  ammoniacales. 

Si  cette  opération  paraît  trop  longue,  on  peut  se  contenter  d'ajouter  à 
la  teinture  de  tournesol  des  laboratoires  de  l'acide  sulfurique  très  dilué, 
goutte  à  goutte  jusqu'à  la  coloration  rouge.  Alors,  par  l'addition  successive 
de  traces  d'alcali  et  d'acide  sulfurique  en  solutions  très  étendues,  on  cher- 
chera à  obtenir  la  teinte  rougeâtre  ou  dichroïque.  La  teinture  de  tournesol 
ainsi  sensibilisée  sert  à  préparer  le  papier,  en  opérant  comme  dans  le  pre- 
mier cas. 

Ce  papier  de  tournesol  sensibilisé  permet  de  déceler  des  traces  infinité- 
simales de  vapeurs  ammoniacales;  Ville  a  constaté  qu'il  donne  une  réaction 
très  nette  et  très  rapide  alors  que  le  sens  olfactif  le  mieux  doué  était  depuis 
longtemps  impuissant  à  percevoir  la  moindre  odeur  ammoniacale. 

On  emploie  ce  papier,  comme  le  papier  réactif  ordinaire,  en  le  mouillant 
d'eau  distillée,  et  en  l'approchant  aussi  près  que  possible  de  la  masse  à 
injection  maintenue  au  bain-marie.  Il  bleuit  d'abord  très  vite  et  très  nette- 
ment ;  mais,  à  mesure  qu'on  ajoute  de  nouvelles  quantités  d'acide,  cette 
réaction  s'affaiblit,  et  bientôt  le  changement  de  couleur  ne  se  fait  que  d'une 
façon  très  lente.  C'est  à  ce  moment  qu'il  faut  cesser  l'addition  d'acide  ; 
l'opération  est  terminée. 

On  peut  aussi  préparer  du  papier  sensibilisé  d'une  grande  délicatesse 
avec  d'autres  réactifs,  le  réactif  de  Nessler,  l'hématoxyline  en  solution 
alcoolique,  et,  surtout,  une  solution  faite  ainsi  qu'il  suit  :  —  on  prend  de 
la  liqueur  orange  numéro  3  (liqueur  qui  se  trouve  dans  le  commerce, 
et  qui  est  employée  pour  la  reconnaissance  des  acides);  on  y  ajoute  une 
trace  d'acide  sulfurique  dilué  ;  la  liqueur  change  d'aspect  et  prend  une 
coloration  groseille. 

On  peut  faciliter  la  préparation  de  la  masse  à  injection  en  tenant  une 
provision  d'acide  acétique  et  d'ammoniaque  de  concentration  connue. 
Avec  l'acide  acétique  on  n'aura  pas  de  difficulté  ;  il  suffit  de  conserver  de 
l'acide  cristallisable  dans  un  fiacon  bien  bouché.  Mais  il  n'en  est  pas  de 
même  pour  la  solution  ammoniacale.  Il  ne  suffit  pas  de  la  maintenir  dans 
un  vase  hermétiquement  fermé,  car  les  transvasements  à  l'air  libre,  surtout 
s'ils  étaient  répétés,  feraient  varier  d'une  manière  notable  la  richesse  de  la 
solution.  Ville  a  imaginé  un  appareil  qui  permet  de  conserver  la  solution 
d'ammoniaque  dans  un  vase  hermétiquement  clos,  et  d'en  soutirer  à  volonté 
une  quantité  connue  sans  que  l'air  ait  accès  sur  le  reste  de  la  solution.  Nous 
ne  pouvons  donner  ici  la  description  de  cet  appareil,  qui  serait  longue  et  ne 
serait  pas  compréhensible  sans  les  figures  destinées  à  l'expliquer  ;  on  trou- 
vera la  description  et  la  planche  des  figures  dans  le  mémoire  original  de 
Ville. 

Sauf  les  différences  que  nous  avons  mentionnées,  Ville  prépare  la  masse 
à  injection  selon  les  prescriptions  de  Ranvier. 

446.  Masse  au  carmin  et  â  la  gélatine  (Hoyer,  BioL  Cen- 
tralb.y  1882,  p.  21).  —  A  une  solution  concentrée  de  gélatine  on 
ajoute  une  quantité  correspondante  de  solution  ammoniacale  de  car- 
min neutralisée;  on  fait  digérer  le  mélange  au  bain-marie  jusqu'à  ce 


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296  CHAPITRE  XXI 

que  sa  couleur  rouge  violet  commence  à  passer  à  une  nuance  rouge 
clair;  on  ajoute  5  à  10  p.  100  de  glyce'rine;  et  au  moins  2  p.  100  d'hy- 
drate de  chloral  (en  solution  forte),  on  filtre  à  travers  de  la  flanelle, 
et  Ton  conserve  la  masse  dans  une  capsule  couverte  par  un  globe  de 
verre.  Elle  se  maintient  sans  altération  pendant  des  mois. 

447.  Masse  au  carmin  et  âla  gélatine  {Fol  ^Zeit.  wiss,  ZooL 
1883,  p.  492,  et  Lehrb.,  p.  13).  —  On  prend  1  kilogramme  de  géla- 
tine fine  '  qu*on  laisse  ramollir  pendant  deux  ou  trois  heures  dans 
une  faible  quantité  d'eau.  On  la  fait  fondre,  et  on  ajoute  1  litre  de 
solution  ammoniacale  concentrée  de  carmin  (solution  forte  d'ammo- 
niaque, 1  partie;  eau,  3  ou  4  parties;  carmin,  à  saturation;  filtrer, 
pour  enlever  l'excès  de  carmin  qui  doit  se  trouver  dans  la  solution). 
On  agite  continuellement  pendant  que  l'on  verse  le  carmin.  On  neu- 
tralise h  peu  près  (il  n'est  pas  nécessaire  que  la  neutralisation  soit 
complète,  pourvu  qu'on  ne  la  dépasse  pas,  ce  qui  précipiterait  le  car- 
min) avec  de  l'acide  acétique.  On  laisse  la  masse  se  solidifier,  et  on  la 
découpe  en  morceaux  qu'on  enveloppe  dans  du  tulle  ou  dans  un  filet 
fin.  On  pétrit  la  masse  ainsi  enveloppée  avec  la  main  dans  de  l'eau 
contenant 0,1  p.  100  d'acide  acétique;  par  la  pression  la  masse  est 
exprimée  à  travers  les  mailles  du  filet  sous  forme  de  vermicelles.  On 
lave  ces  vermicelles  pendant  plusieurs  heures  sur  un  tamis  à  travers 
lequel  on  fait  passer  un  courant  d'eau.  On  les  fait  fondre  et  on  verse 
la  masse  fondue  en  une  couche  mince  sur  du  papier  parchemin  imbibé 
de  paraffine.  On  met  les  feuilles  de  papier  sécher  dans  un  endroit 
sec.  Lorsque  la  masse  est  sèche,  elle  se  laisse  séparer  du  papier  sous 
forme  de  feuilles  qu'on  découpe  en  bandes  avec  des  ciseaux,  et  qu'on 
met  dans  un  flacon  pour  les  conserver.  Pour  s'en  servir,  il  n'y  a 
qu'à  ramollir  dans  l'eau  pendant  quelques  minutes  la  quantité 
voulue,  et  la  faire  fondre  au  bain-marie  dans  10  à  20  parties 
d'eau. 

Les  avantages  de  cette  méthode  de  préparation  sont  :  que  la  masse 
se  conserve  indéfiniment,  ce  qui,  selon  Fol,  ne  serait  pas  le  cas  avec 
la  masse  au  chloral  de  Hoyer;  et  que  sa  préparation  est  facile,  vu 
qu'elle  exige  moins  que  les  autres  masses  la  neutralisation  exacte  de 

la  solution  dé  carmin. 
On  peut  simplifier  ce  procédé  de  la  manière  suivante,  sans  que  les 

résultats  en  soient  de  beaucoup  inférieurs.  On  prend  de  la  gélatine  en 

Fol  recommande  la  gélatine  photographique  qu'on  se  procure  à  la  Simeon's 
(ielatine-fabrlky  NVinterlhur  (Suisse)  ;  il  est  probable  que  la  gélatine  prologra- 
phique  de  Coignet,  à  Paris,  donnerait  le  même  résultat. 


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INJECTIONS.    MASSES   A  LA   GÉLATINE  297 

lames  (ou  mieux  de  la  gélatine  photographique  molle).  On  laisse 
macérer  ces  feuilles  pendant  deux  jours  dans  une  quantité  suffisante 
de  la  solution  de  carmin  que  nous  avons  décrite.  On  les  rince  et  on 
les  met  pendant  quelques  heures  dans  de  Teau  acidulée  par  Tacide 
acétique.  Puis  on  les  lave  pendant  plusieurs  heures  sur  un  tamis  avec 
de  Teau  courante;  on  les  sèche  sur  du  papier  parchemin,  et  on  con- 
serve comme  nous  l'avons  dit. 

448.  Antres  masses  au  carmin  et  à  la  gélatine.  •—  Gerlacu 
{Arch.  f.  mik.  Anat.,  1865,  p.  148,  et  le  Traité  de  Ranvier,  p.  118).  — 
Thiersch  {Arch.  /*.  mxL  AnaL,  1865,  p.  148).  —  Carter  (Beale,  How  to 
worL,  etc.,  p.  113).  —  Davies  (Prcp.  and  Mounting  of  Mie.  Objects, 
p.  138). 

masses  bleues 

449.  Bleu  de  Prusse  de  Robin.  —  Voyez  numéro  440. 

450.  Bleu  de  Prusse  de  Ranvier  {Traité,  p.  119).  —  On  prend 
1  partie  de  gélatine  solide  et  2S  parties  de  solution  saturée  de  blieu 
de  Prusse  (préparée  comme  nous  le  dirons  tout  à  l'heure).  Laisser 
ramollir  la  gélatine  une  demi-heure  à  une  heure  dans  Teau  ;  la  laver 
à  Teau  distillée  et  la  faire  fondre  dans  une  éprouvette  au  bain-marie. 
Mettre  la  solution  de  bleu  de  Prusse  dans  une  autre  éprouvette 
plongée  dans  le  même  bain-marie,  pour  la  maintenir  à  la  même  tem- 
pérature que  la  gélatine.  Verser  la  gélatine  peu  à  peu  dans  le  bleu 
de.  Prusse;  maintenir  le  mélange  dans  le  bain-marie  et  remuer 
continuellement  avec  un  agitateur  de  verre  jusqu'à  ce  que  le 
précipité  grumeleux  qui  s'est  formé  au  premier  moment  ait  disparu. 
On  constate  que  le  bleu  est  parfaitement  dissous  lorsque  la  baguette 
de  verre  retirée  du  liquide  ne  présente  pas  de  granulations  bleues  à 
sa  surface.  Filtrer  sur  de  la  flanelle  neuve,  et  maintenir  Tinjection 
au  bain-marie  à  la  température  de  40^,  jusqu'à  ce  qu'on  en  remplisse 
la  seringue. 

Il  y  a  des  gélatines  avec  lesquelles  il  se  produit  un  précipité  persis- 
tant; il  faut  les  rejeter  absolument;  mais  il  faut  savoir  que  le  préci- 
pité qui  se  forme  toujours,  même  avec  la  meilleure  gélatine,  disparait 
quand  on  continue  de  chauffer. 

La  solution  de  bleu  de  Prusse  se  prépare  ainsi  : 

On  prend  une  solution  concentrée  de  sulfate  de  protoxyde  de  fer 
dans  Teau  distillée,  et  on  la  verse  lentement  dans  une  solution  con- 
centrée de  prussiate  jaune  de  potasse  :  il  se  précipite  du  bleu  de 


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■     JIVPH  n 


298  CHAPITRE   XXI 

Prusse  insoluble.  A  la  fln  de  Topération  il  doit  rester  un  excès  de 
prussiate  de  potasse  dans  la  liqueur,  ce  dont  on  s*assure  en  en  pre- 
nant une  petite  portion  et  en  constatant  qu'une  nouvelle  goutte  de 
sulfate  de  fer  y  donne  encore  un  précipité.  On  filtre  sur  une  chausse 
de  feutre.  Au-dessous  de  celle-ci  est  disposé  un  entonnoir  de  verre 
avec  un  filtre  en  papier.  Le  liquide  coule  d*abord  clair  et  jaunâtre 
dans  l'entonnoir  inférieur.  On  ajoute  par  petites  quantités  de  Teau 
distillée  dans  la  chausse,  et  Ton  continue  à  laisser  filtrer;  peu  à  peu 
le  liquide  sort  de  la  chausse  légèrement  teinté  en  bleu,  mais  au-des- 
I  sous  du  second  filtre  il  ne  présente  pas  cette  coloration.  On  continue 

f  ainsi  pendant  plusieurs  jours  à  ajouter  de   Teau  distillée  dans  la 

chausse,  jusqu'à  ce  que  le  liquide  bleuisse  au-dessous  du  second 
entonnoir,  dans  le  flacon  disposé  pour  cela.  A  ce  moment,  le  bleu  de 
Prusse  est  devenu  soluble.  Pour  le  recueillir,  il  faut  retourner  la 
chausse  et  l'agiter  dans  l'eau  distillée.  Le  bleu  s'y  dissout,  si  la 
quantité  d'eau  est  suffisante. 

La  solution  ainsi  obtenue  peut  être  conservée  telle  quelle  pour  les 
injections,  mais,  comme  il  est  plus  commode  d'avoir  une  provision  de 
bleu  de  Prusse  soluble  à  l'état  solide,  il  est  utile  de  l'évaporer  à 
l'étuve  et  de  conserver  le  résidu  solide  dans  des  flacons.  Pour  s'en  ser- 
vir on  le  fait  dissoudre  à  saturation  dans  l'eau  distillée;  pour  les 
injections  il  est  toujours  nécessaire  que  la  solution  soit  saturée. 

On  peut  injecter  cette  solution  telle  quelle  ;  jamais  elle  ne  transsude 
à  travers  les  parois  des  vaisseaux.  On  peut  aussi  mélanger  ce  bleu  de 
Prusse  avec  la  glycérine  au  quart. 

Ranvier  a  trouvé  que  les  injections  au  bleu  de  Prusse  soluble  sont 
les  seules  qui  lui  aient  donné  de  très  bons  résultats. 

451.  Bien  de  Berlin  soluble  (Brucke,  Arch.  /*.  mik.  Anàt.,  1865, 
p.  87).  —  On  verse  dans  une  solulion  concenlrce  (10  p.  100  ou  plus)  de 
ferrocyanure  de  polassium  une  quantité  de  solulion  diluée  de  perchlorure 
de  fer  telle  que  le  poids  du  perchlorure  qu'elle  contient  soit  le  1/8  ou  le 
1/10  de  celui  du  ferrocyanure.  On  met  le  précipité  sur  une  chausse,  et  on 
le  lave  avec  l'eau  mère  jusqu'à  ce  qu'il  ne.s'écoule  plus  qu'un  liquide  jaune; 
puis  on  le  lave,  toujours  sur  la  chausse,  avec  de  l'eau  distillée  jusqu'à  ce 
que  le  liquide  filtré  passe  bleu;  alors  on  sèche  le  précipité,  on  le  comprime 
dans  une  presse  entre  des  feuilles  de  papier  buvard,  on  brise  en  morceaux 
la  masse  comprimée,  et  on  sèche  les  morceaux  à  l'air. 

Ou  bien  en  emploie  le  procédé  suivant,  qui  a  l'avantage  d'être  moins 
coûteux  : 

On  fait  une  solution  de  ferrocyanure  de  potassium  contenant  217  grammes 
de  sel  par  litre  d'eau,  et  l'on  ajoute  2  volumes  de  solution  saturée  de  sulfate 
de  soude.  On  fait  aussi  une  solution  de  1  partie  de  chlorure  de  fer  sec  du 
commerce  dans  10  parties  d'eau,  et  on  ajoute  également  2  volumes  de  solu- 


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INJECTIONS.    MASSES    A   LÀ  GÉLATINE  299 

lion  saturée  de  sulfate  de  soude.  Ou  ajoute,  en  remuant,  1  volume  de  la 
solution  de  chlorure  à  1  volume  de  la  solution  de  ferrocyanure.  On  met  sur 
une  chausse  le  précipité  qui  se  forme,  on  le  lave  et  on  traite  pour  le  reste 
comme  ci-dessus. 

Pour  se  servir  de  ce  bleu  soluble,  on  en  combine  la  solution  saturée  avec 
assez  de  gélatine  pour  former  une  gelée  après  refroidissement.  Chauffer  à 
60®  environ,  et  injecter  avec  une  seringue  chauffée  ;  il  n'est  pas  nécessaire 
de  chauffer  le  sujet.  Il  vaut  mieux,  selon  Brûcke,  éviter  la  glycérine  pour 
monter  les  pièces,  la  glycérine  ayant  pour  effet  de  faire  pâlir  la  couleur 
(nous  pensons  cependant  que  la  glycérine  doit  suffire  à  conserver  la  cou- 
leur, si  elle  est  acidulée  par  Tacide  acétique  (1  p.  100  environ). 

452,  Bleu  de  Prusse  (Thiersch,  Arch.  f.  mik.  Anal.,  1865, 
p.  148).  —  On  prend  : 

1**  Une  solution  saturée  de  sulfate  de  fer; 

2®  Une  solution  saturée  de  prussiate  rouge  (ferrîcyanure)  de  potas- 
sium; 

3**  Une  solution  saturée  d*acide  oxalique; 

4°  Une  solution  de  1  partie  de  gélatine  dans  2  parties  d'eau. 

On  môle  12  ce.  de  la  solution  de  sulfate  de  fer  avec  30  grammes  de 
la  solution  de  gélatine,  à  une  température  de  25^  R. 

Puis  on  môle,  à  la  même  température,  24  ce.  de  la  solution  de 
ferricyanure  avec  60  grammes  de  la  solution  de  gélatine,  et  Ton 
ajoute  24  ce.  de  la  solution  d'acide  oxalique.  On  agite  bien,  puis  on 
ajoute  le  mélange  de  gélatine  et  de  sulfate  de  fer.  On  maintient  le 
tout  à  la  température  de  20*^  à  23°  R.,  en  remuant  toujours,  jusqu'à 

ce   que  tout  le  bleu  de  Prusse  soit  précipité.  On  chauffe  alors  à  ^ 

l(y  R.,  et  Ton  flltre  sur  de  la  aanelle. 


453.  Masse  au  bleu  de  Berlin  soluble  (Hoyer,  Arch.  f.  mik. 
Anat.,  1876,  p.  649).  —  Hoyer  recommande  de  précipiter  du  bleu  de 
Berlin,  et  de  le  mettre  avec  un  peu  d'eau  dans  un  dialyseur.  On  change 
Teau  extérieure  jusqu'à  ce  que  le  bleu  de  Prusse  commence  à  dialyser 
à  travers  le  parchemin.  On  peut  alors,  après  avoir  allongé  le  bleu  de 
Prusse  avec  de  l'eau,  le  filtrer  sur  du  papier,  opération  qui  devient 
facile  après  la  dialyse. 

On  peut  injecter  la  solution  telle  quelle,  ou  la  combiner  à  la  géla- 
tine. 

A  cet  effet,  il  convient  de  mêler  d'abord  une  petite  quantité  d'une  solu- 
tion très  diluée  et  chauffée  de  bleu  de  Berlin  avec  une  petite  quantité  d'une 
solution  modérément  diluée  de  gélatine  ;  on  obtient  ainsi  une  solution 
parfaitement  claire  et  homogène  qu'on  peut  alors  additionner  de  solution 
de  gélatine  plus  concentrée  et  de  solution  de  bleu  de  Berlin  plus  concentrée. 


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CHAPITRE   XXI 


On  procède  ainsi  jusqu'à  ce  qu'on  ait  obtenu  une  masse  saturée  de  bleu  de 
Berlin,  mais  parfaitement  homogène  et  transparente.  Hoyer  a  toujours 
trouvé  qu'en  mêlant  la  gélatine  et  le  bleu  de  Berlin  sans  cette  précaution  on 
obtit^iit  une  masse  granuleuse  ou  grumeleuse.  Par  l'addition  d'hydrate  de 
chloral  (n®  415),  cette  masse  peut  être  conservée  sans  altération  pendant 
loti  g  temps. 

454.  Masse  au  bleu  de  Berlin  (Fol,  Zeit.  /*.  wiss.  ZooL,  1883, 
p.  404;  Lehrh.^  p.  14).  —  Fol  recommande  de  faire  une  masse  en 
gélatinisant  le  bleu  de  Berlin  soluble  du  commerce,  ou  bien  celui  de 
Brûcke.  Ce  bleu  ne  se  conservant  pas  très  bien,  le  bleu  de  Prusse  de 
Thierach  (n**  452)  lui  est  préférable  sous  ce  rapport.  On  peut  injecter 
la  mrisse  telle  quelle,  ou  bien  on  peut  la  laisser  solidifier  et  l'envelop- 
per dans  du  tulle  ou  un  filet  fin  et  la  comprimer  en  vermicelles  sous 
Feau,  comme  nous  Tavons  dit  ci-dessus  (n<*  447),  laver  ces  vermicelles, 
les  mettre  sécher  sur  du  papier  parchemin,  et  les  conserver  dans  des 
flacons.  Pour  s'en  servir,  on  les  laisse  ramollir  dans  Teau  et  on  les 
fait  fondre  avec  une  addition  d'acide  oxalique  suffisante  pour  per- 
mettre d'obtenir  la  solution  complète.  (On  ne  peut  pas  faire  fondre 
les  vermicelles  avant  de  les  sécher,  parce  qu'ils  ne  fondent  pas  assez 
bien  sans  l'addition  d'acide  oxalique.) 

455.  Bleu  de  Prusse  soluble  de  Guignet.  —  Voyez  Journ.  de 
miavgr.y  1889,  p.  94. 

AUTRES    COULEURS 

456.  Masse  Jaune  au  cadmium  (Robin).  —  Voyez  numéro  441 . 

457.  Masse  Jaune  au  chromate  de  plomb  (Toierscd,  Arch.  f. 
Mik.  Anal,,  1865,  p.  149).  —  On  prend  : 

I  '  Une  solution  de  1  partie  de  gélatine  dans  2  parties  d'eau  ; 

^'  Cne  solution  de  1  partie  de  chromate  neutre  de  potasse  dans 
1 1  parties  d'eau  ; 

3'  Une  solution  de  1  partie  d'azotate  de  plomb  dans  11  parties  d'eau. 

On  mêle  4  parties  de  la  solution  de  gélatine  avec  i  parties  de  la 
solution  de  plomb.  Dans  un  autre  récipient  on  mêle  4  parties  de  la 
solution  de  gélatine  avec  1  partie  de  la  solution  de  chromate  de 
potasse.  On  chauffe  à  25**  R.  et  l'on  mélange  les  deux  solutions  ainsi 
obtenues,  en  remuant  constamment,  jusqu'à  ce  que  tout  le  chromate 
de  plomb  se  soit  précipité  ;  puis  on  chauffe  à  70**  R.  et  on  filtre  à 
travers  de  la  flanelle. 


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INJECTIONS.    MASSES   A  LA    GÉLATINE  301 

Cette  masse  est  très  belle.  Fol  fait  observer  qu'il  faut  toujours  la 
préparer  au  moment  de  s'en  servir,  car  le  chromate  de  potasse 
employé  fait  bientôt  passer  la  gélatine  à  l'état  insoluble. 

458.  Masse  jaune  au  chromate  de  plomb  (Hoyer,  Arch.  f,  mik. 
Anat.,  1867,  p.  136).  —  On  prend  : 

1  volume  d'une  solution  de  l  partie  de  gélatine  dans  4  parties  d'eau; 
1  volume  de  solution  saturée  de  bichromate  de  potasse  ; 

I  volume  de  solution  saturée  d'acétate  neutre  de  plomb. 

On  ajoute  la  solution  de  bichromate  à  la  solution  de  gélatine.  On  chauffe 
presque  à  ébullition,  et  Ton  ajoute  la  solution  d'acétate  de  plomb,  préala- 
blement chauffée.  On  laisse  refroidir  à  la  température  du  sang  et  Ton  injecte 
de  suite. 

On  peut  varier  la  préparation  de  la  manière  suivante  :  on  mêle  la  solu- 
tion de  plomb  à  une  partie  de  la  solution  de  gélatine,  et  la  solution  de 
bichromate  à  une  autre  partie  ;  on  chauffe  ce  dernier  mélange,  et  Ton  y 
ajoute  graduellement  le  premier  en  remuant  constamment. 

II  ne  faut  jamais  mêler  les  solutions  à  une  température  basse,  parce  qu'il 
se  forme  alors  un  précipité  à  granulations  grumeleuses.  De  plus,  en  ce  cas, 
on  obtient  un  précipité  jaune  vif;  tandis  qu'en  mêlant  l'acétate  à  une 
solution  chaude  de  bichromate  on  obtient  un  précipité  d'une  belle  couleur 
rouge  orange. 

On  peut  garder  en  provision  les  solutions  d'acétate  et  de  bichromate, 
ce  qui  permet  de  préparer  très  rapidement  la  masse  au  moment  de  s'en 
servir. 

Cette  masse  est  presque  transparente,  pénètre  bien,  même  dans  les  lym- 
phatiques les  plus  fins,  et,  ayant  une  couleur  beaucoup  plus  intense  que  la 
masse  de  Thiersch,  rend  les  vaisseaux  beaucoup  plus  distincts.  Elle  est  aussi 
plus  facile  à  manier  que  la  masse  de  Thiersch,  parce  qu'elle  se  solidifie 
moins  rapidement.  Elle  donne  de  bonnes  images  soit  à  la  lumière  transmise, 
soit  à  l'éclairage  direct. 

459.  Masse  janae  au  chromate  de  plomb  (Fol,  Lehrh.^  p.  15).  — 
On  fait  une  solution  de  60  parties  d'acétate  de  plomb  dans  100  ce.  d'eau,  et 
une  solution  de  25  parties  de  bichromate  de  potasse  dans  la  même  quan- 
tité d'eau.  On  mêle  les  deux  solutions  avec  précaution  dans  un  verre 
cylindrique  ;  il  se  précipite  du  chromate  de  plomb.  On  laisse  ce  précipité 
déposer,  on  décante,  on  lave  le  précipité  à  l'eau  distillée,  et  on  l'ajoute  sans 
tarder  à  une  solution  de  gélatine.  Il  ne  faut  pas  laisser  le  précipité 
demeurer  longtemps  dans  l'eau,  car  il  s'y  produirait  alors  des  granulations 
grossières. 

Cette  masse  est  moins  belle  que  celle  de  Thiersch,  mais  se  conserve 
mieux. 

460.  Masse  Jaune  au  nitrate  d'argent  (Ho yer,  BioL  Centralh. 
1882,  p.  21).  —  On  mêle  à  chaud  un  volume  de  solution  concentrée 
de  gélatine  et  1  volume  d'une  solution  de  nitrate  d'argent  à  4  p.  100  ; 
on  chaufTe  et  on  ajoute  une  faible  quantité  d'une  solution  aqueuse 


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302  CHAPITRE   XXI 

d'acide  pyrogallique.  L'argent  se  réduit  en  peu  de  secondes,  et  la 
masse  prend  une  coloration  brune  ;  elle  paraît  aussi  brune  dans  les 
grands  vaisseaux,  mais  jaune  dans  les  capillaires.  En  ajoutant  de  la 
glycérine  et  de  Thydrate  de  chloral  (n^  446),  on  peut  la  conserver 
pendamt-  longtemps.  Les  pièces  injectées  peuvent  être  traitées  par 
l'alcool,  Tacide  acétique,  Tacide  chromique,  ou  les  bichromates, 
sans  que  l'injection  en  soit  aflectée. 

461.  Masses  vertes  (Hoyer,  toc.  cit,^  p.  22).  —  On  obtient  de 
bonnes  masses  vertes  en  combinant  une  masse  bleue  et  une  masse 
jaune. 

462.  Masse  au  vert  de  Seheele  (Robin).  —  Voyez  numéro  442. 

463.  Masse  verte  (TmERScn,  Arch.  f.  mik.  Anal.,  1865,  p.  149). 
—  Combiner  en  diverses  proportions  la  masse  bleue  numéro  452 
et  la  masse  jaune  numéro  457. 

464.  Masse  blanche  au  carbonate  de  plomb  (Hartig,  Fret, 
Le  Microscope^  p.  190).  —  On  fait  dissoudre  125  grammes  d'acétate 
de  plomb  dans  une  quantité  d'eau,  telle  que  le  tout  pèse  500  grammes. 

Et  on  fait  dissoudre  95  grammes  de  carbonate  de  soude  dans  une 
quantité  d'eau  telle  que  le  tout  pèse  500  grammes. 

On  mêle  ces  deux  solutions  à  volumes  égaux,  et  l'on  ajoute  deux 
volumes  de  solution  de  gélatine. 

465.  Masse  blanche  au  sulfate  de  baryte  (Frey,  ibid,),  — 
On  met  dans  un  verre  cylindrique  125  à  185  grammes  de  solution 
saturée  de  chlorate  de  baryte.  On  ajoute  lentement,  goutte  à  goutte, 
de  l'acide  sulfurique.  On  laisse  de'poser  pendant  douze  heures  le  pré- 
cipité qui  se  forme,  et  l'on  décante.  On  prend  le  résidu  mucilagineux 
formé  par  le  précipité  et  on  le  combine  à  parties  égales  avec  une 
solution  concentrée  de  gélatine. 

Celte  masse  est  très  fine.  Les  pièces  injectées  peuvent  être  conser- 
vées dans  l'acide  chromique. 

466.  Masse  blanche  au  chlorure  d'argent  (Teichmann  ;  Frey,  loc, 
cit.,  p.  191).  —  On  fait  dissoudre  3  parties  de  nitrate  d'argent  dans  une 
solution  de  gélatine,  et  Ton  ajoute  1  partie  de  chlorure  de  sodium. 

Cette  masse  est  très  fine,  et  n'est  pas  décomposée  par  l'acide  chromique. 
Malheureusement  elle  noircit  facilement. 


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INJECTIONS.    MASSES    A   LA   GÉLATINE  303 

467.  Masse  brune  (Fol,  Zeit,  f.  wiss,  Zool.,  1883,  p.  494,  et 
Lehrb.,  p.  16).  —  On  fait  fondre  44  grammes  de  sel  de  cuisine  dans 
!âOO  ce.  d*eau  ;  on  ajoute  50  grammes  de  gélatine,  on  la  laisse  ramol- 
lir et  on  la  fait  fondre.  A  la  masse  fondue  on  ajoute  graduellement, 
en  remuant  constamment,  une  solution  de  30  grammes  de  nitrate 
d'argent  dans  100  ce.  d'eau.  (Si  l'on  désire  avoir  une  masse  extrê- 
mement fine,  il  faut  allonger  les  deux  solutions  de  deux  ou  trois 
volumes  d'eau.)  On  laisse  la  masse  se  prendre,  on  l'enveloppe  de 
tulle  et  on  la  traite  comme  nous  l'avons  dit  pour  la  masse  au  carmin, 
numéro  447.  On  traite  les  vermicelles,  à  la  lumière  du  jour,  avec  un 
mélange  de  solution  saturée  d'oxalate  de  potasse,  300  ce,  et  de 
solution  de  sulfate  de  fer,  100  ce,  jusqu'à  ce  qu'ils  paraissent  entiè- 
rement noircis.  On  les  lave,  on  les  sèche,  et,  si  on  le  désire,  on  les 
refond  et  on  les  conserve  comme  nous  l'avons  dit  au  numéro  447. 

Cette  masse  est  d'un  brun  sèpia  à  la  lumière  transmise.  Si  l'on 
préfère  un  ton  noir  gris,  on  n'a  qu'à  employer  dans  la  première 
solution  â5  grammes  de  bromure  de  potassium,  au  lieu  du  sel  de 
cuisine. 

468.  Masse  acajou  (Robin).  —  Voyez  numéro  439. 

469.  Masse  â  la  gélatine  pour  imprégnations  (Ranher, 
Traité,  p.  123). 

Solution  concentrée  de  gélatine  ...     2,  3  ou  4  parties. 
Solution  de  nitrate  d'argent  à  1  p.  100.   ...     1        — 

470.  Métagélatine  (Fol,  Lehrb,,  p.  17).  —  La  nécessité  de  faire 
à  chaud  les  injections  ordinaires  à  la  gélatine  complique  beaucoup 
les  manipulations  et  peut  souvent  compromettre  la  réussite  de  l'opé- 
ration. Dans  le  but  d'éviter  cette  complication,  on  a  proposé  des 
masses  mucilagineuses  qui  se  laissent  injecter  à  froid  et  coaguler 
ensuite  dans  les  vaisseaux.  Telles  sont  les  masses  au  blanc  d'œuf  et 
à  la  gomme  arabique.  Ces  masses  ont  l'inconvénient  que  le  véhicule 
ne  se  prête  pas  bien  à  la  préparation  de  la  masse  colorante  ;  pour 
celte  raison  Fol  propose  de  leur  substituer  la  mélagélaline. 

Si  on  laisse  cuire  une  solution  de  gélatine  additionnée  d'une  faible 
quantité  d'ammoniaque  pendant  plusieurs  heures,  elle  passe  à  la  fin 
à  un  état  où  elle  n'est  plus  susceptible  de  se  coaguler  par  le  simple 
refroidissement  :  c'est  la  métagélatine.  A  cette  solution,  liquide  à 
froid,  de  métagélatine,  on  peut  ajouter  des  masses  colorantes  au  bleu 
de  Berlin,  au  jaune  de  chrome,  ou  autres.  Ou  bien,  on  peut  cuire  la 


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CHAPITRE   XXI 


masse  brune  numéro  467  jusqu'à  ce  que  la  gélatine  ait  passé  à  l'état  de 
mélagélatine.  On  peut  ajouter  à  la  masse  de  Talcool  dilué  ce  qui  lui 
donne  une  consistance  plus  liquide,  et  permet  d'injecter  les  capil- 
laires les  plus  fins.  Après  injection,  on  met  les  pièces  dans  l'alcool 
fort  ou  dans  l'acide  chromique;  dans  ces  liquides  la  masse  ne  tarde 
pas  à  se  coaguler. 

D'après  Fol,  ces  masses  laissent  peu  à  désirer  sous  le  rapport  de  la 
commodité  des  manipulations. 


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CHAPITRE  XXII 
INJECTIONS.    AUTRES  MASSES 


471.  Masse  au  blano  d'œuf  (Joseph,  Ber.  natw^.  Sect. 
Schles.  Ges.,  4879,  p.  36-40  ;  Journ,  Roy.  Mie.  Soc,  1882,  p.  274). 
—  A  du  blanc  d'œuf  filtré  on  ajoute  4  à  5  p.  100  de  solution  de 
carmin.  Cette  masse  reste  liquide  à  froid  ;  elle  se  coagule  par  Tacide 
nitrique  dilué,  Tacide  chromique  ou  Tacide  osmique,  tout  en  restant 
transparente;  les  réactifs  Taltèrent  peu.  Utile  pour  Invertébrés. 

472.  Masse  â  la  gomme  arabique  (Bjeloussow,  Arch.  f. 
Anat.  u.  Phys.y  1885,  p.  379).  —  On  fait  une  solution  sirupeuse  de 
gomme  arabique,  et  une  solution  saturée  de  borax  dans  Teau.  On 
môle  ces  solutions  en  des  proportions  telles  qu'il  se  trouve  dans  le 
mélange  une  partie  de  borax  pour  deux  de  gomme  arabique.  On 
obtient  une  masse  gélatineuse,  presque  transparente,  et  presque 
insoluble  dans  Teau.  On  la  broie  avec  de  Teau  distillée,  qu*on  ajoute 
peu  à  peu  ;  puis  on  la  force  à  passer  à  travers  un  linge  fin.  On  répète 
ces  opérations  jusqu'à  ce  qu'on  obtienne  une  masse  liquide  ne  conte- 
nant plus  de  grumeaux  gélatineux  en  suspension.  (Si  l'opération  a 
réussi,  la  masse  doit  se  coaguler  en  présence  de  Talcool,  en  se  dila- 
tant au  double  de  son  volume.)  On  combine  la  masse  avec  la  matière 
colorante  que  Ton  veut,  à  l'exception  toutefois  du  cadmium  et  du 
cobalt  ;  le  carmin  est  peut-être  le  plus  à  recommander  pour  les  injec- 
tions fines.  Après  injection,  on  met  les  pièces  dans  l'alcool  ;  la  masse 
s'y  prend  immédiatement,  en  augmentant  de  volume  comme  nous 
l'avons  dit,  ce  qui  fait  que  les  vaisseaux  se  montrent  toujours  large- 
ment distendus. 

Chez  les  animaux  à  sang  froid,  on  peut  pratiquer  l'injection  sur  le 
vivant.  Les  pièces  se  conservent  bien  dans  l'alcool.  La  glycérine  les 

ANAT.  HICROSC*  20 


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306 


CHAPITRE   XXII 


rend  très  transparentes.  La  masse  ne  s'écoule  pas  des  vaisseaux 
coupés.  Désire-t-on  éloigner  la  masse  d'une  partie  de  la  préparation, 
on  ie  fait  facilement  à  Taide  d'acide  acétique  dilué,  qui  la  dissout. 
Cette  masse  est  très  facile  à  préparer  et  commode  à  manier. 

MASSES    GLYCÉRIQUES    A    INJECTER    A    FROID* 

473.  Masse  de  carmin  à  la  glycérine  (Robin,  Traité  du  Mie, 
p.  33).  —  On  fait  le  mélange  suivant  pour  servir  de  véhicule  : 

Glycérine 2  parties. 

Alcool i      — 

Eau i      — 

On  combine  2  ou  3  volumes  de  ce  véhicule  avec  1  volume  de  la 
masse  colorante  au  carmin  numéro  438. 

474.  Masse  de  carmin  â  la  glycérine  (Bbale;  Ranvier, 
Traité,  p.  119).  —  On  fait  dissoudre  2S  centigrammes  de  carmin 
dans  V  ou  VI  gouttes  d^ammoniaque  et  l'on  ajoute  15  grammes  de 
glycérine.  Puis  on  ajoute  encore  graduellement  15  grammes  de  gly- 
cérine acidulée  avec  VllI  à  X  gouttes  d'acide  acétique.  On  ajoute 
enfin  un  mélange  de  15  grammes  de  glycérine,  3^,5  d'alcool  et 
1U^,5  d'eau. 

Ranvier  dit  avoir  essayé  ce  liquide  et  avoir  eu  de  mauvais  résul- 
tais. Nous  devons  dire  que  nous  l'avons  essayé,  et  que  nous  avons 
eu  des  résultats  assez  satisfaisants  pour  que  nous  puissions  le  recom- 
mander comme  étant  très  commode,  quoiqu'il  ne  donne  sans  doute 
pas  des  résultats  qui  puissent  prétendre  à  la  beauté  esthétique.  Il 
faut  avoir  soin  de  ne  pas  trop  neutraliser  avec  l'acide  acétique. 

475.  Bleu  de  Prusse  â  la  glycérine  (Robin,  Traité,  p.  35).  — 
A  â  volumes  du  véhicule  glycérique  numéro  473,  on  ajoute  1  volume 
de  la  masse  colorante  au  bleu  de  Prusse,  numéro  440. 

1  Les  masses  à  la  glycérine  sont  importantes  parce  que,  sMnjectant  à  froid, 
elEes  sont  très  commodes  à  employer.  Et  il  nous  semble  qu'on  ne  peut  pas  nier 
qu'elles  donnent  de  bons  résultats.  Nous  avertissons  qu'elles  ont  toutes  un  défaut 
lorsqu'il  s'agit  de  l'injection  des  pièces  fraîches,  c'est-à-dire  dans  lesquelles  la 
rigidité  cadavérique  ne  s'est  pas  encore  établie.  C'est  que  la  glycérine  provoque 
la  contraction  des  artérioles.  Ces  contractions  sont  souvent  si  violentes  qu'il 
titi  faut  rien  de  moins  qu'une  masse  très  expérimentée  pour  vaincre  la  résis- 
tance qu'elles  opposent  au  passagede  la  masse.  Nous  avons  indiqué  au  numéro  435 
une  manière  de  remédier  à  cet  inconvénient. 


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INJECTIONS.    AUTRES   MASSES  307 

476.  Bleu  de  Prusse  â  la  glycérine  (Ranvier,  Traité,  p.  120). 
—  Trois  volumes  de  solution  saturée  de  bleu  de  Prusse  dans  Teau 
(n°  450)  et  un  volume  de  glycérine. 

477.  Bleu  de  Prusse  â  la  glycérine  (Bbale,  How  to  work,  etc., 
4*  éd.,  p.  93).  —  On  fait  dissoudre  75  centigrammes  de  ferrocyanure 
de  potassium  dans  un  mélange  de  6*', 5  de  glycérine  avec  22^', 5 
d'eau.  On  fait  aussi  un  mélange  de  Ip',75  de  teinture  de  perchlo- 
rure  de  fer  avec  S»'  ,5  de  glycérine  et  22»'  ,5  d'eau.  On  ajoute  très 
graduellement  ce  dernier  mélange  à  la  solution  de  ferrocyanure,  en 
agitant  constamment  et  vigoureusement  dans  un  flacon.  On  ajoute 
enfin,  graduellement,  en  agitant  to\jjours,  un  mélange  de  28  grammes 
d'alcool  avec  66  grammes  d'eau. 

Les  pièces  injectées  doivent  être  conservées  dans  la  glycérine  aci- 
dulée avec  environ  1  p.  100  d'